13/05/2019
06:11:03
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Activités étrangères en Kaulthie des Altars

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Activités étrangères en Kaulthie des Altars

Ce topic est ouvert à tous les joueurs possédant un pays validé. Vous pouvez publier ici les RP concernant les activités menées par vos ressortissants en Kaulthie des Altars. Ceux-ci vous permettront d’accroître l'influence potentielle de votre pays sur les territoires locaux. Veillez toutefois à ce que vos écrits restent conformes au background développé par le joueur de la Kaulthie des Altars, sinon quoi ils pourraient être invalidés.
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Le 20 juillet était un jour d’été comme un autre dans la petite ville de Kaulthie des Altars. Il faisait chaud, et les gens sortaient pour profiter du soleil. Mais il y avait une personne dont le moral n’était pas au plus haut. Cette personne, c’était l’ancien Prince d'Altarie, Ron-Gustav, lui qui avait combattu en première ligne l’organisation terroriste des Raches, se voyait forcé d’abdiquer sans que le dirigeant Kresetchnien de l’époque ne lève le petit doigt pour cet homme qui l’avait servi avec loyauté pendant tant d’années.

Cette situation était connue d'un pays voisin, Rasken, car dans son histoire, le pays avait vécu une situation similaire avec l'instauration de la République de Brod Flor. Le dernier roi du royaume précédant la République avait abdiqué volontairement, du moins officiellement. Les années qui suivirent cette abdication furent marquées par une véritable guerre menée contre tout ce que représentait l’ancien royaume pour l’effacer au plus vite. L’anciennne Principauté d'Altarie en était à ce niveau-là : propagande pro républicaine et anti royaliste, partie royaliste en déclin. Ne subsistaient dans les mémoires que les actions héroïques du prince d'Altarie Ron-Gustav contre les Raches. Ce fut d’ailleurs une chance pour lui, car grâce à ses actes, il empêcha dans un premier temps la nouvelle république d’effacer une personne alors considérée comme un héros national. Mais ce statu quo ne pouvait durer qu’un temps, les souvenirs ne sont pas immuables, ils peuvent être altérés, ce que la propagande républicaine tentait de faire.

Depuis maintenant quelques années, l’empire Raskenois voisin compatissait avec son altesse Ron-Gustav, et plus particulièrement le nouvel empereur de Rasken, Stanislav Schützenberger, qui, en bon passionné d’histoire, voyait en sa situation ce que Rasken avait lui-même subi il y a plus de deux siècles de cela. Et depuis maintenant 4 ans, Son Altesse Ron-Gustav recevait des cadeaux pour son anniversaire de la part de Rasken, et son anniversaire, c’est le 20 juillet.




Drapeau

À Son Altesse Ron-Gustav, seul dirigeant légitime de la Principauté d'Altarie.
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Des racines celtiques du peuple altarien, une solution locale à l'impératif anti-germanique kresetchnien

Drapeau du Royaume de Kleterc
Une représentation probable des étendards de l'ancien royaume celte de Kleterc, reconstruit par les historiens d'après des descriptions issues de sources écrites

Depuis l'avènement de l'État de Réclamation Nationale et de sa ligne idéologique libérale-identitaire, la mise en avant d'une rhétorique anti-germanique assumée était de plus en plus perçue comme un impératif incontournable en Hotsaline. Pour le Conseil, tous les moyens étaient bons pour favoriser les conditions de la réintégration des territoires occupés par l'Empire Raskenois, y compris l'exaltation des passions les plus viles, si cela était nécessaire. Elles n'étaient d'ailleurs pas perçues comme telles par la majorité des partis du gouvernement, qui avaient parfaitement intégré cette nouvelle approche ethno-raciale des problématiques sociales, historiques ou politiques, et dont la distinction claire qu'elle permettait entre l'Autre et le Nous se prêtait tout particulièrement à la poursuite des objectifs du Conseil en terme de réappropriation de sa souveraineté territoriale. En effet, la reconquête des terres occupées, qu'elle puisse se faire par des moyens politiques et diplomatiques, ou qu'elle nécessite un malheureux emprunt de la voie des armes, devait inévitablement passer par la mobilisation des masses populaires, dont un défaut d'adhésion à un projet aussi engageant ne pouvait avoir comme unique conséquence qu'un inexorable échec.

Si l'exaltation des racines ethniques slaves de la nation hotsalienne était un axe quasi-axiomatique de la ligne politique du Conseil de Réclamation Nationale, autant par conviction sincère de ses membres que par pragmatisme, il n'était pas forcément aisé de l'articuler avec le contexte confédéral dans lequel évoluait l'Hotsaline. La Confédération de Kresetchnie était, certes, majoritairement peuplée de Slaves, qui occupaient largement la République de Karbovotskie en plus du territoire hotsalien. Mais il n'en demeurait pas moins que l'inclusion du reste de ses États membres, francophones et germanophones, dans un narratif commun construit autour de la seul slavité s'annonçait difficile. D'autant que, dans le contexte de l'occupation du massif de Stina par l'Administration Militaire de Gradenbourg, le nouveau gouvernement hotsalien se faisait un point d'honneur à orienter le récit national autour d'une opposition atavique entre Slaves et Germains. La tâche était plutôt aisée à l'échelle nationale, dans un pays dont les mythes fondateurs érigeaient déjà les Hotsaliens en protecteur de l'Eurysie orientale slave face aux hordes germaniques occidentales, ensemencés sur ces terres par les dieux pour garder la muraille naturelle que constituait le massif de Stina. Sa reconquête des mains de Rasken devenait alors un devoir spirituel et moral qui incombait fatalement au peuple hotsalien.

Mais quid des nations germaniques qui faisaient partie intégrante de la confédération ? Les Gradenbourgeois n'étaient pas un problème en soi, dans la mesure où la plupart d'entre eux étaient de toute façon citoyens malgré eux de l'Administration Militaire de Gradenbourg. Le gouvernement gradenbourgeois en exil, pour sa part, n'était déjà plus qu'un pantin maintenu sous assistance respiratoire par l'Hotsaline, et ce depuis les premières années de son existence. Toutefois, la Kaulthie des Altars représentait un écueil plus épineux. Majoritairement germanophone, et convoité par la Kaulthie voisine, ce pays risquait d'avoir du mal à accueillir un nouveau narratif tourné contre les Germains, dont il partageait la langue. Cependant, ce n'était là qu'affaire de culture. Mais concernant l'aspect biologique - celui qui intéressait plus précisément les Hotsaliens - qu'en était-il de l'origine génétique des Altariens ?

La recherche historique récente fournissait des pistes très intéressantes à mettre en avant pour les relais de propagande hotsaliens dans la région. En effet, il était établi que les premières tribus à avoir peuplé le territoire de l'actuelle Altarie étaient tombées sous le coup des invasions de peuples celtes venues du sud, qui avaient mis un terme à l'expression de la culture d'origine, dite « Olyenne-Altarienne », pour laisser place à celle de la Tène, bien plus largement répandue sur le continent. L'installation et le développement des Celtes sur place avait permis l'émergence du Royaume de Kleterc, royaume celtique qui chuta à la suite de conflits internes qui prirent fin avec les invasions germaniques en provenance de Kaulthie. C'est cet épisode qui marque la prise de contrôle du territoire les Germains.

Toutefois, deux éléments délivrés par l'historiographie récente méritaient d'être soulignés. Premièrement, les premières invasions celtiques qui avaient conduit au remplacement des populations olyennes-altariennes par les Celtes avaient vraisemblablement constitué un phénomène migratoire violent qui avait provoqué une forte mortalité au sein de la population masculine autochtone, favorisant la substitution du patrimoine génétique d'origine par celui des envahisseurs celtes. Cette thèse était en partie corroborée par l'étude de la répartition des haplogroupes paternels dans la population altarienne d'aujourd'hui, mise en perspective avec les données génétiques issues de territoires où la prédominance celte était avérée. Par ailleurs, il apparaissait que les invasions qui avaient suivi avaient, certes, conduit à une prise de contrôle du pouvoir politique, et, dans une moindre mesure, économique par de nouvelles populations d'origine germanique, mais que ce phénomène résultait avant tout d'un remplacement des élites locales par les nouvelles. Il n'y avait donc pas eu de remplacement de population à proprement parler, et le métissage entre Celtes autochtones et envahisseurs germaniques ne s'était déroulé qu'à la marge. Là aussi, l'étude des différents clusters génétiques eurysiens venait appuyer cette hypothèse, les populations altariennes pouvant être affiliées à un cluster distinct de celui des populations kaulthes, qui se trouvait par ailleurs davantage corrélé à ceux d'autres populations dont l'origine celtique était avérée.

Ces thèses nouvelles concernant l'histoire du peuple altarien, bien que soutenues par la recherche génétique hotsalienne, en étaient encore au stade de la théorie, et n'étaient pas unanimement reconnues par la communauté scientifique kresetchnienne. Toutefois, elles avaient séduit le monde universitaire hotsalien, non pas seulement parce qu'elles en étaient originaires, mais aussi parce que ce qu'elles impliquaient était particulièrement commode pour la promotion locale du nouveau narratif ethno-centré des élites de Troïtsiv. Si les Altariens n'étaient non plus des Germains, mais des Celtes, l'anti-germanisme que le Conseil de Réclamation Nationale cherchait à faire valoir en Kresetchnie pouvait tout aussi bien gagner la Kaulthie des Altars, qui désormais ne faisait plus partie de cette menace germanique face à laquelle Slaves étaient censés protéger le monde de manière atavique. Les Altariens devenaient au contraire des victimes historiques de cette même menace, en tant que peuple celte auquel les Germains avaient imposé la culture, la langue, et surtout la domination politique. Il ne restait plus qu'aux relais de la propagande hotsalienne de s'emparer de ce narratif, que le ministère hotsalien des Sciences et de la Recherche s'efforçait pour sa part de faire renforcer par de nouveaux éléments historiques. L'essence celtique du peuple altarien expliquait jusqu'à la volonté naturelle d'indépendance vis-à-vis de la Kaulthie voisine : ils n'étaient tout simplement, dans leurs gènes, pas comme eux. Toute leur place était alors en Kresetchnie, la confédération des peuples celtes avourgeois et altariens, et des peuples slaves hotsaliens et karbovotskes, qui luttent pour leur survie dans une région cernée par des Germains agressifs et dominateurs.

Ce nouveau paradigme celtique ouvrait également des perspectives intéressantes quant à l'exportation du modèle identitaire néo-païen hotsalien aux autres États membres de la confédération. C'était un sujet qui trottait de plus en plus dans la tête des élites hotsaliennes, car si la montée en puissance de la rodnovérie causait des tensions à l'échelle nationale entre les nouvelles communautés païennes et les conservateurs chrétiens, il n'y avait pas de raison qu'il n'en soit pas de même à
l'échelle de la Kresetchnie. Le développement du néo-paganisme hotsalien au détriment de l'orthodoxie locale pouvait risquer de faire émerger des tensions religieuses au sein de la confédération, et Troïtsiv espérait pouvoir y remédier en exportant son modèle chez ses voisins, avec le lot de conflits internes que le développement d'une nouvelle religion peut engendrer. Il y avait peu de chance que les kresetchniens viennent s'en prendre à la rodnovérie hotsalienne s'ils avaient déjà leurs propres communautés néo-païennes à gérer parmi les leurs. Toutefois, la promotion d'un paganisme germanique de reconstruction en Altarie aurait pu poser des problèmes. Au-delà du rapprochement culturel et spirituel que le phénomène aurait pu susciter avec les Raskenois, ce qui devait être évité à tout prix, la mythologie germanique telle qu'elle était connue aujourd'hui, par la matière scandinave, ne collait pas vraiment à la situation géographique des Altariens. Mais s'il s'avérait qu'ils étaient en réalité celtes, ces écueils s'envolaient et la situation changeait du tout au tout.

Encourager une reconstruction du paganisme celtique en Altarie représentait certes un défi important, mais cela avait l'avantage de ne plus relever du non-sens historique et géographique, ni de représenter un risque politique. Promouvoir une variante locale du néodruidisme était une option envisageable, et envisagée. D'autant que la prévalence de la culture celtique, bien plus tardive en Altarie qu'en Eurysie occidentale, fournissait des sources historiques et archéologiques locales dont ne pouvaient pas se vanter de disposer les celtologues et les reconstructionnistes occidentaux, dont la tâche était fortement compliquée par l'importante rhêmisation de leur région, et l'extermination de la classe druidique qu'elle avait engendrée. En Altarie, le projet hotsalien de reconstruction n'en était encore qu'au stade de la conception théorique. Mais le Ministère des Relations Confédérales entendait bien, dans un avenir proche, reprendre en main le sujet pour lui donner des applications plus pratiques.
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« Les Altariens seraient des Celtes ? D'accord... et alors ? »

Le carnyx, symbole de la culture celtique de la Tène
Le carnyx, symbole de la culture celtique de la Tène

Si les sources qui permettent aux historiens d'étudier la civilisation celtique antique sont de nature relativement diverse, leur travail s'appuie principalement sur trois piliers. Le premier est bien évidemment l'archéologie, qui permet de faire en partie la lumière sur les modalités de la vie quotidienne des Celtes anciens, bien que la périssabilité de leur matériau de construction principal, le bois, limite grandement l'étendue des connaissances qu'il est possible d'acquérir en la matière. Le second réside dans les écrits des Anciens, lesquels vont des évocations lointaines du peuple des Keltoï par les auteurs hellènes aux récits de conquête des généraux rhémiens, et donnent lieu d'entrevoir l'organisation de la société celte telle qu'elle était perçue par ses contemporains. Enfin, le troisième est l'étude philologique des sources vernaculaires médiévales, qui offrent un aperçu de ce que pouvait être la mythologie des Celtes anciens, une fois la part des choses faite entre les ajouts et corrections effectués par les auteurs chrétiens de l'époque pour conformer leurs textes au dogme de la religion nouvelle, et les éléments mythologiques natifs que l'analyse comparée permet de rattacher effectivement à l'origine indo-eurysienne de la civilisation celtique.

S'il est en revanche un domaine que les historiens de la civilisation celtique se sont explicitement refusés à intégrer dans leur champ d'étude, il s'agit de l'anthropologie. Se bornant à réduire l'identité des Celtes à leur seule langue, certains auteurs jugent en effet que le critère racial serait trop « hasardeux », plusieurs populations de races différentes étant en mesure de parler la même langue. On passera sur les arguments les moins pertinents (pour ne pas dire les plus loufoques) avancés par ceux qui prennent en exemple le fait que des populations extra-eurysiennes aient pu être amenées à se faire enseigner des langues celtiques dans le cadre de la colonisation. La raison principale demeure que l'étude des restes humains postérieurs au néolithique eurysien donnerait lieu à de trop grandes confusions de détails, dans la mesure où, si la civilisation celtique a pour origine les migrations indo-eurysiennes, il est fort possible que les populations néolithiques aient elles aussi été en partie celtisées. Toutefois, qu'importe si les Celtes sont le produit du mélange entre les envahisseurs indo-eurysiens et les peuples néolithiques autochtones ? L'union composite des civilisations mégalithiques et des fondateurs de la culture de Hallstatt peut tout à fait être considérée comme la base organique de la civilisation celtique. Quel problème cela poserait-il ? Encore faudrait-il seulement fournir l'effort de recherche nécessaire pour le démontrer ou l'infirmer.

