Création de pays : ARKENAY
Généralités :
Nom officiel : Commonwealth Fédéral d’Arkenay
Nom courant : Arkenay
Gentilé : Arkenais, Arkenaise
Inspirations culturelles : États-Unis du Nord-Est et des Grands Lacs, Canada anglophone ; influences britanniques, françaises, germaniques et scandinaves plus anciennes.
Situation géographique :
Le Commonwealth couvre environ 780 347 km² sur les rives occidentales et méridionales de la Grande Baie située entre Tanska, Göthbeck, Navasota et Samiens. Le littoral est essentiellement jonché de métropoles portuaires accueillant l'industrie lourde du pays. Le territoire s’enfonce largement dans l’intérieur aleucien où alternent plaines agricoles, réserves naturelles et bassins industriels miséreux.
Langue(s) officielle(s) : Anglais
Autre(s) langue(s) reconnue(s) : Français dans plusieurs communautés historiques ; différentes langues autochtones bénéficient d’une reconnaissance locale dans les États où elles sont encore pratiquées.
Drapeau :

Devise officielle : Liberty in Order — « La Liberté dans l’Ordre »
Hymne officiel : Across the Great Bay
Monnaie nationale : Dollar Arkenais ₳
Capitale : Havenport
Population : 66 000 000 habitants
Aperçu du pays :
Présentation du pays :
Le Commonwealth Fédéral d’Arkenay est une ancienne puissance industrielle et maritime aleucienne organisée autour de la Grande Baie. Ses ports, ses chantiers navals et ses vieux bassins sidérurgiques ont longtemps constitué le cœur de son économie, avant d’être rejoints par l’aéronautique, l’électronique, la chimie, la finance et les technologies avancées. La plupart des grandes villes se trouvent encore sur le littoral ou le long des principaux axes ferroviaires reliant la baie à l’intérieur. Le reste du territoire est beaucoup plus contrasté : grandes régions agricoles, États forestiers, anciennes villes-usines délaissées et zones périphériques où l’autorité de Havenport a toujours été plus diffuse.
Arkenay descend d’une seule grande colonie, autrefois connue sous une forme proche d’« Arquenay ». Son immensité et les difficultés de communication avaient poussé l’administration coloniale à déléguer très tôt une grande partie de ses pouvoirs aux provinces ou aux compagnies à charte. À l’indépendance, ces institutions étaient déjà trop anciennes et trop puissantes pour être simplement dissoutes et le Commonwealth s’est simplement construit par-dessus.
Cet équilibre s’est progressivement déformé au cours du XXe siècle. La confrontation avec les mouvements révolutionnaires et les puissances communistes a favorisé le développement d’un vaste appareil militaro-industriel et de renseignement. Le secteur de la défense, les universitaires, les hauts fonctionnaires et les officiers ne formaient pas un bloc homogène mais partageaient assez souvent les mêmes réseaux et surtout la même conviction : certaines questions sont trop sérieuses pour être redécouvertes à chaque élection.
La récente guerre civile a fait le reste. Longue crise économique et constitutionnelle, polarisation de la société et régionalisme croissant ont fini par faire disparaître la frontière entre querelle politique et conflit armé. Plusieurs gouvernements locaux ont cessé de reconnaître Havenport, l'armée s'est fragmentée et le territoire s'est morcelé avec.
Le gouvernement fédéral a surtout survécu parce qu’il conservait les principales cités de la baie et toute l'infrastructure qui allait avec, leur permettant de continuer à nourrir et équiper ses troupes. Les grandes entreprises ont rapidement cessé d’être de simples fournisseurs : leur implication dans l'effort de guerre a rendu leur consultation par l'exécutif moins exceptionnelle que nécessaire.
C’est dans ce contexte qu’a été créé le Conseil Fédéral de la Gestion d'Urgence (Federal Emergency Management Council) chargé de coordonner la politique, l’armée, le renseignement et les clés de voûte de l'économie. La guerre est aujourd’hui terminée mais une partie de l’appareil construit pour la gagner reste en place. Les États ont retrouvé leurs gouverneurs, les partis préparent les prochaines élections et l’administration civile est revenue dans la plupart des anciennes zones de combat. Plusieurs pouvoirs d’urgence n’ont cependant jamais été complètement abrogés : les programmes de reconstruction restent largement pilotés depuis Havenport et certaines régions sont encore administrées sous supervision fédérale.
C'est, évidemment, un acte délibéré. Bien loin de la démagogie et des tumultes de la vie publique le « gouvernement permanent » (« l'état profond », « l'Establishment », les « Cognoscenti » (les « gens qui savent »)) formé par le Conseil se retrouve derrière des portes fermées pour piloter le pays. Ce réseau n'a aucun nom officiel et son existence reste secrète, mais il compte assez de gens persuadés que le travail pour sauver le pays n'est pas terminé pour n'avoir aucune raison de disparaître.
