29/10/2020
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Panorama large sur la statue du conquistador velsnien Don Giovanni Longo, navigateur au service de la monarchie arobelano et premier gouverneur de la Colonie de San Alfonso.
HISTORIA Y EVOLUCIÓN
DE LA REPÚBLICA DE COSTA VERDE

L’histoire de la République de Costa Verde a commencé à être étudiée à l’époque coloniale, mais le prisme sociétal qui valorisait alors les conquistadors et les colons fraîchement débarqués ne permettait guère de respecter les sociétés précoloniales, leur culture et leurs traditions. Ce n’est qu’à partir du milieu du XXe siècle que les chercheurs contemporains ont commencé à s’intéresser à la reconstitution fidèle de l’histoire précoloniale, de l’arrivée des premiers humains dans les forêts tropicales jusqu’à l’arrivée des Arobelanos en 1492, en passant par le développement et le déclin des civilisations autochtones.

Dans un ensemble d’almanachs regroupant les grandes phases chronologiques de cette histoire, l’Institut de recherche historique de l’Université de San Pedro Luis (en arobelano : Instituto de Investigación Histórica de la Universidad de San Pedro Luis) cherche à valoriser le passé ancien et récent de Costa Verde afin de fournir une base de travail cohérente à l’ensemble des chercheurs étudiant ses premières civilisations, sa période coloniale et l’évolution de la société costaverdienne vers celle que l’on connaît aujourd’hui. Les différents textes qui vous sont proposés ici ne sont que des résumés généraux de l’ensemble de ses travaux et peuvent être enrichis au gré des découvertes et des études.
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Il n'existe aujourd'hui que des traces très éparses des premières installations humaines en Costa Verde, notamment en raison de l'épaisse jungle tropicale, qui rend le travail des chercheurs complexe et fastidieux. Dans son œuvre « Tiempos antiguos », l'artiste Diego Alejandro Lacasa fait apparaître les premières civilisations costaverdiennes sous la forme de statues protocivilisationnelles. Il s'agit d'une œuvre romanesque qui ne correspond nullement à la réalité de ces premières sociétés.
PRIMEROS ASENTAMIENTOS
PREMIÈRES INSTALLATIONS HUMAINES

La plupart des chercheurs ayant étudié le sujet s’accordent à considérer que les premiers humains arrivent dans les régions tropicales de Costa Verde entre 12 000 et 10 000 avant Jésus-Christ. Les traces laissées par ces groupes humains sont relativement rares, ce qui explique notamment la fourchette chronologique aussi large retenue par les historiens.

Ce que l’on sait plus précisément, c’est qu’il s’agissait de populations nomades ou semi-nomades, vivant essentiellement de la pêche et de la chasse, en fonction des saisons et des aires de répartition des ressources naturelles. Des traces de rites anciens sont observées durant cette période, mais ceux-ci semblent varier considérablement d’un groupe à l’autre, sans présenter d’uniformité particulière. On assiste également aux prémices d’une agriculture rudimentaire, fondée notamment sur la collecte de fruits saisonniers.

Aux alentours de 6000 avant Jésus-Christ, les premiers villages saisonniers font leur apparition, notamment le long des côtes et des cours d’eau, favorisant une sédentarisation progressive à partir de 5000 avant Jésus-Christ. Cette période est marquée par les premières cultures de plantes et le développement des premières formes de civilisation dans la région, qui se poursuivra jusqu’à 1500 avant Jésus-Christ. À partir de cette époque, les villages deviennent permanents et s’organisent en collectivités agricoles au sein desquelles sont cultivés le maïs, les courges, les haricots et le manioc. Le développement de la poterie favorise les premiers échanges commerciaux entre les groupes, principalement fondés sur le troc, mais s’accompagne également de l’apparition des premiers conflits.

