27/12/2019
23:59:09
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Activités étrangères au Bajusid

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Activités étrangères au Bajusid

Ce topic est ouvert à tous les joueurs possédant un pays validé. Vous pouvez publier ici les RP concernant les activités menées par vos ressortissants au Bajusid. Ceux-ci vous permettront d’accroître l'influence potentielle de votre pays sur les territoires locaux. Veillez toutefois à ce que vos écrits restent conformes au background développé par le joueur du Bajusid, sinon quoi ils pourraient être invalidés.
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C'était officiel, maintenant.
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Le Kronos Afaréen était devenu indépendant, dans les faits. Cela voulait dire beaucoup de choses, aussi bien bonnes que mauvaises. Pour la Loduarie, on avait tendance à désormais voir les mauvaises choses. En même temps, la Loduarie disposait de forces terrestres au Kronos Afaréen, envoyées dans le cadre d'un exercice de défense commun avec les forces Kroniennes pour faire face aux exercices de L'ONC. Le problème était que ces exercices s'étaient brutalement arrêtés pour laisser place à une guerre meurtrière et violente contre l'ONC. Les Loduariens avaient vu leur marine anéantie. Ils avaient vu les forces Kroniennes se rendre sans presque aucun combat. Ils avaient vu leurs forces d'hélicoptères mener des combats violents contre les forces aériennes de l'ONC. Ils avaient vu les bombardements, les morts, les blessés, encore les morts, et toujours plus de morts et de destruction. Encore et toujours.
Dans tout cela, ils avaient fait le choix de ne pas se battre. De se replier dans le vaste désert, là où on pouvait encore contrôler des portions de territoires.

La nouvelle stratégie était étrangère aux ordres donnés depuis Lyonnars. Certes, les soldats Loduariens n'allaient pas se rendre, question d'honneur. Non, ils allaient disparaître. Mener une guérilla.
Croire que le Kronos Afaréen pouvait devenir indépendant comme cela était une utopie. Au Kronos Afaréen, il restait de très nombreux Kroniens, hostiles à l'indépendance de la région. Certes, ce n'était pas tous des communistes convaincus, et il y avait fort à parier que de nombreux d'entre eux haïssaient le régime Kronien. Mais ces gens là n'avaient pas demandé ce qui leur était tombé sur la tête. Ils n'avaient pas demandés les bombardements qui avaient détruit les deux grandes villes de la région. Ils n'avaient pas demandé une guerre meurtrière. Les gens simples sont comme cela : laissez-les en paix, et ils feront de même. Ces gens simples, ils étaient très certainement nombreux au Kronos Afaréen.

Les soldats Loduariens comptaient s'appuyer sur ces gens simples. Sur ces personnes hostiles à passer d'un régime autoritaire à une occupation étrangère qui les voyait comme une électorat bon à manipuler. Désormais, il fallait louvoyer, manipuler habilement. Faire de ce qui pouvait apparaître un ennemi un ami, et réciproquement l'inverse. Faire de la propagande, par le bouche à oreille, par des affiches, par tout ce qui était disponible.

La résistance à l'occupation de L'ONC au Kronos Afaréen commençait pour la Loduarie. Il n'avait de toute manière pas de choix possible, et les Loduariens savaient quel choix ils devaient faire pour continuer à mener à bien leur mission. Sinon, même en Loduarie, les conséquences pourraient êtres très graves pour eux.
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Le temps de la guérison

Armùée Lofotène
Le gros des troupes combattantes de la Milice Fédérale quittent le Bajusid, mais laisse sur place une importante force de sécurité spécialisée dans le maintien de la paix, encadrée par les Jäegers spécialisés, les Bérêts Bleus

Après la débâcle des derniers sbires du régime ultra violent kronien, et de ses acolytes et soudards loduariens, réputés ppour leur brutalité et le peu de valeur accordée à la vie humaine, a fortiori celles de peuples colonisés d'Afarée. Ces derniers étaient considérés comme de la main d'œuvre presque gratuite, très laborieuse, à la limite de l'esclavage, dans la doxa communiste.
Les communautés et peuples du Bajusid avaient tellement souffert du joug tyrannique kronien, malgré le peu de temps que ce dernier dura, ce dernier fut cruel, violent, barbare et sans concession. Les communistes ne connaissaient ni la tolérance, ni la douceur, ni la clémence, et détestait par dessus ce qui ne cadrait pas avec leur désir insensé d'uniformiser et d'effacer toutes les spécificités culturelles d'un peuple, car tout ce qui diffère de l'idéal socialiste est potentiellement une menace.
La schizophrénie de Baldassare Calabraise l'avait conduit à faire du Bajusid une immense colonie pénitentiaire dont personne ne se souciait vraiment.
La concentration des Eurysiens, bien trop occupés à s'entretuer et à guerroyer les uns contre les autres pour des miettes de territoires en Eurysie continentale avaient contribué à l'invisibilisation de ce continent, et de ce qui se passait au Kronos Afaréen, malgré les preuves accablantes et désormais documentés des Camps de la Mort du régime, des usines chimiques où tout ce qui déplaisait, ce qui s'opposait, ou même de manière arbitraire était envoyé ici pour terminer sous forme d'engrais azoté.

Il était d'ailleurs fort à parier que les Loduariens, grand tourmenteurs de l'humanité devant l'Eternel, n'hésitaient pas à solliciter ces services d'exécution par le travail, comme une sordide et macabre prestation de déportation d'opposants, bien pratique, alors qu'on sait que le dictateur loduarien ne rechigne pas à envoyer par camions hommes, femmes et enfants à la mort. Il n'a déjà pas hésité à sacrifier inutilement ses propres troupes, à leur préférer une mort futile et sans effet, jusqu'au dernier homme, plutôt que de se rendre et de se constituer prisonnier auprès des forces armées de l'ONC.

La guerre contre Kronos était pour le moment terminée, enfin mis entre parenthèse puisqu'officiellement aucun cessez le feu, ni armistice, ni traité de paix n'avait été signé entre les forces communistes et les Etats membres de l'ONC ayant participé à la Bataille de Leucytalée. Mais les combats au sol étaient désormais contenus, les troupes ennemies s'étant rendues par milliers, désespérés, abandonnés, et exhortés par des dirigeants jusqu'au boutistes à se sacrifier pour la cause. Il restait quelques poches minimes de résistance et de partisans, mais très localisés, et étaient nettoyés systématiquement et méticuleusement par les troupes de l'ONC, jour après jour, mois après moi.

Désormais, le temps de la guérison et des réparations était venu. Les Provinces-Unies, un des quatre Etats membres de l'ONC ayant activement participé et contribué à la chute et à l'occupation du Kronos Afaréen n'avait pas seulement depêché des troupes de sécurisation et de maintien de l'ordre, afin de protéger la population de résurgences de soldats ou soutiens du pouvoir kronien, mais également de nombreux humanitaires et spécialistes de la reconstruction.
Le but n'était pas seulement de libérer et occuper, il fallait redonner aux communautés et peuplades du Bajusid toutes les cartes, et les moyens, de pouvoir se reconstruire, de rebâtir, de panser les plaies du peuple, et de réparer les immondices et les crimes commis par Baldassare Calabraise.

Logo de Unitaid
Unitaid, la plus nombreuse et la plus répandue des ONG humanitaire, spécialisée dans les activités dans les zones de conflit

Parmi ces derniers, la plus célèbre ONG Humanitaire, détentrice du Prix Mondial de la Paix, Unitaid, était présente massivement et avait été mandatée par les Provinces-Unies pour superviser et coordonner l'ensemble des activités et actions humanitaires en Bajusid. Médecins, Infirmiers, interprètes, mais également ingénieurs en génie civil, en génie public, en génie énergétique, tout autant de spécialiste et de personnes hautement qualifiées, qui faisaient cruellement défaut au Bajusid compte tenu du sous investissement chronique de la part des communistes, affluaient au Kronos Afaréen.
Il y avait tellement de choses à faire. Unitaid couvrait un large éventail d'initiatives visant à répondre aux besoins urgents des populations éprouvées par les affres du conflit et de l'oppression kronienne, et à promouvoir l'éducation et la formation, en vue de l'autonomisation de cette ancienne colonie afaréenne, dans une démarche de durabilité du développement économique et social du Bajusid.

activités humanitaires

Premièrement, et c'est évident, il fallait répondre à l'urgence première qu'était l'assistance alimentaire consistant à fournir des vivres et d'eau aux populations bajusid souffrant de la faim et de la malnutrition. Cela incluait la distribution de rations alimentaires d'urgence et également de l'assistance nutritionnelle spécialisée pour les enfants et les femmes enceintes ou allaitantes, dans un territoire de quasi absence totale de dispensaires ou cabinet médicaux spécialisés en pédiatrie ou gynécologie obstétricienne.
La deuxième mission à laquelle Unitaid devait répondre également prioritairement était la délivrance de prestations de santé de premier niveau et de soins médicaux. Cela comprenait la mise en place de cliniques mobiles, la vaccination, le traitement des maladies endémiques afaréennes comme le paludisme, la tuberculose, et la fièvre rouge d'afarée, ainsi que des interventions chirurgicales d'urgence. Du matériel, des médicaments et des instruments avaient été fournis par ailleurs par la firme pharmaceutique lofotène : la Thylacine Corporation.

Aide humnaitaire
L'aide humanitaire est massivement apportée au Bajusid via les avions de transport tactique militaire. L'espace aérien du Bajusid est entièrement contrôlé et sécurisé par les forces de l'ONC

L'autre sujet extrêmement préoccupant, et surtout au Bajusid, territoire climatiquement aride et disposant de faibles ressources hydriques, c'était bien entendu l'accès à l'eau potable, et posait la question essentielle de l'assainissement et de l'hygiène. Unitaid était capable de mettre en place des infrastructures spécifiques pour fournir de l'eau potable, d'améliorer l'assainissement des réseaux sanitaires et de promouvoir des pratiques d'hygiène. Voilà pourquoi Unitaid fait appel à des ingénieurs et techniciens en travaux publics, afin de creuser des puits, de construire des systèmes de collecte d'eau de pluie, et des latrines, tout en menant des campagnes de sensibilisation sur l'importance de la propreté hygiénique.
L'autre pendant des ONG lofotènes sera bien entendu l'éducation et la formation, un secteur clé stratégique. Les humanitaires de Unitaid travaillent à améliorer l'accès à l'éducation de base pour les enfants en construisant des écoles temporaires, en fournissant du matériel éducatif, et organisent des programmes de formation pour les enseignants. La priorité de Unitaid est de lutter contre l'analphabétisme et l'illettrisme, bien que le Bajusid, fort heureusement, soit peu touché par ce fléau. En effet, l'un des seuls points positifs de la centralisation des services de bases de l'état communiste est de dispenser un enseignement de base (lecture, écriture) à l'ensemble de ses populations, sans distinction d'âge pou de sexe.
Unitaid pourra également fournir des abris et des campements temporaires aux populations ayant perdu leurs maison ou leurs foyer durant le conflit. En concertation avec les Provinces-Unies, d'importants moyens de financements, notamment via des subventions et des crédits d'entreprises, permettront de travailler à la réhabilitation et à la reconstruction des infrastructures endommagées.

campaement humanitaire

Le dernier sujet sur lequel Unitaid s'attèlera durant la reconstruction sera l'autonomie et la sécurité alimentaire. Premièrement en fournissant des semences, des outils, et des formations en techniques agricoles durables afin de promouvoir la diversification des cultures pour améliorer la sécurité alimentaire, mais également afin de faire bénéficier aux agriculteurs et maraichers du Bajusid de l'expertise et savoir faire en fermes hydroponique et aquaponies, ces nouvelles technologies d'agriculture permettant d'obtenir d'importants rendements agricole sur de petites surfaces, en optimisant la consommation d'eau et d'énergie.

Berets Bleues
Les Bérêts Bleus du Lofoten

Bien entendu, l'ensemble des activités et chantiers menés ou assistés par Unitaid se fera sous la protection d'un important contingent militaire lofotène, avec la présence remarquée notamment des Jäegers, que l'on appelle aussi les Bérêts Bleus, dont la mission est d'assurer la protection et l'intégrité physique de tous les personnels occidentaux présents au Bajusid, et dans une certaine mesure, celle également des populations civiles contre les exactions et désirs de vengeance, dont le risque n'est pas à exclure, de la part des partisans kroniens, qui peuvent toujours se dissimuler parmi la population.
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Une lueur d'espoir

Rassemblement Kronien au Bajusid

Cela fait maintenant quelques années que le Bajusid, soutenu par l'ONC, a déclaré son indépendance. Le Kronos, lui, perdait alors plus de 15% de son territoire et plus d'une centaine d'usines. L'économie Kronienne, étant déjà dans une mauvaise posture, fut encore plus déstabilisée, ce qui plongea le pays dans le chaos. Les usines militaires étaient saturées, les recherches n'avançaient plus et l'économie civile fut ravagée. Mais Baldassare Calabraise ayant ordonné le retrait de ses troupes et l'abandon des combats, ayant livré les territoires Afaréens Kroniens a l'ONC, continuait d'ignorer la souffrance de son peuple. Il avait détruit le pays. Mais, en juillet 2013, le gouvernement du dictateur fut renversé pour laisser place a une nouvelle démocratie, c'est alors que la population Kronienne du Bajusid, débuta son réveil. De petits rassemblements furent organisés un peu partout au Bajusid par les Kroniens mécontents. Ils espéraient alors montrer leur désaccord quant a l'indépendance de ces territoires Kroniens, a l'ONC et au gouvernement en place. Mais étant encore de petite ampleur, ces rassemblements n'eurent pas l'effet escompté. Pourtant, la population continuait son combat, pacifique, en tentant de se faire entendre, encore par le biais de rassemblements et de manifestations. Ce n'est que 2 mois plus tard, que tout changea...

