05/05/2020
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[Latrua - Altrecht] Des liens renoués

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en-tête
28/04/2020, Jardin du Palais Présidentiel de VraranyJardin du Palais présidentiel

La cérémonie d'investiture prenait doucement fin. Les invités quittaient progressivement la salle, non sans avoir préalablement salué le Président nouvellement réinvesti. Tous, diplomates, présidents, chefs d’État, chefs de gouvernement, parlementaires et représentants des corps constitués étaient venus assister à l'intronisation du dirigeant latruant, reconduit à la tête du pays pour la troisième fois. Tous avaient écoutés les mots du même Président, qui prononça un discours d'une quinzaine de minutes présentant ce que serait son action durant les cinq prochaines années. Tous se pressaient maintenant pour pouvoir lui serrer la main, voire échanger quelques mots avec Vasiliy Shulichenko. Dehors, les détachements de militaires, venus des quatre coins du pays, quittaient les uns après les autres la cour du Palais après leur passage en revu par le Président.

Ce dernier naviguait entre les différents invités, raccompagnant certains jusqu'à l'entrée de la salle de bal, s'avançant quelque peu avec d'autres, discutant avec la majorité, riant avec une minorité. Parmi eux, le couple Orlovski fut honoré de ce qui devait être le plus long échange de la journée. Vasiliy et Sergey discutaient avec les deux Kartiens, fraichement mariés, avec une aisance et une authenticité rare dans les relations diplomatiques, habituellement marquées par le cynisme et les faux-semblants. Les deux Eurysiens furent d'ailleurs les derniers à être raccompagnés par la couple présidentiel et ce, fait rare, jusqu'à l'entrée du Palais.
Ceci fait, les Shulichenko revinrent sur leurs pas et rejoignirent la foule de conseillers, ministres et intimes massée sur les tapis de la salle de bal du Palais. Chacun attendaient le discours - le vrai - que prononcerait le Président pour mobiliser les troupes à l'aune de ce nouveau mandat. Vasiliy, lorsqu'il fut entré dans la pièce, alla se positionner au centre de l'étoffe, laissa Sergey rejoindre leur famille, balaya l'assistance du regard et dit :

"Avant toute chose, je tiens à dire et à vous prévenir qu'il est fort probable que ma mère et ma belle-mère pleurent durant cette intervention."

L'assistance se mit à rire, poliment pour certains, réellement pour d'autres. Vasiliy reprit :

"Et peut-être même mon mari !

Ceci étant dit, je pense que nous pouvons rentrer dans le dur du sujet. Nous sommes aujourd'hui réuni dans ce palais, dans cette maison, car le peuple latruant nous a, une nouvelle fois, fait confiance. Nous lui devons tout. Nous lui devons nos fonctions, nous lui devons notre vie et nous lui devons la chance qui est nôtre de diriger à la destinée de ce beau pays.
Nous sommes ici réunis car nous nous sommes battus - démocratiquement bien-sûr - pour être ici. Nous avons convaincus, nous nous sommes déplacés partout sur le territoire, nous avons discutés avec le plus grand nombre d'hommes, de femmes, d'enfants, de vieillards possible. Nous l'avons fait et cela ne fut pas vain, et pour cela, pour votre engagement, je vous remercie.

Je tenais aussi à vous remercier pour les dix dernières années que nous avons passées ensemble. Dix années d'action, de souffrance pour quelques-uns. Je suis un peu taquin aujourd'hui, ou peut-être moins que d'habitude ! Les dix années passées ont été des années riches et je pense que nous devons continuer dans cette lancée. Nous devons continuer, mais pas faire la même chose. Je veux que ce début de quinquennat soit marqué par le social. Je veux que l'on réforme le social, je veux que l'on travaille sur les questions liées à l'égalité homme-femme, sur les problèmes qui existent dans notre système de santé. Nous devons aussi lancer des lois rectificatives sur la question de l'école, pour permettre une plus grande flexibilité de nos institutions. Je souhaite, enfin, que nous permettions, par la réindustrialisation, par le travail, d'augmenter de 1 500 ₽l le salaire moyen dans notre pays. Je veux qu'en 2023, soit à mi-parcours, nous puissions dire que nous avons réformé en profondeur et dans la durée et que nous avons atteint chacun de ces objectifs.

