Activités étrangères en Lermandie
Posté le : 27 mars 2024 à 12:37:49
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Posté le : 08 avr. 2024 à 15:01:58
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C'était la deuxième fois que Miranda se rendait en Lermandie, elle venait ici dans un but nouveau. La première fois, c'était pour négocier avec un ministre qu'elle avait particulièrement apprécié et un PDG globalement réticent à l'idée de travailler avec des étrangers. Miranda adorait ce genre de situation. Les situations avec une légère tension, voir le ministre quelque peu embarrassé par le comportement très "tchatcheur" de la femme en face de lui. Miranda était comme ça, elle avait passé sa vie à se forger la réputation de la femme serpent, la femme qui incite au péché. Elle adorait se représenter elle-même de cette façon. Mais elle était avant tout une femme d'affaires. Elle est parvenue toute seule a créer en un peu plus d'une décennie et sans aide financière au préalable la plus grande société de productions de ressources dans les sous-sols et sous-marine du pays. Elle était ici avant tout pour chercher dans la capitale "Bradis" un endroit où elle pourrait installer les futurs locaux de son entreprise pour la Lermandie. Elle ne voulait pas quelque chose de trop gros mais suffisant pour faire entrer une grosse équipe. Pour le moment, les deux gouvernements n'étaient pas convenus d'un accord pour les employés Stérusiens et leur droit de séjourner, donc le projet ne pouvait réellement commencer. Mais le gouvernement Stérusien avait informé Miranda que cela se ferait d'ici peu. Miranda réfléchissait même à se trouver pour elle plus tard un petit pied à terre dans le pays. Elle était véritablement conquise par l'architecture de la capitale et par l'atmosphère que dégage ce pays.
Posté le : 12 sep. 2024 à 20:27:08
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Pour la formation d'une ligue de défense de nos intérêts communs
"A toutes les forces de bonne volonté en ce continent et du reste de ce monde, j'en appelle à toutes les nations libres et désireuses de le rester, du danger que représente ces choses qui composent notre paysage politique eurysien actuel. Ces organisations supra-nationales qui défigurent le sens du mot "souveraineté" et qui se servent de tout leur poids pour interférer dans l'existence de ceux ne désirant que la tranquillité d'âme, d'esprit, et dont l'unique volonté est d'exister dans la paix de leur foyer, sans que l'on ait à les invectiver de vivre d'une mauvaise manière. Que ces Hommes soient libres de vivre selon leurs valeurs et conscience propre, c'est là mon seul désir. La Grande République de Velsna sera toujours l'ennemie de toutes les volontés d'hégémonie d'un petit groupe de nations, quelle que soit les valeurs dont ces dernières se targuent ou les convictions politiques qu'elles brandissent. Cela n'a toujours et éternellement que la même finalité: une hégémonie politique, économique, culturelle ou les trois à la fois. Je suis de ces hommes qui estime que c'est la seule volonté d'un peuple qui est légitime à la direction qu'il prendra: si celui-ci désire la démocratie, que l'on ait pas à lui imposer par les armes, et il en va de même avec le communisme et tous les régimes ne mettant pas en péril le droit de leurs voisins à faire de même. OND, Liberaltern, ONC...ce sont là des appellations différentes pour une même méthode de terreur et de pression politique sur les petits, les faibles et les nations isolées. Le seul horizon politique auquel ces nations ont le droit est le suivant: quand est-ce que notre tour sera venu d'être la cible d'une intervention criminelle d'une armée qui causera bien davantage de mal que de bien à notre patrie ? Alors que le sens de l'Histoire devrait être dédié aux particularismes et à l'exception que représente chacun d'entre nous, nous nous complaisons à éterniser un monde ne nous laissons d'autre choix que la conformité. La conformité ou la disparition, tels sont les deux seuls choix de ces nations.
C'est pourquoi, en vertu de l'état politique désastreux d'un monde partagé entre des organisations au but noble, mais dont la finalité est mortifère, que nous annonçons le présent projet validé par le Sénat des Mille de la Grande République de Velsna: à savoir la mise en place d'une Ligue d’États souverains et indépendants, dont le seul et unique but sera la préservation de leur indépendance à tout prix. Notre organisation ne sera pas une union économique, ni même une union politique ou culturelle artificielle et dont les contraintes seraient bien trop nombreuses à notre goût. Il ne s'agira pas là non plus de nous affilier à raison d'une idéologie commune, car nous n'avons que faire que de la manière dont vous concevez votre monde. Il ne s'agira en réalité là que de deux choses: un pacte défensif commun, et uniquement dans ce cas de figure, et la mise en place d'un marché de l'armement interne à tarifs préférentiels. Ni plus, ni moins, car nous pensons qu'il n'y a guère meilleure organisation supra-nationale que celle que l'on voit le moins souvent.
En vertu de ces principes que l'on pourrait qualifier à juste titre de minimaliste, nous n’exigerons des futurs intéressés que deux choses:
- De ne faire partie d'aucune des trois organisations suivantes: ONC, OND ou Internationale Libertaire.
- De respecter votre engagement vis à vis de ce pacte de défense, qui mettra en jeu nos paroles et notre dignité."
Si vous êtes intéressés par ce projet, veuillez remplir ce formulaire dans l'éventualité d'une conférence qui se tiendra en la cité de Velcal, en Grande République de Velsna. Envoi de préférence dans le topic consacré dans les appels d'offre:
[b]Entité participante (nom complet du pays):[/b]
[b]Nom du représentant ou de la représentante:[/b]
[b]Observations personnelles et attendus de cette future organisation:[/b]
Posté le : 17 fév. 2025 à 18:49:56
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Communiqué officiel de la Société ANTS en Lermandie.