En octobre 2013, Brando Merolla fut élu a la tête du pays. Cette élection, transforma pour de bon la dictature communiste sanguinaire de Baldassare Calabraise, en une véritable démocratie a l'écoute du peuple. Ce fut le déclic. La population Kronienne du Bajusid ayant des valeurs contraires a celles de Calabraise, très présente dans le pays, virent cela comme une injustice. On ne leur a pas demandé leur avis a eux. On leur a imposé un nouveau gouvernement, pas mieux que l'ancien, qui n'a rien arrangé a leur situation, pendant qu'au Kronos on écoute a nouveau le peuple, après toutes ces années de terreur... N'est il pas temps d'appliquer la démocratie, ici, en Afarée Kronienne ? N'est il pas temps d'enfin demander l'avis du peuple, après 3 ans d'attente, de famine, de pauvreté et de peur ? La majorité de la population du Bajusid est Kronienne ! Et la majorité de la population Kronienne est tout a fait contre la politique et les valeurs que prônaient Baldassare Calabraise ! C'est donc ce sentiment d'injustice qui poussa le peuple a enfin se révolter, en masse. La majorité des Kroniens étaient bien contre le gouvernement de l'ancien dictateur, mais, pris de peur, ils n'osaient pas agir a son encontre. C'est pourquoi pendant tant d'années, le peuple fut comme réduit au silence, subissant sans dire un mot les conséquences de la politique du dictateur, l'indépendance du Bajusid en faisant partie. Mais aujourd'hui c'est différent, on ne craint pas le nouveau gouvernement, lui qui écoute le peuple est demeure a son service. On peut enfin s'exprimer, librement. Le peuple Kronien du Bajusid voit alors une lumière d'espoir, la démocratie, tant espérée, est enfin a portée de main. La résistance pacifique s'intensifie, les Kroniens, alimentés par le désir de plus en plus profond, d'un rattachement, d'une unité, avec leur pays d'origine, continuent de se battre. Il est temps de redonner au Kronos, ses territoires, et sa population.

Manifestation de grande ampleur au Bajusid

Naissent alors plusieurs figures emblématiques de l'éveil de la population, c'est le cas d'un certain Abraham Odendaal. Il prit la parole plusieurs fois au nom du peuple Afaréen Kronien pour tenter de se faire entendre et pousser l'ONC, ainsi que le gouvernement, a les écouter. C'est lors de la dernière grande manifestation du peuple a ce jour, le 3 novembre 2013, qu'il prit a nouveau le micro, pour s'adresser au monde. Cette manifestation, a Karash, la première ville de l'Afarée Kronienne, fut la plus grande jamais organisée; plus d'un million de Kroniens dans la rue ce jour ci, tous représentés par un homme, Abraham Odendaal...

Abraham Odendaal, son discours

Abraham Odendaal a écrit :Kroniens, Kroniennes, Ô peuple mécontent !
Nous avons, pendant plus de 6 ans, été réduits au silence ! Dans l'ombre de la répression et de l'ultra violence d'un gouvernent totalitaire dirigé par un fou sanguinaire ! Aujourd'hui, enfin, nous avons le droit a la parole ! Enfin, nous pouvons exprimer nos opinions haut et fort et ce librement ! Alors, peuple Kronien, ne lâchez pas le combat ! Si l'ONC soutient la paix et la démocratie alors nous aurons ce que nous voulons ! Les Kroniens, bien majoritaire en Afarée Kronienne, ne veulent pas être soumis a un gouvernement qu'ils n'ont pas choisi, surtout lorsque l'on voit qu'au Kronos, notre pays d'origine, on écoute le peuple et on lui obéit ! La démocratie, la vraie ! est enfin a notre portée ! Redonnons a notre pays, le Kronos, le véritable Kronos, nouvelle démocratie, la grandeur qu'il mérite ! Je vous l'accorde, l'indépendance du Bajusid fut pour nous, autrefois, comme un soulagement... Alors loin du gouvernement de Baldassare Calabraise, nous étions, en sécurité, enfin... Je le croyais. Le Bajusid connait depuis des années une situation incertaine. C'est pourquoi aujourd'hui, nous ne voyons plus aucun intérêt a l'établissement d'un gouvernement différent de celui de Brando Merolla, sur ces territoires, Kroniens depuis plus de 7 siècles. Une réunification de l'Afarée Kronienne au Kronos Eurysien, serait pour nous tous, une libération ! Un retour a la démocratie, un retour au bonheur ! Mais cela ne dépend pas que de nous... Si nous souhaitons obtenir l'unité entre le Kronos Afaréen et le Kronos Eurysien, nous devons être entendus, et ce, par l'ONC, qui a établi le nouveau gouvernement en place au Bajusid.

C'est pourquoi je m'adresse maintenant aux dirigeants des nations de l'ONC...
Chers dirigeants... Vous nous avez autrefois, sauvés, entre guillemets, de la politique ultra violente de Baldassare Calabraise, nous vous en remercions évidement. Mais désormais, les valeurs de notre pays d'origine ont changées. La démocratie règne sur le Kronos et doit régner sur ses anciens territoires. Une grande majorité de la population des territoires Afaréens Kroniens, est Kronienne. Elle n'est pas, et ne se considèrera jamais, comme Bajuside. Depuis deux mois, nous tentons de nous faire entendre, sans grand succès, mais aujourd'hui, c'est le bon moment pour nous de prendre la parole pour exprimer nos opinions. Nous qui étions, depuis tant d'années réduits au silence. Et franchement, le gouvernement que vous avez mis en place ne nous a pas aidé... Vous n'avez jamais demandé l'avis du peuple quant a l'indépendance de ces territoires. Vous êtes arrivés, chez nous, avec votre armée, pour prendre nos territoires et y établir un nouveau gouvernement. Aujourd'hui, les idées du peuple Kronien, ont changées. La majorité du peuple, que vous considérez comme Bajuside, ne se considère pas comme tel, et désire l'unification des deux Kronos. Nous souhaitons être dirigé par un gouvernement meilleur, un gouvernement qui donne la parole a son peuple, et l'écoute. Nous souhaitons être dirigé par le gouvernement de Brando Merolla, qui répond pleinement a ces conditions. Lui, saura nous écouter ! Alors, n'est-il pas temps de redonner la parole au peuple ? Prenez donc exemple sur le Kronos ! Organisez un référendum ! Renoncez a vos intérêts pour satisfaire les nôtres... Ceux de tout un peuple, injustement séparé de sa nation, aujourd'hui belle et démocratique. Les temps ont changé... Vous devez vous y adapter. Nous voulions autrefois éviter le gouvernement Kronien, aujourd'hui, nous voulons qu'il nous gouverne. Acceptez le. Donnez a nouveau le choix au peuple !

Et vous ! Partisans de l'ancien gouvernement communiste. Vos opinions, sont aussi importants que les notre, et vous méritez, vous aussi d'être écoutés. Bien que les valeurs que vous prônez soient bien différentes de celles du gouvernement Kronien nouvellement élu, n'êtes vous pas, au final, comme nous tous, Kroniens ? Vous, encore plus que nous, avez été affectés par cette décision d'une déclaration d'indépendance sans l'avis du peuple. Ici, aujourd'hui, nous combattons la même chose. Nos différences idéologiques ne doivent en aucun cas, influencer ce combat. Nous devons, main dans la main, nous exprimer, et combattre pacifiquement afin d'obtenir ce que nous voulons. Vous n'êtes, en aucun cas responsable de ce qu'il s'est passé. Le communisme; n'a jamais été le problème. Acceptez vous que vos valeurs soient salies telles qu'elles l'ont été ? Le gouvernement Kronien, saura vous donner la parole pour exprimer vos opinions. Unissons nous, récupérons nos droits et nos libertés ! Ensemble !
Vive la démocratie ! Vive la liberté ! Vive le Kronos !

Ce fut un discours historique. Le discours qui fit connaitre au monde entier, les positions du peuple Kronien quant a l'indépendance du Bajusid. Ce fut le discours, qui unifia le peuple Afaréen Kronien, qui les invita a s'exprimer et a combattre cette décision de déclaration d'indépendance, effectuée sans leur accord, eux qui pourtant, sont majoritairement présents au Bajusid. Le peuple alors uni, attendra la réponse de l'ONC, en espérant avoir été entendu.

UNITA !
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Brochure à diffuser aux voisins de CRAMOISIE :

VOUS ÊTES VOISIN DE CRAMOISIE ?

Quelle chance !
Mais cela nécessite quelques précautions...


Fleurs

J'habite près d'un désert chimique ?
Je suis les instructions et je reste stoïque !


ATTENTION

L'environnement CRAMOISIE© est sous contrôle mais peut avoir tendance à se propager ponctuellement...

SI TOUT DEVIENT CRAMOISI
JE CONTACTE PRINTEMPÉRIE !

La charge de l'agent chimique est faible au-delà de 300km mais si le vent vient de CRAMOISIE©, des résidus toxiques peuvent malgré tout se propager sur de longues distances.

SI CA SENT L’ŒUF POURRI
JE CONTACTE PRINTEMPÉRIE !

Le projet CRAMOISIE© a pour ambition de faire fleurir le désert en un nouveau jardin d'Eden : la flore locale n'est ni désirée ni tolérée ! Merci d'éviter la transmission de tout agent organique (pollen, graines, jeunes pousses, mycélium, etc.) en lavant vos vêtements à la javel avant de pénétrer le désert rouge (de manière générale, ne pénétrez pas le désert rouge).

SI J'INTRODUIS DES GRAINES EN CONTREBANDE
JE RISQUE UNE GROSSE AMENDE !

Le projet CRAMOISIE© est un projet de peuplement évangélique, afin de garantir le salut des âmes des colons, Carnavale souhaite éviter au maximum les contacts entre les Néocarnavalais et les autochtones afaroïdes.

SI J'AI LA PEAU LA PEAU BRONZÉE
J’ÉVITE DE TROP M'APPROCHER !

SI J'AI LA PEAU NOIRE
J’ÉVITE DE ME FAIRE VOIR !

Le désert rouge est une terra nullius, personne n'y a jamais vécu, personne n'était là, toute affirmation contradictoire pourra être considérée comme du révisionnisme historique et de l'anti-carnavalisme.

SI J'AVAIS DES AMIS SUR LE TERRITOIRE DE CRAMOISIE
VITE VITE JE L'OUBLIE !
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ALERTE

Prévisions du centre métrologiques de Printempéribourg : puissants vents remontant l'Afarée en direction du nord-ouest.

CRAMOISIE© appelle à la vigilance : évitez les sorties en extérieur entre 10h lundi et 15h mardi (ces estimations peuvent être amenées à évoluer - consultez notre site internet). En cas de nécessité, porter un masque en tissu sur le visage et des lunettes de piscine pour se protéger les yeux. Une hydratation régulière est importante. Dans la mesure du possible, ne pas avaler sa salive en cas d'arrière-goût d’œuf dans la bouche.

En cas de choc toxique, contactez Grand Hôpital.
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Appel à l'Afarée

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L'Antérie, le Finejouri et l'Azur appellent à la réunion de tous les Etats afaréens au sein du Pacte fondé le 21 novembre 2016 dernier. Trop de guerres intestines, de massacres impunis, d'injustices, d'ingérences et d'impuissance supportés par l'Afarée, le plus grand continent, le plus ancien et le plus jeune continent de l'Humanité, doivent laisser place à une ère nouvelle. Cette ère sera celle de la souveraineté reconquise et de la puissance affirmée. Elle sera celle de la paix entre nos Etats, de la coopération et de la diplomatie. Elle sera celle de la décolonisation et de l'éradication de l'impérialisme. Elle sera le fruit des efforts concentrés et d'un travail patient ; le Pacte afaréen de sécurité est l'enceinte où ce travail peut être mené. Ni une alliance rigide, ni un mot creux, le Pacte est un espace par et pour les Afaréens, et le lieu de règlement des crises communes. Tous les Etats afaréens capables d'affirmer les valeurs d'indépendance, de paix et de solidarité afaréenne sont appelés à rejoindre le Pacte de sécurité, en signant la Charte qui nous liera comme une feuille de route, un engagement.

Trop longtemps les vœux pieux, les phrases creuses, les tentatives vaines ont comblé de leur inertie les aspirations de nos peuples à la solidarité, et l'intérêt supérieur de nos pays s'est trop souvent contenté de demi-assurances et de précaires équilibres, dépendant des grandes puissances étrangères pour la défense de son propre voisinage. L'Afarée doit reprendre ses droits chez elle et affronter la réalité en adulte.

Nous appelons solennellement tous les Etats afaréens souverains, qu'ils nous aient ou pas témoigné de leur solidarité, à nous rejoindre définitivement par la signature de notre Charte. L'Ustyae Cliar Sochacia, la République du Banairah, l'Empire islamique du Churaynn, la République faravanienne, les Tamurt N'Althajj, le Royaume de la cité du désert, la République sacrée et universaliste de la Mandrarika, la République d'Ouwanlinda, l'Île Démocratique d'Anna, la République anterienne côtière d'Ëdango, la Commune de Jadida, la République du Bajusid, le Royaume d'Ameria, le Royaume de Myènè, l'Etat azzymérien, l'Union des Corporations du Phéniskus, la République Fédérale de Kéran, l'Empire Kémimide, la Cité de Qadisha, la République de Kwesara, l'Empire sarranide et l'Empire tikarite sont ainsi invités à nous rejoindre.
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Communiqué du Palais Royal de Finejouri retranscrit dans les journaux

À la lumière des premières estimations annonçant le Prince Mutarrif ibn Saadin comme futur président appelé à diriger le Bajusid, le Palais Royal de Finejouri souhaite adresser ses salutations respectueuses ainsi que ses vœux de stabilité et de réussite au peuple bajuside durant cette période importante.

Le Royaume de Finejouri accueille avec optimisme les perspectives qu’une telle transition pourrait ouvrir pour le Bajusid et pour l’ensemble de la région. Sa Majesté le Roi Louis II exprime l’espoir de voir cette nouvelle dynamique politique favoriser le dialogue, la coopération régionale ainsi que le renforcement des relations diplomatiques entre les nations afaréennes.

Dans un contexte régional où la stabilité et la concertation demeurent essentielles, Finejouri reste convaincu que les liens entre nos peuples pourront continuer à se développer dans un esprit de respect mutuel, de prospérité partagée et d’amitié durable.