Je veux aussi que nous continuions à donner une place de choix au Latrua sur la scène internationale. Je déjeunerai d'ailleurs dans quelques minutes avec des représentants de l'Altrecht. Les discussions qui se tiendront auront pour sujet principal le rapprochement entre nos deux nations. Il me semble important, à l'image de l'Altrecht, de continuer à discuter avec des pays de tous les continents et avec des gouvernements de tous les bords. Nous l'avons fait, avec beaucoup de socialistes, voire avec quelques communalistes, et malheureusement peut-être pour nous, nous continuerons à le faire.

Ceci est la feuille de route pour les trois premières années. Je ne veux pas dire que les autres sujets n'auront pas droit à notre attention, mais que ces sujets sont nos priorités. Je compte donc sur vous, conseillers et conseillères, pour continuer à me suivre et à m'aider dans ma tâche, au jour le jour. Je compte sur vous, Mesdames, Messieurs les Ministres, au poste qui sera le vôtre, à l'intérieur du gouvernement ou au sein de notre majorité à l'Assemblée constituante, pour défendre, préparer et voter ces textes, pour réformer notre pays. Je ne peux pas vous garantir une place dans la future équipe gouvernementale, mais je peux vous assurer de mon plein soutien et de mon entière considération. J'ai entendu les demandes de chacune et chacun, j'ai entendu les « doléances » qui ont été faites, je peux d'ores et déjà vous dire que celles et ceux qui veulent quitter le gouvernement le quitteront. Je comprends la fatigue et je pense qu'il est tout naturel de vouloir un peu de repos.

Enfin, car je ne serais rien sans eux, je tenais à remercier mes proches ici réunis. Remercier ma mère et ma belle-mère, qui, malgré mon âge avancé, ne cessent jamais de m'apprendre de nouvelles choses, et ce chaque jour. Je voulais aussi remercier ma sœur, qui, par ses idées, parfois opposées aux miennes, m'amène à repenser ma vision du monde. Remercier aussi mes ami.es, qui me suivent depuis plusieurs longues années et qui sont de véritables oasis dans ma vie politique. Remercier mes deux enfants, d'accepter que leur papa fasse la carrière qui est la sienne et de le soutenir par leur joie, par leurs rires et par leurs sourires. Remercier, finalement, celui qui partage ma vie au quotidien, celui qui embellit mes journées - et mes nuits aussi ! Remercier mon magnifique mari, qui vit un véritable calvaire avec moi depuis bientôt vingt-deux ans et qui, je l'espère, je le crois, continuera d'en vivre un durant les vingt-deux prochaines années.

Alors merci à toutes et à tous, l'aventure ne recommence pas, au contraire, elle commence et c'est pourquoi le plus tôt nous nous mettrons au travail, le plus tôt des résultats seront visibles et la vie de nos compatriotes changera. Mon travail commence dès maintenant, car je vais devoir vous laisser pour accueillir nos amis communalistes. Merci à tous !"


Pour la deuxième fois dans la journée, Vasiliy raccompagna nombre de ministres et conseillers dans le hall du Palais, embrassa les différents membres de sa famille. Cette tâche faite, il regarda son image dans un des miroirs de la pièce, remit en place sa cravate, tira quelque peu sur sa veste bleu marine et se dirigea dans le jardin du Palais. Entre les bosquets fleuris et les arbres, une table avait été dressée, une nappe blanche avait été déposée et assiettes et couverts avaient été disposés. Le déjeuner qui arrivait s'annonçait complexe et complet, et Vasiliy attendait avec une certaine impatience, il est vrai, qu'il commence. Il était sûrement grisé par le nouveau mandat qui s'ouvrait devant lui et toutes les possibilités dont il était le synonyme. Il n’eut cependant pas le temps de réfléchir à cette question, la petite grille donnant accès au parc laissa passer quelques visiteurs, encadrés par des gardes du Palais Présidentiel.