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La société ANTS, partenaire de BEPAL depuis plusieurs années et associée à l’État de la République de Lermandie depuis tout aussi longtemps, se voit aujourd’hui frappée par une décision unilatérale, prise sans consultation, sans accord et sans respect de l’intégrité de notre entreprise.
Par la présente lettre, la société ANTS demande à la société BEPAL, qui, en raison de ses liens avec l’ANTS, ne peut accepter une telle décision, d’exercer une pression sur le gouvernement afin de mettre un terme à ces actions.
En conséquence, la société stérusienne ANTS se voit dans l’obligation de cesser immédiatement ses activités au sein de la République de Lermandie. Prendre une telle décision, à seulement deux mois de Noël, en rompant un accord commercial essentiel, aura des conséquences désastreuses : une hausse des coûts énergétiques pour les Lermandiens et la perte de salaire pour des milliers d’employés à l’approche des fêtes. Une telle décision est totalement irrésponsable.
La société ANTS engagera une action en justice contre le gouvernement lermandien et prendra, en attendant, des mesures pour limiter les pertes économiques de notre entreprise.
Dès demain :
- Les salariés lermandiens ne pourront plus accéder aux plateformes détenues par l’ANTS.
- Les prix des hydrocarbures en Lermandie seront indexés aux nouveaux tarifs douaniers.
- La société BEPAL ne pourra plus procéder à l’extraction de ressources pétrolières sur les plateformes de l’ANTS en Lermandie.
Nous rappelons au gouvernement Lermandien que la fédération de Stérus n’exploitait aucun gisement pétrolier sur leur sol. Seule la société BEPAL le faisait, conformément au traité. Nous soulignons également que le pétrole importé par la Lermandie provenait exclusivement de Stérus.
Ainsi, votre décision entraîne :
- Une augmentation du prix des hydrocarbures en raison des nouveaux tarifs douaniers.
- Une perte de 50 % du chiffre d’affaires, du bénéfice et de la main-d’œuvre de BEPAL.
- Une privation de l’approvisionnement national en énergie.
- Une baisse du pouvoir d’achat des ménages à l’approche des fêtes de fin d’année.
- La mise au chômage de dizaines de milliers de Lermandiens, qui devront en plus faire face à une hausse drastique du coût de l’énergie.
- La perte de la moitié du parc national d’extraction de ressources.
Nous appelons le gouvernement Lermandien à cesser ses actions contre l’ANTS. Nous ne sommes ni le gouvernement Stérusien ni responsables ou complices de ses décisions. Engager une guerre économique n’est jamais une solution.
L’ANTS invite le gouvernement Lermandien à organiser une rencontre avec ses dirigeants et les représentants politiques Stérusiens. Moi, Miranda Céprus, demande à Monsieur Duval de convenir d’un rendez-vous aussi vite que possible. Nous appelons également les dirigeants de BEPAL à accepter de rencontrer les représentants de l’ANTS dans les prochains jours.
Miranda Céprus
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La société ANTS, partenaire de BEPAL depuis plusieurs années et associée à l’État de la République de Lermandie depuis tout aussi longtemps, se voit aujourd’hui frappée par une décision unilatérale, prise sans consultation, sans accord et sans respect de l’intégrité de notre entreprise.
Par la présente lettre, la société ANTS demande à la société BEPAL, qui, en raison de ses liens avec l’ANTS, ne peut accepter une telle décision, d’exercer une pression sur le gouvernement afin de mettre un terme à ces actions.
En conséquence, la société stérusienne ANTS se voit dans l’obligation de cesser immédiatement ses activités au sein de la République de Lermandie. Prendre une telle décision, à seulement deux mois de Noël, en rompant un accord commercial essentiel, aura des conséquences désastreuses : une hausse des coûts énergétiques pour les Lermandiens et la perte de salaire pour des milliers d’employés à l’approche des fêtes. Une telle décision est totalement irrésponsable.
La société ANTS engagera une action en justice contre le gouvernement lermandien et prendra, en attendant, des mesures pour limiter les pertes économiques de notre entreprise.
Dès demain :
- Les salariés lermandiens ne pourront plus accéder aux plateformes détenues par l’ANTS.
- Les prix des hydrocarbures en Lermandie seront indexés aux nouveaux tarifs douaniers.
- La société BEPAL ne pourra plus procéder à l’extraction de ressources pétrolières sur les plateformes de l’ANTS en Lermandie.
Nous rappelons au gouvernement Lermandien que la fédération de Stérus n’exploitait aucun gisement pétrolier sur leur sol. Seule la société BEPAL le faisait, conformément au traité. Nous soulignons également que le pétrole importé par la Lermandie provenait exclusivement de Stérus.
Ainsi, votre décision entraîne :
- Une augmentation du prix des hydrocarbures en raison des nouveaux tarifs douaniers.
- Une perte de 50 % du chiffre d’affaires, du bénéfice et de la main-d’œuvre de BEPAL.
- Une privation de l’approvisionnement national en énergie.
- Une baisse du pouvoir d’achat des ménages à l’approche des fêtes de fin d’année.
- La mise au chômage de dizaines de milliers de Lermandiens, qui devront en plus faire face à une hausse drastique du coût de l’énergie.
- La perte de la moitié du parc national d’extraction de ressources.
Nous appelons le gouvernement Lermandien à cesser ses actions contre l’ANTS. Nous ne sommes ni le gouvernement Stérusien ni responsables ou complices de ses décisions. Engager une guerre économique n’est jamais une solution.
