Activités étrangères au Sterus
Posté le : 12 fév. 2024 à 10:27:06
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Posté le : 19 juin 2024 à 23:37:35
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Quel fut l'étonnement général lorsqu'il y a moins d'une semaine le Ministre prit la parole et annonça que le gouvernement souhaitait la création d'un Tribunal International. D'après les informations communiqué par les équipes gouvernementales, environ 80% des États y seraient favorables. Il est à bien comprendre que 80% des pays interrogés constitue un nombre extraordinaire, car habituellement, les instances internationales attirent peu de monde. Le Ministre a alors lancé le projet et a déposé un dossier de création. Toujours d'après les équipes gouvernementales, "le fonctionnement proposé par nos organes officiels concernant la création d'une juridiction internationale corresopndrait au moins à 75% des attentes des différents pays membres".
Sterus : un terrible paradoxe
Ayant pu avoir accès aux télécommunications entre les équipes gouvernementales de Sterus et celles de Poëtoscovie, nos journalistes vous livrent leur expertise inedite.
Ayant, en premier lieu, pour but de savoir quels pays avaient des choses à se reprocher, il fallut d'abord enquêter. Cependant, au terme de recherches poussées, il s'avère que nul élément ne parvenait à justifier un tel refus. C'est alors à ce moment là qu'un membre du cabinet du Ministre des Relations Internationales nous a contacter en nous expliquant la situation et en nous envoyant des photographies des discussions entre les différents hommes politiques des deux nations.
D'après les journalistes, cela ne fait aucun doute : soit Sterus est en désaccord politique total avec la Poëtoscovie, soit elle s'apprête à mener des actions contraire à ce qui est légal au TI, donc des choses graves.
Poëtoscoviens : un population engagée citoyennement
Suite à un référundum dans lequel la population s'est déclaré favorable à la création du Tribunal International tel qu'il avait été présenté (ici), et ce à 87%, beaucoup n'ont pas compris que tous les pays ne soient pas d'accord avec cela. Les dirigeants ont-ils peur d'être accusés ? Ont-ils mal compris le but du Tribunal International ? Quoi qu'il en soit, cela a créé une véritable rupture au niveau international, entre ceux favorables à une Justice internationale et les autres.
Le positionnement de Sterus
Alors que le gouvernement répond à Sterus en essayant de lui convenir sans mettre en cause la sécurité nationale de la Poëtoscovie, il s'avère que le pays refuse de se déclarer favorable à la création d'un Tribunal International. Prétextant qu'ils ne veulent pas "offrir aux démocraties occidentales le monopole des droits", ils semblent oublier que la Poëtoscovie ne se situe absolument pas en Occident, que personne n'aurait le monopole des droits et que tous, démocraties ou non, auraient leur mot à dire, le Tribunal Internationa ayant été fait dans cette esprit. Le brillant journaliste Bernard Stlovtinsky a alors ammené sur le débat le fait que Sterus se soit visiblement exprimé sans se documenter sur ce que serait le Tribunal International et sans lire son règlement.
Une manifestation à Hernani-centre pour protester contre la décision prise par Sterus
Alors totalements désemparés face à un tel refus, la population de Poëtoscovie s'est donc prêtée au jeu et a décidé "elle aussi de montrer son mécontentement", comme l'affirme le média P-News. La déambulation dans les rues de la capitale se sont montrées relativement calmes d'après le Préfet de Police de la province, et on ne dépore aucun blessé ni chez les forces de l'ordre ni chez les manifestants. Cela montre, en dépit de tous les messages de haine et de mensonge propagés par l'État de Sterus, que les Poëtoscoviens ont exrimpé leur mécontentement calmement et sans ne jamais prendre de haut les institutions de l'état contradictoire. En revanche, plusieurs dégradations ont été commises, notamment dans le port de la ville, situé sur le fleuve et partiellement desaffecté depuis l'interdiction de certains bâteaux de transiter par les eux fluviales. Il est en effet désormais possible de lire sur certains murs "LES ARMÉES ÉTRANGÈRES NE SERONT JAMAIS LES BIENVENUES ICI", "À BAS LES COLONS" ou encore "STERUS = VIRUS" sur des portes de hangards du site. Bien entendu, les services communaux se sont déjà employés à effacer les inscriptions dès tôt ce matin, quand bien même les idées des inscriptions étant largement partagées par l'ensemble de la population.
Les associations à l'origine de ces événements ont, en outre, fait savoir que de nouvelles manifestations n'étaient pas à exclure suivant la tournure que prendraient les événements diplomatiques avec le pays concerné.
Posté le : 20 juin 2024 à 00:08:43
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sur l'ensemble des liaisons Poëtoscovie-Sterus
En effet, afin d'éviter que des individus mal intentionnés aillent de la Poëtoscovie vers Sterus dans le but d'exprimer le mécontentement par des moyens violents et contraires à la loi, plusieurs nouvelles mesures vont avoir lieu dès demain. Idem pour les trajets venant de Sterus vers la Poëtoscovie.
