
TACHYPÉDIA
HISTOIRE DE LA MORAKHAN
Le territoire de la future Morakhan se trouve au cœur de ce que les historiens mors appellent l’« Équateur de la Transeurysie ». Des peuples s’y succèdent : tribus steppiques proto-blêmes et tataro-mongoles, peuples « traversiers » venus de la langue de Rême, puis proto-Slaves descendus du Nord vers 5 000 av. J.-C. La révolution agricole s’y installe lentement. La steppe nomade la refuse d’abord, puis les nouveaux venus finissent par l’imposer et par se mêler aux anciens occupants.
Vers 2 500 av. J.-C., les cités-États fluviales s’unifient autour de Kryiv. Velizar Khan, fils probablement illégitime du prince défunt, y fonde la Rus’ de Kryiv, qui s’étend des montagnes Zakrevskys à la mer Blême. Il y établit un principe électif : le dirigeant doit être choisi par deux cent cinquante boyards aux deux tiers des voix, ce qui n’empêche ni la corruption ni les trahisons. Après une alternance de centralisation et de fragmentation, les Grandes Guerres de Libération (-2 125 à -1 958) achèvent de ruiner l’autorité impériale. L’effondrement est officiellement acté en 1 500 av. J.-C. et laisse la place au khanat d’Anapol. Seul le royaume de Morkh, « des mors », conserve son indépendance. Le conte pour enfants des « trois frères » a été commandé en 1848 au Germanique Willaert Von Bismarck pour glorifier ce passé. Il n’a pas survécu à la révolution.
Sous domination tatare partielle dès 962, la Slav’ de Morkh se christianise en 1110 avec la conversion de Velizar II, premier zagroy de la Grande Morakhan, sous l’influence de Rhême. Les moritons ravagent la région, puis les invasions slaves de l’Ouest (vers 1290-1520) se retournent contre Anapol, Letysa et Ankov. Vladislav III le Terrible réforme et étend un domaine qui devient un grand État indépendant : la « troisième Rhême ». À sa mort, en 1584, il laisse pourtant un pays ruiné par la terreur qu’il a fait régner sur les boyards, sans fils pour lui succéder. Suivent les troubles : imposteurs, souverains étrangers, guerres civiles.
En 1613, un Sobor exceptionnel élit Mikhaïl Bizanov, devenu Michel Ier, faible mais légitime. L’ordre se rétablit au prix de pertes territoriales (Podany-Vostok, l’accès à la mer Blême) et du renforcement du servage, que le Code de 1649 achève de fixer :
— Sergueï M. Sogonine, Histoire de la Morakhan, 2003
Pierre Ier s’empare du pouvoir en 1689 et poursuit un seul objectif : la mer. Il prend Letysa en 1696, fait construire la marine impériale à Voroneï, voyage seize mois en Eurysie, écrase la révolte des streltsy et fonde Tangarok. Le traité d’Orospol (1700) lui donne un petit débouché sur la mer Blême. En 1721, il lance la colonisation du Nazum du Nord (la « Nouvelle-Morakhan ») et se fait proclamer « Empereur de toutes les Morakhans ». Son œuvre institutionnelle est durable. Il institue la Table des rangs et ses quatorze classes, qui conditionnent la noblesse au service de l’État et ordonnent toute la vie sociale par des amendes. Il fait aussi mettre à mort son fils Alexis et impose que le souverain désigne son successeur. Cette loi, jointe à sa mort sans héritier désigné en 1725, ouvre une période instable. Catherine Ire et Pierre II se succèdent, sous l’influence des Dolgoroukov et de Menchikov, avant l’arrivée d’Anna Ivanovna.
