
Hélas, on s’en doute, le caractère illégal des sociétés secrètes ne les empêche absolument pas d’exister et même, certainement, de prospérer. D’une part grâce à leurs implantations à l’étranger où, souvent, elles ne sont pas illicites (car la plupart des autres nations du monde font preuve en la matière d’une incurie invraisemblable) et jouissent d’une large impunité. D’autre part, et c’est certainement ce qui inquiète le plus l’Inquisition volignonaise et de très loin, il existe indéniablement des implantations nombreuses et aussi profondes que discrètes de ces sociétés secrètes au sein même du Makota (et plus encore du Dakora et de Barbery, qui sont moins scrupuleux que leur sœur dans la lutte contre ces sociétés).
Il n’est pas possible dans cette introduction de tout dire sur ces choses abominables que sont les sociétés secrètes du Makota, mais tâchons seulement de peindre un petit panorama de la scène nationale, si l’on peut dire. Il existe, globalement, trois grandes sociétés secrètes en Nouvelle-Gallouése, avec une forte disparité d’implantation selon l’État. Au Makota, d’abord, qui est l’État qui a su se maintenir le plus authentiquement volignoniste, ce sont les sectes caïnitistes qui semblent dominer le marché des sociétés secrètes. Le Caïnitisme, secte initiatique et occulte, est un curieux mélange de gnosticisme et d’adamisme anomique dont on parlera en long, en large et en travers en son temps, car il s’agit d’une véritable plaie qui infeste et pollue non seulement le Makota mais aussi l’Église en général et le clergé makotan en particulier. Au Dakora, de son vivant, c’était la franc-maçonnerie de rite dakoran qui sévissait. Aujourd’hui, elle est certainement morte avec l’ensemble de ses adeptes, emportée par le Smog, et son étude relève davantage de l’archéologie et de l’archivistique qu’autre chose. En Barbery, enfin, ce sont les cercles de mages muloquois qui sévissent. Il s’agit de sociétés magiques et ésotériques qui reposent sur un syncrétisme curieux entre les théories occultes eurysiennes antiques et les superstitions de l’ancienne tribu aleucienne dite des Muloquois. Naturellement, il existe encore d’autres sociétés, plus mineures, plus anecdotiques, mais elles sont toujours plus ou moins filles des trois principales qui viennent d’être énumérées.
Sur le plan de la résistance à ces groupes occultes, les anticorps sont de deux sortes (pour ce qui regarde le Makota). D’une part, il y a la Sainte Inquisition, comme nous l’avons dit, qui, disposant de moyens limités et d’effectifs peu nombreux mais bien formés, inspecte en priorité tout ce qui regarde l’Église au sens large et les institutions publiques. Et il y a la Ligue ecclésiastique makotane contre les sociétés secrètes (LEMCSS) qui est, comme son nom l’indique, une ligue, ce qui signifie en jargon juridique makotan que c’est une association organisée à des fins politiques et sociales. Politique en ce qu’elle a vocation à chaperonner des candidats et à former un groupe à la Chambre des Opinions (qui est la chambre démocratique du Makota), sociale en qu'elle cherche à remplir des missions d’intérêt général (rappelons que si l’on excepte l’Église volignonaise, qui est organique au Makota, la structure de la société est en elle-même libertarienne, avec un État minimaliste).
On s’en doute, la raison sociale que se donne la LEMCSS n’est pas différente de ce qu’elle énonce dans son nom : la lutte contre les sociétés secrètes. Ce qui signifie, concrètement, qu’elle assure une veille d’enquête et de documentation sur ces entités occultes et malfaisantes, et c’est précisément ce qui nous occupe dans ce sujet. En effet, la finalité de ce sujet sera d’accueillir les différents documents et RP, inédits ou copiés (et alors, neutralisés), pour exposer tout ce que l’on sait sur ces communautés et montrer au monde ce qu’elles ne veulent pas que vous sachiez (enrobé vraisemblablement de beaucoup d’exagération et de complotisme…).
Néant...