23/03/2019
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[RP] La cour de Hanchourie

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La cour de Hanchourie

Cour de Hanchourie
Représentation de la cour de Hanchourie

La cour, un endroit symbolique, calme, paisible, qui est pourtant le lieux d'affrontements d'idées et de seigneurs, petits et grands. Plongez donc dans cet immense bâtiment ou se cachent les tréfonds des ambitions.
Bienvenue à la Cour de Hanchourie!


HRPCe topic servira à vous faire comprendre les coulisses des affrontements entre seigneurs qui seront récurent dans le pays.
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Le soleil se levait sur la plaine du nord, laissant apercevoir le désert au loin. Temüjiin Shagdarsüren, chef du clan du même nom, observait ce spectacle à couper le souffle. Il était habitué, depuis sa plus tendre enfance, à ce paysage. Ses points d'eaux, ses routes commerciales, ses petits villages et avant-postes. il connaissait bien ce territoire que les gens du sud appellent Hanchourie. Bien qu'étant un petit seigneur dans un océan de sables et de terres, on disait de lui qu'il était respectable et généreux. Il parait que sa réputation avait atteint le Hezian. Cependant, il se fichait de cela. Sa vie devait être entièrement consacrée à la protection des siens et de son clan, ainsi que la préservation de leurs mythes et légendes.
Aujourd'hui, bien qu'il observait au loin son paysage splendide, il savait que la cour le demandait pour une affaire importante. Il se décida alors de rejoindre ceux qui le quémandaient.
Lorsqu'il arriva, avec 10 fiers Shagdarsüren, aux portes du palais de Hanchourie, à Uri, plus grande ville de la seigneurie élective, il s'attendait à être traité de barbares. Les populations du sud ont toujours eux une peur viscérale face aux nomades comme lui. Depuis qu'il était petit, on lui avait fait comprendre l'importance de se créer un statut, auquel cas il serait traité comme un bon à rien. Malheureusement, malgré son importance au sein de la cour, pour ce qui concerne la guerre, les habitants d'Uri étaient toujours en froid avec le chef clanique des Shagdarsüren. Lorsqu'il pénétra enfin les portes de la cour, le seigneur électeur Azui Tong se rapprocha de lui en souriant :


Azui Tong - "Temüjiin, mon ami, comme cela me fait plaisir que tu nous rejoignes en cette journée ! j'espère que le voyage s'est bien passé depuis tes terres du nord ! Assieds toi donc, j'ai à te parler...

Temüjiin Shagdarsüren - "Que se passe t'il votre Altesse ? les Caummusses (terme donné par le populations du nord pour désigner les Communistes) sont revenus ?"

Azui Tong - "Non, il ne s'agit pas de cela, bien qu'ils soient similaires aux Anis (monstres mythologiques Ramchoures), ils ne posent plus de problèmes depuis plusieurs années. Vois tu, le chef du clan Dandinsüren a osé refuser de payer la taxe Wassilia (vassale), si il ne répond pas à mes exigences, j'ai crainte à ce que des autres chefs claniques fassent de même. Et tu sais comment ça se passe avec eux... Ainsi, pourrais tu apporter ma punition sur ces fauteurs de troubles ? Je te promets de te verser une partie du butin et des peux de bêtes du sud, ainsi que des chevaux. Puis-je te faire confiance ?"

Temüjiin Shagdarsüren - "J'accepte volontiers ta proposition alléchante, n'aie crainte. J'apporterais ta punition sur ces impies. Cependant, j'ai aussi à te parler. Le seigneur Han Hudong, qui règne sur la cité d'Aza à l'est de la Hanchourie, a pillé et massacré un détachement des miens aux passes de Kanzouh. Puis je avoir l'autorisation d'apporter ma revanche afin de venger mes frères et sœurs ?"

Azui Tong - "Tu sais très exactement ce que je répond dans cette situation Temüjiin. Tu as de la chance d'être un précieux allié du seigneur électeur de la Hanchourie, ça te permet tant d'ouvertures et d'autonomies. Pars donc, et venge les tiens. Ce sera mon dernier mot."

Sitôt après avoir terminé leur rencontre, Temüjiin, avec ses 10 soldats, s'en allèrent rejoindre un corps armé de près de 2 000 soldats levés sur le moment. Un faible détachement, certes, mais largement suffisant pour exterminer les Dandinsüren et poser le siège sur Aza. Les Shagdarsüren pourront enfin avoir leur revanche...
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Pour la première fois depuis longtemps, la cour de Hanchourie était calme. Du moins, en apparence. Dans les tréfonds de la bureaucratie seigneuriale, des hommes complotaient, pour un rôle plus grand. Seun-li était de ces personnes. Appartenant au clan Remûjin, l'un des grands clans du pays, il avait des ambitions. Des ambitions qui l'amènerait a changer totalement la face du pays.

Depuis la perte du Zijian, le Seigneur de Guerre s'était affaibli. Il n'avait plus aucun respect de ses vassaux, et sa vie semblait n'être plus qu'un mince fil. Un mince fil que Seun-Li comptait bien utiliser. Yuan Zao avait beau descendre de la glorieuse dynastie des Ramchoures Yao antérieur, cela ne faisait pas de lui un homme intouchable.

Dans le pays, cela faisait trop longtemps que le peuple Ramchoure, pourtant à l'origine de tout, avait été abandonné jusqu'à même leurs noms changé en "hanchoures". Abandonné pour qui ? pour les Aristocrates du Hen. Quelle hypocrisie ! Il était temps que les Clans du nord s'unissent à nouveau afin de renverser ce régime démoniaque ! S'il le fallait, alors Seun-Li allait les diriger !

