Zeitberg n'existe plus. Ses rues, son clocher, ses noms de place, ses dates de fondation, ce ne sont que des poids morts dont nous avons décidés de laisser derrière nous et Tempograde en est ainsi sortie comme une machine sort de son atelier : sans passé, sans garantie et sans aucun autre but que celui d'aller plus vite que la machine qui l'a précédée. Nous sommes les héritiers de l'Accélération Totale et de Caspar Vitesse qui avons compris avant tout le monde que le Götterland n'était pas une nation mais une prison de perception qui était bâtie sur des traditions bourgeoises, des identités figées que la guerre civile achève aujourd'hui de détruire. Cette destruction est créative, c'est la condition nécessaire à l'émergence de l'homme nouveau qui changera du tout au tout : il changera de nom, de genre, d'âge et de forme au gré du devenir, il s'unira à la machine pour en dépasser les limites de son corps et traversera la violence de cette guerre avec brio. Ici, la ville est une Gesamtkunstwerk, les actes se jugent à leur beauté et non à la morale dont elles sont tirées, la politique ici ne vise pas à améliorer les conditions matérielles des individus, nous cherchons au contraire à créer des formes de vie spectaculaires. Mais Tempograd est divisée, ses enfants le sont aussi, les futuristes, qui portent la vitesse et le transhumanisme ne sont pas seuls. Les enfants égarés fiumanistes, néo-folkistes et vpéristes de notre Mouvement s'entretuent dans les rues mais entre nous, nous y voyons une sorte de mouvement. Cela fait partie du processus artistique et quiconque s'y opposerait est un réactionnaire arriéré qui ne mérite que notre joug supérieur.
Accélération du pillage :
Réserves - 100% (hautes)
L'économie esthétique, que les futuristes ont proposée et que personne n'applique, ne demande rien de bien compliqué. La valeur d'un bien est celle que lui donne le geste qui le saisit. Les tokens, les objets les plus uniques créés par les artistes, tiennent lieu de monnaie dans des rues où l'argent a été aboli et brûlé par liasses entières et comme aucun d'eux ne vaut pas la même chose, les prix fluctuent selon l'humeur de celui qui vend, le troc dispense l'échange de toute règle et la production industrielle de la ville a tout simplement disparu. Le Mouvement ne produit plus rien, ce qui fait que Tempograd vit au rythme du pillage et à vrai dire, il s'agit là de son seul moteur. Mais ce moteur consomme ce qu'il brûle : plus le mouvement pille, plus la réserve baisse d'elle-même par la simple consommation des quartiers, des brigades et seule une nouvelle razzia peut la reconstituer. Lorsque les réserves sont élevées (+50%), les brigades futuristes sont suffisamment équipées, nourries et motivées pour se battre avec ferveur mais si ces réserves faiblissent (-50%), la famine rôdera, le troc deviendra la seule loi sur les territoires futuristes et l'élan des brigades sera figé. Pour survivre, le Mouvement n'a d'autres choix que d'avancer, de piller, de franchir les frontières ennemies et de frapper toujours plus loin, toujours plus vite. Car la guerre elle-même est Vitesse.
L'ascendant des non-futuristes :
Radicalisme des fiumanistes - 0%.
Radicalisme des néo-folkistes - 0%.
Radicalisme des vpéristes - 0%.
Les futuristes ont acceptés dans leur mouvement des compagnons de route dont la ferveur peut être utile sur le champ de bataille mais qui reste à double trancanât. Les fiumanistes veulent rajeunir la nation par l'audace, l'acte héroïque, la bravoure au combat et l'Etat à parti unique et ils placent aux postes les plus élevés les plus courageux et braves d'entre eux. Les néo-folkistes veulent le peuple et ses dieux qu'ils attendent du fond des âges. les vpéristes veulent l'abolition de la mort elle-même, dominer le cosmos et conquérir les étoiles au nom d'un prolétariat prométhéen voué à coloniser le système solaire. Chacun a son ascendant sur nos brigades et voue son existence à aller toujours plus loin et à se radicaliser encore plus. Le radicalisme de ces factions non-futuristes augmente avec les victoires que ces dernières obtiennent sur le champ de bataille et le butin qu'ils récupèrent à chaque pillage mais peut être réduit par une démonstration de force des futuristes si ces derniers s'assurent de contrôler les rues et de remporter eux-mêmes des victoires au combat. Si le radicalisme d'une de ces factions atteint son maximum, celle-ci aura suffisamment de soutiens et de culot pour s'emparer du pouvoir et éradiquer les autres courants. Si les fiumanistes l'emportent, ils établiront certainement un Etat fasciste à parti unique, corporatiste et eugéniste, basant en grande partie sa société sur les valeurs martiales de l'arditisme, les fiumanistes ne sont pas spécialement favorables à l'idéologie nihiliste et mortifère des néo-nazis et auront plus tendance à se rapprocher de mouvements conservateurs fascisants comme le FRN ou de groupuscules masculinistes comme les néo-Spartiates ; si les néo-folkistes prennent le pouvoir, ils formeront certainement un culte autour des dieux païens germaniques, leur inspiration principalement national-socialiste et proche du mouvement völkisch de la Première République les rapprochera inévitablement avec la Division Massenvernichtung ; enfin, si les vpéristes prennent le pouvoir, leur idéologie foncièrement socialiste les poussera certainement à imposer une dictature du prolétariat accélérationniste qui tentera certes de s'allier dans un premier à l'ALPG mais les divergences profondes qui les animent avec les libertaires et les eurycommunistes sur le plan sociétal et anthropologique les poussera inévitablement à s'entretuer avec ces derniers si l'ALPG libère le Götterland de la tyrannie réactionnaire et capitaliste. Si ces mouvements sont tenus en laisse jusqu'à l'unification totale du Götterland par le Mouvement d'Avant-Garde, tout porte à croire que les futuristes auront la liberté de mouvement nécessaire pour purger le mouvement et imposer leur volonté à tous. Ce qui promet de transformer le Götterland en un truc...objectivement bizarre.