On estime aujourd’hui que ces « communautés agricoles » sont les ancêtres les plus probables des populations chiburas, pelemakas et bauzayes, dont les sociétés ne commencent toutefois à se développer pleinement qu’à partir de 800 avant Jésus-Christ. À cette époque, les premières chefferies apparaissent et les distinctions entre les communautés ne reposent plus uniquement sur l’appartenance à un village, mais également sur des critères culturels et ethniques. Les premières religions précoloniales se développent, tandis que des formes embryonnaires de stratification sociale apparaissent dans la plupart des peuples de la région. Le commerce, favorisé par ces trois peuples, qui entretiennent des relations relativement cordiales tout en demeurant largement isolés les uns des autres, est cependant bouleversé par l’arrivée, vers 450 avant Jésus-Christ, de populations venues du Nord, ancêtres des Quezaltèques.

Société précoloniale et naissance de l'Empire quezaltèque⏬
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Les ruines de l'ancienne Tucaray démontrent à bien des égards l'importance qu'a revêtue la cité avant et après la fondation de l'Empire quezaltèque. C'est aujourd'hui une destination historique très prisée dans la région et un patrimoine national préservé par la République de Costa Verde
SOCIEDAD PRECOLONIAL
SOCIÉTÉ PRÉCOLONIALE ET NAISSANCE DE L'EMPIRE QUEZALTÈQUE

Les historiens ne s’accordent pas encore sur les origines exactes des ancêtres des Quezaltèques ni sur les raisons de leur migration. Certaines hypothèses avancent qu’il s’agirait de Mazatis, une population originaire du sud de l’Aleucie qui aurait parcouru les îles d’Alguarena avant de rejoindre la Paltoterra. On note des similitudes entre les premières traces connues de ce peuple proto-quezaltèque et la civilisation mazatie, mais certains chercheurs pensent plutôt qu’il s’agit d’échanges commerciaux ayant eu lieu entre les Proto-Quezaltèques et les Mazatis, dont l’implantation aurait été plus au nord, et non sur l’actuel territoire costaverdien.

Quoi qu’il en soit, l’arrivée de ces « Proto-Quezaltèques » provoque de grands bouleversements dans l’organisation de la région : originellement isolées, les différentes communautés locales doivent faire face à une société plus hiérarchisée et dotée d’une avance technique notable pour l’époque, notamment en ce qui concerne les méthodes d’agriculture et de construction. Les premiers centres urbains naissent autour de 300 avant Jésus-Christ et les populations chiburas, pelemakas et bauzayes, en contact commercial avec les ancêtres des Quezaltèques, profitent de ces changements pour poursuivre leur propre développement en adoptant ces nouvelles pratiques. On assiste alors à l’âge d’or des civilisations proto-quezaltèques, qui ne durera cependant que deux siècles avant la formation de la Confédération quezaltèque, marquant le début de l’ascension de ce peuple jusqu’à la formation de son Empire.

Unis derrière un souverain commun, qui règne de façon nomade au sein des cités qui constituent désormais une confédération commerciale et militaire, les Quezaltèques sont très présents dans le Nord, mais peu implantés dans le Sud, où les différentes communautés locales, établies avant leur arrivée, vivent dans une paix relative. Cette situation change brutalement vers 50 apr. J.-C., lorsque le prêtre Aztayoc prend le pouvoir à Tucaray, alors principale cité de la Confédération, et se lance dans une campagne de conquête des territoires du Sud et de soumission de leurs populations. Très peu de choses sont connues sur cette période de conflits, mais la résistance tardive des Pelemaka ne permet pas de maintenir leur indépendance, tout comme celle des communautés chiburas et, enfin, des Bauzayes, dont les dernières tribus ne seront écrasées qu’à la fin du IVe siècle.

Vers 250 apr. J.-C., après plusieurs générations d’expansion territoriale, la Confédération quezaltèque est officiellement transformée en Empire quezaltèque, marquant l’aboutissement de l’ascension politique et militaire de ce peuple. La conquête des territoires du Sud se poursuit néanmoins durant les siècles suivants, jusqu’à la soumission des dernières tribus bauzayes.

