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[Duve / Brocelynwood] Deux ans après : l'Acte II ?

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Rencontre diplomatique
Entre la République de Duve et le Royaume de Brocelynwood


Date : 2 mai 2020

Mode : Rencontre Diplomatique à Virde (Capitale de Duve)


Participants :

  • Royaume de Brocelynwood : Julian WESTBRIDGE (Secrétaire Royal aux Affaires Aleuciennes) et Stephen PHILIPPS (Secrétaire Royal à la Politique Etrangère et aux Armées)

  • République de Duve : Monsieur DOÜT (Député d'Honneur), Ethan RINGSTAD (Ministre des Affaires Étrangères de la République de Duve)


Objet : Rencontre organisée à l'initiative du nouveau Ministre des Affaires Etrangères de la République de Duve afin d'actualiser les analyses mutuelles concernant le contexte géopolitique du continent et envisager un renforcement des coopérations sur le plan sécuritaire, deux ans après le premier traité
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« Que se passe-t-il, Monsieur le Député d'Honneur ? »

La question innocente du Ministre des Affaires Étrangères, certainement trop concentré sur la préparation de la rencontre Duve/Brocelynwood pour connaître l'actualité nationale, avait été posée après la vision lointaine de véhicules policiers entourés d'agents de la Garde Parlementaire en tenue antiémeute, seule preuve visible des récentes manifestations encore en cours.
« Vous n'avez pas regardé les actualités nationales, Monsieur Ringstad ?
— Je suis obligé de vous le confirmer. »


Seul un soupir répondit à cette confirmation. En effet, tout ce qui se passait, mis à part cette rencontre, semblait être de mauvaises nouvelles, notamment l'appel à la manifestation du groupe politique « Duvoises Libres » (DL), soutenu par « Le Peuple ». La popularité du gouvernement brocélien était déjà en baisse chez les Duvois, mais, suite à l'annonce de la rencontre diplomatique, la cheffe du DL, Maria Kaurt, a multiplié les discours antigouvernement brocélien, notamment sur la loi “Soutien à la relance de la natalité et défense des bonnes moeurs”, et la popularité du gouvernement brocélien était donc loin d'aller pour le mieux chez les Duvois. De plus, des mouvements étudiants, indépendantistes et antidiscriminations se sont joints au mouvement, certains de leurs membres les plus extrêmes prévoyant de bloquer la rencontre en restant devant le Palais d'Honneur. Heureusement, les services de police ont rapidement détecté et déjoué ces plans, et rien ne laisse présager, sur le trajet jusqu'au Palais d'Honneur, que des manifestations en cours soient bloquées par des barrages d'agents, mis à part ce qu'a vu Monsieur Ringstad. Mais revenons-en à la rencontre diplomatique, puisque le véhicule du Député d'Honneur s'arrête devant la piste où l'avion brocélien devrait atterrir. C'était une première pour le Député d'Honneur, Monsieur Doüt, hors la visioconférence lors de la « crise » avec Valtern. C'est pour cela qu'il regarda, et peut-être admira, les musiciens de la Garde Parlementaire répéter, ainsi que certains gardes remettant leur tenue.

Puis, le Koonal (colonel) Loubes (chef de la Garde Parlementaire) lui annonça :

« Monsieur le Député d'Honneur, ils arrivent. »

À leur arrivée, Monsieur le Député d'Honneur dit :
« Bienvenue dans notre chère République. J'espère que vous avez fait un excellent voyage, Messieurs Westbridge et Philipps. Je vous invite dans nos véhicules pour rejoindre le Palais d'Honneur, qui sera le lieu de nos discussions. »

HRPDésolé du retard pour le début de la rencontre.
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Royaume de Brocelynwood

