Posté le : 08 déc. 2024 à 02:03:57
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La jeunesse mährenienne face à son avenir
Par le Journal de Mährenie - 09 04 2015
Dans les rues de Sankt Josef, les cafés et centres culturels bruissent d’une énergie nouvelle. Quiconque aurait vécu dans celle qui avait été le sinistre quartier général de l'Ordre Rosique aurait sans doute du mal à la reconnaître aussi pleine de vie, d'énergie et de modernité. Mais derrière les rires et les discussions animées, une question persiste : quel avenir attend les jeunes d’un pays encore en reconstruction, tiraillé entre ses ambitions et ses cicatrices historiques ? La jeunesse mährenienne est le produit d’une époque de bouleversements sans précédent. Nés sous le régime théocratique ou durant la guerre civile, beaucoup ont grandi dans une société marquée par la pauvreté, la propagande et la répression. Pourtant, depuis 2008, cette génération a également été témoin d’une transformation spectaculaire : l’indépendance nationale, les réformes agraires, la transition vers une économie moderne de très haute technologie, le développement d’institutions démocratiques et communalistes et peut-être, bientôt, la réunion avec la confédération Kaulthique.
Désormais, les opportunités se multiplient. Les nouvelles universités de Mährenie attirent des experts internationaux, et les partenariats avec des entreprises comme la Shihai Keiretsu ouvrent la voie à des carrières autrefois inimaginables. Or malgré cet optimisme latent à la société, il reste d’importantes tensions sous-jacentes.
Ainsi, pour beaucoup la réussite semble conditionnée par l’accès à l’éducation et à des réseaux bien établis. Les villes comme Sankt Josef ou Laschborn bénéficient de la plupart des investissements dans les infrastructures et les technologies, faisant déplorer aux représentants du Parti Vert et Agraire un risque d’hyperconcentration des richesses aux seins des communes sur lesquelles l’Égide avait appuyée ses efforts d’Inquisition. "Je veux devenir ingénieure en robotique, mais dans ma commune, il n’y a même pas de lycée équipé pour ça," explique Anna, 17 ans, originaire du Walschar. "Mes parents me soutiennent, mais déménager demande beaucoup de temps et l’administration prend beaucoup de temps à traiter ma demande."
Cette fracture entre les centres urbains dynamiques et les campagnes au développement plus lent reste un défi majeur pour le gouvernement du Chancelier Confédéral Lennard Rossmann. Selon un rapport récent du Commissariat à l’Éducation et à la Jeunesse, 65 % des jeunes des zones rurales obtiennent un diplôme de fin d’études secondaires, soit 15 points de plus qu’il y a cinq ans. C’est tout de même dix points de moi que dans les villes où le taux d’obtention est de 75 %. Politiquement, la jeunesse mährenienne se montre divisée. Un sondage réalisé par l’Institut Confédéral des Études Sociales révèle que 68 % des jeunes se disent confiants dans la capacité du gouvernement à améliorer leurs conditions de vie, mais ce chiffre tombe à 55 % chez ceux vivant dans des zones proches de la frontière avec la Kresetchnie, où les tensions ethniques et économiques restent fortes, notamment depuis le coup d’État. Le nombre de Mährenie partisans du système communaliste est pour sa part en augmentation constante depuis la chute du régime Rosique, et est actuellement de 67 %.
L’attachement au projet communaliste et démocratique est réel chez beaucoup, mais la radicalisation des mouvements nationalistes et d’extrême droite dans certaines régions inquiète. "On nous promet un avenir d’égalité et de progrès, mais dans ma ville, les discours haineux et les divisions se multiplient," confie Luka, étudiant en sciences politiques. "C’est comme si certains voulaient nous ramener en arrière."
Un autre point de friction est l’état du marché de l’emploi. Si les secteurs technologiques et pétrochimiques recrutent, la compétition est rude et la création de postes qualifiés peines à suivrent la demande. La pression sociale se ressent aussi dans les attentes envers cette génération, perçue comme la pierre angulaire de la reconstruction nationale. "On nous demande d’être patriotes, de réussir nos études, de participer à la vie civique. Mais parfois, j’aimerais juste qu’on me laisse respirer," avoue Mira, jeune diplômée en arts. Malgré ces défis, beaucoup de jeunes mähreniens gardent l’espoir de bâtir une société meilleure. Les initiatives citoyennes, comme les comités locaux pour l’éducation ou les programmes d’entraide, rencontrent un succès grandissant. Le gouvernement lui-même semble conscient des besoins de cette génération. Dans son discours du mois dernier, le Chancelier Rossmann a promis des investissements supplémentaires dans l’éducation et les infrastructures rurales, ainsi qu’un renforcement des aides aux jeunes entrepreneurs.
Pour l'heure, les attentes sont élevées. "Nous avons grandi dans un monde brisé, et c’est à nous de le reconstruire," conclut Luka. "Mais pour ça, il faut que tout le monde s’y mette, pas juste nous."