Alors qu'il était plongé dans ses rêves d'unification des clans du nord, un homme tapa à sa porte :


Servant - "Monseigneur, le Chef de clan Temüjiin Shagdarsüren est présent en ce lieu et souhaite vous voir."

Seun-Li réfléchit, prenant le temps de comprendre la venue et intrigué demanda à son servant :

Seun-Li - "Au nom du ciel qu'est ce qu'il me veut ?"

Servant - "Je l'ignore maitre. Cependant, de ce que j'ai pu entendre, il souhaiterais parlementer à propos... d'un projet. Je n'ai hélas points d'autres informations à vous transmettre de sa part.

Sans réellement prêter attention aux messages de son servant, et caressant sa barbe, il répondit d'un ton calme :

Seun-Li - "Fait le entrer. Et prépare les meilleurs plats que tu puisses réaliser de ta vie jeune homme !"

Derrière ses ambitions guerrières et brutales, Seun-Li était connu de sa gaité et son hospitalité. Enfin, s'il n'y avait que ça, jamais il serait devenu chef du clan Remûjin, auquel il n'appartient pas à la famille dirigeante.
Il y a près de 20 ans, alors qu'il venait d'avoir l'âge d'un homme ( 18 ans ), il défia en duel le chef de son clan de l'époque, une terreur brutale que l'on nommait "Ramênü le Fort". Ce dernier était connu comme le plus puissant chef de clan de son ère. On disait de lui qu'il ravageait les villes et villages du sud en ne laissant toujours qu'un seul survivant pour raconter ses horreurs. Ainsi, cette déclaration fit trembler plus d'un, car nombres pensaient que Ramênü n'allait faire qu'une bouchée du prétentieux. Les légendes racontent que le géant plongea ses yeux dans ceux de Seun-Li, et il lui aurait dit :

Ramênü - "Fils de mon clan, Comment dois-je remercier celui qui va m'ôter la vie ? Cela fait bien longtemps que j'attendais ta venu, fils du Ciel. Empoigne moi, et dirige ce clan qui est tien et écrase tes ennemis".

Cela les rumeurs qui couraient, "la bête noire", autre surnom de Ramênü, était mourant et il n'était qu'une question de temps avant qu'il disparaissait. Connaissant l'avarice et l'idiotie de ses fils, il préféra faire croire que Seun-Li était fils du ciel, en accordant sa confiance à un jeune homme qui était déjà connu à l'époque comme le plus grand stratège du clan après son chef.

Malheureusement, après avoir planté son épée dans le cœur du géant, le premier fils de ce dernier, un homme du nom de Mürgan, expulsa Seun-Li du clan. Cependant, le règne du premier s'avéra court, car, selon les mythes, à peine deux jours après, l'élu ( Seun-Li ) revint avec une armée des morts du clan Remûjin. Ceux-ci exterminèrent la famille de la bête noire et mirent sur le trône Seun-Li. Cette légende, raconté dans tout le désert de Tyanshan, finit par faire acquérir à l'élu une image d'homme charismatique, puissant, vénéré et extrêmement brutal.

Ainsi, l'arrivée de Temüjiin Shagdarsüren n'était pas une coïncidence. Il souhaitait clairement négocier voir s'allier avec Seun-Li pour préparer un plan dont il ignorait tout. Lorsqu'enfin l'invité rentra dans la pièce, l'élu le coupa net dans sa course et demande d'un ton ferme :


Seun-Li - "En quoi dois-je être honoré de ta venue Temüjiin ? Je croyais que tu avais des choses à faire, comme écraser des clans du nord et de l'est ? Aurais tu perdu de tes compétences en matières de gestions et de commandement ?"

Temüjiin Shagdarsüren - "J'ai certes des choses à régler encore avec certains clans, mais ce n'est pas la raison de ma venue. Je dois te parler d'un projet qui me tient fermement à cœur et qui pourrait changer totalement la face du pays. On m'a dit que tu avais une ambition similaire..."

Seun-li frappa la table violemment avec ses mains et demanda :

Seun-Li - "QUI T A MIS AU COURANT DE CELA ??!! Personne ne connait mes projets mis à part mon entourage !!!

Seun-Li repensa à ce qu'il venait de dire... son entourage... MERDE ! Il y avait des traitres chez lui ??!

Temüjiin Shagdarsüren - "J'ai des contacts, uniquement des contacts, rien d'autres. N'aie donc crainte, car ce que je souhaite est également ce que tu souhaites"

Temüjiin Shagdarsüren, un génie stratégique comme la Ramchourie n'en avait pas vu depuis longtemps. A croire qu'il était l'élu du ciel.

Temüjiin Shagdarsüren - "Vois tu, j'observe que depuis que le Zijian nous a quitté, le régime en place n'est plus autant puissant qu'auparavant. Cela, tu l'as déjà remarqué. Le peuple Ramchoure crie à la revanche sur les Hens, et il est temps de changer l'époque de l'exclusion en une époque d'unité. Ainsi, j'aimerais te proposer de t'allier, ton clan et le mien, afin de mener une grande force à la Capitale, Zangian’h, afin de renverser ce pathétique Zuan Yao et mettre fin à cet inégal seigneurie élective. En échange de ce soutiens, je m'engage personnellement à te nommer chef du clan Shagdarsüren. Qu'en penses tu ?

Seun-Li était ébahit par ces révélations. Il était en accord sur de très nombreux points, mais il ne comprenait pas la raison de soumettre le clan des Shagdarsüren au sien. Il aurait peur ? Il fallait jouer là dessus...
il se leva, et tendit une main à Temüjiin :


Seun-Li - "Entendu, frère. Cependant, nous en sommes que deux clans dans ce projets, à moins que tu es encore imprévisible ?"

Temüjiin Shagdarsüren - "N'aie crainte, de très nombreux clans m'ont juré fidélité. Ainsi, nous coopérerons dorénavant pour détruire Zuan Yao.