Pendant les quelques heures de vol reliant Wynterhall à Virde, Julian WESTBRIDGE et Stephen PHILIPPS furent informés par leurs conseillers de l’ampleur non négligeable des manifestations se déroulant ce jour-ci au sein de la République de Duve et visant très durement le Royaume de Brocelynwood. Les équipes s’informèrent directement auprès des autorités duvoises quant au déroulé des évènements, et vérifèrent que la sécurité serait assurée. Il s’avérait que les manifestations ne devraient pas avoir de conséquences “physiques” directes sur la rencontre. C’est fort heureux, car de tels faits pourraient se retourner contre les manifestants si leur violence était mise en avant, mais cela représenterait aussi le risque d’une humiliation pour les autorités de Duve ou pour le Royaume de Brocelynwood, voire les deux. Ce serait bien la première fois dans l’Histoire récente que des hauts représentants du Royaume ne seraient pas en capacité de mener à bien une rencontre diplomatique chez un allié.
“Et ces foules croient vraiment qu’on va annuler une ou plusieurs lois car quelques citoyens s’agitent à plusieurs milliers de kilomètres ?”, lâcha Julian Westbridge. En tant que jeune diplomate ayant quand même déjà une réelle expérience, il s’agissait évidemment de relâcher la pression entre membres du même exécutif, et d’être gratuitement méprisant envers les militants et militantes de gauche. Car il savait pertinemment que ce type de manifestations avaient d’abord pour enjeu d’affirmer des valeurs et surtout de faire peser un rapport de force à l’intérieur, en mettant à mal l’image d’une coopération entre la République de Duve et le Royaume de Brocelynwood. Cela n’était d’ailleurs pas la première fois que des voix s’élevaient dans la société duvoise contre le Royaume. Il y avait déjà eu des déclarations négatives au moment de la réélection d’une majorité royaliste à l’Assemblée Unique, il y a près d’un an (en juin 2019).


Cette rencontre était donc bâtie sur un fort enjeu symbolique et d’image. Il faudrait d’abord voir le positionnement du nouveau Ministre en termes de géopolitique. Mais comme souvent en relations internationales, il serait encore et d’abord question en sous-texte de rapports de force et de politique, davantage que de solutions “techniques” sur le plan sécuritaire.

Le contexte avait bien évolué par rapport à la rencontre précédente, il y a près de deux ans. Brocelynwood était encore très émergent, tandis que Duve avait un coup d’avance. Depuis, d’après les informations connues, le Royaume avait visiblement eu un développement économique et militaire plus rapide. A l’époque, Brocelynwood avait contracté un prêt auprès de son partenaire, mais peut-être que cette fois-ci c’est Duve qui aurait besoin de s’appuyer sur les finances et armes brocéliennes. Au vu de la manière dont une partie de la société duvoise mettait la pression pour éloigner leur pays du Royaume de l’est-Aleucie, le pouvoir brocélien trouverait utile de se rendre indispensable auprès de la République de Duve.

Mais le Royaume de Brocelynwood traiterait bien sûr la République de Duve avec le plus grand respect, car Messieurs Philipps et Westbridge ont bien conscience que cette alliance est essentielle. Au-delà de la question de la puissance économique ou militaire, Brocelynwood a besoin d’avoir des partenaires de confiance, solides. Il y a bien sûr la Grande République de Westalia, avec laquelle il y a actuellement un parfait alignement idéologique, et cette alliance est vitale. Mais cela ne peut suffire pour être en bonne posture sur le continent aleucien, et Brocelynwood dépend davantage de Westalia que l’inverse. Il est donc indispensable pour la souveraineté du Royaume de développer d’autres types de relations. Il y a eu récemment le grand accord de non agression et de défense mutuelle avec les Etats du Conseil de Venon. Mais cela n’enlève pas la nécessité d’une bonne relation avec Duve, d’autant que le Royaume a particulièrement apprécié comment l’ancien gouvernement avait davantage soutenu sa position que celle de l’Empire du Nord sur le dossier relatif à Valtern.

L’Empire du Nord est justement une des grandes questions cachées derrière les objectifs de la rencontre d’aujourd’hui, puisque l’amitié Broceliano-nordiste bat de l’aile depuis l’avènement d’une gauche assumée dans l’Empire, et on peut craindre un raidissement des relations au fil du temps. L’achat de nouveaux navires de guerre auprès de la Grande République de Westalia et la rencontre d’aujourd’hui sur la question sécuritaire avec la République de Duve, visent précisément à ne pas dépendre seulement et en premier lieu de l’Empire du Nord pour la sécurisation de la côté orientale de l’Aleucie, et surtout à le montrer clairement au pays maintenant dirigé par Rose Jahaira.

L’avion atterrit, et les deux hommes en sortent, entourés des nombreux diplomates à leur service. Ils saluent leurs hôtes puis les suivent afin d’être conduits jusqu’au Palais d’Honneur.