Le Palais Royal suivra avec attention l’évolution de la situation politique au Bajusid et renouvelle son attachement à des relations constructives avec les autorités et le peuple bajusides.

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El Imparcial

Février 2019 - La crise politique du Bajusid de janvier 2019, véritable baptême du feu pour l'après mandat de Joubair Toulali.


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L'interpellation et la résistance coordonnées des membres du service de sécurité du Prince sont des raisons valables de voir Joubair Toulali durcir la répression contre le Prince et ses soutiens.


Le Bajusid est devenu sur le premier trimestre, l'un des pays d'Afarée du nord les plus scrutés de l'actualité internationale après la survenue d'une crise électorale majeure au lendemain des élections présidentielles de janvier 2019. Annoncé perdant des élections présidentielles de début d'année, Joubair Toulali a d'abord contesté les résultats de celle-ci, ne reconnaissant pas sa défaite et empruntant les voies légales de recours à sa disposition. Une voie de recours notamment possible au travers du Conseil Constitutionnel, qui a également fini par échouer. Le président sortant Joubair Toulali et son parti de l'Umma Fakhura, se maintiennent dès lors au pouvoir dans l'illégalité la plus totale après la décision du Conseil Constitutionnel d'homologuer le résultat du vote. Le Prince Mutarrif ibn Saadin est par conséquent rétabli dans ses droits et l'acharnement de Joubair Toulali pose la question de sa légitimité. Car lorsque le Conseil Constitutionnel a tranché le 15 février dernier, l'action de Joubair Toulali était invalidée. La confirmation de la victoire du Prince a entrainé l'escalade de son rival et président de facto Joubair Toulali. Refusant d'obtempérer, le gouvernement Toulali s'est contraint à une fuite en avant, repoussant toute passation du pouvoir et devant par conséquent entamer des actions de coercition. Son parti de l'Umma Fakhura risquant la fracture, entre les légalistes qui appelaient à une transition pacifique du pouvoir, ceux qui soutenait une nouvelle bataille juridique auprès du Conseil Constitutionnel, ceux qui prônaient une nouvelle voie tracée d'une ligne dure, le gouvernement Toulali a initié des actions de coercition contre le risque de manifestations ou d'actions armées de la part de ceux qui percevraient un geste anticonstitutionnel de sa part. L'armée est déployée dans la capitale, la logique jusqu'au boutiste du camp Toulali est actée. Une situation critique et critiquée, alimentant des tensions au sein de l'opinion publique, qui commence à alimenter les réseaux sociaux de vidéos et photos dénonçant une surprésence militaire, un hold up du processus institutionnel normalement rythmé par le verdict du Conseil Constitutionnel.

Tarrin, la capitale du Bajusid sécurisée, des actions coercitives plus directes sont entreprises contre les leviers d'action du Prince, comme ce qui semble être une expédition punitive contre l'une des résidences du Prince où il a été aperçu la veille. Un véritable affrontement armé entre la garde rapprochée du Prince Mutarrif ibn Saadin et les forces armées loyales au régime Toulali. Si les informations officielles manquent et qu'elles paraissent en cette période difficilement vérifiables, des journalistes affiliés à la presse indépendante locale rapporte plusieurs morts lors de ces affrontements, tout camp confondu. En attaquant la villa du Prince, le gouvernement Toulali entend faire pression sur les leviers de coercitions détenus par les Saadin, à commencer par la présence de ces femmes combattantes kodedanes. Rompues aux techniques militaires, leur présence aux côtés du Prince est une épée e Damoclès réelle pour le gouvernement Toulali qui aurait à craindre des actions armées contre lui et ses représentants en faveur d'un maintien du président sortant au pouvoir. Un débordement qui transforme définitivement la crise électorale en crise politique, marquant le pas sur les régimes autoritaires. A la volonté des électeurs succède la force des armes et de tout l'arsenal de l'exécutif que Joubair Toulali entend profiter et user. Avec la survenue de cette tragédie, beaucoup craignent le démantèlement du cordon sécuritaire entourant le Prince Mutarrif ibn Saadin, après que le gouvernement Toulali ait décemment pu l'accuser de constituer un foyer rebelle menaçant la stabilité du pays.

"Les heurts et désormais les morts liés aux affrontements entre des contingents de l'armée du Bajusid et la sécurité rapprochée du Prince, vont nécessairement donner du grain à moudre au gouvernement Toulali, pour criminaliser la situation du Prince Mutarrif ibn Saadin, entouré d'éléments que l'on qualifie déjà à la télévision nationale de tueurs de flic..." explique Oscar Rapinès, politologue. "Ces affrontements vont motiver un maintien et peut-être même un renforcement des forces armées sur la capitale Tarrin..." La Fédération d'Alguarena a par conséquent appelé à la plus grande prudence des ressortissants alguarenos sur place et a en outre fortement déconseillé de se rendre sur place pour un séjour touristique. Elle rappelle également par l'intermédiaire du conseiller fédéral aux affaires étrangères, Simón Velázquez, que les forces alguarenas sur place procéderait sans plus tarder à l'accompagner ainsi que l'affrètement des avions destinés à transporter des ressortissants désireux de quitter le pays. Car sur place, l'atmosphère a des relents de guerre civile, les forces armées circulant allégrement dans la capitale, prêtes à donner le change aux forces militaires privées. Une situation faite sans précédent depuis son indépendance en 2010.
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4 septembre 2019 - CONFIDENTIEL - Phase préparatoire à l'opération "cegonha de fogo" au nord du Bajusid.

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L'ensemble des moyens aéronavals de la flotte permet aujourd'hui une polyvalence forte visant à intégrer l'ensemble des champs d'opération auprès du porte-avion léger le "Furioso".


Cadre général à l'opération

L'opération cegonha de fogo se traduit dans un langage francophone par "Cigogne de feu" et consiste en l'organisation d'un sauvetage héliporté du Prince Mutarrif ibn Saadin pour l'exfiltrer du Bajusid où ses jours sont en danger dès lors que sa clandestinité tombera. Cette appellation donnée à la mission vient nécessairement du mythe de la Cigogne porteuse de bébé, tandis que l'idée de la flamme renvoie nécessaire à une notion d'espoir. La Cigogne de feu est dès lors une opération chargée de protéger le nouveau visage de la nation du Bajusid qu'était devenu le Prince Mutarrif, son sauvetage représentant un espoir, une flamme et possiblement à ce stade, une modeste étincelle, pour la voie démocratique encore ouverte pour le pays. Car il faut reconnaitre que le pays est à ce stade dans une situation de crise post-électorale quasi inextricable en la présence de ses deux principaux protagonistes : le président sortant et défait Joubair Toulali, se maintenant au pouvoir par la force de son exécutif et le Prince Mutarrif ibn Saadin, légitime vainqueur des dernières élections mais dépossédé de toute victoire après la contestation des résultats par Joubair Toulali et son refus de reconnaître par conséquent les résultats.

C'est donc dans ce contexte que le groupe aéronaval s'est déployé dans les eaux internationales limitrophes à l'espace maritime du Bajusid, ne disposant pas de base régionale pour démultiplier les moyens humains et matériels en soutien. Cette restriction impose ainsi donc une opération courte et clairement définie, pour pouvoir concentrer les moyens à la réussite d'objectifs quant à eux restreints. La manoeuvre s'articule autour du porte-avion léger le "Furioso" et son armements aéronaval embarqué, partagé entre la dotation de quatres avions multirôles et six hélicoptères dont la moitié est dédiée à l'appui-feu l'autre au transport. Ceci dit l'objectif n'est en rien d'envahir le Bajusid, ou encore de renverser l'autorité politique sur place. Aucune occupation de zone n'est également prévue. L'objectif est ici de permettre une exfiltration de personnalité politique menacée et pour qui le maintien sur le sol bajusid génère un risque d'arrestation voire d'élimination. L'opération doit par conséquent se dessiner sous les traits d'une action de sauvegarde du Prince Mutarrif ibn Saadin, plus que d'une élimination de Joubair Toulali. Car la crise de légitimité qui frappe d'un même coup Joubair Toulali et le Prince Mutarrif ibn Saadin doit contraindre le Jaguar Paltoterran à la vigilance quant aux répercussions certes militaires mais aussi politiques d'un tel engagement. Les motivations visant à souligner la nécessité d'une protection de l'intégrité physique d'un Prince activement recherché et risquant l'élimination est un élément de langage qui permet subtilement un déploiement restreint, limité et dirigé vers cet objectif de protection. Le résultat électoral des dernières présidentielles du Bajusid, qui portent le Prince Mutarrif ibn Saadin à la tête du pays, sont un élément narratif clé pour imposer la présence du Jaguar Paltoterran aux abords des eaux souveraines du Bajusid sans lui permettre un discours de cohésion nationale sous le registre de "citadelle assiégée".

Le Prince Mutarrif ibn Saadin que le Jaguar Paltoterran entend exfiltrer et sauver n'est alors pas qu'un VIP en difficulté et ayant craché le bon montant à une telle opération, c'est aussi une figure de souveraineté dans une région contestée et avec laquelle le Jaguar Paltoterran peut s'offrir les moyens de réécrire des dynamiques locales. Encore faudra-t-il pour cela soutenir un équilibre fragile entre trois aspects de l'opération :

  • le premier des aspects est le sauvetage de la cible, le Prince Mutarrif ibn Saadin. Si celui-ci échoue, du fait que la cible soit tombée aux mains du gouvernement Toulali ou décédée, la présence du Jaguar Paltoterran dans la région s'arrête immédiatement car c'est le leitmotiv sur lequel il s'appuie pour soutenir une présence en opération là-bas.
  • le deuxième aspect à considérer est le caractère raisonnée de la force à déployer pour soutenir l'ambition énoncée en premier point. S'employer à obtenir une extraction trop spectaculaire du Prince Mutarrif ibn Saadin est de nature à se faire préjudiciable puisqu'elle mettrait en exergue les moyens d'une puissance étrangère, à la solde d'un politique bajusid. Le Prince serait alors facilement dépeint comme l'agent d'une puissance étrangère.
  • Et enfin se pose la question d'une restriction des engagements auprès de tierces parties que le Bajusid. La confrontation actuelle est en effet dirigée sur des questions de politique intérieure, un départage entre l'autorité légitime du pays qu'est le Prince vainqueur des élections et Joubair Toulali, le président sortant maintenu par des soutiens militaires de l'état-major. Un engagement du Jaguar Paltoterran mal calibré et possiblement dirigé contre des intérêts étrangers sur place ou une présence militaire étrangère fortuite, viendrait nécessairement ouvre le spectre d'une escalade et un réchauffement rapide du rapport de force en cours. Le ciblage du Prince pour exfiltration, la limitation des pertes issues du camp Toulali mais aussi le non engagement face à des forces militaires tierces est une donnée fondamentale à l'équilibre de la stratégie actuellement en place.

Autonomie en opération

Il faut aussi dire que le groupe aéronavale doit pouvoir se suffire à lui-même, considérant l'absence d'une aviation supplémentaire basée à terre. L'absence de base régionale définit le cadre d'emploi des forces aéronavales du Jaguar Paltoterran. Le porte-avion léger le "Furioso" se fait le pont d'envol et d'atterrissage de l'ensemble des équipes commandos d'exfiltration, avec une escadrille d'aéronefs non pas pour assurer une domination du ciel ou une quelconque suprématie aérienne, mais plutôt une bulle de défense antiaérienne localisée et temporaire. Le choix des aéronefs destinés à composer cette escadrille s'est donc naturellement porté sur quatre chasseurs-bombardiers F-1000E pour défendre un usage multirôle, considérant le parc aérien limité à disposition. Le parc des moyens héliportés est quant à lui mieux fourni puisqu'il combine trois hélicoptères d'attaque de modèle HA-2 "Ceniza" aux côtés de trois hélicoptères de transport quant à eux de type HLT-I "Alpaga", une mixité qui garantit un déploiement sous couverture et un nombre suffisant d'appareils qui permet la désignation d'une équipe d'intervention principale, secondaire, voire de réserve dans le cas où un hélicoptère ne saurait déployer le commando principal pour une avarie ou toute autre raison méconnue à ce stade.

Le déploiement limité des moyens aériens, héliportés et aéronautiques confondus, est un choix donné à la volonté de ne pas nourrir un discours prônant une défense nationale face à une ingérence travestit en manoeuvre invasive et téléguidée par le Prince. Limiter les moyens à son exfiltration gagera qu'il s'agit d'une exfiltration, en somme légitime considérant le traitement qui lui est actuellement réservé dans le pays, et non pas une action militaire d'agression voire d'invasion, commanditée par le Prince. La gestion du risque associé aux ingérences étrangères va reposer sur une logique de dissuasion sous-marine, jumelée à des fonctions polyvalentes défendues par deux frégates multimissions et antiaérienne.

Conditions de réussite de l'opération

Sans surprise, l'enjeu premier est ici d'assurer l'exfiltration du Prince Mutarrif ibn Saadin de l'autre côté de la frontière du Bajusid, ce dernier continuant d'être ciblé par des mandats d'arrestation portés par le gouvernement bajusid, risquant ainsi chaque jour d'être découvert et possiblement assassiné. Extraire le Prince du territoire bajusid et organiser son transfert sur le porte-avion léger le "Furioso", à l'écart de toutes les menaces issues du gouvernement Toulali, reste le critère principal d'une réussite. Néanmoins et les enjeux cités nous l'apprennent, d'autres critères de réussite secondaires sont à considérer. La capacité du Jaguar Paltoterran à éviter une confrontation avec les forces régulières du Bajusid a son importance pour construire un narratif favorable au Prince et lui permettre de communiquer assez largement après son extraction, depuis une nouvelle localisation davantage sécurisée et à même de libérer sa parole.

