25/11/2020
14:53:27
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Cabinet Fédéral des Affaires Etrangères

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Entête


Ici, vous pourrez envoyer vos missives adressées à la Fédération de Corvus, ou toute forme de lettre officielle que vous désirez faire parvenir au gouvernement ou bien à d'autres entités du pays.

La ministre des Affaires Etrangères actuelle est Mademoiselle Lÿsä Köwnatör.

Voici les adresses à qui vous pouvez écrire:

Lÿsä Köwnatör
Ministre des Affaires Etrangères
Ville de Margaux
Fédération de Corvus

Klarnä Nëëkermän
Chancelière Fédérale
Ville de Margaux
Fédération de Corvus

Thomas Alénan
Ministre des Armées
Ville de Roxbourg
Fédération de Corvus

Jade de Sainte-Istride
Altmeisterin de l'UI-5
Cité Grand Rigault
Fédération de Corvus

Eeva Ëlmäë
Doyenne du JASH
Ville de Roxbourg
Fédération de Corvus

Vous pouvez retrouver d'avantage de personnages importants à contacter ici
1033
Sceau de la Présidence Fédérale Kartienne

Communiqué officiel de la République Fédérale Kartienne,
fait à Volkingrad le douze du mois de juillet de l'an 2020,
par l'un des représentants du Capitole,
la Gouverneure Angèle Orlovski.
A destination de la Fédération de Corvus,
Par la capitale de Margaux,
à l'intention de dame Lÿsä Köwnatör,
en sa qualité de Ministre des Affaires Etrangères.



Puisse l'Etoile Corvienne briller à jamais parmi la lueur des astres.

AlinéaJe prends personnellement ma plume d'une certaine précipitation pour vous répondre, puisque la situation l'exige. Je ne vais pas développer des sujets dont nous discuterons l'une en face de l'autre, chère amie Corvienne. Qui plus est, vous soulignez vous-même le caractère confidentiel de cette sollicitation. Allons droit au but: Je me rendrais personnellement sur votre territoire, de manière totalement confidentielle, donc, pour ne pas éveiller les soupçons de nos chers amis communs: Les Loduariens. Je vous remercie de votre sincère franchise.

Je vous prie d'agréer à mes plus sincères salutations, bien à vous et cordialement, je vous dis au revoir et par espérance à bientôt.

En réponse, missive matriculée #01-01-35.


Citoyenne Angèle Orlovski
7433

Logotype officiel du Ministère des Affaires étrangères de la République du Talaristan
MINISTÈRE DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES
DE LA RÉPUBLIQUE DU TALARISTAN
ТЫШКЫ ЭШЛӘР МИНИСТРЫ • ТАЛАРСТАН ҖӨМҺҮРИЯТЕ


A l'attention de Son Excellence Madame Lÿsä Köwnatör, Ministre des Affaires étrangères de la Fédération de Corvus
A l'attention de Son Excellence Madame Klarnä Nëëkermän, Chancellière fédérale de la Fédération de Corvus,
A l'attention particulière de Leurs Excellences Mesdames et Messieurs les Gouverneurs du Collège de la Fédération de Corvus,


Madame la Ministre,
Madame la Chancelière fédérale,

La République du Talaristan tient à saluer la décision unanime et sincère du ministre des Affaires étrangères de la Fédération de Corvus d'approuver notre proposition d'échange mutuel d'ambassades et de normalisation de nos relations diplomatiques. Nous souscrivons par ailleurs pleinement à votre proposition d'ouvrir un consulat corvien dans la ville portuaire de Buzkent, et nous prenons bonne note de vos démarches plus que favorables à la République du Talaristan, nation qui a toujours été soucieuse, en concordance avec nos valeurs turciques, des personnes qui nous accueillent à bras ouverts chez eux.

Nous tenons également à vous remercier concernant votre collection de photographies de guerre issues de votre Musée des Arts Photographiques de Tassel, qui rejoindront sans délai la collection de l'État et seront exposées dans notre Musée de la Présidence de la République, qui recueille l'ensemble des présents et cadeaux diplomatiques qui ont été faits au président de la République ou à la nation talar. Étant donné vos remerciements pour nos artisans, qui se font hélas plutôt rares dans les échanges avec les chancelleries étrangères, la République du Talaristan a également fait le choix d'offrir la photographie la moins... expressive à la famille d'Ulmara qui vous a confectionné le tapis qui orne désormais votre mur.

