Activités étrangères en Aykhanides
Posté le : 13 fév. 2024 à 07:35:53
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Posté le : 15 fév. 2024 à 15:22:13
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Pourtant dans le Nazum profond, dans les petites villes, villages et hameaux, chez ceux pour qui la Transblêmie n'était pas qu'une pensée amère, loin, loin, ceux-là savait que le Grand-Duc dans toute sa puissance tenait en laisse des forces autrement plus dangereuses que les bombes et les tanks. Et voilà que ses chiens de guerre venaient de pactiser avec l'ennemi.
A la fin de l'année 2012, alors que les nuits se faisaient d'avantage noires, le Grand Inquisiteur Mihai Cojocaru signait avec les changelins.

1er octobre 2012 [23h20 - 23h26]
Appel reçu dans la soirée, une voix de femme au téléphone. Pas plus d'information sur le moment. Le traçage de l'appel nous permet de remonter au domicile de madame Seckin Zeybek (abrégée SZ), divorcée vivant seule avec son nouveau né âgé de six mois à la date de l'appel. Elle niera avoir téléphoné à la police et dira ne pas comprendre ce que nous lui disons. Confrontée à l'enregistrement, dira ne pas reconnaitre sa voix. N'avons pas poussé l'investigation plus en avant pour le moment.
L'appel a été recueilli par l'officier de police Tekil Onan, officier de permanence ce soir là (abrégé OP).
Officier de Permanence : Commissariat d'Halukay, urgence j'écoute.
Seckin Zeybek (supposée) : Allo.
OP : Commissariat d'Halukay je vous écoute madame.
SZ : Vous m'entendez ?
OP : Je vous entends parfaitement madame quel est votre urgence ?
SZ : Ce n'est pas mon fils...
Silence 5s.
OP : Que voulez vous dire madame ? Quelle est votre urgence ?
SZ (voix tremblante) : Ce n'est pas mon fils.
OP : Que voulez vous dire madame ? Êtes vous menacée ?
SZ : Je ne sais pas.
OP : Vous ne savez pas si vous êtes menacée madame ?
SZ : Oui.
OP : Qu'est-ce que qui vous fait penser que vous êtes menacée madame ?
SZ : Je crois que ce n'est pas mon fils...
OP : Que voulez vous dire madame ? Où êtes vous ? Que vous arrive-t-il ?
SZ : Chez moi...
OP : Quelqu'un s'est introduit chez vous madame ?
SZ : Non je...
Silence 4s.
OP : Pouvez vous me donner votre adresse madame ? Avez vous besoin que j'envoie une patrouille ?
SZ : Oui... je préfèrerai.
OP : Pouvez vous me donner votre adresse madame ?
SZ : Il lui ressemble mais ce n'est pas mon fils.
OP : De qui parlez vous madame ? Pouvez vous me donner votre adresse ?
SZ : Mon fils...
OP : Madame si vous êtes menacée j'ai besoin d'informations sur la situation. Pouvez vous me donner votre adresse et exprimer clairement la nature de la menace ?
SZ : C'est mon fils...
OP : Madame vous ne faites que répé...
SZ : Ils l'ont remplacé !
Silence 3s.
OP : Qui est ils madame ? Êtes vous seule ?
SZ : Non je suis avec lui.
OP : Avec votre fils ?
SZ (chuchoté) : Ce n'est pas mon fils...
OP : Madame je ne comprends pas votre situation, gardez votre calme et expliquez moi clairement la nature de la menace s'il vous plait.
OP : Je l'avais laissé à la babysitteure... juste une soirée, je suis rentrée tout allait bien...
Silence 6s.
OP : Madame ?
OP : Mon fils, ce n'est plus mon fils !
OP : Madame pouvez vous me donner votre adresse s'il vous plait ? Nous allons envoyer une patrouille. J'essaye de comprendre la babysitteure a enlevé votre enfant ?
OP : Je... crois...
OP : Votre enfant n'est plus là ?
OP : Il est dans la chambre.
OP : Madame je ne comprends pas, votre adresse madame ?
OP : Mais ce n'est pas lui.
OP : Madame je ne comprends pas ce que vous
Fin de l'appel.
Posté le : 02 sep. 2024 à 22:15:10
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Pour la formation d'une ligue de défense de nos intérêts communs
"A toutes les forces de bonne volonté en ce continent et du reste de ce monde, j'en appelle à toutes les nations libres et désireuses de le rester, du danger que représente ces choses qui composent notre paysage politique eurysien actuel. Ces organisations supra-nationales qui défigurent le sens du mot "souveraineté" et qui se servent de tout leur poids pour interférer dans l'existence de ceux ne désirant que la tranquillité d'âme, d'esprit, et dont l'unique volonté est d'exister dans la paix de leur foyer, sans que l'on ait à les invectiver de vivre d'une mauvaise manière. Que ces Hommes soient libres de vivre selon leurs valeurs et conscience propre, c'est là mon seul désir. La Grande République de Velsna sera toujours l'ennemie de toutes les volontés d'hégémonie d'un petit groupe de nations, quelle que soit les valeurs dont ces dernières se targuent ou les convictions politiques qu'elles brandissent. Cela n'a toujours et éternellement que la même finalité: une hégémonie politique, économique, culturelle ou les trois à la fois. Je suis de ces hommes qui estime que c'est la seule volonté d'un peuple qui est légitime à la direction qu'il prendra: si celui-ci désire la démocratie, que l'on ait pas à lui imposer par les armes, et il en va de même avec le communisme et tous les régimes ne mettant pas en péril le droit de leurs voisins à faire de même. OND, Liberaltern, ONC...ce sont là des appellations différentes pour une même méthode de terreur et de pression politique sur les petits, les faibles et les nations isolées. Le seul horizon politique auquel ces nations ont le droit est le suivant: quand est-ce que notre tour sera venu d'être la cible d'une intervention criminelle d'une armée qui causera bien davantage de mal que de bien à notre patrie ? Alors que le sens de l'Histoire devrait être dédié aux particularismes et à l'exception que représente chacun d'entre nous, nous nous complaisons à éterniser un monde ne nous laissons d'autre choix que la conformité. La conformité ou la disparition, tels sont les deux seuls choix de ces nations.
C'est pourquoi, en vertu de l'état politique désastreux d'un monde partagé entre des organisations au but noble, mais dont la finalité est mortifère, que nous annonçons le présent projet validé par le Sénat des Mille de la Grande République de Velsna: à savoir la mise en place d'une Ligue d’États souverains et indépendants, dont le seul et unique but sera la préservation de leur indépendance à tout prix. Notre organisation ne sera pas une union économique, ni même une union politique ou culturelle artificielle et dont les contraintes seraient bien trop nombreuses à notre goût. Il ne s'agira pas là non plus de nous affilier à raison d'une idéologie commune, car nous n'avons que faire que de la manière dont vous concevez votre monde. Il ne s'agira en réalité là que de deux choses: un pacte défensif commun, et uniquement dans ce cas de figure, et la mise en place d'un marché de l'armement interne à tarifs préférentiels. Ni plus, ni moins, car nous pensons qu'il n'y a guère meilleure organisation supra-nationale que celle que l'on voit le moins souvent.