- Tous les individus passent au détecteur magnétique
- Tous les individus sont fouillés
- Tous les bagages sont scannés
- Les quais font l'objet d'une surveillance constante et renforcée par une unité spéciale
- Des bâteaux des gardes-côtes accompagnent les navires de l'entrée dans la ZEE jusqu'au port
- Sont interdit tous les couteaux, produits explosifs et médicaments sans ordonnance
- Tous les bagages abandonnés ou sans surveillance font l'objet d'un traitement spécifique
- Les visas sont systématiquements contrôlés
- Tous les individus passent au détecteur magnétique
- Tous les individus sont fouillés
- Tous les bagages sont scannés
- L'aéroport fait l'objet d'une surveillance constante et renforcée par une unité spéciale
- Sont interdit tous les couteaux, produits explosifs et médicaments sans ordonnance
- Tous les bagages abandonnés ou sans surveillance font l'objet d'un traitement spécifique
- Les visas sont systématiquements contrôlés

Posté le : 21 juin 2024 à 20:22:30
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Contexte
Outre ces incidents diplomatiques, il se trouve que la République Littéraire a également été menacée de manière bien plus directe et bien plus explicite. La réunion d'urgence au conseil de sécurité de l'ASEA ayant pour objectif "d'apporter une réponse collective à ce coup de poignard perfide et indigne", ne saurait être considéré autrement qu'en tant que menace, dont le caractère par ailleurs hostile ne saurait trouver de réponse pacifiste aux tensions grandissantes. Quels faits pourraient bien être reprochés à une nation dans les informations ont malencontreusement fuitées et qui autorise ses citoyens à manifester ?
"Enfin, car cette nouvelle a été apprise avec beaucoup de violence, Stérus a décidé, sans consultation avec l'État contradicteur, d'expulser l'ambassadeur de Poëtoscovie. Cela relève d'un acte incensé et contraire à tous les principes fondamentaux de la Justice internationale. En effet, si le retrait de l'ambassadeur de Sterus pouvait s'expliquer, la violation du statut d'exterritorialité de l'ambassade de Poëtoscovie dans la capitale de Sterus correspond tout à fait à un motif valable d'intervention armée afin de récuprérer le territoire perdu. Cependant, la Poëtoscovie étant la seule des deux forces à user de raisons - et nous sauterons la demonstration pour cela du peu de neurones des dirigeants de Sterus - il ne semble pas à envisager par le Ministère de la Défense l'envoi de troupes au sol ou de missiles. Enfin, il est à préciser que tous ces propos n'engagent que la responsabilité de notre journal."
L'article ci-dessus montre, une fois encore, combien la presse - et l'opinion public en général - s'est vu anti-impérialiste, anti-colonnialiste et anti-expansionniste.
Retour de l'ambassadeur
Établissement important et comprenant un service consulaire, l'ensemble des citoyens de Poëtoscovie souhaitant rentrer au pays alors pu bénéficier d'un vol jusqu'à la capitale.
Cependant, pour l'ensemble des expatriés souhaitant revenir au pays, les transports ne comptons pas dans les activités diplomatiques suspendues, ceux-ci pourront alors musée des moyens habituels afin de revenir.
Enfin, il est important de rappeler que même si les activités diplomatiques entre les deux nations on cessé, l'ambassadeur a toujours le droit de rester dans son ambassade à la capitale. Néanmoins, si Sterus souhaite le rapatrier, nous laisserons ce pays souverain procéder.
Prévention de la menace militaire
Il demeure important de comprendre l'inquiétude de la Poëtoscovie lorsque pour une fuite d'information involontaire, l'autre pays décide de convoquer un conseil international en urgence, alors que le sujet évoqué était public et que Sterus à confirmer être intégralement transparent vis-à-vis de sa population. L'incohérence et la démesure des propos et des actes de l'État en question ne permettent pas de qualifier ce pays d'une diplomatie d'excellence.
Enfin, face aux remarques incessantes de l'État de Sterus quant aux contrôles effectués à l'embarquement et au débarquement, il est à noter que la Poëtoscovie reste souveraine sur son territoire et qu'elle pourra faire ce qui lui plaira. Ni Sterus, ni l'ASEA ne sont en mesure de dire ce que la Poëtoscovie a le droit ou n'a pas le droit de faire sur son sol. Cela s'appelle, premièrement, le respect, et secondement, la souveraineté nationale. Il est à espérer que les deux notions seront comprises et entendues.
Posté le : 25 juin 2024 à 15:35:06
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A Kintan, la capitale akaltienne, s'est tenue récemment une manifestation de soutient à la Fédération de Sterus, alliée de la première heure de l'Union des Cités, en réponse à celles d'Hernani-Centre, en Poëtoscovie. Bien que la manifestation ait été à l'initiative des stérusiens résidant à Kintan, elle n'en a pas moins connu un vif succès auprès des akaltiens. En effet, les stérusiens, représentant une part infime de la population de la cité (bien que nettement supérieure à celle des autres nationalités), n'auraient pas pu rassembler autant de manifestants engagés. Tout ceci laisse à penser que les akaltiens n'y sont donc pas pour rien, loin de là.
Notre envoyé spécial sur place a pu recueillir quelques témoignages :
Kohban Xipil, membre actif de l'Association pour l'Amitié Stéruso-Akaltienne (AASA) :
"Les poëtoscoviens sont clairement à l'origine de ce désaccord diplomatique. Ils ont tout d'abord fait fuiter les missives échangées entre les deux gouvernements (peut-être même l'ont-ils fait volontairement, ou du moins fait en sorte que cela se produise), et ont ensuite directement accusé le ministère stérusien des Affaires étrangères de les avoir oppressé ! Et, avant même que la situation ne puisse être réglée par une rencontre diplomatique, ils ont renchérit par un durcissement extrême des contrôles aux frontières sur les vols et ferrys les reliant à la Fédération. Je trouve les agissements de leur gouvernement déplorables. Ils n'ont fait qu'aggraver la situation de jour en jour !"
Boxel-Chii Voltan, manifestante :
"Je trouve personnellement que les intentions de Sterus n'étaient pas impérialistes ni colonialistes ! Le but était uniquement pour l'ASEA de se trouver un allié dans une région relativement éloignée de ses territoires, en lui offrant d'ailleurs des avantages égaux pour les deux camps. La Poëtoscovie y a répondu en imposant beaucoup de conditions supplémentaires, qui faisaient largement pencher la balance en sa faveur, au détriment de l'autre intéressé. Ceci me paraît prouver que la République est la cause de ce conflit aussi soudain qu'inutile."
