Posté le : 10 jan. 2024 à 17:03:54
2007
Pădure – Jour 5 : premières visions
Le décollage de l'avion avait été un évènement, le jour 4 de l'expédition. Le pilote et chef de la logistique, Eylan, avait réussi à redécoller malgré une piste en mode marécage, à des esquives rapides des rochers affleurants marqués au spray fluorescent. L'envol s'était fait sans encombre, les skis, toujours en place, permettant une accélération plus facile et surtout d'éviter l'embourbement.
Ce départ fut presque immédiatement suivi de l'arrivée du 2e appareil, entamant ainsi la rotation escomptée, planifiée depuis des mois.
L'atterrissage s'était aussi effectué sans encombres. Les premiers marquages au sol de cette clairière marécageuse faisaient parfaitement leur travail et avec seulement un faible nombre de passages dans la clairière, on pouvait déjà voir à peu près où la piste d'atterrissage serait officialisée, légèrement en diagonale vers le Nord, nécessitant un peu d'aquaplaning en son centre, tel un frein naturel, assez efficace pour une décélération, moins appréciable pour le décollage sans un minimum de vitesse.
Je suis rassurée, il n'y aura pas de soucis en fonction des saisons. Avec la pluie qui tombe ici, c'est le mieux que nous puissions faire. Eylan a précisé qu'il ajusterait les amortisseurs des skis, confirma la cheffe d'expédition, Thiziri n Bathul.
Dés qu'on a déchargé les boîtes et équipements, il faut qu'on parle de ce qu'il s'est passé hier soir. Je ne peux pas laisser un roulement de gardes pour les animaux sans que nous discutions d'une solution sur le long terme.
Ania hocha la tête, saluant de loin les passagers débarquant, ravis pour la plupart de mettre le pied à terre après sûrement un chahut lors du vol aux abords de la forêt.
Ania n'était pas étonné que l'arrivée de l'expédition bouleverserait la faune et flore locale. Les décisions d'aujourd'hui impacteraient le moyen terme pour sûr, il fallait réfléchir en commun afin de trouver une solution viable, surtout à cette étape de la création d'Alkhiam Althaljia.
La forêt derrière, au Sud, aux abords de l'amoncellement rocheux où séjournait les premières installations du campement et derrière l'enclos déchiré des cervidés, s'imposait entre deux passages de nuages gris bas, laissant entrevoir dans cette brume dense quelques fenêtres d'un paysage somptueux et funeste.
(suite en cours)