26/03/2016
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Activités étrangères au Gradenbourg

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Activités étrangères au Gradenbourg

Ce topic est ouvert à tous les joueurs possédant un pays validé. Vous pouvez publier ici les RP concernant les activités menées par vos ressortissants au Gradenbourg. Ceux-ci vous permettront d’accroître l'influence potentielle de votre pays sur les territoires locaux. Veillez toutefois à ce que vos écrits restent conformes au background développé par le joueur du Gradenbourg, sinon quoi ils pourraient être invalidés.
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Le pays des margoulins



04/06/24, Rasken:

Sur le tarmac de la base aérienne de Münchberg, on observe un certain tumulte depuis plusieurs heures. Le personnel va et vient, et on a prit soin de dégager la piste principale, pour y laisser la place à de grands avions tactiques. On y déverse en discontinu hommes et matériel pendant plusieurs heures. Les étendards de régiments célèbres de la Guerre civile velsnienne s'y succèdent: les "Promeneurs d'achosiens", les "Chevaliers de la liberté d'entreprendre", les "Les charmants artilleurs d'Umbra"...les velsniens ont emmené avec eux leur matériel importé de haute technologie certes, mais aussi leur folklore militaire et leurs doctrines pour le moins...peu orthodoxes. Il y a ainsi là des vétérans de la guerre civile et de ses tourments, le traditionnel mélange velsnien d'un noyau de soldats professionnels et de gardes civiques levés pour l'occasion sur les deniers des cités libres.

Ce jour est historique, non seulement pour l'alliance historique entre Rasken et Velsna, mais aussi pour le Sénat qui envoyait là son premier contingent à l'étranger depuis des décennies, signe de la vitalité retrouvée d'un pays en quête d'unité. Chaque régiment avait fait l'objet d'une bataille acharnée des sénateurs pour en prendre la tête. Ainsi, il y avait à Rasken neuf d'entre eux, à la tête de 9 000 hommes et femmes. Parfois professionnels, mais la plupart du temps des appelés ayant déjà effectué le service militaire obligatoire de deux ans. A la tête des compagnies se pressaient les élites notables des cités libres en quête de prestige et de "l'argent d'Apex": des avocats, des notaires, sénateurs locaux de leur contrée. Journée historique ou non, il fallait toutefois garder les pieds sur terre. Ce n'était là qu'une simple opération de défense d'objectifs répartis sur le territoire raskenois, et le Gradenbourg était un sujet habilement évité par l'état major pour le moment.

Cet état-major, parlons-en, car il y avait là des membres membres éminents de l'élite politique velsnienne, à commencer par le gagnant de la guerre civile, l'ex-triumvir redevenu Maître du Bureau de l'Arsenal et à qui le Sénat confia le rôle de "Stratège" de l'armée républicaine, Matteo DiGrassi. Avec lui, neuf sénateurs sélectionnés pour assumer les neuf commandements de régiments:
- Domenico Fiaschi (régiment de chasseurs de Strombolaine)
- Cola Badoer (régiment de chasseurs de Strombolaine)
- Duccio Abiate (régiment de la Garde velsnienne)
- Benedetto da Molin (régiment de Garde civique)
- Ormanno de Abbrixio (régiment de Garde civique)
- Bernaba Albirio (régiment de Garde civique)
- Agnolino de Abondiolis (régiment de Garde civique)
- Lisa Baldovinetti (régiment de Garde civique)
-Veroncia Calvane (régiment de génie civique)
- Anastasia Corner (régiment de génie civique)
Il ne restait plus qu'à compter sur l'égo démesuré de chacun d'entre eux qui, il est sûr, les encouragerait dans une mentalité typiquement velsnienne, à prendre des initiatives audacieuses sur le terrain dans le cadre d'une opération qui s'apparente à une démonstration de force.


Causes de l'opération:

- De loin la raison la plus évidente évoquée: l'interdépendance économique entre Rasken et Velsna. Les revers diplomatiques et politiques à répétition que Rasken connait depuis peu ont suscité une inquiétude de plus en plus grande de la part des sénateurs velsniens, dont beaucoup ont des capitaux engagés auprès d'Apex Energie. La perspective d'une guerre avec l'Hotsaline et la Mahrénie constitue une raison suffisante pour qu'un vote en faveur d'une intervention ait eu lieu au Sénat.

- Velsna souhaite ménager et rassurer Rasken au vu des concessions que la République s’apprête à faire à Fortuna sur le dossier Apex (cession possible des plateformes offshore d'Apex dans les eaux territoriales velsniennes à des entreprises fortunéennes). Ce faisant, une intervention aurait le mérite de faire montre aux partenaires raskenois d'une bonne volonté affichée. Un signal que l'alliance raskeno-velsnienne n'est pas terminée malgré ce contretemps à venir.

- Faire peser la voix de Rasken dans le cadre des négociations que cette dernière a engagé avec la Mahrénie au sujet de l'occupation raskenoise au Gredenbourg. En effet, la classe politique velsnienne craint qu'une déroute complète de Rasken dans le cadre de cette médiation ne provoque un affolement des marchés raskenois, provoquant un effet domino en bourse de Velsna.

- Les manœuvres belliqueuses de l'Hotsaline contre la Râche, si elles ne concernent pas directement Rasken, se doivent d'avoir une réponse franche de la part de cette dernière afin de ne pas paraître en situation de faiblesse dans le cadre d'éventuelles négociations. Hors, le gouvernement velsnien n'est pas pleinement convaincu de la capacité de dissuasion de son allié raskenois.

- Le gouvernement velsnien, dans un effort de réconciliation nationale après la guerre civile, est en recherche d'un sujet permettant d'afficher l'unité des anciens combattants, vainqueurs comme vaincus du conflit. La crise raskenoise constitue ainsi une aubaine pour la communication gouvernementale, et pour afficher cette union retrouvée des cités libres et de Velsna.

- Le système politique velsnien reposant sur des rivalités inter-personnelles et une quête de prestige permanent de la part des sénateurs en vue de leur réélection, ce n'est pas sans provoquer des tensions en interne, qui se doivent d'être évacuées d'une manière ou d'une autre. Une expédition militaire à l'étranger est une solution pratique afin de détourner ces égos d'autres questions importantes que le gouvernement entend se réserver.

- Dans l'imaginaire velsnien, Rasken apparaît comme une contrée lointaine et exotique de laquelle vient des mercenaires, qui depuis des siècles fournissent à la cité l'un de ses contingents les plus fameux, entièrement dédié à la protection de l'élite de cette dernière en la personne des sénateurs: la Garde raskenoise. Les liens historiques et économiques sont multiples, et ce n'est là que le rapprochement le plus caricatural que l'on pourrait faire entre Rasken et Velsna.


Objectifs stratégiques actuels de l'opération:

- Patrouilles aériennes sur le territoire raskenois (le territoire de Gradenbourg est à exclure pour le moment)
- Garnison en base de Münchberg
- Défense et garnison à proximité des sites importants propriétés d'Apex Energie
- Patrouilles et faction à la frontière du Gradenbourg (le territoire de Gradenbourg est à exclure pour le moment)

Le départ des troupes velsniennes est à prévoir lorsque la médiation entre Rasken et la Mahrénie arrivera à terme, et que le Sénat velsnien sera rassuré quant à ses placements financiers au sein d'Apex. Néanmoins, le Sénat se réserve le droit de procéder à l'envoi d'effectifs supplémentaires dans l’éventualité d'une escalade pouvant alerter les marchés boursiers velsniens.


Effectifs engagés :

Infanterie :
9 000 soldats professionnels
9 000 armes légères d'infanterie de niveau 10
1000 mitrailleuses lourdes de niveau 8
900 mortiers légers de niveau 6
1000 lance-roquettes de niveau 7
300 lance-missiles antichar de niveau 6
500 lance-missiles antichar de niveau 5

Transport et combat d'infanterie :
100 véhicules blindés léger de niveau 9
90 transports de troupe de niveau 9
100 véhicules de combat d'infanterie de niveau 9

Artillerie :
90 canons tractés de niveau 6
30 canons automoteurs de niveau 7

Logistique :
200 camions de transport de niveau 4
50 camions citernes de niveau 3

Génie :
4 bulldozers de niveau 3
1 pont-mobile de niveau 1

Commandement :
14 véhicules de transmission radio de niveau 10
15 véhicules radar de niveau 10

Hélicoptères :
40 hélicoptères d'attaque de niveau 8
40 hélicoptères de transport moyen de niveau 3
25 hélicoptères polyvalents de niveau 4

Avions et transport aérien :
14 avions de chasse de niveau 5
15 avions de chasse de niveau 4
5 transports tactiques de niveau 3
5 avions ravitailleurs de niveau 3
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Carte de l'appartenance originelle des territoires de l'Administration Militaire de Gradenbourg
Carte de l'appartenance originelle des territoires de l'Administration Militaire de Gradenbourg


L'ADMINISTRATION MILITAIRE DE GRADENBOURG : AUTOPSIE D'UNE INVENTION QUI N'A DE GRADENBOURGEOIS QUE LE NOM

Le 29 mai 1994, la Confédération de Kresetchnie a dû faire face à la plus grave agression militaire de son histoire en voyant déferler sur son territoire plus de cinquante mille bottes raskenoises. Concentrant leur offensive sur le Gradenbourg et l'Hotsaline, les hordes germaniques se sont enfoncées dans les terres kresetchniennes au gré de combats qui ont duré plus d'une année, causant des dizaines de milliers de victimes, avec un unique objectif : conquérir le plus de territoire possible. Il ne peut en être autrement, tant les motivations avancées par la propagande raskenoise pour justifier cette intervention sont d'un caractère fallacieux évident. D'après l'empire germanique, la République de Gradenbourg aurait servi de refuge à des dissidents républicains à l'issue de la guerre civile qui avait déchiré Rasken quelques années auparavant. Les dissidents en question, qui n'étaient ni plus ni moins que les derniers défenseurs d'un modèle authentiquement démocratique face au nouveau régime impérial corrompu et soumis aux intérêts d'un lobby des hydrocarbures devenu omnipotent, étaient par ailleurs accusés de crime de guerre par la monarchie raskenoise. Que nos lecteurs ne nous croient pas pris de bouffées délirantes à la lecture de ce qui va suivre : nous ne faisons que restituer crûment la version officielle avancée par la propagande raskenoise. Celle-ci arguait en effet que lesdits dissidents, furieux de leur défaite, auraient ni plus ni moins qu'empoisonné les cours d'eau du pays avec des armes bactériologiques pour en massacrer la population civile, afin de se venger de leurs vainqueurs monarchistes ! Les républicains se seraient ainsi trouvés à l'origine de la diffusion d'un virus qui aurait causé pas loin de deux millions de morts. Rien que ça ! On n'est pas très loin ici du fameux cliché de « l'empoisonneur de puits » dont la populace eurysienne d'antan aimait affubler les Juifs en préparation du prochain pogrom, mais passons. Toujours est-il que c'est cette justification, aussi absurde soit-elle, qui aura servi de prétexte officiel à l'invasion de la Kresetchnie.

On aurait alors légitimement pu s'attendre, si tant est que l'on accorde le moindre crédit aux motivations officielles avancées par Rasken, que les troupes de l'Empire quittent les lieux une fois les fautifs présumés capturés. Pourtant, s'en est suivie une occupation militaire prolongée des territoires hotsaliens, gradenbourgeois et avourgeois conquis par Rasken au cours du conflit, au motif cette fois de la nécessité de l'établissement d'une zone tampon pour protéger le territoire national des incursions des Raches, qui venaient d'établir leurs positions en Hotsaline et en Altarie du fait de l'affaiblissement des défenses locales, justement causé par... l'invasion raskenoise. Des circonstances commodes, qui ont permis à Rasken de justifier, certes très maigrement, mais justifier tout de même, l'occupation des terres kresetchniennes sous l'égide de l'Administration Militaire de Gradenbourg, une autorité d'occupation militaire qui s'étend sur l'ensemble des territoires krestechniens ainsi placés sous le joug d'Eberstadt.

Si l'Administration Militaire reprend à son compte le nom de la République de Gradenbourg, presque entièrement occupée, elle n'en a justement que le nom. Si l'on s'intéresse en effet de plus près à l'origine des territoires ainsi placés sous l'autorité de l'AMG, on constate (voir la carte ci-dessus) que le Gradenbourg n'en constitue que la moitié. Une portion montagneuse justificative, au nord, est une propriété légale de la République de l'Avène Libre, tandis que toute la moitié sud du territoire de l'Administration Militaire de Gradenbourg appartient en vérité à la République d'Hotsaline. Par ailleurs, si l'on se livre à une analyse de la composition démographique et ethnique des populations locales, le résultat est sans appel. Car si l'invasion raskenoise de 1994 a effectivement donné lieu à d'importants déplacements de population, et notamment un exode massif de réfugiés hotsaliens depuis le massif de Stina, aujourd'hui occupé par Rasken, vers les plaines de Posiv, il n'en demeure pas moins qu'il reste plusieurs centaines de milliers d'Hotsaliens au sud de l'AMG, qui continuent de subir l'occupation ennemie. Le terme d'ennemi n'est pas choisi à la légère ici, car bien que les combats entre Rasken et la Kresetchnie aient effectivement cessé en 1995, aucun traité de paix n'a jamais été signé entre les deux parties, encore moins concédant la souveraineté des territoires occupés aux autorités raskenoises. Cette occupation demeure donc, encore à ce jour, totalement illégale, tandis que les forces raskenoises déployées en Kresetchnie sont toujours considérées comme hostile par les gouvernements kresetchnien, avourgeois et hotsalien.

