16/06/2020
09:42:12
Index du forum Continents Eurysie Carnavale

Service d'urgence de l'intersyndicale carnavalais

Voir fiche pays Voir sur la carte
0
éclopés

Suite chronologique directe de ces RP...

Dans l'arrière-pays dévasté par l'agent GILGAMESH, les syndicats agricoles recensent les travailleurs survivants.

- Vingt-trois, vingt-quatre, approchez vous ceux que je n'ai pas compté !

On inscrit des noms sur des listes afin de permettre à soi, ou à sa famille, de bénéficier de la couverture santé "attaque bactériologique" DalyohaTM et d'un remboursement substantiel de ses soins médicaux.

- Ceux qui ont perdu une jambe ou deux, les handicapés moteurs, les gravement paralysés, levez un bras ! Je viendrai vers vous. Si vous n'avez pas de bras, sifflez ou tâchez de faire du bruit !

Olivert Pierouge, secrétaire général du syndicat, fait le tour des bâtiments industriels.

Olivert Pierouge

- Il y a quelqu'un ? Eh oh ? Des survivants ?

Une voix faible :

- Ici... ici...

Il s'approche d'un château d'eau à moitié effondré. Dans la cuve, trois individus mal en point semblent camper depuis des semaines. Olivert Pierouge ressert son masque FFP666 avec appréhension.

- Il y a des malades parmi vous ?

Les hommes se regardent avec angoisse, ne sachant quelle réponse leur sauvera la vie. Jugeant sans doute que nier est impossible, l'un deux finit par avouer.

- On est malade... on a été touché par l'agent...

- Ok les gars pas de panique, je préviens les médecins on va vous sortir de là.

- La maladie...

- L'épidémie est passé, les ambulances sont sur le coup, on vous ramène à la Cité noire, ne vous inquiétez pas, le pire est derrière nous. Ne bougez pas, je vais chercher les médecins, ne bougez pas.

Il ressort, se dirige d'un pas hâtif vers les véhicules Dalyoha, dont les gyrophares éclairent le soir couchant de couleurs artificielles.

- Le pire est derrière nous... le pire est derrière nous...

0
GéminéonBaltazar

- C'est un sacré charnier docteur... je vois des gens qui sont morts partout.

- Bien malin qui connait le nombre exact de victime, mais le syndicat est en train de compter les survivants, j'imagine qu'avec une bonne soustraction on pourra estimer les pertes.

Balthazar Métaphore donne un petit coup de pied dans un cadavre en état de décomposition avancée, comme pour s'assurer qu'il est bel et bien mort.

- Heureusement l'épidémie a été contenue en dehors de la Cité noire. Ça fera de l'engrais, j'imagine ?

- Je ne suis pas certain que les ouvriers agricoles accueillent avec enthousiasme l'idée de cultiver à partir de la biomasse de leurs confrères. Enfin. L'histoire ne retient guère les états d'âmes, au fond ce n'est rien de plus qu'une statistique...

- Quel ratio d'ouvriers agricoles est-il acceptable de sacrifier pour emporter dans la tombe un soldat de l'OND ? Dix ? Cent ? Mille ?

- Taisez vous Balthazar, on vient.
0
Olivert PierougeDocteur Philippe Géminéon

- Doct...! Ah docteur Géminéon, c'est vous... par ici, il y a des malades dans le château d'eau.

Le docteur fait signe à ses équipiers de venir et se porte aux côtés d'Olivert Pierouge.

- Monsieur Pierouge, avez vous une idée du nombre de victimes total ?

- Aucune idée...

- Même pas une estimation ?

- A vous de me le dire, c'est votre agent je crois ?

- Précisément, nous commençons à peine le travail d'évaluation de sa létalité réelle. Le nombre de paramètres à prendre en compte est cependant gigantesque et les seules références que nous avions jusqu'ici étaient des simulations par ordinateur ou des tests à petites échelles dans les bas-quartiers. Comme certaines régions sont inaccessibles à nos ambulances, nous sommes obligés de faire des estimations probabilistes en fonction de la densité de la population. Nous y verrons plus clair lorsque nous connaitrons le nombre de survivants zone par zone.

- Peut-être la moitié, je ne sais pas trop. Les régions les plus proches de Carnavale ont pu être prises en charge rapidement mais plus profond dans l'arrière pays c'est le brouillard et avec les troupes de l'OND en errance, on évite de trop s'y aventurer.

- Il faudra bien pourtant, nous n'allons pas laisser ces pauvres gens mourir.

- C'aurait été bien d'y penser avant de lâcher sur eux un agent bactériologique mortel.

- Que voulez-vous ? C'est la guerre...

Au dessus d'eux, des hélicoptères médicaux s'élancent vers le couchant.
0
Hôpital de campagne Saint-Survivant

Plusieurs semaines plus tard, l'hôpital de campagne Saint-Survivant.

Le silence de l'OND a laissé le champ libre aux ambulances Dalyoha pour rapatrier la majeure partie des ouvriers agricoles de l'arrière pays. Afin d'éviter un regain de l'épidémie, à ce stade très improbable, l'hôpital de campagne Saint-Survivant a été monté à proximité de Carnavale où il accueille les malades, permet de faire un bilan de leur état de santé et les places en quarantaine avant de leur permettre de retourner dans la Cité noire. Si l'hôpital brassait des milliers de personnes chaque jour dans les premiers temps suivant la diffusion de l'agent GILGAMESH, ce ne sont aujourd'hui plus qu'une petite dizaine d'éclopés qui s'y présentent chaque jour.

Les milices Dalyoha surveillent les alentours du camp afin de prévenir toute attaque contre la population civile.