Ce refus de se livrer à une étude anthropologique des Celtes par les historiens de la seconde moitié du XXe siècle relève bien moins de son inopportunité scientifique supposée ou de son infaisabilité technique que d'un choix motivé par des contraintes qui sont, en partie, politiques. Nul besoin de rappeler que certaines idéologies reposant sur des disciplines désuètes telles que la raciologie ont pu laisser une mauvaise empreinte au cours de cette période, amenant certains chercheurs à faire preuve d'une certaine prudence. Cette prise de distance est même toute explicite dans les écrits de certains historiens qui ne peuvent s'empêcher d'y faire directement référence, au cours de mises en garde qui parfois confèrent momentanément à leur travail des allures de plaidoyer politique. Par ailleurs, on ne peut ne pas mentionner le caractère totalement obsolète de la raciologie d'alors, laquelle reposait encore sur des critères purement phénotypiques. On voit d'ailleurs encore cette influence dans les travaux d'historiens qui assimilent une étude anthropologique des Celtes à celle des restes humains. Les concepts théoriques sur lesquels s'appuie cette discipline sont, d'ailleurs, tout aussi passés de date, pour ne pas dire qu'ils ont été totalement réfutés. C'est notamment le cas du polygénisme, qui avait encore voix au chapitre jusqu'au milieu du siècle dernier, arguant que les différentes races humaines étaient issues de souches biologiques distinctes et géographiquement séparées. Dans un pareil contexte, la langue celtique, et la religion qu'elle véhiculait, apparaissent alors comme l'unique critère pertinent pour la qualification de la « nationalité celtique » et la délimitation de son champ d'étude.

Toutefois, les récents progrès de la science viennent remettre en question ce paradigme. L'avènement de la fructueuse union de la génétique et de l'analyse statistique, donnant naissance à la clusterisation génétique, ouvre de tous nouveaux horizons. Cette nouvelle discipline permet des avancées spectaculaires dans la compréhension de l'histoire des populations et des migrations qui ont contribué à forger le substrat anthropologique sur lequel reposent les civilisations d'aujourd'hui. C'est d'ailleurs cette science nouvelle qui a permis de montrer que le peuple altarien a bien moins en commun, sur le plan génétique, avec ses envahisseurs germaniques qu'avec les populations celtiques endogènes.

Mais quelle est l'importance de toute cela, nous demanderont certains, sur le plan de la politique altarienne ? Ne sommes-nous pas définis par ce que nous sommes maintenant, davantage que par ce que nos ancêtres ont été ? La langue que nous parlons, la manière dont nous vivons, ne sont-ils pas de meilleurs témoins de notre essence que des gènes invisibles qui remontent à des générations ? En somme, les Altariens, bien que d'origine celte, ne sont-ils pas devenus, par la force des choses, des Germains ? On peut s'interroger sur les conséquences d'un tel raisonnement, qui pourrait nous permettre de nous revendiquer de n'importe quelle substance, dès lors que nous faisons en sorte d'en revêtir la forme. Un chat qui aboie deviendrait-il donc un chien ? Mais surtout, là encore, la recherche scientifique récente n'achève pas de démontrer le contraire. À seul titre d'exemple, on ne compte guère plus les études menées sur les enfants placés en famille d'accueil qui, bien qu'évoluant dans un milieu social radicalement différent de celui de leurs parents biologiques, continuent malgré tout de partager davantage en commun avec ces derniers qu'avec leur famille d'intention sur des aspects phénotypiques déterminants dans la définition du comportement, comme la capacité d'abstraction.

Par ailleurs, nous avons pu sembler valider, quelques paragraphes plus haut, la caducité du critère phénotypique dans la définition de l'identité des population. Mais cette obsolescence n'est, justement, que scientifique (au sens des sciences naturelles, évidemment). Pour ce qui est de l'aspect politique et culturel, il conserve, aujourd'hui encore, toute sa pertinence. Que voyons-nous lorsque nous sommes confrontés à l'altérité anthropologique ? Une morphologie, une couleur... ou un caryotype ? La réponse est évidente, et c'est elle qui détermine ce que tout un chacun définira naturellement comme appartenant aux siens, ou constituant l'Autre. Certaines pseudo-sciences contemporaines voudraient instiller l'idée que les conflits ethniques qui ravagent aujourd'hui encore l'Afarée sont des produits d'importation coloniaux, construits sur les bases de concepts eurysiens obsolètes, comme la raciologie ou la craniométrie. Rien n'est plus faux. Les Anciens en leur temps traçaient déjà sans difficulté la ligne de démarcation entre le « métèque » et le citoyen. Par ailleurs, là encore, les progrès de la génétique et l'avènement de la clusterisation viennent nous montrer que, même si les êtres humains conservent une importante base génétique commune, on n'en peut pas moins identifier des ensembles statistiques très nettement distincts. Et quand bien même, s'il dispose encore de l'usage de ses yeux et d'un minimum de bon sens, l'Altarien moyen verra rapidement que lui et les siens ont davantage en commun avec les populations celtiques de l'ouest eurysien qu'avec les peuplades germaniques aux cheveux blonds qui cheminent le long de la côte nord de Rasken et dans les forêts de Rimaurie.

L'état de l'art ne fait encore que gratter la surface de tout ce qu'il reste à découvrir concernant la celtitude anthropologique des Altariens. Mais il apparaît, à la lumière de tous les arguments précédents, que le narratif promu par Troïtsiv auprès de ses voisins méridionaux est voué à un avenir prometteur. L'édification d'une nouvelle identité altarienne fondée sur sa filiation celtique et la reconstruction d'un paganisme druidique contemporain sont loin d'être absurdes, et peuvent trouver un écho particulier auprès de toute une partie de la population de la Kaulthie des Altars, en perte de repères suite aux chamboulements politiques successifs qu'a pu connaître le pays, par ailleurs en proie à un morcellement géographique difficilement qualifiable. On pourra mentionner aussi le manque patent d'élites culturelles et politiques dans le pays, qui rend celui-ci particulièrement perméable aux produits d'importation intellectuels de ses voisins. Dans un tel contexte, les élites hotsaliennes affichent un optimisme légitime quant aux perspectives d'exportation de leur modèle culturel et politique. Les efforts de reconstruction sont avant tout orientés vers la réalisation d'une synthèse entre la doctrine des mouvements néo-druidiques qui peuvent déjà préexister en Eurysie occidentale, et les connaissances actuelles, bien que parcellaires, de la mythologie celtique achosienne, adaptées aux particularités locales et aux sources vernaculaires d'Altarie.
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L'Appel des Arbres Sacrés

Vestiges mégalithiques


Opération d'influence visant la Principauté d'Altarie

Pays infiltrant : République d'Hotsaline
Pays infiltré : Principauté d'Altarie
Prévisionnel de la date (RP) de l'action clandestine : 18/06/2014
Prévisionnel de la date (HRP) de l'action clandestine : 30/08/2024
Type d’opération : Propagande idéologique / Exacerbation de tensions religieuses (10 000 points d'influence)

Province cible : #29416


RECONTEXTUALISATION / FRISE CHRONOLOGIQUE DES EVENEMENTS PRE-OPERATION :

La Kaulthie des Altars est l'un des États membres de la Confédération de Kresetchnie, une confédération dominée économiquement, démographiquement et politiquement par la République d'Hotsaline, dont la capitale accueille le siège du gouvernement confédéral. Toutefois, l'Altarie constitue un peu un électron libre de la confédération, où les partis indépendantistes bénéficient d'un soutien significatif de la part de l'opinion publique. Par ailleurs, certains développements récents n'ont pas été sans attirer l'attention de Troïtsiv, s'agissant notamment de la chute de la République d'Altarie au profit d'une restauration de la principauté. Le Prince Ron-Gustav II de Shäkalsbourg ne semble pas dissimuler une certaine proximité avec Rasken, l'ennemi mortel de l'Hotsaline, avec qui il a ouvert le dialogue peu après sa réintronisation, et qui soutenait déjà vivement son retour aux affaires avant même que l'Assemblée Nationale altarienne ne vote la restauration de la principauté.

L'Hotsaline, pour sa part, a amorcé un revirement politique majeur depuis la chute du régime d'état d'urgence kravchukien. La nouvelle coalition de droite identitaire promeut activement un modèle ethno-nationaliste faisant la part belle au développement du néo-paganisme slave et à l'exacerbation d'un affrontement atavique entre peuples slaves et germaniques sur le sol de Kresetchnie, en vue de faire valoir un narratif justifiant une entreprise de reconquête des territoires occupés par l'Empire Raskenois. Alors que le Gradenbourg est intégralement sous occupation raskenoise, le seul État de culture germanique demeurant au sein de la Confédération de Kresetchnie est l'Altarie, par ailleurs aujourd'hui dirigée par une famille aristocratique d'origine, elle aussi, germanique. Troïtsiv redoute donc un éloignement de la Kaulthie des Altars vis-à-vis du pouvoir kresetchnien et, plus encore, un rapprochement avec Rasken. Elle espère donc pouvoir faire usage de son influence pour éloigner les Altariens de la tentation de renouer avec leurs cousins germaniques, tout en faisant valoir auprès d'eux son modèle politique et religieux afin de les replacer sous le giron confédéral.

Cette opération repose sur plusieurs forces et éléments concrets :
  • L'Altarie vient d'initier une transition politique majeure, passant d'un régime républicain à la restauration de la monarchie princière. Couplés au morcellement ethnico-politique extrême du pays, ces évènements récents ont pu laisser une population en perte de repères, s'interrogeant sur sa propre identité.
  • L'Hotsaline bénéficie d'une production intellectuelle et universitaire relativement importante (dix unités culturelles), là où la production culturelle altarienne est extrêmement pauvre. En tant que cœur économique et culturel de la Kresetchnie, on peut supposer que l'Hotsaline bénéficie d'une influence culturelle historique important sur les autres États de la Confédération, dont elle contribue grandement à former les élites.
  • Avec l'avènement de l'État de Réclamation Nationale, l'Hotsaline a réformé en profondeur son administration pour la réorganiser en faveur des objectifs fixés par le gouvernement quant à l'influence à exercer sur son voisinage. Le Ministère des Relations Confédérales a justement été créé pour organiser ce type d'opération, et dispose d'un budget et de moyens dédiés (voir topic afférent).
  • Le gouvernement hotsalien oriente indirectement la recherche universitaire et la production culturelle afin de servir ses objectifs politiques et idéologiques. Il s'est doté d'un ministère dédié au soutien, au financement et à l'initiation des tableaux de recherche qui vont dans le sens du narratif porté par le Conseil.
  • L'historiographie altarienne offre une vision relativement précise du passé du pays dans la période intérieure aux invasions kaulthes qui ont causé la germanisation de sa culture. Le narratif porté par les relais d'influence hotsaliens repose donc sur des notions déjà connues de la plupart des Altariens, dans les grandes lignes.
  • Compte tenu du contexte historique et culturel de la région, les élites hotsaliennes devraient bénéficier d'une bonne affinité avec la culture kaulthe, facilitant la communication de leur message.
  • La rhétorique hotsalienne s'appuie sur une lecture purement ethnique de l'histoire et de l'identité, qui trouvera un écho certain dans cette partie de l'Eurysie au vu du contexte régional.

Beaucoup de voyants sont donc au vert pour agir en Altarie.


OBJECTIFS DE L’OPERATION

Se basant sur des recherches récentes concernant le passé génétique des Altariens, l'Hotsaline cherche à faire valoir une reconstruction de l'identité altarienne autour de la celtitude plutôt que de la germanité. Il apparaît en effet que, bien que le pays ait été culturellement germanisé par les invasions kaulthes, sa base anthropologique et génétique demeure relativement inchangée depuis les temps qui la précèdent. En clair, les Altariens auraient, génétiquement, davantage en commun avec les autres peuples celtes qu'avec les Germains. Partant de cela, et usant d'une rhétorique essentialiste et biologiste, les Hotsaliens cherchent à faire valoir ce narratif au sein de la population pour faire émerger de nouveaux courants sur un modèle politique semblable à celui qui détient aujourd'hui le pouvoir en Hotsaline. L'objectif est d'inviter les Altariens à se réapproprier leur héritage celtique et à l'exalter en reconstruisant un paganisme druidique et en revendiquant politiquement cette ascendance. Troïtsiv espère ainsi pouvoir faire émerger en Altarie des communautés politico-religieuses susceptibles de peser dans le rapport de force politique du pays, et tempérer les ardeurs raskenophiles de l'aristocratie germanique qui a repris le pouvoir depuis la restauration princière.
Pour davantage de détails concernant le fond de la rhétorique hotsalienne, voir les deux articles ci-dessus.


Réussite majeure :
La rhétorique portée par les relais d'influence hotsaliens rencontre un large écho au sein de l'opinion publique altarienne. Des communautés néo-druidiques émergent et se dotent d'une base suffisante pour peser significativement dans la politique locale. Revendiquant par ailleurs leur filiation idéologique avec le modèle libéral-identitaire hotsalien, elles sont favorables à un rapprochement avec le pouvoir central kresetchnien.

Réussite mineure :
La rhétorique portée par les relais d'influence hotsaliens a un succès certain, et permet l'émergence de communautés néo-druidiques susceptibles de peser dans la politique altarienne. Elles ne revendiquent toutefois pas de filiation avec le modèle hotsalien et peuvent prendre des formes diverses. Leurs revendications se limitent à un anti-germanisme critique du renforcement des relations avec Rasken, sans réclamer de rapprochement avec l'Hotsaline et la Kresetchnie.

Echec mineur :
La rhétorique portée par les relais d'influence hotsaliens ne parvient guère à convaincre davantage qu'une poignée de marginaux. L'opération n'a aucun impact significatif sur l'évolution de la société altarienne.

Echec majeur :
Les Altariens rejettent la propagande hotsalienne, et les tentatives d'ingérence de Troïtsiv à travers ses réseaux d'influence indignent fortement l'opinion publique.


LIMITES ET CONTRAINTES DE L’OPERATION
(ne pas hésiter à demander aux concernés l’ajout d’éventuelles contraintes supplémentaires)

Plusieurs limites et contraintes sont à prendre en compte dans l’arbitrage de l’opération :
  • Si l'Altarie a bien des origines celtiques, il n'en demeure aujourd'hui plus beaucoup de traces dans la culture du pays, qui a été très largement germanisé au cours des invasions kaulthes. Aucun Altarien ne parle aujourd'hui de langue celtique.
  • Le culte impérial kaulthe et l'orthodoxie sont déjà implantés en Altarie. Une tentative de retour du paganisme peut être perçue comme un retour en arrière, et condamnée par les institutions religieuses.
  • La rhétorique à promouvoir sera principalement diffusée par des relais de propagande hotsaliens assez clairement identifiés. Il sera facile pour les Altariens de voir d'où vient le message.
  • Les service hotsaliens pourraient mal interpréter les conséquences de la récente restauration princière sur la mentalité de la population. Ce renouveau pourrait enthousiasmer la population davantage qu'il ne l'inquiète quant à son avenir.