Pour clore également le sujet des formalités, nous présentons tout de même nos excuses concernant les diverses imprécisions de notre précédent échange, et notamment sur le statut accordé à Son Excellence Madame Nëëkermän. Si vous n'avez relevé aucune maladresse de notre part, sachez que nous portons toujours un œil attentif au système politique différent du nôtre, et l'étude des textes constitutionnels propres à la Fédération corvienne sera sans aucun doute un sujet d'intérêt pour les étudiants en droit de l'Université nationale d'État de Khydan, si nous recevons votre autorisation pour sa mise à l'étude, après traduction, bien évidemment.

Avant d'en venir à l'avenir des relations talaro-corviennes et aux nombreux sujets abordés dans votre courrier, la République du Talaristan se tient à éclaircir le sujet du « droit international » et plus précisément de la « convention maritime internationale », qui sont deux notions trop souvent mal interprétées, dénaturées et barbarisées au sein de la communauté mondiale. L'initiative que nous soutenons depuis ses débuts est en effet une codification des mœurs et coutumes qui régissent actuellement les relations entre les États et qui, en dépit de quelques accords bilatéraux ou multilatéraux dans de rares cas, n'a jamais emporté une adhésion internationale. Cette absence de jurisprudence a provoqué ce que nous considérons comme « la loi du plus fort », où nous observons, depuis plusieurs décennies désormais, les grandes puissances militaires dicter leur volonté sous couvert de noble cause, morale ou humaine, mais qui ne sont qu'un vernis sur une force militaire conséquente en capacité de définir ce qui est juste ou non. Souvent perçu comme une forme de droit « impérialiste » qui serait « imposée aux États », le droit international et la convention maritime internationale soutenus par la République du Talaristan se veulent un consensus volontaire de règles préexistantes qui feraient force de loi au sein de la communauté internationale, et qui serait basé donc sur une réflexion collective, et non unilatérale, des États.

Plus précisément, la convention maritime que la République du Talaristan entend promouvoir est le fruit de la réflexion de notre gouvernement et du Diwan du Califat constitutionnel d'Azur : à l'heure actuelle, comme nous l'avons cité précédemment, ce sont soit les nations qui définissent, par des législations non reconnues au sein du concert des nations, soit les grandes puissances qui définissent ce qui est considéré comme eaux nationales et eaux internationales. Le meilleur exemple est celui de la crise du détroit de Drovolski, à laquelle la République du Talaristan participe car récusant les conclusions de Mésolvarde, qui considère que le détroit est sa possession légitime, mais qui a dû attendre qu'une puissance telle que la Grande République de Velsna intervienne avant que la situation ne dégénère entre l'Empire constitutionnel de Drovolski et les Communes Unies d'Altrecht. Excellences, la convention maritime internationale que nous défendons reposerait donc sur une mise en commun des notions préalables du droit coutumier, ne reposant sur aucune règle écrite, et sur la nécessité pour toutes les nations de disposer d'un socle de droit commun, afin de ne plus dépendre d'interventions extérieures pour légitimer une réaction de leur gouvernement.

Sur le sujet du droit international, nous invitons notamment la Fédération de Corvus à prendre pour exemple le Traité international relatif aux Normes diplomatiques proposé par la République de Poëtoscovie : ratifié par près d'une trentaine de nations, le pacte codifie les rapports entre les États et propose, enfin, une règle universelle qui se montre à la fois souple pour contenter les gouvernements qui crient à l'impérialisme tout en régulant certains aspects qui faisaient défaut dans les relations internationales, tels que le statut des ambassades. C'est ce genre d'initiative qui démontre que la cause du droit international est à la fois un sujet d'actualité, mais également une réponse à un intérêt commun auquel la République du Talaristan entend s'impliquer pleinement, et nous serions heureux de soutenir l'intégration de la Fédération de Corvus dans ce processus, notamment sur le sujet du groupe de réflexion pour le droit maritime proposé par le Diwan azuréen.