En vertu de ces principes que l'on pourrait qualifier à juste titre de minimaliste, nous n’exigerons des futurs intéressés que deux choses:
- De ne faire partie d'aucune des trois organisations suivantes: ONC, OND ou Internationale Libertaire.
- De respecter votre engagement vis à vis de ce pacte de défense, qui mettra en jeu nos paroles et notre dignité."
Si vous êtes intéressés par ce projet, veuillez remplir ce formulaire dans l'éventualité d'une conférence qui se tiendra en la cité de Velcal, en Grande République de Velsna:
[b]Entité participante (nom complet du pays):[/b]
[b]Nom du représentant ou de la représentante:[/b]
[b]Observations personnelles et attendus de cette future organisation:[/b]
Posté le : 17 jui. 2025 à 01:19:13
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Posté le : 03 août 2025 à 01:14:05
Modifié le : 03 août 2025 à 01:15:42
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BONJOUR ! JE SUIS GUSTADOLPH VON WARENBURG ! VOUS M'AVEZ PEUT ÊTRE DEJA VU DANS DES REPORTAGES SUR DIVERSES GUERRES A TRAVERS LE MONDE !
Cette scène derrière moi vous semble familière ? Des rouges par milliers qui tel une marée déferlent sur un pays afin d'imposer leur idéologie cintré afin de repeindre les jardins du sang de leurs propriétaires ?
Cela arrive sur toute la planète, ou arrivera. Question de point de vue. Mais c'est inévitable, c'est une finalité logique. C'est ce que les Communistes font systématiquement. Vous aimez votre Liberté ? Cela leur importe peu, à leurs yeux elle doit être "partagée", à vos dépends.
Mais ce qui importe... C'est que VOUS pourriez être le prochain à subir la marée !
Dit-il en pointant du doigt vers la caméra tout en jetant un regard de travers entendu en direction des figurants en arrière plan.
A moins que... Vous ne fassiez le choix le plus important de votre vie...
Prouvez vous, à vous même ainsi qu'à votre peuple et que vous avez la force et le courage courage de faire ce qu'il faut pour demeurer libre !
Contractez avec les Grandes Compagnie de Mirinegratz ! Devenez le héro dont votre pays a besoin par l'intermédiaire de professionnels de la guerre !
Engagez des forces d'élites spécialisés dans l'art d'abattre tout ce qui n'est pas amical dans les nuages !
Une paire d'avions de chasse passe en arrière plan au loin.
Renvoyez les formes de vie exotiques bolchéviques dans leurs goulags gelés qu'ils apprécient tant !
Les figurants s'acharnent à planter la Bannière en arrière plan sur celles déchirés des "Rouges".
Et empêchez la menace qui plane sur tout le Nazum de vous prendre vos biens, votre trône et votre honneur !
Contre un modeste prix, défini à l'avance et selon des termes équitables d'un contrat rédigé en bonne et dû formes, devenez le sauveur de votre patrie !
Engagez une Grande compagnie !
Les Rouges vous oppressent ? Les mercenaires les forceront à porter des prothèses !
...
...
...
*Le message de publicité s'arrête, laissant défiler une série de données destinée aux contacts initiaux pour déterminer les besoins éventuels d'un contractant.*
Posté le : 27 sep. 2025 à 23:14:31
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Faite le 8 septembre 2017 à 19h30
Imaginez maintenant une enchère. Vous faites une petite offre de 1000 unités d'échanges internationales pour une dizaine d'avions de chasse de première génération. Et quelques heures après, vous voyez une offre huit fois supérieure à la vôtre, soit de 8000 unités d'échanges internationales qui a été émise juste après votre offre. Vous avez donné 10, on vous en rend 100. Vous n'avez rien pu faire car vous êtes seul face à une confédération de 5 nations membres. Vous réfléchissez un peu et oui, seul, vous êtes faible.
Posté le : 11 oct. 2025 à 18:54:32
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Nous, agents serviles de la Segreda, qui sommes les dépositaires de l'autorité de la Grande République par votre biais, Conseil des dix de la Grande République, détenteurs de l'autorité qui vous est confiée par le Sénat, le Conseil Communal et Dame Fortune, adressons à vous les documents suivants, indiquant une marche à suivre et des recommandations concernant les sujets suivants:
- Nord-Nazum: état des lieux et rapports de force.
- Khardaz et CSN: que faire ?
Ces cas de figure étudiés ne sont en rien des positions définitives et sont susceptibles d'évoluer avec le contexte géopolitique des espaces concernés.
Contexte: Nord-Nazum: état des lieux et rapports de force.
Les tensions récentes entre la Confédération socialiste du Nazum (ou du moins certaines de ses composantes) et le régime khardaze ont rappelé à toutes ces excellences du Sénat de l'existence de la cité de Tercera, et de l'espace géopolitique du Nord-Nazum. Aussi, et sachant que la terre des turkmènes et des slaves paraît redevenir un point de tension international, cette étude est adressée au Gouvernement communal, et plus particulièrement au Maître de la Garde Carlos Pasqual.
Le Nord-Nazum, au vu de son caractère excentré dans le dispositif politique et militaire de la cité velsnienne, n'a jamais bénéficié d'une attention particulièrement soutenue pour un certain nombre de facteurs.
D'une part le facteur économique: les territoires de la République dans la zone sont réputés et avérés comme particulièrement inexploités, que ce soit économiquement, démographiquement ou culturellement, bien qu'ils bénéficient d'un fort degré d'intégration culturel et administratif, supérieur à la réalité de la situation en Achosie du nord, par exemple. Tercera est le chef lieu de l'île du même nom, et se constitue en cité de droit velsnien, dont l'organisation politique et juridique est donc identique à celle de la cité velsnienne. Le territoire de la chôra tercerienne est peuplé d'environ 150 000 citoyens, dont un tiers vit dans la cité proprement dite. L'île participe pleinement au commerce entre la République et le Nazum, et est intégrée au réseau commercial nazumi, mais elle n'en est qu'un relais périphérique. En effet, alors que le flux commercial, pour 80% de son volume total de ce continent en importation/exportation, passe par le sud Nazum par le biais du Détroit de spays gris de Drovolski, Tercera se retrouve exclue de fait de cette manne financière, et doit se contenter de servir de point-relais d'un axe commercial marginal et peu emprunté, et qui est en grande partie destinée aux échanges avec la nation du pays de Moritonie. La route du Nord-Nazum n'a jamais été développée à l'instar de l'axe du sud-Nazum à cause, en premier lieu, du manque d'acteurs politiques pertinents dans cette zone. De plus, cette route, si elle est plus courte que celle du Sud-Nazum, est davantage soumise à des facteurs de pertes. En premier lieu liées au climat, puis à la présence d'acteurs dont la République s'est toujours méfiée, avec l'exemple de la Poetoscovie.
En effet, la situation chroniquement instable de cette partie du Nazum a toujours été interprétée comme un facteur de perte financière par la classe politique de la cité velsnienne, à tort ou à raison. A l'inverse, la stabilité du commerce au Sud Nazum est permise par la présence de la République du Jashuria, un partenaire incontournable et de longue date, mais également par la sécurité du détroit instaurée par le Drovolski, et la réémergence de la puissance d'équilibre des Xin. A l'inverse, le Nord Nazum n'a jamais bénéficié de tels gardes-fous, et aucune puissance locale ou régionale exceptée la très marginale Moritonie, n'a jamais pu endosser ce rôle.