Appuyé d'une main sur sa canne et de l'autre sur l'épaule de Balthazar Métaphore, le docteur Noamaury Blanchâtaigne passe tous les deux jours contempler son œuvre. Il tâte à cet instant précis le moignon d'un homme émacié, allongé sur un brancard dans une tente.

Noamaury Blanchâtaigne

- Et donc vous dites qu'il a fallu couper ?

- Oui docteur... l'agent a provoqué des plaies cutanées et les médecins disent que je commençais à pourrir de l'intérieur...

- Quel tragédie... Fort heureusement les Laboratoires Dalyoha vous fourniront une belle prothèse, ce sera comme si rien ne s'était passé.

- Je vous remercie docteur... Docteur ? Quand pourrais-je revoir ma famille ?

- Il faut regarder le temps de quarantaine, Balthazar voulez vous bien...?

Le jeune médecin jette un œil au dossier médical du patient, placé dans un casier en bout de lit.

- Ça dit que vous pourrez sortir d'ici deux semaines monsieur. Si il n'y a pas de nouveaux signes d'incubation.

- Deux semaines... encore...

- Depuis combien de temps ne les avez vous pas vu mon garçon ?

- Le début de l'épidémie, ça va fait trois... quatre mois ?

Noamaury Blanchâtaigne lui tapote l'épaule.

- Je suis sûr qu'ils vont bien. Souhaitez vous qu'on se renseigne à leur propos ?

- Oh, oui ! Ce serait formidable ! Dites leur que je suis vivant ! Que je vais rentrer !

- Ce sera fait monsieur...?

- Mathéo ! Mathéo Logis ! J'habite dans le quartier des citadelles, ma famille vit au 23 boulevard des maréchaux.

- C'est un très beau nom monsieur Logis, nous nous assurerons que votre famille soit prévenue, ne vous en faites pas.

Noamaury Blanchâtaigne et Balthazar Métaphore s'éloignent du lit puis sortent de la tente. Le jeune médecin grince des dents.

- Vous savez qu'il ne va pas s'en sortir ? La gangrène lui remonte déjà jusqu'aux reins...

- Etait-il nécessaire de lui gâcher ses dernières heures de lucidité ? On le droguera bientôt pour lui épargner la souffrance. Mais c'est une excellente nouvelle pour nous Balthazar, l'agent GILGAMESH continue de laisser des blessés dans son sillage même après plusieurs mois. Pour un usage militaire c'est excellent, souvenez vous...

- "Mieux vaut blesser que tuer" oui je sais.

- Mieux vaut une armée qui tente de sauver ses blessés plutôt qu'une qui cherche à venger ses morts. Et si les blessés finissent par mourir malgré tout, c'est doublement positif pour nous. Allez, allons prendre un café.
0
Docteur Jéricho

Plusieurs mois plus tard, l'épidémie est officiellement terminée. Une salle de réunion dans les sous-sols de Grand Hôpital.

- Silence je vous prie. Docteur Jéricho, vous pouvez commencer votre exposé.

- Je vous remercie professeur Blanchâtaigne. Messieurs, mesdames, voici désormais six mois que l'agent GILGAMESH a été diffusé avec succès sur l'armée ennemie et dans l'arrière pays. Nous avons eu plus qu'amplement le temps de mesurer ses effets d'un point de vue qualitatif étant donné le grand nombre de victimes qui nous sont parvenues, il est désormais temps de dresser un bilan qualitatif.

Sur les 325 675 ouvriers agricoles recensés par leur syndicat et qui travaillaient dans l'arrière pays au moment de la diffusion de l'agent GILGAMESH, on estime que la moitié d'entre eux ont été infectés, soit environ 160 000 personnes. Sur ces 160 000 personnes, deux tiers sont mortes aujourd'hui à raison d'un tiers dans les premières heures suivant la diffusion de la maladie, et d'un tiers dans les mois qui ont suivi des suites de complications ou d'une mauvaise prise en charge. Le rapatriement des malades a été gêné par la mauvaise volonté de l'OND mais nous pensons que dans de meilleures conditions, nous aurions pu limiter le nombre de victimes à la moitié des infectés. Ce 15 juin 2020, nous estimons à environ 107 000 victimes directes et indirectes de l'agent GILGAMESH, sans prendre en compte les pertes de l'OND. Celles-ci sont plus difficiles à calculer faute de chiffres officiels publiés par les états-majors, mais nos experts les estiment à des proportions comparables.

J'exclue volontairement tous les morts incalculables liés au manque de nourriture qu'a pu entraîner la paralysie du système agricole carnavalais pendant plusieurs semaines, ceci n'est pas notre affaire.

L'agent GILGAMESH est donc un agent susceptible d'être mobilisé sur le champ de bataille, que ce soit dans un cadre de guerre asymétrique ou non, et peut aisément ravager une région entière s'il n'est pas correctement contrôlé. En l’occurrence le blocus exercé sur la Cité noire et l'expertise de nos miliciens a permis une maîtrise de bout en bout de sa propagation, mais il n'est pas dit qu'une utilisation par des amateurs ne tournerait pas à la catastrophe...

- Estimez vous qu'il soit commercialisable ?

- Difficilement, ou bien pas sans conditionner son emploi à une validation par nos Laboratoires et d'imposer qu'il soit manipulé et diffusé par des médecins formés à son usage exclusivement. Je crains qu'une utilisation dans un cadre militaire moins contrôlé n'expose les deux camps à un massacre.

Assis sur sa chaine, Balthazar Métaphore ricane.

- Alors que 110 000 morts civils, c'est de la bagatelle.
Haut de page