24/03/2016
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[DÉFENSE] War on the Stones, revue consacrée à la défense et aux conflits armés

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Très stylé logo multicolore du glorieux journal War on the Stones


War on the Stones est une revue bimensuelle caratradienne traitant des questions de défense, des conflits armés et de géopolitique. Il s'agit d'une revue scientifique ayant été fondée en 2011 par Ieuan Lopez et dont le comité de rédaction est composé de divers universitaires, anciens officiers et fonctionnaires. Y sont publiés de nombreuses interviews de responsables politiques et militaires, des analyses des crises contemporaines et des articles d'histoire contemporaine (Commencant en 1715 en Caratrad), traitant surtout d'histoire militaire et des relations internationales. La revue est reconnue par la communauté scientifique caratradienne, et exerce une influence non négligeable sur les politiques de défense de l'Union.
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Numéro 6, Avril 2012


À quoi les Armées caratradiennes servent-elles ?


Pr. Gruffydd Miles, maître de conférences au département d’études militaires de l’université de Camford.

Pourquoi des Forces Armées ?
Comme le montre toujours plus l’actualité, le système international reste un environnement chaotique et opportuniste, dans lequel même les acteurs les plus puissants peinent à exercer un contrôle à l’échelle planétaire. De ce fait, il est difficilement envisageable de considérer la sécurité nationale et l’intégrité territoriale de l’Union comme allant d’elles-mêmes. La question de la sécurité nationale, en particulier, soulève de multiples problèmes, qui vont des capacités militaires propres de l’État au renseignement, en passant par le contre-espionnage et la confiance qui peut être placée dans des alliances militaires. Il est nécessaire de considérer tous ces aspects afin d’établir une politique cohérente de défense, qui soit capable d’assurer la sécurité, non seulement de Caratrad et de ses citoyens autour du globe, mais qui soit aussi en mesure de protéger les intérêts de l’Union et de ses partenaires, partout. On peut ainsi établir une liste des objectifs et principaux moyens pour Caratrad de mener une « grande » politique sécuritaire: les objectifs principaux seraient bien sûr de conserver l’économie mondiale dans une situation favorable au citoyens caratradiens, de garder l’intégrité physique des citoyens caratradiens, d’assurer les intérêts du pays à l’étranger, de contrer toute activité étrangère hostile sur le territoire nationale, et, enfin, de maintenir des liens forts avec les partenaires et alliés de l’Union. Ces objectifs ne pourront être atteints que par la préservation et la rénovation des institutions existantes : si le Conseil Privé de Sa Majesté est toujours muni des pouvoirs constitutionnels suffisant pour agir en temps de crise, il apparaît que des années de négligence ont laissées sur le carreau les Services de Renseignement de Sa Majesté (SRSM), et ont carrément défenestrés les forces armées de la Couronne. Ces dernières devraient être en mesure de remplir trois principales missions : assurer la défense physiques de l’Union, sur terre, sur mer et dans les airs, se projeter comme force expéditionnaire ou de maintien de la paix, ces deux dernières missions pouvant dans l’idéal être remplies conjointement avec les membres du Conseil Militaire de l’OND (COMOND). Par nature, Caratrad doit être particulièrement vigilante quant à son contrôle des axes de communications océaniques, contrôle duquel dépend non seulement l’économie nationale mais surtout la sécurité des Territoires Ultra Marins de l’Union. Nous précisons que nous nous concentrerons ici sur les forces armées et leur emplois, pour une analyse plus fine de l’état des SRSM, voir les travaux du Pr. David Hendricks sur la question (War on the Stones 1, avril 2011).

