26/03/2016
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[Teyla - Hotsaline] Rencontre à Troïtsiv

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RENCONTRE TEYLA - HOTSALINE À TROÏTSIV


Troïtsiv, capitale de la République d'Hotsaline


Cela faisait longtemps que la capitale hotsalienne, et a fortiori kresetchnienne, n'avait pas reçu de délégation diplomatique étrangère. Ces dernières années, les préoccupations du gouvernement s'étaient tenues très éloignées des considération internationales, privilégiant le traitement des sujets relatifs à la politique intérieure du pays. L'invasion raskenoise de 1994, et le cessez-le-feu qui s'en était suivi, n'avaient pas été sans laisser l'Hotsaline dans un état déplorable. Entre une économie ravagée par les bombardements et la perte massive de main d'œuvre sur le champ de bataille d'un côté, et de l'autre l'exode massif qu'avaient entrainé l'occupation du nord du pays par les troupes raskenoises et le déferlement des terroristes de la Rache au sud-est, la classe politique avait eu fort à faire. Plus précisément, une partie seulement de la classe politique, s'agissant de la majorité présidentielle qui gouvernait le pays depuis vingt ans, sans aucune remise en cause possible de son autorité par l'opposition du fait de l'état d'urgence voté pendant la guerre.

Les évolutions récentes au-delà de la frontière ouest de l'Hotsaline contraignaient toutefois Leonid Kravchuk à lever, l'espace d'un instant, le nez de son bureau, pour s'intéresser à nouveau à ce qui se déroulait dans le monde extérieur. Rasken était en train de se remilitariser massivement, c'était un fait indéniable. Et une nouvelle attaque de l'Empire eût sans aucun doute été fatale à la mainmise politique totale dont la majorité kravchukienne jouissait sur l'Hotsaline. Davantage que toute autre chose, perdre le pouvoir était inacceptable pour Leonid Kravchuk. Les Teylais allaient rapidement devoir le comprendre. C'était d'ailleurs tout ce qui justifiait cette rencontre : pas davantage qu'il n'avait cherché au cours des vingt dernières, ne serait-ce que par voie diplomatique, à reprendre les territoires perdus en 1995, le président hotsalien n'avait aucune intention de faire pression sur Rasken. Tout au contraire, la situation ambigüe dans laquelle se trouvait l'Hotsaline vis-à-vis de son voisin occidental arrangeait très bien les affaires des sociaux-démocrates kravchukistes, qui n'avaient besoin que de cela pour justifier la prolongation de l'état d'urgence. Tout ce qu'il fallait, c'était fournir les efforts nécessaires pour maintenir cet équilibre, et c'est précisément ce à quoi Leonid Kravchuk était en train de sacrifier son précieux temps.

L'ouverture d'une base militaire de la sixième puissance économique mondiale sur le territoire kresetchnien avait sans aucun doute toutes les raisons de dissuader définitivement les Raskenois de s'en prendre à nouveau à l'Hotsaline dans les années à venir. De quoi assurer les arrières du gouvernement, sans même devoir investir un federat dans un réarmement qui rendrait sa position de non-intervention difficilement tenable dans le débat politique national. L'équation rhétorique était simple : si les Teylais et l'OND nous protègent, aucun besoin de nous réarmer. Et si nous ne nous réarmons pas, inutile ne serait-ce que d'espérer reprendre les territoires occupés ; ce serait peine perdue. Alors, la guerre ne pouvant définitivement prendre fin, impossible d'abroger l'état d'urgence. Et donc... Kravchuk pour mille ans ! Seul bémol à ces projections : le démocratisme gnan-gnan des Teylais qui, dès leur première missive adressée à Troïtsiv, avaient commencé à évoquer le rétablissement des « élections libres » en Hotsaline.

Des élections libres ! Mais pour quoi faire ?
Pour livrer la Rada aux fascistes de la Ligue Nationale ?
Aux illuminés, fascistes eux aussi, de Renaissance ?
Aux pleureuses bellicistes de la Voix des Exilés ?
Aux traîtres de l'ASD ? Ces chiens !
À moins que ce ne soit à cette hystérique en pré-ménopause d'Elena Vasylenko, et sa bande de réactionnaires capitalistes ?