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Des liens noués :


Le voyage fut de courte durée pour le camarade haut représentant de la nation altrechtoise, le camarade Ernst Schmid. Le Latrua n'étant qu'à une petite heure d'avion de l'Altrecht. Ainsi, Ernst s'occupa des formalités administratives classiques durant le trajet et sous la supervision de ses assistants et conseillers venus soutenir la rencontre. Ainsi, il se renseigna davantage sur la situation du Latrua et du nouvellement élu président Vasiliy Shulichenko.

Alors, arrivant enfin au Latrua, le camarade Ernst Schmid fut escorté en direction du lieu de la rencontre, ceci après la cérémonie d'investiture du Président. Il put même assister à la fin du discours discrètement, plongé dans la foule d'invités en tout genre. Ainsi, il se dirigea quelques minutes après Vasiliy vers la table qu'on lui avait préparée pour la rencontre afin de débuter celle-ci, laissant quelques minutes de répit au Président entrant à peine en fonction.

Approchant de la table, le camarade Ernst Schmid dit : Monsieur le Président Vasiliy Shulichenko, c'est un plaisir de pouvoir vous rencontrer avec vos fonctions officiellement prises !
Tout en souriant et amicalement.

Nous avons tant de choses à discuter, cela s'annonce prometteur pour une première rencontre diplomatique de votre mandat. J'en suis par ailleurs honoré d'ouvrir votre longue carrière diplomatique. Je vous souhaite la réussite dans cette responsabilité qui est parfois très lourde à porter.

Le camarade Ernst Schmid
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Vasiliy s'avança quelque peu en direction d'Ernst Schmid et lui dit :

" Monsieur le Haut Représentant, tout le plaisir est pour moi. Je suis très heureux de vous rencontrer en ce jour si spécial pour moi et pour ma nation. Si j'ai près de vingt ans d'expérience dans la diplomatie, dont dix en tant que Président de la République, cette rencontre a cela de spécial qu'elle est la première de mon troisième mandat. Elle est aussi spéciale de par son cadre ; je n'ai encore jamais tenu de discussions sérieuses dans ces jardins, mais je vais faire en sorte de briser cette tradition aujourd'hui. Si vous voulez bien vous asseoir."

Les deux hommes s'assirent chacun d'un côté de la table et, les chaises à peine occupées, trois huissiers arrivèrent, deux portant un plat de hareng en fourrure, et un présentant au Président et à son invité une bouteille de vin blanc. Ils déposèrent les assiettes, versèrent un verre de la boisson alcoolisée et quittèrent les jardins, se préparant à servir les prochains mets. Vasiliy but une gorgée de vin, piqua un bout de betterave dans son assiette et commença la discussion :

"Monsieur le Haut Représentant, la discussion que nous tenons aujourd'hui est importante, je le crois. Elle fait suite aux premiers échanges qui s'étaient tenus en 2017, entre Madame l'ancienne Première Ministre du Latrua et les représentants de l'Ancien régime altrechtois. Elles avaient abouti sur certaines dispositions entre nos deux pays. Cependant, votre peuple, dans son droit le plus propre et le plus noble, a exercé sa souveraineté et a, par la lutte révolutionnaire, changé de régime politique. Ce changement a eu comme conséquence la mise entre parenthèses de nos relations bilatérales. Nous avons chacun nos responsabilités : votre gouvernement tentait, à juste titre, de construire l'avenir de l'Altrecht, tandis que le mien ne souhaitait pas intervenir dans ce processus et le perturber d'une quelconque : manière, en mettant sur la table des considérations purement diplomatiques et étrangères aux affaires internes à l'Altrecht.

Trois longues années ont passé, et il me semble important de relancer nos échanges et de bâtir finalement cette relation de confiance, de partenariats qu'attendent nos peuples. C'est pourquoi, durant nos échanges, je m'efforcerais de respecter une vieille tradition latruante qui veut que la franchise et l’honnêteté soient des valeurs fondamentales dans toute relation humaine.