Quelles Forces Armées ?
Caratrad est aujourd’hui une puissance de rang moyen, à la faible population et à l’IDH élevé. Dans ces conditions, il n’est ni souhaitable ni envisageable de rétablir un système de conscription, qui dégraderait l’image et les capacités des Forces Armées, alors même que son efficacité sur le plan militaire serait sûrement plus que douteuse. Il faut plutôt se tourner vers l’ancestrale tradition professionnalisante de ce pays, qui n’a pas besoin (et n’a pas les moyens) de la masse, mais nécessite au contraire une petite force professionnelle, disponible et efficace. En somme, une armée en capacité de se projeter rapidement et partout. Le Royaume-Uni d’Ynys Dyffryn et du Kentware n’a pas de profondeur stratégique ; il serait donc vain d’espérer le défendre ailleurs qu’en avant de lui-même, c’est-à-dire contenir les puissances rivales avant qu’elles ne menacent l’intégrité territoriale nationale. Au contraire, les forces armées doivent avoir pour principales missions d’assurer, en partenariat avec les alliés de l’Union, la sécurité du royaume en confinant les menaces dans des aires géographiques où les Armées pourraient recevoir l’assistance d’alliés pour combattre sur des terres éloignées de la métropole ou des TUM. Il va sans dire que le contrôle des milieux fluide doit être la priorité absolue de l’Union en matière de sécurité, ainsi que plus secondairement la protection des frontières, en particulier métropolitaines, ce qui passe avant tout par la diplomatie et le renseignement plus que par le maintien d’importantes forces terrestres. Cependant, il est nécessaire de considérer des scénarios dans lesquels une partie du territoire caratradien viendrait à être occupé, par surprise ou par une force trop supérieure pour être effectivement stoppée par les Forces Armées. Il serait nécessaire d’établir ces « plans de secours » pour les TUM en particulier, du fait de leur exposition à des attaques-surprises. De tels plans pourraient envisager la mise en place d’une « guérilla » temporaire, qui faciliterait grandement des opérations de libération ou deviendrait, à terme, un élément à même de forcer l’Etat ennemi à se retirer par lassitude. Concernant les alliés, il faut rappeler l’image internationale que procure une défense prise au sérieuse : celle d’un État investi dans les relations internationales, fiable et prêt à défendre ses intérêts ou ceux de ses partenaires si besoin. Enfin, les forces armées ont toujours été (est-il besoin de le rappeler au vu de l’histoire de ce pays ?) un pilier de l’État, en lui assurant le monopole de la violence en son sein, et, quand le besoin se fait ressentir, une force capable d’aider à gérer les catastrophes naturelles comme artificielles telles que les incendies, les épidémies, les attaques terroristes ou encore les émeutes généralisées.
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Numéro 8, Août 2012

Lorenzo Geraert-Wojtkowiak et le passif-agressif ; ou une tentative de lecture de la dernière allocution du président loduarien


Pr. Michael Grollier, directeur du département de littérature du Prince's College, Carklif.