Moyens engagés :
  • Un secteur universitaire hotsalien orienté vers une production intellectuelle conforme aux objectifs politiques du gouvernement
  • Une administration hotsalienne dédiée à la réalisation de ce type d'opérations (nouveaux ministères)
  • Les budgets du Ministère des Sciences et de la Recherche et du Ministère des Relations Confédérales
  • Les relais d'influence classiques de l'Hotsaline dans les pays membres de la confédération, à savoir élites intellectuelles locales et ses organes de presse (usines culturelles)
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01/06/2014 Rasken part en guerre


La guerre, la guerre était de retour en Altarie. En 20 ans, la république n'a pas daigné envisager la reconquête de ses territoires perdus après 1994. Cependant, tout cela est désormais du passé, car il a suffi de deux événements pour que cette possibilité revienne sur le devant de la scène.

Tout d’abord, le coup d’État démocratique en Hotsaline, visant à renverser le gouvernement de Leonid Kravchuk, au pouvoir depuis plus de 20 ans. Ce nouveau gouvernement ne cache pas ses intentions : il veut reconquérir ses territoires actuellement occupés par les terroristes de la Rache. Le deuxième événement est le changement de régime en Altarie, où la république a été remplacée par la Principauté de Kaulthie des Altars, avec à sa tête Ron Gustav II, considéré comme un héros national pour sa résistance contre l’invasion de la Rache de 1994 à 1998. Cependant, Ron Gustav II se distingue des autres membres de la confédération de Kresetchnie. Là où les autres sont hostiles à Rasken, lui, grâce au soutien apporté par le gouvernement Raskenois après avoir été forcé d'abdiquer, est très amical envers notre pays. Sa Majesté Stanislav Schützenberger et le prince d’Altarie sont même de très bons amis, malgré la grande différence d’âge entre les deux.

En effet, Stanislav Schützenberger a été l’un des premiers à féliciter Ron Gustav pour la récupération du trône. Juste après cela, les deux hommes se sont rencontrés dans la capitale Raskenoise, non pas en amis, mais cette fois-ci en tant que chefs d’État. Nous ne savons pas en détail ce qu’ils se sont dit, mais ce qui se passe actuellement laisse penser que Rasken apporte désormais un soutien militaire à la Principauté. Quelle ne fut pas la surprise des habitants lorsqu'ils virent passer plusieurs trains en direction de la ligne de front contre la Rache, transportant du matériel militaire Raskenois, avec les canons automoteurs super lourds Alastor et leurs obus destructeurs de 220 mm en tête d’affiche. Mais ce n’est pas tout : les habitants ont également pu voir des avions Raskenois, comprenant des chasseurs, des avions d’attaque au sol, et d'autres appareils.

À cela, le gouvernement a publié un communiqué pour expliquer la situation.
Gouvernement Raskenois a écrit :
À compter du 31 mai, nos forces aériennes, ainsi qu’un bataillon d’artillerie de la division d’infanterie DasReich, seront engagés dans le conflit pour reconquérir les territoires de l’Altarie occupés par les terroristes de la Rache. L’opération, baptisée Sturmbrecher, aura pour but de soutenir les troupes au sol de la Principauté afin de faciliter leur avancée sur le territoire occupé par les terroristes. Le premier bataillon d’artillerie de la division DasReich, composé de 50 CASL (canons automoteurs super lourds) Alastor, est actuellement positionné au niveau du couloir de Raslavie. Cependant, avec l'approbation des autorités Altariennes, il avancera progressivement sur le territoire Altarien afin de continuer à apporter un soutien aux troupes de la Principauté. Au total, un peu moins de 2 000 de nos soldats participeront à l’opération Sturmbrecher. En plus des troupes au sol, une partie de notre armée de l’air procédera à des frappes au sol ainsi qu’à des missions de reconnaissance par drones. Les informations récoltées depuis des mois, ainsi que celles que nous collecterons à l’avenir, seront partagées avec les troupes de la Principauté pour frapper avec précision les terroristes de la Rache.
Reconnaissance drones Raskenois


Effectifs engagés : a écrit :
Armes personnelle :
1 530 armes légères d'infanterie de niveau 2

Artillerie :
50 Canon automoteur niv 5
10 Lance-roquettes multiple niv 4

Logistique :
20 camions citernes de niveau 3
100 Camion de transport niv 2

Commandement :
5 véhicules de transmission radio de niveau 6
5 véhicules radar de niveau 5

Force aérienne :
5 Avion d'attaque au sol niv 5
3 Avion d'attaque au sol niv 7
5 Avions de chasse niv 1
1 Bombardier Gunship niv 1
2 Avions de Transport tactique niv 5
3 Drones de reconnaissance niv 3

Divers :
5000 Mines antichar niv 6 (représentant 5 grosse bombe style MOAB, oui c’est le bombardier stratégique du pauvre faite pas chier)
1982
L'Appel des Arbres Sacrés

Rituel druidique
Rituel druidique traditionnel

La température montait à mi-juin alors qu'on entrait en plein été et les journées se rallongeaient. C'était là l'occasion parfaite pour de petites communautés de cultistes de célébrer leurs croyances. Il s'agissait de quelque chose de relativement nouveau dans le paysage culturel de la région, marquant la prise d'inertie bien assurée d'un véritable petit mouvement religieux. Prenaient ainsi en importance des groupes religieux qui devenaient choses courantes, de véritables acteurs à prendre en compte sur la scène sociale du pays, avec une présence observable sur la scène politique.


Détail de l'action

Réussite majeure :
La rhétorique portée par les relais d'influence hotsaliens rencontre un large écho au sein de l'opinion publique altarienne. Des communautés néo-druidiques émergent et se dotent d'une base suffisante pour peser significativement dans la politique locale. Revendiquant par ailleurs leur filiation idéologique avec le modèle libéral-identitaire hotsalien, elles sont favorables à un rapprochement avec le pouvoir central kresetchnien.



Réussite mineure :
La rhétorique portée par les relais d'influence hotsaliens a un succès certain, et permet l'émergence de communautés néo-druidiques susceptibles de peser dans la politique altarienne. Elles ne revendiquent toutefois pas de filiation avec le modèle hotsalien et peuvent prendre des formes diverses. Leurs revendications se limitent à un anti-germanisme critique du renforcement des relations avec Rasken, sans réclamer de rapprochement avec l'Hotsaline et la Kresetchnie.

Echec mineur :
La rhétorique portée par les relais d'influence hotsaliens ne parvient guère à convaincre davantage qu'une poignée de marginaux. L'opération n'a aucun impact significatif sur l'évolution de la société altarienne.

Échec majeur :
Les Altariens rejettent la propagande hotsalienne, et les tentatives d'ingérence de Troïtsiv à travers ses réseaux d'influence indignent fortement l'opinion publique.

détails des calculs :Premier d100 pour déterminer la réussite.
Deuxième d2 pour déterminer si on est sur un barème classique (1) ou inversé (2)
Barème inversé :
0-21 = Réussite critique
22-42 = Réussite mineure
43-71 = Échec mineur
72-100 = Échec majeur
4757
Quelque part dans le Wassemberg du Nord...

L'appel des Communes

Quelque part dans le Wassemberg du Nord, des hommes pensent... En effet, maintenant que la guerre était terminée, il fallait passer au changement. Cependant, pourquoi en faire un ? Parce que le régime est néfaste pour le peuple. Cela était la pensée du groupe de femmes et d'hommes qui circulaient dans les forêts montagneuses de l'Altar Kaulthes, entre l'Altarie et sa sœur ennemie de Kaulthie. Ce rassemblement de personne en direction d'un pays souvent rejeté par les kaulthes du nord, n'était pas le fruit du hasard. En effet, si ces personnes avançaient vers l'Union des fédérations de Communes, c'était pour rencontrer des personnes qui les aideraient dans leur projet...

Après avoir marché longuement dans un froid d'hiver à la limite du soutenable, le petit groupe d'une dizaine d'individu s'arrêta au point de rendez-vous. Le lieu était un vieux cabanon oublié par tous, à la frontière entre deux nations qui semblaient que se haïr. C'était une vielle bâtisse de bois, troué par endroit, à se demander par quel sortilège le bâtiment avait tenu ces années seul. Autour de la petite baraque se trouvait un feu de camp éteint, que le groupe s'empressa d'allumer. Les buches, alors servirent de bancs pour les individus présents autour du cabanon.

Finalement, un bruit dans les bois attira l'attention de tous, avant d'apercevoir un individu masqué, dans un costume du XXe siècle, avec le symbole très connu de la flamme, symbolisant le communalisme. Cet homme, à en voir sa physiologie, s'arrêta devant le feu de camp, avant de parler d'une voix perçant la tempête de neige qui venait de s'abattre sur la montagne :

"Mes chers camarades", commença t'il, "quelle joie vous me faites d'avoir accepter cette rencontre dans un lieu si isolé de toutes formes de civilisations ! En bref, un endroit idéal pour parlementer sans avoir à guetter une indiscrétion malvenue. Mais bref, soyons franc, vous m'avez mandaté, que souhaitez vous ?"

C'est alors qu'un homme se dressa de toute sa hauteur. Il était grand, avec une musculature développée, laissant là l'impression d'un être fort et puissant. Cependant son visage trahissait sa fatigue et son épuisement, laissant là parfois visible des cernes et une mine ne demandant qu'à dormir. Cependant, il observa le visage toujours masqué de l'interlocuteur et répondit à son interrogation d'une voix forte, tentant de se faire autant entendre dans cette tempête qui obscurcissait les voix :

"Si nous vous avons fait venir, c'est pour vous parler d'un projet. Cependant, avant de commencer toute chose, si je peux me le permettre, vous ne vous êtes pas présentez, alors qui êtes vous ?"

L'interlocuteur en face semblait amusé, et répondit enfin d'une voix presque enjouée :

"Ah oui, j'oubliais. Bon après, ce n'est qu'un point de détail, rien ne nous empêche de collaborer sans pour autant savoir nos noms... Mon nom est Aska, envoyé par le Comité de la Volonté Publique à Warenburg pour vous tenir compagnie dans ce froid quelque peu... désagréable...
Mais donc, quel est votre projet, il me tarde de l'entendre et de pouvoir m'exprimer au nom du gouvernement de la Kaulthie"


L'homme qui s'était dressé, regarda ses camarades, chacun autour d'un endroit chaud pour se revigorer un peu, le temps de la négociation. Puis, il se tourna de nouveau vers le prénommé Aska, et dit :

"Moi, Andron, chef de mon groupe de camarade, souhaitons vous demandez si le Comité de la Volonté Publique peux nous fournir des fonds ou bien n'importe quelle aide possible pour pouvoir soutenir notre cause qui vise à rendre populaire le communalisme en Altarie"

Aska regarda l'homme, posa sa main sur son menton, réfléchissant à la réponse qu'il pourrait donner. Andron, de son côté, commençait à regretter d'avoir prit ce lieu de rendez-vous, il faisait trop froid pour rester trop longtemps ici, surtout en hiver. Et Dieu sait que cette saison est dure dans les Altars Kaulthes...
Finalement, Aska regarda le commandant du groupe et dit alors d'une voix soudainement bien plus sérieuse en comparaison de tout à l'heure :

"Vous contez vous révolter contre votre... attendez... petit prince Ron-Gusmachin ou quelque chose comme ça ? Je ne m'attendais pas à autant de pensées révolutionnaires de la sorte, vous m'en voyez surpris"

"Non... nous ne souhaitons pas exécuter notre prince", répondit Andron sur un ton sévère, "Tout ce que nous voulons, c'est que vous nous soutenez dans nos manifestations, grèves et, peut être, révolution, pour créer un système profondément mixte entre monarchisme et communalisme"

Aska se mit alors à rire. Un rire, cependant caché. Un mixte entre monarchie et communalisme ? Il n'avait jamais entendu pareille chose. Pour revenir plus sérieusement, l'envoyé de Warenburg savait que soutenir officiellement ne serait jamais tolérable pour le pays, cependant soutenir quelque manifestations ne feraient pas de mal. Mais, il savait aussi qu'il ne fallait pas rire avec les kresetchniens, car s'ils apprenaient que la Kaulthie s'engage dans un processus de soutien qui rendrait instable le pouvoir en Altarie, alors la force militaire Kaulthe serait le dernier rempart, et il savait, en tant qu'ami d'un grand général de Kaulthie, qu'une guerre serait inévitablement en défaveur des Kaulthes. De ce fait, mieux valait jouer discrètement, quitte à abandonner le mouvement en cas critique. Ainsi, il leva la main en direction d'Andron, et, voulant conclure la rencontre, dit :

"Entendu, nous vous soutiendrons avec les moyens que nous avons. Soyez heureux, le communalisme s'étendra, qu'importe les formes qu'il prendra !"

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Réaction de Stanislav et Ron Gustav à l'allocution de Tyrina

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Communiqué du gouvernement au sujet de l’allocution de la princesse d’Altarie

01/05/2016


Le gouvernement Raskenois prend acte de l’allocution de la Princesse d’Altarie, Alexandra Tyrina Von Shäkalsbourg, qui, comme mentionné dedans, marque la fin d’une ère et le début d’un nouveau cap diplomatique pour la Principauté. Nous vous souhaitons bonne chance et espérons que le chemin que vous empruntez sera marqué par de nombreuses réussites et une période prospère pour votre pays.

Cependant, nous ne pouvons qu’être tristes de la façon dont Sa Majesté Tyrina voit les relations qu’entretenait notre pays avec la Principauté, les voyant même comme mortifères. Sa Majesté Stanislav considère Ron Gustav comme un ami proche ; à ce titre, jamais Rasken n’a ambitionné de vassaliser l’Altarie, et cette position ne changera pas. Au-delà de ça, nous devons tout de même exprimer notre incompréhension quant à certains propos de cette allocution.

Premièrement, sur le sujet du matériel militaire, jamais Rasken n’a livré d’armes à la Principauté, à l’inverse de feu la Tcharnovie par exemple. Peut-être voulait-elle parler de l’intervention Raskenoise aux côtés de l’armée Altarienne lors de la campagne de reconquête des territoires sous le contrôle des Raches alors. Cependant, cette intervention s’est faite avec l’approbation de l’ancien Prince d’Altarie, Ron Gustav, qui, lors d’une rencontre à Eberstadt, avait donné son autorisation. Jamais Rasken n’aurait imposé son aide à un pays que nous considérons comme un ami proche.

Deuxièmement, sur l’aspect diplomatique, nous ne voyons pas vraiment où Sa Majesté Tyrina veut en venir. Rasken n’a pas une seule fois dicté, ou même conseillé, la marche à suivre à l’Altarie. Depuis que nos deux pays entretiennent de fortes relations, la Principauté a toujours été libre de choisir sa diplomatie ; pas une seule fois il ne nous est venu à l’esprit d’influer sur la diplomatie altarienne.