Stephen PHILIPPS, Secrétaire Royal à la Politique Étrangère et aux Armées, glisse les premiers mots :

“Bonjour Messieurs. Le voyage a été excellent, je vous remercie de votre sollicitude et de votre accueil. Nous sommes très honorés de revenir sur vos terres. J’espère que cette rencontre sera aussi fructueuse que la précédente, avec vos prédecesseurs. Bon, malgré les quelques remous... mais nous avons eu les remontées par rapport à la très bonne gestion de la situation de la part de vos services.
Il espérait ne pas avoir parlé trop vite, mais cette affirmation permettait surtout de faire passer le message qu’il comptait bien sur le fait que le déroulé se passe sans accroc.
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Après un court voyage, ils arrivèrent au Palais d'Honneur, puis passèrent devant les mêmes tableaux de la précédente rencontre Duve/Brocelynwood, avec quelques nouvelles peintures. Puis, arrivés dans la pièce de la rencontre, tout le monde fut invité à s'installer selon sa convenance. Ensuite, le Député d'Honneur s'exprima :

" Messieurs, je vous remercie encore d'être venus et d'avoir répondu aussi rapidement à nos missives, une preuve de plus de la solide amitié entre nos deux nations. Je tiens à vous annoncer que Monsieur le Président de la Fédération Duvoise d'Escrime sera présent vers la fin de cette rencontre, et qu'il ne prendra évidemment pas part à la partie de la rencontre ne le concernant pas, pour vous proposer un projet dont je lui laisse la révélation. Par conséquent, je propose que l'on aborde tout ce qui se rapporte à la culture plutôt vers la fin de cette rencontre, si vous l'acceptez. Enfin, je laisse la parole à Monsieur le Ministre des Affaires Étrangères. "

Ce dernier regarda une dernière fois le dossier présent devant lui et parla :

" Merci, Monsieur le Député d'Honneur. Pour commencer, j'aimerais exposer la nouvelle vision géopolitique de notre République, entraînée, comme vous le savez, par la crise avec la République de Valtern. La République de Duve considère aujourd'hui qu'il est nécessaire de mieux développer les relations avec nos alliés, plus particulièrement vous car, je pense, vous êtes l'une des rares nations à avoir compris le danger que représentait Valtern pour notre population si elle adhérait au Liberalintern, ainsi que de mieux nous méfier des pays qui soutiennent ouvertement une organisation dont des membres ont commis des actes très discutables. Cependant, cette rencontre a aussi permis de relever deux faits : mon pays ne s'était point rendu compte de l'intégration de Valtern en cours, ce sont uniquement vos services qui nous ont alertés de cela, et la communication, ainsi que la réaction, ont, je pense, manqué d'un réel consensus commun ; je pense évidemment ici aux paroles des représentants de l'Empire du Nord pendant cette rencontre. Bien évidemment, la rapidité de votre missive nous alertant et le communiqué commun n'ont rien à voir avec ce manque d'accord commun, qui, au contraire, ont été très utiles, mais je pense que des discussions pour préparer la rencontre ont manqué. Tout cela nous amène à la première proposition de ma nation : je propose donc l'établissement d'une ligne téléphonique d'urgence entre nos deux nations, pour permettre de trouver un accord rapidement en évitant les nécessités diplomatiques habituelles. De plus, je pense qu'une coopération entre nos services de renseignements peut se faire, notamment pour établir un accord sur les dispositions à effectuer concernant des nations menaçantes ou pouvant l'être.

Par ailleurs, dans votre dernière missive, vous parliez de la possibilité de parler de l'Empire du Nord dans cette rencontre. J'aimerais, en effet, connaître votre position sur les récents événements et la position que vous souhaiteriez tenir face à l'Empire du Nord, car ma République ne connaît pas clairement votre position sur ces thèmes.

Passons, maintenant, au domaine militaire. Tout d'abord, je propose que l'on adapte l'article 8 de notre accord, pour les raisons évoquées dans nos précédentes missives. La marine duvoise est prête à mettre 2 patrouilleurs de niveau 1, 1 corvette de niveau 1 et 1 sous-marin de niveau 3 pour mieux protéger le commerce maritime entre nos deux nations. De plus, en cas de menaces potentielles et imminentes, je propose la création d'une cellule, comprenant un officier brocélien et un officier duvois, pour coordonner nos marines en permanence. Puis, je ne peux ignorer que la marine brocélienne a eu une plus grande croissance que celle duvoise ; c'est pourquoi je reste totalement ouvert à vos conseils pour que la nôtre aussi se développe mieux. Ensuite, je pense que la tenue d'un exercice militaire, exceptionnelle, puisqu'il n'est pas prévu dans l'article 10 de notre taité d'en organiser plusieurs par annnée, entre nos deux nations après cette rencontre serait une bonne chose pour renforcer l'expérience de nos deux armées, particulièrement entre nos deux marines. Enfin, je reste ouvert à vos autres propositions. "