La situation est d'autant plus grave que le narratif raskenois a encore évolué depuis vingt ans pour justifier la pérennité de l'Administration Militaire de Gradenbourg. Toutes les considérations sécuritaires sont aujourd'hui passées à la trappe pour revendiquer une appartenance prétendument légitime du Gradenbourg à la nation raskenoise, sur la base d'arguments ethniques et culturels absolument fallacieux. Si les prétendus rapports historiques et généalogiques entre Rasken et le Gradenbourg sont évidemment une fable, et que le surnom de « petite Rasken » inventé par les cabinets de propagande raskenois les plus obscurs pour qualifier le Gradenbourg ne correspond à aucune forme de réalité idiomatique ou historique, les revendications territoriales de l'Empire Raskenois ne concernent plus aujourd'hui la seule République de Gradenbourg, mais les terres de l'AMG tout entière, territoires hotsaliens et avourgeois compris. De quoi tordre définitivement le cou au mythe larmoyant édifié de façon grotesque par Rasken autour de prétendues retrouvailles familiales entre fratries gradenbourgeoises et altariennes. Car si ces sornettes pour bonnes femmes suffisent peut-être à arracher quelques larmes dans les chaumières d'Altarie, n'importe quel analyste sérieux ne verra dans la propagande raskenoise que poudre aux yeux visant à satisfaire des ambitions impériales, qui se résument à la conquête du territoire le plus vaste possible, au mépris de toute considération culturelle, historique, et surtout démocratique. Les Hotsaliens du massif de Stina et les Avourgeois occupés par l'AMG désirent-ils devenir raskenois ? Permettez-nous d'en douter.

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Carte de l'appartenance originelle des territoires de l'Administration Militaire de Gradenbourg
Carte de l'appartenance originelle des territoires de l'Administration Militaire de Gradenbourg (parce qu'on ne le rappellera jamais assez)


RASKEN : FAUX SAUVEUR, VRAI DESTRUCTEUR

Parmi toutes les justifications fallacieuses avancées par la rhétorique raskenoise pour justifier l'invasion et l'occupation prolongée de la Kresetchnie, l'argument économique occupe une place de premier plan, au-delà des considérations historico-culturelles mensongères qui ont déjà été démontées précédemment. Si l'on en croit la rengaine classique des relais de propagande habituels du pouvoir raskenois, l'empire germanique serait venu cueillir un Gradenbourg miséreux et aux abois, en proie à une crise économique catastrophique que le pouvoir kresetchnien aurait totalement ignoré, tandis que Rasken, dans toute sa bonté, aurait ni plus ni moins que sauvé le peuple gradenbourgeois en l'inondant de subventions et d'investissements massifs, permettant à la faible économie du pays de se redresser pour offrir à ses habitants un cadre de vie décent. Bénis soient ces rédempteurs venus remettre à flot le Gradenbourg après l'avoir bombardé et massacré tous ses soldats ! Toutefois, une analyse un minimum sérieuse de la situation fait rapidement s'effondrer la fable raskenoise telle un château de cartes.

Intéressons-nous d'abord à la situation économique qui était celle de la République de Gradenbourg avant l'invasion raskenoise. Hyperinflation, surendettement, effondrement du pouvoir d'achat et chômage massif... Il est indéniable que la santé économique du Gradenbourg était loin d'être reluisante depuis 1994, avec une accélération très nette de sa détérioration environ trois ans auparavant. Toutefois, il convient d'étudier les facteurs qui ont conduit à la dégénérescence progressive de l'économie gradenbourgoise, jusqu'à atteindre le point culminant de la crise dans les années 1990. Au milieu du XXème siècle, le Gradenbourg était un pays plutôt prospère. Faiblement industrialisé, certes, mais disposant d'un secteur minier important dans le domaine du charbon, garantissant à la république d'importantes recettes en exportations, notamment grâce à sa voisine hotsalienne dont la production énergétique dépend quasi exclusivement, aujourd'hui encore, de cette ressource. La situation sociale a cependant commencé à décliner pendant la première guerre civile raskenoise, qui a vu un afflux de plusieurs millions de réfugiés déferler sur le Gradenbourg, plongeant le pays dans un désastre sanitaire et social sans précédent. Les réseaux de distribution d'eau et d'électricité, ainsi que les infrastructures sanitaires du pays, déjà fragiles, n'étaient clairement pas préparés pour soutenir une immigration aussi massive et se sont rapidement retrouvés submergés. Les villes gradenbourgeoises, insuffisamment pourvues en logements, voient des bidonvilles se multiplier dans les banlieues, où la promiscuité couplée à une absence totale de normes sanitaires provoquent l'irruption d'épidémies, amplifiant le fardeau économique et social. Si la République de Gradenbourg a tenté de faire son possible pour limiter les dégâts en augmentant de manière drastique ses dépenses sociales, l'explosion démographique suscitée par l'accueil des réfugiés, qui voient la population de leur pays d'accueil décupler en l'espace de seulement quelques années, aboutit inévitablement à de graves pénuries alimentaires et un chômage de masse. Pis encore, les tentatives d'endiguement de cette catastrophe sociale par le gouvernement, qui montrent une efficacité très limitée, ont également pour conséquence de faire exploser les prix, en plus de vider les caisses de l'État, qui compense ces dépenses exceptionnelles par des emprunts massifs. Malgré tout, les autorités républicaines s'efforcent tant bien que mal d'intégrer les nouveaux arrivants à la machine économique gradenbourgeoise, dans l'espoir de stabiliser la situation, en dépit des tensions communautaires qui finissent mécaniquement par apparaître du fait de l'arrivée d'une population nouvelle qui écrase par le nombre les autochtones du pays. Les Gradenbourgeois, confrontés une communautés dix fois supérieure en nombre, ne tardent pas à se sentir marginalisés dans leur propre pays, ce qui a pour effet d'aggraver un climat déjà tendu par les difficultés économiques. Le coup de grâce est donné à la fin de la guerre civile raskenoise en l'an 1976, qui voit bon nombre d'anciens réfugiés regagner leur pays d'origine, abandonnant par là-même les postes qu'ils avaient commencé à occuper au Gradenbourg. Ce nouvel épisode de changement démographique violent entraîne une baisse majeure de la productivité, la fermeture de nombreuses entreprises et une nouvelle déstabilisation de l'économie du pays, qui finit par succomber à l'hyperinflation et au surendettement une quinzaine d'années plus tard, lors de la banqueroute de 1991 qui s'accompagne d'un effondrement de plusieurs secteurs essentiels, comme l'extraction du charbon.

En définitive, si la situation économique du Gradenbourg était effectivement désastreuse au moment de l'invasion raskenoise de 1994, les premiers responsables en sont bien les Raskenois eux-mêmes, dont les mouvements de population massifs causés par la guerre civile sont le premier facteur de déstabilisation de l'économie du pays. Alors que l'Empire se targue aujourd'hui d'avoir en quelque sorte réparé sa faute en versant des subventions à la République de Gradenbourg pour soutenir l'économie du pays après le départ des réfugiés, ces afflux de capitaux exogènes ont en réalité eu pour principal effet d'aggraver l'inflation et précipiter l'avènement du point de rupture. Preuve en est de l'inefficacité de ces mesures que, en dépit de celles-ci, l'économie gradenbourgeoise a tout de même fini par s'effondrer en 1991. Mais n'était-ce pas justement là l'intérêt de Rasken, qui instrumentalisait trois ans plus tard la situation misérable dont il était lui-même l'instigateur pour justifier maladroitement son invasion de la Kresetchnie ? Rien de tel pour espérer être accueilli en sauveur par une population désespérée, d'où l'insistance de la propagande raskenoise sur ce thème précis.

Cette politique de subvention vis-à-vis du Gradenbourg n'a d'ailleurs pas cessé avec l'occupation, loin de là. Aujourd'hui encore, Rasken se vante de maintenir l'économie gradenbourgeoise sous perfusion par ses initiatives de financement. Mais avec quelle efficacité ? Si l'on regarde la répartition actuelle de l'économie gradenbourgeoise, on constatera qu'elle n'a pas évolué en l'espace de deux décennies. Aujourd'hui encore, l'économie du pays continue de reposer presque exclusivement sur le secteur primaire, avec une absence totale de diversification au cours de ces dernières années. La politique appliquée par Rasken n'a donc nullement pour objectif de favoriser un développement économique durable et pérenne du pays, qui passerait au contraire par une modernisation et une diversification des activités de production au profit des secteurs secondaires et tertiaires, à forte valeur ajoutée par rapport aux secteurs primaires minier et agricole. Une telle perspective n'irait évidemment pas dans le sens des intérêts d'Eberstadt, qui voit justement d'un très bon œil le maintien sous perfusion du Gradenbourg et sa totale dépendance aux importations de biens manufacturés et de services raskenois. En plus de profiter à l'économie de l'occupant, ce système garantit la docilité des Gradenbourgeois, qui ne peuvent que redouter les conséquences économiques d'une rupture des liens avec Rasken. Pour la monarchie impériale, le Gradenbourg n'est rien d'autre qu'une terre de plus à miner et à prospecter. On remarquera à ce titre que la principale initiative de développement économique menée par Rasken aura été un vaste sondage du sol gradenbourgeois pour trouver de nouveaux gisements de fer et de phosphore à exploiter.

Dans de pareilles circonstances, la politique raskenoise au Gradenbourg peut difficilement être qualifiée autrement que de coloniale, en cela qu'elle ne diffère en rien de l'attitude que les empires eurysiens des deux derniers siècles ont pu observer à l'égard de leur possessions ultra-marines en Afarée et sur les autres continents, reposant sur une exploitation des ressources et des investissements qui favorisent uniquement les bénéfices économiques de l'occupant, au mépris des intérêts des populations locales. Le plus bel exemple en est certainement le plan de développement des infrastructures que Rasken se vante d'avoir conduit au Gradenbourg, mais qui à surtout vocation à servir les objectifs militaires et stratégiques des autorités d'occupation, qui continuent de faire de la défense des frontières et du maintien de l'autorité acquise par les armes sur ce territoire une priorité. Les rares entreprises à avoir connu un développement de leur activité en dehors du secteur primaire sont très évocatrices, puisqu'il s'agit avant tout des secteurs de la cimenterie et de la construction, dont on devine aisément les principaux contrats confiées par l'Administration Militaire, à savoir l'extension des infrastructures de défense et le renforcement des voies de ravitaillement pour les troupes.

À la lumière de ces éléments, il apparaît bien que le principal obstacle au développement économique du Gradenbourg est l'occupation raskenoise elle-même. Dans un pays où toutes les grandes décisions sont prises depuis l'étranger ou par des autorités d'occupation qui servent des intérêts extérieurs, il est difficile d'envisager un avenir positif pour l'économie gradenbourgeoise tant que durera cette occupation. Assigné de force à un modèle économique purement extractiviste et privé de toute autonomie dans le choix de ses orientations, le Gradenbourg ne pourra pas espérer une amélioration de sa condition sans une libération de ses capacités d'innovation. Pour l'heure, l'augmentation du PIB sert davantage les intérêts des actionnaires des compagnies minières raskenoises que la population locale, pour qui les chiffres de la croissance économique dont l'occupant lui rebat les oreilles à longueur de temps ne se traduit par aucune augmentation notable du niveau de vie, que ce soit en terme de services publics, de santé, d'éducation ou de pouvoir d'achat.

Puisque l'on en vient au sujet de la croissance économique, il convient également de démystifier la légende du « miracle économique » gradenbourgeois que la propagande raskenoise se plaît à vanter sans cesse. En effet, on lit souvent dans la presse impériale diffusée au sein de l'AMG, et même de la bouche des officiels raskenois eux-mêmes, que la mise sous tutelle du Gradenbourg a grandement bénéficié à l'économie locale, prenant pour argument la hausse du produit intérieur brut, qui serait parti de 2,5 milliards de dollars en 1994 pour avoisiner aujourd'hui les 18 milliards. Cependant, cette analyse a pour premier défaut qu'elle compare les performances économiques de l'ancienne République de Gradenbourg avec le territoire actuel de l'Administration Militaire de Gradenbourg, qui sont pourtant deux entités bien distinctes, notamment sur le plan territorial. La confusion a beau être sciemment entretenue par la propagande raskenoise, qui aimerait faire oublier que le Gradenbourg ne représente qu'environ 60% du total du territoire de l'AMG, le fait est que celui-ci recoupe également une importante part du territoire hotsalien occupé par les troupes raskenoises, ainsi qu'une partie des terres avourgeoises. Il est donc absurde de comparer les statistiques de feu la République de Gradenbourg à celle du méli-mélo avourgo-gradenbourgo-hotsalien que constitue l'AMG. Par ailleurs, si l'on s'intéresse au niveau de développement indiqué par les PIB par habitant des différents États de la région, les conclusions sont sans appel. Avec un PIB par habitant de 8 865 dollars, l'Administration Militaire est l'entité administrative la plus pauvre localement, tout juste devant le domaine des moines ascètes de Bergrun. Si une comparaison avec les 38 000 $ par habitant de l'Empire Raskenois ne fait que confirmer le rôle de dépendance coloniale joué par le Gradenbourg vis-à-vis de son occupant, une mise en perspective avec les 93 000 $ par habitant de l'Hotsaline nous éclairera d'autant mieux sur les facteurs réels qui ont conduit au « miracle économique » vanté par Rasken. Bien plus productive que ses confrères gradenbourgeois comme l'attestent ces chiffres, la population hotsalienne restée dans la région du massif de Stina occupée par les troupes raskenoises n'est certainement pas pour rien dans l'explosion de la productivité qu'a connu la région au lendemain de la guerre. Suite aux nombreuses destructions causées par les bombardements raskenois au moment de l'invasion, et du fait de la déstabilisation causée par le départ massif des réfugiés hotsaliens pour la plaine de Posiv, les travaux de reconstruction et la réorganisation nécessaire de l'économie locale suffisent à expliquer la progressivité de la remontée des statistiques économiques. Il n'en demeure pas moins que cette explosion de la croissance, si elle est avant tout due aux actifs hotsaliens et aux populations qualifiées demeurées sur place, n'a rien à voir avec l'intervention raskenoise, dont les seuls résultats demeurent la mort, la destruction, et la disparition de tout espoir démocratique dans les territoires occupés par les autorités militaires.