L’ANTS invite le gouvernement Lermandien à organiser une rencontre avec ses dirigeants et les représentants politiques Stérusiens. Moi, Miranda Céprus, demande à Monsieur Duval de convenir d’un rendez-vous aussi vite que possible. Nous appelons également les dirigeants de BEPAL à accepter de rencontrer les représentants de l’ANTS dans les prochains jours.
Miranda Céprus
Posté le : 18 fév. 2025 à 20:06:07
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En Lermandie, comme dans beaucoup de pays où des Stérusiens sont engagés pour travailler dans des sociétés de la même nation, la peur commence peu à peu à se faire sentir. Les relations entre la Lermandie et la Fédération n'ont jamais atteint un niveau aussi bas. Les piques lancées par les dirigeants à travers leurs canaux de communication respectifs et les prises de position diamétralement opposées pourraient bien finir par porter un coup définitif aux relations entre ces deux pays.
Problème : la Fédération de Stérus est le principal importateur en Lermandie (selon les chiffres du gouvernement lermandien). Et la Lermandie représente la principale source d’exportation des produits stérusiens, principalement des hydrocarbures.
Alors comment l'avenir commercial s'organisera il entre la Lermandie et la fédération ?
Officiellement, la Lermandie serait à la recherche de nouveaux partenaires, mais elle reste néanmoins quelque peu bloquée par le traité qu'elle a signé avec la Fédération, car celui-ci contient une clause d'exclusivité. Cette clause limitera donc, quoi qu'il arrive, les possibilités de la Lermandie en matière de modification de ses sources d'approvisionnement dans les années à venir.
À noter cependant que le contrat est daté. Il reviendra donc à la Lermandie, au moment de son expiration, de décider si elle souhaite le prolonger ou non.
Mais la Fédération n'est pas en reste. Elle avait proposé à une société lermandienne de réaliser, au sein de son territoire, l’un des plus grands projets d’infrastructure ferroviaire du pays, voire sans doute du continent, au vu de son ampleur. Des dizaines, voire des centaines de milliards d’euros étaient en jeu, et plusieurs dizaines de milliers d’emplois pouvaient être créés, rien que pour la construction des infrastructures.
Si l’on ajoute à cela les potentiels emplois que pourrait générer un tel projet, on arrive facilement à un total de 200 000 à 300 000 nouveaux postes.
Enfin, il ne faut pas oublier le contrat militaire négocié entre la Lermandie et la Fédération à l’occasion du salon international de Barba. Cet accord prévoyait un échange militaire entre les deux pays, qui se serait traduit par l’envoi d’une frégate en provenance de la Fédération ainsi que par la livraison d’autres types de matériel en provenance de la Lermandie.
La Lermandie et la Fédération ne traversent pas actuellement une crise diplomatique ouverte, comme c’est le cas entre la Westalia et la Fédération. Bien que des échanges parfois osés aient eu lieu en public, officiellement, les relations entre les deux États restent inchangées. Toutefois, les relations entre leurs dirigeants sont particulièrement tendues. Il est de notoriété publique que ces deux hommes ne s’apprécient pas et n’hésitent pas à le faire remarquer lors de leurs réunions respectives.
On peut citer, par exemple, les moqueries du Consul à l’encontre de ce qu’il avait qualifié de « manque de professionnalisme » du président, après avoir relevé certaines incohérences dans les propos qu’il avait tenus à la télévision lermandienne. Mais en y regardant de plus près, c’est du côté stérusien que le positionnement a été, dès le départ, le plus ferme et le plus frontal. Avec l’élection de M. Pandoro, celui-ci avait proclamé vouloir appliquer « une fermeté à l’égard de la complaisance ».
Le consul Pandoro est un homme connu pour sa froideur implacable envers les individus qu’il n’apprécie pas. Il est réputé pour son honnêteté, mais aussi pour son ego qu’il ne remet jamais en question. Ainsi, lorsqu’il a compris que la Lermandie adoptait une posture maladroite et à peine dissimulée de soumission à la Westalia, suivant aveuglément cette dernière quitte à en perdre sa propre identité, il a immédiatement pris les devants et frappé le premier.
En réalité, ce sentiment était partagé par l’ensemble de la classe politique stérusienne. Ils percevaient la Lermandie comme un partenaire de confiance, un pays plus ou moins neutre, ouvert au dialogue avec toutes les nations.
Mais avec le temps et les querelles entre Stérus et la Westalia, la Lermandie a décidé de choisir son camp. Alors que beaucoup se contentaient d’observer de loin et d’apaiser les tensions, la Lermandie a pratiqué une politique de rapprochement avec la Westalia et de froideur avec la Fédération. Il suffit de comparer l’atmosphère des rencontres stéruso-lermandiennes et westalio-lermandiennes pour s’en rendre compte.
D’un point de vue politique, le choix de la Lermandie est difficile à comprendre. Alors qu’elle justifie son alignement sur la Westalia par des « liens séculaires » entre Lermandiens et Westaliens, la Westalia semble pourtant se moquer de ce que représente réellement la Lermandie. Il suffit d’observer l’acharnement de la Lermandie à venir en aide à la Westalia sur tous les sujets importants au sein de l’ASEA ou ailleurs, alors que la Westalia, elle, ne s’est jamais mobilisée en faveur de la Lermandie.
Quand il s’agit de défendre ses propres intérêts, la Westalia répond toujours présente : mobiliser l’ASEA pour une opération d’espionnage qui n’a finalement révélé que l’incompétence de ses services de renseignement et son mépris total pour ses agents de terrain, qu’elle n’a même pas cherché à récupérer. Quand il s’agit d’imposer à l’ASEA des résolutions qui lui sont favorables, la Westalia est active. Mais maintenant que la fin de sa présidence approche et que les sujets ne l’intéressent plus, elle adopte un silence radio total. La Westalia se concentre sur ses propres affaires, et pourtant, la Lermandie continue de croire en leur prétendue « union diplomatique ».