Moyens à disposition

Sans surprise, le groupe aéronaval compose le principal atout de cette force militaire en opération. Et il est tout particulièrement vrai de le préciser pour le bâtiment amiral qu'est le porte-avion léger. Il joue là un rôle de commandement et d'aviation embarquée qui donne de la réactivité et même tout simplement du rythme au contingent. Sans ses moyens de projectin et de coordination, l'opération tournerait au ralenti. Bien que les autres bâtiments puissent embarquer des hélicoptères, c'est le porte-avion léger qui se constitue comme le point de chute et de départ aux opérations de sauvetage du VIP qu'est le Prince Mutarrif ibn Saadin. Vient ensuite différents moyens à l'escorte, notamment les deux frégates "12 de julho de 2007" et "Grande Aleúcia" qui, par la pluralité des missions couvertes, assurent une protection optimale du navire amiral en opération. Même si elles ont chacune des spéciales comme la lutte antiaérienne ou encore un caractère multimission, elles partagent un panel de missions réunies autour de la veille de surface et aérienne. En l'absence d'AWACS, elles jouent un rôle d'importance dans l'anticipation des menaces et l'enclenchement de contremesures. Une corvette est également associée au dispositif mais pour assurer une couverture rapprochée du groupe aéronaval, afin de faire bénéficier ses moyens de lutte antimissiles au navire amiral. Dotée d'un canon de 76mm à cadence de tir élevée, elle est en mesure d'offrir un répondant à l'approche d'embarcations irrégulières, drones navals ou aériens, convergeant sur le navire-amiral.

Du côté des sous-marins, bien qu'ils jouent effectivement un rôle important dans l'escorte du navire-amiral, ils sont ici avant-tout destinés à assurer une dissuasion invisible et à constituer des alertes précoces à l'apparition d'intrusions navales aux abords du périmètre de sécurisation maritime voulu au groupe aéronaval. Leur présence ajoute de l'incertitude à une manoeuvre ennemie, l'oblige à la prudence ou à modifier sa formation. La menace sous-marine est représentée par les JAG-01 "O Libertador" et JAG-02 "Terra da Morte". La pluralité des sous-marins déployés au sein du groupe aéronaval permet à ce dernier d'envisager la surveillance d'axes secondaires pour imperméabiliser davantage le périmètre de sécurisation maritime. Une mission à forte valeur ajoutée traduit sous les verbes observer, signaler et cas échéant couvrir, qui dénote peut-être avec l'invisibilisation voulue à sa présence au sein du groupe.

Un groupe aéronaval hétérogène mais qui ne se fait finalement complet qu'au contact de plusieurs navires auxiliaires, tournés vers le support. La présence d'un navire-ravitailleur, chargé de donner de l'endurance à ce groupe aéronaval sur théâtre extérieur et relativement éloigné de bases terrestres, en est l'exemple le plus concret à citer. A ses côtés un navire-remorqueur, que beaucoup aimeraient sans doute ne pas avoir à requérir. Il n'en reste pas moins disponible, prêt à tenir une fonction d'assistance aux situations d'urgence, visant la récupération de bâtiments endommagés ou encore en avarie.

Après les moyens navals, lourds et imposants, voulus bien atypiques et onéreux pour se faire la possession d'un groupe paramilitaire privé, vient le déploiement des équipements aéronautiques, partagés entre les quatre avions multirôles F-1000E et six hélicoptères de transport et de combat. Les avions, limités à une escadrille, n'ont pas ici la prétention d'assurer la suprématie aérienne seule mais plutôt d'opposer une protection aérienne immédiate du groupe aéronavale, facilitant les contremesures aux tentatives d'interception ennemies. Ils sont une présence armée, complétant un dispositif défensif mais logiquement apte à exécuter des frappes aériennes limitées sur des cibles précises et symboliques. Les hélicoptères sont eux à même d'assurer les transferts de commandos du Jaguar Paltoterran et du VIP, d'une zone d'opération à une autre. Le détachement de commandos s'il fallait en parler, serait quant à lui composé d'environ trente-deux opérateurs et embarqués au sen de plusieurs hélicoptères de transport. Un nombre qui permet la désignation d'équipe de réserve au cas où un crash d'hélicoptères compromettrait la réussite de la mission, mais aussi si nécessaire d'occuper une zone terrestre restreinte sous un temps suffisant pour permettre une infiltration ou exfiltration du Bajusid.

Les groupes Grifo et Pegaso seront chargés d'assurer le transfert des commandos dont l'essentiel sera composé du groupe Medusa, permettant à ce titre de citer les présence du Primer Suboficial Hector Montalbán, du Sargento de tercera Saúl Bermejo ou encore du Cabo Antonio Valverde. Comme précisé plus tôt, trente-deux combattants feront partie des équipes commandos engagées.

Grupo naval ALFA
  • 1 porte-aéronefs "Furioso" de la classe Sentinella Azul (1 porte-hélicoptères de niveau 2).
  • 1 sous-marin d'attaque de classe Abismo (sous-marin d'attaque de niveau 3) "O Libertador"
  • 1 sous-marin d'attaque de classe Abismo (sous-marin d'attaque de niveau 1) "Terra da Morte"
  • 1 Frégate multimissions de classe Imperiosa (Frégate de niveau 3) "12 de julho de 2007"
  • 1 Frégate de classe Tempestade (Frégate de niveau 1) "Grande Aleúcia"
  • 1 corvette "La Caravela" de la classe Vector (corvette de niveau 6)
  • 4 F-1000E (chasseurs-bombardiers de niveau 5)
  • 8 missiles de croisières air-sol de niveau 9
  • 2 DVR-1 "Búho" (2 drones de reconnaissance de niveau 2)
  • 3 HLT-I "Alpaga" (hélicoptères de transport moyens de niveau 1)
  • 3 HA-2 "Ceniza" (hélicoptères d'attaque de niveau 1)
  • 1 pétrolier ravitailleur de niveau 7
  • 1 navire-cargo armé de niveau 1
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12 septembre 2019 - CONFIDENTIEL - Opération Cegonha de fogo - partie 1 sur 5.

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L'opération "Cegonha de fogo" est destinée à protéger la flamme d'un renouveau politique au Bajusid.

La mer était d'un bleu nuit, tendant sur le noir, prête à engloutir chacun des braves qui entendait la défier ce soir. Dans les eaux internationales, le groupe aéronaval ALFA progressait, avançant avec une discrétion, sous une formation réactive, que ceux qui auraient la chance de le détecter auraient préféré ne pas voir. Le porte-avions léger le "Furioso"se maintenait au centre du dispositif, traversant la houle avec l'aisance d'un cheval sauvage lancé au galop dans les blés hauts. Son pont d'envol demeurait sombre, comme la mine des pilotes qui le traversaient au milieux d'autres silhouettes que l'on arrive à identifier casquées. Dans la pénombre adjacente, apparaissaient les frégates 12 de julho de 2007 et Grande Aleúcia, trahies par les faibles éclairages qui transparaissaient depuis la tour de contrôle de chaque bâtiment. La corvette La Caravela, passant pour l'un des bâtiments les plus modernes de la flotte paramilitaire, ne manquait pas d'allure elle non plus. Un semblant de technologies qui ne mentait pas, se faisant le bouclier rapproché et les yeux du porte-avion léger. Invisibles à l'oeil nu des pilotes et mécaniciens installés sur le pont, les sous-marins O Libertador et Terra da Morte tenaient leur rôle pour surprendre une présence navale hostile et contraindre si nécessaire un engagement dans les conditions qu'ils auraient fixé. Un jeu de cache-cache entre eux et les mécaniciens des navires de surface, qui gageait du caractère stratégique de leur déploiement, connu des officiers supérieurs du groupe aéronaval et de l'Etat-major paramilitaire seulement. Jadis dépeints comme mercenaires, les membres du Jaguar Paltoterran avaient maintenant de quoi arborer un prestige envié des plus grandes armées de ce monde. Un prestige qui sera voué à croitre, une fois qu'ils auront traversé les eaux internationales et souveraines qui les séparent de leur objectif : exfiltrer le Prince Mutarrif ibn Saadin du Bajusid, heureux vainqueur des dernières élections présidentielles locales et actionnaire d'importance du groupe paramilitaire. Une réussite qui ne ferait pourtant que traduire le point de départ pour une transition politique pérenne, poussant au départ de Joubair Toulali.

Sortir le Prince Mutarrif ibn Saadin du Bajusid avait pour première fonction de le sortir de sa condition de fugitif malgré sa victoire reconnue du bureau électoral, des médias et dernièrement du Conseil Constitutionnel national du Bajusid. "Opération Cegonha de fogo" soit dit dans une langue accessible au commun des mortels la Cigogne de feu. La cigogne, allégorie de cet animal porteur de bonheur et de bébé. Le feu, symbologie d'espoir et de renaissance. Le Jaguar Paltoterran serait la cigogne qui transporte la flamme d'un espoir politique au Bajusid. Dans la salle de briefing du porte-avions léger le "Furioso" les hommes et les femmes présents étaient assez loin de ces considérations abstraites. L'opérationnel dominait tout le débat, à la manière d'une table cartographique installée au milieu de la salle et avec laquelle on pouvait aisément visualiser le littoral du Bajusid. Ses côtes, ses routes secondaires, les reliefs, les principales zones urbaines, c'est finalement l'ensemble du pays qui se dessinait face à eux sur un espace de deux m². Des pions rouges colonisaient peu à peu l'espace cartographié, traduisant les positions connues ou supposées des forces gouvernementales qu'il eut été difficile de précisément classer entre celles loyalistes à Joubair Toulali et celles qui, par la force des choses, seraient aptes à reconnaitre le Prince pour président, issu d'un processus démocratique admis à la Constitution. Les trente-deux commandos étaient là, installés dans un hangar à avion réaménagé en salle de briefing pour faire face aux circonstances. Les chefs d'éléments d'assaut étaient présents au premier rang, lorsqu'ils ne participaient pas directement à la présentation aux côtés de spécialistes dédiés à des thématiques clés de l'opération comme la reconnaissance tactique et stratégique organisée par les drones et observation satellite. D'autres étaient là pour dresser un topo sur la situation politique intérieure du Bajusid et la perception multiple qu'auraient les forces armées nationales du Bajusid face à une puissance étrangère en intervention sur son sol souverain. Malgré l'importance des effectifs réunis, le calme traversait le hangar, matérialisant une forme de concentration propre aux instants précurseurs des opérations dangereuses. Le capitán Ezequies Villagrà dirigerait les opérations sur le terrain, justifiant de ce fait qu'il anime le gros de la présentation, complété par le commandant d'escadron et mayor Esteban Borrasca qui décrirait les conditions de déploiement et d'exfiltration imposées pour l'engagement de ses hélicoptères. Sur l'écran mural, définit par une toile blanche, le visage du Prince Mutarrif ibn Saadin était projeté, sans effet ni théâtre, l'important était surtout que chacun mémorise le VIP de cette excursion dans les territoires nord-afaréens du Bajusid. La localisation confirmée du VIP fugitif était à côté, sous les traits d'une carte destinée à préciser la configuration des lieux, bien qu'ils soient pour l'heure réputés sous contrôle du Prince et de son service de sécurité.

Désigné sous le nom de code de l'aigle couronné, un clin d'oeil original fait à l'aigle royal et le statut social du Prince, Mutarrif ibn Saadin était le refrain d'un chanson à composer. Car l'opération ne consistait en rien à libérer le Bajusid ou encore à frapper l'actuel président illégitime Joubair Toulali, elle était un chapitre visant l'exfiltration d'un VIP et dont la réussite de l'opération laisserait libre cours à la suite des évolutions d'un bras de fer politique inédit depuis plusieurs années dans la région. Le Primer Suboficial Hector Montalbán croisait les bras, semblant avoir eu un lot d'informations pré-briefing pour ne pas faire le relevé scrupuleux de ce qu'il y était dit. Il faut dire qu'on ne tarda pas à le présenter comme le commandant en second de l'opération sur le terrain, adjoint au capitán Ezequies Villagrà. Le Sargento de tercera Saúl Bermejo trônait aux côtés d'Ezequies et Hector, s'agissant d'un autre commandant d'unités voulues pour l'assaut. Dans l'auditoire des trente-deux commandos, les mines se concentrèrent sur la présentation, l'une d'elles plus encore. Il s'agissait du cabo Antonio Valverde, observant le visage du Prince avec une forme de circonspection.

Cabo Antonio Valverde : Il a l'allure d'une homme qui n'a pas beaucoup dormi depuis les élections.

Capitán Ezequies Villagrà : Alors on le bercera au son du doux rotor d'un HLT-I "Alpaga".

Personne ne sourit, car à cette évocation rien n'avait finalement changé : ils avaient pour objectif de lui faire quitter le territoire, indépendamment des circonstances et de l'état dans lequel il se trouvait. Un calme religieux qui permit à l'officier de renchérir dans l'intervalle.

Capitán Ezequies Villagrà : Pour l'opération trois zones d'intérêts, la zone ALFA, BRAVO et ROMEO pour réserve. Les groupes Grifo et Pegaso seront nos chauffeurs pour l'opération avec des unités d'appui-feu si jamais l'exfiltration nous est particulièrement difficile. A côté de ça l'unité Medusa alimentera les principaux groupes d'assaut pour opérer sur le territoire du Bajusid. J'ai sélectionné et recommandé personnellement chacun de vous. Ne me dites pas merci, certains pourraient ne pas apprécier le cadeau une fois sur place... Malgré tout, la priorité est de récupérer le Prince et on a pour cela vocation à éviter l'engagement face à des forces adverses. Pas de contact qui ne puisse être évité, pas de pertes inutiles. On ne fabriquera pas le lendemain de notre opération la propagande de Toulali qui lui permettra de resserrer les rangs derrière lui. Le commandant de l'unité Grifo réapparut sous la lumière feutrée du hangar.

Mayor Esteban Borrasca : Pour l'insertion sur zone, on mobilise trois HLT-I Alpaga, et trois HA-2 Ceniza en couverture rapprochée. Deux Alpaga déploieront les unités d'assaut principales et secondaires, tandis que le troisième se constitue en réserve, soit pour secourir une des unités cités, soit pour intervenir sur un site non considéré dans la planification opérationnelle initiale. Un Ceniza dévolu à chaque taxi... Outre les moyens héliportés, des F-1000E vont venir nous assurer une bulle aérienne temporaire, sans démonstration extravagante, sans pénétration profonde du territoire. Ne vous y fiez pas, vous serez seuls sur zone. Les F-1000E sont là pour couvrir votre exfiltration si vus étiez détectés et poursuivis. Ils sont là pour empêcher l'armée régulière du Bajusid de cueillir nos hélicoptères. Là encore, on ne vient pas faire la guerre, on vient retirer une allumette laissée allumée dans une poudrière qu'est le Bajusid.