Quant à l’aspect financier, le seul véritable soutien est l’oléoduc RaskAlta, en service depuis 1940. L’objectif premier de ce pipeline était d’évacuer le surplus de production Raskenoise (inférieur à 10 000 barils par jour), mais du fait des bonnes relations qu’entretenaient nos pays respectifs, le prix de vente était très inférieur à la normale, en moyenne 2,5 fois moins cher que sur le marché.

Comme dit au début, nous ne pouvons qu’être tristes de la façon dont Sa Majesté Tyrina voit les relations entre nos deux pays. Mais si c’est la voie que vous voulez emprunter, nous la respectons, conformément à nos valeurs. Cependant, gardez à l’esprit que, même si vous voulez tourner la page, Rasken se souvient et sera toujours là pour vous venir en aide. L’Altarie et Rasken sont comme deux amis proches qui se séparent : le premier s’éloigne, mais le second sera toujours prêt à lui venir en aide, quelle que soit la distance qui les sépare.
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Nous reviendrons

Nous reviendrons...
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Conférence de Presse du 3 octobre 2017 du Royaume de Teyla
Pierre Lore - Ministre des Affaires Étrangères.

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Teylais, Teylaises, Chers journalistes venus en ces lieux,

Je souhaite m'adresser au nom de la nation teylaise et du Gouvernement de Sa Majesté, avec l'accord entier d'Angel Rojas, Premier ministre de Sa Majesté et de Sa Majesté Catherine III, afin de clarifier les intentions du Royaume de Teyla, répondre aux accusations gravissimes de la Fédération des Peuples d'Estalie et de ses alliés et dire la totale fermeté de la nation entière envers la Fédération des Peuples d'Estalie et de l'Illirée suite à la prise d'otage de citoyens teylais et/ou de l'Organisation des Nations Démocratiques.

Bien que certains discours, venus des adversaires, cherchent à faire dire au Royaume de Teyla qu'il s'est engagé dans le conflit en Eurysie Centrale à des fins d'impérialisme, le Gouvernement de Sa Majesté souhaite mettre fin immédiatement à ce discours qui ne se repose sur aucune réalité, outre une volonté mensongère à des fins de propagande. La participation du Royaume de Teyla à la défense de la Confédération de Kresetchnie est la concrétisation de notre engagement indéfectible envers nos alliés et le respect de nos traités défensifs. L'honneur quant au fait de respecter les traités ratifiés par le Royaume de Teyla est le pilier de la diplomatie teylaise. Le Royaume de Teyla, quel que soit le contexte, respectera ses traités, quelle que soit la nature de la menace. Toutefois, le Royaume de Teyla ne pourra participer à la défense d'une nation qui a agressé impunément une nation ou toute autre entité sans raison légitime.

Le Royaume de Teyla a eu des discussions formelles avec ses partenaires de la République d'Hotsaline, avant les premières frappes à l'encontre de l'Altrech, et nous avons notifié aux autorités de la République d'Hotsaline notre position, tendant plutôt à décourager des initiatives qui pourraient déstabiliser la région sans garantie de résolution durable. Le Royaume de Teyla a accepté l'activation des clauses de défense du traité liant la Confédération de Kresetchnie et la République d'Hotsaline face à la non-proportionnalité de la réponse des nations engagées dans des combats en ce moment même contre le Royaume de Teyla et la République d'Hotsaline. Nous tenons à rappeler que jusqu'au dernier moment nous avons tenté de prendre contact avec la Fédération des Peuples d'Estalie, ne laissant aucun doute quant aux réels objectifs des nations communalistes.

Nous avons recherché jusqu'aux derniers instants la paix et nous la recherchons toujours. Je peux confirmer et affirmer devant la presse nationale et internationale réunie en ce lieu symbolique, là où fut signé le traité de paix mettant fin à la guerre civile teylaise et déployant un espoir dans la nation teylaise avec la Déclaration des Droits Fondamentaux et Universels de l'Homme. Nous faisons toujours cet appel aux acteurs du conflit afin que cessent dans les plus brefs délais les hostilités. La continuité des hostilités n'est bénéfique pour aucune des nations d'Eurysie centrale.

Toutefois, le Royaume de Teyla observe des actes et des déclarations inacceptables qui démontrent que des nations telles que la Fédération des Peuples d'Estalie ne se prononcent pas en faveur d'un cessez-le-feu général et dans les plus brefs délais. Nous condamnons la prise d'otage de citoyens teylais et des membres de l'Organisation des Nations Démocratique en Illirée, mais nous ne procéderons pas plus, afin d'éviter de mettre en péril les échanges diplomatiques qui ont lieu en cours. Le Royaume de Teyla tient à remercier l'ensemble des acteurs diplomatiques qui font tout pour obtenir la fin d'une situation inacceptable en Illirée. Le Royaume de Teyla observe, avec étonnement et écœurement, la prise en otage de diplomates teylais sur le sol estalienne, une violation flagrante et intolérable de la bienséance diplomatique. Ces actions, perpétrées contre des représentants de notre nation qui jouissent d'une immunité diplomatique, sont non seulement inacceptables, mais elles compromettent gravement toute possibilité de désescalade et de dialogue constructif.

Le Gouvernement de Sa Majesté, à travers ma voix, exige la libération immédiate et inconditionnelle des diplomates teylais retenus en otage par la Fédération des Peuples Estaliens. Le Gouvernement de Sa Majesté rappelle que le Royaume de Teyla n'a jamais transigé avec la bienséance diplomatique et qu'il a toujours respecté ce qu'il croit être, non pas une bienséance, mais des droits. Le droit à la liberté en territoire étranger, afin de permettre l'exercice serein et indépendant des missions diplomatiques essentielles à la communication entre nations, et à la prévention des conflits. Cette action, rompant toute confiance entre le Royaume de Teyla et la Fédération des Peuples Estaliens, est réalisée dans l'unique but d'enterrer, de la part des autorités estalienne, tous espoirs de paix et de cessez-le-feu.

Nous appelons tous les acteurs, y compris la Grande République de Velsna, qui s'est proposée en tant que médiateur, à refuser le refus de la paix et du dialogue par la Fédération des Peuples d'Estalie. Il est impératif que la communauté internationale s'unisse pour condamner des actions qui ne font que rompre la confiance nécessaire à la diplomatie entre des nations et des acteurs. En agissant ainsi, la Fédération des Peuples d'Estalie non seulement isole ses propres actions, mais elle sape également les fondements de la coopération internationale et de la résolution pacifique des différends. Tous les acteurs doivent exiger les conditions nécessaires à la désescalade et la Fédération des Peuples d'Estalie ne doit pas échapper à cela, sous peine que la neutralité nécessaire à toute médiation sera considérée comme "non acquise" par le Royaume de Teyla.

En l'absence de signaux clairs et d'actions concrètes de la part de la Fédération des Peuples d'Estalie pour désamorcer cette crise, le Gouvernement de Sa Majesté se verra contraint de réévaluer les modalités de sa participation à toute initiative diplomatique. Nous ne saurions cautionner une approche qui ignore délibérément la dignité humaine.

Certains dénoncent "l'impérialisme" teylais. Ce ne sont que des fabulations pour complaire à une propagande d'État. En outre, le Royaume de Teyla n'est pas la nation qui a envahi, sans raison légitime, la Kartlévie. L'imposition d'un changement de régime par les armes n'est pas dans la nature des Teylais ni dans celle de nos partenaires. Notre présence au sein de la Confédération de Kresetchnie est strictement défensive et parfaitement consentie par les autorités de la Confédération et de ses peuples, et de ses nations. Le Royaume de Teyla n'envisage pas sa présence autrement et il en sera toujours ainsi.

Le Gouvernement de Sa Majesté s'inquiète quant aux réels objectifs de la Fédération des Peuples, qui n'est pour l'instant pas suivie par les autres alliés de cette nation, dans le conflit. En outre, demander un changement de régime en Hotsaline relève ici d'une demande purement illégitime et visant à étendre l'idéologie "Anarchiste" au pouvoir au sein de la Fédération des Peuples et tend à démontrer que la Fédération des Peuples d'Estalie a des buts d'expansion aux dépens de la souveraineté et de l'indépendance de la République d'Hotsaline. Cet objectif poursuivi par la Fédération des Peuples d'Estalie n'est pas un objectif qui est tolérable et le Royaume de Teyla réaffirme sa pleine et entière volonté de défendre la Confédération de Kresetchnie.

- Jean-Paul Plu, journaliste pour la Chaîne Nationale Avourgeoise (CNA), chaîne de télévision d'actualité de l'Avène : Croyez-vous en la résolution du conflit par la diplomatie et la désescalade ? Pensez-vous qu'il soit possible que le conflit dégénère ? L'Avène doit-elle craindre des frappes de la part du Liberalintern, ou d'essuyer des dommages collatéraux ?

- Ça fait beaucoup de questions, mais je vais répondre à chacune des questions que vous avez posées. Tout d'abord, concernant l'Avène et des craintes de frappes sur son territoire. Je crois que les nations communalistes et l'Illirée engagées dans le conflit, toutes belliqueuses soient-elles, ne veulent pas engager des frappes contre des nations de la Confédération qui n'engagent aucune force militaire. Quoi qu'il arrive, au regard de ses traités avec la Confédération de Kresetchnie, le Royaume de Teyla participera à la défense de l'Avène. Nous serons intransigeants envers toute attaque contre des membres de la Confédération comme nous l'avons été lors de l'attaque ayant eu lieu en Hotsaline. Si le conflit dégénère, cela ne sera aucunement dû à une action du Royaume de Teyla ou de l'Hotsaline. Nos deux nations sont très claires sur cela. Nous ne ferons rien qui puisse escalader le conflit et nous proposerons toujours l'apaisement.

Comme je l'ai dit, précédemment, nous ne voyons pas le même comportement au sein de la Fédération des Peuples d'Estalie alors nous ne pouvons vous garantir que le conflit n'escaladera pas. Il faut dorénavant poser la question à des officiels estaliens pour que vous ayez une réponse. Le Gouvernement de Sa Majesté souhaite-t-il une résolution du conflit par la paix ? Nous le disons à tous ici et y compris à la Grande République de Velsna, nous pourrons nous asseoir à la table dès demain, voire dès aujourd'hui, dès lors que des garanties concernant la sécurité des citoyens et diplomates teylais seront données. Nous serons très clairs dans nos communications avec la Grande République de Velsna à ce sujet. Comment pouvons-nous prétendre que les résultats d'une médiation soient suivis par l'entièreté des parties quand l'une des parties est mise sous pression à travers des prises d'otages ? Ceux qui prétendent le contraire mentent éhontément à leurs populations.


- Agatha Belmon, journaliste pour la chaîne de télévision westalienne WNN, spécialisée dans l'information en continue : Avec sa participation dans ce conflit, le gouvernement teylais a-t-il des inquiétudes concernant son image à l'internationale ? Notamment son image au sein de la Grande République de Westalia ? Le 17 juin, sur Notizia TV, Simeon Belagri a qualifié l'Hotsaline de "franc-tireur aux tendances fascisantes" et a appelé Teyla à "faire un bon ménage dans ses relations problématiques", avant qu'un communiqué ne vienne rapidement corriger le franc parler du chef de l'Etat. Souhaitez-vous commenter cette séquence virale en Westalia ? De par sa participation dans ce conflit, est-ce que la crédibilité de Teyla, en tant que médiateur dans la crise aleucienne, peut-elle être menacée ? Tout particulièrement dans un contexte où la scène politique westalienne semble se montrer critique envers Teyla, dont l'opposition de droite libérale, favorite pour les élections de septembre. Est-ce que Teyla souhaite s'exprimer sur la mort d'un westalien en Mährenie, à la suite d'un bombardement hostalo-teylais sur un aéroport civil ? Le gouvernement a-t-il prévu de s'excuser auprès des victimes et familles de victimes ?

- Le Gouvernement de Sa Majesté suit de très près l'image internationale du Royaume de Teyla. Vous dire l'inverse serait un mensonge à bien des égards. Nous constatons une baisse de notre image dans les pays communalistes et dans des pays comme l'Empire Raskenois. Mais quant aux premiers, cela relève d'une propagande d'État, pour le second, ce n'est guère surprenant étant donné que le Gouvernement de Sa Majesté, mené par Angel Rojas, s'est toujours opposé à la politique impérialiste et d'occupation des territoires légitimes de la Confédération par l'Empire Raskenois. L'actuelle évolution de notre image n'est que la suite logique de cette opposition qui était légitime et même le sens et l'honneur de l'histoire.

Concernant la Grande République de Westalia, la situation est différente. Nous avons toujours entretenu d'excellentes relations avec la Westalia, et nous comprenons que le contexte politique actuel puisse créer des tensions. Nous respectons la liberté d'expression de tous les acteurs politiques, y compris celle de Monsieur Belagri, et nous prenons note de ses déclarations. En outre, je tiens à rappeler que l'Hotsaline n'est pas un régime fasciste. J'en veux pour preuve que l'actuel régime politique est celui d'un régime parlementaire avec des élections totalement libres et la sincérité du scrutin n'est pas à remettre en cause. La présidence, qui fait tant parler, est pour rappel tournante. Chaque année, la présidence change de main et de personne. Une preuve de plus qui démontre que le régime n'est pas un régime fasciste à bien des égards, mais une démocratie libérale.

Le Gouvernement de Sa Majesté ne voit pas en quoi sa participation à la défense d'une nation souveraine, indépendante et faisant face à une attaque disproportionnée le délégitime concernant l'affaire stérusienne. Toutefois, ce n'est pas au Royaume de Teyla d'émettre un avis, mais bien aux nations et aux acteurs participant de leur plein gré à la médiation exercée par le Royaume de Teyla. Quoi qu'il arrive, Madame Belmon, le Royaume de Teyla respectera la décision de toutes ces entités. Si les parties font toujours confiance au Royaume de Teyla, nous sommes toujours déterminés à poursuivre nos efforts pour trouver une solution durable à la crise aléucienne.

Enfin, je tiens à exprimer nos plus sincères condoléances aux familles des victimes du bombardement en Mährenie. Nous regrettons profondément la mort de ce citoyen westalien. Le Royaume de Teyla n'a visé aucune infrastructure civile et a visé des structures spécifiquement militaires. Nous devons contacter la famille de la victime, mais le Gouvernement de Sa Majesté envisage de prendre en charge les funérailles de la victime westalienne. Nous n'engagerons pas cette initiative sans en parler à la famille et si la famille de la victime souhaite rencontrer le Gouvernement de Sa Majesté ou Sa Majesté, nous l'accepterons.


- Afsa Jellal pour Al-Urwâ al-Wûthqâ (Azur) : Pourquoi avoir visé des aéroports civils comme en Mährenie ?