Tout dépendra de la Lermandie. Si elle prend ses distances avec la Westalia, la Fédération aura davantage intérêt à traiter avec elle. Mais si la politique lermandienne continue de se recentrer sur la Westalia, le risque serait de voir une réelle scission entre la Lermandie et la Fédération, voire une rupture totale des relations diplomatiques, comme c’est le cas entre la Westalia et la Fédération.
Premièrement, parce que la principale source de conflit reste la Westalia. Avant que la Westalia ne soit intégrée aux discussions avec la Lermandie, les relations entre cette dernière et Stérus étaient au plus haut niveau. Avant que la Lermandie ne choisisse le camp westalien (si tant est qu’il y ait un camp à choisir), les relations entre les deux États étaient bonnes.
Ensuite, le fait est que le consul Pandoro bénéficie actuellement d’un très haut niveau de satisfaction à l’intérieur du pays. Certes, les récents troubles ont terni son image auprès de certaines catégories de la population, mais il conserve une majorité de soutien. De plus, le Sénat est très largement pro-Pandoro, ce qui lui assure une stabilité politique durable. Il est donc fort probable qu’il reste à son poste pendant encore plusieurs années.
D’ailleurs, la démocrate Carla Caillot a annoncé hier la fusion de son parti avec celui de Pandoro, rappelant qu’aux dernières élections, ils étaient arrivés en tête avec respectivement 27 % et 32 % des voix, faisant de leur alliance la force politique la plus puissante du pays, et de loin. Or, avec près de 30 % des voix aux élections, un consul est déjà considéré comme indéboulonnable, alors avec presque 50 %, sa position est encore plus solide.
En réalité, il apparaît clairement que non. Il est extrêmement difficile pour un État de se séparer d’un partenaire économique aussi important que le sont la Lermandie et la Fédération l’un pour l’autre. La Lermandie a besoin des ressources stérusiennes, et les Stérusiens ont besoin d’un marché pour vendre leurs produits.
Les deux États sont, d’une certaine manière, interdépendants et doivent apprendre – ou réapprendre – à s’entendre pour assurer le bon fonctionnement de leurs économies respectives. Cependant, une réduction des échanges, voire un arrêt total, reste envisageable. Dans ce cas, le défi sera de taille pour les deux nations, qui devront trouver de nouveaux partenaires capables de compenser ce manque à gagner.
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Comment puis-je orienter la politique économique d’un État ? Comment puis-je m’assurer de conserver mes piliers commerciaux dans un pays de plus en plus hostile au mien ?
Je suis Miranda Céprus, la femme la plus riche de la Fédération de Stérus, sans doute l’une des femmes les plus fortunées de ce continent, et la deuxième personne la plus riche de mon pays. Mais ma fortune ne définit pas qui je suis. C’est mon histoire qui a fait de moi la femme que je suis aujourd’hui.
Parfois femme serpent, souvent femme séduisante. Rares sont les hommes qui me décrivent autrement que par ce que je dégage comme aura, et non par ce que j’ai accompli en tant que personne. Rares sont ceux qui respectent mon dur labeur. Mais leur rareté m’importe peu. J’ai bâti mon empire sans hésiter une seule seconde à écraser ceux qui se mettaient en travers de ma route. Et, sans aucun doute, je continuerai ainsi jusqu’à mon dernier souffle.
Je suis Miranda Céprus, issue de la famille des Céprus, une lignée qui n’a rien à envier à ceux qui se revendiquent d’une noblesse révolue. Le nom Céprus résonne encore dans la mémoire des terroristes qui ont osé attaquer mon pays. Mon père et mon grand-père ont combattu fièrement pour leur nation, et mon père a même dû y laisser sa vie. Alors, bien que mon nom ne soit pas noble par le sang de mes ancêtres, il l’est devenu par le sang de mon père.
C’est ainsi qu’en 2001, le consul de l’époque a décidé de nommer ma famille « Héritière du sang impérial ». Ce titre est réservé aux familles qui, si elles avaient vécu sous l’Empire, auraient été décorées et anoblies par Sa Majesté l’Empereur pour leurs actes de bravoure.
Où allons-nous ?Vous devez sûrement vous demander quel est le but de ce texte, où je veux en venir. Nous sommes ici pour discuter ensemble d’événements importants. Certes, il est extrêmement difficile d’exprimer des sentiments et de les transmettre. Mais j’ai décidé d’essayer, en m’adressant à vous, peuple lermandien.Je sais que nous traversons un moment particulier, que nos deux nations sont actuellement en opposition. Mais en tant que Stérusienne, ayant eu l’occasion de me rendre à de nombreuses reprises en Lermandie, je ressens aujourd’hui plus que jamais le besoin d’éclaircir certaines choses. J’espère que vous trouverez, amis lermandiens, dans ce texte, de quoi nourrir un profond sentiment de respect mutuel plutôt que de haine à partager.Mon histoire avec la Lermandie, mon lien avec la Lermandie remonte à bien plus longtemps que vous ne l’imaginez.J’avais environ huit ans lorsque j’ai entendu parler pour la première fois de votre pays. C’est aussi à ce moment-là que j’ai compris comment le monde fonctionnait réellement. J’ai découvert la violence de la politique en assistant en direct, à la télévision, à une rébellion armée menée par les Hamajaks lors d’une manifestation.Quelques semaines plus tard, ces mêmes scènes d’horreur se produisirent à quelques rues de chez moi. Ce fut un choc. C’est à ce moment-là que j’ai, pour la première fois, décidé de m’intéresser au fonctionnement du monde et à la politique. En suivant l’opinion de mon père, je me disais naïvement qu’il fallait renverser le gouvernement lermandien.Mon père, fier soldat, ne supportait pas de voir des peuples prétendument opprimés. D’autant plus que la télévision stérusienne a toujours cherché à diaboliser les gouvernements ayant un passé colonial. Un comble, quand on connaît l’histoire de la Fédération de Stérus.