Pour en revenir à nos échanges directs, croyez bien que la République du Talaristan n'a pas pris la Fédération de Corvus au hasard, et nous sommes conscients de l'instabilité notable de la région de l'Eurysie de l'Ouest. Bien qu'aux « antipodes », le gouvernement talar, de par notre histoire, ne saurait ne pas s'émouvoir du sort de la population corvienne et nous tenons à vous assurer pleinement de notre soutien dans la reconstruction de votre pays et de votre identité nationale.

Comme vous l'avez vous-mêmes dit, les nombreux points de coopération économique, culturelle et sociale que vous avez proposés en réponse à notre sollicitation ne sauraient se régler par des échanges interposés de courriers, mais se feront par une rencontre officielle. C'est pourquoi nous souhaitons vous proposer, Madame la Ministre et Madame la Chancelière, d'effectuer une visite d'État en République du Talaristan. Outre la réunion préparatoire à la conclusion d'un traité définissant l'avenir de notre entente, il vous sera proposé de visiter la steppe et les montagnes talars dans leur globalité, afin qu'une fois revenues en Corvus, vous puissiez avoir une idée globale de la richesse culturelle et économique dont dispose la République du Talaristan. En outre de vos familles conviées si besoin à cette visite, nous proposons également d'y adjoindre des représentants d'Alker SLCA, filiale de Vertice Logistics, afin de favoriser un accord global sur les échanges maritimes qui seront tenus entre la République du Talaristan et la Fédération de Corvus.

Bien qu'au vu de vos précédentes positions, il nous paraîtrait curieux de voir la Fédération de Corvus ne pas répondre à notre invitation diplomatique, je vous saurais gré de nous transmettre vos disponibilités générales pour la délégation corvienne afin d'organiser votre réception et, si le cœur vous en dit, votre voyage.

Je reste à votre entière disposition, Madame la Ministre, Madame la Chancelière fédérale, pour toute demande relative à ce sujet ou toute autre notion concernant l'établissement des relations diplomatiques entre la Fédération de Corvus et la République du Talaristan.

Avec mes plus sincères respects,

Signée par Asmina AkmyradowaAsmina Akmyradowa
Vice-première ministre du cabinet,
Ministre des affaires étrangères
de la République du Talaristan.

Fait à Khydan, le 17 juin 2020


Sceau d'État
(Дәүләт мөһере / Däwlät möhäre)
Sceau d'État de la République du Talaristan
5371
Image des armoiries confédérales de l'Antérinie

Missive à l’attention des services diplomatiques antariens.

Son Excellence Louis d’Antrania, Ministre des Affaires étrangères de Son Excellence Primo-ministérielle Albert de Grace, Premier Ministre de Sa Très Pieuse Majesté Louis VI d’Antrania—Marcine—Weilsbrecht. Empereur d’Antérinie, Négusa Négast de Marcine, Grand Duc du Scintillant, Le’ul de Kalindi, Duc de Weilsbrecht et d’Antrania, Comte de Luz et des Marches, descendant des Augustes empereurs des Rhêmiens, commandeur de l’Ordre de Saint Jérôme d’Antérinie et Abbé Laïc de Flatan.
Son Excellence Louis Oliga le Directeur du Département des Exportations de Carbonnex.
Au
Cabinet Fédéral des Affaires étrangères de la Fédération de Corvus.

Objet : Réponse à votre précédente missive.


Excellence ;

Comme vous pouvez le constater votre missive a suscité l’intérêt du gouvernement antérinien, mais aussi celui de notre major pétrolière nationale ; Carbonnex. Et c’est pour nous une joie de pouvoir vous répondre ; c’est bien la première fois que l’on nous contacte directement pour nous proposer un contrat pétrolier long-terme, et nous serions ravis de pouvoir en discuter autour d’un bon repas, à Antrania ou à Margaux. Quant à votre demande d’ambassade, nous ne voyons, à l’heure actuelle, aucune raison de vous refuser ce geste : même si nos nations n’ont pour l’heure jamais eu à discuter directement, il est souhaitable de pouvoir avoir un interlocuteur attitré qui puisse vous représenter au 35 avenue de l’Empire, à quelques pas du Palais Impérial, résidence permanente de Sa Très Pieuse Majesté. Quant à votre demande de rencontre, les services du Ministère des Affaires étrangères n’ont guère plus de raison pour vous refuser cela ; après tout Antrania et Margaux ont quelques points communs, des amis communs (comme vous l’avez si bien remarqué), mais aussi des intérêts communs.