Cette soumission est principalement religieuse et militaire. Les populations soumises doivent payer un tribut en hommes pour servir dans l’armée quezaltèque et accepter l’ancien culte quezaltèque, dont les traces sont aujourd’hui principalement résumées aux ruines de temples bâtis sous terre à proximité des rivières ou des sources d’eau. Les connaissances sur ce culte restent très limitées, mais celui-ci semble être lié à des divinités de la nature, dont la plus importante serait Yaxocel, un dieu gardien de l’eau qui sera repris comme figure secondaire du nouveau panthéon lors de la « renaissance » du « nouveau culte quezaltèque », au XIe siècle.

Apogée et chute de l’Empire quezaltèque⏬
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Cette œuvre, surnommée « le radeau d'or », est l'une des pièces les mieux conservées de l'art quezaltèque et semble vraisemblablement dater du Premier Empire, bien que les historiens ne s'accordent pas encore sur ce point. L'œuvre est aujourd'hui exposée au Musée national de San Pedro Luis, la capitale.
APOGEO Y CAÍDA
APOGÉE ET CHUTE DE L'EMPIRE QUEZALTÈQUE

La fin de la période de conquête quezaltèque donne ainsi naissance à ce que les historiens ont appelé l’« Empire quezaltèque », au début du IIIe siècle. C’est alors l’âge d’or de la civilisation quezaltèque, qui domine une large partie de l’actuel territoire costaverdien et favorise la structuration de la région en une multitude de cités-États, de royaumes et de chefferies, tous soumis à son influence. Si cette période marque également une époque faste pour les Pelemaka, les Chiburas et les Bauzayes, qui disposent d’une forme d’autonomie au sein du système impérial, les Quezaltèques favorisent également leur division afin d’éviter toute union ethnique. Des chefs pelemakas sont ainsi envoyés, avec leurs tribus, peupler des zones historiquement chiburas, créant une rupture dans le fragile équilibre préexistant et provoquant de nombreux conflits au cours des siècles suivants, auxquels les Quezaltèques ne participent que très périodiquement.

Cette période faste voit notamment la naissance d’Urapá, l’une des plus grandes cités pelemakas, dont la construction s’achève en 350. La cité sera connue à l’époque moderne pour ses « pierres rondes », entourant les ruines de l’ancienne ville et constituant une véritable énigme pour les archéologues, tant pour comprendre les raisons de leur présence que pour déterminer les moyens utilisés pour les tailler. Durant la même période, les Quezaltèques et les peuples soumis commencent l’édification de routes rudimentaires afin de relier les quatre coins de l’Empire.

L’Empire quezaltèque semble avoir atteint son apogée territoriale aux alentours du Ve siècle, avec la victoire sur les dernières poches de résistance bauzayes situées dans la vallée du mont Nino. Cette victoire, qui scelle la domination quezaltèque, constitue l’un des événements les mieux documentés de cette période grâce à une stèle retrouvée dans le nord de l’actuelle communauté autochtone de Tepalán. Ce site semble avoir abrité une cité importante, notamment pour les cérémonies religieuses et coutumières, mais aujourd’hui disparue sous l’épaisse forêt tropicale. Cette stèle constitue l’une des principales sources historiques utilisées pour comprendre l’Empire quezaltèque et représente un repère important dans l’histoire précoloniale de la République de Costa Verde.

Entre le milieu du VIe et le VIIe siècle, le semblant de paix imposé par l’Empire permet le développement du commerce avec l’extérieur, jusqu’alors très limité par l’absence de voies de communication à travers la forêt et par les barrières naturelles qui entourent son territoire. Tandis que la métallurgie se développe, les Quezaltèques importent de l’or, notamment auprès des autres grandes sociétés paltoterranes qui peuplent alors le continent, en échange des ressources agricoles issues des tributs versés par les tribus et les royaumes soumis. La plupart des chercheurs s’accordent également à penser que des marchandises sont arrivées, par l’intermédiaire de caravanes sporadiques, depuis l’Aleucie au cours de cette même période.