L’histoire de la Kresetchnie sous occupation raskenoise est donc celle d’une exploitation pure et simple, masquée sous un vernis de bienveillance économique. En manipulant les chiffres, en instrumentalisant la misère qu'il a créée, en entretenant une dépendance extractiviste et en écrasant toute opposition, Rasken a transformé cette région en colonie de fait, au mépris des aspirations et de l'avenir de ses habitants. Si la propagande raskenoise parle de sauvetage, la réalité est celle d’une destruction insidieuse de toute possibilité de développement durable. Le Gradenbourg et les autres terres occupées ne pourront retrouver leur prospérité et leur dignité que par la fin de l’occupation, et le rétablissement de leur autonomie au sein de la Confédération de Kresetchnie.

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Siegfried Rennburg ouvri la porte de son appartement, localisé dans la ville majeure de cette petite province méridionale de l'Administration. Il accrocha sa veste – un élégant duffle coat noir et impérméable – sur le porte-manteau de l'entrée, et se dirigea ensuite vers son bureau, – du moins vers la partie du salon correspondant à un semblant de bureau. Il s'assit donc, et, se faisant, ouvrit son ordinateur portable dans le but simple de consulter sa messagerie. Son visage se ferma.

Il avait reçu un courriel en tout point semblable à un spam ; mais tout était là. Il avait apris par cœur cette adresse mail ainsi qu'une dizaine d'autre – s'il y recevait quelque chose, c'était une activation. Il ouvrit le message et le lu, sachant parfaitement quels codes lui appliquer successivement pour obtenir un ordre de mission. Une fois qu'il eu compris, son visage retrouva des couleurs – le VSB ne l'envoyait pas commettre un attentat ou un quelconque sabotage. Non. Il allait seulement chanter les louages de Rasken dans sa sphère privée. Et celle-ci allait être fortement induit à en faire de même, &c. Les choses vont vitement dans un pays de deux millions d'âmes.

Mais il demeurait prêt : cela faisait deux ans qu'il était sur place – sous une identité bien réelle, mais pas la sienne. Si la guerre éclatait, il suivrait les ordres.
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Carte de l'appartenance originelle des territoires de l'Administration Militaire de Gradenbourg
Carte de l'appartenance originelle des territoires de l'Administration Militaire de Gradenbourg
(oui ! encore cette carte ! et vous la verrez encore, encore, et encore !)



RASKEN, FOSSOYEUR DE LA DÉMOCRATIE AU GRADENBOURG

Avant que les bottes raskenoises ne viennent déferler sur la Kresetchnie, le Gradenbourg était régi par un régime démocratique, une fierté rare dans une région souvent marquée par les soubresauts de l’histoire. La République de Gradenbourg, comme on l'appelait alors (et comme les partisans de la décolonisation du territoire kresetchnien par Rasken continuent de nommer le gouvernement gradenbourgeois en exil, désormais établi à Troïtsiv) fonctionnait selon les principes d’un régime représentatif et parlementaire. Ce n'était certes pas une démocratie parfaite, la République de Gradenbourg n'étant pas étrangère aux travers inhérents à tout régime réellement démocratique : une corruption récurrente parmi ses élites politiques, des querelles et des débats parlementaires interminables, et des crises institutionnelles périodiques qui menaçaient de temps à autres d'en faire vaciller les fondations. Mais ces imperfections n’étaient pas le signe d’une faiblesse fondamentale. Bien au contraire, elles étaient le reflet des défis naturels et inhérents à la démocratie, régime où hommes et femmes cherchent, ensemble, à construire un avenir commun tout en s’opposant dans le respect des règles. Qu'on le veuille ou non, cette république offrait à chaque citoyen une voix. Hommes comme femmes, jeunes comme anciens, tous pouvaient s’exprimer librement, débattre et voter pour élire leurs représentants parlementaires, lesquels constituaient à leur tour un gouvernement qui traduisait en actes les aspirations populaires. Le parlement n'était pas un simple théâtre pour des élites déconnectées, mais bien le cœur battant de la vie politique gradenbourgeoise, où les voix des électeurs résonnaient à travers des débats, des amendements et des prises de décision collectives. Chaque village, chaque ville, chaque citoyen avait la possibilité d'influencer la trajectoire de la nation, et ce pouvoir, bien que parfois imparfaitement exercé, appartenait indéniablement au peuple du Gradenbourg. La République de Gradenbourg était bien plus qu’un régime politique. Elle était une promesse : celle que les Gradenbourgeois décideraient eux-mêmes de leur destin. Les citoyens pouvaient s'y exprimer sans crainte, débattre avec passion et s'affronter dans l'arène politique pour définir ensemble ce qui serait le mieux pour leur pays. La politique était le fait des Gradenbourgeois, et rien que des Gradenbourgeois. Cette souveraineté populaire, imparfaite mais précieuse, faisait du Gradenbourg un État à part dans la région, un bastion où l’idée même de démocratie vivait et prospérait malgré les défis et les tempêtes.

Hélas, cette lumière démocratique s’est éteinte sous l’ombre des baïonnettes raskenoises. Dès les premiers mois de l'invasion de la Kresetchnie par l'empire germanique, l'impréparation des forces confédérales face à une offensive aussi soudaine, et totalement inattendue dans un contexte où aucun signe ne présageait une telle agression, a conduit à une débâcle rapide des garnisons stationnées au Gradenbourg. Les troupes raskenoises, bénéficiant d'une coordination logistique redoutable et d'un armement supérieur, ont balayé les positions défensives locales avec une brutalité méthodique. Ce chaos a contraint les représentants du gouvernement gradenbourgeois à fuir précipitamment la capitale, abandonnant des bâtiments qui incarnaient autrefois le pouvoir souverain et démocratique du peuple. Dans leur retraite, ils ont emporté ce qu’ils pouvaient de l’administration civile, espérant continuer leur mission de gouvernance depuis l’arrière. Mais face à l’avancée inexorable de l’occupation, cet espoir s’est rapidement transformé en illusion. Les troupes raskenoises progressant inexorablement, la République de Gradenbourg a vu son territoire progressivement grignoté, chaque parcelle tombant sous le joug d’une occupation militaire qui semblait implacable. Privé de ses institutions territoriales et de l’autorité légitime que conférait la souveraineté sur son territoire, le gouvernement gradenbourgeois s’est retrouvé relégué à un rôle purement symbolique. Les rares forces armées de la République, incapables de contenir l’ennemi sur leur propre sol, ont été contraintes de se replier hors du Gradenbourg pour poursuivre le combat aux côtés des armées de l’Hotsaline et des autres États confédérés. En exil, le gouvernement s’est retrouvé sans moyens concrets pour faire appliquer les lois qu’il votait, rendant de facto son parlement caduc bien avant même sa dissolution officielle. Ce dernier coup de grâce, porté par les autorités d’occupation raskenoises, est survenu sous couvert d’un prétexte cynique : l’incompatibilité des institutions républicaines avec les impératifs de sécurité militaire. Une justification froide et calculée, qui masquait mal le véritable objectif de cette dissolution : effacer toute trace de la démocratie gradenbourgeoise pour légitimer l’autorité de l’occupant. Les salles autrefois animées de débats passionnés et d’affrontements politiques vibrants ont été réduites au silence, transformées en bureaux administratifs militaires où les voix des citoyens n’étaient plus entendues. Peu à peu, les institutions historiques et démocratiques du Gradenbourg, symboles de la souveraineté populaire, ont été systématiquement démantelées ou exilées. Ce processus, méthodique et implacable, a culminé avec l’installation de l’Administration Militaire de Gradenbourg, une entité dont le nom même illustre la nature autoritaire et étrangère. En un mot, le Gradenbourg avait perdu son âme politique.

De par sa nature de régime d'occupation, l'Administration Militaire de Gradenbourg concentre tous les pouvoirs et toutes les compétences entre les mains des seules institutions militaires. Les représentations civiles, si tant est qu'elles existent, n'occupent qu'un rôle purement figuratif, qui n'a d'autre intérêt pratique que de rendre davantage flagrante la farce que constitue ce régime, prétendant éhontément servir les intérêts de la population locale tout en la soumettant aux décisions de l'étranger. Qui donne les ordres au sein de l'Administration Militaire de Gradenbourg ? Les haut-gradés raskenois, bien entendu. Et quelle politique appliquent-ils ? Celle qui aidera au mieux à combler les besoins de la populace et répondre à ses aspirations ? Il ne peut en être ainsi, car un officier n'obéit qu'à ses supérieurs. Un haut-gradé raskenois, en l'occurrence, prend ses ordres auprès de l'état-major impérial, qui lui-même suit les directives fixées par le gouvernement. Le Gradenbourg et les autres pays occupés n'ont pas de gouvernement, ni d'institutions décisionnelles représentatives. Ils sont administrés directement par le gouvernement raskenois, qui ne peut suivre d'autres intérêts que ceux de Rasken. C'est là d'ailleurs ce qui explique la politique menée au sein de l'Administration Militaire de Gradenbourg qui, comme nous l'avons précédemment démontré, maintient délibérément la région dans un état de sujétion économique vis-à-vis de l'occupant raskenois, en donnant la priorité au développement d'un secteur primaire qui n'assure en rien un avenir prospère et autonome au Gradenbourg, mais l'enferme au contraire dans une dépendance totale vis-à-vis des subventions et des importations raskenoises. La gestion de l'AMG a au moins le mérite d'être conforme à ce que représente fondamentalement ce territoire pour l'élite raskenoise : une colonie à exploiter, et une zone militaire tampon, destinée à encaisser toutes les destructions et les pertes humaines en cas de conflit avec les voisins orientaux de l'Empire. Drôle de manière de considérer des populations dont on prétend par ailleurs qu'elles ont vocation à devenir des citoyens de Rasken comme les autres ! Les décisions prises au Gradenbourg servent des objectifs purement militaires, qu'ils s'agisse du développement des infrastructures destinées au ravitaillement des troupes, des investissements dans les secteurs de la cimenterie et de la construction qui contribueront à édifier les nouvelles fortifications défensives tournées contre la Kresetchnie, ou des subventions versées aux secteurs miniers, qui alimenteront demain la machine de guerre raskenoise.

Les répercussions du régime d'occupation militaire sur les libertés fondamentales des habitants des régions occupées ne s'arrêtent pas à l'absence de démocratie et de représentation au sein des institutions politiques. L'occupation raskenoise, qui perdure sur ces territoires depuis plus de vingt ans déjà, représente un poids très lourd au quotidien pour les locaux, qui doivent composer chaque jour avec les humeurs changeantes des garnisons raskenoises chargées de maintenir l'ordre sur cette possession coloniale, et les patrouilles incessantes et répressives de la police militaire qui arpente les rues et les campagnes de l'AMG. Le simple fait de se déplacer dans leur propre pays est devenu une épreuve pour les Gradenbourgeois, qui n'ont pas fini de s'habituer aux checkpoints et autres contrôles de sécurité intempestifs, tandis que la surveillance généralisée est devenue la norme pour des habitants qui doivent peser subtilement chacun de leurs mots, sous peine d'avoir à leur tour affaire à l'appareil de répression raskenois. Aux tribunaux et magistrats de l'ancienne république ont succédé les passages directs devant la cour martiale, à la mansuétude aussi rare que sa brutalité peut être exacerbée. La seule parole autorisée est pour ainsi dire la propagande de l'autorité d'occupation raskenoise, qui rebat matin, midi et soir les oreilles de ses administrés des bienfaits miraculeux que serait censé leur avoir apporté le régime d'occupation, mais dont ils peinent encore à voir la couleur. Les plus jeunes générations, quant à elles, oublient jusqu'à leur propre identité, dans des écoles administrées par l'occupant où leur est enseignée la « vérité » défendue par Eberstadt, à savoir la raskenité éternelle du territoire, et l'absence totale de liens culturels historiques avec une Kresetchnie à laquelle le Gradenbourg a pourtant appartenu des siècles durant. Là encore, la politique de l'autorité d'occupation ne fait que servir les objectifs militaires de Rasken, lesquels passent par un maintien de l'ordre à tout prix au sein de cette province coloniale. Que les habitants se sentent raskenois ou non n'a pas vraiment d'importance, car ils seront toujours des citoyens de seconde zone, même si citoyens ils deviennent. Mais si cette idée peut avoir la vertu de les rendre plus dociles, aucune raison de ne pas la leur inculquer.