Camarades, Loduariens comme du monde entier.
Je ne reviendrai pas pas sur l'événement qui a provoqué une sur-indignation mondiale pour des raisons mineures à l'encontre de notre nation.
Je ne reviendrai sur aucun événement qui a pu se passer, et je me concentrerais sur les faits, rien que les faits. En l'occurrence, ceux qui nous intéressent et nous concernent. Ceux qui sont passés sous silence.
La Loduarie assume pleinement les actes qui se sont déroulés à la frontière Teylaise. Tout ce qui s'est passé s'est passé sur nos terres, en notre nation, et pas sur le sol Teylais.
La Loduarie a ses lois et règles, et toute personne qui viendrait à fouler notre terre est tenue de les respecter, aussi violentes et brutales soient-elles. C'est le gage de la stabilité.
Maintenant, passons au faits avérés. Deux citoyens Teylais ont traversé illégalement la frontière, munis de pelles. Deux citoyens Teylais ont tenté de faire reculer la frontière. Deux citoyens Teylais ont fui lâchement face à nos forces. Deux citoyens Teylais sont morts pour ne avoir pas avoir respecté les lois Loduariennes, et ce légitimement.
Nous avons réagi proportionnellement pour éviter qu'un événement comme cela se reproduise une nouvelle fois. Nous avons initié une enquête, prise en charge aussi bien par la police que par l'armée. Le monde sait que nous pouvons nous avérer cruels, et nous aurions fait preuve d'hypocrisie si jamais nous n'avions pas sanctionné les deux soldats à l'origine de cette perte déplorable pour la nation Teylaise. Or ces deux mêmes soldats n'ont fait que suivre les directives habituelles. Ils sont totalement exempts d'une quelconque bavure, et nous on prouvé leur détermination à faire avancer la justice.
À travers le monde, de nombreuses nations ont vu là l'occasion de s'indigner, uniquement pour la simple et bonne raison que notre glorieuse nation ne leur revient pas, contre notre gouvernement et notre manière de penser. À ces nations, nous ne dirons qu'une seule chose : taisez-vous, avant de précipiter le monde dans une rhétorique guerrière qui ne saurait mener que aux menaces et à la déstabilisation.
Cependant. Cette affaire aurait pu en rester là, après que nos services de police se soient engagés à rapatrier les corps des deux civils Teylais. Mais un acte de provocation sans appel à notre égard a été commis par la nation Teylaise.
Deux de nos citoyens ont étés arrêtés par la justice Teylaise. On pourrait arguer là qu'il ne s'agit que de justice, après tout nous même avons tué deux civils Teylais à la frontière.
Sauf que là, la situation est différente. Alors que nous ignorions que les deux civils morts étaient Teylais, Teyla savait de longue date que les civils qu'elle a arrêté étaient Loduariens. Alors même que nous avons appliqué nos lois sur nos terres, Teyla s'est accordé le droit d'arrêter des civils Loduariens sans raison apparente.
Pourquoi ont-ils étés arrêtés, d'ailleurs? Le Royaume de Teyla voudrait nous faire croire que c'est parce que ce sont des espions. Je vais vous le dire, moi, pourquoi ils ont étés arrêtés. Ils ont étés arrêtés car ils étaient Loduariens. Rien de plus. Simplement du racisme pur et dur.
Nous avons étés patient avec Teyla et ses alliés. La Loduarie a étée très patiente. Mais nous en avons désormais plus qu'assez de cette nation. La Loduarie ne s'engagera pas dans une guerre contre Teyla, je m'y engage. Surtout quand on parle de broutilles par rapport à l'ordre international. Ce serait rabaisser notre armée que de l'envoyer envahir une nation qui ne la mérite pas.
Néanmoins, nous ne laisserons pas un acte comme celui-ci se passer impunément. Nous dénonçons ouvertement le caractère rascsiste de la Nation Teylaise, de sa politique et de sa justice. Nous dénonçons clairement les tentatives de déstabilisations orchestrés par la Nation Teylaise, souhaitant mener à une guerre à notre encontre et mettant en danger la vie de milliers de civils et militaires, aussi bien Teylais que Loduariens.
Nous appelons le monde entier à faire preuve d'objectivité totale quand à la crise en cours, et à dénoncer les choses à dénoncer.
Notre ambassadeur à Manticore est actuellement en train de quitter les lieux, avec toute l'équipe diplomatique Loduarienne, pour revenir en Loduarie. Quand à Lyonnars, l'intégralité du personnel diplomatique Teylais à ordre immédiat de rassembler toutes ses affaires pendant les prochaines 24 heures, 24 après lesquels ils seront escortés par les forces Loduariennes jusqu'à la frontière.
Désormais. Si il devait y avoir une amorce de fin des tensions, nous ne ferons confiance qu'au Duché de Galouèse pour mener à bien une médiation convenable. Le Duché de Galouèse nous a prouvé, par le passé et actuellement, qu'on pouvait lui faire confiance diplomatiquement, ce qui n'est pas le cas des membres de l'OND et du Royaume de Teyla.
Le Royaume de Teyla a fait le choix de la confrontation brute; qu'il en soit ainsi. Mais si le sang venait à couler, que le monde sache que nous avons posé nos limites : la Loduarie ne s'engagera pas de son plein gré dans une guerre meurtrière et inutile.
Camarades, vive la Loduarie, vive le communisme et vive la révolution prolétarienne éternelle !



Voilà, en substance, la dernière allocution de Lorenzo Geraert-Wojtkowiak, secrétaire général de la Loduarie communiste. Une allocution riche, en contresens comme en déclarations grandiloquentes. La vraie question : que devons nous en tirer ?

Au premier abord, on pourrait imaginer deux objectifs à cette allocution, objectifs qui seraient mutuellement incompatibles, à savoir envoyer un signal d'apaisement ou au contraire, marquer sa détermination à aller jusqu'au bout s'il le faut. Cependant, il semblerait que le discours tente de faire les deux à la fois, ce qui est aussi curieux que raté. On pourrait donc en venir à soupçonner ce discours d'avoir été griffonné à la hâte par le Secrétaire général lui même, qui est réputé pour ses actes impulsifs et son irascibilité. Mais suivons plutôt les fameuses déclarations.