Le déclin de l’Empire commence progressivement à partir des années 800, avec une terrible épidémie dont la nature et l’origine demeurent inconnues, mais qui provoque de nombreuses révoltes au sein des chefferies et des royaumes pelemakas et chiburas. Les terribles conflits engendrés par ces révoltes, qui entraînent une augmentation du nombre d’hommes mobilisés pour la guerre et une diminution de la production agricole, accélèrent également la contestation de la domination de Tucaray, capitale politique et religieuse, par les autres cités quezaltèques. Au milieu du IXe siècle, une guerre civile éclate entre les différentes familles régnantes quezaltèques, qui souhaitent s’imposer comme « Seigneur des Quatre Horizons », titre désignant l’empereur.

Les peuples soumis, écrasés par les impôts et les exigences économiques et humaines des Quezaltèques, profitent de cette situation pour se soulever. Durant les années 900, les chefferies bauzayes se révoltent, suivies, au cours des décennies suivantes, par les communautés pelemakas et chiburas, qui coupent tout lien de ravitaillement avec l’Empire. Asphyxiée par cet « embargo » et privée de liaisons commerciales devenues progressivement vitales, la cité impériale de Tucaray est mise à sac par une coalition de cités quezaltèques menée par les souverains de Tucazal, cité fondée par le frère d’un ancien souverain impérial, et de Cayurá. Les légendes entourant cet épisode, probablement imaginaires et issues du folklore quezaltèque postcolonial, racontent que les habitants auraient été jetés dans un brasier géant, au centre duquel trônait le dernier souverain impérial de Tucaray.

À la suite de la chute de Tucaray, le pouvoir passe à la branche secondaire de la dynastie impériale, qui règne sur la cité de Tucazal et tente de restaurer l’unité autour du souverain quezaltèque. Mais la plupart des cités du Nord demeurent en lutte continuelle les unes contre les autres et, privées des ressources exploitées et des tributs des anciennes tribus et des anciens royaumes et chefferies soumis, les autorités de Tucazal ne parviennent pas à rétablir leur autorité sur l’ensemble des territoires impériaux. Malgré leurs efforts pour maintenir l’illusion du fonctionnement impérial, les souverains de Tucazal échouent à restaurer l’unité politique du pays. Au milieu du XIe siècle, l’Empire glisse progressivement vers une forme de fédération, au sein de laquelle Tucazal et l’ancienne dynastie impériale des Tucas ne semblent plus jouer qu’un rôle religieux et symbolique.

Renaissance des civilisations et dernier âge quezaltèque⏬
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Cette image, longtemps restée dans les livres scolaires costaverdiens, tend à représenter les « nouvelles sociétés » issues de l'effondrement du Premier Empire quezaltèque. En réalité, les peuples pelemakas, bauzayes et chiburas vivaient de manière très différente en fonction des régions qu'ils habitaient.
RENACIMIENTO Y ÚLTIMA ÉPOCA
RENAISSANCE DES CIVILISATIONS ET DERNIER ÂGE QUEZALTÈQUE

L’effondrement progressif de l’Empire quezaltèque dans le Nord permet au Sud de connaître un plus grand épanouissement sociétal et une forme de renaissance pour les civilisations pelemakas, bauzayes et chiburas. À partir du XIIe siècle, ces différents peuples deviennent des puissances régionales, organisées en royaumes pour les Pelemaka et en confédérations de chefferies et de cités pour les Bauzayes et les Chiburas. Les villages troglodytiques bauzayes du massif du mont Nino datent notamment de cette période faste pour leur société, tandis que les Chiburas deviennent d’importants producteurs agricoles et bénéficient des relations commerciales établies par les Quezaltèques avec les autres peuples du continent.