Après une courte pause, Monsieur le Député d'Honneur reprit la parole :

" Je vous remercie, Monsieur le Ministre des Affaires Étrangères. Pour finir le volet des propositions économiques et militaires, j'ai récemment appris la volonté de votre gouvernement de développer le numérique. Tout en respectant votre souveraineté, je vous annonce que la République de Duve peut totalement accueillir des data center venant d'entreprises brocéliennes ou du Royaume de Brocelynwood, puisque le climat neigeux du pays est totalement favorable à leur construction et à leur maintenance, comme c'est le cas avec l'Oskallie. Dans ce cas, les data centers brocéliens seront considérés comme une entreprise privée, avec, potentiellement, quelques avantages. Enfin, quelques spécialistes duvois peuvent totalement vous aider dans cet objectif, si vous le souhaitez. "
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Royaume de Brocelynwood

Julian WESTBRIDGE, Secrétaire Royal aux Affaires Aleuciennes

Julian Westbridge (Sebastian Kurz)

“Monsieur le Député d’Honneur, je vous réponds en premier lieu sur les enjeux géopolitiques qui concernent le continent puis Stephen Philipps détaillera les multiples enjeux militaires que vous avez soulevé et qui sont directement de sa compétence.

Sachez tout d'abord que je suis particulièrement reconnaissant des propos que vous venez de tenir relatifs à la crise générée par l’adhésion du Valtern au Liberalintern. Il était fort confortable pour de nombreuses nations de se mettre des oeillères afin de ne pas imaginer les conséquences potentielles dans les années à venir d'une telle démarche. Cela n’était pas votre cas mais cette attitude de grandes nations du continent ont nécessairement amené à minimiser les implications de la situation.
Parmi les enseignements que nous pouvons en tirer, je suis tout à fait favorable à ce que de nouvelles dispositions entrent en vigueur dans les accords nous liant. Sur la formalisation en tant que telle, je vous propose d’ailleurs qu’un Acte II du Traité Duve / Brocelynwood, issu des présentes discussions, entre en vigueur au 1er juillet de cette année et remplace le précédent. Il pourra bien sûr en reprendre un certain nombre de dispositions.
En l’état avancé de notre partenariat, et devant le diagnostic commun du danger représenté par les idéaux communistes et par des organisations internationales offensives et révolutionnaires telles que le Liberalintern, il va de soi que la mise en place d’une ligne téléphonique d’urgence entre nos diplomaties, ainsi que l’établissement d’une communication facilitée entre nos services de renseignement sont des formes de coopération devenues nécessaires et même indispensables.

J’en viens maintenant à votre question concernant l’Empire du Nord. Je comprends que vous ayez des attentes d’éclaircissements et je vais essayer d’être le plus franc possible avec vous. Je tiens d’abord à rappeler que l’Empire du Nord est et demeure un pilier de la politique internationale du Royaume de Brocelynwood, notamment depuis la signature du Traité d’octobre 2018. Celui-ci a approfondi de manière absolument extraordinaire l’étendue de nos coopérations dans les domaines culturels, économiques et militaires. Le Mémorial de la Tragédie d’Estham inauguré à cette occasion en est un marqueur symbolique extrêmement fort. L’alliance scellée ce jour-là entre notre Monarque Sa Majesté le Roi du Royaume de Brocelynwood Johnlyn IV et l’Empreur Maximilien II ne pourra pas être mise de côté de sitôt.
Ces derniers mois, nous constatons cependant deux faits nous amenant à être simplement vigilants et sur nos gardes. Par conséquent, nous renforçons et diversifions nos partenariats sécuritaires et militaires sur le continent, et savons que nous ne devons pas être dépendants de l’Empire du Nord pour la sécurisation de la côté est-aleucienne, d’où l’intérêt de ce que nous faisons aujourd’hui. Je viens de dire l’essentiel, mais j’en viens aux “deux” faits cités précédemment car je suppose qu’il est souhaitable pour vous que je les caractérise. Il n’y a rien d’étonnant ou de secret ici ; je fais référence en premier lieu à la Conférence avec le Valtern car, comme vous l’avez vous même noté, l’Empire n’était pas pleinement aligné avec notre positionnement et a fait preuve d’une forme de double jeu. Il s’agissait pourtant du précédent gouvernement, mené par Monsieur Rouzet. Or à la fin de l’année, c’est un nouvelle majorité, bien plus à gauche, qui a remporté les élections constituantes permettant à ce bloc socialiste parfois radical d’obtenir une majorité pour gouverner mais aussi proposer une nouvelle constitution. Nous sommes donc inquiets de la direction que pourrait prendre notre puissant voisin et allié, aussi bien en termes de politique intérieur qu’extérieur, avec le risque que cela ne soit pas sans implications. Pour autant, les liens et les engagements entre notre Royaume et cet Empire sont toujours effectifs et très étroits.



