
Les tchouktches sont souvent décrits comme un peuple « transfrontalier » : du fait de leur mode de vie nomade, ils traversent régulièrement la frontière iakumo-yutchun et bénéficient, des deux côtés, d'une autonomie reconnue. Cette autonomie leur est garantie par l'article 77 de la Constitution de la République iakume, ainsi que par la « loi des Tchouktches » en Iakumie, tandis qu'une région autonome leur est consacrée en République Socialiste Native des Nénètses, des Tchouktches et des Aléoutes, dont ils constituent l'un des trois peuples constitutifs. Le 1er avril 1980, les deux nations ont par ailleurs adopter le « Traité iakumo-yutchune pour l'autonomie des populations tchouktches » renforçant l'autonomie transnationale des populations tchouktches.
Leur nomadisme est un trait marquant de leur culture, qui est combiné avec un autre point essentiel de leur mode de vie : les Tchouktches sont des éleveurs de rennes, qui constituent à la fois leur base alimentaire, une source importante de peaux pour leurs habits et leurs tentes, ainsi qu'un moyen de subsistance financière par le commerce de ces mêmes rennes ou de leurs peaux. Ce mode de vie, lié au suivi des troupeaux de rennes sous l'influence du climat polaire, a également favorisé un certain isolement des communautés tchouktches, notamment de celles vivant à l'année en Iakumie.
Réputés pour leur talent de guerriers, les Tchouktches cohabitent cependant pacifiquement, durant la grande majorité de la période précoloniale, avec les quelques communautés iakumes et les autres peuples autochtones présents dans la région septentrionale de la Iakumie à l'arrivée des colons mors au XIXe siècle, après la fondation du territoire colonial de Nariakov en 1722. Si les colons sont rapidement en contact avec les populations nénètses présentes sur la côte, ils n'entretiennent que des relations très distantes avec les populations tchouktches, parfois absentes du territoire quand les colons se rendent sur place. Cette situation perdurera, en partie, jusqu'à la fin de la période coloniale, bien que les Tchouktches se rapprochent progressivement des autres peuples et des administrateurs coloniaux au début du XXe siècle. Peu actifs politiquement, des activistes tchouktches sont toutefois présents aux côtés de l'indépendantiste Sergen Bytantay, qui obtient le départ des colons et la proclamation de la République iakume le 19 septembre 1974. Ces mêmes représentants participeront à l'élaboration de l'autonomie dont ils jouissent encore aujourd'hui auprès du gouvernement iakume.
De nos jours, les tchouktches de Iakumie constituent la seconde population ethnique de Iakumie, avec 43 970 habitants recensés (soit environ 10 % de la population) le 1er janvier 2020 selon les données de l'Institut iakume des Statistiques. La grande majorité d'entre eux vivent encore de manière nomade et traditionnelle, tout en entretenant de bons rapports avec l'administration de la République iakume, qui a toujours favorisé leur autonomie communautaire.
- Culture et religion
- Autonomie au sein de la Iakumie : les « Territoires tchouktches »