Par ailleurs, nous prenons aussi note de votre demande pour des échanges universitaires. Nous considérons que la culture est l’une des richesses les plus précieuses qui soit, et permettre à notre jeunesse de bénéficier de systèmes universitaires alternatifs. Nous sommes disposés à mettre en place tout un réseau de facilités pour que vos étudiants puissent s’installer près de nos universités et bénéficier de tarifs avantageux, minorant ainsi les frais d’inscription. Nous pouvons parfaitement envisager d’autres accords similaires et réciproques qui puissent nous être mutuellement bénéfiques. Ce serait même un honneur pour nous de pouvoir signer des partenariats avec des nations réputées pour leurs philosophes de renom…

En ce qui concerne notre « ami commun » ; la République Fédérale de Karty, vous avez raison d’être surpris, mais si d’aventure l’idée vous venez de lire la presse nationale et ses grands titres quotidiens, vous rendriez rapidement compte que nous sommes attachés à la tradition et à la coutume. Pour nous en effet, la stabilité dans le temps est un gage de qualité, tandis que la nouveauté restera toujours, à nos yeux, une simple mode. Une passion qui n’est que passagère, et qui parfois soulève les peuples, lui aspire ses forces vitales et s’en va… Comme une maîtresse ingrate et mécontente qui claque la porte dès qu’elle considère son amant incapable de la satisfaire… Pour nous, vous l’aurez compris, nous voyons la politique comme un mariage ; et ce dernier ne porte ses fruits que sur le temps long, résistant aux pires séismes et aux tempêtes propres à la vie des hommes. La Garde Kart a fidèlement servi la Couronne, et la Couronne lui en est profondément reconnaissante et la lui témoigne en renouvelant à chaque règne le contrat unissant la Famille à ces braves mercenaires.

Et cette maxime est aussi le guide de la politique confédérale ; je ne vous le cache pas, les régimes centralisés sont bien plus faciles à administrer : une assemblée unique et des provinces obéissantes, seulement c’est aussi un modèle fragile qui excite la rancune, les vélléités indépendantistes et la sécession. Si je puis me permettre quelques conseils ; c’est de laisser les Fédérations s’administrer comme bon leur semble : le particularisme culturel et politique n’est rien de moins que l’essence même d’une Fédération, c’est d’ailleurs pour cette raison que les peuples doivent êtres autonomes. Sans cela, sans cette autonomie culturelle et politique, le concept même se vide de sa substance ; les États fédérés n’étant rien d’autres que des extensions juridiques de l’État central, des avatars de ce dernier. Je vous l’avoue, je n’ai que mépris pour ces nations qui se prétendent fédérales et qui pourtant n’ont rien de fédéral : comme la Bayvinie et les États socialistes.

Au niveau juridique, laissez-leur une grande autonomie : la Fédération signifie en elle-même que l’universalisme n’est qu’une illusion. En reconnaissant ce simple fait, beaucoup de choses se simplifient d’elles-mêmes ; chaque peuple a son droit, et c’est à ces peuples de choisir quelles sont leurs sources de droit : en Antérinie nous avons la Constitution coutumière, à Marcine c’est le Fetha Negest. Comme vous le constatez, tant que les principes moraux généraux qui permettent de maintenir la cohérence interne de la Fédération ; chez nous ce serait la religion, le respect des Libertés et de l’autorité (même symbolique) de la Couronne. Car la diversité culturelle, ne signifie pas pour autant le rejet de l’unité. C’est, je ne vous apprend rien, le principe général qui permet à une Confédération de survivre et de ne pas s’effondrer sur ses propres contradictions. Et enfin, dernière garantie de survie ; le dialogue. La différence fondamentale qui sépare les différents peuples des Antérinies et de Marcine, n’empêche pas de faire comprendre que malgré tout nous sommes obligés de coopérer ensemble : et cela se traduit aussi bien dans le dialogue culturelle qu’institutionnel : l’intérêt de chaque État ne doit pas pour autant éclipser celui de la Confédération.