Temüjiin serra la main en retour à Seun-Li, ce qui marqua la naissance d'une nouvelle entité politique dans le pays.


Quelque semaines plus tard, on voyait déjà un drapeau flotter sur de nombreux repaires de clans et dans quelques villages...

Celui...

Confédération Ramchoure



De la Confédération Ramchoure
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Ville assiégée de Hanting
Ville de Hanting, prise à partie par les forces "rouges"

Lu Zedong était le seigneur de Hanting. Cette petite ville, située entre le désert de Tyanshan et les jungles de l'est, était la ville la plus sécurisée du secteur. Et c'était une fierté locale. On ne dénombrait le nombre d'assauts qui furent infructueux et le nombre d'ennemis qui finirent exterminés devant elle.

Par exemple, en 1976, lors du "printemps rouge", les guerriers communistes tentèrent près de 4 assauts sur la forteresse, mais pas un seul d'entre eux fut réussi. Ainsi, la ville acquis le titre du "bastion du nord". Ses dirigeants, issus de la maison Zedong, étaient maîtres de la cité depuis près de 200 ans. La ville, découpée en plusieurs quartiers habités, étaient protégés par d'imposantes murailles de près de 15 mètres d'épaisseurs. Ainsi, même les canons avaient bien du mal à percer ces défenses. Il devint même avéré que quiconque dispose du soutien de Hanting règne sur tout le nord du pays ainsi que sur le passage entre la Hanchourie et le Hezian.
Au delà de la force architecturale, la cité pouvait disposer de contingents de près de 5 000 hommes de manière rapide, un exploit dans les contrées désertiques du nord. Très souvent armés de lances et éventuellement d'arquebuses, la forteresse n'avait jamais eu besoin d'avoir des armes plus développées pour assurer sa défense face aux menaces extérieures.

Ainsi, Lu Zedong n'avait aucune crainte pour la survie de son titre et de son territoire. Il était probablement l'homme le plus puissant du nord après l'électeur de Hanchourie. Ce n'était en aucun cas les armées barbares et sauvages des clans qui allaient lui faire peur. Il y a 20 ans, sous le règne de son père, Yuan Zedong, il y avait bien eu un homme au nom de "Ramênü le Fort" qui avait presque réussi à prendre la forteresse, mais dans tous les cas cela avait amené à la défaite des assaillants.

Cependant, ce jour là, il ne compris pas bien vite la situation quand il aperçu un grand nuage de poussières en direction du désert de Tyanshan. Lu Zedong pensait qu'il s'agissait de pillards trop prétentieux, mais pourtant ce nuage de poussières était beaucoup trop grand pour n'être qu'un petit clan. Prenant ses jumelles ( car oui, ils avaient le luxe d'avoir certains matériels avancés ), il remarqua un drapeau qu'il n'avait jamais observé auparavant. De blanc et avec un soleil jaune, de ce qu'il en aperçu, en aucun cas cela pouvait être le symbole d'un clan voisin. Il les connaissaient par cœur, mais alors qui ?

C'est alors qu'une masse d'armée se dressa face à la forteresse. Gigantesque. Abominable. Jamais vu depuis... en aucun cas vu tout simplement. Mais, alors que tout ces hommes se figeaient, deux silhouettes avancèrent de l'armée inconnue. En les observant avec ses jumelles, il reconnu très vite les visages de ces deux personnages ; Temüjiin Shagdarsüren et Seun-Li. Il frissonna alors. Les deux plus grandes forces claniques du nord... réunies sous une seule bannière ? Comment cela était il possible ? Les Shagdarsürens appréciaient les Remûjins, mais depuis quand ?

Alors qu'il se posait mille questions, le premier homme s'adressa au maitre de Hanting :


Temüjiin Shagdarsüren - "Mes salutations ô seigneur Lu Zedong ! Je quémande un entretient avec vous afin de vous proposer une solution à de nombreux problèmes qui nous touchent tous ! Auriez vous l'amabilité d'accepter mon offre ?

Surpris par la demande de son interlocuteur, et connaissant la puissance stratégique de Temüjiin, qui était connu comme celui ayant fait chuter la ville d'Aza, il décida de descendre aux portes afin de parlementer. Lorsqu'il fut en face de "l'homme aux milles ruses" ( surnom de Temüjiin ), il demanda alors :

Lu Zedong - "Voilà, je suis en face de vous, que souhaitez vous me parlez ? Faites vite, j'ai autre chose à faire que de parler à des barbares sans honneurs !"

Temüjiin Shagdarsüren - "Très cher seigneur de Hanting, il y a peu, avec de nombreux clans du nord, nous avons décidé de créer la confédération Ramchoure, dont vous voyez ici les bannières. Ce dont vous observez, c'est l'unification des clans du nord afin de renverser le pouvoir tyrannique du Hen qui nous maltraitent comme des barbares et des sauvages, comme vous l'avez bien dit. Cependant, vous savez comme moi que quiconque dispose du soutien du bastion du nord règne sur le passage entre la Hanchourie et le Hezian. Ainsi, je vous demande de rejoindre notre mouvement. "

Lu Zedong - "Vous me demandez de trahir ma patrie ??? Vous êtes pitoyables... Je ne trahirais pas Yuan Zao, et je refoulerais votre attaque comme mes ancêtres ont refoulé celles d'antan ! "

Temüjiin Shagdarsüren - "Qui est le pitoyable ? Moi, en fervent défenseur des valeurs traditionnelles et à la défense du peuple, ou vous, petit chien chien d'aristocrates qui ne veulent que garder leurs places en léchant les bottes de Yuan Zao ?"