J'aimerais vous proposer des partenariats coordonnés autour de trois volets. Le premier d'entre eux concerne les transports et les déplacements. Il est important, avant toute chose, que nos compatriotes puissent se rencontrer et voyager librement à travers nos deux pays. Je souhaiterais donc vous proposer le rapprochement entre nos compagnies nationales, pour que ces dernières puissent travailler de concert et permettre de desservir non seulement nos capitales respectives, mais aussi d'autres villes de nos deux pays. En faisant cela, nous permettons au plus grand nombre de voyager, sans avoir à souffrir des déplacements superflus pour pouvoir prendre l'avion.
Deuxième point important de ce volet : celui des visas. En effet, je suis favorable à la liberté de circulation, et c'est pour cette raison que je souhaiterais vous soumettre l'idée d'une modification de notre régime de visas réciproque. Trois possibilités s'offrent à nous : la première serait l'abolition pure et simple de visa pour nos ressortissants, permettant ainsi une liberté totale dans les déplacements ; la seconde serait l'abolition des visas de voyage, mais la conservation des visas dits de travail ou d'étude, pour garder une forme contrôle sur les travailleurs et les étudiants que nous serons amenés à accueillir ; la troisième possibilité est une modification de nos statuts et l’allongement de la durée de séjour, cette dernière passeraient de trente jours à soixante, voire quatre-vingt-dix.

Autre point de rapprochement : l'économie. Si nous avons quelques distensions d'ordre politique, il me semble que nos modèles économiques, du moins en ce qui concerne l'import-export, sont assez compatibles. C'est pourquoi je pense qu'établir des contrats entre nos deux nations serait un bon point de départ pour une coopération plus approfondie.
Je peux vous soumettre plusieurs contrats : les premiers dans le domaine des énergies, à la fois fossiles, avec des fournitures de gaz naturel et de pétrole pouvant avoisiner les quatre à cinq millions de barils par an, mais aussi renouvelables, avec des commandes d'éoliennes ; les seconds dans le domaine des transports avec l'achat par l'Altrecht de locomotives et autres pièces ferroviaires auprès des entreprises latruantes ; enfin, le troisième concernerait la question agricole. Vous n'êtes pas sans savoir que le Latrua subit un excédent, que nos fournitures diverses n'émoussent pas et que nous réussirons peut-être à réduire avec le passage à l'agriculture biologique. Nous vous proposons, en attendant cette transition, que vous achetiez quelque 500 000 tonnes par an de blé, d'orge, d’épeautre et autres céréales.

Enfin, le volet culturel ne doit surtout pas être délaissé, bien au contraire. Pour cela, nous voudrions lancer un programme bilatéral d'échange universitaire, concernant nos lycéens et nos étudiants, ainsi qu'un programme de résidence artistique pour nos chanteurs, nos danseurs, nos plasticiens et autres performeurs. En plus de ces programmes, nous vous proposons de jumeler plusieurs de nos villes. Bien sûr nos capitales, mais aussi les deuxièmes et troisièmes villes de nos pays, soit Litvîtee et Shakoy, pour la partie latruante."


Vasiliy but une nouvelle fois du vin et termina son intervention :

"Je me rends bien compte que ma parole fut longue, que les propositions ont fusé, et c'est pourquoi je vous laisse tout le temps possible et toute la latitude pour y répondre."

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Après l'échange diplomatique habituel lors d'une rencontre et l'invitation à s'asseoir, Ernst Schmid s'exécuta et prit alors, après avoir été servi, quelques morceaux du merveilleux plat de hareng préparé. Mangeant avec lenteur et respect afin de pouvoir entendre la proposition du Président Vasiliy Shulichenko.

Le camarade Ernst Schmid dit : Tout d'abord, je me dois de complimenter vos cuisiniers. C'est une chose de recevoir des convives, s'en est une autre de bien les servir, croyez en mon expérience diplomatique.
Esquissant un sourire en pensant au plat quelque peu ragoûtant offert lors de rencontres passées. Y compris dans son propre pays, l'industrie étant la spécialité de l'Altrecht, la gastronomie fait petite figure face à certains pays.