Dans ce contexte, Tercera n'a pas pu bénéficier d'un développement similaire à d'autres cités, et a dû s'adapter et tirer partie d'autres secteurs d'activité. En effet, si la cité est trop excentrée pour constituer une escale commerciale, elle constitue, en tant que territoire le plus oriental de la République, une position stratégique importante, à al fois dans le contrôle du trafic et des mouvements du Détroit des pays gris, mais également des mouvements en Nord-Nazum. La Poetoscovie étant une puissance neutre, mais dotée d'une capacité de projection aérienne et navale importante. A cette fin, et étant donné qu'il s'agit également d'assurer la sécurité de nos partenaires moritoniens, Tercera accueille de longue date des installations navales et aériennes. Celles-ci demeurent secondaires sur le plan stratégique, et elles ne sont pas intégrées au réseau principal de la Garde civique velsnienne et de la Marineria. Les garnisons sur place sont relativement marginales et peu formées en l'état, majoritairement constitués de la Garde civique locale. Cette force est aant tout conçue comme un appoint à la base principale de la Marineria dans la région, qui est localisée dans le détroit du pays gris, et de base de liaison pour les installations militaires moritoniennes. Récemment, un partenariat avec le Tsarat du Khardaz a permis l'implantation de bases de maintenance technique sur leur sol.
Outre les activités liées à la défense du territoire, Tercera dispose de ressource piscicoles notables, un secteur d'activité à faible valeur ajoutée qui n'est pas suffisant au développement économique du territoire. En l'état, la cité de Tercera est fortement dépendante des prêts et emprunts accordés par la cité velsnienne à son bon fonctionnement, ce qui fait diminuer encore un peu plus son poids politique dans les rapports de force internes de la République. Cela permet au développement humain de la cité de suivre peu ou prou celui du reste du territoire.
Excepté la Moritonie, un autre facteur de faiblesse de cet axe est, comme indiqué plus tôt, la présence d'acteurs neutres et à faible valeur économique. Mais depuis peu de temps, l'émergence d'une nouvelle puissance régionale, la Confédération socialiste du Nazum. Malheureusement, sa présence s'est relevée jusqu'à présent, comme étant un facteur d'instabilité davantage que l'inverse, en raison du caractère confédéral de l'alliance qui rend ses positions ambigües au mieux, antinomiques au pire.
En effet, si les premières tentatives de contact avec l'état confédéré de Barvynie ont été encourageants, il est difficile d'ignorer les tensions naissantes entre le Tsarat de Khardaz, et les états respectifs de l'Ouaine et de Khardaz, qui ont adopté une posture beaucoup plus offensive, rappelant dans leur mode opératoire les positions d'états eurycommunistes. La raison profonde des tensions tient au fait du renversement de l'ancien régime socialiste de Yachosie, qui a laissé place à une monarchie ultra-conservatrice.
En l'état des choses, le Khardaz n'aurait que peu de chances de sortir victorieux d'une éventuelle confrontation, qu'elle soit militaire ou politique à ce stade. Le pays n'a que très peu de liens diplomatiques avec d'autres nations importantes de la communauté internationale, que ce soit par liens bilatéraux ou ayant trait à des alliances plus larges. A cette fin, nous avons donc fait acte d'une prise de contact avec ces derniers.
Les états confédérés du Nazum, à l'inverse, sont dans une position de force indéniable, de par leur alliance de principe. Du moins, c'est là en théorie, car le fonctionnement de cette Confédération pose le sujet de l'efficacité d'une action commune de leur part. En l'état, il n'y a guère que le Mozranov et l'Ouaine qui ont fait acte d'hostilité envers la Tsarat du Khardaz, et il n'est donc pas certain que les autres états constitutifs de cet ensemble réagissent de la même manière à une montée des tensions, et des signes montrent clairement des dissensions entre la démarche de ses membres. Le dernier exemple en date étant la mise en état d'arrestation de l'un des dirigeants de ces républiques par ces consœurs. A ce titre, l'ensemble politique de la Confédération paraît extrêmement instable, et n'est pas assuré de perdurer sur le long terme. C'est là le seule motif de tranquillité pour le Khardaz sur la papier, puisqu'à l'international, il semble évident que la Confédération aurait davantage de largesses à se rallier aux grandes organisations du communisme international pour défendre leurs positions en cas de difficulté.
Khardaz et CSN: que faire ?
Jusqu'ici, la Grande République n'avait aucune raison de prendre intérêt pour ce conflit[/u], et le gouvernement du Khardaz ne nous paraissait pas plus compétent ou utile à nos intérêts que celui de la Confédération, mais une succession d'évènements a poussé nos analystes à revoir nos positions. En cause, les exercices militaires à répétition que se sont livrés le Tsarat de Khardaz et le Morzanov ont été le déclencheur d'une prise de conscience du danger d'une escalade aux portes de la cité de Tercera, qui a poussé ses autorités à prendre contact urgemment avec le Sénat des Mille. Consécutivement à cette situation, nous avons donc pris contact avec les deux entités afin de régler cette affaire. Le Khardaz a montré de toute évidence, davantage de bonne volonté au vu des réponses parvenues jusqu'à nous, et n'a pas réitéré ses entrainements une fois l'avertissement reçu. En revanche, le Morzanov a ignoré le premier message de protestation émis par nos services, et a poursuivi ses exercices dans la région malgré nos recommandations. Le deuxième avertissement quant à lui, a vu une réaction du gouvernement, mais fondée sur une remise en contexte du point de vue du Morzanov, qui paraissait davantage comme une justification de leurs actions que comme une acceptation de nos conditions.
Cette situation n'a pas été sans susciter un certain embarras de nos services: le gouvernement barynien, qui est le centre de gravité manifeste de la Confédération nous a signifié ses bons sentiments, alors que dans le même temps, le Morzanov poursuit une politique ouvertement provocatrice dans la région. Nos autorités ont donc le plus grand mal, à ne serait-ce que communiquer efficacement avec la Confédération quant à leurs intentions, ce qui rend notre position de proximité avec le Khardaz que plus logique et évidente. Dernièrement, le Morzanov s'est encore distingué dans le cadre d'une déclaration acerbe vis à vis du gouvernement de la République du Jashuria, qui sonne comme une déclaration ouverte d'intentions hostiles vis à vis du reste du Nord-Nazum. C'est ce courrier qui a finalement convaincu les autorités velsniennes à établir un plan d'action concernant les deux nations du Morzanov et de l'Ouaine.
- La mise en place d'une collaboration commerciale et militaire avec le Tsarat du Khardaz. Le Tsarat étant le grand perdant de ce rapport de force, et la victime potentielle d'une politique agressive du Morzanov, il a été décidé d'improviser la République en fournisseur d'armement. Ayant à disposition des surplus importants, il nous a paru pertinent de les utiliser à cette occasion. Parmi mes armements en don figure d'importants stocks datant de la Guerre des Triumvirs.
- Le renforcement des installations militaires, en particulier navales et aériennes sur le territoire de la cité de Tercera est désormais considéré comme une priorité du Gouvernement communal. Des fonds ont ainsi été débloqués pour l'agrandissement des installations existantes. La Classis III sera en partie réaffectée à Tercera, de même qu'a été approuvée la création d'une Grande Tribune Militaire du Nord-Nazum qui stationnera sur place.
