27/10/2020
22:56:12
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[Slaviensk - Estalie] Les deux rouges de képilande dans la même pièce.


Slaviensk - Estalie


AAAAAAAAAAAAAAAAASlavienskabcdeEstalieAAAAAAAAAAAAAAAAA


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Depuis toujours dans l'histoire récente, l'Estalie et Slaviensk entretenaient des relations pour le moins particulières : d'abord ennemis mortels du temps de l'Union puis de l'Empire Slavis, et maintenant principaux poumons révolutionnaires en Eurysie de l'est. Depuis 2015, on peut dire que les relations entre les deux états ont pour le moins changées.

La révolution slavis du 15 au 16 Janvier 2018, qui dynamita l'ancien régime réactionnaire mis en place justement pour tenter d'empêcher les mouvements révolutionnaires de proliférer dans la région s'effondra dans un vacarme assourdissant, perdant le contrôle d'une armée refusant de tirer sur une population mécontente de la censure de la presse. Depuis cette date, la place du pays dans le monde fut profondément bouleversée : non seulement la jeune fédération connue un profond revirement en s'alignant sur les mouvements émancipateurs internationaux, finissant par ailleurs à se joindre à l'Internationale Libertaire, appuyée par la volonté Estalienne, mais elle connu en plus une montée en puissance hallucinante par sa vitesse, permettant de donner plus de poids à la politique étrangère slavis dans le monde.

Cette nouvelle position internationale ouvertement idéologique et dont les ambitions sont clairement affichés conduisis naturellement à un rapprochement avec les autres pays ayant déjà accompli leur révolution intérieure. Parmi ces pays : l'Estalie. Principale puissance d'Eurysie de l'est, devant Slaviensk et le Drovolski, une Fédération dont le lendemain de la révolution a, semblerait-il tout comme Slaviensk, permis une soudaine montée en puissance sur les plans diplomatiques, militaires et économiques.

Malgré la puissance grandissante - et son importance déjà grande - de l'Estalie, son rôle de centre névralgique de la révolution est-Eurysienne et sa prospérité économique nouvelle, il semblerait que le pays souffre d'un terrible désavantage géographique : le territoire Estalien est enclavé. Si Slaviensk ne partage pas de frontière directe avec l'Estalie, il n'est pas à exclure que Slaviensk serve de "porte vers l'extérieur" pour l'entrée et la sortie de biens d'Estalie, bénéficiant notamment de l'efficacité du port de Rusalka pour les échanges.

Dans ce contexte, et dans celui où la relation estalo-slavis n'avait jusqu'ici pour sujet que la géostratégie et l'idéologie, l'entrevue entre les deux puissances alliées marque un tournant permettant aux deux états de se pencher désormais sur d'hypothétiques coopérations civiles et surtout économiques, bien que conformément à la nature très militaire de la relation entre les deux états, les questions de coopération militaire interalliée restait un des sujets principaux des discussions.

Starovsk, une ville logeant plus de trois millions d'âmes, capitale de la Fédération des Communes, accueillera cette rencontre très attendue par la diplomatie Slavis. Le représentants Slavis sera évidemment le Président Yeleshev Romenko, la rencontre étant évidemment assez importante pour mobiliser directement le président. Lui même sera accompagnée par une délégation gouvernementale assez complète : la Ministre de la défense Natalia Sokolova, une forte tête des Anarcho-communistes, dont Romenko a cependant pleine confiance, la Ministre ayant déjà participé avec lui à plusieurs rencontres diplomatiques. Également accompagné par le Maréchal Giroryev, ancien généralissime des forces slavis lors du conflit Retsvinien et actuel chef d'état major de l'armée de terre, par le Ministre des affaires étrangères et des ressortissants Viktor Vladimirovitch Zoryanin, ainsi que par le Ministre de l'Economie et des finances Sergei Malenkov.