Si ce portrait de la situation actuelle paraît bien sombre, faut-il pour autant enterrer à jamais la démocratie au Gradenbourg ? Tout espoir est loin d'être anéanti par les entreprises de répression de Rasken. Le régime impérial aime s'appuyer sur la population issue de l'immigration de réfugiés qui s'est produite pendant la première guerre civile raskenoise, aussi bien pour argumenter en faveur d'une prétendue légitimité de son occupation que pour s'assurer des soutiens au sein de la population locale. Pourtant, une large part des Raskenois qui ont effectivement fui au cours de cette période vers le Gradenbourg sont justement les anciens partisans de la République de Brod Flor, unique régime raskenois qui fut jamais réellement démocratique. Si des millions de Raskenois réfugiés au Gradenbourg ont fini par regagner leur patrie d'origine à la fin du conflit, s'agissant en toute logique de ceux qui l'avaient fui pour des raisons strictement humanitaires, ceux qui sont restés en Kresetchnie sont justement ceux qui n'avaient pas intérêt à retourner dans un pays qui avait succombé à l'influence des partisans du régime impérial, colonialiste et impérialiste qui régit aujourd'hui Rasken. D'aucun pourrait arguer qu'ils sont restés au Gradenbourg parce qu'ils y avaient fait leur vie, y avaient une famille, ou un emploi. Mais en toute honnêteté, qui préférerait rester dans un pays misérable en proie à une crise économique terrible plutôt que de regagner une patrie prospère et désormais stabilisée ? Peut-être la situation économique et sanitaire de Rasken n'était-elle pas si reluisante que cela au lendemain de la guerre civile, mais ces migrations auraient aussi bien pu se produire plus tard. Or, le fait est qu'elles ne se sont pas produites, ce qui ne peut signifier qu'une chose, à savoir que les Raskenois restés au Gradenbourg étaient bel et bien les partisans de l'ancien régime républicain, restés au Gradenbourg pour des raisons politiques, et non matérielles. C'était d'ailleurs là l'un des prétextes avancés par la monarchie raskenoise lors de l'invasion de la Kresetchnie en 1994 : venir chercher les prétendus auteurs de l'épidémie de Cratis « jusque dans les chiottes ». Difficile d'imaginer que ceux-ci accueillent à bras ouverts l'occupation impériale et la répression qui l'accompagne.

Le passé républicain du Gradenbourg, tout comme les sympathies républicaines des Raskenois venus s'implanter dans ce petit coin de Kresetchnie pour vivre les idéaux que les partisans de l'Empire leur avaient arrachés, continuent de vibrer dans le cœur des Gradenbourgeois. Ces idéaux, conservés avec obstination malgré des décennies de répression, demeurent inscrits dans les archives de leur histoire et incarnés par la résistance inébranlable du gouvernement en exil. Depuis Troïtsiv, ce dernier persiste à porter l’étendard d’une démocratie qui refuse de mourir, soutenu par la protection bienveillante du gouvernement kresetchnien. Cette flamme vacillante mais toujours vivante rappelle à tous que la démocratie, même étouffée, peut renaître dès lors qu’elle est portée par la volonté et le courage d’un peuple. Rasken, en parvenant à écraser la démocratie au Gradenbourg, avait également imposé sa volonté sur l’Hotsaline, où son offensive avait permis l’établissement d’un régime d’exception autocratique. Pendant deux longues décennies après la fin de la guerre, l’Hotsaline a vécu sous le joug de ce système autoritaire, conçu pour maintenir une emprise totale sur la population et étouffer tout élan démocratique. Pourtant, même là, la lumière de la liberté n’a jamais été totalement éteinte. Le réveil de la démocratie en Hotsaline, symbolisé par l’avènement d’un nouveau régime parlementaire et une réaffirmation des valeurs confédérales, souffle aujourd’hui un vent d’espoir sur toute la Kresetchnie. Cet exemple, porté par la résilience et l’unité retrouvée du peuple hotsalien, offre un modèle pour les Gradenbourgeois et toutes les populations opprimées par l’Administration Militaire de Gradenbourg. Demain, ce modèle pourra inspirer ceux qui subissent encore la répression et l’exploitation de l’occupant raskenois. Il leur montre qu’il est possible de reconquérir ce que l’envahisseur leur a arraché : leur droit de choisir, de s’exprimer et de vivre libres. La démocratie, même chassée, peut toujours renaître. Elle n’est pas seulement un régime politique, mais un espoir indomptable, une aspiration collective, une promesse que chaque citoyen peut contribuer à construire un avenir meilleur. Alors que l’Hotsaline se relève et que la Confédération se renforce, le Gradenbourg, lui aussi, pourra un jour reprendre sa place légitime dans une Kresetchnie où la liberté et la démocratie ne sont pas de simples mots, mais des réalités palpables. La résistance silencieuse d’aujourd’hui est la promesse des victoires de demain.

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Carte de l'appartenance originelle des territoires de l'Administration Militaire de Gradenbourg
Carte de l'appartenance originelle des territoires de l'Administration Militaire de Gradenbourg
Il est vrai qu'elle n'a pas de lien direct avec le contenu de cet article, mais elle n'en doit pas moins être diffusée encore, encore, et encore.



QUAND RASKEN SACRIFIE L'ÉCONOMIE DU GRADENBOURG POUR MAINTENIR SON EMPRISE

Il n'aura pas fallu longtemps à Rasken pour faire craquer de lui-même le fragile vernis de bienveillance dont il tente de recouvrir son occupation de la Kresetchnie depuis 1994. Nous sommes déjà tous au fait du mensonge que constitue le prétendu « miracle économique » que l'Empire se targue d'avoir provoqué au Gradenbourg par ses investissements et sa gestion économique de la zone depuis la création de l'Administration Militaire. Toutefois, l'occupant avait jusqu'alors tâché de limiter, au moins en apparence, les impacts de son exploitation de l'économie du pays sur la vie quotidienne des habitants, afin de ne pas trop entamer son récit de propagande vantant le caractère vertueux de sa démarche. La population continuait de vivre dans la même misère depuis vingt ans et évoluait dans un pays réduit au statut de colonie minière et de marche militaire sans la moindre perspective d'avenir, certes, mais ses conditions de vie matérielles avaient le mérite de ne pas réellement s'aggraver, à l'exception des quelques désagréments causés par la nature militaire de l'occupation, qui venait naturellement avec son lot de contrôles intempestifs et de répression.

Toutefois, à mesure que le voile se lève sur la réalité des intentions de l'Empire Raskenois et les conséquences tangibles de sa politique sur les territoires occupées, et que le vent de la contestation commence à se faire de plus en plus fort, le régime impérial aux abois dévoile publiquement son vrai visage. Quelle dommage que cet écueil arrive quelques jours seulement après l'adoption, par l'assemblée nationale raskenoise, d'un projet de loi de financement de l'Administration Militaire de Gradenbourg, destiné justement à redorer l'image de l'occupant en affichant officiellement l'intention de développer concrètement l'économie de la région pour contrer les voix qui dénoncent la nature concrète de la politique raskenoise ! L'opposition croissante à la présence raskenoise contraint le régime impérial à prendre les devants pour réaffirmer son autorité sur les territoires occupés de Kresetchnie, ce qui passe par un détournement d'une large partie du budget prévu pour le développement du Gradenbourg vers le renforcement de l'appareil de propagande déployé par Rasken au sein de l'Administration Militaire. Cette décision n'est pas sans conséquence pour les habitants de la région qui, en plus de se voir marteler les inepties proférées par les cerveaux malades des apologistes de la grandeur raskenoise, voient une grande part des ressources financières, déjà limitées, être détournées vers des activités pour le moins improductives. Là où les importantes sommes réinjectées dans les relais de propagande locaux auraient pu l'être dans le développement des infrastructures ou le développement des entreprises industrielles clés, ces quantités colossales de liquidité sont gaspillées pour permettre un oppresseur tyrannique de maintenir un peu plus longtemps son emprise sur un territoire qu'il est, de toute manière, condamné à perdre.

Au-delà du ralentissement d'une croissance qui aurait pu profiter à l'avenir économique du Gradenbourg, bien que concentrée dans des secteurs à faible valeur ajoutée, conformément à la politique raskenoise de sujétion économique de la région, les conséquences réelles des débordements récents du régime d'occupation pourraient bien être lourdes d'implications pour les populations placées sous l'autorité de l'Administration Militaire. En effet, tous les voyants sont au vert pour voir arriver, dans les mois qui vont suivre, une hyperinflation pointer son nez dans les territoires occupés. En premier lieu, l'inertie économique provoquée par le détournement de ressources, initialement prévues pour le développement de secteurs stratégiques, au profit d'activités de propagande qui ne produisent pas la moindre richesse, aura tôt fait de ralentir la production, voir de la menacer très sérieusement, s'agissant des nombreux secteurs dont la survie dépend directement des subventions raskenoises (la raison d'être desquelles est justement de maintenir ces secteurs sous perfusion pour garantir la sujétion à long terme de la région). La diminution de l'offre qui s'ensuivra mécaniquement ne peut avoir pour conséquence qu'une hausse fatale des prix, laquelle touchera en premier lieu les secteurs liés aux matières premières, affectant par la même les entreprises du secteur secondaire qui dépendent de ces ressources. La dépendance aux importations en provenance de Rasken, et donc la charge financière que celles-ci peuvent représenter pour un territoire à la balance commerciale déjà largement déficitaire, se trouvera par ailleurs renforcée par la baisse de la production, ce qui ne va guère arranger la situation.

Parallèlement à cela, la provenance du financement des opérations renforcées de propagande pose elle aussi question. Qu'il soit assuré par les prélèvements réalisés auprès des populations locales, ou par les fonds versés directement depuis l'Empire, les conséquences sont tout aussi funestes. Dans le premier cas, le matraquage fiscal destiné à combler le gouffre financier que représente l'appareil de propagande raskenois ne viendra que s'ajouter aux difficultés causées par l'inflation, entraînant une diminution drastique du pouvoir d'achat des habitants et une dégradation rapide de leurs conditions de vie. Dans le second cas, ces afflux de continus de monnaie dans un pays qui produit déjà en si petite quantité des biens à très faible valeur ajoutée ne pourra que venir porter le coup fatal à l'hyperinflation, qui réduira rapidement les devises locales à l'état de monnaie de singe. Si à ce climat instable et incertain, sur le plan économique comme politique, vient se greffer une perte de la confiance des investisseurs privés locaux et un ralentissement encore plus important du développement du tissu économique, le Gradenbourg pourra, pour ainsi dire, dire adieu à son avenir.

De cette dégradation de la situation économique ne peut découler qu'une aggravation des tensions sociales et politiques, déjà catalysées par le caractère polémique de la présence militaire raskenoise et les remous que celle-ci génère sur la scène diplomatique régionale. Chacun pourra facilement se figurer ce qui se passera dans la tête des habitants du Gradenbourg et des autres territoires occupés dès lors qu'ils devront faire la queue de manière interminable sur les marchés pour se procurer des produits de première nécessité, dont les prix auront par ailleurs décuplé depuis le début de la crise. Il apparaît désormais de manière nette que l'occupant, malgré tous les moyens qu'il investit à essayer de convaincre la population du contraire, n'est pas parvenu à remplir ses promesses vis-à-vis des territoires kresetchniens. Là où il se vantait d'avoir apporté la prospérité - une prospérité telle que les locaux en auraient oublié que l'Empire était venu les envahir vingt ans plutôt en massacrant toute résistance sur son passage - Rasken n'a amené que la désolation et la crise, exploitant la région jusqu'à la dernière miette dans un dernier effort désespéré pour y maintenir son emprise. Car c'est bien là ce que cette situation traduit de la position raskenoise : à présent sur la défensive, le régime impérial s'accroche à sa colonie comme une sangsue, lançant ses dernières ressources dans la bataille pour essayer de faire taire les oppositions, même si cela doit à jamais condamner l'avenir des populations de la région. Il est difficile d'imaginer, dans un pareil contexte, que l'entreprise raskenoise soit couverte de succès. Il apparaît même plus raisonnable de penser qu'elle n'aura qu'un effet contraire à celui escompté par les élites qui ont si bien pensé ce plan depuis Eberstadt, achevant de convaincre les victimes de l'occupation du caractère mortifère de la présence raskenoise, et de l'urgence d'y mettre un terme.