Les royaumes pelemakas, situés plus au centre du pays, profitent de cette période pour imposer leur domination aux tribus de pêcheurs qui peuplent les côtes costaverdiennes et favoriser une forme de gouvernement de plus en plus centralisée, à la différence de l’ancien Empire quezaltèque, qui a toujours fonctionné grâce à un important maillage de cités-États s’administrant elles-mêmes. Les Pelemaka étant entrés dans une logique de conquête et de domination comparable à celle qui avait présidé à la fondation du premier Empire quezaltèque, on assiste, entre les années 1200 et 1300, à un nombre considérable de conflits, appelés « guerres pelemakas », au cours desquels les différents royaumes tentent d’imposer leur domination sur l’ensemble du centre du pays. Cette volonté expansionniste affaiblit considérablement la civilisation pelemaka, empêtrée dans des conflits sans fin qui connaissent leur apogée avec l’arrivée de l’armée de la cité quezaltèque de Cozayal, en 1324.

Au Nord, la dynastie impériale des Tucas a définitivement disparu à l’aube du XIVe siècle, et la cité de Cozayal parvient à s’imposer comme la nouvelle force politique et militaire de la société quezaltèque. Elle ambitionne de réunifier sous son autorité les anciennes civilisations soumises par les Tucas. Les souverains de Cozayal, issus de la dynastie des Cozas, profitent des guerres pelemakas pour prendre progressivement possession de leurs royaumes durant la première moitié du siècle. À partir de 1350, le nouvel Empire quezaltèque est parvenu à imposer sa domination aux chefferies chiburas, mais se heurte à la résistance de la confédération bauzaye. Le pouvoir accordé au souverain impérial est alors sans comparaison avec celui dont disposaient ses aïeux : l’Empire est centralisé autour de la nouvelle capitale, Cozayal, et l’autonomie autrefois accordée aux peuples soumis n’est plus que symbolique. À titre d’exemple, les chefs quezaltèques deviennent progressivement les souverains des royaumes pelemakas à partir du début du XVe siècle, ce qui provoque de nombreuses révoltes durant cette période.

Désormais soumis à la civilisation quezaltèque réunifiée, les chefferies et les tribus de la côte sont naturellement les premières à observer, au cours de ce même début de siècle, des « monstres de bois » au loin sur la mer. Ceux-ci finissent par accoster le jour de la Saint-Alphonse, selon le calendrier chrétien, soit le 1er août 1492.

L’arrivée des arobalnos et les guerres coloniales⏬
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Fresque dite « grandiose », commémorant la « découverte » et la fondation de la colonie de San Alfonso par l'explorateur Giovanni Longo, pour le compte de la Couronne arobelana, le 1er août 1492.
LLEGADA DE LOS AROBELANOS
L’ARRIVÉE DES AROBELANOS ET LES GUERRES COLONIALES

¡En construcción!

La Costa Verde coloniale et l’indépendance nationale⏬
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Représentation graphique de la « Ciudad de San Pedro Luis », capitale de la colonie de Costa Verde au XVIIe siècle. La « carte » présentée ici est cependant une reconstitution partielle d'un ancien document, réalisée au milieu du XXe siècle, et non une carte véritablement d'époque. Il en résulte certaines imprécisions et irrégularités dans le graphisme général.
LA COSTA VERDE COLONIAL
LA COSTA VERDE COLONIALE ET L’INDÉPENDANCE NATIONALE

¡En construcción!

De la première république à la révolution des fleurs⏬
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La période de la Première République costaverdienne est marquée par une forte agitation politique, également liée à la puissance militaire : les bourgeois de San Pedro Luis et les marchands rivalisent devant les foules de la capitale pour les séduire et ainsi renforcer leur autorité. Cette fresque du début du XIXe siècle, aujourd'hui numérisée, est cependant inexacte, car les femmes et les gens du peuple étaient exclus de toute implication dans la vie politique nationale.
LA PRIMERA REPÚBLICA
De la première république à la révolution des fleurs

La jeune république indépendante se dote rapidement d’une Constitution, adoptée par le triumvirat au moyen d’une résolution commune le 1er septembre 1864. Cependant, la jeune nation costaverdienne peine à retrouver une stabilité : ses cent jours de conflits ont provoqué la fuite des commerçants et d’une partie des grands propriétaires nobles, brisant ses relations commerciales avec la métropole et les autres puissances eurysiennes, tout en accentuant la chute de sa production agricole. Afin de rétablir la situation au plus vite, les notables et autres criollos optent pour un régime résolument conservateur, s’appuyant sur les anciennes milices coloniales, devenues en moins de quatre mois une « armée nationale ».