Aujourd'hui le feu a été éteint en Arkenay ; demain, ce sera l'incendie qui ravage le reste du monde.
Mentalité de la population :
La population arkenaise reste très attachée aux libertés individuelles, à la propriété privée et à l’autonomie locale, mais la guerre civile a profondément modifié son rapport à l’autorité fédérale. La plupart des Arkenais veulent surtout retrouver une certaine normalité : emplois stables, infrastructures fonctionnelles, transports sûrs et la fin des restrictions héritées du conflit. Dans les grandes villes de la baie, le retour de la « vie d'avant » a renforcé la légitimité de Havenport. Dans plusieurs États de l’intérieur, les mêmes mesures sont perçues comme une centralisation à peine déguisée et les administrations fédérales de reconstruction, supposément provisoires, restent très impopulaires.
La fin de la guerre n’a pas supprimé les anciennes fractures. Les grandes métropoles littorales restent plus ouvertes sur le monde, tandis que certaines régions intérieures sont beaucoup plus religieuses, réactionnaires et localistes.
La politique extérieure divise tout autant. Certains estiment qu’Arkenay devrait d’abord se reconstruire et cesser de dépenser ses ressources à l’étranger. D’autres considèrent au contraire que le retrait imposé par la guerre civile a suffisamment démontré ce qui se passe quand le pays laisse d’autres puissances organiser son environnement à sa place.
Place de la religion dans l'État et la société :
Arkenay ne possède aucune religion officielle. Les différentes Églises catholiques et protestantes représentent chacune une part importante de la population, auxquelles s’ajoutent les athéistes, plusieurs traditions autochtones et des communautés issues de l’immigration.
La séparation entre Église et État est ancienne, sans empêcher les Églises de jouir d'une importante influence. Pendant la guerre civile, certaines ont servi d’intermédiaires ou de réseaux de ravitaillement ; d’autres se sont beaucoup plus directement rangées avec l’un ou l’autre camp. Depuis le retour de la paix les services fédéraux continuent naturellement de s’intéresser à ces réseaux.
Politique et institutions :
Institutions politiques :
La Constitution arkenaise a été pensée pour disperser le pouvoir exécutif plutôt que le concentrer entre les mains d’un seul homme.
Le Président du Commonwealth est élu au suffrage universel pour cinq ans. Il représente la Fédération, promulgue les lois, négocie les traités, se montre garant de l'intégrité du territoire et est le chef des armées. Son mandat devait initialement s’achever pendant la guerre civile ; les circonstances ont repoussé les élections à très bientôt.
Le Président partage le pouvoir exécutif avec le Directoire fédéral, composé de six Directeurs élus séparément pour six ans. Ils dirigent respectivement les Affaires intérieures, la Justice, le Trésor et le Commerce, les Affaires Extérieures, la Défense et les Travaux Publics. Chacun possède son propre mandat électoral et ne peut pas être simplement limogé par le Président. En empêchant la concentration du pouvoir à tout prix, la Constitution produit régulièrement des conflits de compétence et certains accusent les Directeurs de se préoccuper des élections plus que de leurs fonctions. C'est un des grands sujets des prochaines élections.
La Diète Fédérale vote les lois et le budget. Ses députés sont élus selon la population de chaque État. Le Conseil des États réunit les gouverneurs ou leurs représentants lorsque les compétences propres des États sont directement concernées. Son accord est notamment nécessaire pour modifier durablement la répartition constitutionnelle des pouvoirs entre Havenport et les gouvernements fédérés.
La Haute Cour fédérale contrôle la constitutionnalité des lois et arbitre les conflits entre institutions. Plusieurs de ses décisions rendues pendant la guerre civile ont été ignorées, le gouvernement citant les circonstances exceptionnelles pour en repousser l'exécution.
Chaque État fédéré possède normalement son gouverneur, son assemblée, sa police et une grande autonomie administrative. Dans plusieurs anciennes zones insurgées, ces pouvoirs sont encore partagés avec des administrations fédérales de reconstruction. Cette situation devait être temporaire ; elle devient progressivement l’un des principaux points de friction de ces prochaines élections.
Le Conseil Fédéral de la Gestion d'Urgence rassemble l'État-Major, les chefs des agences de renseignement, la banque centrale et les dirigeants de grandes entreprises stratégiques. Créé pendant la guerre, il continue à coordonner les grands programmes de reconstruction. De jure, il ne remplace aucune institution mais, de facto, l'influence de ses membres et les pouvoirs d'urgence qui lui ont été conférés le rendent très influent. Dans les hautes sphères, certains parlent même d'une tentative de « Coup de l'Ombre »...
