Posté le : 18 août 2026 à 22:01:19
Modifié le : 18 août 2026 à 22:04:33
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Royaume de Brocelynwood
Pendant les quelques heures de vol reliant Wynterhall à Virde, Julian WESTBRIDGE et Stephen PHILIPPS furent informés par leurs conseillers de l’ampleur non négligeable des manifestations se déroulant ce jour-ci au sein de la République de Duve et visant très durement le Royaume de Brocelynwood. Les équipes s’informèrent directement auprès des autorités duvoises quant au déroulé des évènements, et vérifèrent que la sécurité serait assurée. Il s’avérait que les manifestations ne devraient pas avoir de conséquences “physiques” directes sur la rencontre. C’est fort heureux, car de tels faits pourraient se retourner contre les manifestants si leur violence était mise en avant, mais cela représenterait aussi le risque d’une humiliation pour les autorités de Duve ou pour le Royaume de Brocelynwood, voire les deux. Ce serait bien la première fois dans l’Histoire récente que des hauts représentants du Royaume ne seraient pas en capacité de mener à bien une rencontre diplomatique chez un allié.
“Et ces foules croient vraiment qu’on va annuler une ou plusieurs lois car quelques citoyens s’agitent à plusieurs milliers de kilomètres ?”, lâcha Julian Westbridge. En tant que jeune diplomate ayant quand même déjà une réelle expérience, il s’agissait évidemment de relâcher la pression entre membres du même exécutif, et d’être gratuitement méprisant envers les militants et militantes de gauche. Car il savait pertinemment que ce type de manifestations avaient d’abord pour enjeu d’affirmer des valeurs et surtout de faire peser un rapport de force à l’intérieur, en mettant à mal l’image d’une coopération entre la République de Duve et le Royaume de Brocelynwood. Cela n’était d’ailleurs pas la première fois que des voix s’élevaient dans la société duvoise contre le Royaume. Il y avait déjà eu des déclarations négatives au moment de la réélection d’une majorité royaliste à l’Assemblée Unique, il y a près d’un an (en juin 2019).
Cette rencontre était donc bâtie sur un fort enjeu symbolique et d’image. Il faudrait d’abord voir le positionnement du nouveau Ministre en termes de géopolitique. Mais comme souvent en relations internationales, il serait encore et d’abord question en sous-texte de rapports de force et de politique, davantage que de solutions “techniques” sur le plan sécuritaire.
Le contexte avait bien évolué par rapport à la rencontre précédente, il y a près de deux ans. Brocelynwood était encore très émergent, tandis que Duve avait un coup d’avance. Depuis, d’après les informations connues, le Royaume avait visiblement eu un développement économique et militaire plus rapide. A l’époque, Brocelynwood avait contracté un prêt auprès de son partenaire, mais peut-être que cette fois-ci c’est Duve qui aurait besoin de s’appuyer sur les finances et armes brocéliennes. Au vu de la manière dont une partie de la société duvoise mettait la pression pour éloigner leur pays du Royaume de l’est-Aleucie, le pouvoir brocélien trouverait utile de se rendre indispensable auprès de la République de Duve.
Mais le Royaume de Brocelynwood traiterait bien sûr la République de Duve avec le plus grand respect, car Messieurs Philipps et Westbridge ont bien conscience que cette alliance est essentielle. Au-delà de la question de la puissance économique ou militaire, Brocelynwood a besoin d’avoir des partenaires de confiance, solides. Il y a bien sûr la Grande République de Westalia, avec laquelle il y a actuellement un parfait alignement idéologique, et cette alliance est vitale. Mais cela ne peut suffire pour être en bonne posture sur le continent aleucien, et Brocelynwood dépend davantage de Westalia que l’inverse. Il est donc indispensable pour la souveraineté du Royaume de développer d’autres types de relations. Il y a eu récemment le grand accord de non agression et de défense mutuelle avec les Etats du Conseil de Venon. Mais cela n’enlève pas la nécessité d’une bonne relation avec Duve, d’autant que le Royaume a particulièrement apprécié comment l’ancien gouvernement avait davantage soutenu sa position que celle de l’Empire du Nord sur le dossier relatif à Valtern.
L’Empire du Nord est justement une des grandes questions cachées derrière les objectifs de la rencontre d’aujourd’hui, puisque l’amitié Broceliano-nordiste bat de l’aile depuis l’avènement d’une gauche assumée dans l’Empire, et on peut craindre un raidissement des relations au fil du temps. L’achat de nouveaux navires de guerre auprès de la Grande République de Westalia et la rencontre d’aujourd’hui sur la question sécuritaire avec la République de Duve, visent précisément à ne pas dépendre seulement et en premier lieu de l’Empire du Nord pour la sécurisation de la côté orientale de l’Aleucie, et surtout à le montrer clairement au pays maintenant dirigé par Rose Jahaira.
L’avion atterrit, et les deux hommes en sortent, entourés des nombreux diplomates à leur service. Ils saluent leurs hôtes puis les suivent afin d’être conduits jusqu’au Palais d’Honneur.
Stephen PHILIPPS, Secrétaire Royal à la Politique Étrangère et aux Armées, glisse les premiers mots :
“Bonjour Messieurs. Le voyage a été excellent, je vous remercie de votre sollicitude et de votre accueil. Nous sommes très honorés de revenir sur vos terres. J’espère que cette rencontre sera aussi fructueuse que la précédente, avec vos prédecesseurs. Bon, malgré les quelques remous... mais nous avons eu les remontées par rapport à la très bonne gestion de la situation de la part de vos services.
Il espérait ne pas avoir parlé trop vite, mais cette affirmation permettait surtout de faire passer le message qu’il comptait bien sur le fait que le déroulé se passe sans accroc.