08/05/2020
09:05:36
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[Karty-Altrecht] Enterrons le passé

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Roman en patrie mère

ahttps://zupimages.net/up/26/34/mzll.pngaaaAlinéaLes relations entre Karty et l'Altrecht ont toujours été tumultueuses. Déjà sous le temps du Haut Etat d'Altrecht, l'ancien Saint Empire de Karty —pourtant autocratie— s'était confronté aux us et coutumes barbares d'une dictature sanguinaire: L'ancien pouvoir Altrechtois ayant demandé le déroulement d'un combat à mort entre soldats. Depuis cet événement, les tensions ne se sont pas réellement apaisées: Jusqu'à l'entreprise d'une tentative Kartienne. Néanmoins, l'Altrecht a fait volte face de cetapaisement en soutenant activement la Loduarie dans la guerre de l'Ouest rouge. La Loduarie Communiste défaite, il est temps aujourd'hui pour la Présidence Fédérale de clore le chapitre Altrechtois: Soit les relations seront apaisées à cette entrevue, soit une croix sera tirée définitivement sur ces dernières.


Quelques minutes avant l'heure décisive.

AlinéaLéon attendait. Il siégeait dans une des quelques centaines de bureaux du Capitole, derrière un bureau en bois de sapin. La délégation Altrechtoise attendait, elle aussi. Elle avait été conduite devant le bureau du Secrétaire d'Etat de la République Fédérale, dont la porte restait mystérieusement fermée à cette heure. En effet, à l'intérieur il n'était pas seul. Un homme d'allure significativement plus jeune que lui, sans doute une quarantaine d'années de moins, se tenait debout face à lui. Sieur Cassian Kormyne s'entretenait avec son interlocuteur Kartien, et cet entretien semblait toucher à son terme. Le Directeur de l'Ordre avait refermé sa serviette en cuir, la tenant fermement de sa main gauche. Il s'apprêtait à se retourner, lorsqu'il fut interrompu.

«Comment se portent nos investissements, Cassian ?»
«Pardon ?»
«Tu m'as très bien entendu.»
Le jeune homme jeta un coup d'œil rapide à sa montre.
«Non pas que la question me dérange, mais tu as déjà débordé de quelques secondes sur l'heure prévue avec Schmid.»
«J'ai néanmoins ce besoin de connaissances, comment se portent nos investissements ?»
«Lesquels ? La Présidence Fédérale finance l'Ordre sur une bonne partie de ses projets.»
«Le programme balistique.»
«Et bien, on a entamé des recherches conjointes avec Riaa, c'est Belfost qui est dessus. Mais ça c'est plus pour l'anti-balistique. Pour ce qui est des missiles, c'est très encourageant.»
«Omettant ce positivisme assuré, quelles en sont les conclusions concrètes ?»
«Je pense que nos essais sur la Loduarie ont été assez concluants.»
«Mhm ?»
«Et bien que veux-tu entendre ? J'ai visé les étoiles, c'est atterri sur Lyonnars.»
«Une phrase Ô combien poétique qui ravira certainement plus nos militaires que nos diplomates.»
«Léon, tu sais tout autant que moi l'importance qu'ont eu les Cassandra contre la Loduarie. Les investissements de l'exécutif sont conséquents, mais nécessaires. Pire que ça, ils sont vitaux. L'Ordre assure à lui seul la protection de tout le pays, et avec ça c'est une entreprise rentable. Je viens de conclure une vente à plus de deux cents mille unités internationales avec le Latrua. Pour couronner le tout, on a même pu lancé le projet Pegasus un mois plus tôt que prévu.»
«Très bien.»

Les deux hommes échangèrent une ferme poignée de main, un sourire ravi sur chacun de leur visage. le Directeur Kormyne sortit du bureau, attirant l'attention de la délégation Altrechtoise. Cette dernière avait paradoxalement en face d'elle le responsable le plus actif de la défaite Loduarienne. Léon Kostery coupa cette brève interruption en invitant la délégation Altrechtoise à rentrer au sein de son bureau, se présentant à la porte. Il n'y avait qu'une ou deux minutes de retard sur le délai convenu, mais il s'agissait d'un symbole significatif pour lui. Il prit place, invitant ses interlocuteurs à faire de même, et se concentra avant tout sur ce fameux Ernst Schmid, lui qui promettait autrefois la neutralité en face du Citoyen Bellantin.

