07/11/2020
18:46:33
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Et maintenant les amis, quelques choses d'assez inattendu !

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Quelques choses d'assez inattendu !

- Et maintenant les amis, quelques choses d'assez inattendu !

- Et oui !

- On n'en peut plus d'attendre.
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Les montagnes de la Côte-Mitaine ne sont pas bien grandes et en plus, leur sommet est plat. Ce sont de hauts plateaux basaltiques qui forment une chaîne séparant l’océan d’Espérance du golfe de Carnavale. Il y a très longtemps, quand l’Eurysie était plus froide, le Mont Branle était blanc de neige. Aujourd’hui, il fait davantage poivre et sel. Ce n’est que de la roche propice à la randonnée et à l’observation des marmottes. On y trouve aussi quelques hôtels un peu désuets, principalement des cures thermales. Leur solution pour survivre face à la concurrence de Grand Hôpital fut de drastiquement baisser leurs prix et désormais le papier peint sent un peu le moisi. Cela n'ôte rien à la beauté des paysages.

sanatorium alpin

Le sanatorium alpin du Mont Branle est une institution pour les amateurs de couleurs pastel et de vue imprenable. Largement désargenté, la plupart de ses ailes ont été condamnées, mais le service reste très acceptable. C’est dans cette ambiance surannée que doivent se rencontrer les représentants de la Principauté de Carnavale et ceux de l’OND. Une réunion préparatoire à un potentiel accord de paix, les deux camps s’étant déjà fait beaucoup de mal.

Leur hôte sera le Potentat Gaël Gargouille. Pas en personne, bien entendu, cette réunion n’a rien d’officielle et de toute façon Gaël Gargouille est trop vieux et n’a pas envie de se peler les miches au sanatorium. En revanche, son pays accueille gracieusement les diplomates. C’est Jean-Paül Lion, son fidèle bras-droit, qui s’y colle. Il a déjà accueilli Yves Saint-Lorenzo et ses équipes et maintenant ils patientent en buvant du café face à l'aérodrome que la délégation de l'OND se pointe.

Yves Saint-LorenzoJean-Paul Lion

- Ils ne vous ont pas encore appelé ?

Jean-Paül Lion regarde son téléphone.

- Non, je vous dirai quand ce sera le cas ne vous inquiétez pas monsieur Lorenzo.

- Saint-Lorenzo.

- Saint-Lorenzo. Vous êtes inquiet monsieur Saint-Lorenzo ? On peut vous servir du cognac dans votre café si vous voulez ? pour les nerfs.

- Inquiet ? Non, non. C'est le trac. L'excitation avant la scène. Vous avez déjà toréé dans une arène monsieur Lion ?

- Ah non jamais. Vous si ?

- Non plus, mais j'imagine que ça doit faire un peu ça.

- Moi je crois que c'est beaucoup plus effrayant d'être face à un taureau quand même.

Quelques quarts d'heures plus tard, dans un bureau confortable, les diplomates de l'OND sont arrivés.

Jean-Paul LionYves Saint-Lorenzo

Jean-Paül Lion prend la parole.

- J'ai l'honneur d'être votre hôte pour cette séance de pourparlers, cependant je ne m'exprimerai pas plus que nécessaire au bon déroulement des échanges. Je veillerai simplement au respect des tours de parole afin d'éviter toute forme d'escalades verbales qui, j'en suis convaincu, n'arriveront pas. Je ne souhaite, avant de commencer, que vous rappeler cette maxime que j'ai en tête : on ne fait la paix qu'avec ses ennemis. La tâche qui vous attend est rude, nulle doute que vous saurez vous montrer à la hauteur. N'hésitez pas à faire sonner si vous avez besoin de quoi que ce soit, le personnel de l'hôtel reste à votre disposition.

Il se racle la gorge.

- Vous êtes ici car vous avez tous accepté d'engager des négociations de paix dans le cadre de la guerre opposant plusieurs nations de l'OND à la Principauté de Carnavale. Quelques faits peut-être, cette guerre dure désormais depuis plus de trois ans. Elle fait suite à une série de provocations et d'escalades guerrières dont le sommet fut l'holocauste d'Estham et la destruction de la capitale de l'Empire du Nord, causant la mort de deux millions de personnes. Suite à cela, les nations ci-représentées se déclarèrent officiellement la guerre, conduisant à la prise de contrôle d'une partie du territoire carnavalais et sa mise sous blocus. Je n'entrerai pas dans le détail, qui nous est de toute façon inconnu, de l'équilibre réel des forces, toujours est-il que la situation stagne aujourd'hui, chaque camp s'étant porté des coups suffisamment forts pour empêcher à l'autre de revendiquer une victoire totale et inconditionnelle. Nous sommes donc ici pour négocier les modalités de la paix entre vous, partant de cet état de fait. Si personne n'a d'objection sur ce constat, nous pouvons commencer. Monsieur Saint-Lorenzo, le tirage au sort vous a désigné pour parler en premier.