- Sur le plan diplomatique, une posture claire et différenciée sera adoptée vis à vis de chaque membre de la Confédération, avec la création de plusieurs ambassades: une spécialement à l'adresse de la Barvynie, dont nous souhaitons établir une véritable relation de confiance. Quant à l'Ouaine et au Morzanov, nous avons déjà acté l'impossibilité d'une cohabitation à long terme au vu de leurs déclarations récentes. Nous maintiendrons une attitude neutre vis à vis des autres membres de la Confédération.
- Si demande de stationnement aérien ou naval de la République du Jashuria sur l'île de Tercera il y a, celle-ci leur sera accordée. De plus, nous préconisons une mise en commun de nos ressources en renseignement avec les autorités jashuriennes.
Nous prions d’agréer nos salutations aux excellences sénateurs qui prendront acte de ce rapport.
Posté le : 07 jan. 2026 à 12:49:36
Modifié le : 03 mars 2026 à 20:46:17
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- Nous le souhaitons en effet mais pourquoi aiderions-nous des soldats qui ne reconnaissent pas la magnificence d'Allah ?
- Vous préférez une nation libertaire qui pourrait vous attaquer une foi que vous serez affaibli par une guerre quelconque ou un Royaume Catholique qui vous aiderai à combattre le Communisme ?
- Je préfère la deuxième option mais ce n'est pas moi qui prend les décisions je transmettrai vos arguments à mes supérieurs et je vous recontacterai.
Posté le : 07 jan. 2026 à 13:46:25
761
Vous avez toujours été un champ de bataille,
mes Quatre Vallées opprimées...
Pour narguer tes ennemis,
soyez toujours heureuses !
Les ennemis vous ont toujours assailli,
et vous vous êtes toujours défendu...
Tu es toujours ainsi,
que te veulent-ils ?
Hé mes douces vallées !
Mes montagnes et mes prairies bien-aimées,
Soyez toujours heureuse !
Hé mes douces vallées !
Mes montagnes et mes prairies bien-aimées,
Soyez toujours heureuse !
Yözids ou Khardaziens,
que vous avez abrité,
que vous avez aimé,
maintenant, ils se retournent contre vous,
Et nous tirent dessus !
Dieu, ramène nous l'épée d'Azaria,
Le génie d'Arakhamia,
Et le courage de Nava !
Nous te supplions,
Mère de Dieu,
Sainte Marie...
Hé mes douces vallées !
Mes montagnes et mes prairies bien-aimées,
Soyez toujours heureuse !
Hé mes douces vallées !
Mes montagnes et mes prairies bien-aimées,
Soyez toujours heureuse !
Posté le : 03 mars 2026 à 00:36:43
Modifié le : 17 mars 2026 à 19:47:27
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Le Grand Beylicat Aykhanide. Des amis somme toute des plus charmants pour certains, Lav P'iri, des frères et des sœurs pour d'autres. Peu sont ceux n'ayant aucun lien avec un ou une Yözid quelconque et très peu sont ceux ayant des affects de haine envers les peuples vivant à l'Ouest. En effet, le Grand Beylicat avait activement aidé militairement et économiquement le gouvernement révolutionnaire provisoire (GRP) lors de la guerre l'ayant opposé à la dictature fasciste de Temur Arakhamia dans les années 1990. Pourquoi le Grand Beylicat avait-il aidé un gouvernement ayant déjà à cette époque une tendance au moins socialisante ? Deux éléments de réponse apparaissent immédiatement. Déjà, la défense acharnée des peuples turciques de la part des Yözids et un calcul stratégique intéressé. En aidant le GRP, ils auraient la possibilité de tout simplement permettre à cette institution de suivre leurs intérêts dans la région, de la tordre de l'intérieur. Cela avait marché dans une certaine mesure, les relations entre le Code Communautaire (évolution du GRP après-guerre) et le Grand Beylicat ont été longtemps excellentes, voire même fraternelles. Des partenariats, des échanges divers et variés, notamment entre les peuples turciques des Quatre Vallées et les peuples Yözids, eurent lieu et profitèrent aux deux pays.
Les deux points culminants de cette relation saine sont sans doute la proposition du Grand Beylicat aux communautés turciques des Quatre Vallées de rejoindre une organisation promouvant la coopération poussée entre tous les peuples turciques du Nazum et la proposition du Grand Beylicat au Code communautaire de rejoindre en tant que nation pupille la Sublime Nation Aykhanide. Ses deux points culminants se sont transformés en deux points de tensions très rapidement, la courbe positive dans laquelle s'étaient engagées les deux nations s'est hâtivement muée en une courbe exponentielle. Et comme chacun sait, une courbe exponentielle finit toujours par imploser lorsque l'on parle de phénomène humain. Le Code communautaire a mal vécu ces faits et une grande partie de l'opinion publique également. Pourquoi ? Le Code communautaire accuse le gouvernement Yözid de vouloir alimenter la dissension et les séparatistes dans les Quatre Vallées en cherchant à soutenir les communautés seulement turciques pour la première proposition et, pour la deuxième, le Code communautaire tout entier s'est offusqué du contrat ridicule et insultant que la SMA a essayé de leur vendre. C'était une proposition de vassalisation pure, simple et sans détours très discrets. En échange d'une protection. Mais une protection contre qui ? La Confédération socialiste Nazumi ? Qui n'a à aucun moment et dans aucun contexte proféré quelconques menaces envers les Quatre Vallées. Mais qui, au contraire, a, par exemple, proposé du soutien humanitaire pour faire face à la crise qui persistait au sein du pays. Avec qui les relations étaient plutôt bonnes, ne serait-ce que par le passé partagé, glorieux et commun, de révolte face à l'envahisseur Mor. Les Aykhanides devraient plutôt nous remercier d'avoir bouté les colons hors du Kyrkuzaï. Qui sait s'ils n'étaient pas les prochains sur la liste de l'Empire. Au lieu de cela, ils sont maintenant partenaires et collaborateurs dans une politique de néocolonisation de nos territoires. Comme disait un grand homme : "Amis ou ennemis, tout le monde sait qu'il y a toujours le meurtre après le kidnapping." C'est ce que veut depuis toujours le Grand Beylicat. La mort des Quatre Vallées. Le Code communautaire avait pourtant bien voulu faire trois pas vers eux, mais en réponse ils nous ont tendu des chaînes.