«Excellence citoyenne Schmid, je vous souhaite la bienvenue au Capitole. Je dois reconnaître que cette entrevue n'était pas nécessairement de mise.»

Léon Kostery
Léon Kostery
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L'heure c'est l'heure camarade !


Le camarade Ernst Schmid était agacé, attendre son homologue était alors une insulte à son égard, et il comptait bien lui faire remarquer. Ainsi, confortablement assis sur son fauteuil en attendant le Président fédéral Kartien, il imaginait les manières de claquer la porte et faire demi-tour en Altrecht. Mais justement, la porte devant lui s'ouvrit, laissant sortir un homme les invitant à l'intérieur. Alors, Ernst se leva, mais tout d'un coup, il décida de décrocher son téléphone privé et non sécurisé afin de parler à sa femme : Weronika Kula Schmid

Chérie, je serai rentré pour 20 heures si tout se passe bien.
Mais tu n'es pas à ta réunion ?Si, j'y vais justement, mais tu hantes mon esprit, mon amour...
Toi aussi, tu me manques, mais ne rate pas ton entrevue pour moi.Tu sais ce que j'aimerais, Weronika ?
Hmmm, une langouste braisée de Friemar ?Non, évidemment haha, je pensais plutôt être à tes côtés... D'ailleurs, on ne dit plus Friemar maintenant, mais Champ...
Oui, je sais, tu me le dis sans cesse, les habitudes ont la vie dure.Pardon mon amour, je me répète, ça doit être la vieillesse.
Mais non, que dis-tu là, tu es au sommet de ton corps !Merci ma chérie, je rentrerai vite, promis. Profite que je ne t'embête pas.
Oui, faisons comme ça. Allez, vite, va à ta réunion.


Près d'une bonne minute au téléphone, Ernst embrassa celui-ci en disant au revoir à sa femme. Faisant attendre à son tour le Président Fédéral Kartien. Ainsi, il entra dans le bureau du Secrétaire d'État Kartien.

Le camarade Ernst Schmid : Monsieur le citoyen Kostery, c'est un plaisir de vous voir également !
Passant outre sa remarque « cette entrevue n'était pas nécessairement de mise » qui n'avait pas de sens.

S'asseyant après un bref échange de courtoisie hypocrite en face de cet homme qui semblait peu convaincu de la présence altrechtoise dans son bureau malgré la demande d'entrevue des services diplomatiques kartiens.

Le camarade Ernst Schmid
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Léon Kostery

AlinéaLéon comprit la réponse implicite de l'attente imposée à Ersnt Schmid, il n'en était pas déçu. Finement joué. Le Secrétaire d'Etat n'attendit cependant pas que son interlocuteur Altrechtois n'eut fini son appel téléphonique, retournant dans son bureau au bout de quelques petites secondes. Il s'y installa, sans attendre l'arrivée de Schmid. Il commença même à griffonner sur un petit carnet, sans doute un agenda. Il arrêta sa tâche lorsque l'Altrechtois entra, se levant pour le saluer. Finalement installé, Kostery commença réellement l'entrevue.

«Un plaisir partagé, Excellence citoyenne Schmid: Celui de vous accueillir ici. Oh, mes profondes salutations à votre femme.»

Dit-il avec un demi-sourire, indiquant sa compréhension implicite autour des petites piques entreprises.

«La République Fédérale Kartienne et les Communes Unies d'Altrecht ont eu un passé commun, mais aussi et surtout tumultueux. Malgré diverses tentatives honorables, nos deux pays n'ont —semble-t-il— pas réussi à trouver une voie d'entente. Partagez-vous cette lecture, Excellence Citoyenne Schmid ? Je vous propose une lecture pragmatique de nos intérêts. Nos idéaux sont différents, nos cultures ne sont pas les mêmes. Est-ce pour autant une raison pour affirmer que nos intérêts ne peuvent point converger ?