Le moment approche où l’Empire raskenois devra faire face à la dure réalité de sa politique : son occupation de la Kresetchnie n’est pas seulement un échec économique, mais un désastre moral et politique. En refusant d'admettre le caractère inepte de son entreprise et en gaspillant ses ressources dans cette guerre d'influence, dans l'espoir d'étouffer par la propagande les voix qui dénoncent la gestion désastreuse de la situation, le régime impérial ne fait que mettre sa crédibilité en péril, tant aux yeux de sa propre population qui ne supportera pas longtemps de devoir subvenir aux besoins du gouffre financier que constitue l'Administration Militaire de Gradenbourg, qu'au regard de ses alliés à l'international, qui peineront de plus en plus à assumer leur soutien à un État qui se livre à une telle politique, proprement indéfendable. Chaque pas en avant dans ce projet suicidaire ne fait qu’accroître la méfiance acteurs internationaux vis-à-vis de Rasken, qui ne peuvent voir cette occupation qui perdure depuis deux décennies autrement que pour ce qu'elle est, à savoir une démonstration d'expansionnisme colonial fort maladroitement dissimulé. On en voit déjà clairement les conséquences, à mesure que les alliés et les partenaires économiques les plus fidèles l'Empire commencent eux-mêmes à remettre en cause la légitimité et le bien fondé de la poursuite de la politique raskenoise en Kresetchnie, invitant par ailleurs le régime d'Eberstadt à modérer sa position et accepter un désengagement progressif de la région. Si l'occupation tue à petit feu le Gradenbourg et les territoires occupés, qui sont les premiers à avoir intérêt à la faire cesser, il en va tout autant de Rasken lui-même, qui se condamne à mesure qu'il persiste dans une entreprise folle qui a déjà largement montré l'ampleur de ses limites. Il reste simplement à voir si l'aristocratie impériale aura la lucidité et le courage de reconnaître l'impasse qui l'attend au bout de la voie qu'elle suit depuis deux décennies, ou si le rétablissement de la souveraineté des populations de la région devra passer par leur propre réveil, et la reprise en main de leurs intérêts grâce à l'appui des groupes contestataires en formation et de leurs indéfectibles soutiens étrangers.

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Les voix qui s'élèvent derrière le bruit des bottes

Troupes d'occupation raskenoises en Kresetchnie


Opération d'influence politique et culturelle visant l'Administration Militaire de Gradenbourg

Pays infiltrant : République d'Hotsaline, soutenue par le Duché de Sylva et le Klosterbund von Bergrun
Pays infiltré : Administration Militaire de Gradenbourg
Prévisionnel de la date (RP) de l'action clandestine : 20/04/2015 + 21 = 11/05/2015
Prévisionnel de la date (HRP) de l'action clandestine : 11/12/2024 + 7 = 18/12/2024
Type d’opération : Propagande idéologique (10 000 à 30 000 points, à voir selon les répercussions sur le taux de réussite)

Provinces ciblées : #29408 #29409 #29411 #29412 (ensemble du territoire de l'Administration Militaire de Gradenbourg)


RECONTEXTUALISATION / FRISE CHRONOLOGIQUE DES EVENEMENTS PRE-OPERATION :

Historiquement, la Confédération de Kresetchnie est, depuis sa création au XIXème siècle, composée de cinq États membres, qui sont la République d'Hotsaline, la Principauté d'Altarie, la République de l'Аvène, la Fédération Monastique de Bergrun et la République de Gradenbourg. Toutefois, en 1994, l'Empire Raskenois voisin de la confédération a lancé contre celle-ci une opération d'invasion militaire surprise qui, après plus d'un an de conflit, a conduit à l'occupation totale du Gradenbourg, ainsi que d'une partie des terres de l'Avène et du tiers du territoire de la République d'Hotsaline. L'ensemble de cette zone d'occupation a été rassemblée par l'occupant sous l'égide d'une unique entité administrative, l'Administration Militaire de Gradenbourg, une autorité d'occupation dirigée depuis Eberstadt. Plus de vingt ans après la fin de la guerre, l'occupation de la Kresetchnie par l'Empire Raskenois n'a pas cessé. L'Hotsaline et l'Avène sont toujours amputées d'une part importante de leurs territoires respectifs, tandis que la République de Gradenbourg a de fait cessé d'exister en tant qu'entité autonome.

La guerre de 1994 n'a pas eu que des conséquences territoriales, mais également politiques. Au cours du conflit, le président hotsalien Leonid Kravchuk s'est fait octroyer les pleins pouvoirs par le parlement lors de la promulgation du régime d'état d'urgence, une mesure prévue par la constitution en cas de danger grave pour l'intégrité et la survie de l'État. Prenant pour prétexte la continuation de l'occupation raskenoise et la menace que celle-ci faisait peser sur la sécurité de l'Hotsaline, le président Kravchuk a fait prolonger le régime d'exception pendant les vingt années qui ont suivi, en s'appuyant sur un parlement dont le renouvellement était mécaniquement empêché par la suspension des élections. À la fin de l'année 2013, l'Hotsaline a toutefois connu une intervention des forces armées qui ont permis le rétablissement des élections et la promulgation d'une nouvelle constitution, laquelle marque l'avènement d'un nouveau régime parlementaire rendant toute confiscation du pouvoir impossible par l'exécutif. L'Hotsaline s'efforce depuis lors de travailler à la restauration de la souveraineté de la Confédération de Kresetchnie sur l'ensemble de son territoire. Cette politique est passée dans un premier temps par l'élimination des milices des Raches qui occupaient le sud-est du pays. À présent, l'occupation raskenoise constitue le dernier obstacle avant le plein rétablissement de la souveraineté de la Confédération dans ses frontières légales.

Cette opération se repose sur plusieurs forces et éléments concrets :
  • Avant d'être occupés par Rasken, les territoires de l'AMG ont appartenu plus d'un siècle durant à une Confédération de Kresetchnie dominée par l'Hotsaline. Il est raisonnable de penser qu'elle continue d'y bénéficier d'une certaine influence.
  • Une grande partie des territoires placés sous l'autorité de l'AMG sont originellement hotsaliens, et restent peuplés d'Hotsaliens (voir cette carte).
  • L'Hotsaline a déjà mené, avec succès, une opération d'influence du même type au sein de la Principauté d'Altarie, conférant à ses services une certaine expérience de ce type de projet.
  • L'Hotsaline possède d'importants dispositifs de diffusion de son influence, là où moyens dont disposent l'Administration Militaire, comme Rasken, sont très limités (comparaison du nombre d'unités culturelles).
  • Les justifications avancées par Rasken pour justifier son invasion de la Kresetchnie et la prolongation de l'occupation de l'Administration Militaire ne sont pas constantes et ont connu une évolution du narratif raskenois. D'abord concentré autour de questions sécuritaires, ce récit a évolué vers un argumentaire ethno-culturel rattachant le territoire à la patrie raskenoise au prétexte d'arguments pseudo-historiques, qui par ailleurs tiennent difficilement la route à la lumière du morcellement du territoire de l'AMG entre plusieurs États kresetchniens, notamment slaves et francophones. (voir l'article L'Administration Militaire de Gradenbourg, autopsie d'une invention qui n'a de gradenbourgeois que le nom)
  • Rasken vante fréquemment le « miracle économique » gradenbourgeois et le fait que son intervention aurait permis une explosion du PIB de la région. Si ces chiffres sont à prendre avec précaution dans la mesure où ils font fi de l'incorporation de territoires hotsaliens à forte productivité dans un ensemble géographique qui dépasse de loin le seul cadre du Gradenbourg historique, une analyse plus fine de l'économie du Gradenbourg montre au contraire que Rasken nuit sciemment au développement à long terme et à l'autonomie des territoires kresetchniens occupés en les maintenant dans une dynamique purement extractiviste basée sur un secteur primaire massif, par ailleurs dépendant des subventions et importations raskenoises pour sa survie. (voir l'article Rasken : faux sauveur, vrai destructeur)
  • Alors que le Gradenbourg possède une longue tradition démocratique, à la République a succédé un régime d'occupation militaire entièrement soumis aux intérêts étrangers de Rasken, où les institutions locales n'ont qu'un rôle purement figuratif (voir l'article Rasken, fossoyeur de la démocratie en Hotsaline).
  • La récente révolution démocratique en Hotsaline présente un contraste fort avec la dynamique de l'AMG, qui s'enfonce dans la soumission au régime césariste et aristocratique de Rasken.
  • La politique raskenoise, au-delà de maintenir sciemment la région dans un état de dépendance économique, nuit directement au niveau de vie sur place par le détournement des fonds promis au développement des secteurs clés vers un renforcement de ses opérations de propagande, dans l'espoir de maintenir son emprise sur le pays (voir l'article Quand Rasken sacrifie l'économie du Gradenbourg pour maintenir son emprise, et la construction récente d'unités culturelles qui ont conduit à l'apparition de l'inflation au sein de l'AMG).
  • De manière globale, les réseaux d'information hotsaliens s'efforcent depuis plusieurs mois de démonter chacun des prétextes avancés par Rasken pour justifier son occupation du pays, et montrer au contraire son caractère néfaste, au-delà des arguments déjà cités plus haut (voir tous les RP postés dans les activités étrangères de l'AMG).
  • Du fait de l'occupation du tiers du territoire hotsalien par Rasken, qui représente près de la moitié du total du territoire de l'Administration Militaire, l'Hotsaline dispose d'une très importante diaspora sur place, placée de force sous l'autorité raskenoise par la guerre, et qui peut contribuer à relayer la propagande hotsalienne auprès du reste de la population.
  • La communauté raskenoise qui peuple le Gradenbourg, et sur laquelle Rasken s'appuie pour justifier l'occupation de la région, est selon toute vraisemblance constituée des partisans à l'ancien régime républicain de Rasken, la République de Brod Flor, et de leurs descendants, qui se sont justement réfugiés en Kresetchnie pour fuir la dictature impériale à laquelle ils s'opposent (voir démonstration dans le paragraphe 5 de l'article Rasken, fossoyeur de la démocratie au Gradenbourg).
  • La mèche blanche ridicule de l'Empereur Stanislav et les concerts hebdomadaires de musique nightcore qui détruisent à petit feu les oreilles des habitants de l'AMG ne peuvent que canaliser le ressentiment de la population locale contre Rasken.

Beaucoup de voyants sont donc au vert pour agir au sein de l'Administration Militaire de Gradenbourg.


OBJECTIFS DE L’OPERATION

En démontant point par point chacun des prétextes avancés par Rasken pour justifier son occupation des territoires kresetchniens, et en démontrant son caractère néfaste pour l'autonomie et les conditions de vie de la population, l'Hotsaline entend convaincre les habitants de la nécessité de mettre un terme à une occupation qui n'a d'autre objectif pour l'Empire Raskenois que de servir les intérêts d'une politique impérialiste, expansionniste et colonialiste, au détriment des autochtones de la région qu'il cherche à incorporer et exploiter. L'objectif est donc d'attiser l'opposition locale de la population à l'occupation, non seulement afin de s'assurer de son soutien à l'indépendance en cas de référendum ou même de conflit armé, mais également de compliquer les conditions du maintien de l'occupation par Rasken, qui devra le cas échéant renforcer son appareil répressif s'il souhaite conserver le contrôle de la région.


Réussite majeure :
  • Les habitants de l'Administration Militaire de Gradenbourg sont, de manière écrasante, hostiles à la prolongation de l'occupation raskenoise. L'opposition à Rasken se radicalise et ouvre la voie à des manifestations violentes.


Réussite mineure :
  • Les habitants de l'Administration Militaire de Gradenbourg sont majoritairement hostiles à la prolongation de l'occupation raskenoise. Ils voteront contre elle en cas de référendum concernant l'indépendance du territoire, et soutiendront les troupes kresetchniennes si un conflit armé devait éclater.


Echec mineur :
  • La rhétorique hotsalienne n'est pas relayée de manière suffisamment efficace pour obtenir une écho suffisant auprès de la population. La position des habitants quant à l'occupation raskenoise demeure incertaine.


Echec majeur :
  • Les tentatives de l'Hotsaline pour influencer la politique locale sont perçues comme une ingérence par la population, légitimant au contraire les prétentions raskenoises.


LIMITES ET CONTRAINTES DE L’OPERATION
(ne pas hésiter à demander aux concernés l’ajout d’éventuelles contraintes supplémentaires)

Plusieurs limites et contraintes sont à prendre en compte dans l’arbitrage de l’opération :
  • Le contrôle exercé par les autorités militaires raskenoises sur le territoire et l'étendue de leur appareil répressif pourraient compliquer la diffusion de la propagande hotsalienne.
  • L'occupation dure désormais depuis plus de vingt ans. Les plus jeunes générations pourraient n'avoir jamais connu ni la démocratie, ni l'autonomie de leur pays.
  • L'AMG compte une importante communauté raskenoise qui, si elle ne soutient pas forcément l'autoritarisme du régime impérial, pourrait ne pas se montrer pour autant plus favorable à l'Hotsaline ou la Kresetchnie.
  • L'implication d'agents de l'UEE dans la région, travaillant au renforcement de l'emprise raskenoise.