Voir ces centaines de corps étalés sur le sol fut pour moi une véritable horreur. J’irais même jusqu’à parler de traumatisme.Mais lorsque, quelques semaines plus tard, on m’annonça que je devais rester une semaine de plus à la maison après les vacances pour des raisons de sécurité, car un groupe armé suivant une idéologie religieuse avait décidé de faire exploser des bâtiments dans la ville où je vivais, ma perception changea.
C’était une épreuve difficile pour une enfant de neuf ans qui avait grandi dans une insouciance totale, de réaliser qu’en réalité, je n’avais jamais vécu dans un pays en paix. La Fédération de Stérus luttait contre le terrorisme depuis des décennies, et je n’avais jamais compris cela.
La Lermandie me paraissait alors être un État dangereux, un endroit où il ne fallait surtout pas se rendre. Mais avec le temps, en observant ce qui s’y passait et en m’y sentant en relative sécurité, j’ai commencé à me demander si la Lermandie était réellement si terrible que cela.
Je me souviens encore de l’attaque qui m’a le plus marquée. J’avais à peine dix ans. Ce jour-là, en sortant de l’école, je suis montée dans la voiture de ma mère et j’ai immédiatement remarqué qu’elle était différente. Elle semblait triste, préoccupée.
De mon côté, j’avais passé une mauvaise journée. Léopold, mon meilleur ami de l’époque, m’avait pris mon crayon préféré. Même s’il était mon ami, il n’avait pas le droit de me le prendre.Alors, en rentrant, j’ai décidé de raconter à ma mère cet affront. Mais elle ne m’écoutait pas. Elle était bien trop absorbée par la radio. J’ai alors haussé la voix pour attirer son attention, vexée par son silence.Elle m’a répondu d’un ton grave qu’elle était occupée, qu’un événement grave venait de se produire, et qu’elle devait écouter les nouvelles. C’est alors que j’ai tendu l’oreille à mon tour et que j’ai entendu des mots lourds de sens : massacre, attentat, état d’urgence, exécution.Intriguée et inquiète, j’ai demandé à ma mère ce qui se passait et pourquoi elle était si concentrée sur la radio. C’est là qu’elle a réalisé qu’elle ne m’avait rien expliqué et que je ne pouvais pas comprendre la gravité de la situation.Elle a baissé le volume et m’a dit doucement qu’un événement très grave venait d’avoir lieu et que les adultes étaient inquiets.Ce que je ne comprenais pas à ce moment-là, c’est que l’attaque était encore en cours. Ce que nous écoutions à la radio, c’était le récit des événements en temps réel.Quand elle s’est rendu compte que cela devenait trop violent pour mes jeunes oreilles, elle a éteint la radio.Elle m’a alors expliqué que, sur la route, des policiers pourraient nous arrêter pour vérifier que nous n’étions pas des criminels. Finalement, nous n’avons croisé aucun barrage. Ce jour-là, la consigne avait été donnée de ne pas arrêter les voitures transportant des enfants. Il fallait les ramener chez eux au plus vite, car la situation était trop dangereuse.
Dans la Fédération, chaque attaque terroriste était perçue comme une catastrophe nationale. Les écoles fermaient, les institutions étaient en deuil, les journaux suspendaient leurs programmes de divertissement pendant des jours, parfois même une semaine après l’attaque. Les événements sportifs étaient interdits pour des raisons de sécurité, parfois durant plusieurs mois.Mais mon rapport à la Lermandie a pris une toute autre tournure lorsque, à quinze ans, j’ai regardé un documentaire sur l’histoire du terrorisme en Aleucie.C’était la deuxième fois de ma vie que je me retrouvais confrontée aux événements qui avaient marqué mon enfance. Mais cette fois-ci, j’apprenais des faits que j’ignorais alors.Ce fut un choc immense pour moi de découvrir l’assassinat du président lermandien. À mes yeux, l’assassinat d’un dirigeant représentait l’acte le plus puissant qu’un individu pouvait accompli
Comment était-il possible de mettre à mort la personne la plus importante du pays aussi facilement ? Mais ce dont Miranda se souvient encore plus, c'est de ce qui s'est passé après : le massacre que les journaux stérusiens avaient appelé « L'œuvre du diable ». En réponse à la mort de ce président, 500 Hamajaks furent exécutés.Au sein de la fédération, c'était la première fois que nous assistions à un acte de vengeance perpétré par la justice d'un État de droit. Ces 500 personnes ne furent pas exécutées pour leurs crimes, mais pour venger la mort de leur président. Ce fut un véritable choc pour la fédération. Beaucoup estimaient que les Hamajaks étaient dans leur droit de se rebeller, même si aucune mort ne saurait être justifiée. Mais voir un gouvernement exécuter des citoyens par pure vengeance, sans procès, révoltait les Stérusiens les plus attachés à la démocratie.Et pourtant, si seulement cela s'était arrêté là…Je me souviens que l’année suivante, je rentrais du lycée avec mon petit frère. En arrivant au salon, j’ai vu ma mère en pleurs, assise sur le canapé, les yeux rivés sur la télévision. En regardant l’écran, j’ai immédiatement compris qu’il s’agissait d’une nouvelle attaque terroriste. J’ai dit à mon frère de ne pas regarder et de monter dans sa chambre. Mais quand j’ai moi-même posé les yeux sur l’écran, j’ai