- Le Royaume de Teyla n'a visé aucune structure civile. Le ministère des Armées et de la Défense nationale fournira les preuves publiquement très prochainement à l'ensemble des rédactions journalistiques mondiales. Bien évidemment, le Royaume de Teyla est ouvert à ce qu'une enquête soit conduite au niveau international pour montrer que le Royaume de Teyla continue sa politique de ne viser aucun civil. À ce titre, la frappe de missiles, contrairement à ce que disent les autorités estalienne, est proportionnelle en puissance face aux nombreux avions de la coalition des communalistes et des opportunistes. Ces frappes visent à l'arrêt des échanges de tirs aériens afin que le conflit s'arrête immédiatement et n'escalade pas. En détruisant les infrastructures comme les aéroports, nous avons pour objectif que les avions restent cloués au sol pour une période importante, ce qui permettra des discussions sereines. Le Royaume de Teyla le redit, n'a visé uniquement que des infrastructures militaires et continuera autant que nécessaire, si les combats ne cessent. Mais comme le démontrent les actions de la Fédération des Peuples d'Estalie (otages, etc.), le pays et ses autorités souhaitent tout faire pour maintenir la conduite de la guerre. Ce que nous ne souhaitons pas bien évidemment car nous pensons que la paix et la stabilité sont une nécessité.

- Bertrano de Aùs pour Messalie Matin : quels sont les objectifs et les conditions de Teyla dans cette guerre ?

- Le Gouvernement de Sa Majesté est ouvert à la négociation et à la paix. Pour cela, on ne peut pas fixer d'objectifs comme le fait la Fédération des Peuples d'Estalie ou encore des conditions. En fixer revient à contraindre les chances de réussite de réunir les conditions nécessaires à un cessez-le-feu général suivi d'une médiation. Nous réaffirmons cependant que l'unique condition émise par le Royaume de Teyla pour que des négociations démarrent avec la présence du Royaume de Teyla est la mise en sécurité des citoyens et diplomates teylais dans les pays qui ont attaqué la République d'Hotsaline.

- Fécôme Transiflette pour La Cloche Fêlée : Jusqu'à quand la justice teylaise fermera-t-elle les yeux sur les crimes de guerre de Teyla ?

- Quels crimes de guerre parlez-vous ? Comme le démontre le Royaume de Teyla, il vise uniquement des infrastructures militaires et ses actions défensives sont strictement réalisées dans l'esprit du traité de défense qui lie la Confédération de Kresetchnie au Royaume de Teyla. Mais toutefois, la justice est indépendante du pouvoir politique et législatif du Royaume de Teyla. C'est à elle de juger si des enquêtes doivent être ouvertes. Elle a toute l'indépendance nécessaire pour le faire.

- Quelle est la réaction teylaise concernant la déclaration officielle westalienne du 17 juin dernier ? Le Royaume s'est présenté jusqu'à présent comme un partisan de la paix et de la défense légitime dans ses discours. Quel est le programme teylais, pour les jours ou semaines à venir, afin de rétablir la paix dans la région ? Est-ce que les échanges diplomatiques avec le Liberalintern tendent vers une fin des hostilités à court terme ? Ou est-ce qu'il y a des difficultés dans le dialogue ?

- J'ai déjà répondu à la plupart des questions. Nous ne ferons aucune déclaration sur les discussions diplomatiques en cours afin de ne pas gêner le bon déroulement des discussions.
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Operation Nachtfalke

HRP : RP fait en accord avec Aestana


Stabilité, un mot visiblement absent de la scène politique altarienne : retour légitime de la monarchie, puis abdication de Ron Gustav pour cause d’âge en faveur de sa petite-fille, qui elle-même se retirera de la vie politique pour cause de maladie. Voilà maintenant presque 2 ans que la princesse Alexandra de son vrai nom Tyrina Von Shäkalsbourg s’est retirée, et voilà qu’après cette longue absence, celle-ci, trop affaiblie par la maladie, cède sa place à son oncle Karl, désormais Karl V. Cependant, loin de la vie politique altarienne, le vieux Ron Gustav, lui, profite d’une retraite bien méritée en compagnie de son fils Elmund au sein de l’Empire raskenois. Pourquoi passait-il sa retraite en terre étrangère et non pas chez lui ? La réponse était toute simple : avec les années, celui-ci avait noué des liens avec la nation germanique, et la prise de pouvoir des républicains ne fit que confirmer la tendance, Rasken étant l’une des seules nations à soutenir la dynastie altarienne. De fil en aiguille, celui-ci se rendit fréquemment à Rasken et y noua des liens avec l’ancien empereur raskenois, mais avec les années ce fut avec le jeune Stanislav qu’il se lia d’amitié, malgré les années les séparant, amitié perdurant encore aujourd’hui.

Ayant décidé de prendre sa retraite à Rasken, l’ancien prince d’Altarie résida un temps au sein du palais impérial raskenois, mais cette situation ne fut que temporaire car, en parallèle, il acheta un lopin de terre en périphérie de la capitale raskenoise, sur lequel il fit bâtir sa nouvelle demeure, qu’il baptisa La Petite Altarie. De par la proximité avec la capitale et aux liens d’amitié liant l’ancien prince à l’empereur, Stanislav se rendit fréquemment à La Petite Altarie ; en pratique, il alla rendre visite au vieux Gustav toutes les deux semaines, apportant toujours avec lui des cadeaux provenant du terroir raskenois. Aujourd’hui, nous sommes le 12 novembre 2018 et, comme prévu, trois voitures se présentèrent devant la demeure ; de ces voitures noires en sortirent l’empereur raskenois ainsi que 4 agents de sécurité. Dans un premier temps, les agents suivirent l’empereur avant que celui-ci ne leur indique de rester à côté des voitures. Pénétrant dans le domaine, une domestique vint lui ouvrir.

Stanislav Schützenberger – Bonjour Mathilda, comment allez-vous ?

Mathilda – Comme toujours, c’est un plaisir de vous recevoir, majesté. Pour répondre à votre question, je vais bien, je vous remercie de vous en soucier, et vous, comment vous portez-vous ?

Stanislav Schützenberger – Je vais bien également, je suppose que le relatif calme de l’Eurysie centrale y est pour quelque chose.

Mathilda – Je suppose que vous êtes là pour voir monsieur ; celui-ci se trouve sur la terrasse à l’arrière de la maison.

Stanislav Schützenberger – Il est dehors par ce temps ?

Mathilda – Malheureusement oui, j’ai eu beau lui demander de ne point le faire et de faire un peu plus attention à sa santé, il ne m’écouta pas.

Stanislav Schützenberger – Je vois, je te remercie Mathilda, je vais le rejoindre.

Remerciant la domestique, l’empereur raskenois se mit alors en marche. Contournant la bâtisse par le chemin extérieur, il put constater une fois de plus la rudesse du climat raskenois. Le mois de novembre venait à peine de commencer, et pourtant la pelouse verdoyante du domaine s’était vêtue d’un manteau blanc. Marchant pendant près d’une minute, l’empereur raskenois finit par atteindre la terrasse arrière de la maison ; comme l’avait annoncé la domestique, il put apercevoir un vieil homme assis, contemplant l’horizon avec comme seule compagnie sa canne. Étrangement, cela lui rappela la dernière fois que Ron Gustav était venu à Rasken en tant que prince : le temps était glacial, l’avion altarien venait de se poser et lui attendait debout l’arrivée de son invité. Chassant ces pensées de son esprit, il continua de se rapprocher. Ron Gustav ne l’ayant pas encore entendu, Stanislav aborda la conversation.
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Stanislav Schützenberger – Tu ne devrais pas rester dehors, le vieux.

Ron Gustav II – La jeunesse n'a plus aucun respect pour ses aînés, ce n'est pas croyable ! Mais sinon, comment vas-tu, Stanislav ?

Stanislav Schützenberger – Je vais bien, mais je réitère ce que j’ai dit, papy : tu ne devrais pas rester dans le froid, et tu devrais plus écouter tes domestiques.

Ron Gustav II – Arrête un peu de faire le moralisateur, veux-tu ; je les écoute déjà trop, preuve en est, je suis toujours en vie malgré ce froid ! Haha. Et de toute façon, le froid, c’est bon pour la circulation du sang.

Stanislav Schützenberger – Ça va, je rigole, mais sinon, à part ça, je suppose que tu as appris la nouvelle pour Tyrina et l’Altarie.

Ron Gustav II – Je n’ai pas envie d’en parler, parle-moi plutôt de ce que tu m’as amené cette fois-ci.

Stanislav Schützenberger – Je ne pense pas m’être trompé cette fois : je t’ai ramené un Weißkrone du domaine viticole de Silberthal (c’est un vin blanc) avec une boîte de Silberhirsch pour accompagner (c’est du pâté).

Ron Gustav II – Ah, tu me fais plaisir aujourd’hui. Mathilda, apporte-nous des verres et du pain, veux-tu.

Mathilda – Tout de suite, monsieur.

Ron Gustav II – Mathilda, une dernière chose : saurais-tu où se trouve mon fils ?

Mathilda – Je crois que sire Elmund se trouve dans son bureau, voulez-vous que je l’appelle ?

Ron Gustav II – Pas la peine, Mathilda, je vais m’en occuper… ELMUND !!!!

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Elmund était comme l’avait annoncé Mathilda dans son bureau, lisant des rapports qu’il recevait provenant directement du palais des Shäkalsbourg en Altarie. Même s’il avait fui son pays et ses responsabilités, il disposait encore de contacts sur place pouvant l’informer ; ce n’étaient que des bribes d’information, mais cela suffisait à dessiner un contour de la situation. Plongé dans ses pensées, il réfléchissait, réfléchissait à l’avenir qui se dessinait pour son pays pour lequel il avait tant œuvré durant de nombreuses années. Mais bien que profondément enfoncé dans ses pensées, il fut ramené de force à la réalité : une explosion s’était semble-t-il produite dans le jardin de la résidence, explosion dont le son ressemblait étrangement à son prénom. ELMUND !!!! Sursautant à cause du bruit apocalyptique, il finit tout de même par se ressaisir après quelques secondes ; se levant de sa chaise, il se dirigea vers la fenêtre et l’entrouvrit afin de voir quel drame avait pu provoquer un tel vacarme. Scrutant l’extérieur, il s’aperçut que ce bruit était non pas dû à une explosion mais à son père, l’ancien prince Ron Gustav, l’appelant.

Elmund – Que se passe-t-il, père, pour que vous criiez mon nom aussi fort ?

Ron Gustav II – Nous avons un invité, Stanislav est là, rejoins-nous sur la terrasse.

Elmund – Vous n’étiez pas obligés d’hurler comme cela tout de même, on aurait dit que le monde venait de s’effondrer. Je descends tout de suite.

Il y a maintenant plus de trois ans, Ron Gustav abdiqua en faveur de sa petite-fille Tyrina, mais bien que la transition se passa bien, tout ne fut pas rose et, rapidement, celle-ci commença à mettre en place une politique d’éloignement entre l’Altarie et Rasken. Cette politique, Elmund la refusa catégoriquement, ne comprenant pas pourquoi sa propre fille s’engageait sur ce terrain-là, lui qui, comme son père, était pour le moins raskénophile. Rongé par une dispute avec sa propre fille, il décida de disparaître en quittant le pays ; quitter le pays était chose aisée, mais disparaître l’était beaucoup moins car il n’avait nulle part où se cacher, il n’avait personne en qui il avait suffisamment confiance pour totalement disparaître, sauf peut-être un. En effet, il y avait un pays dans lequel il pourrait disparaître : ce pays, c’était Rasken ; son père ayant choisi de passer sa retraite dans le pays germanique, il disposait d’une maison, mais au-delà de ça, comme son père au fil des années, il était devenu un ami proche de l’empereur raskenois Stanislav. Ainsi voilà presque 2 ans que celui-ci vivait à Rasken, presque comme un prisonnier diraient certains car ne pouvant pas quitter la résidence, mais lui se sentait pour la première fois depuis longtemps libre. En descendant les marches de l’escalier, un souvenir lui revint à l’esprit : c’était en 1993, il avait 16 ans et, pour la première fois, il accompagnait son père lors d’une visite à Rasken. Arpentant les dédales du palais impérial aux côtés de son père et de l’empereur Andrij Schützenberger, il fut surpris à un moment par un événement : il vit un enfant aux cheveux blancs passer devant lui en courant, poursuivi par un domestique ; cet enfant, c’était le jeune Stanislav âgé d’à peine 12 ans et refusant visiblement de faire ses devoirs. Se remémorant ce vieux souvenir, un sourire se dessina sur son visage, car même si maintenant il se sentait libre, il se sentait également seul ; ne pouvant quitter le manoir, il n’interagissait qu’avec son père ou les domestiques. Alors, lorsque Stanislav, qu’il considérait comme un ami, venait lui rendre visite, il se sentait comme revigoré. Continuant de marcher, il arriva finalement sur la terrasse arrière, là où se trouvaient son père et Stanislav.

Elmund – Comment vas-tu, Stanislav ?

Stanislav – C’est plutôt à moi de te poser la question, ça fait 2 ans que tu vis ici sans pouvoir sortir, tu devrais arrêter de te cacher à un moment.

Elmund – Ne t’en fais pas pour moi, je sortirai quand la situation s’y prêtera et, avec les récents événements, je ne pense pas que ce soit le cas.

Ron Gustav II – Bien messieurs, et si nous arrêtions de discuter de ces sujets prise de tête et que nous dégustions ce que Stanislav nous a ramené ?

Mathilda – Voici ce que vous m’avez demandé, monsieur : du pain et des verres.

Ron Gustav II – Je te remercie, Mathilda.

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Elmund descendu, ils étaient maintenant tous les trois réunis autour de la même table, visiblement peu dérangés par la température extérieure, ayant tout ce dont ils avaient besoin. Stanislav sortit ce qu’il avait amené. Vin blanc et pâté sortis, la dégustation put commencer mais, au-delà de la dégustation, une conversation prit place, discutant de tout et n’importe quoi. La situation aurait pu continuer comme cela jusqu’au départ de chacun, mais ce ne fut pas le cas. Au beau milieu de l’une de leurs discussions, Mathilda, qui était rentrée dans la demeure pour les laisser entre amis (et accessoirement parce qu’il fait froid), revint vers le groupe d’un pas pressé, ce qui ne manqua pas d’interpeller Ron Gustav.

Ron Gustav II – Eh bien Mathilda, que peut-il bien se passer pour que tu sois si pressée de nous rejoindre ?

Mathilda – Votre petit-fils Ron Elmond essaie de vous joindre, je sais que je vous l’ai déjà dit plusieurs fois, mais s’il vous plaît, lorsque vous sortez, prenez votre téléphone avec vous.
Ron Gustav II – Ah euh… J’y penserai la prochaine fois, je te remercie Mathilda.

Elmund – Père, quand est-ce la dernière fois que vous avez appliqué un conseil que l’on vous donne ?

Ron Gustav II – Tu exagères, Elmund, quand même.

Elmund – Quand ?

Ron Gustav II – Euh… bref, cessons de faire attendre mon petit-fils.