Moyens engagés :
  • Un secteur universitaire hotsalien orienté vers une production intellectuelle conforme aux objectifs politiques du gouvernement
  • Une administration hotsalienne dédiée à la réalisation de ce type d'opérations (nouveaux ministères)
  • Les budgets du Ministère des Sciences et de la Recherche et du Ministère de la Réintégration des Territoires Occupés
  • Les relais d'influence classiques de l'Hotsaline à l'étranger, à savoir la parole publique et les divers médias en ligne
  • L'importante communauté hotsalienne qui peuple l'Administration Militaire de Gradenbourg
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L'Institut Statistique d'Utvir


Ce 20 Avril, le prestigieux Institut Statistique d'Utvir (ISU) rend publique les résulats d'une étude menée sur une année pleine auprès des populations raskenoises et gradenbourgeoises sur l'autodétermination de l'Administration Militaire du Gradenbourg. Cet Institut mène donc une enquete d'opinion inédite sur la volonté même des peuples gradenbourgeois et raskenois à s'unir dans un même tout, ou bien à rompre. En effet, les nombreuses discussions tentées afin de trouver un terme au conflit opposant Rasken et l'Hotsaline sur le sort de l'AMG se basent respectivement sur des considérations économiquo-sociales d'une part, et ethniquo-historiques d'autre part ; mais jamais sur l'avis propre des populations locales. "Et ça, c'est un gros problème", argue le Président de l'ISU, le Vicomte Fransisko Verinon.

Ainsi, figure ci-après les données compilées au cours de l'année 2014 et le début de l'année 2015. Les provinces grandenbourgeoises y sont individuellement traitées, de la plus septentrionale à la plus méridionale.



Les Résultats Bruts

Le rapport publié par l'ISU en même temps que ces résultats décris et interprète les données obtenues. Ainsi, la courbe raskenoise est justifée dans sa croissance presque constante par la forte publicité du Gouvernement pour l'AMG. De plus, la possession du Gradenbourg place Rasken dans une position forte dans la région, ce qui ne déplait nullement aux citoyens de la nation germanique. De la même manière, les personnes dévavorables à cette présence décrient d'abord le coup économique de la chose, qui est assez conséquent. Cet argument se retranscrit parfaitement par la baisse relative au premier trimestre de 2015, concordant avec l'annonce d'une aide économique d'importance.

En ce qui concerne le Gradenbourg lui-même, les quatres provinces suivent une croissance substantielle de la popularité de l'AMG en tant que telle par les locaux. La population est même très largement favorable à Rasken dans les deux provinces Septentrionales, tandis que les deux autres plus au Sud — sur l'ex territoire Hotsalien — sont de ce fait plus défavorables au géant germanique, bien que la tendance soit croissante également. La brusque accélération de la croissance de la popularité de Rasken est, "sans nul doute" liée à l’annonce par Eberstadt d’un nouveau plan massif d’aide économique visant à développer l’autonomie de l’AMG, ainsi qu’à améliorer les conditions de vie de manière très palpable.

Le Pour et le Contre

Au delà des simples considérations économiques, la présence Raskenoise dans l’AMG se révèle être clivante entre les pro-Rasken et… ceux qui ne savent pas. En effet, une assez large partie des personnes interrogées déclare n’avoir aucun avis sur la question. Mais, le camps soutenu par la République d’Hotsaline voisine n’est tout de même pas inexistant : et des questionaires plus détaillés ont permis de cerner les raisons des détracteurs des Rasken.

Ainsi, ceux-ci clament que l’occupation du Gradenbourg n’est qu’un assujettissement militaire, politique et économique de l’AMG par la nation germanique voisine. Ce constat, abondamment alimenté par la propagande Hotsalienne, est même partagé par une partie non négligeable des défenseurs de Rasken, qui admettent que si la nature militaire du régime se justifie pour l’instant par la menace des virulents voisins de Rasken, il ne pourra en être ainsi pour toujours. Nombreux sont donc les citoyens gradenbourgeois à réclamer une plus forte démocratisation du régime, ou au moins des garanties de l’avènement d’une autonomie politique partielle. Encore une fois, le Président de l’ISU réclame "le droit du peuple gradenbourgeois à disposer de lui-même et à être entendu."

Depuis un point de vue strictement économique et social, les chiffres sont clairement favorables à Rasken et mettent à mal la thèse coloniale. Le rapport pointe une croissance constante des conditions de vie des populations locales. Mais, plus symbolique, une forte uniformité de ces conditions entre les immigrés Raskenois et les natifs Gradenbourgeois. Ce que l’ISU interprète comme "ne concordant pas avec un modèle colonialiste ou impérialiste, classiques du moins."

Conclusion du rapport

À la fin du rapport, l’ISU explore différents scénarios possibles, de l’indépendance totale de l’AMG à sa ré-annexion par la Kresetchnie, en passant par une intégration progressive à l’Empire Raskenois. Le premier fait mis en lumière est la supériorité sur le plan économique de cette dernière option, l’AMG et Rasken pouvant contribuer mutuellement à leur enrichissement. C’est donc aussi la solution la plus satisfaisante d’un point de vue social. En revanche, le scénario d’une guerre totale pour le contrôle de la région est considéré comme possible dès lors que Rasken conserve le Gradenbourg. Un pari risqué ? C’est ce qu’affirme le Vicomte Verinon. Enfin, le rapport démontre de manière certaine et indiscutable — chiffres à l’appui — que l’écrasante majorité de la population (97.3 %) se déclare favorable à une résolution pacifique de ce différend. Il faudra qu’Hotsaliens comme Raskenois prennent en compte cette variable si aucun d’eux veut gagner de cœur des gradenbourgeois.
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Avec l'intensification de l'activité politique autour du Gradenbourg (entre les campagnes de communication actives de l'Hotsaline ou de Rasken, accompagnées de l'implication toujours plus importante d'acteurs velsniens ponctuée de menace mährénienne), l'occupation de la région (et de diverses autres parcelles de l'Avène et Hotsaline) amenait à un regain d'intérêt de la part des moines. Ce regain était, à l'instar des communications directement en Rasken, catalysé par divers médias sylvois qui s'impliquaient par réaction à certains intervenants cherchant à s'investir dans la région tout en maintenant une communication fondamentalement opposée à l'OND. Mais contrairement à ce qui se relayait dans la métropole germanique, qui profitait de la proximité avec le Duché pour plus facilement se propager dans les réseaux sociaux et médias raskenois, les communications au Gradenbourg tiraient plutôt parti de la proximité avec la Krésetchnie. Les raskenois restaient toujours un intermédiaire de par leur proximité avec le Gradenbourg, mais les communications venaient maintenant à se tourner davantage vers les descendants d'exilés républicains ou d'habitants d'origine du Gradenbourg sous l'occupation.

Pour ce qui est desdites communications, elles étaient essentiellement informelles, par l'intermédiaire de memes sur les réseaux sociaux ou forum, mais également dans les lieux de vie : bars, marchés, tout ce genre d'endroits où pourraient circuler et s'exprimer librement pour partager des opinions. Hormis s'il y avait un contrôle migratoire suspicieusement stricte au Gradenbourg, auquel cas cela nourrirait les communications dénonçant le contrôle autoritaire de la région par la métropole raskenoise, ce n'était pas trop difficile pour des expatriés sylvois ou bergrosish de s'installer sur place pour échanger avec les habitants.

Les sujets étaient principalement focalisés sur l'aspect impérialiste de Rasken pour dénoncer l'occupation, avec deux axes d'argumentaires distincts pour les descendants de réfugiés républicains raskenois, et les habitants francophones du Gradenbourg. Les échanges avec les premiers tentaient surtout de raviver la flemme républicaine, qui devait au moins avoir été partiellement transmise par les parents qui contaient leur histoire à leur descendance, pour dénoncer la forme impériale de Rasken. Était notamment rappelé que la forme actuelle du pays était entièrement façonnée par la guerre civile, de la nationalisation d'Apex à la fondation des Bérets Rouge, deux leviers d'impérialisme majeurs du pays.
Avec les seconds, les autochtones, était plus génériquement dénoncé l'occupation en reprenant les éléments de communication de l'Hotsaline avec une analyse détaillée de la situation économique, sociale, politique et militaire. La chose se faisait d'ailleurs dans la continuité des échanges avec les ressortissants raskenois, pour rappeler que la conquête du Gradenbourg n'était que la poursuite de la politique impériale contre laquelle leurs ancêtres avaient luttés.

Empeureux Stanislache
L'Empeureux Rat-skenois, Stanislache, réclamant du pétrole pour son gel coiffant.

De nombreux éléments de communication sont rapidement récupérés et martelés pour s'inscrire dans la norme : taille de l'Empereur ou de son sbire à la tête de l'administration du Gradenbourg, son style capillaire qui prête au sourire, ou encore l'omniprésence d'Apex Energy dans la société raskenoise.
1m50 d'impérialisme
Un mètre et demi d'impérialisme.

L'administration de Gradenbourg est également renommée Gradenbidonville ou Maigrenbourg en référence à l'état de la situation économique suite aux crises migratoires puis à l'invasion raskenoise ayant complètement anéanti les infrastructures et mis en place une industrie totalement dépendante à la métropole raskenoise.
Le terme de métropole n'est par ailleurs pas anodin et volontairement répété pour rappeler l'aspect colonial de Rasken sur l'administration du Gradenbourg (allant bien au-delà dudit Gradenbourg).

Rat
Rat-skenois se vantant d'avoir rétabli l'économie qu'il a ravagé.
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Helmunt s'assit sur un banc et sortit le journal qu'il avait acquis quelques minutes plus tôt. Il le parcouru brievement, la presse locale se faisat l'écho des luttes d'influences dans la régions. Il devenais évident qu'Hotsaliens comme Raskenois manipulaient leur monde — le problème devenant de savoir à quel point. Mais cet article Valinoréen... cela lui parraissait bizarre. Cette nation était à un bon millier de kilomètres d'ici au point le plus proche... Qu'est-ce que l'étrange empereur-gauchisto-euryphile de Tirgon venait faire dans cette histoire ?

Pour en avoir le cœur net, Helmunt chercha "Valinor" sur son téléphone portable. Il parcoucu les actualités de cet Etat... particulier. Soudain, il lu un article traitant d'une très courte nouvelle — en français — dernièrement parue en Terre d'Illirë. Il la lu.


De l’Equation Universelle


Note 1

L’Univers, aussi grand qu’il soit, est quantifiable dans son infinité. Ce constat, les scientifiques du XXIIe siècle l’avaient fait sans aucun doute. Et si l’Univers et ses principes — ses lois — sont quantifiables, descriptibles de manière pleine et rationnelle, alors l’on peut les résumer en équations. En une équation — et cela, c’est a la portée de tous les peuples, mêmes païens, ayants habités notre Terre.

Mais depuis ces époques obscures où les scientifiques étaient hués pour ce qu’ils faisaient — nous vivons aujourd’hui dans un système juste et sans variance où la science est l’unique fondement de l’Etat — où elle se confond avec lui afin de dicter aux scientifiques-citoyens du Logimperium — l’Etat-Science — des lois universelles et uniformes.

Quand vous, chers lecteurs, déchiffrez ces lignes — ce que je m’apprête à chroniquer : moi, E-1618, scientifique-citoyen, sera déjà connu de tous. Mon devoir est donc de documenter cette Découverte ; afin que vous, chers lecteurs, puissiez assister au basculement soudain et mathématiquement correct du Logimperium dans la lumière la plus pure — dans une lumière sans variance.

Aujourd’hui, dans votre monde universel et parfait, que mes paroles doivent paraître rustres — individuelles ! Que mes mots doivent sonner comme archaïques ! Par exemple, mon numéro — E-1618 — doit, presque sûrement, vous interpeller. Les peuples anciens utilisaient, eux, des mots sans queue ni tête, que de variance ! Ici, les numéros sont uniques et emplit de sens, les scientifiques-citoyens sont une donnée chiffrée, bien plus aisée à trier, à en éliminer son lot de variance et de déficience.

Mais vous ! Vous vous avez sans doute une seule équation ! Une pour tous, une qui est tous ! Oui, vous — vous qui connaissez l’Equation Universelle.

Note 2


Je reprends aujourd’hui la plume pour vous dire, chers lecteurs, que tout est constant — invariable — je vous annonce ce formidable événement logique qu’est la progression uniforme de nos recherches. D’ici exactement deux jours, nous aurons trouvé — nous saurons.

Mais, il est maintenant temps qu’entre deux expérimentations, je vous décrive notre méthode d’unité pour quantifier l’Univers. Attendez simplement, voilà que c’est mon tour de confirmer au Logimperium que tout est invariable — constant et uniforme.

Voilà c’est fait, je peux reprendre la plume. Je n’ai que peu de temps à vous consacrer dans cette chronique ; et c’est bien normal — plus il y a de latence entre deux expérimentations, plus la variance est plausible.

Ainsi, pour quantifier — mettre en équation l’Univers —, nous procédons par le simple calcul d’addition combiné à une mémoire universelle : nous fouillons l’espace et le temps a la recherche de tout ce qui est, et nous le convertissons en chiffres positifs. Nos machines-outils sont là pour effectuer cette tache joyeuse et répétitive — invariable.

Tout ce qui existe est quantifiable — aussi, nous le quantifions ; l’Univers est dans ce seul but. Et, à mesure que nous le mesurons, nous nous rendons compte de la vérité évidente qu’il est parfait — constant et universel. Des temps anciens et archaïques, ils annotaient simplement ses valeurs d’un 8 renversé disant tout de leur ignorance. Il le disait "infini" — mais c’était l’aveux de leur incapacité à entendre sa finitude.

