Rencontre Fédération de Corvus - Loduarie Communiste
Palais du Consortium, Ville de Margaux
Juillet 2020

Pacsä Näär, 2020 (Statue au Calcaire, Parc de Sainte-Octane, Ville de Rigault)
À propos de diplomatie, Corvus restait comme sa sœur précédente toujours aussi pragmatique sur ce plan, et n'allait pas se ruer vers les contrées d'une autre région si cela n'avait aucun intérêt. Et pourtant, leur envie de rapprochement avec tant d'autres pays s'était manifesté, là où Antares avait eu du mal à se construire un nom dans la communauté internationale, Corvus excellait. Mais avant de pouvoir voir par delà leurs frontières, et même par delà l'Eurysie, il leur fallait d'abord s'occuper de la situation juste à côté. À savoir, la Loduarie Communiste.
Si l'on demandait au corvun lambda ce qu'ils pensaient de cet état, la plupart répondaient qu'ils n'avaient pas réellement d'avis, si celui-ci n'étais pas négatif. Pendant des années, le pays avait vécu sous une épée de Damoclès constante, et c'est justement là où Corvus prennait son envol que celle-ci tomba. Mais grâce au partenariat avec la soeur la République Fédérale de Karty, et la pliure des combats en une nuit seulement, beaucoup se rendaient compte que la menace n'était plus, et que Antares, et surtout Corvus désormais, n'était plus la nation en proie aux plus grand qu'elle avait pu l'être il y a à présent bien des années. Ils avaient traversé une guerre, suivie d'une autre, pour ensuite achever la première, et tout cela sans se dégrader économiquement parlant. Ainsi, lorsque leur venait posée cette question, on répondait bien souvent qu'on était prêt à en discuter.
Le Gouvernement reflétait très bien cette mentalité. Au sortir de la guerre, la question de la Loduarie Communiste avait été soulevée. Allait-elle se montrer plus clémente à présent alors que le pays dérivait vers le socialisme ? Ou allait elle se reconstruire pour revenir ? Quoi qu'il en soit, les membres du gouvernement corvun n'avaient pas l'intention de refaire les mêmes erreurs que celui antarien. Eux étaient disposés à négocier, et surtout à écouter, plus que de s'envoyer des bouts de papier sans réelle signification. Ainsi, le pragmatisme en question. Il fallait voir plus loin qu'une guéguerre locale, il fallait penser aux individus. Les corvuns étaient peut être encore assez mobilisés pour repartir dans un conflit, cela ne voulait point dire qu'ils en avaient envie, et aux dernières nouvelles les loduariens non plus. Quoi de mieux pour pouvoir lancer une entrevue ?
Dans une salle grandiose du Palais du Consortium, ancien palais présidentiel et désormais le quartier général de la chancellerie fédérale et de la diplomatie du pays, une poignée de personnes attendaient sans trop d'impatience la venue de la délégation loduarienne, alors venant d'atterrir à l'aéroport international Ursa Major de Margaux. En présentiel, il y avait évidemment la chancelière Klarnä Nëëkermän pour tout ce qui était officiel et la ministre des affaires étrangères Lÿsä Köwnatör pour animer les discussions. Mais il y avait aussi Eeva Ëlmäë, représentante du JASH, de toute évidence présente si la discussion venait à découler sur tout ce qui concernait les renseignements. Toutes les trois avaient bien hâte de pouvoir discuter avec cette nation qui, malgré toutes les années de confrontation, ne s'était jamais présenté à Margaux sous aucune forme diplomatique, ni l'inverse pour les antariens à Lyonnars. Que ce soit Corvus qui ait décidéde prendre une approche différente quand à cela, c'était presque ironique.
Pendant que Eeva et Klarnä discutaient ensemble dans un coin de la pièce, Lÿsä fumait dans l'autre, pensive, le sourire aux lèvres. Elle avait épluché tout ce qu'elle avait à lire au sujet de qui ils allaient vraiment rencontrer, mais la vérité était celle-ci: ils savaient déjà. Et surtout, ils avaient une idée vague, mais une idée tout de même, de ce que la délégation Loduarienne allait leur proposer aujourd'hui. Toujours est il qu'elle estimait qu'une surprise ou deux pouvaient tout à fait être présentée, et elle le montrait. Cet après-midi là, elle n'avait qu'une chose en tête. Elle voulait écouter quelque chose qu'elle ne savait pas. Et avec la Loduarie, cela avait de grandes chances de se produire. Après tout, s'ils étaient là pour discuter, c'était bien que la question ne pouvait pas, et ne devait pas, se résoudre par une simple missive.
C'était donc sur cette mentalité hospitalière que s'était déroulée l'arrivée de la délégation tant attendue sur le parvis du palais, puis dans cette même salle où devaient se tenir les discussions. Lÿsä fut la première à saluer le Secrétaire du cabinet des Affaires Étrangères de la Loduarie Communiste d'une poignée de main, où elle annonça avec son sourire caractère aux lèvres.
"Camarade Fauldre, c'est un plaisir que de vous retrouver ici après nos nombreux échanges. J'espère pour vous que vous avez fait bonne route pour parvenir jusqu'ici. Je vous en prie, prenons place sans plus attendre, j'ai comme l'impression que vous avez beaucoup à nous racconter."