On pourra déjà noter que dès les premières lignes, M.Geraert-Wojtkowiak fait usage de prétéritions, ce qui dénote d'une volonté de s'engager dans la langue de bois et le sabir politicien et marque la tonalité du texte. Une tonalité qui, comme on le verra, varie souvent bien vite. Ainsi, dès le début, M.Geraert-Wojtkowiak met en place une opposition finalement assez classique entre le "nous" (62 occurrences sur les 869 mots de l'allocution) de ses infortunés concitoyens et le "Ils" du complot mondial raciste dirigé contre la Loduarie ("sur-indignation", "indigner"). Ce complot mondial justifie probablement dans l'esprit de M.Geraert-Wojtkowiak la rhétorique d'escalade qu'il essaye de nous faire avaler par un pseudo-mea culpa aussi discret qu'inefficace au début du texte. C'est le point le plus mystérieux de ce discours : il est émaillé de phrases qu'on interprèterait comme autant de bras tendus, mais qui sont noyées par la foule des obscénités habituelles et décomplexées du dictateur. Une tentative d'appel à l'aide, peut-être ? Mais nous reviendrons par la suite sur le portrait que l'on peut tirer de ce discours de M.Geraert-Wojtkowiak.

Ainsi, le dictateur tente de justifier "l'événement" par moult figures de style et usage d'isotopies légales : pléonasmes tels que "faits avérés", anaphores et euphémismes s'enchainent pour justifier la mise à mort de deux personnes désarmées, le tout dans un cynisme troublant. On en vient à un paragraphe étrange: "Or ces deux mêmes soldats n'ont fait que suivre les directives habituelles. Ils sont totalement exempts d'une quelconque bavure, et nous on prouvé leur détermination à faire avancer la justice". On ne peut qu'imaginer qu'abattre des civils constitue une directive habituelle dans l'armée loduarienne. Heureusement, le naturel de M.Geraert-Wojtkowiak reprend rapidement le dessus alors qu'il s'adresse à l'impératif au monde entier "TAISEZ VOUS". On appréciera l'ironie piquante d'une phrase aussi agressive qui vise à dénoncer la "rhétorique guerrière" des autres pays. Justement, la rhétorique guerrière parlons en, puisque M.Geraert-Wojtkowiak semble en parler : en plus du mot "guerre" employé trois fois, des termes du même champ sémantique, comme "confrontation" ou "menace" apparaissent pas moins de 35 fois dans le texte. Dis-donc, Jamy, ca fait beaucoup pour un texte critiquant la "rhétorique guerrière", non ?

"Deux de nos citoyens ont étés arrêtés par la justice Teylaise. On pourrait arguer là qu'il ne s'agit que de justice, après tout nous même avons tué deux civils Teylais à la frontière. Sauf que là, la situation est différente". Ah bon ?

Enfin, le texte s'achève dans un pic vindicatif. Au "Nous avons étés patient avec Teyla et ses alliés. La Loduarie a été très patiente. Mais nous en avons désormais plus qu'assez de cette nation ", qui est pourtant suivi d'une garantie personnelle de M.Geraert-Wojtkowiak qu'il n'attaquera pas Teyla, succède le "Le Royaume de Teyla a fait le choix de la confrontation brute; qu'il en soit ainsi. Mais si le sang venait à couler, que le monde sache que nous avons posé nos limites : la Loduarie ne s'engagera pas de son plein gré dans une guerre meurtrière et inutile". Si j'étais Teylais, je m'inquiéterai du fait qu'un dictateur qualifie le meurtre de deux de mes concitoyens de "broutille", mais je m'égare. Venons en au fait : que penser de l'auteur de ce texte ?

Je pense qu'il faut lire ce texte sous deux prismes : celui du remords, et celui de l'égo. A cet égard, la répétition des formules de justification est particulièrement intéressante : "alors même" revient plusieurs fois, de même que l'auteur insiste sur la justification tant morale que légale de ses actes. Mais, et je pense qu'il s'agit là de la clé, il exprime des remords : "Le monde sait que nous pouvons nous avérer cruels, et nous aurions fait preuve d'hypocrisie si jamais nous n'avions pas sanctionné les deux soldats à l'origine de cette perte déplorable pour la nation Teylaise". Dans cette phrase, il faut noter l'emploi de l'adjectif "cruel" ainsi que du nom "hypocrisie" pour qualifier le "nous" loduarien. Or, il s'avère que dans l'esprit brouillé d'un tyran comme Lorenzo Geraert-Wojtkowiak, le "nous" collectif est totalement confondu avec le "je". En réalité, c'est bien M. Geraert-Wojtkowiak qui s'inculpe lui-même dans ce discours, et en direct de surcroît ! Il semble d'ailleurs être le seul à ne pas être au courant, et je pense que son État-major s'est bien gardé de lui faire remarquer qu'il avait qualifié les meurtres qu'il cherchait à minimiser de "pertes déplorables pour la nation teylaise".