On voyait dans le regard de Temüjiin l'apparition d'un sourire. Dans pareille situation, cela n'était guère bon signe pour celui à qui il s'adressait. Perturbé, Lu Zedong répondit cependant :

Lu Zedong - "J'ai juré fidélité à notre seigneur de guerre il y a plusieurs années. Vous pensez que je serais visé par vos petites attaques perfides ? De toute manière, vous n'êtes que des cavaliers. Vous n'avez rien pour briser mes murs. c'est vous qui êtes pitoyables à défendre une cause morte !"

Temüjiin Shagdarsüren - "Vous savez, il n'y a pas besoin de canons pour détruire vos murailles. Il suffit de prendre la ville... "

Lu Zedong - "Je m'attendais à un peu plus de sérieux de la part de l'un des hommes les plus puissants du nord. A croire que vous n'êtes qu'un gamin en crise d'adolescence. "

Temüjiin Shagdarsüren - "Vous voulez que l'électeur Azui Tong vous déclare hérétique ?"

Un sourire perfide se dessina encore plus sur le visage de Temüjiin.

Lu Zedong - "Votre chantage ne m'atteindra pas. En aucun cas le seigneur du nord ne se révolterait face au pouvoir central !"

Temüjiin Shagdarsüren - "Qui vous prouve le contraire ? Je suis le proche conseillé de sa majesté électorale, je sais de quoi je puis disposer à parler. Ainsi, je vous montre ( il sort un message de sa poche ) un message avec l'inscription d'Azui Tong en personne exprimant l'obligation de ses vassaux de laisser passer et de rejoindre les rangs de la "Confédération de Ramchourie". A présent que nous sommes disposer à parler plus sérieusement, pouvons nous recevoir votre soumission ?"

Lu Zedong fut terrifié. La lettre était authentique, il n'y avait pas de doute possible. Mais alors la guerre civile était en route dès à présent, le temps d'un révolte était là, à peine 50 ans après celle des Rouges ? Estimant ses chances et comprenant qu'une telle situation ne pouvait être prise à la légère, il répondit alors :

Lu Zedong - "Je m'engage à vous laissez passer. Cependant, je souhaiterais ne pas participer aux combats. Ce sont là mes seules paroles."

Temüjiin Shagdarsüren - "Enfin vous parlez avec raison, nous vous remercions de votre hospitalité Lu Zedong. A présent, gloire à la confédération de Ramchourie, n'est ce pas ?"

Les deux partis se serrèrent la main, et les portes de la ville furent ouvertes. Lu Zedong, totalement acculé par les révélations faites par Temüjiin, commença à se demander si la révolte en valait le coup. Pour lui, elle n'avait aucune chance d'arriver à terme. Ce qui était sûr, c'est que la guerre civile semblait se profiler en Ramchourie. Ironie du sort en observant le même destin au Zijian. Ce qui fut la plus grande crainte, c'était qu'un jour Temüjiin règne sur le pays, ce qui pourrait arriver d'une manière ou d'une autre. Il était un lion qui dirigeait des moutons. Un véritable monstre qu'il fallait abattre si le régime actuel voulait survivre.
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Bey Dakan

Et l'islam ?

Dans la petite ville de Kandarvan, dans le nord-ouest de la Ramchourie, un homme pensait. En une telle matinée, surtout par un temps si ensoleillé, tout était là pour reconnaitre la personne qui se tenait au rebord d'un banc proche du centre de la petite bourgade. Cet individu, à la peau pâle et aux yeux bruns perçants, était un seigneur unique en son genre.
En effet, à la grande différence du reste de la Ramchourie, majoritairement Bouddhiste, le territoire de Kandarvan était islamiste. Et son chef, connu par tous, était souvent considéré comme le sabre d'Allah en terre Ramchoure. Cet homme, qui porte à travers son image une faible communauté islamiste, se nomme Bey Dakan.
Certains se diront : comment l'islam a pu atteindre ces territoires si éloignés du Nazum ? La réponse, est, en vérité, assez simple. Lors de l'arrivée des Ramchoures, vers -120, ceux-ci avaient conservés leurs cultes païens pendant de nombreux siècles. Cependant, vers le VIIe siècle, l'influence grandissante d'une nouvelle religion parvint à atteindre le nord encore nomade de Ramchourie. Ce nouveau culte, vous vous en doutez bien, est l'Islam. A ce moment, la religion était une pièce importante pour se faire respecter de son peuple, car elle légitimise le pouvoir de celui qui règne sur le clan. Les victoires musulmanes dans de nombreux territoires Afaréens et Nazumis ont donc rapidement créer l'ambition chez des seigneurs de clans de se convertir à l'Islam afin de se légitimer pour s'assurer un pouvoir sans partage, sans crises internes.
Peu après, une grande partie de la Hanchourie était devenue musulmane. Cependant, cela ne convenait pas à la Ramchourie dirigée à cette époque ( VIIIe siècle ) par les ramchoures de la Dynastie Yao. Ainsi, un général fut envoyé afin d'exterminer les croyants de l'islam, provoquant l'un des massacres historiques le plus tragique ( les estimations tournent autour de 5 000 à 10 000 victimes ). Cette purge provoqua l'abandon de la religion pendant plusieurs siècles, jusqu'à ce que la Ramchourie, occupée par les Wongs, puis les Xins, permet une plus grande tolérance religieuse. De ce fait, l'islam se redéveloppa dans l'ouest de la Hanchourie, bien qu'encore trop peu importante pour réellement former une religion reconnue à l'échelle nationale.