L’expansion vers le Nazum prend la forme d’un régime colonial brutal. Viktor Baranov, gouverneur héréditaire de la Vostochnaya Slaviya (1730-1787), y impose le statut d’inorodets aux populations autochtones, confisque les terres au profit des colons et fait de l’île de Skalistov un bagne. Sa maxime résume l’idéologie du système :
Nicolas Ier fonde les ministères en 1802 (Affaires étrangères, Guerre) et dote l’Empire d’une bureaucratie moderne. L’État-Major de Voïvograd, la « Fabrique de Spies » des langues orientales et le télégraphe de Pavel Chilniov (1832) en sont les emblèmes. L’industrialisation fait émerger une classe ouvrière, mais la paysannerie reste majoritaire. L’Okhrana, police politique née pour contrer les attentats révolutionnaires, pratique la provocation et le double jeu. Elle tolère même Dzhougaliev, qu’elle juge utile aux divisions des sociaux-démocrates. L’alcool tient une place à part : la vodka a fourni jusqu’à 40 % des revenus de l’État. Les prohibitions décidées pour des raisons morales ont régulièrement produit inflation, distilleries clandestines et désordres, sans jamais régler le fond du problème.
La République Démocratique Collectiviste naît en 1855 et les RSFSM en 1860, sous Sergueï Dzhougaliev, dit le Volgin. Le Sénat est dissous, les banques et les compagnies passent sous contrôle de l’État, l’armée impériale se délite et le gouvernement blanc se replie dans les colonies de l’Est. La Grande Guerre Soviétique, sous Tchernov, installe les cent grammes de vodka quotidiens dans le paquetage du soldat. Molotov, Chérévine et Chevchenko tentent ensuite de démobiliser un pays épuisé. Leurs lois antialcool de 1935 sont efficaces mais impopulaires, et ne durent pas. En 1945, l’économie exsangue et les défections du zaretchnictvo provoquent la chute des RSFSM et le retour de la monarchie sous Michel II, souverain notoirement alcoolique. Les structures soviétiques ne disparaissent cependant pas complètement. Le passeport intérieur et le tampon d’enregistrement, hérités de l’époque, en sont des exemples.
Vladimir Ier (au pouvoir de 2005 à 2016) donne son nom à un régime de modernisation : nucléaire avec Moratom (2007), robotique, industrialisation, refus public de l’alcool. Cette ère est marquée par le scandale des affaires Tsolipines (2013-2015), révélé par la Gazette de Miroumy : « Voilà ce qu’on fait de votre argent ! »
La mort de Vladimir en 2016 précipite les crises : alors qu'il y avait déjà eu l'attentat du Krakatoy peu de temps avantsa mort, le Plan Stanislas qui avait été commandité n'avait pas pu être mis en place, ce qui causera l'enlisement de la guerre en Yurtie contre les terroristes du TAU. L'indépendance de celle-ci décrétée en septembre 2016. Nicolas II dissout le Parlement et interdit les partis de gauche le même jour. Le Comité révolutionnaire, mené par Poliakov, Koltsétchev et Daïelinov, renverse alors son régime avec l’appui de casernes déjà gagnées, et proclame l’URSSAF. Un compromis suit dès novembre 2017 : régime vladimirien rétabli en cadre fédéral, abdication de Nicolas II au profit de son frère Michel III, Poliakov maintenu comme Ministre-Président.
En 2020, Ivan Ivanovitch Velikov, national-slave et impérialiste, remporte de justesse l’élection ministérielle-présidentielle. Il durcit le contrôle de l’État. Les médias sont officiellement pluralistes mais effectivement centralisés. L’Okhrana et la Morgvardiya encadrent les manifestations violemment. L’Académie Impériale de Voïvograd est purgée de son recteur Bērziņš, écarté parce qu’il « n’était pas de souche slave ». Le ministre du Commerce, Val Yeltsov, mène une politique protectionniste brutale, tandis que le Voïnik prépare le retour du service militaire obligatoire. Les paysans, eux, se méfient de l’industrialisation agraire : « Le progrès, ça doit nous aider, pas nous remplacer. » La Morakhan oscille ainsi entre deux héritages, l’autocratie de Pierre le Grand et les ruptures de 1860 et de 2017.
XVIIe - XXe siècle
L'Empire Mor