De ce fait, je pense qu'il faut conclure qu'il y a de la part de l'auteur un besoin pathologique de justification, probablement lié à un manque de confiance en soi. Le texte a été écrit par un tempérament passif-agressif, qui indiquerait au moins des troubles schizophréniques chez M. Geraert-Wojtkowiak. Si l'on en croit les rumeurs concernant son passé, et surtout si on lit la presse tanskienne ou caratradienne, on s'apercevra bien vite qu'il ne s'agit pas que de l'emportement d'un soir d'un alcoolique esseulé.
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Numéro 19, juillet 2014

La confrontation avec la Loduarie était mondiale, elle ne l’est plus : pour mettre fin à la Loduaromania.


Pr. Ieuan Lopez, directeur de la rédaction de War on the Stones.


Les contraintes éditoriales étant ce qu’elles sont, le lecteur pardonnera ce titre ouvertement provocateur. Il a néanmoins l’avantage de nous interroger : qu’est-ce que la Loduarie aujourd’hui, en termes stratégiques et géopolitiques ? Si tout le monde se souvient aujourd’hui des diverses atrocités que la Loduarie a pu commettre en toute impunité autour du globe, on remarquera que cela fait plusieurs mois que cette petite dictature de l’ouest de l’Eurysie ne fait plus vraiment parler d’elle, toutes proportions gardées évidemment. Je vais essayer de montrer dans cet article que cela est dû, d’une part, aux échecs répétés et prévisibles subis par le régime de Lorenzo Geraert-Wojtkowiak, avant de montrer en quoi la montée en puissance de l’OND et d’autres ֤organisations invalide ce qu’on appellera le « modèle loduarien », même si la Loduarie pourrait continuer à terme à jouer un rôle de bascule géopolitique.

Tout d’abord, le déclin. Il est un fait incontestable que la Loduarie a ces dernières années été régulièrement bousculée dans ses aspirations géopolitiques : une litanie de défaites a remplacé celle des brefs succès loduariens. D’abord, le cas du Mokhaï : après avoir voulu faire cavalier seul, les maigres forces loduariennes expédiées à l’autre bout du monde se retrouvèrent à se battre contre leurs camarades d’hier, le tout s’achevant en un siège assez humiliant et inutile. Le seul succès de Lorenzo Geraert-Wojtkowiak au Mokhaï est d’y avoir gagné sa réputation de fou au sens psychiatrique du terme. Nul besoin de mentionner ici le désastre naval du détroit de Leucytalée, lequel réduisit pour longtemps les capacités des forces armées loduariennes. Pour faire bref, la Loduarie connut géopolitiquement parlant une rapide période faste, durant laquelle elle parvint d’une part à intimider la toute jeune Organisation des Nations Démocratiques et d’autre part à imposer sa volonté à l’internationale, comme l’indique la grande victoire politique que la Loduarie remporta en annexant littéralement un morceau de l’Okaristan -interception aérienne. Mais cette victoire scella en réalité le destin de la Loduarie : les dirigeants de l’OND énoncèrent clairement leur détermination à ne pas voir l’Okaristan se reproduire, alors même que la Loduarie continuait de traiter avec beaucoup de légèreté la montée en puissance extrêmement rapide des armées membres du Conseil Militaire. Cette légèreté loduarienne, qui est principalement le fait de Lorenzo Geraert-Wojtkowiak, est une des principales causes du déclin de la Loduarie. Le cas de la Translavya est à cet égard particulièrement frappant : Lorenzo Geraert-Wojtkowiak et son état-major ne semblent pas avoir réfléchis un instant aux problèmes stratégiques que l’envoi de la majorité de la flotte loduarienne à l’autre bout de l’Eurysie risquaient de provoquer. Cruelle désillusion, alors que la Translavya répliquait sévèrement et que Caratrad poussait l’OND à lancer un ultimatum à la Loduarie. Certains ont souligné, souvent pertinemment, qu’il ne s’agissait que d’un demi-succès pour l’OND, qui n’avait pas réussi à imposer la mise en place d’un régime favorable en ex-Zladingrad. Cependant, je défends ici qu’il s’agit d’un succès majeur pour l’OND, du moins d’un point de vue caratradais : on le sait, la posture caratradaise traditionnelle est que l’OND doit être une organisation révisionniste de l’ordre international. A ce titre, le succès de l’attitude de l’OND pendant la crise avec Translavya est double, car l’Organisation a non seulement humilié la Loduarie en inversant de manière durable le rapport de force, mais en plus la réaction épidermique pharoise en dit long : si la Merirosvo ne considérait pas la belliqueuse Loduarie comme une menace, il est clair qu’elle tenait la présence de l’OND aussi proche de son territoire pour une menace vitale.