Les services de renseignement restent eux-mêmes divisés. Le Bureau Central du Renseignement travaille principalement à l’étranger, le Service Fédéral de Sécurité agit sur le territoire national et les forces armées conservent leurs propres structures. Ils coopèrent lorsqu’ils y sont obligés et se disputent le reste du temps les budgets et les juridictions.
Principaux personnages :
Edwin Harcourt — Président du Commonwealth
Élu avant la guerre civile, Harcourt est devenu malgré lui le visage de la victoire fédérale. Son refus de quitter Havenport pendant les pires mois du conflit lui a donné un prestige réel, mais son mandat prolongé touche désormais à sa fin. Il connaît l’importance prise par le Conseil de Gestion et par les services de sécurité, sans forcément connaître l’étendue de toutes leurs activités.
Evelyn Cross — Secrétaire exécutive du Conseil Fédéral de la Gestion d'Urgence
Haute fonctionnaire passée par les structures de sécurité nationale, Cross a coordonné pendant la guerre les relations entre administration, armée et industrie. Son poste lui donne officiellement peu de pouvoirs directs, mais beaucoup de grands dossiers passent désormais par son bureau. Elle considère que la guerre civile a surtout démontré les limites d’un État trop fragmenté et trop ralenti par la démocratie.
Adrian Vale — Secrétaire général du Bureau Central du Renseignement
Diplomate de formation devenu officier de renseignement, Vale considère le retrait international provoqué par la guerre civile comme une erreur stratégique majeure. Il défend une politique extérieure beaucoup plus active et supervise la Force « Action Directe » qu'il a progressivement transformée en véritable armée de l'ombre. Ses relations avec les services intérieurs sont particulièrement mauvaises, chaque institution estimant régulièrement que l’autre travaille déjà sur son territoire.
Mads Vance — Directeur de la Défense
Ancien ingénieur puis parlementaire, Vance a été élu peu avant la guerre et a passé l’essentiel de son mandat à maintenir une armée dont les besoins dépassaient constamment les capacités industrielles du pays fragmenté. Il profite de la reconstruction pour défendre une économie toujours plus tournée vers la marine, l’aéronautique et les technologies de pointe. Ses adversaires lui reprochent de vouloir transformer la reconstruction économique en programme de réarmement ; il ne voit pas forcément de contradiction entre les deux.
Richard Halbrook — Directeur des Affaires Extérieures
Diplomate de carrière, Halbrook cherche à reconstruire le réseau d’alliances et de partenariats qu’Arkenay a largement délaissé pendant la guerre civile. Il préfère les traités, les investissements et la coopération militaire aux méthodes clandestines de Vale, même si leurs objectifs se recoupent souvent davantage qu’ils ne souhaitent l’admettre.
Politique internationale :
Arkenay sort de la guerre civile beaucoup plus faible qu’il ne l’était quelques années auparavant, mais son appareil d’État n’a pas renoncé aux ambitions de l’ancienne puissance. La première priorité reste la Grande Baie, qui concentre encore une grande partie de sa force. Havenport souhaite maintenir des relations stables avec Tanska, Göthbeck, Navasota et Samiens, garantir la liberté de navigation et empêcher qu’une seule puissance étrangère ou aleucienne puisse contrôler durablement les accès maritimes de la région.
Au-delà de son voisinage immédiat, la doctrine arkenaise — telle que défendue par ses futurs maîtres — repose sur une « Stratégie de défense préventive » : il est beaucoup plus rentable d'intercepter les menaces longtemps avant qu'elles ne deviennent dangereuses, surtout quand le pays repose autant sur son lien au commerce mondial. Le pays cherche donc à reconstruire sa marine et ses capacités de projection tout en développant un réseau de partenaires militaires et économiques à l’étranger.
La montée de Westalia est suivie avec une attention particulière. Arkenay peut parfaitement la considérer comme un partenaire utile tout en refusant qu’elle devienne l’interlocuteur naturel de toute l’Aleucie. Havenport reste également méfiant envers les organisations continentales trop contraignantes et privilégie généralement les accords bilatéraux ou les structures dans lesquelles il conserve une large liberté d’action.
Les administrations divergent surtout sur les méthodes. Les Affaires Extérieures préfèrent la coopération économique, les traités et l’aide militaire. La Défense raisonne davantage en accès portuaires, industrie, bases et capacités de projection. Le renseignement estime qu’un nombre appréciable de problèmes peut être réglé plus discrètement, moins cher et surtout plus tôt.
Cette dernière conception dispose aujourd’hui d’un poids inhabituellement important. Les responsables issus de la guerre civile considèrent souvent que les institutions visibles restent indispensables, mais qu’elles agissent trop lentement et trop chaotiquement, au bon vouloir des caprices du peuple. Ceux qui travaillent dans l’ombre préfèrent se voir comme les gens chargés de garder plusieurs années d’avance et d’accomplir les tâches dont la population sera heureuse de ne rien connaître. Leur travail ne fait que commencer...