Vous l’avez compris, c’est un sujet passionnant, que dis-je ? Fascinant. Je serai ravi d’aborder ce sujet là avec vous lors de notre prochaine rencontre qui portera, si je comprends bien, sur les modalités des échanges scolaires, des accords commerciaux mais aussi je pense que l’on pourrait y ajouter des discussions autour de la Loduarie, qui pour nous représente une menace pour nos partenaires wardons.

Bien cordialement.
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De François-Adolphe Rouzet, Grand Chancelier Impérial et Premier Ministre par intérim,
À Son Excellence Madame Lÿsä Köwnatör, Ministre des Affaires Étrangères de la Fédération de Corvus.


Fait à Haguevieil, Empire du Nord, le 15 août 2020.

Objet : Amitié et lendemains


Votre lettre est longue, mais elle méritait de l'être. Elle ne contient ni formule de circonstance ni demande dissimulée derrière des généralités, et je crois que c'est précisément cette franchise qui doit présider à l'ouverture de nos relations.

Vous avez raison sur un point essentiel : nous avions proposé notre aide à Antares, et Antares l'avait refusée. La Fédération de Corvus n'est pas Antares, et nous ne vous demanderons pas de porter les décisions d'un Etat disparu comme une faute héréditaire. Et aucun refus à un instant T n'engage que l'aide proposée disparaisse à jamais. Le fait que vous ayez néanmoins choisi d'en reprendre certaines obligations est, pour nous, un geste politique qui mérite d'être reconnu. Nous acceptons donc volontier de considérer cette lettre non comme la continuation d'un échange ancien, mais comme le premier acte d'une relation nouvelle.

Concernant Estham, je vous remercie tout particulièrement pour les dispositions que vous proposez. La reconnaissance de l'Holocauste d'Estham dans les institutions, l'enseignement et la mémoire publique de Corvus nous paraît avoir une portée qui dépasse largement la diplomatie. La proposition d'une salle consacrée à Estham au mémorial de Roncevaux ainsi que celle du dépôt des témoignages de survivants auprès de l'Académie des Lettres Modernes et Anciennes sont accueillies favorablement par l'Empire. Nos services compétents pourront travailler avec les vôtres afin de définir les conditions de conservation, d'accès et de transmission de ces archives, en accordant une attention particulière aux volontés des survivants et des familles concernées.

Sur la reconstruction, votre demande reçoit également une réponse positive. Les quatre domaines que vous avez retenus correspondent précisément à ceux dans lesquels l'expérience accumulée par l'Empire peut être la plus directement mobilisée: infrastructures essentielles, prise en charge des déplacés, reconstruction administrative et politiques mémorielles. Je transmettrai personnellement votre demande au ministre Lazare Delérault afin qu'il soit associé dès les premières discussions avec vos services. Il pourra déterminer avec vous quelles compétences doivent être mobilisées, quels personnels peuvent être détachés et quels dispositifs peuvent être transposés à la réalité corvienne sans reproduire mécaniquement des modèles conçus pour notre propre territoire. Nous partageons également votre distinction entre assistance et partenariat économique. L'Empire n'a aucune volonté de transformer la reconstruction de Corvus en opération de dépendance économique. Si des entreprises nordistes souhaitent participer à vos chantiers, elles devront le faire dans un cadre commercial clair, transparent et défini avec les autorités fédérales corviennes. ANSISM pourra naturellement être mise en relation avec vos services compétents, tandis que les questions de transport et de logistique pourront être examinées directement avec Alker SLCA. Nous proposons que ces discussions soient séparées des négociations politiques afin que chacune puisse avancer selon son propre calendrier. La flotte impériale est évidemment toujours active pour protéger ses voies commerciales.