Tous avaient leurs propres raisons de vouloir hisser la tête de Leonid Kravchuk au bout d'une pique. Certains en faisaient même, d'ores-et-déjà, leur programme politique. Dans ces conditions, il était hors de question pour le président d'accepter une remise en cause de son pouvoir, qui constituerait ni plus ni moins qu'un suicide pour lui. Les Teylais allaient devoir l'accepter, car rien ne valait que celui qui avait tant donné de sa personne pour l'Hotsaline abandonne aujourd'hui son pays à son sort. Les Hotsaliens avaient encore besoin de Leonid Kravchuk, même s'ils avaient souvent du mal à le comprendre.


Leonid Kravchuk, Président de la République d'Hotsaline
Leonid Kravchuk
Président de la République d'Hotsaline

« Soyez le bienvenu à Troïtsiv, Excellence. C'est pour moi un honneur de vous recevoir en ces lieux, surtout s'agissant du premier sommet diplomatique que cette ville accueille depuis de longues années. Je suis d'autant plus honoré que cette longue période de repli de notre pays sur lui-même s'achève par un rapprochement avec une nation aussi éminente que la vôtre. Le Royaume de Teyla a connu une ascension économique fulgurante ces dernières années, et a gagné une stature diplomatique de premier plan à l'échelle mondiale, dont je ne peux que féliciter votre administration, ainsi que sa prédécesseure, à laquelle vous avez, si mes souvenirs sont exacts, également participé. Votre contribution personnelle à cet effort remarquable n'est sûrement pas à négliger, surtout s'agissant du développement de l'influence teylaise sur la scène internationale et de l'édification de cette prestigieuse organisation qu'est l'OND.

J'ose espérer que votre vol n'a pas été trop fatigant. Je sais combien le détour nécessaire au contournement de l'espace aérien de l'Administration Militaire de Gradenbourg peut être pénible ! »
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Ces derniers mois, le gouvernement du Royaume de Teyla semble avoir délaissé la politique en Eurysie pour se concentrer davantage sur l'Aleucie, où le Royaume de Teyla a eu des colonies par le passé, notamment la République de Lermandie, ancienne colonie teylaise. Le président de la République de Lermandie, Michel Duval, est venu en visite officielle au Royaume de Teyla, ce qui avait donné lieu à un communiqué commun où les deux gouvernements se disent en accord sur de nombreux sujets. C'est la deuxième nation aleucienne qui a reçu une invitation du Royaume de Teyla, auparavant, c'était la Première Nation mondiale que recevait le Royaume de Teyla.

Cependant, il ne faut pas croire que le gouvernement s'est désintéressé de l'évolution de la situation en Eurysie. Ignorer cette région serait une erreur fatale, car l'Eurysie joue un rôle crucial dans la sécurité du Royaume de Teyla, étant donné que ce dernier est présent territorialement et géographiquement uniquement en Eurysie de l'Ouest. Le Royaume de Teyla ne pouvait pas ignorer la Loduarie Communiste, une menace constante pour le Royaume. l ne pouvait pas passer à côté de la Grande République de Velsna dont les troubles politiques internes font craindre le pire aux pessimistes. Deux nations avec lesquelles le Royaume de Teyla a une frontière commune. Jusqu'ici, les gouvernements successifs du Royaume de Teyla estimaient que le Royaume de Teyla n'avait pas les moyens économiques, diplomatiques et militaires pour tenter d'enrayer le cercle de la violence, de la guerre perpétuellement présent en Eurysie. Le mandat d'Antoine Carbasier avec la conférence de Manticore qui entérine la création de l'Organisation des Nations Démocratiques et permet au Royaume de Teyla de vivre un boom économique fournissent au gouvernement des moyens plus conséquents, mais encore jugés insuffisants.