Comme tout bon vieillard, Ron Gustav excellait dans l’art de changer de sujet lors d’une conversation pour se sortir d’une mauvaise passe. Ayant esquivé la réflexion de son fils, Ron Gustav se saisit de son téléphone encore entre les mains de Mathilda ; cependant, bien qu’il soit content que son petit-fils l’appelle, il avait tout de même un pressentiment, comme si quelque chose de grave venait ou allait se produire. Cependant, malgré ce pressentiment, il décida tout de même de répondre ; se saisissant de son téléphone, il se leva et alla à l’écart pour ne pas importuner son invité et son fils d’un côté, mais aussi pour ne pas trahir la présence d’Elmund à Rasken.

Ron Gustav II – Comment vas-tu, Elmond ? Que me vaut le plaisir de cet appel ?

Ron Elmond – Je… je ne sais pas, je pense que j’avais juste besoin de parler à quelqu’un et, comme père est porté disparu depuis plus d’un an, je n’ai que toi.

Ron Gustav II – Tu sembles troublé, mon enfant, parle-moi, dis-moi ce qui te tracasse.

Ron Elmond – C’est Tyrina, grand-père, je m’inquiète pour elle, surtout avec ce qu’il s’est passé récemment.

Voyant que les tracas d’Elmond étaient liés à Tyrina, mais plus généralement au virage que venait de prendre l’Altarie avec la prise de pouvoir de Karl Von Shäkalsbourg, Ron Gustav revint vers ses invités et mit le haut-parleur sur son téléphone. Cela risquait peut-être de dévoiler la présence de son fils Elmund, mais Ron Gustav considéra qu’il était plus important que son fils entende les problèmes de son fils plutôt que de rester porté disparu.

Ron Gustav II – Pourquoi t’inquiètes-tu ? Tu penses que Karl va la tuer ?

Ron Elmond – Pas la tuer, mais j’ai toujours trouvé que leur relation était bizarre et, quand elle est tombée malade et qu’il est devenu régent, il a interdit toute visite. Je vais sûrement trop loin, mais j’ai l’impression qu’il a profité de sa maladie pour prendre le pouvoir. Ahah, vous devez penser que je suis ridicule en disant cela, accuser mon propre oncle de telles choses.

Après les dires d’Elmond, le silence s’était abattu, et cela quel que soit le côté du téléphone, et c’était parfaitement compréhensible ; dire de telles choses sans preuve n’était pas seulement injurieux, mais pouvait relever de la haute trahison. Mais c’est justement parce que dire quelque chose comme ça était aussi grave que les personnes l’ayant entendu prirent Elmond autant au sérieux. Cependant, au moment où Ron Gustav allait briser le silence, il se fit devancer par une autre personne, une personne qui jusqu’à présent avait disparu depuis presque 2 ans.

Elmund – Ainsi tu considères que mon propre frère aurait manipulé ma fille pour prendre le pouvoir ? Tu sais que cela est extrêmement grave comme affirmation, tu as des preuves de ce que tu avances ?

Ron Elmond – Père ?!!!

Elmund – Réponds à ma question s’il te plaît.

Ron Elmond – Non, je n’ai pas de preuve, c’est juste… juste que j’ai un mauvais pressentiment. L’ambiance au sein du palais n’est plus ce qu’elle était et, avec les volontés militaristes de Karl, je crains le pire.

Elmund – Je vois.

À ce moment-là, le silence retomba une fois de plus ; Elmund comme Ron Gustav connaissaient Ron Elmond, après tout c’était respectivement le fils et le petit-fils ; ils pouvaient entendre comme un début de détresse dans sa voix. Malheureusement, quelle que soit la détresse dans la voix d’Elmond, ils étaient impuissants ; l’un avait pris sa retraite tandis que l’autre était porté disparu depuis bientôt deux ans, l’un comme l’autre n’avaient plus le pouvoir d’agir sur les situations, mais c’est à ce moment-là que la troisième personne qui jusqu’ici s’était abstenue de tout commentaire prit la parole.

Stanislav – Si je comprends bien, tu veux faire sortir ta sœur du palais princier, ou du moins l’éloigner de Karl ?

Ron Elmond – Qui êtes-vous ?

Stanislav – Mon identité n’a pas d’importance, ce qui importe c’est ce que vous voulez, alors répondez à ma question.

Ron Elmond – Oui, il faut éloigner Tyrina, j’en suis convaincu, et…

Karl – Elmund, où es-tu ? J’ai besoin de toi pour un dossier.

Ron Elmond – Merde.

Surpris par l’arrivée soudaine de celui qu’il veut fuir, Elmond raccrocha en précipitation. Autour de la table, le silence s’était imposé pour la troisième fois. Les deux Altariens étaient plongés dans leurs pensées, espérant qu’Elmond ne s’était pas fait découvrir par Karl. Finalement, après 1 minute qui sembla durer une éternité, ce fut Elmund qui brisa ce silence.

Elmund – Stanislav, qu’est-ce que tu voulais lui dire en lui demandant s’il voulait faire sortir Tyrina ?

Stanislav – Rien du tout, je ne faisais que poser une question.
Elmund – Te connaissant, tu as forcément une idée derrière la tête, tu voulais exfiltrer Tyrina si je ne m’abuse, pas vrai ?

Stanislav – C’est vous la famille, c’est à vous de décider si la situation nécessite qu’elle soit sortie de ce milieu ou non, moi je ne fais que mettre les ressources à disposition.

Ron Gustav – C’est gentil de vouloir nous aider, Stanislav, mais ne penses-tu pas que cela n’en vaut pas la chandelle ?

Stanislav – Ce n’est pas le principe d’être ami ? Se mettre dans une situation délicate pour aider un autre ? Comme je l’ai dit, si vous demandez mon aide je répondrai présent, mais si vous la refusez je respecterai votre choix. Cependant, je vais tout de même être franc avec vous, si je veux vous aider, c’est avant tout parce que je vous considère comme des amis proches, mais si je propose mon aide, c’est également pour des raisons nationales. Sauver Tyrina et isoler Karl pourrait être bénéfique à Rasken, car ce dernier a exprimé à maintes reprises sa haine ou du moins sa détestation de Rasken.

Ron Gustav – Je me doute bien qu’en proposant cela, tu penses également à ton pays, quoi de plus normal, tu es le dirigeant d’une nation. Ceci étant dit, je laisse mon fils en décider ; avant d’être ma petite-fille, elle est avant tout ta fille, Elmund, c’est à toi de voir.

Suite à ces mots, le silence prit place, le Raskenois et le vieil Altarien regardant tous deux Elmund ; lui, de son côté, était pensif car nombre de pensées contradictoires s’enchaînaient dans son esprit. Sa fille, seul lien qu’il lui restait avec sa défunte femme, avait besoin de lui, il se devait de tout faire pour la mettre en sécurité, mais de l’autre côté, c’était aussi sa fille qui l’avait accusé de tous les maux, notamment de la mort de sa mère. Après plusieurs secondes qui semblèrent des minutes, Elmund sortit finalement du silence.

Elmund – La dernière fois que j’ai laissé ma propre fille seule, elle est tombée dans les griffes de Karl qui l’a montée contre moi et contre les intérêts de mon pays, je ne veux pas qu’une telle chose se reproduise une seconde fois, alors s’il te plaît Stanislav, éloigne ma fille de mon propre frère.

Stanislav – Bien, c’est tout ce dont j’avais besoin d’entendre. J’aurais aimais pouvoir rester plus longtemps, mais au vu de la situation, je pense qu’il est plus sage pour moi de rentrer pour commencer les préparatif

Les choses étant dites, l’Empereur raskenois décida de quitter la résidence altarienne plus rapidement que prévu, et cela pour une raison simple : la tâche devant maintenant être réalisée n’était pas anodine. Exfiltrer quelqu’un d’un pays était déjà chose ardue, mais exfiltrer une personnalité importante du paysage politique l’était encore plus. Mais au-delà de la complexité de l’entreprise, le point le plus limitant était le temps : préparer une opération de ce type n’était pas quelque chose de rapide à faire. C’est pour cela qu’il décida de rentrer précipitamment au palais impérial car, au plus vite il rentrait, au plus vite les premiers ordres pouvaient partir. Cependant, fort heureusement pour l’état-major, il ne partait pas de zéro car, plusieurs fois dans le passé, une opération avait été envisagée tantôt pour exfiltrer Ron Gustav et sa famille au début de la république altarienne, ou plus récemment pour assassiner Karl. Cependant, bien que des opérations similaires furent envisagées par le passé, la situation n’était plus exactement la même : la gouvernance avait changé, faisant place à un militarisme plus présent ; la sécurité et le nombre de gardes s’en étaient retrouvés renforcés. Mais tout n’était pas noir, car contrairement aux opérations avortées qui avaient été imaginées, cette fois-ci l’état-major raskenois avait un avantage : cet avantage, c’était Elmond, qui depuis l’intérieur même du palais pouvait transmettre des informations potentiellement critiques.

De retour au palais alors qu’il était déjà tard, l’Empereur raskenois convoqua immédiatement son état-major. Convoqué de manière plus ou moins précipitée, celui-ci n’était pas au complet mais cela n’avait que peu d’importance car les deux principaux étaient présents, à savoir le général en chef des forces armées raskenoises Ian Strobl et le général en chef du renseignement en la personne de Jonathan Kocher. Les deux généraux ne sachant pas encore en détail la raison de leur présence, ils s’installèrent chacun dans un siège en face de l’empereur ; une fois chose faite, le silence gagna la salle, n’étant désormais plus remplie que de la lumière artificielle générée par l’éclairage. Au bout de quelques secondes qui semblèrent des minutes pour les deux généraux, l’Empereur prit enfin la parole.

Stanislav – Messieurs, nous n’en avons pas encore fini avec la Kresetchnie, je le crains, notre allié l’Altarie se trouve actuellement dans une mauvaise posture.

Ian Strobl – Que voulez-vous dire par là, Majesté ?

Stanislav – Comme vous avez pu le voir il y a peu, le dirigeant de l’Altarie a changé, la princesse Alexandra ayant transmis le règne à son oncle désormais Karl V. Cependant, nous avons plusieurs indicateurs pointant vers une réalité peu enviable indiquant qu’il s’agit d’un coup d’État dissimulé et que l’ancienne princesse Alexandra fut d’une manière ou d’une autre forcée.

Jonathan Kocher – Il est vrai que la situation était particulière en Altarie ; cela fait presque 2 années que la princesse altarienne n’a pas fait d’apparition publique, mais au-delà de ça les informations que je reçois d’Altarie semblent toutes pointer vers la même conclusion : elle n’a pas quitté sa chambre depuis son retrait. Cependant Majesté, de là à penser qu’elle serait retenue contre son gré, je ne pense pas… auriez-vous eu des informations supplémentaires dont je n’ai pas connaissance ?

Stanislav – Comme vous devez le savoir, dans l’après-midi je me suis rendu à la résidence altarienne où réside l’ancien prince Ron Gustav. Lorsque nous discutions, nous avons été interrompus par un appel ; le petit-fils de Ron Gustav, à savoir Ron Elmond, tentait de joindre son grand-père. Lors de l’échange, celui-ci a confirmé ce que vous disiez : cela fait 2 ans qu’elle n’a pas quitté sa chambre, mais au-delà de ça l’accès à sa chambre est interdit et seul son oncle a le droit d’y pénétrer. En dehors de ça, le frère de l’ex-princesse a explicitement souhaité l’éloigner de son oncle pour son bien.

Jonathan Kocher – Je vois, cela peut en effet confirmer la théorie de la prise de pouvoir illégale.

Ian Strobl – Majesté, avec tout le respect que je vous dois, quelle est la raison de cette entrevue ? Vous ne nous avez pas rassemblés uniquement pour nous dire cela si je ne m’abuse. Alors s’il vous plaît, allez droit au but : si vous souhaitez qu’on assassine Karl ou qu’on exfiltre telle ou telle personne, dites-le-nous que nous puissions nous mettre au travail le plus rapidement possible.

Stanislav – Toujours pressé à ce que je vois, Ian. Bien, ton souhait est exaucé, voilà ce que je veux. Général Strobl, général Kocher, je veux que vous élaboriez un plan d’action réaliste avec le moins de retombées possible visant à exfiltrer l’ex-princesse altarienne Alexandra Von Shäkalsbourg.
Des missions similaires ont déjà par le passé été imaginées, mais aujourd’hui la situation a changé, car nous avons maintenant un agent à l’intérieur. En effet, Ron Elmond Von Shäkalsbourg m’a confirmé son entière collaboration ; je vous demanderai donc de travailler avec lui pour proposer le plan le plus réaliste.

Ian Strobl / Jonathan Kocher – C’est entendu, votre majesté.

Les ordres étant donnés, la réunion organisée à la va-vite se termina. L’empereur se leva alors et serra la main des deux généraux avant de quitter la salle de réunion pour s’en aller retrouver le palais impérial. Les deux généraux, eux, restèrent quelques minutes dans la pièce, discutant de détails ou de choses à prévoir. Finalement, cinq minutes après que l’empereur soit parti, ils quittèrent également la pièce pour rejoindre l’état-major et commencer à travailler. D’ordinaire, une telle opération prendrait plusieurs semaines à préparer, ne serait-ce que pour récolter les renseignements nécessaires, planifier la mission et s’entraîner à la réalisation de l’objectif. Cependant, pour une bonne partie de cela, le travail avait déjà été réalisé, les plans du bâtiment étant par exemple déjà connus, ne restant plus qu’à confirmer que cela n’avait pas changé. Ainsi, durant quatre jours et non plusieurs semaines, l’état-major, en collaboration avec Elmond, travailla à perfectionner et à remettre au goût du jour le plan. Ainsi, le 16 novembre au matin, une ultime réunion eut lieu ; l’empereur était présent, de même que les généraux Strobl et Kocher ainsi qu’Elmund qui avait insisté pour participer. Au-delà d’être une réunion pour présenter en détail l’opération, celle-ci revêtait une extrême importance car ce serait à ce moment-là que le feu vert ultime serait donné. À 10 heures piles, les concernés entrèrent dans la salle ; au total six personnes étaient présentes.
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Stanislav – Bien messieurs, nous pouvons commencer, nous vous écoutons général Strobl.

Ian Strobl – Bien, messieurs, comme vous le savez le but de cette réunion est de présenter en détail l’opération visant à exfiltrer l’ex-princesse d’Altarie Alexandra Von Shäkalsbourg. Comme vous le savez également, ce n’est pas la première fois que nous envisageons une opération de ce type en Altarie, c’est pour cel…

Elmund – Pardon ?!!


Alors que la salle était plongée dans un calme absolu dont le silence n’était brisé que par la voix du général Strobl exposant les détails de l’opération, le silence fut brisé par Elmund découvrant alors la réalité. Elmund était stupéfait, mais c’était totalement compréhensible : son propre pays aurait pu être la cible d’opérations, et cela par deux fois dans le passé. L’Empereur raskenois et lui étant de bons amis, ce ne fut pas de l’énervement ou de la rage qui se manifesta en premier, mais de l’incompréhension ; oubliant les codes en vigueur, il appela l’empereur raskenois directement par son prénom.

Elmund – Stanislav, c’est vrai ce qu’il vient de dire ? Si tel est le cas, je réclame des explications.