Mais voilà qu’arrive l’heure de la récupération en glucose — je me dois de vous laisser. Nous reprendrons là on nous en étions demain

Note 3


Je vous salue bien volontiers, du moins, aussi volontairement qu’à l’accoutumée. Tout est toujours parfait — constant —, universellement constant et parfait ; constant parce que parfait. Demain, nous en aurons la preuve absolue, à très exactement 12 heures et 43 minutes. Alors, nous aurons presque surement une connaissance collective universelle. N’est-ce pas magnifique ? Que l’Homme, imparfait, variable, puisse accéder de sa pensée à la perfection uniforme de l’Univers. C’est ce que le Logimperium avait promis, et, évidemment, le Logimperium aura eu raison contre toutes les croyances et les superstitions païennes.

Nous mettons un terme à la variance — et, c’est ainsi que vous vivez sans doute : dans une perfection uniforme et constante. Il m’est venu à l’esprit l’idée de vous décrire, à vous, ce qu’est la variance, si ce n’est l’antonyme naturel de la vertu d’invariabilité. Mais il va sans dire que vous ne pouvez pas comprendre ce que je tenterais bien vainement de décrire : et c’est bien normal — quel idée de placer dans une langue les mots pour décrire ce qui n’a pas à exister ! Voyez-nous comme ceux qui, les derniers, ont souffert cela. Mais demain nous y mettrons fin, c’est certain — c’est scientifique.

Quel bonheur de l’emporter, après des siècles sur les croyances occultes — qui ne sont que cela : des croyances. Nous. Nous serons tantôt un Nous — universel, parfait ; un Nous triomphant. Plus besoin de numéros, il n’y aura plus rien à compiler er traiter comme données statistiques nouvelle ! En vérité, demain, tout sera rendu à une seule chose : l’Equation Universelle ; et vous-mêmes, vous êtes ce Nous victorieux. Loin de moi l’idée de me porter en olibrius, mais cela sera : c’est un fait.

Note 4


Je suis, pour la première fois de ma vie, en proie à une émotion nouvelle que les anciens nommaient "excitation." Si tout est constant, alors tout est parfaitement heureux et répétitif — nul besoin donc d’une émotion traduisant la surprise ou l’espérance devant l’inconnu. Mais cette nature humaine déplorable sera tantôt corrigée — nous serons tous bientôt Nous. Je me dois de vous laisser, l’Equation Universelle résous ses ultimes vicissitudes en cet instant même — nous serons tous bientôt Nous.

12 h 44.

Je… l’Equation est fausse… elle le doit… l’Univers n’a pas de fin. Je ne sais pas… cela défie tout nos calculs… Le Logimperium — ses bases mêmes… Plus rien n’est là. L’Univers est variable. Il n’y a qu’une seule possibilité… l’Unique. Les anciens disaient… que l’Univers était conscient. Cela défie toute probabilité. .. . Il existe. Ils avaient raison… l’Unique est tout puissant… .

L’Equation est vraie. Il existe…. il est le Nous.

Il est partout

Je vois son œil…

Il nous voit.. . . . . il Nous voit



Au commencement il n’ y avait que l’ Unique. Maitre

de toute chose car toute chose
est issue de l’

Unique.


Ce peuple, décidement...
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Aux cafés du Gradenbourg

Café gradenbourgeois


Opération d'influence politique et culturelle visant l'Administration Militaire de Gradenbourg

Pays infiltrant : Etat Valinoréen
Pays infiltré : Gradenbourg
Prévisionnel de la date (RP) de l'action clandestine : 25/04/2015 + 21 = 16/05/2015
Prévisionnel de la date (HRP) de l'action clandestine : 13/12/2024 + 7 = 20/12/2024
Type d’opération : Propagande idéologique (10 000 points)


Province cible : #29408 ; #29409 ; #29411 ; #29412 (soit l'ensemble du territoire de l'Administration Militaire du Gradenbourg)

RECONTEXTUALISATION / FRISE CHRONOLOGIQUE DES EVENEMENTS PRE-OPERATION :

Le Gardenbourg est — à l'origine — un ensemble de territoires appartenants à divers Etat-Membres de la Confédération de Kesetchnie, notament la République d'Hotsaline et l'Avène Libre. Au cours de l'année 1994, une guerre est déclarée entre la Confédération d'une part et Rasken d'autre part. Au terme de ce sanglant conflit de plus d'un an, Rasken annexe une large partie des territoires conquis à l'occasion de sa victoire en arguant de "l'amitié entre Rasken et le Gradenbourg."

Le régime en place est, durant les six premières années, une administration millitaire pure et simple. Ce système évoluera en 2000 pour un modèle plus hybrides, bien qu'Eberstadt et son Etat-major conservent une partie importante du pouvoir politique. Aujourd'hui, les conditions de vie ont largement évoluées suite à plusieurs plans d'aide successifs, augmentant ainsi la popularité de la présence raskenoise. A la mi-2015, le ton est monté entre la République d'Hotsaline et l'Empire Raskenois au sujet du Gradenbourg ; des opérations de désinformation et de propagande Hotsaliennes ayant même été soupçonnées, sans preuves.

Valinor s'était tenu à l'écart de cette crise jusqu'ici, mais devant l'ampleur des tensions, les menaces Hotsaliennes, et la suspicion d'action ennemies sur le sol gradenbourgeois, Valinor a finalement offert ses services à Rasken.

Cette opération se repose sur plusieurs forces et éléments concrets :

  • L'implantation raskenoise au sein du gradenbourg dure maintenant depuis une vingtaine d'années, permettant aux mentalités d'évoluer. Les nouvelles générations, elles, n'ont carrément jamais connu autre chose que l'AMG, ce qui place la collaboration Raskeno-valinoréenne en position confortable pour faire circuler des idées.

  • Une forte immigration de nationaux raskenois a modifié le rapport démographique, autrefois largement favorable à l'Hotsaline. Si ces nouveaux habitants ne sont pas forcément des chaud partisant de la politique raskenoise, il seront toutefois bien plus difficiles à retourner contre le régime téléguidé par Eberstadt.

  • Une forte reconstruction, a fortiori croissance, économique a opérée dans la région grace à de multiples subventions raksenoises, donnant une image positive de Rasken.

  • Le VSB-KO exécutant cette opération est un service extrêmement structuré et organisé, en plus de bénéficier de fonds confortables et d'une relative indépandance (ou mise à l'écart, selon le point de vue) des pouvoirs politiques.

  • Le VSB opère main dans la main avec Rasken et l'AMG, lui promettant des moyens et informations considérables au niveau local.

  • Les agents du VSB sur place privilégient une diffusion inconsciente par le bouche à oreille, de manière à ce que les Gradenbourgeois ne puissent qu'avoir l'impression que ces louanges à Rasken viennent d'eux mêmes.

  • A fortiori, il est bien difficile de soupçonner une intervention du relativement lointain Etat Valinoréen, bien que la publication d'un rapport aie conduit les grandenbourgeois à se renseigner sur Valinor, la plupart en ayant conclu que cet Etat était ... particulier.

  • Le promesse de l'accélération de la croissance économique par l'UEE peut faire pencher les populations les plus précaires en faveur du maintient de cette dernière.

  • Toutes combinées, les usines culturelles de l'AMG, de Rasken, et de Valinor sont en nombre équivalent (légérement supérieur) à celles de l'Hotsaline. De la même façon, Ces trois premières nations demeurent largement majoritaire en influance politico-culturelle au sein du Gradenbourg au moment de l'opération. Voir#29412 #29411 #29409#29408
  • De plus, de nombreux sondages placent les pro-rasken plus ou moins largement en majorité dans la population, un fait qui pourrait influancer les indécis par effet de masse.

  • Egalement, la peur d'une autre guerre encore plus meurtrière peut pousser les Gradenbourgeois à une forme d'auto-censure : c'est à dire ne pas oser exprimer trop de rancœur au régime en place par peur de provoquer le chaos.

  • En dernier lieu, les idées transmises par la présente opération ne sont pas exemptes de critiques sur le modèle impérialiste raskenois ou sur sa politique au Gradenbourg. Ainsi, en même temps que le rejet de la propagande hotsalienne, c'est une plus forte volonté de démocratisation ou une plus importante autonomie politico-économique que les agents Valinoréens tenteront de transmettre à la population. Ce point plus critique peut, encore une fois, permettre de rassurer les indécis et autres.

Beaucoup de voyants sont donc au vert pour agir au Gradenbourg.


OBJECTIFS DE L’OPERATION
L'objectif assumé de l'opération est de renforcer la popularité de Rasken au sein du Gradenbourg, ou du moins de le présenter comme la moins pire des initiatives possibles. Le VSB entend ainsi placer en situation de stricte majorité le camp du maintient de l'AMG — dans une forme plus souveraine — en cas de referendum sur l'autodetermination. La méthode employée consiste en un très large plan d'influance global de l'opinion gradenbourgeoise : essentiellement par l'activation d'agent locaux mettants en valeur des idées plus ou moins en faveur du bilan raskenois, et surtout optimistes à propos de l'évolution de l'AMG hors de l'influance hotsalienne.


Réussite majeure :
  • La population, déjà majoritairement plus ou moins favorable à Rasken, voit cette opinion prendre encore plus d'ampleur tandis que les capacités de nuisance hotsaliennes se retrouvent handicapées. Un potentiel referendum serait gagné par Rasken avec une écrasante majorité (plus de 80%).


Réussite mineure :
  • Une parties des indécis penchent maintenant pour Rasken, ce qui marque une légère accélération de la croissance de la popularité raskenoise. Un potentiel referendum serait gagné par Rasken avec une large majorité (70-80%).


Echec mineur :
  • La propagation des idées pro-raskenoise est rapidement étouffée par une opinion publique saturée. Pas d'effet notable sur la popularité de l'une ou l'autre partie, Rasken conserve donc son avance et gagnerait un potentiel referendum avec une majorité non-négligeable (60-70%).


Echec majeur :
  • L'opinion publique soupçonne une ingérence de la part de Rasken ou de l'UEE, les idées promulguées sont en partie discréditées. La popularité raskenoise repart donc à la baisse avec Rasken toujours en favori d´un potentiel referendum mais les projections sont incertaines (45-60%).


LIMITES ET CONTRAINTES DE L’OPERATION
(ne pas hésiter à demander aux concernés l’ajout d’éventuelles contraintes supplémentaires)

Plusieurs limites et contraintes sont à prendre en compte dans l’arbitrage de l’opération :

  • L'opinion publique gradenbourgeoise est completement saturée par une surenchère de la propagande des deux parties.

  • La propagande hotsalienne est crédible et s'appuie sur d'importants éléments culturels et historiques.

  • Une minorité importante de la population est originellement hotsalienne, comme ne le rappelera jamais assez cette carte.

  • C'est la première opération du genre mennée par le VSB, bien que le service soit bien construit et bien soutenu, cela peut jouer dans l'efficacité des mesures actives mises en place.


Moyens engagés :

  • Le Quatrième Bureau du Valinorem Sekuritas Basal — ou VSB-KO — a concentré ses efforts à cette tâche.

  • Le confortable budget aloué au VSB.

  • Une partie de l'administation tentaculaire valinoréenne s'est penchée sur l'élaboration des idées à transmettre.

  • L'Administration Millitaire en elle-même ainsi que des conseillers raskenois.

  • Un insitut statistique (l'ISU) réputé a été influancé à émettre un rapport sur la question.
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Un plan de paix pour l'Eurysie centrale présenté par le gouvernement teylais !


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Le Correspondant

Ecrit par : Valentin Mathieu, posté le 01/04/2015 à 15h33.


Le Gouvernement du Royaume de Teyla a aujourd'hui présenté en conférence de presse son plan ambitieux pour une paix durable dans la région d'Eurysie centrale et plus particulièrement entre la Confédération de Kresetchnie, l'Empire Raskenois et l'Autorité Militaire du Gradenbourg. Cette dernière n'est pas reconnue par le Royaume de Teyla, le gouvernement veut croire que la nomination de l'Autorité dans le proposition dévoilée sera perçue comme un geste fort par les autorités de Rasken. L'Autorité Militaire est un territoire qui occupe des territoires légitimes de la Confédération depuis le début du conflit en mille neuf cent quatre-vingt-quatorze. Après plusieurs années d'un statu quo non officiel, que l'on doit avant tout aux autorités de l'Hotsaline et son ancien président Leonid Kravchuk, la nouvelle administration de l'Hotsaline a formulé son vœu de retrouver les territoires illégitimement occupés. Une situation qui dure depuis plus d'une décennie alors que la communauté internationale ne reconnaît pas la légitimité de l'Autorité Militaire du Gradenbourg sur les territoires occupés, compliquant la situation de l'Empire Raskenois qui a multiplié l'immigration entre les deux territoires afin d'accentuer son contrôle sur la région.