Un passant qui a préféré garder l'anonymat :
"Ces manifestations sont vraiment inutiles, pour rester poli. A quoi servent-elles dans la résolution d'un conflit, qui est peut-être même de la faute des deux pays ? Prendre parti est dangereux, et complètement idiot sur un évènement qui ne concerne même pas notre nation ! Tout ce qu'on obtient, c'est d'avoir dérangé les honnêtes gens qui auraient préféré du calme plutôt que des façades vandalisées !"
Le gouvernement de Kintan, qui avait exceptionnellement autorisé la tenue de cette manifestation, a préféré ne pas faire de déclaration pour le moment, malgré le désordre notable causé par l'évènement. Plusieurs commerçants ont déjà porté plainte, et quelques enquêtes sont déjà en cours.
Posté le : 09 jui. 2024 à 23:35:10
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Columbia Chronicle du 9 janvier 2014

Akiyama Corporation à la conquête du marché stérusien : le Shōgun à Barba

Depuis la sortie de l'isolationnisme westalien, le gouvernement du Premier Ministre Fédéral Akito Fujitawa et du Président Fédéral Victor Hardenbor mène sa politique extérieure vers un axe de développement économique de la Grande République. Grande promesse du parti au pouvoir lors de l'annonce de l'ouverture diplomatique, plusieurs accords internationaux tendent vers une facilitation pour les acteurs du marché westalien à étendre leur Empire au sein d'autres nations. Les "Dynastic families", ou tout simplement les propriétaires des principaux groupes du pays, souhaitent s'enrichir et s'insérer parmi les grandes sociétés du monde, celles qui prennent de plus en plus d'importance dans cette époque où la mondialisation est au centre des enjeux économiques mondiaux.
Si le Groupe Hardenbor a déjà les yeux posés sur la Lermandie depuis le début de l'année 2013 et ses nombreuses exportations en direction de notre voisin, son grand rival, Akiyama Corporation, pose quant à lui son regard sur une toute autre nation qui entretient des liens étroits avec la Grande République : la Fédération de Stérus. Avec la signature du traité de Barba et la fondation de l'Alliance pour la Sécurité Économique Aleucienne, les différents États-membres ont décidé de faciliter l'implantation de leurs différentes entreprises au sein du territoire des alliés. Selon le Ministère Fédérale aux affaires étrangères, cette proposition aurait été avancée par notre Président Fédéral, rebondissant sur une autre proposition de réduction des droits de douane pour permettre la création d'une zone économique aleucienne florissante et capable de rivaliser avec les autres géants économiques du continent. La corporation, contrôlée par le clan du même nom, est déjà active sur le territoire Stérusien depuis l'année dernière en ayant fait main basse sur les échanges Westalia-Stérusie grâce à sa flotte de navires et d'avions marchands, la plus importante du pays, rappelant une fois de plus l'importance historique et actuelle des Akiyama dans leur domaine de prédilection : le transport de marchandises. Désormais connu des autorités locales, la direction du groupe a décidé de s'implanter directement sur le territoire de la Fédération dans leurs autres domaines d'expertises. Première étape de leur plan, le rachat d'une usine de produits pharmaceutiques en faillite et dépassée pour y installer une filiale de leur propre branche de cette industrie : "Autumn Health" (AH). Si le personnel surplace est à grande majorité stérusien, AH a quant à lui fait importer son propre matériel dans sa nouvelle usine extra-nationale, ainsi que toute une armée de formateurs, de commerciaux et de directeurs pour apprendre à ces nouveaux salariés la culture d'entreprise si unique du groupe Akiyama. Si les médicaments de haute technicité restent une production westalienne, les chaînes de productions de Barba vont plutôt se concentrer sur la production de traitements courants et ayant déjà obtenu une approbation du Ministère de la Santé stérusien, avant même l'implantation de la filiale dans la capitale. Ainsi, ce 8 janvier, le PDG d'Akiyama Corporation a fait le déplacement exclusif depuis Kaijotoshi pour inaugurer la première implantation internationale de son groupe depuis sa fondation. Hirayoshi Akiyama, plus communément surnommé le "Shōgun", est un monument du monde économique westalien, si ce n'est pas tout simplement la plus importante figure non-politique du pays. Du haut de ses 77 ans, il est l'architecte des réussites de sa corporation familiale et possède une influence immensurable sur toutes les terres qui entoure le Golfe de Kamishiwa. Dans un discours en italien à l'accent vistal et nipozam, il rassure ses nouveaux employés d'un ton chaleureux : "Akiyama Corporation est un groupe qui place le bien-être de ses ouvriers au centre de notre gestion. Cette aventure dans laquelle nous nous lançons, au sein de l'illustre capitale stérusienne, est un projet que nous allons accomplir ensemble. Je suis peut-être un étranger, mais tout comme vous, je partage ce rêve de voir notre entreprise se faire une place en ces terres qui me sont inconnues, où tel un capitaine de navire, je m'en remettrai à votre sagesse pour éclairer notre voie tout au long de ce voyage".