Stanislav – C’est vrai que j’aurais pu t’en parler, mais cela remonte à longtemps et je pensais que ton père t’aurait mis dans la confidence.

Elmund – Mon père ? Tu veux dire que mon père était au courant ?

Stanislav – Oui, mais ce sera plus simple si on t’explique. Général Strobl, expliquez-lui en détail, n’omettez aucun détail.

Ian Strobl – Bien, votre majesté.

Pour commencer, votre excellence Elmund, vous devez savoir que par deux fois des plans similaires furent imaginés. La première fois qu’un plan de ce type fut élaboré, ce fut en 1995. À cette date, les intentions de la république altarienne concernant la famille princière étaient encore floues et le gouvernement de l’époque craignait une tentative d’assassinat de la part de la république. Son excellence Ron Gustav fut alors contacté pour lui faire la proposition d’être évacué du pays ; cependant, malgré l’insistance dont nous avons fait preuve à l’époque, celui-ci refusa, ne voulant pas fuir son pays. Finalement, avec les années et comme vous avez pu le voir, les craintes du gouvernement de l’époque étaient largement infondées.

La deuxième fois qu’une opération de ce type fut envisagée, cela ne venait pas de l’état-major ou du gouvernement mais d’un officier ; il a proposé son opération il y a moins de deux ans, quelques mois après le début de la régence de Karl. L’objectif de son opération était double : assassiner Karl et exfiltrer la princesse Alexandra. Bien entendu, cette opération a été refusée immédiatement ; cependant, loin des regards, il a continué à perfectionner son opération, essayant même de recruter des soldats. Vous vous en doutez, lorsque nous l’avons appris, il a été immédiatement arrêté et a été jugé par le tribunal militaire pour insubordination.

Vous savez tout maintenant, excellence Elmund.

Elmund – Je… je vois, je ne sais pas encore trop quoi en penser mais il y a actuellement plus important.

Ian Strobl – Bien, comme je disais, étant donné que des opérations similaires ont déjà été planifiées dans le passé, nous n’avions pas à repartir de zéro ; c’est ce qui nous permet de mettre en place cette opération en temps restreint. Je laisse en premier la parole à mon collègue et général en chef du renseignement Jonathan Kocher.

Jonathan Kocher – Pour commencer, grâce à votre fils Ron Elmond qui coopère avec nous, nous avons pu confirmer de nombreux points, notamment l’agencement du bâtiment qui n’a pas changé ; ensuite, celui-ci a pu nous transmettre les horaires de rotation des gardes. Deuxièmement, le but de cette opération est certes de sauver l’ex-princesse Alexandra, mais l’objectif est également de ne pas provoquer d’incident diplomatique ; ainsi, la mission se devra d’être la plus discrète possible. Pour résoudre en partie ce point, nous allons jouer sur l’anti-communisme de Karl en faisant passer l’exfiltration pour un enlèvement orchestré par des mouvements communistes à l’intérieur du pays.

Ian Strobl – Comme l’a dit le général Kocher, l’objectif est de faire porter le chapeau aux communistes altariens. Pour cela, nous ne pourrons pas utiliser du matériel raskenois ; ainsi, pour la réalisation de cette opération, nous préconisons l’emploi de matériel civil ou largement diffusé. Les armes utilisées seront des fusils d’assaut de contrebande saisis lors d’opérations douanières, les parachutes seront ceux trouvables dans le commerce ; quant aux moyens de transport, nous optons pour l’hélicoptère. Sur ce dernier point, nous avons une carte à jouer : il se trouve que les hélicoptères que nous avions jusqu’à présent ont été retirés du service à cause de leur âge, ceux-ci étant envoyés dans une casse pour être détruits. Or, sur les neuf retirés du service, quatre sont encore intacts et tout à fait aptes à voler ; de plus, ceux-ci ont été achetés sur le marché international par la république de Brod Flor dans les années 60, mais le plus intéressant est que ces hélicoptères n’ont rien d’unique et que nombre de pays en possèdent encore.

Stanislav – Général Strobl, allez droit au but je vous prie.

Ian Strobl – Bien, pour schématiser, l’opération s’articulera en X phases.

Phase 1 : Les six commandos sélectionnés pour cette mission devront s’introduire dans la casse et subtiliser deux hélicoptères ; ceux-ci, étant plus proches d’une antiquité que de matériel militaire, ne sont pas surveillés et sont laissés à l’air libre. Ils devront également procéder à un examen rapide pour vérifier que l’appareil est apte à voler.

Phase 2 : Une fois les contrôles effectués, le groupe décollera et volera en direction de l’Altarie. Une fois la frontière passée, l’hélicoptère devra naviguer dans la vallée de Nordwasten en évitant les foyers de population. Au-delà de ça, ils devront voler à une altitude suffisamment basse pour éviter d’être détectés mais également la plus haute possible pour que le bruit au sol soit réduit au maximum.

Phase 3.a : À l’approche du palais, les hélicoptères devront prendre de l’altitude pour atteindre les 4 km au-dessus du sol ; une fois à cette altitude, ils devront continuer jusqu’à se trouver à 15 km de la cible. Les quatre commandos présents dans le premier hélicoptère devront alors effectuer un saut en parachute en direction du palais ; cette phase devra prendre dans les 10 minutes grâce aux parachutes sportifs permettant une grande vitesse horizontale.

Phase 3.b : Pendant que les opérateurs descendront en parachute, les deux hélicoptères partiront dans deux directions opposées, volant à vitesse réduite autour de la zone ; l’objectif est de rester à une distance suffisante pour pouvoir se poser au palais dans les trois minutes.

Phase 3.c : Nous utiliserons également des opérateurs directement sur le terrain ; ceux-ci sont des Altariens ayant quitté le pays au moment de la république et s’étant engagés dans les services raskenois. Leur tâche sera l’une des plus importantes. Lors de la préparation de cette opération, nous avons trouvé un défaut : le réseau électrique altarien étant vieillissant, il n’est pas le plus réactif ; ainsi, si nous coupons ou détruisons le transformateur haute tension Nord-Est, le courant sera coupé dans la zone du palais. Nous estimons qu’il faudra environ une minute au réseau pour s’adapter et remettre le courant ; cette minute sera utilisée par nos parachutistes pour s’introduire dans le jardin sans se faire voir. Nos opérateurs altariens auront donc pour tâche de saboter le transformateur.

Phase 4 : Une fois posés, les membres des forces spéciales devront laisser leurs parachutes sur place et se diriger le plus discrètement possible vers le palais pour établir le contact avec Ron Elmond ; celui-ci aura au préalable fait tout ce qui était en son pouvoir pour assouplir la sécurité au maximum.

Phase 5.a : Ayant pris contact avec Ron Elmond, les opérateurs pénétreront dans la demeure et commenceront leur travail ; l’objectif sera d’exfiltrer l’ex-princesse Alexandra tout en causant le moins de dégâts possible. Le mieux étant de jouer sur la diversion et de n’avoir à tuer personne.

Phase 5.b : Grâce à Ron Elmond, nous savons que Karl est actuellement en déplacement ; deux des quatre opérateurs devront donc se séparer du groupe et se diriger vers son bureau afin de dénicher le plus d’informations possible. Ne sachant pas ce que nous devons chercher, il est mieux de prendre plus que pas assez.

Phase 6 : Dès que la cible est sécurisée, un message sera envoyé aux hélicoptères alors en attente ; ce sera pour eux le signal de revenir. L’équipe A, exfiltrant la cible, devra monter immédiatement sur le toit ; de son côté, l’équipe B aura un délai de deux minutes pour continuer à fouiller le bureau avant de monter sur le toit.

Phase 7 : La cible, les informations et les opérateurs sécurisés, les hélicoptères quitteront le palais et voleront à vitesse maximale vers la frontière Kaulthe ; là, ils trouveront un terrain vague défini à l’avance où deux voitures les attendront. Ils devront alors abandonner les hélicoptères sur place, hélicoptères qui seront détruits à l’aide de charges pyrotechniques.

Phase 8 : Le groupe se rendra à Rasken via la route.

Voilà dans les grandes lignes comment se déroulera l’opération ; à cela j’ajouterai quelques détails. S’agissant d’une opération sous faux drapeau, nous avons dû prendre quelques précautions et trouver notamment des explications alternatives n’incriminant pas Rasken. Pour cela, nous allons exploiter un trait de personnalité de Karl : celui-ci déteste Rasken, mais il déteste tout autant les communistes ; ainsi nous pensons laisser des signes distinctifs des mouvements communistes altariens sur les opérateurs. Également, le choix des opérateurs pour cette mission n’a pas été laissé au hasard ; en effet, ceux-ci sont, comme ceux responsables du sabotage du transformateur, altariens de naissance, ils disposent donc de l’accent local.

Cette opération, nous avons décidé de la nommer : Opération Nachtfalke (Faucon nocturne), vous trouverez tous les détails relatifs à l’opération dans le document se trouvant devant vous.

Stanislav – Je suppose que le choix de prendre deux hélicoptères est dû à la nécessité d’avoir un plan de secours ?

Ian Strobl – C’est exact, votre majesté.

Stanislav – Bien, j’approuve cette opération ; l’opération Nachtfalke sera lancée demain à minuit pile.


Operation Nachtfalke
Opération Nachtfalke

Classification : Très secret
Autorité de validation: Cabinet impériale
Autorité de militaire responsable : Direction des opérations spéciale de l’état major des armées
Date : 15 novembre


1. Contexte stratégique
À cause de la maladie affectant la princesse Alexandra, celle-ci s’est vue obligée il y a maintenant 2 ans de se retirer de la vie politique et de faire régenter la principauté par son oncle Karl, désormais Karl V. Depuis lors, celle-ci n’a fait aucune apparition publique, les renseignements indiquant qu’elle n’aurait même pas quitté sa chambre en 2 années. Récemment, alors qu’elle avait disparu de l’espace public, celle-ci a fait savoir qu’elle abdiquait en faveur de son oncle alors régent du pays.

Grâce aux renseignements internes, nous pensons pouvoir affirmer sans trop de doute que la princesse fut retenue contre son gré dans sa chambre et forcée avec le temps de laisser sa place à son oncle. Le contexte politique actuel, marqué par la prise de pouvoir de Karl, laisse craindre une détérioration de la situation. Dans ce contexte, il a été décidé d’étudier et de mettre en œuvre une opération visant à :

  • récupérer la princesse Alexandra,
  • éviter toute implication officielle de l’Empire de Rasken.
Des plans similaires avaient été envisagés dans le passé (1995 et plus récemment lors du début de la régence). Ces travaux préliminaires ont permis d’accélérer la planification de l’opération actuelle.

2. Objectif de l’opération
L’objectif premier de l’opération est d’exfiltrer l’ex-princesse Alexandra Von Shäkalsbourg et de la transférer en sécurité vers le territoire raskenois.

Au-delà de l’exfiltration, des objectifs secondaires ont été définis : éviter toute perte civile et militaire côté altarien, prioriser la discrétion à la force, récupérer le maximum d’informations sensibles accessibles dans la résidence et maintenir un déni plausible quant aux implications de la nation.

L’opération sera considérée comme un succès si les points suivants sont accomplis :

  • L’ex princesse est exfiltré vivante
  • Les opérateur quittent le territoire altarien sans capture
  • Aucune preuve directe ne permet d’impliquer Rasken
  • [list]

    3. Situation et renseignement
    Les informations dont nous disposons actuellement ont pu être confirmées grâce à notre contact interne, Ron Elmond étant présent dans la résidence grâce à son statut princier.

    Grâce à sa collaboration, nous avons pu confirmer les points suivants :
    [list]
  • L’agencement général du bâtiment
  • La rotation des gardes
  • L’absence actuelle de karl dans la résidence

Grâce aux informations récoltées, nous pouvons confirmer que la sécurité du palais princier est assurée par une garde régulière avec des rotations suivant un schéma prévisible. De même, l’analyse technique du réseau électrique altarien nous a permis de confirmer qu’une coupure localisée pourrait entraîner l’effondrement temporaire du réseau dans la zone entourant le palais.

4. Concept général de l’opération
L’opération Nachtfalke repose sur une infiltration aérienne suivie d’une extraction rapide des lieux. Les opérateurs seront insérés sur place via des hélicoptères à distance de la cible afin d’éviter toute détection. Afin de faciliter leur entrée sur zone, un sabotage préalable du réseau électrique local sera réalisé afin de créer une fenêtre de tir qui permettra aux opérateurs d’atteindre le jardin de la résidence discrètement. Une fois la cible sécurisée, un signal sera envoyé aux hélicoptères qui devront alors se diriger le plus rapidement possible vers la résidence ; un hélicoptère se posera alors sur le toit du palais où les attendront les opérateurs ainsi que la cible.

Dans l’objectif de préserver un déni plausible quant à cette opération, celle-ci utilisera exclusivement :

  • Du matériel civil
  • Des opérateurs originaires d’Altarie
  • Des équipements non traçables
Les indices qui resteront sur place, comme les parachutes, devront orienter les soupçons vers des mouvements communistes altariens.

5. Organisation des forces

Commandement opérationnel : Direction des opérations spéciales de l’état major des armées

Équipe d’intervention principale : Quatre opérateurs des force spéciales
Missions :
  • Infiltration dans la résidence
  • Sécurisation de la cible
  • Récupération d’informations

Équipe de sabotage : Opérateurs altariens rattachés aux services raskenois.
Missions :
  • Sabotage transformateur électrique Nord-Est
  • [/b]

    Soutien aérien : Deux hélicoptère militaire démilitarisé mais toujours en état de vol
    Missions :[list]
  • Insertion
  • Extraction jusqu’au point de rendez-vous

Soutien terrestre : 3 véhicules civils
Missions :
  • Exfiltration jusqu’à Rasken

6. Chronologie prévisionnelle
[list]
  • Phase 1 - Acquisition des moyens aériens : Les opérateurs récupèrent deux hélicoptères retirés du service dans la casse ou ils sont actuellement stocké.
  • Phase 2 - Transit aérien : Les appareils franchissent la frontière et suivent la vallée de Nordwasten en évitant les zones habitées.
  • Phase 3 - Insertion : À distance de la cible, les opérateurs effectuent une insertion aérienne vers la zone du palais. Les hélicoptères quittent la zone afin de réduire le risque de détection.
  • Phase 4 - Sabotage du réseau électrique : Le transformateur Nord-Est est neutralisé afin de provoquer une coupure temporaire dans la zone du palais.
  • Phase 5 - Infiltration : Les opérateurs atteignent le jardin de la résidence et établissent le contact avec Ron Elmond.
  • Phase 6 - Sécurisation de la cible : Les opérateurs récupèrent Alexandra Von Shäkalsbourg. Une équipe secondaire collecte les documents sensibles dans le bureau de Karl.
  • Phase 7 - Extraction : Les hélicoptères reviennent sur zone et récupèrent les opérateurs sur le toit de la résidence.
  • Phase 8 - Retrait : Les appareils se dirigent vers la frontière de Kaulthe où ils sont abandonnés puis détruits. Le groupe poursuit son déplacement par voie terrestre vers Rasken.