Ainsi, Bey Dakan était le seul et l'unique représentant de ce culte dans toute la Ramchourie. Ancien champion de lutte ramchoure, il avait acquis sont titre actuel de cette façon. Il avait toujours veillé à faire attention à ne pas trop attirer le regard de seigneur de clans trop ambitieux qui voudraient envahir Kandarvan. Car il le savait, sa situation était précaire.
Cependant, tout bascula lorsque le seigneur électeur de Hanchourie, Azui Tong, fit sécession du pouvoir central en soutenant une initiative d'un grand clan hanchoure. Evitant de se faire trop remarquer, et supportant les idées proposées par la toute nouvelle confédération - à savoir d'améliorer les conditions des minorités et leurs reconnaissances dans le pays - Bey Dakan se joint à la révolte. Au départ confiant, il avait observé avec joie les victoires de son camp. Mais, tout bascula lorsque les avancées furent bien plus lentes. Le but initial, de prendre Zangian'h, semblait de plus en plus flou, et éloigné, en partie à cause des nombreuses indépendances qui créèrent de nombreux fronts supplémentaires pour la faction. Après presque un an de guerre civile, Bey Dakan avait perdu espoir en les ambitions de ses "suzerains". Hormis quelque prises territoriales par-ci et par-là, le front se stabilisait. Et une guerre d'usure, c'était bien la pire chose pour des nomades.

Ainsi, le chef de Kandarvan réfléchissait. Il pensait, certains jours, que tant que les forces importantes de la confédération était dans le sud du territoire contrôlé par la faction, il pourrait toujours tenter de faire lui-même sécession, créant de se fait une énième faction. De plus, les pays musulmans de la région, et même d'ailleurs, pourraient toujours tenter de le soutenir.
L'occasion semblait trop belle, alors si la situation dure...


Kandarvan fera le Djihad
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ATTENTION : VIOLENCE EXPLICITE

Musique nécessaire à la tragédie du texte

l'exil de Temüjiin

L'exil de Temüjiin

Trahison. Trahison. Trahison. Tels étaient les mots qu'il ne cessaient d'entendre, incessants, et sans répits. Tout cela n'aurait du arriver, c'était impossible. Comment cela était possible ? Pourquoi, et pour quelles raisons ? Il l'ignorait. Il était passé d'espoir d'un peuple à criminel sans primes, un vulgaire voyou qui n'a même pas d'affiches à son nom, pas de recherches de sa position. Rien. Rien, comme s'il était insignifiant.
Seun-Li, cet enflure, avait réussis à défaire Temüjiin sans grandes difficultés. Il avait tenté de le tuer, comme si la mort l'effacerait. Son clan, suite à sa prétendue mort, qui traversait le territoire de la Confédération Ramchoure, avait provoqué le déclin de son clan, celui des Shagdarsüren. D'après les informations que lui avait donné Long Li, un garde loyal à l'ex-duumvir de la faction, le frère et l'oncle de Temüjiin se battaient en ce moment même pour s'emparer de la place vacante, oubliant les liens des familles pour s'entredéchirer dans des luttes vaines, affaiblissant le clan qui jusque là était le plus puissant de Hanchourie.
Néanmoins, il ne souhaitait abandonner. Il ne voulait abandonner. Il voulait sa vengeance, envers ceux à l'avoir trahi, et envers ceux qui le croient morts, profitant de sa disparition pour former chaos et massacres. C'est pour cela qu'après sa fuite d'Yanmang, capitale provisoire de la Confédération Ramchoure, il se dirigea vers l'ouest, en direction de ses terres natales, des terres de son clan, de ses terres.
Son chemin l'avait amené, avec le robuste Long Li, à combattre des bandits, probablement des déserteurs de l'armée de la faction du nord, qui finirent déchirés en plusieurs morceaux à cause de la soif de vengeance de Temüjiin. Partout où ils rencontraient des adversaires, ces derniers finissaient par fuir, ou par être défaits. Une expédition du sang, qui meurtrie toujours plus l'âme atrophiée de l'homme des Shagdarsüren, se remémorant alors que les personnes qu'il avait tué ne méritait finalement pas le sort qu'ils avaient connu.
Néanmoins, dans un temps de guerre comme celui de Ramchourie, l'hésitation provoque inévitablement la mort. Alors faisant fis de cette réflexion, son compagnon et lui poursuivirent leur route à cheval en direction des terres pouvant encore être fidèle à Temüjiin.

C'est de cette manière qu'après plusieurs jours de marchent, il virent au loin un nuage de fumée. Pensant qu'il s'agissait d'un camp de nomade, Long Li et son maitre se dirigèrent vers ce lieu. Cependant, plus ils se rapprochaient, plus ils sentaient une odeur de brulé et de cadavre. Comme si quelque chose de terrible était survenu là bas.
Lorsqu'ils arrivèrent enfin sur le lieu, une vision d'horreur se présenta à nos deux protagonistes : des huttes brulées, des cadavres jonchant le sol, et des armes au sol, signe qu'un combat avait eu lieu. Avançant dans cet enfer, Temüjiin reconnu des enfants, morts à cause de coups d'épées. Long Li, de son côté, avait vu des... cadavres de femmes enchainées... ou du moins, ce qu'il en reste.

"C'est un lieu de mort..."

Temüjiin s'était arrêté, stoppant son cheval. Regardant le sol, il se mit à lâcher une larme. Puis, une deuxième tomba.

"Tous ces innocents... Qu'avons nous fait Long Li ? Pourquoi cela est arrivé ?..."

Ces morts, ils étaient arrivés à par faute. Sa prétendue mort les avaient provoqué. Alors qu'il ne souhaitait que le bien de son clan, il avait initié sa ruine. Toutes ces femmes, tous ces enfants, décédés car il avait initié une révolte, qui avait provoqué une guerre civile, l'une des plus sanglantes de la planète du XXIe siècle.

"Tout devait s'être terminé en deux semaines... Tout... Rien de tout cela devait arriver..."

