
Au sein de la Fédération du Navasota, le système de santé est, comme pour chaque élément de la vie d'un citoyen, payant et soumis à sa propre responsabilité.
Le système de santé de la Fédération se construit dans l'idéologie du libéralisme pur ; c'est l'expression cohérente d'une idéologie qui souhaite accorder à tous ses citoyens la liberté de choix. Dans l'Union, la liberté individuelle et la responsabilité personnelle s'opposent naturellement, par le poids de l'histoire et de la conquête des droits civiques, au rôle de l'État fédéral, considéré comme trop intrusif ; la méfiance envers l'État est une norme sociale qui s'est installée jusque dans la sécurité sociale, le système de santé et l'assurance des Navorais.
Cette philosophie, qui vient directement des traditions de la Frontière : celle de la responsabilisation individuelle et de la liberté de choix, prône que l'État, en tant qu'institution, doit laisser l'individu être le seul maître de son destin, et qu'il est seul en capacité de juger de ses propres intérêts. La méfiance envers l'État et la bureaucratie fait que les individus sont invités à prendre leur destin en main, notamment en matière de santé, plutôt que de s'en remettre à un État qui dirigerait leur vie, considérant que, nécessairement, chaque fois que l'État intervient dans le marché pour organiser la prévoyance collective, cela cause davantage de perturbations et de dérèglements qu'autre chose. L'idéologie libérale du Navasota n'exclut pas pour autant l'État du système de santé ; bien au contraire, le seul rôle accordé à l'État est d'organiser le cadre général du marché, d'assurer la protection, la justice et la paix, mais également de venir en secours, en dernier filet de protection, aux plus nécessiteux et aux plus miséreux de la société.
L'État joue donc un rôle plutôt secondaire sur le marché de la prévoyance : la protection sociale doit avant tout reposer principalement sur l'épargne privée et les cotisations constituées par les individus tout au long de leur vie, ainsi que sur leurs placements ; le marché de l'assurance et la prévoyance individuelle est le cœur de cette prise en main par les individus, l'État n'y jouant qu'un rôle minimal : réglementation générale et protection (notamment à travers la justice). L'État n'intervient qu'en dernier recours, de façon ciblée (personnes en situation de nécessité ou à protéger en raison de leur vulnérabilité) et temporaire (par exemple, un enfant jusqu'à sa majorité), tout cela afin d'éviter que la société n'abandonne les plus vulnérables, sans pour autant créer de droits permanents susceptibles de décourager l'effort et la responsabilité individuelle.
C'est l'idéologie du Residual Welfare Model, qui s'oppose à l'Universal Welfare Model.