Hirayoshi Akiyama lors de son arrivée dans la capitale de la Fédération Stérusienne, Barba, 8 janvier 2014
Dans une interview qu'il a par la suite accordée à "The World", la seconde fortune westalienne fait part de ses ambitions de futurs projets sur le territoire de la Fédération : "Nous envisageons la construction d'une nouvelle usine automobile pour notre société Akinotabi. Les exportation réalisées vers le territoire stérusien de nos modèles de voitures se portent bien jusqu'ici et il pourrait être envisagé à une production plus locale de voir le jour ici-même. Je ne vais pas vous cacher que nous misons beaucoup sur la réussite de notre nouvelle usine Autumn Health à Barba pour avancer notre plan d'intégration sur le marché de la Fédération". Si aucun autre projet stérusien ne semble prévu pour les autres sociétés du groupe, le Shōgun n'aurait pas écarté cette possibilité, "dépendant des opportunités économiques locales, du futur et des lois en vigueur". L'arrivée d'un groupe aussi puissant qu'Akiyama Corporation va être de toute évidence l'avènement d'un concurrent et rival de force pour les sociétés locales. Si aucune entreprise de la Fédération ne semble représenter un sérieux adversaire pour Autumn Health et le soutien financier du groupe, il pourrait en être totalement différent pour Akinotabi. Industriel produisant des voitures, il cible principalement les classes moyennes supérieures et les classes aisées, un marché où il pourrait s'opposer à Silverlight, qui semble déjà occuper cette place. Les autres sociétés du clan Akiyama ont ainsi d'autres concurrents similaires qui devraient être pris en compte dans l'équation du PDG pour avancer de nouvelles implantations. Quoi qu'il en soit, cette avancée sur le territoire stérusien ne peut signifier qu'une seule chose : le renouvellement de la rivalité face au groupe Hardenbor. Si cette concurrence était jusque-là limitée aux frontières de Westalia, les deux géants semblent désormais prêt à s'affronter sur un terrain bien plus grand que notre pays, en espérant que cela ne puisse que bénéficier au dynamisme de notre économie qui a connu une hausse importante au cours de l'année 2013, notamment grâce à la multiplication des échanges extérieurs.


Depuis la sortie de l'isolationnisme westalien, le gouvernement du Premier Ministre Fédéral Akito Fujitawa et du Président Fédéral Victor Hardenbor mène sa politique extérieure vers un axe de développement économique de la Grande République. Grande promesse du parti au pouvoir lors de l'annonce de l'ouverture diplomatique, plusieurs accords internationaux tendent vers une facilitation pour les acteurs du marché westalien à étendre leur Empire au sein d'autres nations. Les "Dynastic families", ou tout simplement les propriétaires des principaux groupes du pays, souhaitent s'enrichir et s'insérer parmi les grandes sociétés du monde, celles qui prennent de plus en plus d'importance dans cette époque où la mondialisation est au centre des enjeux économiques mondiaux.
Si le Groupe Hardenbor a déjà les yeux posés sur la Lermandie depuis le début de l'année 2013 et ses nombreuses exportations en direction de notre voisin, son grand rival, Akiyama Corporation, pose quant à lui son regard sur une toute autre nation qui entretient des liens étroits avec la Grande République : la Fédération de Stérus. Avec la signature du traité de Barba et la fondation de l'Alliance pour la Sécurité Économique Aleucienne, les différents États-membres ont décidé de faciliter l'implantation de leurs différentes entreprises au sein du territoire des alliés. Selon le Ministère Fédérale aux affaires étrangères, cette proposition aurait été avancée par notre Président Fédéral, rebondissant sur une autre proposition de réduction des droits de douane pour permettre la création d'une zone économique aleucienne florissante et capable de rivaliser avec les autres géants économiques du continent. La corporation, contrôlée par le clan du même nom, est déjà active sur le territoire Stérusien depuis l'année dernière en ayant fait main basse sur les échanges Westalia-Stérusie grâce à sa flotte de navires et d'avions marchands, la plus importante du pays, rappelant une fois de plus l'importance historique et actuelle des Akiyama dans leur domaine de prédilection : le transport de marchandises. Désormais connu des autorités locales, la direction du groupe a décidé de s'implanter directement sur le territoire de la Fédération dans leurs autres domaines d'expertises. Première étape de leur plan, le rachat d'une usine de produits pharmaceutiques en faillite et dépassée pour y installer une filiale de leur propre branche de cette industrie : "Autumn Health" (AH). Si le personnel surplace est à grande majorité stérusien, AH a quant à lui fait importer son propre matériel dans sa nouvelle usine extra-nationale, ainsi que toute une armée de formateurs, de commerciaux et de directeurs pour apprendre à ces nouveaux salariés la culture d'entreprise si unique du groupe Akiyama. Si les médicaments de haute technicité restent une production westalienne, les chaînes de productions de Barba vont plutôt se concentrer sur la production de traitements courants et ayant déjà obtenu une approbation du Ministère de la Santé stérusien, avant même l'implantation de la filiale dans la capitale. Ainsi, ce 8 janvier, le PDG d'Akiyama Corporation a fait le déplacement exclusif depuis Kaijotoshi pour inaugurer la première implantation internationale de son groupe depuis sa fondation. Hirayoshi Akiyama, plus communément surnommé le "Shōgun", est un monument du monde économique westalien, si ce n'est pas tout simplement la plus importante figure non-politique du pays. Du haut de ses 77 ans, il est l'architecte des réussites de sa corporation familiale et possède une influence immensurable sur toutes les terres qui entoure le Golfe de Kamishiwa. Dans un discours en italien à l'accent vistal et nipozam, il rassure ses nouveaux employés d'un ton chaleureux : "Akiyama Corporation est un groupe qui place le bien-être de ses ouvriers au centre de notre gestion. Cette aventure dans laquelle nous nous lançons, au sein de l'illustre capitale stérusienne, est un projet que nous allons accomplir ensemble. Je suis peut-être un étranger, mais tout comme vous, je partage ce rêve de voir notre entreprise se faire une place en ces terres qui me sont inconnues, où tel un capitaine de navire, je m'en remettrai à votre sagesse pour éclairer notre voie tout au long de ce voyage".

