
Théine ou cocaïne, il faut choisir
66年 12月 22日 du calendrier Yamato — 2019年 12月 22日 du calendrier grégorien,
15:30 : heure d’Ōwan-kyō — 18:30 Heure du Méridien de Kintan.
alineaPourtant en ce milieu d’après-midi sur lequel la nuit était tombée tôt le premier aéroport des États Yamato était vide. Du moins il n’était pas remplit de la foule visiteuse habituelle, mais n’était pas totalement vide pour autant. Car tandis que des agents de la Tokubetsu Kōtō Keisatsu, la Police Spéciale de Haute Sécurité : le renseignement intérieur Yamato plus connu comme la Tokkō, patrouille l’aéroport — infrastructures, pistes et alentours compris — plus ou moins discrètement dans leur costume deux pièces de jais camouflant peu ou prou le holster plein d’un pistolet Nambu Type 14 sous les plis gauches de leur veste ; la piste principale de l’aéroport international Heitei-Ōwankyō accueillait elle du bien beau monde attendant leurs invités de marque du jour. Des deux côtés d’un tapis vermillon : couleur traditionnelle de la Maison Impériale et de la Grande Déesse qui illumine le Ciel l’ayant fait naître ; somme toute classique pour accueillir ce genre d’événement et des personnalités de cette envergure comme il se doit et auquel attend à l’extrémité vers l’arrière de l’aéroport et ses grillages un escalier mobile donnant dans le vide pour le moment, forment une haie d’honneur des femmes et des hommes du second régiment d’infanterie de la Garde Impériale qui a ressorti pour l’occasion l’uniforme bleu marine Type Heitei 19 1886 au képi vermillon de la Garde Impériale ; leurs guêtres blanches se reflétants dans le balisage de la piste, baïonnette au canon et fusil Arisaka Type 30 le long du corp à gauche. Son Colonel : Domen Katsuhito, attendant sabre au clair en diagonale au coin gauche du tapis d’honneur vu depuis l’escalier mobile, aux côtés de la majorité de la délégation Yamato patientant dans des tailleurs jupes et costumes trois pièces — sauf pour le Délégué Communiste à la Chambre des Communes et Chinook de naissance : Brown Ishak, vêtu d’un deux pièces et d’une casquette de marin — de jais sous des pardessus du même teint afin de se protéger des flocons et du froid de l’hiver marin Ouest Aleucian. La délégation Yamato patientant sur la piste est composée, en son centre, du Shōgun actuel se tenant droite, bras tendus et doigts croisés entre eux devant-elle, l’air sérieux et solennel : Madame Hayashi Aoki, présidant le Bakufu, soit le Cabinet, de Sa Majesté Impériale et ses Ministres. À sa gauche se tient tel un piquet et les bras tendus le long du corps le Ministre des Affaires des Étrangers et du Commerce : Monsieur Tagomi Nobusuke, le regard a priori hautain sous son Fedora de jais aussi aux bords relevés quand ce dernier n’est en fait que, poli à l’adresse de ses interlocuteurs certes, surtout las mais serein et à l’écoute de toutes les parties ; un diplomate même dans la vie de tous les jours doublé d’un médiateur. À leurs côtés se trouvent les deux Délégués de la Diète et deux des huit Préfets Yamato : à la gauche encore du Ministre se tiennent le Délégué de la Yamato kyōsantō : le Parti Communiste Yamato, aux Communes et sa commission aux affaires étrangères Monsieur Brown Ishak, détendu les mains dans les poches de son pardessus, la casquette légèrement de travers sciemment et discutant vivement avec la plus jeune membre de la délégation, Préfet de la Préfecture de Minami-Zērando : Mademoiselle Ozawa Karlijn, frottant ses mains emmitouflées un grand sourire aux lèvres et sincère surmonté d’une paire d’yeux ciels en amandes pétillants sous des boucles blondes détachées couvertes par un bonnet de laine ; elle et son interlocuteur sont les seuls à s’habiller de façon plus moderne et, surtout, moins guindés, que leurs pairs avec un jean slim et des Docs pour elle. Le Ministre Tagomi a un sourire en coin paternel pour ses deux jeunes pairs. Enfin, à la droite du Shogun se tiennent, beaucoup plus austères et dans le silence seulement troublé par le vent faisant voler les flocons de neige de plus en plus lourds, la Déléguée de la Taisei yokusankai : l’Association pour le Soutien du Trône, aux Pairs et sa propre commission aux affaires étrangères Dame Azumabito Kiyomi ; dont un observateur politique aguerri peut voir derrière son sourire poli, courtois et ouvert, quoique plus mesuré que celui de la jeune Karlijn, des yeux d’un grand sérieux, froids et surtout calculateurs. Quelques pas à ses côtés, sans trop se mélanger aux Yamato, présente d’un air las le Préfet de la Préfecture de Kita-Zērando : Monsieur Powell Jude, plus ennuyé qu’autre chose de devoir composer avec des Yamato, comme le serait la plupart de ses compatriotes dans son cas sans doute, pour traiter avec ses homologues provinciaux Sueñolejos.
