
La voûte céleste du Saint Siège de nuit avait quelque chose de reposant. Mais il ne fallait pas s'y tromper: en période sede vacante ce n'est pas parce que le soleil se couche que la petite politique du conclave cesse. Le Cardinal Giovanni Spinelli (c'est son nom) en savait quelque chose. Quelques jours plus tôt, il avait fait venir des serruriers afin de poser deux verrous de plus à la porte de ses appartements. La raison ? Une paranoïa naissante, qui émergeait dés qu'il posait les yeux sur la délégation youslève suivant à la trace le Cardinal Mattin.
Mais ce soir, la surprise était toute autre: on tambourinait à la porte, vivement, et de manière irrégulière, alors que le cardinal Spinelli était déjà dans le creux de son fauteuil de salon, en train de somnoler, un exemplaire de la Règle de San Stefano sur les genoux, encore ouvert. L'homme d'église sursaute, faisant glisser le livre sur le tapis, et qu'il ramasse aussitôt pour le poser sur sa table basse.
Les yeux encore a demi fermés, il vient déverrouiller bruyamment un à un les loquets de sa lourde porte, glissant sa tête au dehors. Une sœur ? A cette heure-ci.