Les analyses des spécialistes des relations internationales Lav P'iri sur les positions et les politiques internationales Yözid et de celles de leurs maisons sont simples. Je vous vassalise pour vous protéger de l'appétit sans pareil de… La SMA. J'utilise une menace, créée de toutes pièces par moi-même, pour vous forcer à vous faire signer un contrat désavantageux, voire pire vous amputer d'un de vos droits les plus fondamentaux : la capacité à décider de votre propre sort en vous volant votre souveraineté. Une technique lâche digne de la bourgeoisie, du libéralisme économique, qu'ils représentent, de fait, dans notre monde moderne. Ils embrassent les modèles de sociétés des colons et ils pensent avoir le droit de nous diriger. Quelle arrogance et quelle stupidité. Ces idiots ont gâché le potentiel de prospérité et de rayonnement qui tendait la main au Kyrkuzaï en faisant une guerre d'hégémonie stupide contre la CSN. À cause de leur position belliciste, le Code communautaire a été contraint de rejoindre la CSN et de conclure des partenariats stratégiques avec le Grand Kah, Karty, et de commencer dans ce sens les discussions avec l'Estalie et le Slaviensk. Juste pour se protéger. L'idéalisme turcique d'une grande partie du pouvoir politique Yözide n'était pas une donnée à négliger dans cette analyse. L'idée que tous les peuples turciques doivent être indépendants, forts et visionnaires peu importe les conjectures historico-sociales, peu importe les aspirations réelles des gens, peu importe la stupidité évidente qu'est la course à la richesse comme une valeur en soi. Ses idées sont dangereuses et sont qualifiées par nombre de Lav P'iri comme un suprématisme odieux, teinté d'une vision pûrement identitaire de la vie et donc d'une vision raciste de l'humanité. Une fois ceci éclairci, toute leur politique internationale est irriguée de ces idées nauséabondes, mettant en péril la paix et la vie des Turciques du Kyrkuzaï…
Depuis ses deux épisodes fâcheux, les relations entre les deux pays se sont détériorées considérablement. Le Code communautaire, malgré l'affront subi, avait essayé d'apaiser les tensions en proposant aux membres de la SMA de garder des relations cordiales, mais ceux-ci avaient décliné de manière officielle en ne répondant même pas aux missives de paix envoyées par ceux-ci. Les conditions d'entrée dans le territoire avaient été durcies entre les deux territoires, les échanges se sont ralentis et les ambassadeurs conjoints ont été rappelés. Et maintenant, quelques rapports des communautés des forces secrètes Lav P'iri mentionnent des incursions aykhanides douteuses dans la vallée du Yucesoy et des départs précipités de citoyens pour la Yözidie. Ses mouvements honteux ne vont clairement pas rester impunis. En tout cas, c'est ce que pensent les deux hommes ayant le plus bénéficié de l'entrée en tant que membres spéciaux des Quatre Vallées dans la CSN. Antog Mechigian, général de l'Armée de libération communiste, et Aliji Denizli, général de l'Armée des libertaires des Quatre Vallées. Généralement ennemis et d'accord sur pas grand-chose, il y avait une opinion qui les rassemblait. Le Grand Beylicat et la SMA sont les menaces les plus dangereuses auxquelles font face les Quatre Vallées. Devant celles que représentent le Jashuria, Velsna, l'Alguarena et l'OND qu'ils ne portent pas vraiment dans leurs cœurs. Ils étaient sur la même longueur d'onde. Le Grand Beylicat et la SMA allaient tenter de déstabiliser les Quatre Vallées, en provoquant la sécession de la vallée du Yucesoy ou d'une autre manière. Peu importe, ils savaient que le Code communautaire allait devoir riposter sur nos terres, mais aussi en faisant la même chose chez eux. Et pour cela, ils devaient s'en remettre à quelques connaissances. Quelques individus d'exception, reconnus pour leurs talents aussi dignes d'admiration que dignes de défiance…
Posté le : 29 mars 2026 à 01:40:49
Modifié le : 02 avr. 2026 à 12:22:21
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Le petit appartement de Teimurazi Saakadze respirait l'humidité. Le bas de ces murs blancs sans vie grisonnait, bouffé par la moisissure. Jaunissait à hauteur d'homme, conséquence du paquet de clopes journalier qu'il fumait fenêtre fermée. Il sortait de son sommeil, la tête dans le cul, avec la migraine caractéristique. Il s'asseya sur le bord de son lit, attrapa un paquet et son feu. Une cigarette en bouche, assis à moitié nu sur son vieux matelas sans draps, Teimurazi ressemble au chômeur parfait. Mais il n'en était rien, malgré son logement miteux, il faisait partie des personnes importantes dans son domaine. Il ne roulait pas sur l'or, mais il gagnait largement plus que la moyenne des Lav P'iri. S'il paraissait si lamentable, c'est qu'il n'avait ni l'envie ni le temps de s'occuper de ses conneries, comme il disait. Il payait une femme de ménage tous les deux-trois mois pour faire le ménage général et c'est tout. À vrai dire ça suffisait pour rester dans la limite de l'acceptable, sachant qu'il passait la plupart de son temps en dehors de son logement principal. Communauté des forces secrètes Khalkhilebi. Proche de la Communauté des nomades saisonniers Khalkhilebi de l'Alasania, proche de l'homme le plus riche du pays. Terenti Jinjikhashvili.
La mine renfrognée Teimurazi enfile un t-shirt froissé, un sweat noir délavé, un jean noir neuf et des baskets basiques. Un vrai style d'Eurysien chiant. Tout le monde disait ça de lui. "T'es ennuyant, Teimurazi." "Tu parles pas trop, toi ?" "T'aime faire quoi dans la vie ?" Rien, connard. Encore un homme froid, brisé par la guerre, par sa vie faite de trahisons et de meurtres. La tête remplie par ces missions et son taf, par rien d'autre. Mais il continuait dans ce milieu. Juste une addiction, une dépendance de plus. Il emplissait ces poches des objets nécessaires, papiers, monnaies, lampe de poche, couvertures de survie, couteau, flingue. Direction le putain de QG…
La petite table d'Eliz Musaelian respirait l'air doux d'un bon petit déjeuner. Les décorations colorées ornaient les murs et les nombreux meubles de son appartement spacieux. Des plantes entretenues passaient par là, un érable, un calathéa, des orchidées, des bromélias, des kalanchoés. Des tapis traditionnels, un immense canapé moderne. Elle était assise sur sa chaise, en face de son mari, de ses enfants, qui mangeaient et discutaient de tout et de rien. La famille parfaite, le logement parfait, la vie parfaite. Enfin, pas la sienne. Trop eurysienne à son goût. Celle de son mari qui décidait de tout ici. Pas le choix, elle n'était jamais là, toujours loin ou toujours près mais jamais ici. Le grand sourire aux lèvres, elle regardait ces enfants, une pointe de fierté dans les yeux. Même si la vie qu'elle leur avait offerte n'est pas celle qu'elle aurait voulu leur offrir, elle voyait finalement qu'elle était épanouissante pour eux. Tant qu'ils n'avaient pas à vivre la vie qu'elle a vécue, elle pouvait tout accepter.
Elle finissait son thé vert, un petit bisou à tout ce beau monde, puis elle alla dans sa chambre s'habiller. Petit chapeau bleu ciel, pantalon en velours bleu foncé, petit t-shirt blanc, pull en laine gris, grand manteau pourpre et talons noirs. Communauté des forces secrètes Mardiks. Proche de la Communauté des nomades saisonniers Mardiks du Nvart. Elle appela son chauffeur. J'arrive dans 5 minutes, on va au QG...
Allongé sur son matelas posé à même le sol, Kutay Akbay se leva grâce au doux réveil programmé la veille. Son appartement était vide mais c'était voulu. Pas de tables, pas de canapé, pas de meuble de cuisine, pas de bibliothèques, pas de dressing. Juste un matelas, un tapis de grande qualité et de grande beauté, quelques habits précisément pliés posés sur le sol, quelques ustensiles de cuisine posés à même le sol. Deux pièces : la pièce principale et une petite salle d'eau, avec douche, toilettes et lavabo.