Le choix avait été acté que la rencontre n'aurait pas lieu sur le Palais d'Hiver. Bien que siège actuel du Comité de Volonté Publique en attendant qu'un autre bâtiment sois disponible, le palais représente encore la royauté millénaire de Slaviensk. Ainsi, par choix, il a été décidé que la rencontre ne s'y déroule pas et ai plutôt lieu dans le Ministère des affaires étrangères et des ressortissants, un lieu plus neutre mais tout aussi fonctionnel et élégant.

Les représentants Estaliens furent accueillis à leur arrivée au Ministère par le Président Romenko et les membres de la délégation Slavis, avant d'être conduit vers la salle où se tiendraient les discussions. Après les salutations et les quelques échanges d'usage, les deux délégations prirent place autour de la table, laissant à la délégation Estalienne le soin d'entrer dans le vif du sujet.



AAAAAAAAAAAAAAAAAAALe Ministère des affaires étrangères slavisAAAAAAAAAAAAAAAAAAA



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Anastasia Vinogradov.


Gérer l'Eurysie de l'Est n'était pas toujours facile pour la Commission aux Relations Extérieures. Bien que malgré sa réputation, cette partie du continent restait généralement calme les trois quarts du temps, il arrivait parfois qu'il arrive des imprévus qui fassent capoter la stabilité régionale. L'Eurysie de l'Est a longtemps été le terrain de jeu de pays qui n'en étaient pas originaires, d'étrangers qui n'avaient à cœur que d'établir leurs petits empires sur une terre vierge de contestation armée. Depuis quelques années, il semblait que ces prises d'assaut de l'impérialisme extérieur commençaient doucement mais sûrement à s'atténuer puis à disparaître dans une forme de léthargie inoffensive. Que ce soit Velsna, le Grand Kah, Teyla ou quelconque autre vipère de l'ONC ou de l'OND, plus aucun ne semblait vouloir mener des opérations impérialistes de la même envergure qu'autrefois. Tout ça car Mistohir veille au grain. Qui peut prédire le prochain mouvement des tarés de la Commission à la Guerre ou du SRR, méfiants envers tous et qui ont faits des armes le socle de leur doctrine ? On n'intervient pas dans une région où se situe une des plus grandes puissances militaires au monde en sachant que cette même puissance est contrôlée par des cinglés qui n'hésitent pas à utiliser les conventions diplomatiques comme papier-cul quand il s'agit de prendre en otage des diplomates. Mais bien que cette tranquillité, seulement apparente il faut le dire, soit le fruit d'une domination militaire, des contre-éléments montrent aussi que la paix et la stabilité s'est imposée d'elle-même par la diplomatie entre les principaux concernés. De la Révolution Brune est née la coopération estalo-kartvélienne ; de la guerre en Translavya a découlé la paix apparente entre les deux Translavya pourtant idéologiquement rivales ; des négociations estalo-mors ont découlés une paix durable basés sur des intérêts spécifiquement économiques ; et de la Révolution des œillets a découlé la démocratie à Slaviensk et la fin de la rivalité estalo-slavis qui avait prévalu jusqu'alors. Une fin de rivalité qui s'est enchaînée par une très opportune coopération militaire en Retsvinie. Les intérêts de Mistohir et Starovsk s'étaient soudainement alignés et convergeaient vers le même point et ça, aucune arme estalienne n'aurait pu obtenir le même résultat.