  • Date : 17/11/2018
    Heure : 23h35
    Localisation Casse militaire de Gerch au Sud-Est d’Hamförd

    Les quatre opérateurs se trouvaient en lisière de la casse dans la forêt la bordant. Que faisaient-ils ? Rien, absolument rien : ils attendaient. Ils attendaient les ordres, ils attendaient le feu vert définitif marquant le début de l’opération. Cela faisait presque une semaine qu’ils s’entraînaient tous les jours en vue de ce moment et aujourd’hui, c’était le moment. L’un des opérateurs regarda alors sa montre avant de s’adresser aux autres.

    Leo Kellermann – 23h35, on ne devrait pas tarder à recevoir le feu vert, préparez-vous.

    Alexander Traube – Arrête de te prendre pour le chef.

    Leo Kellermann – Sois pas jaloux, la prochaine fois ce sera toi le chef de groupe héhé.

    Gregor Neuheuser – Et si on se concentrait sur la mission, non ?

    Leo Kellermann – Tu as raison. Alexander, tu as la pince coupante ?

    Alexander Traube – Oui.

    Leo Kellermann – Frida, Tom, vous avez tout ce qu’il faut pour le check-up ?

    Frida Kepler / Tom Meindl (pilote) – Oui.

    Leo Kellermann – Tout le monde a son parachute ?

    Les 5 autres opérateurs – Oui.

    Leo Kellermann – Bien, maintenant plus qu’à attendre.

    5 minutes plus tard

    QG – Ici QG, vous me recevez ?
    Leo Kellermann – 5 sur 5 QG, on vous entend.

    QG – Bien, vous avez le feu vert, je répète vous avez le feu vert, l’opération Nachtfalke a commencé. Vous passez maintenant en silence radio.

    Leo Kellermann – Bien reçu QG, on se voit dans quelques heures.

    L’ordre final étant arrivé, l’équipe de 6 opérateurs se mit alors en marche. S’approchant de la barrière extérieure, l’opérateur Alexander Traube sortit de son sac une pince coupante avant de venir couper le cadenas du portail. Maintenant ouverte à eux, les opérateurs pénétrèrent dans la casse, marchant pendant plusieurs minutes avant d’atteindre leur objectif : la zone où reposaient les 4 hélicoptères pas encore détruits.
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    Leo Kellermann – Bien, Frida, Tom, vous savez ce que vous avez à faire : vérifier que ces deux vieillards sont encore en capacité de voler.

    Frida Kepler – On est sur le coup.

    Pendant près de 20 minutes, les deux pilotes, ayant également la casquette de mécaniciens, inspectèrent les deux appareils. Ils ne pouvaient pas se permettre qu’un des appareils tombe en panne durant la mission, c’était tout bonnement inenvisageable. Alors, même si c’était risqué de rester immobiles durant cette durée, ils le firent tout de même, car il valait mieux patienter un peu que de compromettre l’ensemble de la mission. Il était alors maintenant minuit pile ; l’inspection était terminée, les appareils étaient aptes, il ne restait alors plus qu’à décoller.

    Leo Kellermann – Allez, tout le monde dans son hélico, on met les voiles, on en a pour une heure avant d’arriver à destination.

    Une fois l’ordre donné, les 6 opérateurs se scindèrent en deux groupes de 3, chacun prenant un hélicoptère. Cependant, lorsque les pales des hélicoptères commencèrent à tourner, le gardien de la casse fit son apparition ; mais les engins étant proches de décoller, il ne put rien faire à part les regarder partir. La zone étant relativement peu éclairée, il ne vit que ce que sa lampe torche lui permit de voir, à savoir pas grand-chose, les inconnus portant tous des cagoules.
    Durant le trajet, les opérateurs se remémoraient leur entraînement : les actions à faire, les portes à ouvrir. Ils se remémoraient tout ce qu’ils avaient appris durant l’entraînement intensif ayant précédé cette mission. Cependant, entre deux flash-back, ils discutèrent de tout et de rien, certains ayant des interrogations quant à l’opération en cours, d’autres discutant de leur situation familiale. Ils discutèrent de tout et de rien, mais quoi de plus normal : ils avaient une heure entière devant eux avant d’arriver.

    Alexander Traube – Au fait Leo, c’est vraiment utile qu’on porte ces patchs sur nos gilets pare-balles ? Je me sens mal à l’idée de mener une opération avec l’insigne de ces enfoirés du parti Ertzistes.

    Leo Kellermann – Comme ils l’ont dit lors du débrief, l’objectif c’est d’orienter Karl et compagnie vers eux. C’est pour ça qu’ils nous ont choisis aussi : même si ça fait plus d’une décennie qu’on est raskenois, on est altariens à la base et avec ça vient l’accent. Tu les aimes pas ? Tant mieux, en participant à cette opération ça leur fera sans doute du mal.

    Le reste du trajet se déroula de la même manière, discutant de tout et de rien. Cela leur permit de passer le temps, mais le temps passa à tel point qu’ils étaient maintenant à moins de 40 km de la capitale altarienne ; le moment critique approchait.

    Frida Kepler – Les gars, c’est sympa votre vie de famille et tout, mais on se rapproche de l’objectif. Préparez-vous, je prends de l’altitude, on sera au point de parachutage dans 6 minutes.

    Leo Kellermann – Ça marche.

    Comme annoncé par la pilote, les deux hélicoptères commencèrent à gagner de l’altitude. Pendant ce temps, les opérateurs qui sauteront en parachute procédèrent aux dernières vérifications : parachute bien attaché, armement dans le sac à dos, etc. À une heure et 7 minutes du matin du 18 novembre 2018, quatre hommes sautèrent en parachute au-dessus de la capitale altarienne. Ouvrant leur parachute presque immédiatement, ils entamèrent maintenant une longue descente de 10 minutes sur 15 km de distance. Pendant 10 minutes, ils purent observer la magnifique capitale altarienne Shäkalsbourg qui, malgré sa faible population, rayonnait par la beauté qui s’en dégageait tant dans son architecture que dans les paysages l’environnant. Mais aussi belle soit-elle, il fallait maintenant que le rideau de l’obscurité s’abatte sur la ville. Sortant un téléphone prépayé, il envoya un message à l’un des rares contacts enregistrés.

    Aigle rouge – Que l’obscurité soit.

    Taupe rouge – Et l’obscurité fut, les taupes se retire.

    Quelques secondes après avoir reçu la réponse, les quatre parachutistes purent voir une partie de la capitale altarienne, incluant le palais princier, plonger dans l’obscurité. Cette obscurité ne dura pas plus d’une minute, mais cette fenêtre de temps, bien que courte, permit aux commandos de se poser sans encombre dans le jardin de la résidence sans être vus.
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    Atterrissant loin de la demeure pour avoir le temps de s’équiper et de cacher grossièrement les parachutes, ils se mirent rapidement en marche en direction de leur objectif. Se cachant dans les zones d’ombre pour ne pas être aperçus, ils avancèrent. Maintenant plus qu’à quelques mètres de la demeure, ils s’immobilisèrent. Une seconde passa, puis deux, puis une dizaine. Cependant, cela avait beau n’être qu’une dizaine de secondes, c’était un temps infiniment long pour les quatre opérateurs, car dans ce genre de situation chaque seconde compte.
    Finalement, au bout de vingt secondes, un homme vint ouvrir la porte arrière où ils se trouvaient. Cet homme, c’était Ron Elmond, le contact raskenois au sein du palais princier. Mais bien que ce soit leur contact, les commandos ne bougèrent pas et continuèrent d’attendre. Finalement Ron Elmond ouvrit une petite bouteille d’eau, puis, levant la tête, il prit la parole : Ron Elmond – Quelle belle nuit, on voit parfaitement la lune aujourd’hui. C’était le message qu’ils attendaient, car au même moment les commandos sortirent de l’ombre et s’avancèrent vers Ron Elmond.

    Leo Kellermann – C’est un plaisir de vous rencontrer Ron Elmond.

    Ron Elmond – Plaisir partagé, suivez-moi vite.

    Suivant rapidement l’Altarien, celui-ci leur indiqua tout ce qu’il savait, notamment la position du bureau, de la chambre, des escaliers, etc. Arrivant au premier étage, le groupe se sépara en deux. Ron Elmond et deux commandos continuèrent au premier étage, se dirigeant vers la chambre de Tyrina ; les deux autres, eux, foncèrent au deuxième étage où se trouvait le bureau de Karl.

    Arrivant proches de la chambre, ils ralentirent le pas pour ne pas faire de bruit, puis, à la surprise des commandos, Ron Elmond passa devant pour vérifier si des gardes étaient bien présents devant la porte. À sa non-surprise, c’était bien le cas : deux gardes se tenaient devant la porte. Continuant de marcher vers eux, il arriva maintenant à leur hauteur puis engagea la conversation.

    Ron Elmond – Laissez-moi entrer, je veux voir ma sœur.

    Garde 1 – Je suis désolé, mais cela ne va pas être possible, nous avons ordre de sa majesté le prince Karl V de ne laisser entrer personne.

    Ron Elmond – Vous savez qui je suis ?! Je suis de la famille princière, je vous demande de me laisser entrer. Avec la coupure de courant, je veux juste voir si ma sœur va bien, ça ne prendra pas longtemps.

    Garde 1 – Je suis désolé, mais nous ne pouvons pas faire ça.

    Ron Elmond – Très bien, j’en toucherai deux mots à mon oncle.

    Vexé de s’être fait refuser, Ron Elmond fit demi-tour. Enfin vexé, il ne l’était qu’en apparence, car il savait très bien qu’il allait se faire refuser ; cela faisait 2 ans qu’il essayait de voir sa sœur. S’il était venu devant cette porte, c’était surtout pour faciliter le travail des commandos en vérifiant s’il y avait bien des gardes. Revenant vers eux, il leur expliqua ce qu’il avait vu. À cela, les commandos ne dirent rien et se contentèrent d’enfiler leur masque à gaz, ce qui interrogea Ron Elmond. Mais il ne s’interrogea pas longtemps, car il lui fut demandé de reculer.
    Quelques secondes après, l’un des commandos envoya une grenade lacrymogène en direction des gardes ; en un instant, un épais nuage se forma autour d’eux. Irritant leurs yeux ainsi que leurs voies respiratoires, les deux commandos se ruèrent vers eux pour leur asséner un coup de crosse afin de les endormir. Pénétrant dans la chambre, ils virent Tyrina allongée dans son lit, visiblement en train de dormir, ou peut-être était-elle inconsciente, ils ne le savaient pas. La seule chose qu’ils pouvaient confirmer, c’est qu’elle semblait affaiblie et bien plus maigre que lors de sa dernière apparition.

    Ron Elmond – Que t’ont-ils fait, ma sœur ?

    Leo Kellermann – On verra ça plus tard, pour l’instant on la sort de là. Alexander, fais ce que tu as à faire.

    Alexander Traube – Ça marche.

    Ron Elmond – Que faites-vous ?

    Leo Kellermann – On va la sédater. Si elle se réveille entourée de personnes qu’elle ne connaît pas, elle va sûrement paniquer et se mettre à crier et se débattre. On ne peut pas prendre ce risque.

    Ron Elmond – …..

    La cible sédatée, Ron Elmond prit sa sœur sur son dos et le groupe quitta la pièce. Au même moment, un message fut envoyé, message signifiant que le moment de partir était venu et qu’il était temps pour les hélicoptères de revenir.

    Avant de partir cependant, ils rentrèrent les corps des deux gardes dans la chambre, ne faisant dépasser qu’un pied de la porte, comme pour faire croire à quelque chose effectué dans la précipitation. De son côté, l’équipe B avait atteint le bureau de Karl, mais n’avait pas réussi à y entrer ; la sécurité y était trop importante. Au moment où les deux commandos décidèrent de faire demi-tour et de gagner le toit pour l’exfiltration, l’alarme se déclencha : les parachutes venaient d’être découverts, de même que les corps des gardiens inconscients.

    Simultanément, les gardes de la demeure se mirent en alerte. Heureusement pour les commandos, ils réussirent à atteindre le toit sans se faire détecter, mais maintenant la partie la plus délicate démarrait : il fallait maintenant attendre, attendre que l’hélicoptère arrive. Cela faisait une minute que le signal était parti, il restait donc 2 minutes à patienter dans le stress permanent que les gardes ne décident de fouiller le toit. Puis, après une attente interminable, l’hélicoptère arriva. Piloté d’une main de maître par Frida Kepler, il se posa tout en douceur sur le toit après avoir traversé la ville en rasant la route et les passants.
    Cependant, l’arrivée de l’hélicoptère ne s’était pas faite sans bruit et tous les gardes de la demeure convergeaient maintenant vers l’entrée menant au toit. Les commandos, ayant pris soin de barricader la porte avec ce qu’ils pouvaient, ils n’avaient quelques secondes pour monter dans l’hélicoptère. Au moment ou le dernier monta dans l’hélicoptère, la porte menant au toi fut enfoncé et les gardes commencèrent à occuper l’espace, pour se protéger le commando présent à la portière lança alors sa dernière grenades lacrymogène et commença à tirer en direction des gardes en prenant soin de viser à coté. Mais malgré le temps restreint et les coup de feu échangé, ils réussirent tous à quitter le palais princier sans encombre… enfin, sauf à un détail près : le chef du groupe Leo ayant dans la précipitation « malencontreusement » fait tomber son téléphone sur le toit.
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    Durant le trajet, Ron Elmond resta silencieux, s’étant muré dans le silence après ce qu’il venait de vivre. Les commandos, eux, étaient plus bavards, le chef de groupe Leo demandant notamment si personne n’était blessé. De son côté, Tyrina, elle, dormait paisiblement. Une fois à bonne distance du palais, le chef de groupe prit la parole.

    Leo Kellermann – Équipe B, je veux un rapport sur votre mission, vous avez atteint vos objectifs ?

    Gregor Neuheuser – Malheureusement non, il y avait beaucoup trop de gardes devant son bureau, on n’aurait jamais pu s’y introduire sans déclencher une fusillade, ce qui aurait déclenché l’alerte prématurément.

    Leo Kellermann – Je vois, bon le principal c’est que la cible est exfiltrée, cependant il ne faut pas qu’on se relâche, on n’est pas encore en lieu sûr.

    Le vol dura pendant encore une dizaine de minutes avant que les deux hélicoptères n’arrivent au point de rendez-vous, un petit terrain vague au bord d’une route éloignée d’à peu près tout. Sur le bord de la route, les attendaient 3 véhicules de marques différentes. Les commandos, la cible et Ron Elmond quittèrent alors les hélicoptères pour monter dans les voitures. Les hélicoptères, eux, furent abandonnés sur place, avec cependant comme cadeau d’adieu une charge pyrotechnique à retardement installée dans l’hélicoptère.

    Les charges installées, le groupe quitta alors la zone. Quelques minutes plus tard, les deux hélicoptères étaient en flammes. Par la suite, les voitures parvinrent à regagner Rasken par la route, se mettant définitivement hors de danger.
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