Stephen PHILIPPS, Secrétaire Royal à la Politique Etrangère et aux Armées

“ Et je vous suis donc sur la nécessité d’accélérer enfin la protection de notre commerce et de la côte-est, en se basant sur l’amitié Brocelyno-Duvoise. Tout le contexte que vient de mentionner et développer Monsieur Westbridge n’a effectivement pas permis d’aller aussi vite que nous l’espérions sur ce point, à commencer par la rencontre tripartite qui aurait dû se dérouler l’année passée avec l’Empire du Nord.

Nous prenons note des forces militaires maritimes que vous vous engagez à mettre au service de cette cause. Le développement effectivement rapide de notre marine nous permet aujourd’hui d’augmenter de façon conséquente nos forces en présence, comparativement aux balbutiements actés dans notre premier Traité de 2018. Nous sommes tout à fait en accord sur le principe que les patrouilleurs et corvettes sont particulièrement adaptés à ces missions de surveillance et de premier niveau de défense d’une longue côte de ce type. La présence d’un sous-marin apporte une capacité dissuasive de réaction rapide en cas de menace avérée. Nous proposons donc le même type de configuration en mettant désormais au service de cette coopération et de ces objectifs 3 patrouilleurs de niveau 5, 1 corvette de niveau 4, et 1 sous-marin d’attaque de niveau 5, le tout appuyé par un pétrolier-ravitailleur de niveau 4 afin de favoriser l’autonomie de la flotte. Conformément à l’article 9 du Traité actuel, nous garderions comme principe que “les forces navales engagées ne peuvent naviguer à moins de 12 miles marins des côtes des territoires n’appartenant à aucune des deux nations”, ce qui devrait permettre d’éviter de provoquer une quelconque tension avec une nation qui n’est pas partie prenante de cette politique sécuritaire. Nous validons évidemment la création d’une cellule de coordination. Nous choisissons donc de mettre une part non négligeable de notre flotte au service des objectifs centraux de la coopération Brocelyno-duvoise.

Concernant l’augmentation du nombre d’exercices militaires annuels, nous apprécions votre volonté et vous proposons qu’ils soient désormais au nombre potentiellement de deux par an. Il nous parait difficile d’aller au-delà, non pas parce que nous sous-estimons d’une quelconque manière leur importance et particulièrement dans le contexte qui nous lie, mais simplement car l’Etat-Major doit actuellement gérer un calendrier impliquant une multitude d’exercices conjoints chaque année issus d’accords militaires avec Westalia, l’Empire du Nord ou encore les Etats de la Confédération de la Nouvelle Gallouèse. Nous pouvons donc réaliser un exercice conjoint dans des délais assez proches, comme vous le soumettez.

Je me permets en dernier lieu de réagir à votre proposition relative au numérique, même si ce sujet ne dépend pas directement de mon champ de compétences. Effectivement, c’était un élément fort de notre campagne électorale en 2019 et le Royaume vient donc d’annoncer une série de mesures visant à développer les nouvelles technologies afin de faire un bond dans les cinq prochaines années. Ceci sera basé sur des investissements publics et privés intérieurs, ainsi que, dans une moindre mesure, sur des apports de fonds de l’étranger devant cependant rester limités. Nous ne sommes donc pas encore dans une situation nous permettant d’exporter notre savoir-faire à l’étranger, même si les entreprises privées sont libres de le faire dans les limites de la loi brocélienne. Cela étant dit, si l’installation de data center en République de Duve doit apporter une efficacité dans le développement de nos technologies et de notre informatique, cela mérite d’être étudié. Dans tous les cas, cela ne pourra pas prendre une ampleur trop importante car nous ne souhaitons pas prendre le risque que notre numérique soit basé principalement sur des bâtiments situés en territoire étranger, malgré toute la confiance que nous avons actuellement vis-à-vis de la République de Duve. Je vous propose que ce point reste de l’ordre des affaires économiques et ne soit pas détaillé avec une trop grande précision dans la nouvelle version du traité.
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Après les propos des représentants brocéliens, ce fut Monsieur le Député d'Honneur qui reprit la parole :