C'est en tout cas ce qui a persuadé Anastasia Vinogradov d'entrer à la Commission aux Relations Extérieures, persuadée que la guerre portée par les Estaliens aux quatre coins de l'Eurysie n'était pas la solution la plus efficace pour propager la Révolution. Bien qu'elle ne rejette pas explicitement l'idée de violence révolutionnaire, toujours fervente husakiste, elle reste tout de même sceptique à l'idée d'adopter une rhétorique explicitement guerrière et belliqueuse qui ne fait que liguer le monde contre la Fédération. L'anarchisme est déjà en temps normal une idéologie mal vue et bien sans révolution violente, il n'y aura jamais de changements radicaux, employer la rhétorique guerrière, presque belliciste et nationaliste des nations d'antan, pour imposer le modèle ailleurs, c'était courir le risque de créer une coalition anti-estalienne un jour. Il convient donc à l'Estalie d'employer des méthodes à deux vitesses. Ce que disait l'ancienne Commissaire aux Relations Extérieures et actuelle Présidente de la Fédération Kristianya Volkiava était précisément qu'il fallait à l'Estalie un visage doux, une avant-garde qui obtempère, capable de faire preuve de compromis, de diplomatie et de compréhension, tout en conservant derrière soi un arsenal qui appuiera peut-être les puissants à nous écouter. Ayant passé deux ans et demi en tant que diplomate de la Fédération en Altrecht, Anastasia Vinogradov avait précisément appliqué cette doctrine et cette philosophie dans chaque instant de son travail. Jusqu'à que le Questan lui-même finisse par taper du poing sur la table en constatant la tartufferie altrechtoise et finisse par remplacer sa diplomate sur place par un de ses pairs disons...plus radical. Le Questan avait le don de savoir qui envoyer pour tel pays en fonction de ce que la Commission attendait du pays en question. Si l'Estalie serrait le poing, elle envoyait un des dizaines de fous qu'elle avait sous la main que Dieu seul sait combien la Révolution de Novembre a engendré. Si l'Estalie voulait relâcher le poing, elle envoyait à son tour toute une bande de joyeux bureaucrates complaisants pour montrer patte blanche. Si on avait envoyé Anastasia, c'est probablement parce qu'elle-même était une de ces bureaucrates complaisantes : jeune, les yeux remplis d'idéalisme et encore peu touchée par le cynisme qui semble ronger le sommet de l'appareil fédéral. Un profil parfait pour Slaviensk donc.

La délégation estalienne, après son atterrissage à l'aéroport, fut donc conduite jusqu'au ministère des affaires étrangères de Slaviensk. Après qu'Anastasia se présenta au Président Romenko comme cheffe officielle de la délégation estalienne et que les deux cortèges s'installèrent enfin autour d'une table pour débuter les négociations, Anastasia Vinogradov prit soin de débuter la rencontre en prenant la parole :

"Camarades slavis, comme vous le savez certainement, de toutes les nations qui se situent en Eurysie de l'Est, il n'existe à ce jour que deux régimes libertaires qui soient en mesure de protéger la région des velléités impérialistes voisines et d'assurer à l'ensemble de la région un climat de paix et de protection aux peuples qui y logent. Ces deux régimes sont bien entendu les nôtres. La Commission aux Relations Extérieures m'a donc chargé en premier lieu de vous transmettre ses amitiés en premier lieu et de vous garantir notre bonne foi à votre égard : nous estimons que Slaviensk est un acteur régional important et qui mérite en conséquence d'être considérée comme telle et de ce fait, que la coopération entre nos deux pays relève de l'évidence, compte tenu des intérêts mutuels que nous aurions à coopérer.

Bien que je considère la partie économique comme la plus importante de toutes, j'aimerais tout de même aborder en premier sujet le domaine militaire. En effet, cet aspect a été le premier domaine dans lequel nos deux nations ont débuté leur collaboration : Slaviensk a généreusement accepté le passage des troupes estaliennes sur son sol et a participé à nos côtés dans la lutte antifasciste en Retsvinie. Croyez le ou non mais les Estaliens respectent énormément ceux avec qui ils ont versés leur sang sur le champ de bataille. Jusqu'alors, l'Estalie était bien seule sur ce continent pour faire plier la menace capitaliste et fasciste et le fardeau porté par notre peuple pour libérer les autres s'est soldé par des torrents de sang estalien. Alors il est infiniment digne de voir que d'autres peuples se joignent eux aussi à notre lutte sans autre contrepartie que la libération des peuples opprimés par les tyrans des quatre coins du monde et cela force notre respect à votre égard. Compte tenu des combats en Retsvinie, les armées estalienne et slavis ont étés dans l'obligation de combattre côte à côte et donc de coopérer, ce fut une première dans notre histoire commune. Bien entendu, la guerre en Retsvinie a été une première expérience, avec ce que cela implique car cette coopération s'est tout de même fait de manière improvisée entre les cadres de nos forces, sans institutions communes auxquelles se référer.

