Tout commence en hivers, le 5 janvier 2012. Alors que l'on ressentait encore l'esprit festif de Noël et du Nouvel An, Kamyr prit son petit bateau à moteur, avec une seule idée en tête. Il s'était préparé pour ce jour : de la nourriture, des vêtements, de l'eau, des torches, des fusées de détresse, une caméra, de quoi faire un feu et un journal. Il avait même obtenu un visas pour sa destination : le Shotugara. Il avait pour objectif de faire le chemin Talaristan-Shotugara et Shotugara-Talaristan en bateau. C'était, disait-il, parce qu'il avait perdu un pari ; mais au fond de lui, c'était sa nature la plus profonde d'explorateur qui s'exprimait.
Ce jour-là, vers 6 heures du matin, il prit le large avec son équipement bien rangé. Il contais revenir demain, voire après demain si ça trainait trop, mais il ne pensait pas que ça pouvais durer longtemps. De plus, il avait prit la peine de regarder la météo, alors il était certain qu'il ne pouvait rien se passer. Puis soudain, il entendit le tonnerre gronder et des nuages s'installer dans le ciel, depuis la côte talare, se rapprochant dangereusement de lui. Il était déjà à quelques kilomètre des côtes, faire marche arrière pour lui était impossible : il était trop fier pour abandonner, et puis, s'approcher des côtes avec la tempêtes était risqué. Alors, il décida de continuer de naviguer. Toutefois, au lieu de s'installer sur une île pas très loin, en attendant que les vents se calment, il prit la décision de semer la tempêtes : il contait aller plus vite qu'elle. Grave erreur, il a été entraîné avec elle et a perdu connaissance. En se réveillant, son bateau était en miette, et la plupart de ses affaires avaient disparus dans la mer, ou étaient éparpillés sur le sable blanc.
Mais, tiens d'ailleurs, ou avait-il atterrit ? Il se disait qu'il était sur une île talare, mais en regardant les arbres, il sentit bien qu'il ne les avaient jamais vus. Cette plage était extrêmement propre, sans aucune pollution, et la nature était omniprésente autours de lui. Puis, il marcha dans la forêt avec ce qui lui restait de matériel pour tomber sur un village, perdu dans les bois. Lorsque les habitants le virent, ils foncèrent sur lui pour le livrer aux autorités locales : il venait d'atterrir au Dūnmanga, le pire endroit où pouvait atterrir un étranger. Dans ce journal, qui commence le jour où il prend le large, on va suivre le déroulé des évènements, et en apprendre un peu plus, par la même occasion, sur le Dūnmanga.
C'est pour ça que ce journal est un véritable trésor. Il est l'un des seuls récits capable d'informer les étrangers sur les réalités au Dūnmanga, et elles sont pour le moins... dérangeantes. Suivons donc ensemble le récit palpitant d'un naufragé cherchant à survivre dans un pays où tout lui est hostile.

Photographie de Kamyr Ialkaw, le 6 mars 2011.