alineaUne ombre transperce les flocons commençant à tapisser de blanc la piste et le tapis rouge. L’avion du gouvernement fédéral Sueñolejo, balloté par quelques petites bourrasques de gauche à droite, se pose enfin sous les indications de la tour de contrôle et s’arrime à l’escalier mobile dont les rambardes sont peintes du disque solaire de Amaterasu-ōmikami. Quand la porte passager de l’appareil s’ouvre, laissant sortir la délégation Sueñoleja présidée par le Ministre des Affaires Étrangères de la République Fédérale de Costa Sueñoleja Monsieur Cohete Tomás, la musique militaire de la Garde Impériale : dans le même uniforme des autres régiments de la Garde, entame alors l’hymne national Sueñolejo dans un Espagnol grammaticalement impeccable pour le chant quoique marqué légèrement par un roulement des [r] et une prononciation de certains [o] et [u] plus accentués. Le shōgun défait alors ses mains l’une de l’autre et salue les invités des Yamato en se penchant à quatre-vingt-dix degrés ses mains glissant jusqu’à ses genoux ; elle est suivie par le reste de la délégation Yamato : les hommes gardant les bras le long du corps et les femmes glissant leurs mains jusqu’à leurs genoux. Aoki s’en va enfin à la rencontre du Ministre Sueñolejo le saluer à l’Occidentale avec une poignée de main d’égal à égal : entre — Premier pour elle — Ministres. Elle est suivie de Nobusuke et des deux parlementaires représentant chacun leur commission respective aux Affaires Étrangères ; les deux Préfets quant à eux s’en vont saluer par une poignée de main franche et amicale leurs homologues les Gouverneurs Sueñolejo : d’abord celui de l’État frontalier de leur Préfecture puis l’autre.
Enfin des agents de la Tokkō arrivent avec des parapluies déjà ouverts afin de protéger les deux délégations des flocons de neige qui continuent de tomber toujours plus nombreux et plus gros, jusqu’au convoi de voitures officielles patientant en bout de piste et flanquées des drapeaux nationaux des deux États au-dessus de chaque phare. Le cortège quitte l’aéroport en direction de la Diète.
— Sa Majesté l’impératrice Céleste, régnant sur les États Yamato du Scintillant et la Terre Heitei, Fille du Soleil, Détentrice du Mandat du Ciel et Lord grand-amiral commence alors le laquais présentant dans un Kentois1 parfais : langue internationale par excellence et l’une des langues officielles des États Yamato depuis le dix-neuvième siècle ; l’intéressée aux deux délégations puis inversement à cette dernière reprend d’une voix forte pouvant faire sursauter de surprise les personnes ne s’attendant plus à ce genre de protocole au vingt-et-unième siècle. Son Excellence le Très Honorable Monsieur Cohete Tomás : Ministre des Affaires Étrangères de la République Fédérale de Costa Sueñoleja présidant la délégation Sueñoleja, Leurs Excellences les Gouverneurs des États fédérés de El Estrecho et de Chávez Heroico respectivement Messieurs Manzanedo Juan Olivio et Naranja Hugo.