En premier lieu, il est donc nécessaire d'instituer enfin une structure officielle commune via un accord de coopération militaire commun. Cela inclurait en tout état de cause une clause de défense commune ; bien qu'une telle clause existe déjà au sein de l'Internationale Libertaire, ce qui fait qu'à l'heure actuelle, nous sommes déjà liés communément par l'obligation de nous porter mutuellement assistance, nous pensons qu'un accord bilatéral solidifiera ce principe-clé. Ensuite, pour rentrer dans le vif du sujet, un tel accord comprendrait la formation d'une commission militaire bilatérale capable de coordonner rapidement nos deux armées en cas de menace commune (il ne s'agit évidemment pas là de créer une armée commune mais de fusionner nos états-majors dans le cas explicite d'une guerre que nous aurions à mener ensemble), de programmes d'échanges d'élèves-officiers entre nos académies militaires, d'exercices annuels entre nos forces armées, une structure de partage de renseignements, une mise en place d'une compatibilité de nos communications militaires communes. Enfin, pour parachever la question militaire, il y aurait aussi la question de l'industrie. Bien sûr, il ne s'agit pas là de fusionner nos industries ou d'en rendre dépendante une d'entre elles mais cela visera ici à créer quelques programmes communs afin de standardiser certaines équipements que nous serions susceptibles d'engager ensemble en cas de conflit, notamment la standardisation des calibres et des pièces de rechange pour les véhicules.

Si vous avez d'autres propositions dans le cadre militaire à me faire part, ou des précisions que vous souhaiteriez apporter sur une des propositions que je viens de citer, je vous écoute.
"
Yeleshev Romenko lança un bref regard aux membres de sa délégation qui hochèrent la tête, puis répondit :

Yeleshev Romenko : "Excellence Vinogradov, je pense partager avec vous l'essentiel des préoccupations et intérêts que vous nous exposez. Dès l'invasion de Retsvinie, dès les séances spéciales de l'ancienne assemblée nationale qui conclurent de la nature du futur régime et même dès lors que le peuple slavis se souleva contre l'Empire, notre destin de défenseur de la démocratie et de la liberté avait été scellé. La lutte émancipatrice internationale est la mission historique des Slavis comme elle l'a été, avant nous, pour les Estaliens et il faut dire que le respect est partagé. Votre peuple a su se sacrifier pour libérer l'Eurysie Orientale, il est maintenant du devoir des peuples nouvellement libérés de vous aider dans votre lutte clairvoyante.

Pour cela, nous pensons que Slaviensk peut désormais assumer pleinement un rôle de puissance régionale, notamment grâce à sa jeune armée et à son économie dynamique. Mais cela ne suffit malheureusement pas : Comme vous l'aviez expliqué, si nos deux Fédérations sont parvenues à coopérer efficacement en Retsvinie, il a fallu que les Hauts commandements se coordonnent sans institution militaire permettant de partager activement le renseignement, sans haut commandement commun qui aurait pu permettre alors de monter plus rapidement les plans d'opération. Nous partageons donc votre diagnostic : il n'est pas, pour l'heure, garanti que l'alliance qui nous lie puisse à nouveau faire preuve d'une telle efficacité dans sa coordination. Si les armées doivent reposer uniquement sur la compétence de nos soldats et de nos généraux, en devant combattre sans aucune structure à même de se coordonner, il ne sera pas possible de poursuivre une politique de propagation commune de la Révolution. Nous acceptons, en conséquence, les dispositions relatives à la coopération militaire accrue, notamment sur le plan des échanges d'officier, de la création d'une commission bilatérale chargée de coordonner nos états-majors lors des opérations communes, les exercices communs et la standardisation des armements et munitions... Sur ce dernier point, nous pensons qu'il serait pertinent que cette question soit ensuite étudiée par un groupe de travail militaro-technique commun, qui pourrait déterminer de la viabilité de la standardisation des pièces et munitions pour chaque types d'armes.