Iel se leva instantanément et iel lança sa routine matinale. Toujours la même depuis des années. Iel fit chauffer un café, qu'il but d'une traite. Iel se lava, alla aux toilettes et se brossa les dents. Iel faisait son lit, prit dix minutes pour vérifier que toutes ses affaires étaient à leur place, que toutes les affaires préparées hier se trouvaient bien dans son sac à dos. Iel enfilait son costume noir et ces chaussures soigneusement cirées. Pas plus, pas moins. Sa vie était millimétrée, parfaitement attendue, comme iel voulait qu'elle soit. La peur panique de l'imprévisible, de l’imprédictible. Communauté des forces secrètes Dürüsts. Proche de la communauté des sédentaires des villes. Il rejoignit son chauffeur à l’heure indiquée hier...
Teimurazi entrait dans un des bâtiments de la Communauté des forces secrètes Khalkhilebi. Aujourd'hui, le programme était chargé. Ils travaillaient d'arrache-pied à mettre hors d'état de nuire l'État Silamaze et le fameux Mamuka Ivanishvili qui leur donnait une peine terrible. En ce moment et depuis les négociations avec Karty, Slaviensk, le Latrua, depuis l'incorporation des Quatre Vallées à la CSN, depuis l'arrivée du Grand Kah, c'était le bordel. Le Code communautaire gagnait en puissance et tapait de plus en plus fort sur les groupes contre-communautaires. Teimurazi n'aimait pas le Code communautaire, il n'aimait pas ces connards arrogants qui se croyaient plus intelligents que tout le monde en essayant de créer une entité politique alternative. Si ça n'existe pas déjà, c'est que c'est de la merde. Il n'aimait pas non plus tous les groupes contre-communautaires, ceux qui sont toujours en vie et en activité sont tous les plus grands malades que la terre ait jamais portés. Il travaillait pour le Code communautaire non par principe, mais parce qu'ils payaient bien, parce qu'il respectait Terenti Jinjikhashvili et qu'ils le laissaient faire ce qu'il aimait. Traquer des gens, utiliser des armes, terroriser les types les plus respectés. Bon. Il s'assit sur son bureau et il commença à feuilleter un des dossiers qu'il avait laissés hier.
Mamuka Ivanishvili a été aperçu dans une grotte proche de la frontière avec l'Ouaine, visiblement occupé à tabasser un homme. C'est quoi ce putain de cinglé. Le berger qui l'a vu s'est enfui à toutes jambes et est arrivé sous le choc dans un des postes de la com-.
- "Teimurazi tu as un appel de Jinjikhashvili."
- "Pourquoi tu me coupes ? "
- "Parce que c'est urgent."
- "Ouais j'arrive, allez, hors de ma vue, tête de con."
Il envoya son collègue aux oubliettes avec un simple geste de la main. Il poussa l'air dans sa direction, sans le regarder, sous-entendu, dégage ou je te tape. La porte se referma. Il chercha du regard là où il s'était arrêté. Il passa une minute à retrouver la bonne phrase.
...de la Communauté des mercenaires Khalkhilebi. Il a tellement eu peur qu'il ne se rappelle même plus du visage de la victime. Ou plutôt il ne se rappelle pas s'il avait encore un visage.
Il balança le dossier sur son bureau. Il en avait assez lu. On l'attendait. Il sortit de son bureau, traversa le couloir morne, salua à demi-mots ses collègues qui travaillaient, qui papotaient ou les deux, on ne savait pas trop, et il arriva dans la salle d'écoute et de cryptage. Il décrocha au téléphone.
- "Allo".
- "SAA on vous attend au 23 Rue ________ ."
- "Reçu."
L'appel se coupa. Qu'est-ce qu'il me voulait, ce grand fou ?
Eliz était assise à l'arrière de son véhicule lorsqu'elle reçut un appel. Tiens ? Un des chefs de sa communauté. Avant de répondre, elle prit le temps de se remettre droite, d'ajuster ses vêtements et de faire illuminer son plus grand sourire, comme si son interlocuteur était devant elle.
- "Allo ! Comment vas-tu ?
- "Bien et toi Eliz ? "
- "Tout va bien, merci. Dis-moi qu'est-ce que tu veux ? "
- "Mission spéciale aujourd'hui. Je te donne pas de détail au téléphone, mais tu dois te rendre au 23 Rue _______."
- "Bien reçu. J'ai pas besoin de passer par le bureau ? "
- "Non à moins que t'aies quelque chose à récupérer."
- "Non pas vraiment. Enfin, on se dit à bientôt alors. Y-a de fortes chances qu'on ne se voit pas aujourd'hui."
- "En effet, ça risque d'être un peu long, désolé."
- "Pas de soucis. À bientôt."
- "A plus."
Son sourire s'estompa légèrement. Elle savait que la faire venir dans un endroit pareil revenait à la faire partir plusieurs jours, voire plusieurs mois. Le fossé se creusait toujours plus chaque jour entre elle et sa famille, elle le ressentait. Elle espérait que ça allait pas lui péter à la gueule un jour...
Kutay observait le paysage défiler à travers la vitre. Les rues de Dzyun Tovli lui paraissaient particulièrement sales. Les gens qui passaient lui paraissaient particulièrement sales. Iel sortit son petit gel hydroalcoolique de sa poche, recouvrit ses mains du liquide visqueux. Puis son visage. Puis ses avant-bras. Son téléphone sonna. Iel l'attrapa, agacé qu'on vienne lae déranger.
- "Allo. Je t'écoute."
- "Allo. Désolé Kutay mais je vais devoir changer ton planning. Tu es attendu au 23 Rue _______."
- "T'aurais pas pu me le dire plus tôt ? "
- "Pas vraiment, je viens de recevoir l'ordre. "
- " Ouais c'est ça, t'es juste pas organisé, moule à gaufre de merde."
Iel raccrocha. À contre cœur, iel demanda à son chauffeur de changer d'itinéraire. J'espère que l'enculé qui m'a fait bouger au dernier moment a une bonne raison. Iel allait devoir tout réorganiser les possibilités de ce qu'il pouvait se passer...
Les trois agents Lav P'iri, Eliz, Temurazi et Kutay arrivèrent quasiment en même temps dans le bâtiment et dans la pièce où ils avaient été conviés. En se voyant mutuellement, aucun ne parut ravi. Pire, ils paraissaient particulièrement nerveux à l'idée de se croiser. On ne savait pas s'ils se connaissaient ou pas. Peut-être étaient-ils nerveux en voyant des gens de la même espèce qu'eux (des espions, des criminels) ou peut-être qu'ils se connaissaient déjà. Ils se dévisageaient, sans mots. Dans la pièce, une Lav P'iri était présente, quelques traducteurs ainsi que cinq Tulpas. Temurazi avait reconnu la Lav P'iri assise au fond des bureaux en U. C'était Kathryn Anjaparidze, une personne importante dans sa communauté. Et justement elle se leva, fit le tour du U et se dirigea vers le tableau blanc présent devant tout le monde.
- "Bonjour à toutes, toustes et tous, ravi de vous rencontrer, de vous revoir."
Elle laissa une pause entre ses phrases pour laisser le temps aux traducteurs de faire leur travail. Que ce soit pour les kah-tanais ou pour Eliz et Kutay qui parlaient assez mal le géorgien.