- Je vous remercie monsieur le Ministre. Chers invités de l'OND, je ne crois pas non plus nécessaire de revenir précisément sur la situation sur le terrain. Je pense que l'OND comme Carnavale avons parfaitement conscience de nos forces et de nos faiblesses, mais surtout des enjeux pour l'avenir. Car ne pas trouver d'accord aujourd'hui, c'est signer pour six mois, un ans, dix ans peut-être d'une guerre interminable et qui appellerait, pour se terminer, à surenchérir de part et d'autres. La Principauté de Carnavale ne le souhaite pas. D'une part car elle a conscience des coûts que peut encore lui infliger l'OND, d'autre part car nous savons que pour vaincre l'Organisation il nous faudra frapper violemment en dehors de nos frontières, au cœur des populations civiles et du tissu industriel, et ainsi causer davantage de morts encore, et semer de nouvelles rancunes. Le moment est donc bien choisi pour arrêter les frais, du point de vue d'Améthyste. En vérité, aucun camp n'a démérité militairement, ce qui permet à chacun de signer la paix la tête haute. On dit parfois qu'un accord est un accord qui ne satisfait jamais vraiment personne. Actons alors que nous ressortirons insatisfaits de cette pièce. Voici nos propositions.

Il met un papier au milieu de la table et lit ce qui est marqué dessus.

Partie carnavalaise :
- la Principauté de Carnavale reconnait sa responsabilité pleine et entière dans la destruction d'Estham ;
- elle s'engage à mettre à la disposition de l'Empire du Nord son expertise et son matériel afin de nettoyer les territoires contaminés par ses agents chimiques en Aleucie ;
- si l'Empire du Nord en fait la demande, elle s'engage également à monter avec lui un programme de reconstruction écologique des régions contaminées ;
- elle s'engage à initier des réparations symboliques : journée de commémoration pour les victimes avec processus mémoriel dans les programmes éducatifs ;
- elle s'engage à initier des réparations matérielle à la hauteur de 60 000 Chèques Carnavalais dans l'Empire du Nord ;
- tous les prisonniers de guerre capturés par la Principauté de Carnavale seront rendus à l'OND ;
- la Principauté de Carnavale, sans y renoncer elle-même, propose de s'engager aux côtés de l'OND au sein d'un traité de non prolifération des armes chimiques et bactériologiques afin d'une part de limiter leur utilisation, et d'autre part que seules les nations qui en sont déjà dotées soient autorisés à posséder un arsenal ;
- sur le sujet de la Kabalie rouge, la Principauté de Carnavale reconnaitra la légitimité de la mission d'observation initiée par l'Althalj et le Finejouri et s'engage à peser de son poids politique et économique sur le gouvernement kabalien afin de permettre à cette mission d'aboutir, de se dérouler dans de bonnes conditions, et à ses conclusions d'être appliquées et respectées.

Partie Organisation des Nations Démocratiques :
- l'OND reconnait sa responsabilité pleine et entière dans la destruction du quartier des colchiques et l'incendie de Roumont ;
- l'OND se retire complètement des territoires terrestres et maritimes de la Principauté de Carnavale ;
- tous les prisonniers de guerre capturés par l'OND seront rendus à la Principauté de Carnavale ;
- elle reconnait Améthyste Castelage comme seule et unique interlocutrice légitime à parler au nom de la Principauté et à la gouverner.

Partie commune :
- l'OND et Carnavale s'engagent à mettre en place une ligne téléphonique d'urgence et permanente entre-elles, de façon à pouvoir se consulter avant toute action militaire susceptible d'engager l'une des deux parties ;
- l'OND et Carnavale renoncent définitivement à ingérer dans les affaires politiques et militaires l'une de l'autre, en dehors du cadres des traités librement consentis par les deux parties.

Yves Saint-Lorenzo repose la feuille.

- J'ajoute que ces clauses ont été rédigées à titre réparatoire pour les deux camps mais il n'est pas exclus, si nous désirons être un peu plus ambitieux, de rajouter par dessus quelques traités économiques afin de nous enrichir mutuellement. Ne dit-on pas que le commerce forge la paix dans le marbre ?

Jean-Paül Lion fait "non" de la tête.

- C'est au tour des ambassadeurs de l'OND de prendre la parole.
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