Une phrase qui n'apparaissait pas complétement vraie, considérant la volonté du groupe paramilitaire à assimiler le Prince Mutarrif ibn Saadin à la stratégie d'influence du Jaguar Paltoterran dans la région. Une nuance maintenue à l'écart du briefing, certainement par volonté de concentrer chacun sur sa mission. Mais nul doute qu'il faudrait ensuite oeuvrer à la réinstallation du Prince Mutarrif ibn Saadin au Bajusid, le cantonner dans ses quartiers du porte-avions léger n'étant pas une fin en soi.

L'opération telle que décrite en briefing se dévoile sous un message clair :
  • l'objectif principal était de récupérer sain et sauf le Prince Mutarrif ibn Saadin, alias l'aigle couronné, pour ensuite le transférer le porte-avions léger le "Furioso".
  • la satisfaction de cet objectif doit toutefois chercher à limiter la visibilité d'une présence mercenaire sur le territoire du Bajusid, au risque de saborder l'influence du Prince une fois qu'il aura été exfiltré.
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13 septembre 2019 - CONFIDENTIEL - Opération Cegonha de fogo - partie 2 sur 5.

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La dissimulation de l'opération en cours est déterminante pour ne pas alimenter la propagande Toulali et desservir la légitimité du Prince Mutarrif ibn Saadin.

La nuit qui suivit connut plus d'agitation que la journée qui l'avait précédé. Une trentaine de commandos s'étaient équipés quatre heures auparavant, prêts à décoller avant ou après l'heure prévue, selon les impératifs extérieurs qui pouvaient se greffer à la planification de la mission. Les affectations de chacun au sein des six groupes d'assauts, deux par hélicoptère, étaient connues. Certains des titulaires pour la mission semblaient ne pas bouder leur plaisir, finissant par embarquer dans un premier hélicoptère en stand by, attendant le dernier signal pour initier le décollage. Les pilotes des groupes Grifo et Pegaso furent exaucés, ou du moins autorisés à arracher leurs appareils au pont du Furioso sur lequel ils patientaient depuis un long moment déjà. La nuit était sèche en dépit des flots qui battaient les flancs du navire, une nuit d'été leucytaléenne diraient certains. Le rotor tournant balayait l'air, le rendant respirable aux commandos arnachés sous des tenues tactiques, gilets, casques et cagoules. Tout le monde y trouva son compte lorsque les deux hélicoptères Alpaga prirent de l'altitude, offrant un bol d'air frais pour chacun.

Mayor Esteban Borrasca : N'y prenez pas trop goût.

Une injonction dite à travers la radio et dans ces termes que le Mayor Esteban Borrasca balança sur le ton d'une plaisanterie camouflée de sincérité.

Mayor Esteban Borrasca : Quand les côtes seront visibles nous opérerons un vol d'approche à basse altitude, pour nous soustraire à la couverture des radars à l'intérieur des terres. Avec de la chance, nous serons détectés le plus tard possible pour leur permettre une interception...

Les unités d'assaut se rappelleraient son propos lorsque l'altitude des deux hélicoptères et leur escorte baisserait à mesure qu'ils approcheraient des côtes. Le littoral du Bajusid, plongé dans une mer obscure que la nuit n'empêchait toutefois pas de distinguer. Le port de Cherasi était visible de loin, comptant parmi les plus fortes lumières annonciatrices des côtes. Les hélicoptères poursuivirent leur itinéraire, déviant leur trajectoire initiale pour peu à peu épouser les formes des reliefs avec lesquels ils entendaient composer pour s'affranchir de la couverture radar hostile. Quelques bassins d'eau stagnante étaient dicibles depuis les airs, la lune s'y reflétant à mesure que l'hélicoptère se déplaçait. Le cabo Valverde regardait par la porte laissée ouverte cette fausse quiétude qui caractérisait la ville au loin. Il faut dire que la mission n'avait pas autant de franchise qu'une attaque soutenue par l'ensemble de l'artillerie paramilitaire, ni le confort moral des opérations humanitaires visant à protéger une population vulnérable. Ici on exfiltrait un oligarque, défavorablement connu lorsqu'il était au Kodeda et avait fomenté un mouvement indépendantiste armé sur place, pour l'asseoir plus tard à la tête d'un pays. En dépit du droit constitutionnel qu'était le sien à prendre la tête du pays, l'affaire manquait nettement de panache que les autres motifs de déploiement précités, convenons-en. L'Alpaga vibrait comme une bête à bout de souffle sans que l'épais manteau noir en bas ne puisse faire dire aux membres du commando s'ils étaient repérés ou non par plusieurs fermes survolées. A cette heure et considérant l'absence de lumière émise par les appareils, il était peu probable que les gens aient la réactivité et la vision nécessaire pour localiser les appareils et deviner leur direction. Qu'à cela ne tienne s'il devait en être autrement, à chaque plan son imprévu.

Les rotors continuaient néanmoins de fendre l'air avec régularité mais aussi un tempo sourd, que l'on pouvait finir par confondre avec le coeur. Les paramilitaires fixaient l'horizon mêlant de plus en plus difficilement ciel et terre, à mesure que la nuit commencerait à se retirer. Dans le second hélicoptère le Primer Suboficial Hector Montalbán semblait garder les yeux fermés, non par volonté de dormir mais davantage écouter, les sons et les bruits du théâtre que ses hommes et lui s'apprêtaient à investir. Dans la salle de briefing la mission pouvait leur paraître claire au possible, une fois ici elle semblait toujours plus vivante et les détails discutés plus tôt, insaisissables.

Segundo suboficial Tiago De Carvalho Oliveira (Pilote de l'Alpaga-1) : La côte est franchie, on approche des coordonnées fournies par le contact local sous deux minutes.

L'information était simple, accessible à chacun, il fallait se préparer à quitter l'appareil pour opérer en territoire ennemi. Les pilotes continuaient d'afficher un calme qui semblait confirmer la discrétion de leur approche. A l'arrière de l'hélicoptère, le capitán Ezequies Villagrà leva deux doigts à l'attention des hommes qui le fixaient, puis les referma. Le tempo de la mission s'accélérait, deux minutes avant que les commandos ne reprennent le cours de la mission entre leurs mains, jusqu'ici confiée aux pilotes de l'aviation légère paramilitaire, organisée sous les équipes Grifo et Pegaso. Dans l'Alpaga-2, le primer suboficial Hector Montalbán avait rouvert les yeux, ayant reçu information similaire pour préciser la durée avant l'arrivée sur zone.

La réception et l'exfiltration du Prince souffraient de beaucoup de choses éminemment fragiles, comme l'emplacement d'un véhicule au bon endroit, un contact chargé d'orienter le commando en position pendant un temps donné, un signal visuel suffisamment discret pour ne pas alerter les autorités mais assez pour être décelé par les commandos en approche du point de rencontre. Malgré la présence d'un porte-avions léger capable de projeter une force aérienne, des frégates capables de déceler les menaces aériennes à des kilomètres à la ronde, des sous-marins capables de détecter par sonar ce qui échappe à la vigilance radar, les commandos n'en demeuraient pas moins profondément seuls à l'intérieur du Bajusid. Dans les ruelles et les jardins du village donné en lieu de rencontre, tout resterait à l'échelle humaine, laissant les unités d'assaut les seuls arbitres d'une mission échouée ou réussie... A 2h34, soit une minute avant leur arrivée sur zone, un imprévu se présenta à eux, un drone Búho leur signala un déplacement routier de plusieurs véhicules, probablement armés et à la vitesse irrégulière, gageant qu'ils effectuaient des contrôles inopinés sur les axes principaux. Il faut dire que le refus de Joubair Toulali de céder ses fonctions de président en dépit du scrutin et des décisions rendues par le Conseil Constitutionnel, obligeait à la mise en place de couvre-feux et autres arrêtés anti-rassemblements, pour prévenir les troubles susceptibles d'apparaître de l'autoritarisme grandissant sur place. Cette patrouille, comme d'autres en différents endroits, avait donc vocation à faire respecter les décisions arrêtées du gouvernement Toulali.

Au centre des opérations organisées depuis le tour de contrôle du porte-avions léger le "Furioso", un opérateur se rapprocha de son écran pour un examen visuel des prises de vue en cours d'affichage.

Suboficial Horacio Méndez Solari : Ici Bengãr. J'ai le visuel sur le convoi, armement confirmé. Deux véhicules et sept hostiles à bord.

Segundo suboficial Tiago De Carvalho Oliveira (Pilote de l'Alpaga-1) : Bien pris Bengãr. Lince maintient l'opération, on passe en vigilance renforcée.

Capitán Ezequies Villagrà : Trop tôt pour annuler. Ils sont peut-être là pour notre cible...

Primer suboficial Hector Montalbán : Et trop tard pour hésiter.

Avait répondu son commandant en second depuis l'Alpaga-2. Une phrase entendue par un paramilitaire présent, qui acquiesça d'un bref rictus figé sur les lèvres. Les hélicoptères Alpaga-1 et Alpaga-2 modifièrent légèrement leur approche de zone. Rien de significatif au plan initial, un juste nécessaire pour embrasser l'ombre de certains reliefs, éviter l'éclairage naturel des villes alentours. Les pilotes des Alpaga connaissaient leur machine sur le bout des ongles, survolant à pas chassé certains reliefs de nuit que la vision infrarouge permettait de scruter avec une attention toute particulière. Les F-1000E à ce stade, étaient restés dans le ciel surplombant la haute mer, s'évitant toute démonstration aérienne qui soit de nature à alimenter la crise politique et lui prodiguer une escalade militaire inarrêtable. Pourtant il eut été facile de commander une frappe air-sol sur le convoi des hostiles, depuis un F-1000E en vol à des dizaines de kilomètres de là. Mais le Jaguar Paltoterran n'était pas venu au Bajusid pour livrer un ennemi facile à haïr pour la présidence Toulali et le peuple du Bajusid. Un trait majeur de l'opération qui invita le commandant en chef de celle-ci à rappeler ses essentiels par radio aux chefs de groupe des unités d'assaut.

Capitán Ezequies Villagrà : Hostiles confirmés sur zone. Deux véhicules et sept hostiles. On maintient l'opération, on modifie la zone d'infiltration pour nous maintenir invisibles. On rappelle, pas d'engagement armé s'il n'y a pas de nécessité immédiate. La nécessité immédiate se traduisant par la suppression d'un hostile dans le but de vous protéger, vous ou la cible. Pas d'initiative, car ici, ce n'est pas nous qui écrivons l'Histoire. Votre tir salvateur sur un soldat bajusid est un acte de guerre, votre présence même au sol et au sein du village le plus paumé qui soit ici est un acte de guerre, vous saisissez mon idée?

Les mines et les gestes mécaniques des uns et des autres dans l'appareil sembla gager d'une réponse positive tandis que les chefs de groupe dans l'Alpaga-2 formalisèrent aussi leur compréhension totale des ordres. Le littoral avait littéralement glissé sous leurs pieds et l'arrivée sur la zone d'infiltration fut marquée d'une perte d'altitude qui permit aux uns et autres de distinguer nettement plus encore l'architecture des bâtiments dans lesquels ils s'infiltreraient. A leur gauche ladite agglomération de petite taille, possiblement deux mille habitants au bas mot. A leur droite une ligne claire, réfléchissant la lumière de la lune apparaissait, un drone avait confirmé plus tôt qu'il s'agissait d'une route nationale se faisant l'artère des flux régionaux dans ce secteur. Sur les extrémités de celle-ci, particulièrement sur les axes y marquant l'insertion, des barrages routiers apparaissaient, probablement tenus par des forces armées pro-Toulali. Des ombres épaisses apparaissaient sous l'appareil, des collines qu'ils ne tarderaient pas à voir de près, lorsque l'hélicoptère les y aura déposés. Les deux hélicoptères se posèrent momentanément, le temps de débarquer une vingtaine des commandos répartie en quatre groupes d'assaut, tandis que la dizaine d'autres de l'Alpaga-3 demeurait en réserve sur le porte-avions léger. "Jusqu'ici tout va bien" pouvait-on lire sur le visage d'un premier mercenaire débarqué de l'hélicoptère et prenant appui contre une roche pour couvrir la descente du reste de ses frères d'armes.
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13 septembre 2019 - CONFIDENTIEL - Opération Cegonha de fogo - partie 3 sur 5.

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L'exfiltration du Prince Mutarrif ibn Saadin et de sa famille depuis l'arrière pays du Bajsuid s'est avérée couronnée d'un franc succès.

Le drone de reconnaissance Búho continuait de suivre les quatre unités à mesure que les deux Alpaga eurent toucher le sol et débarquer ses équipages. Il suivait malgré l'éloignement du théâtre opérationnel, ses moyens restreints et à bien des occasions, ses angles imparfaits, accusant un bref retard temporel sur la réalité en cours là-bas. Le convoi des deux véhicules armés continuait lui aussi d'être scruté, tandis qu'on le voyait accélérer et décélérer, parfois même se séparer sur plus d'une dizaine de mètres. De là-haut, il était bien difficile d'identifier précisément les occupants de ces véhicules. Une milice locale pro-Toulali, des policiers, le renseignement intérieur, l'armée, des criminels désireux de faire une belle prime avec la capture du Prince? Nul ne sait et l'heure à laquelle ils étaient photographiés ne plaidait en faveur d'aucun des choix permis.

L'opérateur de drone suivait la zone avec intérêt, partageant des rapports réguliers avec sa hiérarchie en communication permanente avec le Furioso.

Suboficial Horacio Méndez Solari : Le convoi poursuit son approche indirecte par le sud.

General de Brigada Eli Bryggman : Quelle estimation d'intersection avec nos forces?