- "Vous êtes réunis aujourd'hui pour discuter, planifier et organiser une opération conjointe de haute importance. Il va de soi que toutes les personnes ici présentes n'auront pas le droit de s'exposer au monde extérieur. Question de sécurité. Les informations que nous allons vous dévoiler sont extrêmement sensibles et ne doivent en aucun cas sortir de votre bouche. Un appel par jour vous sera accordé tant que vous êtes encore sur le territoire des Quatre Vallées. En dehors, vous n'aurez plus aucun contact avec l'extérieur hormis si dans le cadre de l'opération. Des questions."
Visiblement pas, personne ne moufeta. Eliz le sentait mal. Des agents kah-tanais. Une opération à l'étranger. C'est relativement inédit. Elle n'a jamais ouï-dire que le Code communautaire déployait des agents à l'étranger. Il y avait déjà beaucoup à faire à l'intérieur. Enfin, la situation évolue en bien, donc c'est normal.
- "Pour rentrer dans le vif du sujet, nous avons observer de nombreux mouvements suspects d'influence de la part du Grand Beylicat Aykhanides. Nous en voulons pour preuve certaines prises de décisions ambivalentes de certains journaux travaillant dans la vallée du Yucesoy et des départs, des statuts de réfugiés octroyés à certains Lav P'iri pour des raisons douteuses. Vous allez me dire que ces éléments sont beaucoup trop justes pour accuser le grand beylicat de quelconques opérations d'influence. Et vous auriez raison. Mais notre métier est de douter de tout et de vérifier si ses doutes sont justifiés. Cette opération va être conçue par vous toustes ici présentes dans le but de récolter des informations sur les ressortissants Lav P'iri s'étant récemment exilés dans le Grand Beylicat. Nous avons besoin d'en apprendre plus sur ses histoires. De plus, et d'où la présence de nos amis kah-tanais ici présents, le Code communautaire a récemment décidé, avec l'appui d'autres acteurs nationaux et internationaux importants, de mettre un petit coup de pied dans la fourmilière. Le deuxième objectif de cette opération sera de trouver et de financer des groupes dissidents au sein du Grand Beylicat. Voilà pour le topo général, si personne n'a de question, nous pouvons directement commencer à travailler sur la mise en place ? "
Temurazi avait hâte. Cette opération semblait très excitante. Kutay n'y pensait pas, iel commençait déjà à faire les préparatifs dans sa tête…
Posté le : 29 mars 2026 à 19:07:31
Modifié le : 30 mars 2026 à 04:18:41
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Vous pourrez bien évidemment nous fouiller ou contrôler.”
geçmiş ve belki de geleceğimiz.”
Posté le : 02 avr. 2026 à 15:21:38
Modifié le : 02 avr. 2026 à 16:58:41
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Les kah-tanais étaient arrivés juste à l'heure, c'est à dire avec la légère avance qu'on leur avait conseillé d'adopter, afin de pouvoir régler les oreillettes, la traduction, de les familiariser avec le contexte et de brièvement vérifier de leur compréhension des enjeux locaux. On ne savait pas bien s'ils venaient de la base militaire que l'Union avait ouverte dans les montagnes, d'un quelconque étage de ce mille-feuille de hangars, laboratoires, datacenters pensé pour survivre aux bombes, ou si la Grande Sœur de la Révolution avait expédiée ses enfants depuis le lointain continent Paltoterran. Peut-être même venaient-ils du pays cible, avaient-ils passé la frontière à la faveur de la nuit, changé quelques costumes locaux et de civils contre leurs impeccables tailleurs noirs, des sourires de bons pères de familles et d'étudiants enjoués contre ces façades soucieuses, pensives, polies mais distantes. Quel intérêt y avait-il à le savoir ? Quel intérêt y avait-il à le penser ? Ils étaient les agents d'Axis Mundis. L'Axe des Mondes. Tout tournait autour de cette capitale de la métaphysique appliquée, tout tournait autour d'une Révolution, ayant eu lieu deux siècles plus tôt, et dont il était, pour citer l'homme lui-même, "Encore trop tôt pour [pour déterminer l'impact]". Tout n'était que l'écho de ce moment. Ces gens étaient des débris de la déflagration initiale, venus, peut-être, tout embraser sur leur passage. L'une d'elle, un peu plus jeune, souriait. Elle avait un phénotype local, et quelque chose d'étrange dans le regard. Amusée. Comme par une blague d'une ampleur et d'une échelle à peine perceptible. Trop immense, plutôt subtile, pour être saisie dans son intégrité. Comme regarder une montagne à travers ses doigts, aux pieds de la roche, et ne voir qu'un pan malade de pierre et d’arbres secs.
Leurs yeux à eux dissèquent le réel, convaincus que l'on peut comprendre l'univers par la matière. Non, à vrai dire, cela n'a rien à voir avec une forme de croyance, on était plutôt dans le domaine du savoir. Tout ce que l'on savait, d'essentiel, d'utile sur l'Humanité, ses sociétés, ses actions, leurs conséquences, on le savait par le biais de l'observation. La science. Le réel. Un prolétaire existait dans un cadre matériel et socio-culturel pouvant essentiellement être réduit à des facteurs, ces facteurs pouvaient être catégorisés une matrice, faire interagir les facteurs et le contexte, en tirer des conclusions. Systématiquement, elles s'avèrent justes. Voyez : quatre Vallées. Entité plurinationale pauvre. Organisée au sein de frontières nationales par le Code Communautaire. Modèle gouvernemental idéologiquement alternatif, en pratique, étalage de pauvreté, criminalité, conflits inter-ethniques, difficultés matérielles importantes en partie compensée par l'aide étrangère et les investissements capitalistiques, lesquels sont gérés avec un souci satisfaisant de la souveraineté. Puissance en devenir ? Peu probable. Atout majeur dans la manche du genre humain ? Potentiellement, c'est déjà le cas.
Et ils rient. Ils rient parce qu'ils ne mourront jamais.
Et s'ouvrirent comme des fleurs au printemps, où les étranges protubérances de plantes marines, poussées par des courants profonds, des mouvements de fonds que l'on doit à dérive des continents, et à une lointaine orbite. Ils s'ouvrent au monde et éclaircissent la salle de leur compétence, leur humour facile, leur accès à des moyens trop importants, à des méthodes trop étranges. Il y a tout un art de l’intelligence kah-tanais. En panopticons, cellules divisées, indépendantes, aux méthodes et expertises régionales. Et une formation commune, l'intelligente humaine, technologique, parmi les plus avancées – ou au moins expérimentée – que l'on puisse imaginer. La Révolution permanente avait quitté le sol des usines pour pénétrer les cénacles des renseignements. Ces hommes et femmes étaient, peut-être volontairement, peut-être sur un plan plus lointain, l'avant-garde silencieuse d'une très lointaine révolution. Lointaine géographiquement, ou bien présente ici, dans un futur à venir, dont les hurlements nous proviennent par avance. L'odeur du sang, de la glaise, et de tous les possibles.