En dernier lieu, nous pensons que le renforcement des accords de défense mutuels liants Mistohir à Starovsk serait pertinente, moins urgente peut-être, mais absolument pertinente. Ainsi, j'accepte l'ensemble des propositions sur le volet militaire, considérant comme l'ensemble des dispositions comme essentielles à notre coopération et à notre alliance.

Je n'ai rien d'autre à ajouter, je vous laisse ainsi poursuivre quant à vos propositions sur le plan économique."







Yeleshev Romenko

Romenko
Satisfaite, Anastasia nota quelques éléments de la réponse de Romenko, il faut dire que la question militaire allait de soi entre les deux pays. Aux yeux de la Commission aux Relations Extérieures, rien ne valait plus qu'un allié suffisamment puissant pour se protéger seul, appuyer de tout son poids la pression militaire du bloc libertaire en cas de crise et agir comme force complémentaire sur les théâtres d'opérations, une force complémentaire qui peut toujours, sait-on jamais, faire basculer le déroulement des événements. Au fil des années, l'Estalie s'était efforcée de construire un réseau militaire de grande envergure dans toute la partie orientale du continent eurysien et ce, jusqu'à l'Eurysie Centrale. Ce réseau militaire, dont les nations environnantes ont finis par en prendre conscience et à agir par calcul de la présence estalienne, facilite grandement la capacité estalienne à contester les ingérences impérialistes venant des autres grandes puissances.

Cependant, si l'aspect militaire restait important, compte tenu de l'importance de la question militaire dans l'idéologie et donc dans la politique internationale estalienne et particulièrement husakiste, le domaine économique était la capacité de consolider les accords déjà conclus. On ne maintient que rarement des nations dans un bloc souverain avec la force et bien que la subtilité ne soit pas un mot qui puisse franchement être collée à la diplomatie estalienne, toujours franche et souvent brutale et violente dans son approche à plusieurs égards, c'est souvent par les liens économiques que la paix et la confiance s'installent durablement.

"Je note quant à votre proposition d'établir un groupe de travail militaro-technique commun quant à la question de la standardisation des équipements militaires, il va évidemment de soit qu'une commission experte dans le domaine soit mise en place afin qu'une standardisation de ce type ne chamboulent pas trop non plus nos lignes de production respectives et servent avant tout un but de rationalisation des moyens militaires et d'interopérabilité.

Sur le plan économique, maintenant, allons-y. Tout d'abord, il convient de noter que le régime communaliste à Slaviensk est encore jeune et qu'en conséquence, ma Commission a encore des informations assez parcellaires quant au fonctionnement de votre économie. J'ai lu attentivement votre Constitution mais celle-ci ne semble pas définir explicitement le fonctionnement des prix à Slaviensk, au moins j'ai lu quelques articles qui permettent à ma Commission de spéculer sur la façon dont les prix sont définis dans votre économie, notamment l'article 59 qui explique que les unités de production autogérées ont une autonomie complète sur leurs échanges économiques et leur répartition des richesses, ce qui suggère sûrement qu'elles peuvent librement fixer les conditions de leurs échanges, y compris les prix. De même, la planification fédérale à Slaviensk est indicative et non coercitive, ce qui laisse entendre que les prix ne sont pas entièrement fixés par le plan. Là où je veux en venir, Monsieur le Président, c'est qu'il y a certainement un fossé entre nos deux systèmes de prix. En Estalie, les prix domestiques ne sont pas reflétés par des rapports d'offre et de demande spontanés mais via un mécanisme de rentabilité encadré par l'Etat que nous nommons le système Joduliak, qui est ensuite pondéré par tout un tas d'indicateurs sociaux et sectoriels. Si notre système de fixation des prix diffère du vôtre, alors un simple échange de biens au prix nominal produira des distorsions et des transferts de valeur invisibles, l'un de nos deux pays subventionnera involontairement l'autre. Evidemment, en temps normal, cela ne nous dérange guère car il s'agit une de nos principales armes commerciales contre les capitalistes mais bien entendu, je doute sincèrement que l'on puisse faire preuve d'une "arme" entre alliés. Je pense donc que le gros du travail à tout accord économique sera de créer un mécanisme de conversion des unités de valeur : l'on pourrait envisager un panier de biens de référence commun se composant de produits agricoles essentiels, de matières premières, de produits stratégiques ou de biens manufacturés dont la Commission aux Finances estalienne et votre gouvernement fédéral s'accorderaient périodiquement sur une valeur d'échange réévaluée selon une cadence trimestrielle ou semestrielle, comme nous le faisons déjà en interne en Estalie pour nos propres paliers d'ajustement. Cela éviterait notamment le recours à un marché de changes spéculatif qui serait complètement incompatible entre nos deux systèmes et offrirait une base de calcul commune.