Suboficial Horacio Méndez Solari : Variable. Pas de présence estimée au sein de la zone d'insertion mais s'ils maintiennent leur vitesse et cette direction, ils peuvent raisonnablement d'approcher de la zone d'extraction pendant une fenêtre d'exfiltration de la cible. S'ils pouvaient bifurquer à l'Est, la menace serait nettement réduite.

General de Brigada Eli Bryggman : Il existe un monde où ils cherchent la même chose que nous. Se peut-il que la mission ait été compromise?

Suboficial Horacio Méndez Solari : Le Prince est en cavale depuis janvier, neuf mois après son élection. Si des gens le cherchent neuf mois après dans un secteur hautement stratégique pour rencontrer la cible, la conclusion est facile à faire.

General de Brigada Eli Bryggman : Quand on perd l'exclusivité d'une information, on presse le pas... Maintenez les moyens. Pas de contrordres aux groupes d'assaut.

Suboficial Horacio Méndez Solari : Capitán, vous avez notre appui. Les hostiles maintiennent leur présence et convergent indirectement vers la zone d'extraction. Accélérez la séquence au sol. Terminé.

Le capitán Ezequies Villagrà ferma les yeux un bref instant, accueillant la nouvelle avec une réflexion naissante. La formule de l'opérateur de drone semblait encourageante, pourtant le fond de sa pensée visait à demander au capitán et ses hommes de faire tenir l'exfiltration de la cible dans une fenêtre opérationnelle plus réduite encore. Réduire le temps d'intervention n'était pas mince affaire compte tenu des circonstances. Dans le briefing restreint, organisé à destination des chefs de groupe, soit actuellement quatre en opération, on avait décrit assez scrupuleusement le point de contact avec la cible. Une construction basse, volets rouges, jumelée à une épicerie avec des accès arrières. Un terrain suffisamment ouvert sur quelques centaines de mètres pour permettre une récupération sur place, si la discrétion était levée. A l'approche de l'agglomération les éléments se scindèrent en deux groupes, sous la supervision du capitán Ezequies Villagrà pour le premier et le primer suboficial Hector Montalbán en responsabilité du second. Deux unités de dix opérateurs chacune, filant entre les murs bas de résidences provinciales, un terrain irrégulier et un verger que le climat leucytaléen d'Afarée du Nord semblait avoir souffrir le martyr.

Sur sa progression le primer suboficial Hector Montalbán leva le poing, stoppant nette l'avancée de son groupe. Un bruit métallique couinait au loin, possiblement une porte quel 'on refermait. Son unité se figea, balayant de part et d'autres de l'axe de progression qui était le leur. Le commandant-en-second aux opérations qu'était Hector Montalbán attendit dix secondes. Sans réitération de la menace, il donna le signal de reprendre la progression. Le capitán Ezequies Villagrà et son unité pouvaient déjà confirmer le visuel sur le lieu de rendez-vous avec la cible. Visant la fenêtre à l'étage avec un signal infrarouge, il initia le premier contact avec la cible qui y répondit par trois flash, là-encore infrarouge de sorte à se rendre invisible à l'oeil nu. Quelques secondes plus tard, la porte arrière s'entrouvrit, laissant un bâillement donner sur l'obscurité la plus totale. Le Bajusid ayant longtemps fait usage des langues francophones sous l'ère coloniale kronienne, le français était la langue destinée à couvrir les échanges entre la cible et un interprète du groupe. Un visage s'immisça dans l'entrebâillement de la porte, un visage fatigué ou âgé. Difficile à dire avec toute cette obscurité imposée pour le bon déroulé de l'opération. La porte vint à s'ouvrir davantage, une des amazones chargées de la protection du Prince était face à eux, un pistolet mitrailleur en main, son canon dirigé vers le sol. Le Prince se tenait par dessus son épaule, arborant des vêtements civils ainsi qu'une veste trop large mais surtout une posture qui trahissait sa vraie nature.

Prince Mutarrif ibn Saadin : Vous êtes le Jaguar ?

Capitán Ezequies Villagrà : Le Jaguar.

Prince Mutarrif ibn Saadin : Mais vous êtes en retard.

Capitán Ezequies Villagrà : Et vous en vie, réjouissons-nous d'un pareil compromis.

L'oligarque marqua la réflexion une nouvelle fois, avant de reculer pour laisser entrer un détachement du commando. Loin des odeurs de pestilence qu'on attribuerait à une planque digne du nom, l'endroit sentait le café froid, attestant du maintien des petits plaisirs auxquels le Prince s'était refusé à renoncer. Lors le capitán Ezequies Villagrà et le cabo Antonio Valverde pénétrèrent dans les autres pièces de la planque pour une reconnaissance minimale, ils aperçurent des couvertures trônant sur un canapé, une radio démontée était quant à elle sur une chaise, même chose pour deux téléphones portables dont la batterie et la puce étaient démontées puis posées dans une assiette. Tout semblait laisser envisager être en présence d'une planque pérenne, où les activités du quotidien s'étaient peu à peu muées en une routine faite de débrouille et où certains des équipements initialement utilisés commençaient à tomber en panne avec des possibilités de réparation toujours plus restreintes. Le capitán Ezequies Villagrà passa en revue les occupants d'une lampe torche. Le Prince Mutarrif ibn Saadin, sa femme, sa fille et deux personnels chargées de sa sécurité rapprochée, un mini bus de personnalités que les Alpaga pourront emmener. Le capitán Ezequies Villagrà fixa les deux gardes rapprochées du Prince, leur lançant ses directives dans un espagnol rapidement traduit sous un français plus approximatif, pour ne pas dire plus diplomate.

Capitán Ezequies Villagrà : Tant que nous ne sommes pas montés à bord de l'hélicoptère, vous pouvez restés armées. Une fois à bord vous me la remettez. La sécurité du Prince à bord du Furioso est notre responsabilité.

La garde se raidit à mesure que la traduction se fit, une injonction à laquelle le Prince acquiesça puis les éléments de sa garde rapprochée.

Suboficial Horacio Méndez Solari : Capitán. Le mouvement routier est toujours actif. Il converge sur votre position. Votre fenêtre est réduite.

Capitán Ezequies Villagrà : Compris Bengãr. Notre cible est localisée, demandons extraction immédiate.

Joignant le geste à la parole, les commandos quittèrent l'habitat, suivi de la famille Saadin et deux gardes du corps. Le Prince, autrement nommé au sein de l'escouade : la cible, fut placé au centre du dispositif d'exfiltration. Les gardes peinaient à trouver leur repère dans cette formation, obligeant le capitán à renchérir.

Capitán Ezequies Villagrà : Teuteu. Je ne veux pas te voir devant lui, ni derrière OK?

Une injonction que la garde comprit autant par son fond que par le ton employé.

Suboficial Horacio Méndez Solari : Capitán. Accélération des véhicules hostiles. Convergence directe sur votre position.

Capitán Ezequies Villagrà : Quelle distance?

Suboficial Horacio Méndez Solari : Peu suffisante pour vous priver d'une exfiltration immédiate.

Des éléments de l'équipe jurèrent, guettant la consigne du capitán.

Capitán Ezequies Villagrà : Vous avez entendu? On sera à table pour le petit-déjeuner, tout le monde se bouge.

Une image fort à propos pour inviter l'équipe à reprendre la route. La famille Saadin fut jointe au premier groupe d'assaut de Villagrà, un formation ouverte par un commando longeant les maisons basses arme au poing tandis qu'un second couvrait les hauteurs. Les habitats nord-afaréens avaient en effet cette fâcheuse tendance à s'affranchir de toutes formes de toitures, pouvant par conséquent abriter et recevoir sur ceux-ci, avec une vue imprenable sur ceux qui traversait le village en contrebas. A contrario l'enchevêtrement de cases berbères traditionnelles donnait des ruelles exiguës pour être empruntées par des véhicules motorisés. Désireux de s'affranchir des véhicules armés hostiles en transit dans le secteur, ils traversèrent le hameau bajusid par ce biais. Certains des commandos diront plus tard que ce hameau avait été dessiné par une main qui se refuse les lignes droites, d'autres qu'il ne fait pas bon d'être géomètre ici. Un meltingpot de boutades et sarcasmes, destiné à soigner les affres de cette mission en territoire hostile. Mais dans l'immédiat, ce labyrinthe de ruelles entretenait un avantage tactique à exploiter, pour prendre de vitesse deux véhicules potentiellement hostiles. Mais si les véhicules étaient une menace ou à ce stade, dirons-nous plutôt un risque, la traversée d'un hameau de nuit était une chose à ne pas éterniser. Un hameau n'est jamais réellement vide, même après 3 heures du matin et derrière les volets qu'ils apercevaient clos, une famille les observait peut-être. La formation des deux groupes d'assaut avançait vite sans nécessairement courir. Ils rejoignirent les deux autres groupes (2x5 hommes) de l'Alpaga-2, fusionnant à nouveau leurs effectifs. Ils avaient les moyens de tenir le village face à ce convoi armé mais une fois les hostilités démarrées, qui d'autres pouvait bien surgir et créer du danger? Un bon commandant sait quand démarrer le combat mais aussi quand le terminer et débuter un affrontement armé avec une dizaine d'hostiles installés sur plusieurs pick-up armés n'était manifestement pas opportuns.

Suboficial Horacio Méndez Solari : Capitán ici Bengãr, plus que deux minutes avant que les véhicules n'entrent sur l'axe principal du village. Ils ralentissent, il est probable qu'ils débutent une fouille et recherche visuelles dans le village...

Capitán Ezequies Villagrà : Bien reçu Bengãr. On va décrocher du village pour trouver la zone d'exfiltration.

Sargento de tercera Saúl Bermejo : Ils savent?

Primer Suboficial Hector Montalbán : Ils cherchent...

Sargento de tercera Saúl Bermejo : Et ça fait une différence?

Capitán Ezequies Villagrà : A ce stade oui.

Primer Suboficial Hector Montalbán : Je pense qu'on est trop lent pour joindre la zone d'exfiltration en quittant le village maintenant. Avec la famille, on doit se maintenir sous le couvert des habitations, le temps que les hélicoptères arrivent sur zone.

Le sous-officier Hector Montalbán avait partagé sa vision, non pas par souhait d'une querelle d'autorité avec le capitán Ezequies Villagrà mais pour ne pas avoir à balayer trop rapidement son instinct dans ce genre de situation.

Suboficial Horacio Méndez Solari :Un des véhicules s'est arrêté sur la route sud. Le second semble poursuivre vers une intersection à l'Est.

Capitán Ezequies Villagrà : On traverse par l'axe principal avant qu'ils ne le ferment.

La colonne maintenant engagée sur l'axe principal débuta la traversée. D'abord la tête de colonne des commandos, le Prince, sa femme et sa fille. Des silhouettes peu graciles qui retinrent l'attention d'un riverain ouvrant soudainement sa porte, sans violence ni complétement non plus, mais assez pour faire apparaître son visage dans l'ouverture et son regard perçant l'obscurité, observant la famille. Le sargento de tercera Bermejo braqua son arme sur lui par réflexe, s'interdisant malgré tout de tirer après que le Prince Mutarrif l'intima de ne rien en faire. Le badaud était resté figé, les mains en évidence, il vivra. Le capitán fulminait quant à lui après la réaction du Prince et son interposition.

Capitán Ezequies Villagrà : Plus jamais ça Saadin. Plus jamais.

La consigne sembla comprise du Prince qui acquiesça, malgré l'absence d'un argumentaire très fourni. La colonne parvint à joindre l'extrémité de la rue et derrière eux un projecteur commençait à balayer partie du chemin qu'ils venaient de fouler. La distance qu'ils semblaient pouvoir mettre entre le véhicule et eux se raccourcissait dangereusement.

Suboficial Horacio Méndez Solari : Ici Bengãr, j'ai une bonne et une mauvaise nouvelles à vous partager. La bonne nouvelle est que je vous ai en visuel. La mauvaise est que j'ai un véhicule à l'arrêt avec plusieurs hostiles armés sur le même plan.

La communication s'acheva à peine qu'un bruit sec retentit assez loin. Puis ce fut manifestement une rafale à laquelle répondit le sargento de tercera Saúl Bermejo. Un bruit sourd de rotor vint couvrir les échanges de tirs.

Suboficial Horacio Méndez Solari : Capitán, la zone d'exfiltration est compromise, nous l'avons délocalisée sur la place du village. Les Alpaga vous attendent là-bas et un HA-2 "Ceniza" d'escorte converge sur nous faire de la dissuasion.

Des silhouettes thermiques se dessinaient sur les écrans de la tour de contrôle du Furioso, scrutant l'évolution de l'engagement.

Suboficial Horacio Méndez Solari : Hostiles alertés, le second véhicule converge sur votre position. Je vois une piste agricole 13° nord, elle donne accès au coeur du village.

Le capitán observa autour de lui, cherchant à tomber d'accord avec les informations transmises.

Capitán Ezequies Villagrà : J'ai le sentier en visuel, on s'engage.

Et tel un serpent se mouvant d'une même décision, la colonne se remit en marche instantanément tandis que le survol d'un HA-2 "Ceniza" s'opéra, braquant le véhicule des hostiles stationné. Les silhouettes des hostiles observées par infrarouge étaient là, recroquevillées sur elle-même sous l'effet du souffle des rotors de l'hélicoptère d'attaque qui leur faisait face. Un geste d'hostilité supplémentaire et nul doute qu'une salve de roquettes air-sol viendrait régler leur compte. Confrontés à l'écart de supériorité tactique, les hostiles se maintinrent à couvert, sans tenter un nouvel affront face à un hélicoptère de combat pouvant les décimer en une fraction de seconde, sur un sentier agricole qui les laissait à découvert qui plus est. Les unités de Villagrà pressèrent le pas, gagnant le centre du village où la place était soufflée de sa poussière sableuse sous l'effet des rotors de deux Alpaga en position stationnaire, un commando débarqué au sol pour assurer la couverture pendant le temps de chargement. Les premiers hommes ouvrant la colonne l'atteignirent, faisant volte face pour aider à la couverture de l'appareil. Les deux hélicoptères se présentaient à eux, ventre ouvert, avalant inlassablement chacun des commandos et VIP laissés au sol jusqu'ici. Le Prince et sa famille étaient poussés vers la porte de l'appareil, perdant la maitrise de ses jambes portées par la dynamique d'un groupe, non sans une bonne huile de coude pour s'assurer la sécurisation du VIP.

