
La fondation pour la mémoire des victimes de l'agent GILGAMESH est une association de loi 1919, dont le but est de préserver la mémoire des morts provoqués par la frappe bactériologique des Laboratoires Dalyoha sur l'armée de l'OND, mais également de faire la lumière sur plusieurs zones d'ombres et notamment les retards et difficultés de prise en charge des malades lorsque les premiers symptômes de la pandémie ont commencé à être identifiés.
Porté par le syndicat des ouvriers agricoles carnavalais, la Fondation pour la mémoire des victimes de l'agent GILGAMESH a posé plusieurs demandes d'ouverture d'enquête au Tribunal Populaire visant notamment les milices Dalyoha, accusées, d'avoir entravé les tentatives citoyennes de porter assistance aux malades dans les premières heures de la pandémie, notamment en décrétant une quarantaine totale de la ville et la fermeture de ses principaux axes routiers. Les milices Dalyoha sont accusées de plusieurs manquements dans le déploiement du protocole sanitaire qui auraient pu permettre une prise en charge plus rapide des victimes civiles.
La Fondation pour la mémoire des victimes de l'agent GILGAMESH accuse également l'OND d'avoir, par son silence, refusé le passage aux ambulances et secouristes carnavalais, ce qui a provoqué des dizaines de milliers de victimes civiles supplémentaires. L'absence totale de réaction de la part de l'OND est considéré par la Fondation pour la mémoire des victimes de l'agent GILGAMESH comme le principal facteur de létalité de la pandémie, après la maladie en elle-même. La fondation considère que si l'OND s'était donné la peine de refuser explicitement, les services ambulanciers carnavalais auraient pu concentrer leur action sur les zones immédiatement accessibles, mais qu'en l'absence de réponse claire, Grand Hôpital s'est trouvé plongé dans l'incertitude ce qui a retardé le déploiement de ses médecins et complexifié la mise en place de la quarantaine. L'entrave à l'assistance aux populations civiles en danger de mort étant considéré comme un crime de guerre, l'affaire est très loin d'être anodine.
L'enquête portant sur la responsabilité des milices Dalyoha est en cours, les avocats de la Dalyoha Compagnie cherchent à prouver que leur gestion de la pandémie a été optimale et "n'aurait pas pu mieux se dérouler". Des arguments jugés "convaincants" par la cour, d'après des observateurs extérieurs. "Compte tenu de la situation militaires et des risques liés à la létalité de l'agent GILGAMESH, il était difficile d'en attendre davantage de la part des Laboratoires Dalyoha. Les victimes civiles n'auraient pas pu être évitées, sauf en cas de collaboration active entre les forces de l'OND et celles de Carnavale." Les avocats de la Dalyoha Compagnie mettent notamment en avant le nombre miraculeux de zéro morts dans l'enceinte de la Cité noire, une donnée prouvant à elle-seule le professionnalisme exceptionnel des miliciens et médecins déployés sur le terrain.
Du côté de la plainte contre l'OND, en revanche, l'affaire ne prend pas la même tournure : "Il y a des preuves formelles que l'OND a choisi d'ignorer la proposition du docteur Philippe Géminéon de mettre en place un cessez-le-feu qui aurait permis de sauver des dizaines de milliers de vie." Si la responsabilité de l'état-major de l'OND ne fait à ce stade aucun doute, le Tribunal Populaire peine encore à identifier clairement qui, dans la chaîne de commandement, a donné l'ordre de laisser mourir tout le monde. Du côté des victimes et des avocats de la Fondation, on craint une pirouette juridique pour éviter les sanctions : "ils vont tenter de coller ça sur le dos d'un Sylvois pour ne pas avoir à assumer leurs crimes" s'inquiète une veuve d'ouvrier agricole, dont le mari compte parmi les trop nombreuses victimes de l'agent GILGAMESH.
Pour l'heure, aucun interlocuteur fiable n'a encore été identifié pour répondre aux nombreuses demandes de la Fondation.