Il repensa à ses plans de conquêtes du pays, dans les premiers instants de la révolte contre la Seigneurie Elective. Si les seigneurs locaux ne s'étaient pas déclarés indépendants, alors Zangian'h aurait pu être prise rapidement. Et tous ces cadavres, ce sang versé, aurait pu être évité. Il regrettait alors. Il regrettait tout. La révolte. Son idée de changement. Sa volonté de créer un monde meilleur. Car finalement, il le semblait ainsi, quand un homme tente de créer quelque chose de beau, il se retrouve à devoir affronter tant de tâches que son tableau en devient noir. L'espoir de créer une oeuvre d'art, un sanctuaire dans le Nazum, s'est effondré en si peu de temps... Et ce temps sert dorénavant les incompétents, les fous illuminés, les imposteurs et les traitres. Les profiteurs sont aussi de mises. Les états du monde se déchirent le gâteau ramchoure, en soutenant leur favori, comme si cela n'était qu'un combat clandestin de rats.
Long Li tenta de le rassurer, répétant qu'il n'y était pour rien, qu'il a tenté de tout faire pour le peuple ramchoure, que tout cela n'aurait pu être évité. Si la Seigneurie Elective, système politique décadent, avait été vaincue, c'était grâce à lui ! Il fallait qu'il observe le bon côté des choses...
Mais quand on vous fait des compliments, alors que vous vous trouvez dans un brasier témoignant les conséquences de vos actes, vous ne visualisez que vos défauts et vos erreurs. Vous vous enfermez alors, vous répétant inlassablement que vous n'êtes qu'horreurs, déceptions et regrets, jusqu'à tomber dans la folie. Cette folie, néanmoins, apparait presque comme un délivrance, car elle vous abandonne à un monde où tout devient jeu, où plus rien n'a d'importance, pas même les erreurs que vous avez causé, pas même les mauvais choix que vous avez exécuté. Elle vous libère du poids des conséquences, quitte à vous faire perdre ce qui fait de vous un être humain.
C'est alors à ce moment que Temüjiin pensa vaciller. En voyant ces horreurs, ces amoncèlements de cadavres, il pensa un instant à s'abandonner à la folie, car de toute manière, plus personne ne le reconnaitra, et plus personne ne se souvient de lui, chacun préparant déjà ses propres ambitions. Néanmoins, derrière une yourte relativement épargnée par les flammes, un petit garçon regardait les deux protagonistes. Levant alors la tête, Temüjiin, séchant ses larmes, descendit lentement du cheval, faisant des signes au petit de venir. Le petit, seul, se précipita vers Temüjiin, sautant dans ses bras, et pleurant toutes les larmes de son corps. Le serrant dans ses bras, l'ancien duumvir le rassura, disant qu'à présent, tout était fini, il n'était plus seul, ils étaient là.
Si ce garçon s'était autant rapproché de Temüjiin, ce n'était pas pour rien. Il s'agissait de son neveu, Türan. Fils de la soeur de l'ancien chef du clan Shagdarsüren, Türan n'était qu'un jeune garçon de 8 ans, qui avait été le témoin malheureux de la crise du clan.
Demandant ce qui était arrivé à ce lieu de mort, le petit prononça dans des mots difficilement compréhensibles, l'attaque qui avait été présente ici. Des hommes armés, prétendument alliés à la tribu de Türan, se sont installés dans le camp. Mais à la nuit tombé, ils ont sorti les sabres, pourfendant les corps des innocents, tuant leurs protecteurs, souillant les mères à jamais, et torturant les pères sous les yeux de leurs familles. Un massacre abominable, commandant par l'oncle de Temüjiin, Atakhan. Profondément jaloux de ce premier, l'oncle de l'ex duumvir avait profité de la prétendue mort de ce dernier pour fomenter sa prise de pouvoir. Néanmoins, le frère de Temüjiin, Qanqäruk, préserva une partie du clan du contrôle d'Atakhan, scindant donc les Shagdarsüren en deux sous-clans : les Shagdarsüren Qanqäris, et les Shagdarsüren Atakhanis. Depuis la chute de Temüjiin, ils enchainaient les guerres et les batailles, tentant d'écraser le camp adverse dans des conflits inutiles et tragiques.
Mais dans ce camp-ci, ils avaient trouvé la bonne planque. Car c'est ici que se tenait la mère de Temüjiin et Qanqäruk, Lëgedei. Ne s'attendant pas à la trouver ici, les gardes fidèles à Atakhan commirent l'impossible sous le regard apeuré du jeune Türan, qui s'était caché derrière un pilier de la structure de la yourte. De là, il vit les hommes, malmener la vielle dame, enfonçant leurs pointes. Puis, quand ils en eurent finis, ils décidèrent de la décapiter, emmenant sa tête avec eux, puis, d'un geste désinvoltes, ils jetèrent une torche, brulant la yourte dans les minutes qui suivirent.
Si le petit avait pu survivre, c'était grâce à un jeune homme, qui s'était présenté sous le nom de Gongsun Sue, qui s'était rapidement volatilisé après avoir caché le petit dans un petit tonneau.

Après ces révélations, Temüjiin laissa de nouvelles larmes tomber de son visage. Puis, il lâcha le garçon, et se laissa tomber sur le sol, sur ses deux genoux, avant de marteler le sol en criant de désespoir face à ce qui était arrivé en cet endroit. Long Li, lui, restait silencieux, baissant le regard vers le sol, annonçant un visage remplie de tristesse.
Ce lieu, comme tant d'autres en Ramchourie, avait été le témoin des pires atrocités qu'est capable le genre humain. Alors que l'on pense toujours qu'il est difficile de faire pire, ce pays est la preuve que l'iceberg n'est qu'une partie de l'océan, et que les abysses peuvent encore être découvertes. Nous ne pouvons atteindre le fond, car l'imagination humaine dépasse les limites du possible, amenant parfois à la création de scènes incohérentes, horrifiques, et pire que tout, révélatrices de ce que l'homme peut être, lorsqu'il se prend à imiter l'animal dans sa forme la plus bestiale et sauvage.