En des termes plus rapides, je vais tenter d’analyser l’effet de la montée en puissance de l’OND ce que je qualifierai grossièrement de « modèle loduarien ». Cette expression sert à désigner la stratégie mondiale de la Loduarie. J’admets ici à des fins démonstratives qu’il puisse exister une telle chose, même si l’attitude erratique de Lorenzo Geraert-Wojtkowiak et son emprise sans limite sur la politique Loduarienne tendent plutôt à indiquer le contraire). En bref, la stratégie adoptée par la Loduarie sur la scène internationale se décompose en deux mouvements. D’abord, essayer de jouer cavalier seul pour satisfaire les ambitions mégalomanes du dictateur. En effet, les troubles de personnalité de Lorenzo Geraert-Wojtkowiak tendent à limiter les options diplomatiques, lesquelles requièrent du temps et du tact, chose dont l’attitude brusque et irascible du « Premier criminel de guerre » mondial à tendance à limiter. La Loduarie fait donc plus souvent cavalier seul, ne faisant appel à des puissances amicales que quand elle n’a pas le choix. On peut imaginer que ce serait le cas si l’OND décidait soudainement d’éliminer la menace stratégique posée par la Loduarie, action que de plus en plus de responsables caratradais appellent de leurs vœux. Or, cette attitude de la Loduarie déployant de maigres forces dans un coin oublié de Dieu sur un lointain continent est tout simplement devenue impossible du fait de la menace représentée par l’OND, qui a eu depuis l’Okaristan une ligne ferme et cohérente. De plus, l’émergence de petites organisations régionales, en Aleucie et en Eurysie comme en Afarée, risque de rendre encore plus complexe pour la Loduarie d’attaquer des nations au hasard.

Enfin, quelles sont les options pour la Loduarie aujourd’hui ? En termes capacitaires, il s’agit très clairement de basculer d’un modèle expéditionnaire favorisant grandement les forces navales et aériennes à un modèle conventionnel adapté à des conflits de haute-intensité. Ce dont la Loduarie a besoin aujourd’hui, ce n’est pas de défendre ses intérêts. C’est de se défendre tout court, en protégeant un territoire dont la séparation géographique risque de poser plus d’un problème stratégique. En clair, l’armée loduarienne n’a pas besoin d’avions, ni de navires, elle a besoin de missiles antiaériens et de chars. Il est aussi urgent que le régime de Geraert-Wojtkowiak remette en question ses paradigmes géopolitiques, et qu’il soit prêt à affronter la réalité : la Loduarie est faible et à besoin d’alliés pour survivre. Heureusement pour le monde libre, observer la réalité en face n’est pas le fort de Geraert-Wojtkowiak.

Pour l’OND, cela signifie d’abord une activité diplomatique plus importante, mais cela marque surtout le temps du changement : le Conseil Militaire doit viser une nouvelle orientation stratégique, qui ne soit pas seulement d’être capable d’affronter la Loduarie et de la vaincre, mais d’être capable de vaincre la Loduarie tout en combattant un autre adversaire. La seule solution pour donner à cette vision toute sa cohérence est de fonder une politique de défense claire pour les membres du Conseil Militaire, avec des objectifs capacitaires clairement définis et répondant au besoin non seulement des membres mais de l’Organisation, dont, rappelons-le, la coopération est la principale force. Ce thème sera développé dans le numéro suivant de WOTS.
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