À Leur suite Son Excellence la Très Honorable Shōgun de Sa Majesté Impériale Madame Hayashi Aoki présidant la délégation Yamato, Leurs Excellences les Très Honorables Pair et Délégué à la Diète de Notre Empire respectivement Azumabito Gozen et Monsieur Brown Ishak représentant leur commission respective aux Affaires des Étrangers et du Commerce qui Nous donnent leurs bénédictions pour user de leurs salons, Son Excellence le Très Honorable Ministre des Affaires des Étrangers et du Commerce de Sa Majesté Impériale Monsieur Tagomi Nobusuke, enfin Leurs Excellences les Préfets des Préfectures de Kita-Zērando et de Minami-Zērando respectivement Monsieur Powell Jude et Mademoiselle Ozawa Karlijn termine le laquais tout en se retirant plié à quatre-vingt-dix degré la tête baissée et fermant les lourdes portes du salon en en sortant tandis que la délégation Yamato en fait de même en direction de l’Impératrice qui salue ses invités et ses officiers d’un signe entendu de la tête puis de la main, signifiant la fin du salut, sans se baisser elle-même non pas par manque de respect et de politesse — cela serait bien le dernier souhait des Yamato — Mais car il est de grande notoriété que les Impératrices Yamato, ou tout autre Célestes souverains du Nazum, quand elles se baissent plus bas que leur interlocuteur pour le saluer le protocole exige que ce dernier se baisse plus encore ; une option qui a été rejeté par la diplomatie Yamato qui ne souhaite pas de trop imposer aux officiels Sueñolejos leur protocole qu’elles savent déjà lourd dans sa version allégée pour les gaijin. Dans le même temps, les greffiers, assistants et autres conseillers des deux délégations prennent place dans le reste du salon, décoré et meublé dans et par le style Victorian, se fondant discrètement dans le paysage dans le but de ne pas déranger leurs supérieurs respectifs dans leur activité de rédaction du moindre de leurs faits et gestes. l’Impératrice, dans son tailleur blanc emblématique, quant à elle, pendant que les deux délégations s’installent, le tout en silence, face à face dans deux canapés Victorian autour d’une table basse rectangulaire, infuse depuis sa position à l’extrêmité Orientale de la table, Elle-même comme le veut la tradition Yamato, du gyokuro : le thé vert Yamato, doux et umami, le plus réputé, et cher, dans des bols de thé pour chaque personnes dorénavant installée.
— Le gyokuro : un thé d’ombre, est produit par la privation de lumière des théiers trois semaines avant leur récolte. C’est ce qui lui donne, entre autres, cette couleur si particulière : dorée, et son goût si doux. Il doit être infusé quatre-vingt-dix secondes dans une eau à soixante degrés pour ressortir ses bienfaits au mieux commence l’Impératrice en terminant les dernières infusions et servant les premiers bols aux officiels Sueñolejo. Quand enfin chacun est servit, Elle prend sa première gorgée indiquant à tous qu’ils peuvent en faire de même puis reprend les discussions. Merci encore, Très Honorable Cohete-san, de nous faire l’honneur de Votre présence ainsi que celle des Gouverneurs Leurs Excellences Manzanedo-san et Naranja-san.
L’Impératrice prend une nouvelle gorgée.
Il me semble que Notre Bakufu, par l’intermédiaire de Notre bon Ministre Tagomi-san avait soumit au gouvernement que vous représentez et qu’Il a validé un ordre du jour portant sur l’établissement, et ainsi sous-entendant la reconnaissance officielle, formelle de Nos frontières respectives, une sécurisation mise en commun de Nos frontières communes ; ou de toutes selon ce qui ressortira de ce sommet en fonction des intérêts de Nos gouvernements respectifs, et enfin la possibilité de l’établissement de visas, ou d’un seul passeport, pour légiférer le Droit de Nos sujets et concitoyens respectifs à la libre-circulation des personnes entre Nos États. Bien évidemment, si le gouvernement de Son Excellence le Très Honorable Président Beldad que Vous représentez à d’autres sujets d’importance à apporter à ces discussions il va de soit que Nous les traiterons de façon égale.
Bien. Considérant que Vous êtes Nos invités, il serait fort impoli que de ne pas Vous laissez débuter ce sommet qui peut officiellement s’ouvrir dorénavant termine l’Impératrice laissant ainsi la parole à la délégation Sueñoleja.

1Anglais Britannique(si j’ai bien compris)