C'est sous l'actuel gouvernement, dirigé par Angel Rojas avec une lourde majorité à l'Assemblée nationale et à la chambre des Nobles, que le pays obtient les moyens de ses ambitions pour le continent, selon le gouvernement et la majorité. Le Mouvement Royaliste et d'Union, parti au pouvoir, a théorisé sous le mandat d'Antoine Carbasier les "Royalties de la paix". Le Royaume de Teyla voulait la paix en Eurysie afin que le Royaume évolue sur un continent prospère et dans un cadre sécuritaire beaucoup plus rassurant pour le Royaume et ses partenaires d'Eurysie qui sont nombreux avec l'Organisation des Nations Démocratiques. Le parti théorise le fait que si le Royaume de Teyla s'engage à assurer la défense de plusieurs nations, situées à des endroits stratégiques en Eurysie, alors la paix sera de plus en plus présente en Eurysie. Cette défense peut être économique, diplomatique et/ou militaire et prendre les formes qui seront nécessaires en respectant la souveraineté de la nation, selon les textes du parti politique adoptés en congrès.


C'est l'ex juge anti-corruption et actuel Premier ministre, Angel Rojas qui représente le Royaume de Teyla pour cette rencontre diplomatique d'importance pour les deux nations, pour des raisons éminemment différentes.

« Monsieur le Président, Votre Excellence, l'honneur est pour moi et la nation que je représente. Il est véridique que mon administration a eu des réussites majeures, notamment sur le plan économique, ce qui permet au Royaume de Teyla d'être le sixième PIB au niveau mondial et deuxième si l'on tient compte uniquement du continent Eurysien. C'est une fierté, car ce ne sont pas juste des statistiques, nous avons grandement amélioré le niveau de vie des Teylais, comme la précédente administration par ailleurs. Il est vrai que la conférence de Manticore, qui a entériné la création de l'Organisation des Nations Démocratiques, est une source de fierté pour mon parti politique, même si cette conférence a été organisée sous le précédent gouvernement de droite. Mais ma famille politique, celle de la sociale-démocratie et du social-libéralisme, ne s'est pas opposée à cette organisation, au contraire, nous l'avons embrassée une fois de retour aux affaires du pays.

Je tiens à vous rendre hommage, M. le Président. Vous et votre gouvernement avez su faire preuve d'un courage et d'une détermination sans faille. Vous avez mené une nation, un peuple vers la lumière face à l'invasion sombre de l'Empire Raskenois, vous avez tenu coûte que coûte. Votre travail au pouvoir fut une source d'inspiration quand nous avons eu des accrochages avec la Loduarie Communiste, même s'il n'y a aucune comparaison humainement valable comparé à ce que votre nation et votre peuple ont vécu et vivent aujourd'hui.

Pour le voyage, ils se ressemblent à force !

Frise Chronologique
Frise Chronologique répertoriant les Premiers ministres du Royaume de Teyla.
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Leonid Kravchuk afficha un bref froncement de sourcils lorsque son interlocuteur prit la parole. Attendez, ce n'était donc pas lui Jean-Louis Gaudion, le Ministre des Affaires Étrangères du Royaume de Teyla ? L'homme parlait des « son » administration, comme s'il était le chef du gouvernement de son pays. S'agissait-il donc du Premier Ministre ? Leonid Kravchuk ne connaissait même pas son nom. Visiblement, ses services l'avaient mal informé... Tant pis. Tant qu'il se cantonnait à l'appeler « Excellence », a priori, l'autre n'avait pas de raison de se rendre compte que l'Hotsalien ne savait même pas à qui il était en train de parler.
Leonid Kravchuk, Président de la République d'Hotsaline
Leonid Kravchuk
Président de la République d'Hotsaline

« Eh bien... Savoir que j'ai pu être une source d'inspiration pour les vôtres me va droit au cœur... ahem... Excellence. C'est une nouvelle qui me touche particulièrement, soyez en certain.

Je pense que vous devez être impatient d'aborder le sujet qui vous amène sur le sol de notre pays. Après tout, je sais combien votre temps est précieux (si vous êtes bien celui que je pense que vous êtes, pensa-t-il), donc passons à l'essentiel. Comme vous en avez certainement eu vent, notre gouvernement envisage effectivement d'autoriser l'installation d'une base militaire étrangère sur son territoire, en vue de dissuader une nouvelle attaque raskenoise éventuelle. Bien évidemment, vous comprendrez qu'une décision d'une importance aussi capitale n'incombe pas à la seule Hotsaline. Une fois que nous aurons discuté des modalités d'ouverture de pareilles installations, nous nous devrons d'en référer auprès des institutions confédérales, afin d'obtenir l'avis de nos partenaires confédérés, ainsi que de notre gouvernement commun. Ainsi, ne vous attendez pas à obtenir une réponse définitive dès la fin de cette entrevue.