Après ces évènements, Temüjiin et Long Li prirent avec eux le jeune Türan, continuant leur périple, afin de retrouver les restes du clan Shagdarsüren Qanqäris. Mais à présent, dans les yeux de l'ancien duumvir, fleurissait une nouvelle volonté : il découvrirait où se trouve Atakhan, quitte à le traquer jour et nuit, afin de venger tous ces innocents, tous ces malheureux, et pour, un temps soit peu, se pardonner de ce conflit qu'il avait provoqué...
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La Volonté du Sun

La Volonté du Sun
13/12/2018

Depuis le début de la Guerre Civile Ramchoure, qui perdure depuis presque 5 ans, le Sun a toujours été un de ces états dont on annote l'existence sur une carte, mais dont on oublie jusqu'à son histoire. Pourtant, à l'image de chaque territoire de la Ramchourie, tous ont une histoire importante, passionnante, et révélatrice de la division interne, culturelle et historique entre populations du Pays du Soleil Médian. Fondé dès la fondation de la Confédération Ramchoure, c'est à dire vers Avril et Mai 2014, l'état de Sun était dirigé par un seigneur du nom de Hen Chang. Ce dernier dirigeait depuis plusieurs décennies cette petite seigneurie faisant partie de l'électorat de Hanchourie, lui-même dirigé par Azui Tong.

Les Chang était une bien veille dynastie, certainement l'une des plus anciennes des contrées du nord. Historiquement, elle a été la famille dirigeante d'un puissant état dans le nord, jusqu'à être considérés comme les ennemis des plus grands états antiques ramchoures pré-ushongs. Finalement, lors de leurs soumissions par les Dynasties Wong puis Xin, les Chang continuèrent à dominer le territoire tout en ayant fait allégeance à ses nouveaux maitres. Lors de la déclaration d'indépendance de la Ramchourie au début du XXe siècle, le Sun avait participé à l'élaboration des régimes qui se succèderont jusqu'à la Seigneurie Elective.

Finalement, la lente décadence du dernier régime, couplé à l'autonomie grandissante des seigneuries, a rapidement amené l'idée que le Sun devait s'auto-gérer soi-même, sans devoir rendre compte à aucune entité supérieure. C'est de cette manière que Hen Chang déclara l'indépendance du Sun au début de la révolte de la Confédération Ramchoure. Isolé dans l'ouest du pays, et dominant de grandes places fortes comme Sun, Guiasun et Quarsharuk, l'état de Sun se développa rapidement et gagna en puissance dans les premiers mois du conflit. De plus, sa position au sud de la "Muraille du Hezian" (fortifications construites pour lutter contre les nomades du nord), débutant dans le Sun et se terminant dans les montagnes du Chendong au centre du pays, assurait une sécurité importante au jeune état. Enfin, les ambitions de la Confédération Ramchoure, visant uniquement la prise de la capitale Zangian'h, avait eu tôt de sécurisé l'avenir du Sun.

Cependant, ce qui avait semblé être un état sécurisé se révéla rapidement devenir un théâtre de guerre tragique. En effet, vers Février 2015, la Confédération Ramchoure, voulant sécuriser ses frontières sud, envahirent le territoire du Sun. La ville de Quarsharuk dans le nord-ouest, fut perdue au prix d'un long et terrible combat, qui couta la vie de Hen Chang, le 24 Février 2015. Après cette courte guerre, l'état de Sun se trouvait affaiblit, et profondément défait. A la succession de Hen Chang viendra son fils ainé, Lu Chang, qui tentera de préserver ce qu'il restait de l'état, et adopta des tactiques de pillages, réalisant notamment, vers Mai 2015, une série de raids dans la région de Luoming.

Dans le même temps, une vaste campagne de propagande sera mis en place dans l'état, essayant de créer en chaque habitant de la région un sentiment nationaliste Sun, hélas, sans victoire. Au contraire, les Chang perdirent du terrain, et certaines révoltes paysannes secouèrent le Sun entre Juin et Août 2015, amenant à perdre une partie de la population dans un conflit sanglant et inhumain. Lu Chang fut dans l'obligation de réduire les révoltés au silence, et de transformer le Sun en un état structurellement violent et autoritaire. Tout opposant à la vision du Seigneur du Sun était réduit au silence, et pour toujours.

Cette situation, couplée aux raids sur le territoire confédéré, amena le seigneur Seun-Li à déclarer la guerre totale au Sun, et d'envahir ce territoire, par ailleurs, peu de temps après le lynchage de l'autre duumvir Temüjiin Shagdarsüren. Certains observateurs pensent que l'invasion du Sun, et des états voisins de Yei et de Danchourie n'était qu'un moyen d'affirmer l'autorité et la légitimité de Seun-Li comme dirigeant unique de la Confédération Ramchoure. Ainsi, en Octobre 2015, les hordes et armées confédérés prirent d'assauts la capitale du Sun, qui portait le nom du même état. Après plus d'un mois de siège, la ville tomba, et Lu Chang mourut en tentant de défendre celle-ci. Cela marqua la fin de l'état de Sun (en Novembre 2015), qui fut totalement intégré au sein de la Confédération. Malgré l'apparition de quelques groupes rebelles, notamment durant la défense de la dernière forteresse Guiasun, aucune véritable rébellion a su réveiller un proto-nationalisme Sun. Pour beaucoup, les Chang avaient disparu, avec leur royaume.