Face à la situation complexe et bien que l'Empire Raskenois et l'Hotsaline sont actuellement en discussion supervisée par la médiation de la Grande République de Velsna, le Royaume de Teyla a présenté, par la voix de Pierre Lore, le ministre des Affaires Étrangères, son plan devant la presse nationale et internationale pour la paix. Dès ses premiers mots, le représentant de la diplomatie teylaise au plus haut niveau a décrit le plan comme ambitieux, tout en étant attentif aux aspirations et aux volontés de chacune des parties. Il a exprimé l'espoir que ce plan permette aux nouvelles générations de grandir dans un climat de paix, essentiel au développement économique et social de la région. Voici des extraits de la prise de parole de Pierre Lore, présentant le projet de paix du Gouvernement de Sa Majesté :

Le plan pour arriver à une paix durable proposé par le Royaume de Teyla est un plan ambitieux. Nous croyons que cette ambition est nécessaire pour que chaque acteur puisse trouver enfin les raisons qui amèneront à la paix. Cette proposition n'est pas une simple proposition sortie parce qu'il en fallait une dont nous aurions tiré aucune leçon sur les événements qui ont amené à la situation actuelle. Bien au contraire, ce plan tire les leçons du conflit qui continue de durer même si les hostilités et les accrochages armés ont cessé, pour le bien de la population. Je tiens à saluer toutes les personnes qui ont permis cela. C'est un pas en avant qui était peut-être dur, mais nécessaire. Cependant, nous ne pouvons pas nous contenter de ce silence relatif des armes. La paix exige de chacun des acteurs une reconstruction de lien commun, si dur soit-il. Elle nécessite ce feu ardent en chacun de nous en faveur de l'idéal humain. Qu’est-ce que la paix, sinon l’expression la plus noble de notre humanité ? Elle demande de la patience, de la confiance, mais aussi de la compréhension. Sans ces trois aspects, la paix est un échec. Il convient aux acteurs internationaux de se proposer pour que l'expression la plus noble de notre humanité, à savoir la paix, puisse s'exprimer. Ce sont ainsi les raisons qui me poussent à être devant vous aujourd'hui. Je crois en cet idéal, je crois en l'humanité collective des acteurs concernés. L'histoire est écrite à l'avance seulement si aucun acteur n'ose parler à la partie adverse. Refusons l'histoire écrite à l'avance et prenons le chemin de la discussion, de l'apaisement et de la réflexion.

Afin que cette paix et la reconstruction que nous appelons de nos vœux puissent être durables, il est impératif que les négociations intègrent une discussion sur le retrait des troupes militaires des territoires contestés, permettant ainsi le déploiement d’une force internationale. En outre, l'accumulation de militaires dans les zones contestées augmente jour après jour les tensions. Le retrait progressif des troupes pour laisser place à une coalition internationale aura pour mérite de faire descendre les tensions régionales, répondant ainsi à un besoin urgent. Ce retrait contribuera à la paix durable et, afin d'assurer la continuité de la protection des territoires, qui devront voir leur administration être transférée progressivement à la Confédération ou alors engager des référendums, une force internationale de soldats assurant la paix devra être déployée.

À l'évidence, tous les sujets devront être abordés, y compris ceux qui ne figurent pas dans le plan. Ils devront être examinés avec un regard ouvert et interrogatif, permettant de trouver des solutions pour sortir de cette situation inextricable. Le sujet des résidents en fait partie. Depuis que les territoires contestés sont passés sous l'autorité de l'Autorité Militaire, nous avons pu observer une immigration massive raskenoise, ce qui de fait augmente le poids et l'influence de l'Empire Raskenois sur ces territoires. Il n'est pas question de revoir la légitimité de ces personnes à habiter sur ces territoires, mais de garder un équilibre afin que chaque minorité, dans chaque nation, soit représentée dans les instances politiques. Cela peut passer par la mise en place d'une proportionnelle ou encore des quotas d'admission dans les universités, les écoles et l'administration du pays.

Il ne peut y avoir de paix sans le progrès économique. Le développement économique des territoires occupés doit être pris en compte lors des discussions pour la paix. Il ne peut y avoir des personnes laissées sur le côté, le développement économique doit être inclusif, sans faire de différence et n'avantageant aucune communauté particulière. Le Royaume de Teyla proposera une aide au développement à la Confédération et à l'Empire Raskenois mais aussi à l'Autorité Militaire, pour qu'une gestion commune au niveau communal soit possible, à travers un progrès économique qui doit être nécessaire pour que la paix soit durable. Le Royaume de Teyla est prêt à engager sa signature financière pour garantir à la région un avenir de prospérité économique et reconstruire, comme nous le faisons déjà en Hotsaline, les paysages détruits par des années de conflit.

Plan de paix proposé par le Gouvernement de Sa Majesté concernant le conflit Raskenois-Hotsalien

L'objectif de la paix :

  • La conclusion d'un traité de paix, ou à défaut, l'établissement d'un cessez-le-feu d'une durée minimale de dix ans, offrant aux parties le temps nécessaire pour bâtir un cadre structuré et durable dans la région.
  • Une réparation de guerre versée à l'Hotsaline et à la Confédération. Le Royaume de Teyla se propose comme prêteur. Le Royaume de Teyla pourra envisager d'effacer la dette en fonction du déroulement des discussions.
  • Une aide au développement conséquente de la part du Royaume de Teyla à l'Empire Raskenois et à la Confédération.
  • Discussion sur les problématiques du conflit, comme le déminage des territoires. Cela pourra donner lieu à une aide financière et humaine.



    Relatif aux minorités et au territoire de l'Autorité Militaire de Gradenbourg :

    Un respect des minorités présentes sur le territoire de la Confédération et sur le territoire de l'Autorité Militaire du Gradenbourg. Ce respect se décompose en plusieurs axes :
  • Assurer la représentation des minorités dans les institutions politiques nationales et locales des deux parties à travers la proportionnelle et l'envoi d'observateurs internationaux.
  • La mise en place de quotas au sein des universités, des hautes écoles et de l'administration de l'Autorité Militaire du Grabenbourg pour assurer la représentation des minorités dans les instances nationales. Afin de prévenir les tensions, l'envoi de médiateurs internationaux.
  • La mise en place d'un moratoire sur l'immigration d'une durée d'une année, afin que les parties trouvent un accord migratoire satisfaisant les acteurs politiques de chaque partie. Cet accord migratoire devra être ratifié par les deux parties. Si au bout d'un an aucun accord n'est trouvé, une médiation est assurée sur ce sujet par le Royaume de Teyla.
  • Le droit de vote est accordé à toutes les personnes présentes sur le territoire de l'Autorité Militaire pour les élections locales et les référendums locaux à portée locale.
  • Le droit de vote n'est pas accordé à toutes personnes présentes depuis moins de cinq ans sur le territoire de l'Autorité Militaire. Les autorités du Royaume de Teyla veillent à la conformité des documents présentés par les habitants aux autorités de l'Autorité Militaire.
  • L'interdiction est revue par toutes les parties, y compris par une médiation organisée par le Royaume de Teyla, au bout de cinq ans. Si l'Autorité Militaire du Grabenbourg a respecté ses engagements sur la représentativité des minorités, l'interdiction pourra être revue, en accord avec les deux parties.

  • La discussion par les parties de l'immigration massive de Raskenois ayant eu lieu durant plusieurs années, afin de proposer une solution pour la représentativité des Hotsalines sur le territoire, ainsi que la création d'un régime permettant l'immigration hotsalienne, dans des conditions qui seront discutées par les deux parties.


  • Relatif aux territoires :

  • La démilitarisation des territoires contestés par toutes les parties, en dehors de la présence d'une force internationale.
  • Déploiement militaire à travers une force internationale et/ou teylaise, qui devra assurer la protection des territoires contestés. La force extérieure devra coopérer avec les autorités et les forces de sécurité locales.
  • L'implication d'acteurs régionaux dans la force internationale.
  • La présence d'observateurs internationaux afin d'assurer que les termes sur la démilitarisation sont respectés, ainsi que le bon traitement des habitants. La présence de médiateurs est recommandée.
  • Une discussion entre les parties sur les territoires contestés dans le but d'envisager une possible rétrocession de ces territoires à la Confédération de l’Hotsaline, reconnue par la communauté internationale comme légitime pour en assurer l’administration.


  • Relatif aux questions internationales :

  • Si la médiation est réussie et que les deux parties acceptent les accords, le Royaume de Teyla souhaite convier les acteurs régionaux à une conférence régionale de la paix afin que ceux-ci s'engagent à reconnaître les accords et aident le Royaume de Teyla à faire respecter lesdits accords.
  • Mise en place de canaux de discussion entre l'Hotsaline et l'Empire Raskenois pour maintenir une discussion transparente, franche et cordiale quelle que soit la situation.
  • Mise en place d'une protection teylaise contre les agressions extérieures pour l'Empire Raskenois, l'Autorité Militaire et l'Hotsaline, si la question des territoires contestés est réglée par les parties.


  • Le Royaume de Teyla précise que cette proposition doit servir de base de discussions. Le Royaume de Teyla sera honoré de pouvoir décrire les détails et les raisons qui l'ont amené à faire cette proposition, qu'il juge nécessaire pour assurer la paix en Eurysie centrale. Les parties seront libres, si elles acceptent le principe de la médiation, d'ajouter ou de retirer des clauses durant les négociations.



Lien complémentaire : Réunion des ministres à la Résidence Faure.
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Après le succès des hunger games gallouèsans, les hunger games raskenois, ou apexiens pour les intimes, débutent !


La dernière édition fut un immense succès, comme le rappelle nos confrères teylais, et cette nouvelle édition, sous l’égide de l’amour entre les peuples, de la paix et de la tolérance, sera, nous l’espérons aussi un grand succès. En effet, beaucoup de téléspectateurs, avaient demandé à ce que l’aventure soit retentée, l’émission ayant connu un nouveau regain d’intérêt suite au généreux retrait du camarade secrétaire général Lorenzo, humble guide du peuple loduarien. Ainsi, après la victoire teylaise de l’an dernier, le directeur d’Apex, qui est accessoirement l’Empereur raskenois, a proposé d’en faire une expérience unique pour tenter de désigner celui qui aura le droit de considérer le Granbourg comme sa propriété. En effet, dans son communiqué de presse, le directeur annonçait que les jeux seraient tournés sur l’autodétermination des peuples, et que « seuls pourraient y participer les peuples opprimés. »

Bien sur, nombreux furent les candidats, et des choix durent être faits par les autorités apexiennes qui organisaient les jeux, ainsi faisons ensemble une petite liste non exhaustive des heureux élus de ces jeux promettant d’être inoubliables. Et nous commençons très fort avec la participation velsnienne, chose naturelle dans ce monde avec une Achos surpuissante et hégémonique qui met en péril l’intégralité de la Sérénissime république. Ainsi nous avons eu une entrevue avec le beau et charismatique dirigeant velsnien à savoir Matteo di Grassi, ce bel étalon tentant de se défendre tant bien que mal des monstres achosiens. Nous l’avons rencontré sur une frégate dernière génération occupé à défendre les baleiniers velsniens dans les eaux achosiennes et nous lui avons posé la question suivante : « Pensez-vous que c’est une bonne idée d’intégrer les achosien dans les hunger games de cette année ? » et ce à quoi il nous répondit :

« Bien sur, c’est comme ça que nous pourrions voir à quel point ils sont menaçants, fourbes et laches, et même pire, ils sont celtes ! Ces sauvages assassineraient dans leurs sommeil les concurrents, massacreraient ces pauvres velsniens, comme ils l’ont fait durant la guerre d’indépendance velsnienne. En plus de massacrer de pauvres innocents ayant eu le malheur de découvrir une île perdue au nord de l’Eurysie et de commercer avec toutes sortes de gens, il ne savent pas parler correctement, vous avez tenté de lire les journaux achosiens ? Non? Et bien vous ratez pas grand-chose, ce fut un châtiment divin que de leur donner le droit de parler ! Vous savez aussi que ces barbares se peignent avec le sang de leurs victimes. Bon c’est pas tout mais je dois aller cramer ce villages de pouilleux qui oppressent la belle Velsna. »

Viennent ensuite les hostalins, qui rappellent que l’Hostaline est une terre d’accueil pour tout le monde, excepté ceux qui ne viennent pas de Krésétchénnie. Ainsi nous avons contacté un ministre hostalin, plus prompt aux remarques racistes qu’un sylvois agressant de jeunes enfants…

« C’est clair, nous sommes oppressés par ces juifs et ces autres cons de migrants, même les rachites sont plus sympas ! Heureusement que l’on a une démocratie réservée aux seuls hostalins, sinon on serait devenus de sales métèques ! Heureusement, nous n’avons rien de rien à nous reprocher, ces même ces sous-hommes de raskenois nous rackettent et nous oppresse, regardez ces pauvres victimes du Granbourg, privés de racines et de liberté ! Bien, maintenant, vous m’excusez, mais je dois aller nourrir le chien de ma copine ; Stanislav Schutzenberger, qui court plus vite qu’un juif lorsqu’il voit de l’argent quand il me voit ! »

Puis pour conclure nous avons demandé au directeur général d’APEX, qui porte étrangement le même nom que le chien de la copine du ministre hostalin, si un tel évènement ne risquerait pas d’éveiller la jalousie de Lorenzo et de raviver les tensions entre les états locaux. Ce à quoi il nous a répondu :

« Mais non ! Il m’a assuré que ça ne lui posait aucun problème, avant de dire ; « et puis merde quoi » et de tirer trois balles dans le crane d’un officier de service, qui lui avait servi un café  « pas assez révolutionnaire ». Quant aux tensions, laissez-moi rire ! Qu’est ce qui pourrait mal se passer avec des hostalins et des raskenois, des velsniens et des achosiens, armés jusqu’aux dents avec l’obligation de s’entre-tuer ! Bien sur il y aura des morts, mais dites-vous que c’est pour le bien commun ! Bon c’est pas tout mais je dois assister à un conseil des ministres ou à un conseil d’administration, je sais plus trop, les choses se ressemblent tellement ! »
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