réalisé que cette fois, ce n’était pas un attentat qui avait frappé la fédération.C’est un peu égoïste, mais en voyant que cela se passait en Lermandie, j’ai ressenti un certain soulagement. Je me suis dit : « Dieu merci, nous sommes épargnés cette fois. » Mais ce que je voyais à l’écran était bien pire que tout ce que j’avais imaginé. Des nuages de fumée s’élevaient dans le ciel, ce que les journalistes appelaient « le gaz de la mort », mais que tout le monde savait être du napalm.Je me suis dit : « C’est de la torture, de la barbarie pure et simple. »Je n’ai jamais compris, et encore aujourd’hui, pourquoi le gouvernement lermandien a choisi d’utiliser une telle cruauté. Je me suis longtemps demandé pourquoi ils n’avaient pas simplement bombardé, ou attaqué autrement, au lieu d’opter délibérément pour une arme aussi inhumaine.Je me souviens avoir demandé à mon père :
— « Est-ce qu’on a déjà fait ça, nous ? »
Mon père, fervent défenseur des Hamajaks, à alors pris la télécommande, éteint la télévision et m’a répondu d’un ton grave :
— « Non, nous, nous nous battons avec honneur. »
Ce fut la dernière fois que je vis mon père.Le lendemain, il partait à 4 heures du matin pour une mission en urgence après une nouvelle attaque. À peine arrivé sur les lieux, il n’eut même pas le temps de s’équiper et d’entrer dans le bâtiment visé que les terroristes avaient déjà fait exploser leurs charges. Mort sur le coup.Je me réconforte en me disant qu’il est tombé en se battant pour son pays. Pour lui, c’était sans doute la meilleure façon de partir.Après cela, ma vision de la Lermandie a pris un sérieux coup. Je ne voyais plus d’un bon œil la vie menée là-bas. Je me disais que les habitants ne valaient pas mieux que leurs dirigeants : des gens sans respect ni pour les Hamajaks, ni pour rien d’autre que leur propre pouvoir.J’ai passé tout mon lycée avec cette vision fermée mais, selon moi, véridique de la Lermandie.Puis j’ai commencé mes études. Mais je me suis rapidement arrêtée.Après ma licence, j’ai décidé d’entrer directement dans le monde du travail. Toutes ces histoires de diplômes me semblaient tellement abstraites que je ne me voyais pas continuer là-dedans.À seulement 21 ans, j’ai intégré X Industria, une entreprise du secteur énergétique. En tant que responsable d’équipe, mon rôle était de superviser la conformité des installations. Nous travaillions dans l’exploitation du bois, un secteur finalement peu réglementé.Mais j’ai vite compris que le bois n’était pas l’avenir de notre pays. Plus les années passaient, plus les lois restreignaient son exploitation.À 25 ans, je me suis donc tournée vers une autre forme d’énergie. À l’époque, nous étions aux prémices de la découverte des gisements de pétrole et de gaz dans le sous-sol stérusien. Plutôt que de rester dans le bois, je me suis dit : « Et si je mettais mes compétences au service des entreprises qui voudront exploiter ces nouvelles ressources ? »J’ai donc créé mon propre cabinet de conseil en conformité des exploitations fossiles.Mais il ne m’a fallu que trois ans pour comprendre que je gagnerais bien plus en investissant directement dans ces ressources.Alors, après vingt ans et un total de huit milliards de sesterces investis, me voici aujourd’hui à la tête d’un empire pesant près de 139 milliards de sesterces.
Posté le : 16 mars 2025 à 17:50:08
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Chers frères et sœurs en Christ,
C'est avec une profonde inquiétude et avec gravité, mais aussi avec une détermination inébranlable que je m'adresse à vous aujourd'hui. En tant que cardinal de la très Sainte Église de Catholagne, mon devoir et mon serment est de veiller à l'intégrité et à la sainteté de notre Église, une institution millénaire qui doit être un phare de justice et de vérité dans un monde souvent obscurci par l'injustice et la corruption. Elle doit être un repère pour tous les croyants et non-croyants, peu importe leurs erreurs passées, quelles que soient leurs localisations en ce monde. Elle doit rassurer, apaiser, protéger.
Aujourd'hui, nous sommes confrontés à une menace grave pour sa religieuse mission. Une menace qui vise à corrompre le processus sacré et d'une importance extrême qu'est l'élection papale. La principauté de Carnavale, connue pour ses richesses extravagantes, ses agissements contestables et ses influences obscures, tente d'influencer le vote des très sages cardinaux électeurs en faveur de leur candidat, Fulbertrand Bienheureux, un jeune homme de seulement 17 ans, prétendant à la fonction papale sur commande des grandes familles oligarchiques de cette terre où la lumière divine peine à entrer au travers des nuages toxiques et des émanations polluées des usines.
Cette tentative de manipulation est une insulte d'une gravité sans nom à notre foi et à la tradition millénaire de notre Église, mais aussi une insulte au Père, au Fils et au Saint-Esprit. Le conclave est un moment sacré où celui-ci, l'Esprit Saint, guide nos délibérations avec toute sa clarté céleste. Toute ingérence extérieure, motivée par des intérêts personnels ou matériels, encore plus par des intérêts cupides, est une profanation de ce processus divin.