Votre proposition culturelle nous intéresse tout autant. La reconstruction d'un Etat ne consiste pas seulement à remettre des bâtiments debout. Une administration peut être reconstituée par décret ; une société, une langue et une mémoire ne le sont pas. L'Empire est donc disposé à examiner favorablement la création d'un programme durable d'échanges universitaires et culturels, comprenant l'enseignement du corvien et du nohord, la mobilité des étudiants et chercheurs, les traductions et l'installation réciproque d'instituts culturels. Ce sont là les jallons d'un échange bine plus haut et noble que des calculs diplomatiques mais bien un partage dans notre humanité commune. Quant à l'exposition photographique proposée par le Musée des Arts Photographiques de Tassel, nous y apportons également une réponse favorable et saluons l'esprit et la singularité de vos propositions. Nous proposons que les équipes scientifiques et muséographiques de nos deux pays commencent par examiner ensemble les fonds concernés, leur contexte et les modalités d'une éventuelle exposition. Si elles estiment qu'elle peut être organisée avec la dignité nécessaire, l'Empire appuyera de tout son poids pour concrétiser le projet.

Je veux également répondre sans grande surprise à votre proposition diplomatique : l'Empire du Nord accepte l'établissement de relations diplomatiques permanentes avec la Fédération de Corvus et l'échange réciproque d'ambassades. Nous sommes disposés à engager immédiatement les démarches nécessaires à l'accréditation de vos représentants à Estham et à la mise en place de notre représentation diplomatique à Margaux. Nous sommes également favorables à ce que les questions relatives aux visas et à la mobilité soient traitées parallèlement à l'installation des ambassades. Une relation diplomatique qui ne permet pas aux peuples de se rencontrer resterait une relation incomplète, c'est par nos peuples que se contruisent les échanges les plus durables. Nous considérons d'ailleurs que cette décision doit précéder les autres négociations plutôt qu'en dépendre. Les contrats, les programmes de reconstruction et les échanges universitaires pourront prendre des mois à être élaborés. L'établissement de relations diplomatiques, lui, peut constituer dès maintenant le cadre dans lequel tous ces projets trouveront leur place.

Enfin, concernant votre déplacement, je partage votre sentiment : puisque Corvus est à l'origine de cette nouvelle démarche, il serait naturel que vous soyez reçue à Haguevieil. Je souhaite toutefois que cette visite ne soit pas seulement protocolaire. Je propose qu'elle réunisse autour de vous, outre la Chancellerie impériale, les ministères chargés de la Reconstruction Nationale, de l'Economie, de la Culture et de l'Enseignement supérieur, ainsi que les représentants des organismes susceptibles de participer concrètement aux programmes que vous avez évoqués. Nous pourrions consacrer cette première rencontre à quatre objectifs: établir officiellement nos relations diplomatiques, définir le cadre de notre coopération pour la reconstruction de Corvus, ouvrir les négociations économiques et culturelles, et arrêter les modalités pratiques de l'échange d'ambassades. Nous pourrons ensuite laisser aux administrations le soin de transformer nos décisions politiques en accords précis.

Vous écrivez que vous préférez une ambassade sans contrat à un contrat sans ambassade. Je crois pouvoir vous répondre que l'Empire préfère, lui aussi, une relation fondée d'abord sur la confiance institutionnelle et le dialogue, puis enrichie progressivement par des engagements concrets.

Les ruines que vous décrivez à Riaux, Laxande, Henne, Blisonne, Javellaux et Daxe sont évidemment matérielles. Mais vous avez raison de rappeler que les ruines administratives, humaines et mémorielles sont souvent moins visibles et plus longues à réparer. Si l'expérience douloureusement acquise par l'Empire peut être utile à la Fédération de Corvus, nous sommes disposés à la partager sans prétendre vous expliquer comment reconstruire votre pays. Il appartiendra aux Corviens de décider ce que leur Etat doit devenir ; notre rôle sera de mettre à leur disposition ce que nous avons appris.

Je vous invite donc officiellement à Hagueviel, Madame la Ministre. Nos services diplomatiques vous proposeront prochainement plusieurs dates afin que vous puissiez retenir celle qui conviendra le mieux à votre gouvernement et à votre délégation.

Que cette lettre soit, comme vous le souhaitez, notre première boîte aux lettres.

Veuillez recevoir, Madame la Ministre, l'expression de ma très haute considération.

Njowga Nielsen
Grand Chancelier Impérial
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