" Je vous remercie, tout d'abord, pour les précisions que vous avez apportées concernant votre avis sur la situation avec l'Empire du Nord. Je ne vous cache pas que nous sommes aussi inquiets de ce qui pourrait se passer, mais que nous restons, nous aussi, attachés au dialogue pour le moment avec l'Empire du Nord. Nous avons, je pense, suffisamment renforcé notre coopération sur le thème militaire, sauf si vous avez d'autres suggestions.

Sur le thème économique, nous respectons et comprenons pleinement votre choix concernant les data centers. Nous n'approfondirons donc pas ce sujet, comme vous le souhaitez, mais sachez que nous restons totalement ouverts à l'établissement de data centers brocéliens sur notre territoire. Puis, je pense, économiquement parlant, que nos deux nations s'entraident plutôt bien et que l'actuel traité de coopération entre nos deux nations reste avantageux pour nos deux économies, ce pourquoi je pense qu'il n'y a rien à ajouter pour le nouveau traité, à part si vous avez des propositions. Cependant, il serait potentiellement avantageux de baisser légèrement les frais de douane entre nos deux nations, bien que cela ne soit pas vraiment indispensable.

Par conséquent, je pense que nous pouvons entreprendre de commencer le domaine culturel et, si vous n'y voyez aucun désavantage, inviter Monsieur le Président de la Fédération d'Escrime Duvoise. "
, conclut Monsieur le Député d'Honneur en faisant signe à Monsieur le Ministre des Affaires Étrangère pour qu'il aille lui signaler qu'il pouvait entrer.

Le Président de la Fédération d'Escrime Duvoise, après qu'on lui eut ouvert les portes, s'installa du côté gauche de Monsieur le Député d'Honneur et prit la parole :


" Messieurs Westbridge et Philipps, je vous remercie d'avoir accepté que je puisse prendre de votre temps et que je puisse entrer dans cette salle. Je remercie aussi particulièrement Monsieur le Député d'Honneur pour m'avoir suggéré cette idée, qui m'a paru excellente, et d'avoir soutenu ce projet.

J'aimerais, tout d'abord, présenter les valeurs de l'escrime, qui sont les choses les plus importantes dans ce sport et qui ont toujours guidé son développement, que ce soit au XVIIe siècle ou aujourd'hui. Premièrement, le respect : qu'il soit envers l'arbitre, l'adversaire, les bénévoles ou les maîtres d'armes, il est primordial en tout point et est respecté par tous, même le public ; et tout manquement peut être sanctionné d'un carton noir, la plus grande sanction, entraînant immédiatement l'exclusion de la personne concernée du lieu de l'épreuve, l'interdiction automatique, pendant 60 jours, d'être présent à des compétitions d'escrime, ainsi que la réunion d'un conseil de discipline pour potentiellement renforcer la sanction, pouvant aller jusqu'à l'interdiction totale à vie d'être licencié dans un quelconque club national d'escrime. Deuxièmement, l'égalité, car chacun peut et doit défendre sa chance devant l'adversaire, peu importe sa capacité physique, son niveau et ses handicaps ; encore une fois, si un tireur refuse d'en affronter un autre sous un quelconque prétexte, mis à part évidemment en cas de blessure, il peut être sanctionné d'un carton noir. Enfin, la loyauté, envers le règlement ou les personnes, chacun devant respecter les règles.