Hirayoshi Akiyama lors de son arrivée dans la capitale de la Fédération Stérusienne, Barba, 8 janvier 2014
Dans une interview qu'il a par la suite accordée à "The World", la seconde fortune westalienne fait part de ses ambitions de futurs projets sur le territoire de la Fédération : "Nous envisageons la construction d'une nouvelle usine automobile pour notre société Akinotabi. Les exportation réalisées vers le territoire stérusien de nos modèles de voitures se portent bien jusqu'ici et il pourrait être envisagé à une production plus locale de voir le jour ici-même. Je ne vais pas vous cacher que nous misons beaucoup sur la réussite de notre nouvelle usine Autumn Health à Barba pour avancer notre plan d'intégration sur le marché de la Fédération". Si aucun autre projet stérusien ne semble prévu pour les autres sociétés du groupe, le Shōgun n'aurait pas écarté cette possibilité, "dépendant des opportunités économiques locales, du futur et des lois en vigueur". L'arrivée d'un groupe aussi puissant qu'Akiyama Corporation va être de toute évidence l'avènement d'un concurrent et rival de force pour les sociétés locales. Si aucune entreprise de la Fédération ne semble représenter un sérieux adversaire pour Autumn Health et le soutien financier du groupe, il pourrait en être totalement différent pour Akinotabi. Industriel produisant des voitures, il cible principalement les classes moyennes supérieures et les classes aisées, un marché où il pourrait s'opposer à Silverlight, qui semble déjà occuper cette place. Les autres sociétés du clan Akiyama ont ainsi d'autres concurrents similaires qui devraient être pris en compte dans l'équation du PDG pour avancer de nouvelles implantations. Quoi qu'il en soit, cette avancée sur le territoire stérusien ne peut signifier qu'une seule chose : le renouvellement de la rivalité face au groupe Hardenbor. Si cette concurrence était jusque-là limitée aux frontières de Westalia, les deux géants semblent désormais prêt à s'affronter sur un terrain bien plus grand que notre pays, en espérant que cela ne puisse que bénéficier au dynamisme de notre économie qui a connu une hausse importante au cours de l'année 2013, notamment grâce à la multiplication des échanges extérieurs.
Posté le : 10 août 2024 à 02:19:13
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Conseiller aux Transports et au Commerce
Achèvement des mesures de sécurité renforcées
Chers Préfet·tes,
Chers Commissaires,
Chers femmes et hommes de l'armée,
Chers femmes et hommes des douanes,
Chers Maires,
Mesdames, Messieurs,
Les tensions diplomatiques et sociales entre les nations de Poëtoscovie et de Sterus étant actées comme achevée par Monsieur le Conseiller aux Relations Internationales, avec l'accord de Monsieur le Premier Tsar de Poëtoscovie, il est à prendre en considération les requêtes suivantes :
Article 1
L'ensemble des mesures le 16/11/2013 prennent fin ce 19/04/2014 sur décision de Monsieur le Conseiller à la Défense, de Monsieur de le Conseiller aux Transports et au Commerce, avec l'aval de Monsieur le Premier Tsar de Poëtocovie et à la suite des signalements par le Conseil d'État.
Article 2
L'ensemble des moyens humains et matériels déployés de manière exceptionnelle dans les liaisons aériennes et maritimes entre la Poëtoscovie et Sterus voient leur déploiement prendre fin ce 19/04/2014 afin de revenir à une surveillance douanière habituelle.
Article 3
La présente décision sera publiée au Journal Officiel de l'Empire de Poëtoscovie.
Posté le : 22 août 2024 à 14:24:36
4384
- Mme Sacco ?
Il s'agissait du jeune et doué porte-parole du Gouvernement, avec qui elle avait eu l'occasion d'échanger non pas autour d'un verre mais bien dans une conférence de presse. À dire vrai, les deux n'étaient pas fait pour s'entendre, car les tentions entre leurs deux pays s'étaient comme muées en véritables impressions dans leurs coeurs, car tous deux étaient au sein de politiques autrefois brutalement opposées.
- Mme Sacco, j'espère que je ne vous ai pas trop ennuyé avec mes explications barbantes de l'autre jour. J'ai dit ce que j'avais à dire, mais je ne voudrais pas que vous reteniez un si mauvais souvenir de notre beau pays. Il y a tellement à découvrir, et tellement de richesse dans l'actualité politique !
En vérité, si Piotr abordait ainsi la jeune femme, c'est qu'il savait bénéfique le fait de revaloriser l'image de la Poëtoscovie dans les journaux stérusiens où travaillait Flora.
- N'ayez crainte, je suis ici pour un moment. Être chargé de couvrir un certain type d'actualité, vous savez bien de quoi je parle. Ex-confrère je me trompe ?
Le porte-parole ne fit même pas mine de réfléchir une seul instant.
- Absolument pas.
C'était une réponse franche, peut-être plus qu'il ne l'aurait souhaité. "Cela manque de profesionnalisme" lui auraient sans doute fait remarquer les membres du Palais des Peuples. Toutefois, là n'était pas l'enjeu. Pour restorer un respect perdu de la part de toute une population, il fallait bien commencer par en approcher les représentants, au moins médiatiques ! Et pour cela il savait quoi faire. Dans le milieu de la politique ce genre de pratique est, bien qu'illégal très fréquent. Lui souhaite donner une certaine image, elle peut le faire. Elle veut des informations, lui peut lui en donner. Au diable les articles poussiéreux d'un Conseil d'État qui ne sait plus distinguer le bien du mal, il fallait agir.