La plus jeune s'appelle Mon Kaera. Elle écoute religieusement Mulder, qui est son aîné, et qui parle beaucoup. Un homme au sourire facile et à la peau blême, un humour fin, adaptable, tout à fait inoffensif, calibré pour faire sourire, sans marquer. "Je n'aime pas le travail humain", prétend-il. "Le meurtre est un gâchis et tout le monde sait que la torture n'amène absolument aucun résultat. Nous ne la pratiquons pas", il précise pour ses hôtes, autant que pour ses collègues. Peut-être qu'ils ne viennent pas de la même cellule. Peut-être qu'il est utile de le préciser. Mais il continue tout de même. "Certaines structures doivent être travaillées au corps, pourtant. Posez vos mains sur un pays, tâtez son pouls, massez ses muscles jusqu'à trouver la faille. L'os déformé ou faible, les nerfs noués, la blessure qui refuse encore de cicatriser, et qui saigne sous la peau, saigne depuis des siècles."
Il se tait.
"Appuyez comme pour ouvrir la peau d'une orange. Plongez vos pouces dans la chair et tirez. Le pays révèle ses entrailles."
Mon Kaera a une mine renfrognée, et détourne le regard. Mulder passe pour un fou, un sociopathe, mais il a raison, la méthode est la bonne. Les kah-tanais n’avancent jamais sans savoir. L’intelligence est le nerf de la guerre, on le prétend. Le renseignement est au centre de toute doctrine moderne d’action. Savoir. L’obsession de savoir. Elle hante les dirigeants, les décideurs. Capitaines d'entreprise, rois et empereurs, généraux, officiers, petits propriétaires. Nous sommes en vingt-et-unième siècle, et c'est le siècle des tableurs triomphants. La société dans son ensemble ne sert plus qu'à ça : remplir des bases de données, lesquelles informent des décisions. C'est une boucle de rétroaction perverse et stupide : on base nos décisions sur les conclusions d'une machine, qui se gave des données, qui émanent de nos décisions. Un spectre hante le monde, il a des colonnes et des lignes. Mais ce n'est pas grave. Qu'importe que le brouillard de guerre ne puisse jamais être levé. Qu'importe qu'il y ait une dangerosité essentielle dans cette illusion. Qu'importe qu'on ne puisse jamais savoir parfaitement, jamais appréhender tout à fait, jamais saisir, intimement, qu'importe que tout soit à la fois trop complexe et trop simple pour être saisi à pleines mains. Il faut savoir. Et les renseignements, qui prétendent apprendre aux autres, ont leurs propres informateurs. Sociologues, économiques, ONG, la collecte passive d'information, passant par le domaine public, la simple application de modèles d'analyse. "Nous savons tout cela sur ce pays. C'est la surface visible. Comparons-le à d'autres cas, tirons les conclusions logiques". Les kah-tanais n'arrivent jamais quelque part sans une cartographie totale des cicatrices du pays.
Celui qui tient cette carte s'appelle Périclés. Il a le visage d'un homme qu'on oublie, impossible à décrire, son existence disparaît derrière le verbe, comme un genre de concept. Périclès est là car il tient la carte, et pointe chaque fêlure avec méthode.
Non, pensa-t-il. Nous ne pensons pas que ces éléments soient insuffisants pour accuser le Grand Beylicat. Personne n'est en mesure de penser quelque chose d'aussi absurde. Les Etats se parent de fictions légales servant exclusivement à les défendre de leurs propres actions. Mais personne n'est dupe. Personne n'est jamais dupe. Les chancelleries jouent les imbéciles, supposant que l'hypocrisie de chacun prolongera encore un peu la grande partie. Et pendant ce temps, dans chaque foyer, on trouve des hommes et femmes pour se dire "Nos dirigeants sont-ils stupides ?" Les faits sont pourtant là, étalés sur une table, parfaitement lisibles. Les montagnes, les vallones, les lacs et rivières de la frontière. La missive officielle du ministère Aykhanide des affaires étrangères, menaçant ouvertement le président Abashidze. "Nous ne resterons surtout pas silencieux alors que nos frères turciques et mongoles sont sans puissance face à votre soif de pouvoir". La tentative par cette même nation d'imposer un statut de nation pupille aux Vallées, le Beylerbey déclarant les Quatre Vallées inaptes, prévenant que le "Palais restera patient" tant qu'il ne sera pas jugé nécessaire de ne plus l'être. C'est transparent. Et le Yucesoy est comme un apat pour ces crétins. Parce qu'il pense la même chose, l'agent Rhode croise les bras. Lui pense en termes d’actions, plus que de rhétorique. Des turciques islamiques, calqués sur le Beylicat, un groupe armé de plusieurs milliers d'hommes, menant des assassinats politiques. Un lieu, Otukhan, lieu de passage éventuel, évident. Une presse aux ordres. Ne serait-il pas plus simple de demander au Grand Bey de maîtriser ses ressortissants terroristes ? Non, ils nieraient, et tout le monde se moque bien des Quatre Vallées; Alors soit. Face aux Katil, agir en Katil. Il y aura du sang. Mais qu’importe : puisque ces gens sont prêts à mourir pour leur cause, qu’ils meurent en son nom.
Mourir, estime Rhode, n'est jamais un succès.
Reste Anton. Malgré son nom, c'est une femme. Elle l'a choisi avec soin. Rien, chez elle, n'est plus ou moins qu'un mythe, une conception finement articulée de prétention étranges et d'actions que l'on ne peut relier à elle, sinon de façon circonstancielle. Elle c'est la femme de Styx, ici, le fleuve d'Axis Mundis, la cheffe des renseignements, la créature déplorable et cultivée qui prétend, enfin, étendre la révolution par le meurtre secret et l'action indirecte. Une grande femme, assurément. Sa chose a un sourire aimable, et un ton très doux.
"Le Grand Beylicat Aykhanide regorge de failles", dit-elle. "Ma plus grande surprise, quand j'ai commencé ma mission dans votre région du monde, c'est évidemment la nature profondément arriérée de vos rivaux, et l'application dans leurs frontières d'un droit médiéval que même les régimes les plus tortueux ont abandonnés pour son aspect inefficace. Nous devons bien comprendre que ce système de fonctionnement favorise, par essence, les grands propriétaires semblant composer le sommet de leur classe bourgeoise embryonnaire. Plus essentiellement, il représente la conclusion de l’architecture matérielle nécessaire au maintien d’une noblesse terrienne traditionnelle.
Comme nous le savons, la bourgeoisie est l'une des classes les plus révolutionnaires que l'on puisse imaginer, d'autant un contexte précapitaliste ou prémoderne. C'est une classe qui, en pratique, occupe tous les postes clefs et de cadre des structures économiques et, éventuellement, gouvernementales, sans pour autant disposer du capital symbolique et économique assimilé à ces fonctions. Si l'on traçait une courbe sur deux axes, le premier représentant la gratification symbolique et le second la gratification matérielle, et qu'une courbe partant de la base à l'autre extrémité de la matrice permettait de placer différent métier, la classe sociale bourgeoise serait systématiquement hors de la droite, et en deçà de l'apport social et symbolique qu'elle considérerait spontanément mérité à la vue de sa charge."
Puis elle frappe ses mains l'une contre l'autre, et sourit. Bien vite, des dossiers sont distribués à toustes celles et ceux se trouvant autour de la table. "Notre analyse de la situation", précise-t-on. Et effectivement, tout y était. Les entrailles que mentionnait Mulder, soigneusement imprimées sur des feuilles A4.