Ensuite, venons-en au projet. Ma fédération a donc pour projet de créer une "Coupe des Loups", ou "Wolves' Cup", qui sera une compétition d'escrime par équipe réunissant des clubs de différentes nations, dont 16 duvoises. Par conséquent, j'aimerais avoir l'accord du gouvernement brocélien pour que certains clubs brocéliens puissent participer à cette compétition, qui se déroulera, évidemment, à Duve, plus précisément à Virde. Si vous acceptez, pourriez-vous annoncer aux clubs brocéliens voulant intégrer cette Coupe de me contacter, pour que je puisse l'organiser en conséquence et que je leur donne les précision nécessaires ? Je reste totalement ouvert pour plus de précisions ou si vous avez des questions. "
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Royaume de Brocelynwood


Julian WESTBRIDGE, Secrétaire Royal aux Affaires Aleuciennes

Julian Westbridge (Sebastian Kurz)

“Nous sommes effectivement particulièrement satisfaits de constater, qu’y compris en l’absence de l’Empire du Nord à cette table, nous parvenons à avancer de manière significative sur l’enjeu de la sécurisation de la côte orientale de l’Aleucie. La livraison cette année de nouveaux navires modernes par la Grande République de Westalia constituera également une avancée en matière de protection de notre commerce et de dissuasion.

Concernant les enjeux de nouvelles technologies, je souhaite préciser qu’il ne s’agissait évidemment pas d’un quelconque refus de principe à un partenariat dans ce domaine, bien au contraire. Les pistes doivent être explorées et nous vous remercions grandement de votre proposition qui sera étudiée. Nous estimons cependant qu’il n’est pas nécessaire de choisir et figer des projets précis dans le présent traité, puisque cela peut faire l’objet de discussions régulières entre les services de nos Etats respectifs ainsi que les acteurs économiques privés. Dans tous les cas, nous vous remercions une nouvelle fois de votre proposition d’accueil de data centers brocéliens.

Vous avez également évoqué la question des droits de douane. Dans le cadre de notre premier Traité, nous avions identifié des secteurs pour lesquels les droits ont été supprimés, à l’entrée en République de Duve ou au Royaume de Brocelynwood, ou dans les deux cas. Pour les importations des autres biens, nos droits de douane sont ceux que nous mettons en œuvre par défaut, soit 25%. Nous sommes favorables à ce qu’ils soient ramenés à 10% de façon transversale, à condition qu’il en soit de même pour l’importation des produits brocéliens à Duve.

Si vous en êtes d’accord, nous allons vous transmettre dans les prochaines heures une première mouture du nouveau Traité Duvo-Brocélien Acte II. Celui-ci reprendra les éléments actés lors des présents échanges, ainsi que les dispositions du Premier Traité qui sont toujours vouées à être en vigueur. Ainsi, il pourra complètement remplacer l’ancien texte à compter du 1er juillet 2020. N’hésitez pas à nous faire part d’autres propositions d’ajouts à intégrer, si vous le souhaitez.

Je m’adresse maintenant à Monsieur le Président de la Fédération d’Escrime Duvoise. Nous sommes particulièrement honorés de cette proposition et de la volonté d’y associer le Royaume de Brocelynwood. En toute honnêteté, l’escrime n’est pas le principal sport pratiqué dans notre pays. Cela étant dit, il compte des milliers pratiquants et de nombreux clubs. C’est un sport que nous respectons et qui ne nous pose pas de difficultés - ce n’est malheureusement pas le cas de tous - et dont vous venez de rappeler la qualité des valeurs. Je vous confirme donc que nous allons très rapidement nous mettre en lien avec le Président de notre Fédération. Celui-ci sera amené à identifier nos clubs intéressés et en capacité de participer à la compétition que vous organiserez et accueillerez. Nous n’y voyons aucun inconvénient et espérons que cela sera une réussite… notamment si la victoire nous revient, bien entendu. Pardonnez moi ce trait d’esprit !

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Le Président de la Fédération Duvoise d'Escrime reprit la parole en premier, le bonheur visible à son sourire :

" Je vous remercie énormément, Messieurs, d'avoir accepté mes propositions. Votre « trait d’esprit » me conforte encore plus dans mon souhait que cette compétition se tienne, car je suis certain que votre enthousiasme sera partagé par l'ensemble des clubs d'escrime brocéliens qui y participeront, bien que je n'en aie jamais douté. Évidemment, je souhaite à ces clubs de gagner la compétition et, surtout, de prendre du plaisir dans celle-ci. Encore une fois, je vous remercie. "

Puis, ce fut le Député d'Honneur qui prit la parole :

" Merci à vous aussi, Monsieur. Concernant la baisse des droits de douane, je suis totalement d'accord pour que ceux-ci soient abaissés à 10 %. Pour finir, je propose une simplification pour les voyages scolaires et universitaires entre nos deux pays, pour permettre une facilitation du partage de connaissances et, peut-être, d'amitiés entre nos deux nations. Par ailleurs, nous ne voyons aucunement d'objection à ce que vous rédigiez le nouveau traité. "
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Julian WESTBRIDGE : Nous vous proposons le texte suivant, que nous vous prions de lire attentivement afin de nous faire part d'éventuelles remarques ou oublis. Nous avons intégré une proposition d'augmentation des quantités de bois et de métaux échangés annuellement entre nos deux nations, comparativement à ce qui était prévu dans le précédent accord.