- Je suis certaine que vous allez adorer mon article ! Évidemment, je ne saurais faire abstraction des incohérences qui navraient votre discours, directement recraché d'après ce qu'il vous avait été dit de me servir je présume.
- Vous présumez bien. Toutefois, cette vision des choses me parait très peu flateuse, et je me disais qu'il aurait été possible d'insister sur d'autres points de la conférence.
- Oh ! Vraiment ? Et comment comptez-vous me faire changer d'avis ?
La réponse qu'il allait lui apporter changerait peut-être la diplomatie entre les deux nations, mais la diligence qu'imposait l'échange primait sur tout le reste. Il répondit donc le plus naturellement du monde :
- Eh bien venez vous assoire à ma table. Vous m'interrogerez à propos de ces incohérences et je tenterai de les rectifier du mieux que je pourrai.
Il ne s'agissait très clairement pas de ça, et tous deux en était conscient. Il s'agissait de l'opportunité d'échanger mutuellement des services, et cela fut fructueux. Si fructueux qu'à la fermeture du café les deux étaient encore là, devant se rabattre sur la térasse d'en-face.
- Vous boirez bien quelque chose ? C'est moi qui paye. Après tout, nous empêchons qu'un oays ne me voit que comme un looser.
Flora sourit.
- Oh ! Dans ce cas je prendrai comme vous. Dans la vie, j'ai de la chance tellement aiguë que ma soeur la disait paranormale. Nous verrons bien ce que vous commanderez. Tous reposes sur vos gouts...
- Monsieur ! Interpella-t-il alors un serveur. Pouvez-vous nous rammener deux vodkas s'il vous plait ? Merci bien.
Si les Poëtoscoviens avaient l'habitude de doses d'alcool pareil, beaucoup d'étranger ne le supportaient pas. De toute évidence Flora était dans ce cas, et en moins d'une heure elle se mit à parler trop fort et ne plus marcher droit.
- Où habites-tu ? Je te dépose.
- Ajotierfxrsvlpd... J'ai la tête qui tourne.
Habitant juste en face, Piotr rammena la demoiselle chez lui, lui tint les cheveux pendant qu'elle vomit, l'installa dans son lit, remonta la couverture sur elle et alla se coucher sur le canapé.
Le lendemain matin, le réveil du porte-parole sonna et Piotr s'empressa d'aller l'éteindre.
- Stupide appareil.
Prêt à partir, non pas comme la journaliste dans son lit qui dormait toujours, il décida de réveiller Flora, au moins pour lui indiquer son départ.
- Flora, je vais bosser. Je rentre à midi exceptionnellement. Fais comme chez toi, tu peux te cuisiner quelque chose mais j'ai déjà des sandwichs dans le frigo que tu peux manger. Tu peux aussi aller au WC maintenant que j'ai tout nettoyé.
Le regard de la jeune femme semblait perdu dans le vide, comme si elle ne réalisait rien de ce qu'il se passait.
- Pourquoi je suis là ? Ne me dis pas qu'on a...
- Non voyons ! Tu as trop bu, tu n'arrivais plus ni à marcher droit ni à m'indiquer où tu habites. Je n'allais pas te laisser dehors ! Bref, moi je dois y aller. Peut-être que tu seras toujours là quand je reviendrai, sinon très vite !
Et Piotr ferma la porte.
Posté le : 03 oct. 2024 à 21:59:53
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Un coli dans un paquet hautement sécurisé attendait le Chef de l'État dans son bureau. Sur l'inscription on pouvait lire les destinataires suivants : Institut National de la Littérature et de la Poésie & Musée de l'Identité Nationale. L'homme politique l'ouvrit et lu la lettre qu'il contenait :
Monsieur,
Comme gage des liens diplomatiques puissants qui unissent nos nations après une période de tensions, je vous fais don de ce magnifique présent afin qu'il puisse être exposé dans vos musées. Vous trouverez un manuscrit original de Jolan (celui-ci même qui donna son nom aux autres Jolan de Poëtoscovie), oeuvre valant des millions d'euros et qui constitut un fragment précieux de l'héritage culturel de la Nation Littéraire.
Puissiez-vous en prendre soin ainsi que nous prenons soin du lien qui unit nos États,
Monsieur Jolan Sandro,
Tsar de Poëtoscovie.
En soulevant une couche de mousse, entre deux couches de plexiglace on pouvait voir un page de carnet arraché, quelque peu jauni, et sur lequel semblait s'être baladée une plume inspirée.
Quel terrible rêve, mon Amour tu criais
Et moi je le savais même sans l'avoir vu
Que tu étais violée, que tu étais pendue.
Suspendu à tes lèvres tombantes j'avais
Le regard aussi blême que ton corps morose
Et le coeur aussi lourd que tes paupières closes.
Et sans ultime étreinte, sans dernier "Je t'aime !",
Les larmes inondant tout le creux de mes yeux,
J'entrepris de te faire les plus beaux adieux.
Et après achever cet énième poème
Car je n'ai plus de vie si tu n'existes plus
Je me tais comme toi en finissant pendu.
Comme gage des liens diplomatiques puissants qui unissent nos nations après une période de tensions, je vous fais don de ce magnifique présent afin qu'il puisse être exposé dans vos musées. Vous trouverez un manuscrit original de Jolan (celui-ci même qui donna son nom aux autres Jolan de Poëtoscovie), oeuvre valant des millions d'euros et qui constitut un fragment précieux de l'héritage culturel de la Nation Littéraire.
Puissiez-vous en prendre soin ainsi que nous prenons soin du lien qui unit nos États,
Monsieur Jolan Sandro,
Tsar de Poëtoscovie.