Ainsi, dans les années qui suivent, les colonels Marcos de Valera et Emilio Olivera, ainsi que le « généralissime » Ernesto d’Alvarez, reconnu a posteriori comme le principal artisan et père de l’indépendance costaverdienne, se succèdent à la tête de la nouvelle République en tant que directeurs-présidents. À leurs côtés figure un Parlement doté de très importantes compétences législatives et d’un contrôle presque omniprésent sur l’exécutif : la chambre basse, censitaire, est composée des riches bourgeois et commerçants de la capitale, tandis que le Sénat, la chambre haute, est essentiellement composé d’anciens nobles arobelanos ralliés tardivement à la révolte contre la Couronne. Dès ses débuts, la nation costaverdienne est ainsi fracturée entre une élite militaire à la tête de l’État, qui souhaite s’éloigner de l’ancienne puissance coloniale et des autres monarchies eurysiennes ; des commerçants formant une nouvelle classe de notables, disposant à leur gré de sièges au Sénat ou à la chambre censitaire ; et, enfin, une majorité hétéroclite vivant dans l’indigence et tenue à l’écart du pouvoir public par les deux autres groupes.

Jusqu’à l’aube du XXe siècle, un état de fait s’installe : les militaires souhaitant renforcer leur emprise sur l’État et la politique nationale se font renverser dès lors qu’ils cessent d’être des instruments au service des bourgeois et du Parlement, qui les remplacent par un autre officier prometteur et docile. Rien qu’en 1893, trois directeurs se succèdent à la tête de l’État en moins de onze mois. Plusieurs États postcoloniaux d’Aleucie et de Paltoterra, ainsi que des puissances eurysiennes soucieuses de conserver leurs intérêts en Costa Verde, favorisent le maintien de ce gouvernement conservateur, qui n’adopte aucune évolution sociale ou industrielle notable durant cette période. En 1899, cependant, un coup d’État interne est organisé avec le soutien du colonel Juan Alfonso Thorez, qui abolit par décret la chambre des sénateurs et parvient à imposer la chambre censitaire comme unique assemblée législative du pays. En contrepartie, le pouvoir exécutif est renforcé par une série de réformes constitutionnelles.

En 1901, l’une de ces modifications crée officiellement la fonction de « président de la République », en remplacement de celle de directeur. Le nouveau chef de l’État est par ailleurs désormais élu au suffrage censitaire direct, et non plus par la réunion des deux chambres du Parlement, comme le prévoyait le texte original de la Constitution de 1864. On assiste également à une arrivée progressive, mais tardive, des idées humanistes et libérales : si la traite négrière n’était déjà plus d’actualité durant la période coloniale, le servage imposé par les grands propriétaires n’est aboli qu’en 1909, sous l’impulsion d’Oscar José Gaona, premier président élu en dehors de la classe militaire. Celui-ci instaure également l’alphabétisation de la population au moyen d’une instruction publique obligatoire et catholique, ainsi que les premières mesures sociales en faveur des plus pauvres. Le bilan politique du président Gaona sera salué jusqu’aux années 1980, époque à laquelle ses positions en faveur d’une classe politique exclusivement instruite, blanche et catholique feront l’objet de vifs débats parmi les historiens et ses biographes.

En dépit de ces nombreux bouleversements, le début du siècle ne change en rien la mentalité de l’élite politique, qui continue d’être accaparée par les riches marchands et les propriétaires terriens. Si l’économie de la République de Costa Verde est plutôt considérée comme florissante en 1920 et que les investissements nationaux et étrangers dans la capitale continuent de se multiplier, un profond désir de changement anime une grande majorité de la population. Celui-ci sera toutefois incarné par les « nouvelles générations », les descendants de la classe aristocratique qui n’ont connu que la République et sont animés par un idéal chevaleresque de défense des causes populaires. C’est notamment ce que relève l’écrivain costaverdien Javier Prats dans ses écrits sur la période, lesquels serviront de base à son roman à succès, « Les Derniers Chevaliers », paru en 1934, alors qu’il a fui la dictature militaire pour Kintan, en Akaltie.