Général brigadier Eli Bryggman : Ici Lobo Azul pour Ceniza-1. Quelle est la situation?

Primer suboficial Rafael Augusto Dias Ferreira (Ceniza-1) : Les hostiles ont décroché avant d'arriver sur la place. Dissuasion réussie. Aucun nouvel engagement nécessaire. Je reviens au protocole d'escorte. Terminé.

Et les Alpaga décollèrent, emmenant dans leur sillage autant d'hélicoptères d'attaque pour assurer leur escorte.

Prince Mutarrif ibn Saadin : Il n'y a pas de victimes?

Capitán Ezequies Villagrà : Aucune, seulement un bout de gras de Montalbán qui fermait la marche au pas de course...
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13 septembre 2019 - CONFIDENTIEL - Opération Cegonha de fogo - partie 4 sur 5.

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L'exfiltration du Prince Mutarrif ibn Saadin et de sa famille depuis l'arrière pays du Bajsuid s'est avérée couronnée d'un franc succès.

L'Alpaga vibrait assez violemment, comme si l'appareil mesurait aux côtés des soldats, la montée d'adrénaline qui était imposée par cet accrochage. Ses pâles fendaient l'air avec rythme, laissant dans son sillage un territoire du Bajusid qui tendait à redevenir un paysage à l'esprit des commandos embarqués. Les mines des uns et des autres se ragaillardissaient, y compris celui du Prince Mutarrif ibn Saadin, d'abord décomposé sous l'effet de l'urgence à fuir un territoire estimé comme sa patrie mais conscient que son arrestation était l'affaire de quelques heures ou jours au maximum, compte tenu des moyens déployés à sa capture par le gouvernement Toulali. L'épouse du Prince demeurait à sa gauche, une main partagée entre le contact avec son mari et celui de sa fille. En dépit de la résilience affichée par la famille au grand complet, la famille Saadin semblait s'être fait arracher quelque chose, au même instant que l'hélicoptère avait décollé pour l'arracher à un triste sort aux mains du gouvernement Toulali. La garde rapprochée du Prince, réduite au strict effectif de deux personnels, était là désarmée comme les consignes à l'embarquement leur avaient été stipulées par le capitán. Le capitán Villagrà puisqu'on en parle, se redressa non sans enrouler une sangle autour de son avant-bras pour stabiliser sa position avant d'adresse la parole au Prince.

Capitán Ezequies Villagrà : On va maintenant rejoindre le porte-avions léger le "Furioso". Là-bas vous serez reçu par l'amiral Ilias Nogaro, commandant-en-chef de la Marina Paramilitar. Cela ne vous a pas échappé mais l'amiral joue un rôle important dans la définition des études de faisabilité conditionnant nos interventions de demain. Quoique vous souhaitiez pour le Bajusid, son avis comptera dans la délivrance d'un Go/top départ. Sauf raison de sécurité évidentes, vous resterez libre de vos déplacements sur le navire, en dépit de quelques secteurs qui resteront verrouillés. Chacun de vos proches et de vos personnels jouiront du même degré de liberté de déplacement, sans toutefois permettre le réarmement à bord de votre garde rapprochée sur le navire. Il ne vous a pas échappé que cette opération revêt un certain nombre de risques pour notre organisation et le premier d'entre eux est de miser sur une coppération totale et sincère de votre part.

Prince Mutarrif ibn Saadin : Ces femmes ont veillé sur moi lorsque plus personne ne pouvaient ou ne voulaient le faire. Vous m'avez sorti de ce tombeau à ciel ouvert, merci. Vous avez dorénavant ma coopération mais avec elle la responsabilité de ne pas y faillir.

L'oligarque soutint un bref instant le regard du Capitán Ezequies Villagrà, y cherchant le poids de sa parole à la lumière des enjeux qui faisaient face au Prince. Un rapport de force d'un autre genre, auquel le politicien du Bajusid était habitué. Dans le regard du mercenaire, ni admiration, ni déférence, ni mépris, un timbre ordinaire pour gérer une situation extraordinaire qu'est la venue de ces transfuges sur le porte-avions le Furioso.

Prince Mutarrif ibn Saadin : Pourquoi ai-je le sentiment qu'après vous avoir écouté ma vient de changer de propriétaire?

Capitán Ezequies Villagrà : Oh c'est bien l'inverse. Vous avez l'opportunité de prendre en main l'avenir qui vous est promis au Bajusid. Ce sera votre combat, pas le mien. Le mien s'est terminé ce matin.

A y regarder de plus près, le mercenaire avait formulé une réponse plus politique que ne pouvait l'attendre le Prince, à en croire la mine satisfaite qui vint clore la conversation..

Prince Mutarrif ibn Saadin : Ce sera pour moi un honneur de rencontrer le commandant de votre flotte.

Plusieurs dizaines de minutes s'écoulèrent après cet échange et c'est dans le second Alpaga que les autres discussions se poursuivaient, là où les invités de marque étaient absents. Plusieurs commandos s'étaient interpellés au sujet du calme olympien affiché par la fille et l'épouse du Prince. Un constat qui leur en avait appelé un autre, les Saadin étaient les membres d'une famille hors norme déjà soumise à la rude épreuve de la crise indépendantiste kodedane. Des conversations laissées en suspens dans l'habitacle des deux hélicoptères à l'annonce intercom d'un pilote.

Segundo suboficial Tiago De Carvalho Oliveira (Pilote de l'Alpaga-1) : Groupe aéronaval en approche. Furioso en visuel dans six minutes. On retourne dans le plus beau pays du monde les gars.

Une information claire et concise qui vient marquer l'approche d'une fin de mission attendue et le démarrage d'une certaine détente. Car avant même l'annonce intercom du pilote, c'est finalement tout l'environnement sonore lui-même qui le laissait penser. A mesure que les deux hélicoptères survolaient la mer, les sons évoluaient eux aussi. La proximité du littoral avec ses bruits urbains et sa faune, s'éloignaient d'eux. Les sons émis par les rotors reprenaient toute leur place, où pouvaient s'exprimer sans plus d'interférences les communications du groupe aéronaval et des unités en support à l'opération. Les hélicoptères d'attaque engagés sur l'escorte s'étaient eux aussi réaffirmés, notamment sur le plan visuel en joignant leur formation à celle des transports Alpaga. Les chasseurs-bombardiers F-1000E maintenés encore leur présence dans le ciel, par binôme d'appareils, afin de couvrir toute manoeuvre aérienne inconsidérée de la part du gouvernement Toulali. C'est dans ce panorama que leur apparut le porte-avions le "Furioso" formant une géométrie atypique au milieu de l'océan grâce son lot de lumières favorisant l'appontage, des lumières rendues particulièrement nécessaires aux pilotes à cette heure. Une masse impérieuse qui avait tous ses efforts concentrés sur une volonté de ne justement pas s'étaler en impérialisme. Les deux Alpaga étaient attendus à en croire la présence sombre de plusieurs équipes sur le pont dont l'une d'elles s'affairaient maintenant à agiter des tubes lumineux pour formaliser les signaux d'usage à l'approche d'un appareil. Plus inhabituel cependant, un petit groupe d'officiers attendait derrière eux, spectateurs de marque du "retour au port" d'un invité peu commun lui aussi. Dans la tour de contrôle du Furioso, l'amiral Ilias Nogaro guettait la phase d'appontage des deux Alpaga avec un certain stoïcisme qui n'était que d'apparence uniquement. Il ne laissait que pour seule marque d'anxiété ses allées et venues le long de sa barbe cendrée, périodiquement aplatie d'une paume de main. Les mines de soulagement et à certains égards de satisfaction présents dans la tour de contrôle, n'étaient rendues visibles que les lueurs bleutées d'appareils et écrans tournant en continue sur lesquels s'affichaient essentiellement les quatre points verts chargés de désigner les éléments aériens amis, ici les Alpaga et les Ceniza en escorte. De façon plus imposante encore, les bâtiments de surface du groupe aéronaval paramilitaire étaient eux aussi représenter à l'écran. La jonction des Alpaga avec le Furioso était scrutée sur écran aux teintes bicolores. Lorsque ce fut fait, un certain nombre de communications avait été émise pour tenir chacun dans son rôle.

Segundo suboficial Tiago De Carvalho Oliveira (Pilote de l'Alpaga-1) : Ici Alpaga-1, arrivons en phase d'approche finale, demandons autoriser à l'atterrissage.

Tour de contrôle du Furioso : Ici Furioso pour Alpaga-1. Vous êtes chez vous. Terminé.

Segundo suboficial Tiago De Carvalho Oliveira (Pilote de l'Alpaga-1) : Bien pris Furioso. Nous atterrissons. Terminé.

De cette invitation formelle découlait toute une série d'ordres préparatoires à l'arrivée des hélicoptères. Le pont du navire se débarrassait de tout son superflu et personnel non essentiel, les équipes de guidage s'activant à la délimitation des deux emplacements destinés à accueillir les Alpaga. L'équipe médicale restait là en pré-alerte au sein d'un sas, prête et distinguable de ses brancards soutenus à bout de bras. Les trois roues des Alpaga touchèrent le sol, donnant le top départ aux équipes sur le pont pour l'assaillirent et le dépouiller peu à peu des équipages combattants et non combattants. Les appareils restèrent quelques secondes rotors tournants et ce que les militaires eux-mêmes qualifient parfois de "ventres ouverts" pour parler de l'habitacle au transport, avant de tour à tour s'immobiliser de manière plus pérenne. Quelques commandos débarquèrent en premier, notamment le capitán Ezequies Villagrà, ouvrant la voie à la famille princière Saadin pour accompagner leur descente d'appareil. Quelques opérateurs de pont les aidaient à descendre autour. L'officier en charge du commando de sauvetage donna le ton à son interlocuteur.

Capitán Ezequies Villagrà : Bienvenue à bord du Furioso Monsieur le Président.

Le bajusid plissa des yeux sous l'effet du vent imposé par les pâles, à moins que ce soit la dénomination donnée à sa fonction qui brouilla son faciès d'un naturel assuré.

Prince Mutarrif ibn Saadin : Où est votre amiral?

Capitán Ezequies Villagrà : Il vous attend à l'intérieur, l'officier là-bas est un interprète pour s'assurer que votre portugais kodedan n'est pas trop poussiéreux...

Le groupe se dirigea vers l'intérieur de la tour de contrôle, faisant peu de cas du second Alpaga se délestant lui aussi de son équipage, emmené par le Primer Suboficial Hector Montalbán. Le pont du navire faisait l'effet d'un seuil à franchir et la satisfaction habitait chaque membre du commando héliporté. Les hôtes disparurent dans un sas, les commandos dans un autre, amorçant la rencontre entre l'état-major du Furioso et cet invité de marque destiné à réécrire l'avenir du Bajusid.
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Logo de la brigade du Jaguar Paltoterran

13 septembre 2019 - CONFIDENTIEL - Opération Cegonha de fogo - partie 5 sur 5.

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Les communications du Prince à destination de la société civile du Bajusid mettent à mal le pouvoir Toulali.

L'amiral et le Prince se rencontrèrent avec plus de chaleur humaine que n'avait su y mettre le capitaine Villagrà. Il faut dire qu'à l'échelle de la direction du Jaguar et de sa hiérarchie, le Prince pesé pour beaucoup considérant ses actifs boursiers au sein de l'organisation. Lorsque le Prince avait rejoint le sas et abandonné le bruit des pales qui se faisaient désormais un bourdonnement lointain, les paroles des deux éminents s'exprimaient avec un ton des plus jouasses, marquant la proximité qui était la leur. La femme et la fille du Prince étaient restées en retrait sous les bons soins d'un opérateur leur proposant une boisson chaude, un thé par pure mimetisme donné aux us locales. Un officier chargé de faire l'interprète se maintint en retrait de la salle, confiant dans l'idée que les deux hommes parviendraient à se comprendre après les vives salutations qu'ils avaient échangé. Les deux gardes chargées de la sécurité rapprochées du Prince étaient là, toujours désarmées, mais elles restaient néanmoins assez proches pour ne pas se sentir exclues, tout en demeurant assez loin des échanges pour rappeler que le navire et ses occupants suivraient leurs propres règles.

Malgré la relative aura que ces amazones kodedanes dégageaient, elles n'avaient pas protesté davantage face à ce protocole non conventionnel. Un début d'explication à cela réside sans doute dans l'état de fatigue cumulé, chargé de repousser celui de l'indignation qu'est la leur. Quoiqu'il en soit, tes sas‚ et les équipages semblaient leur faire comprendre qu'elles n'étaient plus dans une planque au Bajusid. Un lâcher prise également perceptible dans le regard de l'officier interprète qui, confronté à la locution lusophone de très bonne qualité du Prince, dévia de sa fonction première d'interprète pour se réinvestir dans des échanges stratégiques quant aux actions futures du Prince Mutarrif ibn Saadin.

Amiral Ilias Nogaro : Mutarrif, approchez. Vous devez voir certaines choses.

Et le Prince s'avança, dévoilant son visage à la lumière tout comme se dévoilaient les cartes stratégiques et notes opérationnelles. Une carte numérique du Bajusid s'animait sur la table, des zones se délimitaient, déclinées en différentes couleurs. Des zones que crut reconnaître le Prince, au-delà de la géographie même. La côte, la zone de récupération initiale, le point d'exfiltration modifié, les itinéraires des deux Alpaga, tant en insertion qu'en exfiltration du territoire, tout se dessinait à l'esprit de l'oligarque qui pouvait maintenant retracer toute la mission qui l'avait visé des heures plus tôt. Une opération complexe et risquée avec à la clé, l'accès à la présidence du Bajusid. Une autre projection, davantage montée pour impressionner l'invité, montrait le groupe aéronaval ALFA avec le Furioso au centre, les frégates "12 de julho de 2007" en couverture et la "Grande Aleúcia" sur un arc secondaire, la corvette "La Caravela" à proximité du bâtiment-amiral, et plus loin les zones opaques où les sous-marins "O Libertador" et "Terra da Morte" imposaient une menace silencieuse et difficile d'anticipation pour tout adversaire.