En soulevant une couche de mousse, entre deux couches de plexiglace on pouvait voir un page de carnet arraché, quelque peu jauni, et sur lequel semblait s'être baladée une plume inspirée.
Et moi je le savais même sans l'avoir vu
Que tu étais violée, que tu étais pendue.
Suspendu à tes lèvres tombantes j'avais
Le regard aussi blême que ton corps morose
Et le coeur aussi lourd que tes paupières closes.
Et sans ultime étreinte, sans dernier "Je t'aime !",
Les larmes inondant tout le creux de mes yeux,
J'entrepris de te faire les plus beaux adieux.
Et après achever cet énième poème
Car je n'ai plus de vie si tu n'existes plus
Je me tais comme toi en finissant pendu.
Posté le : 10 oct. 2024 à 22:41:50
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Lettre issue de la correspondance entre Flora et Piotr.
"Ma belle Flora,
J'ai appris avec beaucoup de tendresse pur vous la mort de votre grand-père par les services de votre journal qui ont informé mon département que la vacance de votre siège durant au moins une semaine. Sachez que j'en suis touché et ne vous souhaite ni plus ni rien que le meilleur du monde. Recevez ainsi mes plus sincères condoléances. Si je puis faire quoi que ce soit afin de vous aider, sachez qu'en tant qu'ami cela ne serait pour moi que la moindre des choses.
Mon Amour, la langueur de votre retrour est puissante, et mon coeur en tomberait presque de désespoir, et se noierait bientôt de larmes si je ne savais pas que vous reviendriez. J'espère ne pas me tromper, ne pas vous avoir dégoûter d'Hernani, et que si vous reveniez à la capitale vous partageriez avec moi quelques instants encore, qui sait aussi beaux que ceux que nous avons passé. Faites-moi signe lorsque vous serez de nouveau près de moi, et nous tacherons tous deux de déchauffer le givre collé à nos coeurs meutris d'une séparation trop brusque et douleuse.
Je vous envoie, par cette lettre, un CD de musiques que j'affectionne tout particulièrement. Je sais que rien, hormis le temps, ne sait consoler un deuil. J'espère au moins qu'il saura vous apporter quelques instants d'une affection toute particulière, ainsi que celle que j'éprouve à votre égard.
En espérant que vous saurez savourer cette douce musique, ainsi que l'est en ce moment même le souvenir de cette nuit que nous partageâmes.
Amoureusement,
Votre Piotr."
Posté le : 28 oct. 2024 à 21:39:51
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Message de Piotr du 8 septembre 2014
Tu ne me réponds que très rarement, je sens bien que c'est compliqué. Pour moi aussi cela est très prenant. J'en suis désolé mais je ne peux plus continuer comme ça : même lorsque nous nous voyions cela ne va pas. Que dirais-tu d'un break ? Pardon d'avance, je ne suis pas très doué en relation amoureuse.
Zoubi.
Posté le : 26 mars 2025 à 18:10:25
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Le Miroir Rouge, définitivement radical.
Camarades lecteurs, l'air empeste de nouveau les relents fétides de la guerre en Aleucie. La "Pax Aleucia" tant vantée par les bourgeoisies locales n'aura été qu'un mirage de courte durée, un vernis craquelant sous la pression des appétits capitalistes et des nationalismes étatiques. La crise actuelle, opposant la Fédération de Stérus à la République de Lermandie et, par ricochet, à la Grande République de Westalia, est un cas d'école de la folie inhérente à ce système que nous combattons.

L'étincelle, comme si souvent, fut allumée par la course au profit. L'État lermandien, dans un de ces actes de souveraineté dont les structures étatiques ont le secret, a révoqué les licences d'exploitation juteuses de l'ANTS, mastodonte stérusien de l'hydrocarbure. Plutôt que d'accepter la fin d'un monopole ou d'entamer de réelles négociations – concept visiblement étranger à la ploutocratie stérusienne dirigée par le Consul Pandoro – la Fédération a opté pour la méthode séculaire des empires : la menace par la force. Des "manœuvres" navales d'une clarté insultante furent annoncées, simulant une attaque éclair visant à annihiler une flotte adverse (sans doute en visant les capacités navales lermandiennes, connues pour être moins avancées que celles de Stérus dans certains domaines clés comme la projection de puissance) et à préparer un débarquement. Une doctrine agressive qui en dit long sur les intentions réelles de Barba.
La rhétorique belliqueuse s'est muée en déploiement concret. Un groupe aéronaval stérusien – pièce maîtresse de leur doctrine de projection de force, probablement centré sur leur unique porte-avions, escorté de destroyers et croiseurs modernes dotés, selon leurs propres dires, de capacités de frappe balistique, et soutenu par des frégates et au moins un sous-marin lanceur d'engins furtif – a été ostensiblement positionné dans les eaux internationales, mais à portée de tir des côtes lermandiennes et westaliennes. Le message est clair : la menace est sérieuse.
La Lermandie, consciente de la vétusté relative d'une partie de son équipement et de la faiblesse criante de ses forces terrestres (principalement de l'infanterie légère et des blindés anciens, peu aptes à contrer une invasion sérieuse), a réagi par une mobilisation défensive. Son peuple, mobilisé dans une "Union Sacré" opportuniste ou sincèrement outré par l'agression stérusienne, gronde. La marine lermandienne, composée d'un mélange hétéroclite de navires - corvettes peu modernes côtoyant des patrouilleurs vieillissants - et privée de capacité sous-marine significative, s'est mise en alerte. Seule, elle ferait pâle figure.