Le camarade Ernst Schmid dit : Rentrons donc dans le vif du sujet. Vous l'avez souligné, et nous en prenons l'entière responsabilité, après la révolution en Altrecht, dont j'ai eu l'honneur de mener, nous avons collectivement décidé de rompre ou mettre en suspension pour renégociation tous les accords passés. Aucun n'y a échappé. Une chose peu diplomatique, j'en conviens, mais qui nous semblait importante au vu des accords passés avec de nombreux États fascistes qui aujourd'hui sont complètement rompus.

Ainsi, nos précédents accords furent totalement mis en suspens, une chance que nous ayons aujourd'hui la possibilité d'y remédier. Débutons par le plus simple, la question des VISAs. Nous avons mis en place un système uniformisé de VISA pour la planète, suivant des catégories spécifiques. Vous figurez d'ores et déjà dans nos fichiers comme disposant du statut de VISA "classique", c'est-à-dire que le Gemeindebund, regroupant l'Altrecht et le Champalak, ainsi que nos anciennes colonies, vous sont possibles d'accès pour vos citoyens suivant différents types, demandés en ligne et suivis d'un paiement pour le traitement de la demande, d'une hauteur, il me semble, de 80 Altmark. Je vous propose, en gage de notre bonne foi, d'uniformiser votre statut de VISA en échange, bien sûr, d'une mesure réciproque de votre part, de passer à un système "GBD-360". Un nom bien accrocheur signifiant simplement que tout citoyen de nos deux nations dispose d'une levée de VISA, simplement via un tampon à l'aéroport, leur permettant de rester dans nos pays respectifs pour une durée sans VISA de 360 jours, soit près d'un an sans frais. Évidemment, cela suit une potentielle demande de VISA spécifique pour prolonger le séjour gratuitement au sein de nos mairies. Ainsi, travailleurs, étudiants, artistes ou simplement touristes pourront voyager sans grande contrainte.

Reprenant un morceau de betterave dans son assiette, il continue.

Le camarade Ernst Schmid dit : Maintenant, un sujet plus complexe à traiter. Celui de l'import-export. Nous tenons à respecter nos engagements constitutionnels sur la non-importation de produits venant d'entreprises ne respectant pas la dignité humaine des travailleurs. Un point central de notre révolution, vous en conviendrez. Cela passe par une enquête auprès des futures entreprises exportatrices sur les conditions de travail des travailleurs et, si celles-ci semblent au minimum convenables, notre service acceptera d'importer. Nous nous devons de privilégier ce type d'entreprise, favorisant nos camarades comme l'Estalie ou le Grand Kah afin d'honorer notre engagement sacré. Ainsi, il faudra se plier à cette règle, si vous y consentez, nous pourrons rétablir les accords passés, notamment sur l'importation de gaz naturel et de pétrole dont nous consommons que trop. En somme, nous sommes prêts à importer de l'énergie au vu, malheureusement, de notre faible production. En effet, le pays cherche depuis longtemps à se repositionner en termes d'énergie, nous privilégions la production d'énergie verte, au détriment de nos centrales à charbon et autres moyens de production énergétique polluants. En signe de bonne volonté, nous sommes prêts à accepter l'achat de 500 000 tonnes de céréales par an, malgré que nous n'ayons pas un aussi grand besoin, nous trouverons un moyen de régler en interne ce souci.

Enfin, en dernier point, vous avez abordé celui des échanges universitaires et artistiques, nous y sommes complètement favorables. Je pense que nous avons beaucoup à apprendre de l'autre. Cependant, concernant la partie du jumelage, nous sommes... quelque peu réticents à cette idée. Nous ne pouvons permettre à notre capitale de se jumeler avec une nation idéologiquement non alignée à la nôtre, nous ne vous proposons que le jumelage symbolique de notre troisième plus grande ville, Waldstein. Comprenez que nous avons déjà deux projets de jumelage avec des nations plus proches depuis longtemps. Malgré tout et pour montrer notre amitié naissante, nous acceptons que notre troisième plus grande ville soit jumelée avec votre troisième plus grande ville, Shakoy.

Espérant ne pas avoir vexé son interlocuteur, Ernst laissa la parole.

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