TRAITE INTERNATIONAL

Traité de coopération économique et militaire Duve / Brocelynwood

Entre :

La République de Duve
Représentée par Monsieur DOÜT, Député d’Honneur

Et :

Le Royaume de Brocelynwood
Représenté par Monsieur Stephen PHILIPPS, Secrétaire Royal à la Politique Etrangère et aux Armées


ARTICLE 1 :
Le présent Traité entre en vigueur le 1er juillet 2020. A compter de cette date, il annule et remplace le Traité de coopération économique et militaire Duve / Brocelynwood signé le 23 juin 2018 et entré en vigueur le 1er juillet 2018.
Sa date de fin n’est pas préétablie.
Les deux parties peuvent y mettre fin d’un commun accord, moyennant un délai d’1 mois.
Une des deux parties peut mettre fin au présent Traité de manière unilatérale, moyennant un délai de 6 mois et après avoir assumé les contreparties aux engagements avancés par l’autre partie.
Une partie peut mettre fin au présent Traité de manière unilatérale en cas de non-respect manifeste par l’autre partie de ses engagements.

ARTICLE 2 :
La République de Duve s’engage à respecter les droits fondamentaux des protestants résidant sur son territoire.


ARTICLE 3 :
Les droits de douane sont abaissés à 10% pour l’ensemble des biens et services échangés entre la République de Duve et le Royaume de Brocelynwood, à l’exception des biens mentionnés aux articles 5, 6 et 7 du présent Traité.

ARTICLE 4 :
Par ailleurs, les deux parties s’accordent sur le principe et la capacité à renforcer leur coopération dans les domaines des nouvelles technologies et des compétitions sportives. Les administrations dédiées sont en charge de cet objectif et, ainsi, de la mise en place des modalités.

ARTICLE 5 :

La République de Duve s’engage à importer en provenance du Royaume de Brocelynwood, au minimum, et sans application de frais de douane 50 000 planches de bois transformés annuellement à compter du 1er juillet 2020, soit environ 1 000 tonnes

ARTICLE 6 :
Le Royaume de Brocelynwood s’engage à importer en provenance de la République de Due, au minimum, et sans application de frais de douane 1 000 tonnes de métaux transformés annuellement à compter du 1er juillet 2020

ARTICLE 7 :
Tous les produits contenant du poisson dédiés à la consommation alimentaire sont échangés librement entre la République de Duve et le Royaume de Brocelynwood, soit une suppression intégrale de tous les frais de douane pour ces produits.

ARTICLE 8 :
Afin de protéger le commerce maritime entre les deux nations au niveau de la bande côtière Est du continent, les deux parties mettent en commun de forces navales dédiées à la patrouille et à la dissuasion.

Elle sont désormais constituées :
  • Pour la République de Duve : 2 patrouilleurs (niveau 1) ; 1 corvette (niveau 1) ; 1 sous-marin (niveau 3)
  • Pour le Royaume de Brocelynwood : 3 patrouilleurs (niveau 5) ; 1 corvette (niveau 4) ; 1 sous-marin d’attaque (niveau 5) ; un pétrolier-ravitailleur (niveau 4)
Une cellule de coordination permanente des marines est mise en place entre les deux Etats.

ARTICLE 9 :
Les forces navales engagées dans le cadre de l’Article 8 ne peuvent naviguer à moins de 12 miles marins des côtes des territoires n’appartenant à aucune des deux nations.

ARTICLE 10 :
Les Armées des deux nations parties prenantes au Présent Traité s’engagent à réaliser un à deux exercices militaires conjoints chaque année civile. Le premier exercice suivant la signature du présent Traité se tiendra en décembre 2020.


Signé le 2 mai 2020
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« Si ce n'est une faute d'orthographe sur le prénom de notre République à l'article 6, je ne vois rien à ajouter ou modifier à ce traité, dont je vous remercie de l'avoir écrit. Si ce traité vous convient aussi, je pense que nous pouvons le signer et faire une déclaration à la presse, si cela vous convient », conclut Monsieur le Député d'Honneur.
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