C'est ici qu'intervient Westalia. Dirigée par le Président Fédéral Simeon Belagri, dont le gouvernement actuel montre, pour un État, des signes moins ouvertement bellicistes que son homologue stérusien, Westalia ne pouvait rester inactive. Non seulement son allié historique était menacé, mais sa propre façade maritime est directement concernée par le déploiement stérusien. Tout en maintenant un discours appelant au dialogue – posture que Le Miroir Rouge observe avec le scepticisme habituel envers les déclarations étatiques – Belagri a pris la décision cruciale de déployer sa propre flotte. Cette marine westalienne, que l'on sait conséquente et équipée de matériels modernes assure désormais une protection conjointe des eaux des deux républiques. L'alliance défensive est de facto activée.
Laissons les états-majors à leurs calculs obscurs et regardons la réalité matérielle et géographique. Stérus, avec son groupe aéronaval moderne et ses capacités de frappe à longue distance, pensait sans doute pouvoir intimider ou neutraliser rapidement la Lermandie. Le déploiement d'avions de chasse depuis son porte-avions et la menace de ses missiles balistiques tirés depuis ses croiseurs ou destroyers visaient à paralyser la réponse lermandienne.
L'entrée en jeu de la marine westalienne, technologiquement à la page et numériquement significative, rebat entièrement les cartes. La flotte combinée Lermandie-Westalia, opérant près de ses bases, disposant d'une meilleure connaissance des eaux locales et pouvant potentiellement coordonner ses défenses anti-aériennes et anti-sous-marines, représente désormais un défi majeur pour le groupe expéditionnaire stérusien. Tenter de détruire la flotte coalisée au port ou en mer exposerait les précieux navires stérusiens, y compris son porte-avions, à des pertes importantes. La supériorité navale locale a changé de camp. Le plan stérusien, basé sur un coup de force rapide contre un adversaire isolé et plus faible, est devenu caduc ou, du moins, extrêmement risqué.
La situation est explosive. Des flottes hostiles se jaugent à portée de canons et de missiles. Les chancelleries échangent des notes acerbes pendant que les populations retiennent leur souffle. Dans la logique absurde des États, une guerre pour le pétrole, pour l' "honneur" national ou pour satisfaire l'ego d'un dirigeant mégalomane n'est jamais à exclure. Un incident maritime, une provocation allant trop loin, et la machine de guerre s'emballe.
Si la raison – ou plutôt, le calcul cynique du rapport de force – ne prévaut pas, quelles formes pourrait prendre une confrontation directe ?
- La Bataille d'Aleucie : Convaincu de la supériorité de ses armements les plus modernes ou misant sur un effet de surprise, Stérus lance l'offensive. Ses missiles pourraient frapper les ports de Lermandie et Westalia, ses avions tenter de percer les défenses aériennes. S'ensuivrait une bataille navale et aéronavale acharnée. La coalition, avec plus de navires (même si de qualité inégale côté lermandien) et défendant ses approches, infligerait probablement des pertes sévères à la force de projection stérusienne. Le porte-avions deviendrait une cible prioritaire. Sterus pourrait couler des navires, mais au prix fort, et sans garantie de succès pour un éventuel débarquement, qui nécessiterait une supériorité maritime et aérienne qu'elle n'a plus localement. Bilan probable : des centaines, voire des milliers de morts des deux côtés, des navires high-tech transformés en épaves, une pollution marine désastreuse, aucun vainqueur clair, et les peuples encore plus exploités pour "reconstruire l'effort de guerre".
- L'Escalade Contrôlée (ou pas) : Plutôt qu'une bataille rangée, des accrochages "limités". Un navire "harponné", un avion abattu "par erreur", un blocus partiel... Chaque camp teste les limites de l'autre. Cela pourrait durer des semaines, des mois, empoisonnant les relations, ruinant l'économie locale, justifiant la surveillance et la répression internes au nom de la "sécurité nationale". Une guerre larvée, moins spectaculaire mais tout aussi néfaste pour les libertés et le bien-être des populations.
- Le Recul Stérusien : Face à un mur naval inattendu et à la détermination de la coalition (notamment de Westalia, dont le gouvernement Belagri semble, pour l'instant, tenir une ligne ferme tout en prônant le dialogue), l'oligarchie stérusienne pourrait décider que le jeu n'en vaut pas la chandelle. Un retrait de la flotte, présenté comme un "geste de paix", masquerait mal une défaite stratégique et une perte de crédibilité pour le régime Pandoro. Ce serait le scénario le moins sanglant, mais il laisserait intactes les tensions fondamentales et la méfiance mutuelle.
Cette crise met en lumière la faillite morale et pratique du système étatique. Qu'il s'agisse de l'agressivité décomplexée de Stérus, de la défense nationaliste de Lermandie ou de l'intervention "responsable" mais néanmoins militaire de Westalia, dont nous saluons la posture moins belliqueuse de l'administration Belagri, le résultat est le même : la menace de guerre plane sur les peuples. Quelle que soit l'issue dictée par les États et leurs généraux, ce sont les travailleurs, les pêcheurs, les habitants des côtes lermandiennes, westaliennes et stérusiennes qui paieront le prix de cette folie. Cette crise démontre une fois de plus que les États, qu'ils se prétendent républiques, fédérations ou empires, ne servent que les intérêts d'une minorité possédante et sont prêts à sacrifier la paix et les vies humaines pour le contrôle des ressources et les jeux de pouvoir géopolitiques.
Notre solidarité ne va pas aux drapeaux ni aux dirigeants, mais aux peuples pris en otage par ces logiques guerrières. La seule véritable "Pax Aleucia", comme toute paix durable, ne viendra pas des États mais de leur abolition et de l'entente libre entre les peuples, débarrassés du joug du capital et des frontières. Camarades d'Aleucie, ne soyez pas la chair à canon de leurs guerres !