Nous devons nous rappeler que notre Église est fondée sur les enseignements de Jésus-Christ, qui nous appelle à la pureté, à l'humilité et à la justice. Les agissements de Carnavale, en tentant de corrompre le processus d'élection papale par une proposition outrageuse de 3 000 Chèques Carnavalais et l'ouverture d'un compte anonyme à la Banque Princière Castelage, sont quasiment sataniques dans leur nature et sont aux antipodes des valeurs chrétiennes. Ils cherchent à utiliser notre sainte institution pour servir leurs propres fins, détournant ainsi notre mission divine.
Je vous exhorte, chers fidèles, à prier ensemble pour la protection de notre Église contre ces forces malveillantes. Prions pour que les cardinaux électeurs soient guidés par la sagesse et la grâce divine, et non par les tentations terrestres. Prions pour que la lumière de la vérité éclaire nos chemins et nous protège des ténèbres de la corruption.
Ensemble, nous devons rester vigilants et fermes dans notre foi. Nous ne devons pas permettre que les intérêts égoïstes de quelques-uns détournent notre Église de sa mission sacrée. Que la Vierge Marie, mère de l'Église, intercède pour nous et nous guide dans ces temps troublés.
En tant que fils de l'Église, j'ai toujours été guidé par les enseignements de notre Seigneur et par l'exemple de ceux qui ont consacré leur vie à la justice et à la vérité. Depuis mon plus jeune âge, j'ai été témoin des injustices sociales et des souffrances des plus démunis. Ces expériences ont forgé en moi une détermination à lutter contre toute forme de corruption et d'abus de pouvoir. Et la corruption est définitivement l'un des actes engrangeant le plus de misère dans ce monde.
Aujourd'hui, alors que nous sommes confrontés à cette tentative de manipulation, il est plus important que jamais de rappeler les valeurs fondamentales de notre foi. Nous devons nous engager à protéger l'intégrité de notre Église et à défendre les principes de justice et de vérité qui sont au cœur de notre mission.
Je vous invite tous à vous joindre à moi dans cette lutte pour la justice et la vérité. Ensemble, nous pouvons faire entendre notre voix et défendre les valeurs sacrées de notre foi. Prions pour que l'Esprit Saint guide nos actions et nous donne la force de résister à toute forme de corruption.
J'appelle le très Saint-Siège à prendre des mesures concrètes devant cette tentative de manipulation qui n'est pas la première. Les autorités religieuses aquitagnaises avaient déjà tenté d'avertir la Sainte mère Église lors du conclave précédent, et nous reprenons cet appel aujourd'hui.
Que Dieu nous bénisse et nous protège dans cette mission sacrée.
Avec toute ma dévotion et ma confiance en la Providence divine,
Cardinal Alexius Palamas.

Posté le : 26 mars 2025 à 18:10:20
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Le Miroir Rouge, définitivement radical.
Camarades lecteurs, l'air empeste de nouveau les relents fétides de la guerre en Aleucie. La "Pax Aleucia" tant vantée par les bourgeoisies locales n'aura été qu'un mirage de courte durée, un vernis craquelant sous la pression des appétits capitalistes et des nationalismes étatiques. La crise actuelle, opposant la Fédération de Stérus à la République de Lermandie et, par ricochet, à la Grande République de Westalia, est un cas d'école de la folie inhérente à ce système que nous combattons.

L'étincelle, comme si souvent, fut allumée par la course au profit. L'État lermandien, dans un de ces actes de souveraineté dont les structures étatiques ont le secret, a révoqué les licences d'exploitation juteuses de l'ANTS, mastodonte stérusien de l'hydrocarbure. Plutôt que d'accepter la fin d'un monopole ou d'entamer de réelles négociations – concept visiblement étranger à la ploutocratie stérusienne dirigée par le Consul Pandoro – la Fédération a opté pour la méthode séculaire des empires : la menace par la force. Des "manœuvres" navales d'une clarté insultante furent annoncées, simulant une attaque éclair visant à annihiler une flotte adverse (sans doute en visant les capacités navales lermandiennes, connues pour être moins avancées que celles de Stérus dans certains domaines clés comme la projection de puissance) et à préparer un débarquement. Une doctrine agressive qui en dit long sur les intentions réelles de Barba.
La rhétorique belliqueuse s'est muée en déploiement concret. Un groupe aéronaval stérusien – pièce maîtresse de leur doctrine de projection de force, probablement centré sur leur unique porte-avions, escorté de destroyers et croiseurs modernes dotés, selon leurs propres dires, de capacités de frappe balistique, et soutenu par des frégates et au moins un sous-marin lanceur d'engins furtif – a été ostensiblement positionné dans les eaux internationales, mais à portée de tir des côtes lermandiennes et westaliennes. Le message est clair : la menace est sérieuse.
La Lermandie, consciente de la vétusté relative d'une partie de son équipement et de la faiblesse criante de ses forces terrestres (principalement de l'infanterie légère et des blindés anciens, peu aptes à contrer une invasion sérieuse), a réagi par une mobilisation défensive. Son peuple, mobilisé dans une "Union Sacré" opportuniste ou sincèrement outré par l'agression stérusienne, gronde. La marine lermandienne, composée d'un mélange hétéroclite de navires - corvettes peu modernes côtoyant des patrouilleurs vieillissants - et privée de capacité sous-marine significative, s'est mise en alerte. Seule, elle ferait pâle figure.