Ainsi, ce territoire fut légué à des chefs locaux fidèles à la confédération. Le premier d'entre eux, qui deviendra le premier gouverneur du Sun, répondait au nom de Jilin Turäk. Il dirigera la région de Novembre 2015 à Septembre 2016, mourant durant l'exercice de ses fonctions en combattant le Gualintang dans le sud. Il sera remplacé par Eshesin Hugong, qui ne tiendra que quelques temps à ce poste. En effet, son opposition aux décisions prises par le dirigeant de la Confédération Ramchoure lui vaudra son exécution le 15 Novembre 2016. Suivra alors une suite de 5 gouverneurs entre le 15 Novembre 2016 jusqu'au 7 Août 2017, date à laquelle le gouverneur Qübulai Tui prendra les rênes du Sun d'une main de fer.

Profondément fanatique de Seun-Li, il provoquera un massacre à Sun lorsque des paysans ont osé demandé de la nourriture, les provisions étant parties servir à l'armée et les divisions confédérées. Cette catastrophe coutera la vie à une centaine de personne, et en blessera 200 autres. Cela entachera profondément la réputation de la Confédération Ramchoure, qui, de plus en plus, stagnera dans le nord sans réaliser de grandes avancées militaires vers le sud.

C'est dans ce contexte qu'un territoire voisin, le Kandarvan, seul état musulman de Ramchourie, exigera des avancées territoriales, au cas contraire Kandarvan se déclarerait indépendant de l'autorité de Yanmang, la capitale confédérée. Suite à l'absence de conquêtes militaires, le 7 Décembre 2017, Kandarvan s'insurge contre la confédération, provoquant une guerre civile dans la guerre civile.

C'est alors, durant le mois dernier, que la figure de Qarkoruq Chang s'illustra. Un des derniers membres de la Dynastie Chang, il se fit connaitre en réalisant des opérations de sabotage dans la province de Sun, réussissant à contrôler même certains petits territoires isolés et peu peuplés. La légende d'un Chang survivant combattant activement l'horrible Qübulai Tui provoqua un rebond d'espoir parmi la population de Sun et des environs, qui retrouvèrent Qarkoruq Chang et l'aidèrent dans sa tâche de recréer un "état de Sun". A force de manigances et d'attentats, le 12 Décembre 2017, Qübulai Tui fut tué par un attentat à la bombe provoqué par Qarkoruq Chang lui-même. Voulant clairement faire de cet évènement le point de non-retour de l'histoire du Sun, il décréta, le lendemain du 13 Décembre 2017, la création de l'état de Sun.

Ainsi, Qarkoruq Chang, héritier d'une longue dynastie antique, devient le nouveau Seigneur du Sun. Après la déclaration d'indépendance, il envahit rapidement les cités historiquement Sun de Guiasun et Quarsharuk, qui revinrent dans le giron Chang. Ces victoires ont clairement permis d'asseoir l'autorité de Qarkoruq Chang, ainsi que de sa légitimité à dominer le territoire. Mais ces victoires permirent aussi de recréer la culture et l'identité Sun, jusque là malmenée par les différents gouverneurs. Des fêtes traditionnelles furent remises à l'honneur, alors que dans le même temps, on illustrait des chants guerriers mettant en avant des personnages de la mythologie locale, valorisant le combat et la conscription dans l'armée du Sun.

C'est ce cette manière que le Sun s'assura une place de choix dans le nord. Néanmoins, la récente unification de ce qui avait été la "Grande Coalition" menace aujourd'hui la fragile paix qui avait été établie si durement par Qarkoruq Chang. Ce dernier se trouvait enfermé entre une Confédération Ramchoure qui commençait à décliner et un puissant Royaume Fédéré de Ramchourie, qui dispose clairement des moyens nécessaires à la destruction de l'état du Sun. Ainsi, deux choix s'offraient à lui : lutter pour l'indépendance du Sun, au risque certain de disparaitre et de finir de nouveau occupé, ou bien d'accepter de se soumettre à cette nouvelle autorité, en échange d'une autonomie au minimum légère sur le Sun.

De part ce qui s'est finalement produit avec la République Populaire de Ramchourie, il serait plutôt probable que le Royaume Fédéré de Ramchourie finisse par accepter une autonomie partielle du Sun en échange d'une intégration de ce dernier au sein de l'état hégémon en Ramchourie. Du moins, Qarkoruq Chang l'espérait. Il ne voulait pas finir par devenir le dernier des Changs. Cela serait un sort ironique du destin, mais au combien tragique. Non, ce qu'il voulait, c'était la préservation de ses titres et de ses pouvoirs, afin de défendre son peuple et de le représenter du mieux qu'il le pouvait à sa si petite échelle. Mais cela ne pouvait dépendre que d'une autorité : celle du Royaume Fédéré de Ramchourie. Si ils refusaient une reddition partielle, alors le Sun pourrait dire adieu à son existence même.

Finalement, avec une angoisse pour l'avenir des plus profondes mais discrètes, le Seigneur du Sun avait ordonné la rédaction d'une missive pour le gouvernement du Royaume Fédéré de Ramchourie, dans laquelle il exprimait son désir de préserver son peuple et le peuple ramchoure d'une nouvelle guerre meurtrière, d'une nouvelle tuerie de masse. En échange de sa révérence envers les autorités de Zangian'h et de Muan, il ne demandait qu'une seule chose : qu'il puisse continuer à diriger le Sun de manière autonome, pour que sa dynastie millénaire ne s'éteigne avec lui. Ce conflit avait déjà trop duré, cinq ans de carnages et de rivières ensanglantées, qui n'avaient besoin d'être de nouveau abreuvée du liquide rouge. Le Sun, et ses habitants, devaient survivre, et prospérer avec les autres peuples, dans une Ramchourie nouvelle, mais égalitaire et paisible.
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