Ensuite, pour nos échanges économiques, nous devrions mettre en place une chambre de compensation bilatérale. En bref, chaque exportation d'un pays vers l'autre sera comptabilisée en unités de compte convenues, sans transfert monétaire immédiat, avec une compensation périodique des soldes, sous le regard gestionnaire de la dite chambre de compensation. Le but sera de réduire notre dépendance commune aux réserves de change étrangères. De même, étant donné que nous devons nous considérer à ce jour comme de francs alliés, ces accords économiques devraient se charger d'établir un climat de complémentarité industrielle et de supprimer progressivement les éléments nocifs de la concurrence via un accord de spécialisation industrielle qui devra concrètement prévoir une allocation contractuelle de capacité de production sur les secteurs industriels où nos nations sont possiblement en retard ou minoritaires. Pour vous donner un exemple dans le cas estalien, l'industrie chimique et pétrochimique en Estalie est particulièrement lacunaire, la grande majorité des biens chimiques industriels sont importés en Estalie, pas toujours au meilleur prix. Je pense donc qu'il est dans notre intérêt que Slaviensk puisse satisfaire la forte demande chimique estalienne et qu'en contrepartie, l'Estalie fasse profiter Slaviensk de ses points forts, je pense notamment à l'outillage agricole, la sidérurgie, l'industrie lourde, le logement, etc. De même, toujours dans l'objectif de mutualiser nos moyens de production et de les rendre complémentaires et performants communément, il serait bon ton de donner une place à l'innovation et à la recherche dans nos accords en instituant un fonds de recherche conjoint, alimenté par des cotisations de nos deux gouvernements, afin de financer des projets d'intérêt commun comme le développement de nouvelles technologies agricoles ou industrielles. Ce type de structure a l'avantage de ne pas transiger sur la question de la propriété puisque le fonds restera public et binational.

Enfin, je parle beaucoup des marchandises mais la circulation des personnes est aussi importante, il faudrait donc inclure dans nos accords des clauses de mobilité accrue pour les travailleurs. Actuellement, l'Estalie a déjà un système de naturalisation relativement rapide et une politique d'accueil relativement généreuse, je pense qu'il serait d'autant plus bénéfique entre nos deux nations de faciliter ces flux de travailleurs en prévoyant des clauses de reconnaissance mutuelle des qualifications professionnelles et la capacité de transférer une solde gagnée en Estalie ou un salaire à Slaviensk vers le pays d'origine du travailleur par des sommes équivalentes. Enfin, plus classiquement, nous proposons également à ce que des échanges universitaires et des accords de coopération et de transfert d'étudiants soient mises en place entre les universités de nos deux pays, d'ouvrir des places attitrées dans les universités partenaires pour les étudiants slavis ou estaliens qui souhaitent étudier à l'étranger entre nos deux pays et faciliter également les échanges de professeurs afin que nos deux pays puissent également profiter de l'expertise du corps enseignant de l'autre en cas de besoin. Qu'en pensez-vous ?
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