En pleine période de floraison à San Pedro Luis, le 14 novembre 1928, le parti libéral, qui demeure écarté des institutions politiques, parvient à fédérer les mécontents et l’opposition. Diego Varela, figure mythique de la défense des droits des populations indigènes et partisan des aspirations de la « nouvelle génération », parvient à lever une milice composée de paysans des environs de la capitale et de gardes nationaux mutinés, qui se reconnaissent à la fleur qu’ils portent sur leur veston. Ces derniers s’emparent de l’impopulaire président Fernando Obregón, qui est passé par les armes. Diego Varela dissout par la force la chambre censitaire, dernier vestige du premier Parlement, tandis que la Constitution de 1864 est définitivement abolie.

Si l’histoire a retenu l’événement sous le nom de « révolution des fleurs », notamment en raison du nombre relativement faible de victimes civiles et militaires, il s’agit, dans les faits, plus précisément d’un coup de palais mené par un riche homme d’affaires et un groupe de militaires sous-payés ayant accès au palais national de par leur statut. À l’exception de quelques troubles dans la capitale et de la résistance du colonel Marcos del Porro, ancien président de la République qui gouvernait le bastion de San Alfonso et avait déclaré sa fidélité au Parlement, les événements restent circonscrits à la capitale. Les autres villes côtières ne prendront connaissance du changement de régime que dans les jours suivants et se soumettront en l’absence de toute contestation organisée. En décembre de la même année, Diego Varela est élu président de la République par la junte de gouvernement mise en place à la suite de la révolution.

Le 8 mars 1929, la deuxième Constitution de la République de Costa Verde est promulguée : le gouvernement est désormais indépendant du Parlement, dont les membres sont désignés au suffrage universel indirect par les élus locaux. Face à la domination du parti conservateur pendant des décennies, on voit plus d’une vingtaine de partis et de mouvements se créer en moins d’un an, tandis que les paysans et les travailleurs des villes costaverdiennes sont enfin inclus dans le processus politique. Le nouveau gouvernement rompt résolument avec ses prédécesseurs en mettant en place des mesures de protection des salariés, une campagne d’alphabétisation des aînés et de grands projets de développement pour l’intérieur des terres. Si la diminution du budget alloué à l’armée et le passage à une éducation laïque provoquent la colère des militaires et du clergé, le président Diego Varela est, à cette époque, une figure extrêmement populaire et un acteur clé de l’intégration des communautés indigènes dans « l’ensemble national », en 1930, grâce à l’octroi de la citoyenneté costaverdienne aux populations autochtones non métissées, qui en avaient jusqu’alors toujours été privées.

Ces « années de liberté » et d’évolution sociale et économique arrivent cependant bientôt à leur terme. Écarté par le gouvernement, qui l’estime incompétent et ne souhaite pas le reconduire dans ses fonctions de chef d’état-major, le général Augusto Almontada profite de l’absence du président Varela du territoire national pour organiser un coup d’État le 1er mai 1931, avec l’appui de l’Église catholique, très influente dans les milieux ruraux, et des milieux d’affaires conservateurs, hostiles à ses réformes. En dépit de plusieurs révoltes menées localement par des officiers fidèles au président et par des communautés pelemakas et quezaltèques dans le nord et le centre du pays, Diego Varela ne reverra jamais la République, et ses soutiens seront écrasés entre 1931 et janvier 1933. Si certaines mesures sociétales et économiques sont préservées, voire parfois rétablies, durant les années qui suivent, la République de Costa Verde se transforme en un régime militaire autoritaire, marqué par une répression féroce de l’opposition démocratique et civique.

Les « années de plombs » et le régime militaire⏬
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