Le Prince Mutarrif ibn Saadin porta une observation longue de chaque élément cartographié.

Prince Mutarrif ibn Saadin : Voilà donc ce que fut ma fuite, je vais finir par croire qu'il est compliqué de renoncer quand je vois une pareille logistique pour la rendre possible.

Des paroles percutantes, lancées avec une arrogante répartie qui donna le change avec l'amiral.

Amiral Ilias Nogaro : Mais nous n'avons pas organisé votre fuite, votre extraction. Le caractère fuyant de tout ça dépendra de ce que vous ferez à présent. Si vous n'agissez pas, Toulali distribuera les rôles de chacun…

Prince Mutarrif ibn Saadin : Vous voulez que je parle. Que je prenne le parti de mettre à feu et à sang le Bajusid ?

Amiral Ilias Nogaro : Oui, si cela est nécessaire. Je préfère un Bajusid fumant avec vous à ses rênes qu'un Bajusid prospère avec un gouvernement qui prône le meurtre ou l'enfermement de nos investisseurs…

Prince Mutarrif ibn Saadin : Suis-je donc un affront à venger ? L'artisan d'une vendetta?

Amiral Ilias Nogaro : il vous appartient de choisir où mettre le curseur. Vendetta, révolution, prise de pouvoir, confirmation de résultats électoraux, l'histoire est écrite par les vainqueurs, rappelez vous que sans la présidence du Bajusid, Toulali n'aura de cesse à vous faire traquer et tuer. La société civile du Bajusid doit savoir, et le plus vite possible, que vous restez présidentiable. Comprenez bien et ça Toulali le sait sans doute, vous n'avez jamais été aussi dangereux qu'à l'extérieur du territoire. Dès à présent, chaque minute de mutisme que vous lui voyez offrez est une opportunité pour lui de dénoncer votre disparition de la main d'une organisation étrangère. Toulali est bien installé dans la capitale, avec des soutiens au sein de l'état major, de la police qui contribuent à alimenter la presse de communiqués officiels et d'éléments de langage destinés à juguler la crise électorale que le pays traverse. Vous, vous avez la légitimité électorale et pour quelques heures encore l'initiative du narratif en cours. La fenêtre se réduit.

Prince Mutarrif ibn Saadin : Vous parlez comme un responsable en communication ou un putschiste, c'est encore difficile à déterminer…

Amiral Ilias Nogaro: Je commande une flotte de guerre et les milliers d'hommes et de femmes en son sein, Mutarrif. A ce niveau, ma capacité à manoeuvrer un navire est secondaire, compte tenu des aptitudes transversales nécessaires pour tenir ce poste.
Prince Mutarrif ibn Saadin : Si je dois choisir la voie que vous me proposez, le Jaguar Paltoterran entendrait donc me reconnaître comme futur président du Bajusid.

Amiral Ilias Nogaro: Vous pouvez librement employer le qualificatif qui donne sens à l'opération que nous avons désormais en commun. Néanmoins tant que vous êtes un anonyme, nous serons des ravisseurs au Bajusid. Annoncez vous président légitime en exil, menacé d'arrestation par un régime autoritaire se refusant à l'alternance, nous serons des héros. Comme quoi je me répète mais c'est bel et bien vous qui avez vocation à écrire l'histoire. Nous avons évité autant que faire se peut, de donner à Toulali les images qu'il espérait pour répondre à votre départ du territoire. Tout cela ne tiendra dans la durée que par votre collaboration pleine et entière.

Prince Mutarrif ibn Saadin: Et que dira Toulali s'il nous faut faire du devinisme?

Amiral Ilias Nogaro: Qu'une force étrangère a violé le territoire national et concouru à l'exfiltration d'un criminel recherché.

Prince Mutarrif ibn Saadin: Ce qui repose sur une certaine part de vérité convenons en…

Amiral Ilias Nogaro: C'est tout l'intérêt de faire appel à votre prise d'initiative quant au narratif qui se jouera sous peu.

Les deux hommes échangèrent un regard approbateur qui alimentait l'entrain de l'amiral. Le second écran changeant instantanément d'affichage. Des notes préparatoires s'y affichèrent, des bribes de discours sous la forme de lignes directrices traitant plusieurs thématiques : en premier lieu la victoire électorale, la nécessité de sauvegarder les institutions définissant le processus électoral actuel, les menaces portées contre son intégrité physique. Le Prince Mutarrif ibn Saadin riait jaune devant l'étendue des écrits censés diriger son discours.

Prince Mutarrif ibn Saadin : Vous aviez préparé cela avant même de savoir si je serais vivant ou coopératif ?

Amiral Ilias Nogaro : Mutarrif, nous préparons toujours la phase qui suit celle où nous pouvons mourir. A la guerre, les pertes sont des échecs jamais une fin.

Prince Mutarrif ibn Saadin : Et si j'étais mort ?

Amiral Ilias Nogaro : Nous aurions probablement eu un autre texte, plus succinct je l'admets.

Le Prince n'insista pas, se rappelant sans amertume l'étendue des rouages qui s'activaient dans l'ombre du Jaguar Paltoterran. Il était l'un de ceux-là.

Amiral Ilias Nogaro : Votre discours doit se cantonner derrière certaines lignes rouges. Si vous nous mentionnez maladroitement, Toulali aura tôt fait de vous dépeindre comme notre créature. Vous serez un levier d'influence étrangère et une raison valable de militariser durablement le pays, défaire certains mécanismes institutionnels qui vous permettaient de rester dans votre bon droit.

Prince Mutarrif ibn Saadin : Je devrais donc être fort sans être menaçant, légitime sans paraître influencé, incendiaire sans me faire belliciste.

Amiral Ilias Nogaro : Votre perspicacité vous honore.

Prince Mutarrif ibn Saadin : Vaste programme, vous auriez dû me laisser au village.

L'oligarque accompagna sa parole d'un rire sec, ne trouvant pas d'écho chez son interlocuteur. L'amiral abandonna momentanément la proximité de ses échanges pour y mettre de la gravité, en commençant par rappeler le statut ou tout du moins la fonction en devenir de son interlocuteur.

Amiral Ilias Nogaro : Monsieur le Président… vous avez été exfiltré parce que votre intégrité physique était menacée. Mais si vous ne restez qu'un homme sauvé, l'opération échouera politiquement et la vie sauve ne vous servira qu'à l'exil, si tant est qu'un service de renseignement étranger ne tente de vous assassiner un jour.

Prince Mutarrif ibn Saadin : Vous ne me laissez pas beaucoup de temps à la réflexion.

Amiral Ilias Nogaro : Soyez bienheureux, Toulali et ses partisans ne vous en auraient laissé aucun.

Une répartie qui fit mouche et acheva de convaincre l'oligarque. La tension avait subitement changé au sein de la pièce. Le Prince Mutarrif ibn Saadin n'était plus seulement réduit par l'épuisement et le sentiment de traque perpétuelle, il était également redevenu dangereux, un couteau dont la lame n'attendait qu'à s'aiguiser au contact du Jaguar Paltoterran.

Prince Mutarrif ibn Saadin : Vous m'avez définitivement fait une proposition bien honnête.

Amiral Ilias Nogaro : Et je vous propose également ma parole, jamais nous ne rédigerons votre discours. L'autorité et la colère attendues vous appartiennent. Nous vous proposerons un cadre, pas un texte mais davantage une architecture.

Le Prince en prit connaissance dans un silence religieux:
  • Rappel du mandat électoral qu'était celui du Prince en sortie de dépouillement,
  • Dénonciation du refus de passation du pouvoir par le président sortant Joubair Toulali.
  • Mise en cause des manoeuvres de coercition des médias et du parti du Prince,
  • Dénonciation de l'instauration d'un climat d'intimidation et de surmilitarisation de la capitale,
  • Formulation d'une promesse d'un retour en politique au Bajusid pour une application fidèle du scrutin de janvier 2019.

Amiral Ilias Nogaro : Il ne faudra pas lésiner pour dire que l’aide reçue pour préserver votre vie ne modifie pas la légitimité de votre mandat et le fond de votre démarche.
Votre mandat ne vient pas de nous, ni d'ailleurs, mais des urnes et au travers elles, des électeurs du Bajusid.

Le Prince se figea et interpella son interlocuteur.

Prince Mutarrif ibn Saadin : Répétez un peu.

L'amiral Nogaro s'exécuta, sans y voir mal.

Amiral Ilias Nogaro : Votre mandat vient des urnes.

Prince Mutarrif ibn Saadin : C'est tout de suite plus convaincant maintenant que vous le dites, vous devriez m'aider pour ce passage.

La provocation trouva lettre morte, les minutes qui suivirent étant largement dédiées à l'appréhension de cet exercice qui ne saurait souffrir d'un échec pour la suite des opérations. Le discours ne jouirait pas du même degré d'apparat que ce qu'il eut été possible de faire à Tarrin, la capitale du Bajusid mais à cette occasion plus qu'une autre peut-être, le contenu du message importait davantage au contenant. Encore que, de l'avis de certains, la possibilité donnée au Prince de faire un discours à la nation depuis le hangar d'un porte-avions serait assurément un vecteur de puissance et de légitimité supplémentaire face à Joubair Toulali qui exerce un contrôle total ou presque sur l'exécutif. Pour les besoins de cette communication une pièce neutre avait été préparée. Par neutre, il convient d'entendre une salle sans iconographie du Jaguar Paltoterran, ni drapeaux, ni même uniforme.

C'était un compartiment de la salle des communications du Furioso, réaménagé préalablement à sa venue sur le navire sans doute. Un fond gris avait été tiré via une toile pour cacher une cloison disgracieuse contre laquelle plusieurs écran apparaissent, des caisses avaient aussi été déplacées et une lampe sur pied installée. Le rendu final n'était clairement pas des plus classieux mais il avait pour lui une forme de neutralité qui aiderait le Prince à faire passer un message politique sans menace militaire.
Le Prince lut à nouveau le script donné par le Jaguar Paltoterran, avant de rendre la tablette destinée à se faire un mémo.

Prince Muttarif ibn Saadin : Je ne lirais pas de prompteur. Si j'oublie des éléments c'est qu'ils ne méritent pas d'être gardés à l'esprit de chacun.

Amiral Ilias Nogaro : Comme il vous sied. On poursuit…

Un officier leva par conséquent la main, annonçant le démarrage de l'enregistrement d'ici cinq secondes. Quelques chefs d'unités d'assaut dont le plus illustre d'entre eux comme l'officier Villagrà étaient là, attendant en quelques sortes de voir le bénéfice à l'opération conduite quelques heures plus tôt.

Trois, deux, puis un, un insoutenable décompte avant qu'une lumière rouge ne vint apparaître. Le Prince Mutarrif ibn Saadin fixa la caméra, un regard ferme suintant une détermination, à quoi ? L'avenir le dirait, peut-être à lui-même. Pendant les premières secondes d'enregistrement il ne parla pas, rien, pas un mot ne vint. Un silence qui put laisser croire à une forme d'incompétence mais qui se révélera très vite une technique valable à l'occupation de l'espace. Sa voix s'éleva, jouant les intonations sur une série de messages qu'il lui importait de faire passer.

Prince Mutarrif ibn Saadin : Peuple du Bajusid, je suis vivant. Et je me tiens, si ce n'est devant vous, à vos côtés pour repousser le silence qui justifie aujourd'hui les entailles faites à notre démocratie et ses processus de représentativité. Voilà maintenant que Joubair Toulali et son cercle vampirique profitent de leurs appels à la stabilité pour motiver un exercice débridé de leur pouvoir. Un maintien au pouvoir, animé par cette capacité à reconnaître les élections qui arrangent, à contester quand elles gênent, à les défaire quand elles menacent… Alors qu'il soit connu de tous avant que leur fiel ne vous atteigne, je n'ai pas quitté le territoire du Bajusid pour renoncer à ma promesse, mais pour la faire perdurer. Mon mandat vient des urnes et tant qu'il ne sera pas défait par la même voix, je resterai debout, en lutte contre l'infamie qui m'est faite, à moi et à notre peuple épris de libertés. Je m'adresse aux citoyens du Bajusid mais aussi à ceux qui y portent les armes. Vous êtes les fils armés de la nation qui doit vous survivre. Ceux-là même qui ont déjoué le Calabrisme et son autoritarisme autodestructeur, hérité des siècles de colonisation. Ne laissez pas quiconque vous convaincre que maltraiter la légitimité populaire est servir le drapeau. Policiers, militaires, magistrats et fonctionnaires de tout ordre, à ceux qui signent les ordres, les transmettent, les exécutent non sans honte, le mal triomphe toujours de l'inaction du bien.

Après eux, je m'adresse aussi à ceux qui ont fait le choix de voter pour moi en janvier dernier, et placer leur confiance, peut-être même leurs espoirs en moi. Je ne vous demande pas de risquer votre vie pour prouver la profondeur de vos convictions, je ne vous demande pas d'offrir aux félons Toulali le semblant de guerre civile qui lui servira à verrouiller le pays sous une chape d'arrestations et de censures. Je vous demande de tenir, de refuser la peur comme nouvelle Constitution alors même que la nôtre est battue en brèche.

Je suis vivant, ma famille est vivante, votre vote aussi. Ma parole est libre en pensées. Je ne renoncerais jamais au mandat qui m'a été confié. Je réclame la fin d'une confiscation faite à l'alternance du pouvoir. Je suis Mutarrif ibn Saadin, président élu du Bajusid.

La lumière rouge destinée à formaliser l'enregistrement vint s'éteindre, le Prince fut le premier à commenter sa prestation.

Prince Mutarrif ibn Saadin : C'est bon?

Amiral Ilias Nogaro : Rien de moins qu'excellent...
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