L'Altrecht fait partie intégrante de l'Union Libertaire, mon pays est proche d'un grand nombre de ses membres. Il serait réellement profitable d'étendre cette entente, à mes yeux. La Loduarie Communiste n'est plus en mesure de s'interposer entre les liens bilatéraux de nos deux pays. Je ne vous ferais pas l'affront de vous demander pourquoi l'Altrecht a soutenu diplomatiquement ce pays: Vous avez vos intérêts. Mais désormais, et soyons clairvoyants: La Loduarie Communiste a perdu la guerre face à nous. Non seulement elle a perdu la guerre, mais est totalement hors-jeu diplomatiquement. J'ai observé la régularisation de l'entrée des citoyens Kartiens dans votre pays depuis cette défaite, j'y vois un pas vers nous. Le nôtre a été d'éclairer vos inquiétudes quant à nos transits armés. A la présente, Excellence Citoyenne Schmid, j'aimerais avoir le point de vue de votre pays: Considérez vous que nos intérêts peuvent enfin converger ?
»
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Le camarade Ernst Schmid : Vos salutations seront transmises à ma femme après l'entrevue, monsieur Kostery... Très bien, commençons donc par le vif du sujet. Tout comme vous, je pense que malgré nos différences idéologiques et nos intérêts ayant divergé sur la question loduarienne, nous avons le même objectif : assurer la pérennité de nos nations et le bien-être de nos populations. Je ne pense pas me tromper en disant cela, monsieur Kostery ? Alors, nos intérêts seront amenés à converger, je vous l'affirme. Afin d'éclaircir certaines pistes, je vais expliciter nos besoins et autres intérêts.

D'abord, la question économique. Notre pays, depuis la chute de l'ancien régime, a eu pour objectif principal la remise en place d'une économie saine et dynamique. C'est cela qui nous a permis, il y a quelques mois, de dépasser le statut de pays en voie de développement après la barre symbolique des 800 milliards de produit intérieur brut. Nous nous félicitons de cette avancée, mais restons néanmoins préoccupés. L'Altrecht semble ne pas bénéficier, malgré toutes ses tentatives de montrer patte blanche, d'immunité pour son commerce dont nous dépendons. N'étant pas une Thalassocratie, nous n'avons pas encore les moyens de le défendre complètement, chose qui a permis l'émergence de l'attaque surprise du Drovolski il y a également quelques mois. Nous avons non seulement perdu un navire cargo et un patrouilleur militaire, ainsi que des pertes humaines, mais également notre crédibilité à mener à bien notre commerce. Chose qui nous préoccupe étant pour le moment dépendants.

Ce premier point abordé, nous avons récemment observé la direction agressive de l'Estalie envers notre pays. Un allié historique pourtant qui semble se détourner de nous petit à petit, allant presque jusqu'à nous menacer explicitement, alors même qu'il dispose d'infrastructures militaires et d'un déploiement armé sur notre territoire. Ainsi, nous remettons en cause sa capacité à nous défendre. Notamment avec l'attaque du Drovolski, qui nous a permis d'ouvrir les yeux sur cet allié devenu encombrant. Ainsi, nous nous tournons vers d'autres sources de protection plus importantes comme, par exemple, le Grand Kah qui, pour le moment, n'a jamais failli à nous défendre, malgré l'attaque de l'Hostaline et malgré l'attaque du Drovolski. Nous construisons également des partenariats forts militairement, comme avec Slaviensk et bientôt, nous l'espérons, avec des partenaires moins puissants mais plus sérieux comme Strajevsk.

Enfin, un dernier point d'intérêt pour nous est la protection de notre territoire et de celui du Gemeindebund, l'organisation regroupant les pays membres de l'ancien empire Altrechtois comme le Champalak. Nous devons pouvoir assurer leur sécurité, il en va de notre responsabilité historique, mais la révolution a affaibli notre régime et ne permet pas en ce jour de garantir leur sécurité. Notamment sur l'aspect naval, en cas de blocus, nous ne pourrions plus les ravitailler.

Voilà donc pour nos intérêts principaux. Des informations que les gouvernements étrangers savent déjà en grande partie, mais qui me semblait bon de rappeler dans cette entrevue pour nous permettre de potentiellement « converger » ensemble vers nos intérêts communs.


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