Numéro 6, Avril 2012 À quoi les Armées caratradiennes servent-elles ? Pr. Gruffydd Miles, maître de conférences au département d’études militaires de l’université de Camford. Pourquoi des Forces Armées ? Comme le montre toujours plus l’actualité, le système international reste un environnement chaotique et opportuniste, dans lequel même les acteurs les plus puissants peinent à exercer un contrôle à l’échelle planétaire. De ce fait, il est difficilement envisageable de considérer la sécurité nationale et l’intégrité territoriale de l’Union comme allant d’elles-mêmes. La question de la sécurité nationale, en particulier, soulève de multiples problèmes, qui vont des capacités militaires propres de l’État au renseignement, en passant par le contre-espionnage et la confiance qui peut être placée dans des alliances militaires. Il est nécessaire de considérer tous ces aspects afin d’établir une politique cohérente de défense, qui soit capable d’assurer la sécurité, non seulement de Caratrad et de ses citoyens autour du globe, mais qui soit aussi en mesure de protéger les intérêts de l’Union et de ses partenaires, partout. On peut ainsi établir une liste des objectifs et principaux moyens pour Caratrad de mener une « grande » politique sécuritaire: les objectifs principaux seraient bien sûr de conserver l’économie mondiale dans une situation favorable au citoyens caratradiens, de garder l’intégrité physique des citoyens caratradiens, d’assurer les intérêts du pays à l’étranger, de contrer toute activité étrangère hostile sur le territoire nationale, et, enfin, de maintenir des liens forts avec les partenaires et alliés de l’Union. Ces objectifs ne pourront être atteints que par la préservation et la rénovation des institutions existantes : si le Conseil Privé de Sa Majesté est toujours muni des pouvoirs constitutionnels suffisant pour agir en temps de crise, il apparaît que des années de négligence ont laissées sur le carreau les Services de Renseignement de Sa Majesté (SRSM), et ont carrément défenestrés les forces armées de la Couronne. Ces dernières devraient être en mesure de remplir trois principales missions : assurer la défense physiques de l’Union, sur terre, sur mer et dans les airs, se projeter comme force expéditionnaire ou de maintien de la paix, ces deux dernières missions pouvant dans l’idéal être remplies conjointement avec les membres du Conseil Militaire de l’OND (COMOND). Par nature, Caratrad doit être particulièrement vigilante quant à son contrôle des axes de communications océaniques, contrôle duquel dépend non seulement l’économie nationale mais surtout la sécurité des Territoires Ultra Marins de l’Union. Nous précisons que nous nous concentrerons ici sur les forces armées et leur emplois, pour une analyse plus fine de l’état des SRSM, voir les travaux du Pr. David Hendricks sur la question (
War on the Stones 1, avril 2011).
Quelles Forces Armées ? Caratrad est aujourd’hui une puissance de rang moyen, à la faible population et à l’IDH élevé. Dans ces conditions, il n’est ni souhaitable ni envisageable de rétablir un système de conscription, qui dégraderait l’image et les capacités des Forces Armées, alors même que son efficacité sur le plan militaire serait sûrement plus que douteuse. Il faut plutôt se tourner vers l’ancestrale tradition professionnalisante de ce pays, qui n’a pas besoin (et n’a pas les moyens) de la masse, mais nécessite au contraire une petite force professionnelle, disponible et efficace. En somme, une armée en capacité de se projeter rapidement et partout. Le Royaume-Uni d’Ynys Dyffryn et du Kentware n’a pas de profondeur stratégique ; il serait donc vain d’espérer le défendre ailleurs qu’en avant de lui-même, c’est-à-dire contenir les puissances rivales avant qu’elles ne menacent l’intégrité territoriale nationale. Au contraire, les forces armées doivent avoir pour principales missions d’assurer, en partenariat avec les alliés de l’Union, la sécurité du royaume en confinant les menaces dans des aires géographiques où les Armées pourraient recevoir l’assistance d’alliés pour combattre sur des terres éloignées de la métropole ou des TUM. Il va sans dire que le contrôle des milieux fluide doit être la priorité absolue de l’Union en matière de sécurité, ainsi que plus secondairement la protection des frontières, en particulier métropolitaines, ce qui passe avant tout par la diplomatie et le renseignement plus que par le maintien d’importantes forces terrestres. Cependant, il est nécessaire de considérer des scénarios dans lesquels une partie du territoire caratradien viendrait à être occupé, par surprise ou par une force trop supérieure pour être effectivement stoppée par les Forces Armées. Il serait nécessaire d’établir ces « plans de secours » pour les TUM en particulier, du fait de leur exposition à des attaques-surprises. De tels plans pourraient envisager la mise en place d’une « guérilla » temporaire, qui faciliterait grandement des opérations de libération ou deviendrait, à terme, un élément à même de forcer l’Etat ennemi à se retirer par lassitude. Concernant les alliés, il faut rappeler l’image internationale que procure une défense prise au sérieuse : celle d’un État investi dans les relations internationales, fiable et prêt à défendre ses intérêts ou ceux de ses partenaires si besoin. Enfin, les forces armées ont toujours été (est-il besoin de le rappeler au vu de l’histoire de ce pays ?) un pilier de l’État, en lui assurant le monopole de la violence en son sein, et, quand le besoin se fait ressentir, une force capable d’aider à gérer les catastrophes naturelles comme artificielles telles que les incendies, les épidémies, les attaques terroristes ou encore les émeutes généralisées.