C'est ici qu'intervient Westalia. Dirigée par le Président Fédéral Simeon Belagri, dont le gouvernement actuel montre, pour un État, des signes moins ouvertement bellicistes que son homologue stérusien, Westalia ne pouvait rester inactive. Non seulement son allié historique était menacé, mais sa propre façade maritime est directement concernée par le déploiement stérusien. Tout en maintenant un discours appelant au dialogue – posture que Le Miroir Rouge observe avec le scepticisme habituel envers les déclarations étatiques – Belagri a pris la décision cruciale de déployer sa propre flotte. Cette marine westalienne, que l'on sait conséquente et équipée de matériels modernes assure désormais une protection conjointe des eaux des deux républiques. L'alliance défensive est de facto activée.
Laissons les états-majors à leurs calculs obscurs et regardons la réalité matérielle et géographique. Stérus, avec son groupe aéronaval moderne et ses capacités de frappe à longue distance, pensait sans doute pouvoir intimider ou neutraliser rapidement la Lermandie. Le déploiement d'avions de chasse depuis son porte-avions et la menace de ses missiles balistiques tirés depuis ses croiseurs ou destroyers visaient à paralyser la réponse lermandienne.
L'entrée en jeu de la marine westalienne, technologiquement à la page et numériquement significative, rebat entièrement les cartes. La flotte combinée Lermandie-Westalia, opérant près de ses bases, disposant d'une meilleure connaissance des eaux locales et pouvant potentiellement coordonner ses défenses anti-aériennes et anti-sous-marines, représente désormais un défi majeur pour le groupe expéditionnaire stérusien. Tenter de détruire la flotte coalisée au port ou en mer exposerait les précieux navires stérusiens, y compris son porte-avions, à des pertes importantes. La supériorité navale locale a changé de camp. Le plan stérusien, basé sur un coup de force rapide contre un adversaire isolé et plus faible, est devenu caduc ou, du moins, extrêmement risqué.
La situation est explosive. Des flottes hostiles se jaugent à portée de canons et de missiles. Les chancelleries échangent des notes acerbes pendant que les populations retiennent leur souffle. Dans la logique absurde des États, une guerre pour le pétrole, pour l' "honneur" national ou pour satisfaire l'ego d'un dirigeant mégalomane n'est jamais à exclure. Un incident maritime, une provocation allant trop loin, et la machine de guerre s'emballe.
Si la raison – ou plutôt, le calcul cynique du rapport de force – ne prévaut pas, quelles formes pourrait prendre une confrontation directe ?
- La Bataille d'Aleucie : Convaincu de la supériorité de ses armements les plus modernes ou misant sur un effet de surprise, Stérus lance l'offensive. Ses missiles pourraient frapper les ports de Lermandie et Westalia, ses avions tenter de percer les défenses aériennes. S'ensuivrait une bataille navale et aéronavale acharnée. La coalition, avec plus de navires (même si de qualité inégale côté lermandien) et défendant ses approches, infligerait probablement des pertes sévères à la force de projection stérusienne. Le porte-avions deviendrait une cible prioritaire. Sterus pourrait couler des navires, mais au prix fort, et sans garantie de succès pour un éventuel débarquement, qui nécessiterait une supériorité maritime et aérienne qu'elle n'a plus localement. Bilan probable : des centaines, voire des milliers de morts des deux côtés, des navires high-tech transformés en épaves, une pollution marine désastreuse, aucun vainqueur clair, et les peuples encore plus exploités pour "reconstruire l'effort de guerre".
- L'Escalade Contrôlée (ou pas) : Plutôt qu'une bataille rangée, des accrochages "limités". Un navire "harponné", un avion abattu "par erreur", un blocus partiel... Chaque camp teste les limites de l'autre. Cela pourrait durer des semaines, des mois, empoisonnant les relations, ruinant l'économie locale, justifiant la surveillance et la répression internes au nom de la "sécurité nationale". Une guerre larvée, moins spectaculaire mais tout aussi néfaste pour les libertés et le bien-être des populations.
- Le Recul Stérusien : Face à un mur naval inattendu et à la détermination de la coalition (notamment de Westalia, dont le gouvernement Belagri semble, pour l'instant, tenir une ligne ferme tout en prônant le dialogue), l'oligarchie stérusienne pourrait décider que le jeu n'en vaut pas la chandelle. Un retrait de la flotte, présenté comme un "geste de paix", masquerait mal une défaite stratégique et une perte de crédibilité pour le régime Pandoro. Ce serait le scénario le moins sanglant, mais il laisserait intactes les tensions fondamentales et la méfiance mutuelle.
Cette crise met en lumière la faillite morale et pratique du système étatique. Qu'il s'agisse de l'agressivité décomplexée de Stérus, de la défense nationaliste de Lermandie ou de l'intervention "responsable" mais néanmoins militaire de Westalia, dont nous saluons la posture moins belliqueuse de l'administration Belagri, le résultat est le même : la menace de guerre plane sur les peuples. Quelle que soit l'issue dictée par les États et leurs généraux, ce sont les travailleurs, les pêcheurs, les habitants des côtes lermandiennes, westaliennes et stérusiennes qui paieront le prix de cette folie. Cette crise démontre une fois de plus que les États, qu'ils se prétendent républiques, fédérations ou empires, ne servent que les intérêts d'une minorité possédante et sont prêts à sacrifier la paix et les vies humaines pour le contrôle des ressources et les jeux de pouvoir géopolitiques.
Notre solidarité ne va pas aux drapeaux ni aux dirigeants, mais aux peuples pris en otage par ces logiques guerrières. La seule véritable "Pax Aleucia", comme toute paix durable, ne viendra pas des États mais de leur abolition et de l'entente libre entre les peuples, débarrassés du joug du capital et des frontières. Camarades d'Aleucie, ne soyez pas la chair à canon de leurs guerres !