Dans la mesure où le devoir nous incombera de faire le compte-rendu de cette discussion auprès de nos partenaires, il nous faudra leur présenter des éléments concrets afin qu'une décision commune puisse être prise. Pourriez-vous donc, dans un premier temps, m'exposer les ambitions que nourrit le Royaume de Teyla pour notre région du continent, et par extension les moyens qu'elle compte déployer en vue de les réaliser ? À combien estimeriez-vous les effectifs teylais affectés de manière permanente en Kresetchnie si nous vous autorisions à y ouvrir des installations militaires, et quel type de matériel envisageriez-vous d'y déployer ? J'entends par là tenter de jauger le potentiel défensif et dissuasif d'un tel dispositif. »
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Le Premier ministre Angel Roja se racle très rapidement et tout aussi discrètement la gorge avant sa prise de parole, car celle-ci allait être longue.

« Comme l'a mentionné le ministre des Affaires Étrangères dans la missive diplomatique, nous sommes disposés à prendre des engagements militaires importants qui prendront plusieurs formes, à condition que les propositions que formulera le Royaume vous conviennent, ainsi qu'à la confédération. Concernant la confédération, si vous acceptez nos propositions à l'avenir, nous sommes disposés à transmettre les éléments que demandera l'Assemblée de la confédération.

En ce qui concerne le personnel militaire pouvant être déployé, nous sommes en mesure de nous adapter aux demandes de l'état-major et aux vôtres, à condition que ces demandes conviennent aux deux parties. Cependant, pour assurer votre sécurité, nous souhaitons proposer la création de deux bases militaires : l'une terrestre et l'autre aérienne. Nous pouvons utiliser les bases existantes chez vous pour réduire les coûts. L'augmentation de la richesse du pays permet au Royaume de Teyla d'augmenter ses capacités militaires, mais un déploiement à l'étranger est l'une des choses les plus coûteuses dans le domaine militaire.

Nous sommes prêts à déployer une dizaine d'aéronefs, dont une partie pourra être de dernière génération (soit level 6 pour Teyla). En outre, nous sommes prêts à déployer deux batteries anti-aériennes. La combinaison des batteries anti-aériennes, dotées de capacités radars, et des avions de chasse, permettra de mettre en place un dispositif efficace de lutte contre l'envoi de missiles sur votre sol et d'assurer une défense efficace. Sur les capacités terrestres, nous pensons que le déploiement de deux bataillons d'infanterie motorisés suffira pour la protection de l'Hotsaline. Selon l'état-major du Royaume de Teyla, cela représente un déploiement terrestre d'environ trois mille hommes.

À terme, si nous parvenons à établir une relation de confiance, ce que je souhaite vivement, nous pouvons envisager de proposer le déploiement d'une partie de notre stock stratégique de missiles balistiques sur votre territoire. Cette initiative renforcera la capacité de dissuasion face à l'Empire Raskenois. Si votre gouvernement prévoit de négocier avec l'Empire, cette disposition supplémentaire sera un argument de poids pour vous lors de potentielles négociations. C'est un programme en cours de développement et le ministère de la Défense et des armées du Royaume vient de faire les premières commandes pour lancer les premières productions.

Au regard de tous les éléments qu'est prêt à engager le Royaume de Teyla, qui sont tous sensibles, nous demandons un droit de regard sur l'installation de base militaire étrangère. Nous devons être en mesure d'observer les activités militaires de la région pour assurer votre sécurité, mais aussi la nôtre si nous déployons des troupes et une base militaire. Si une autre base militaire, d'un pays hostile au Royaume de Teyla prend place sur votre territoire, cela mettra plus de pression sur l'observation que nous devons faire de l'activité militaire régionale. Nos propositions montrent que nous sommes prêts à déployer des moyens militaires et financiers considérable afin d'assurer votre protection, il ne faut pas qu'une activité militaire compromette nos efforts au sein même de votre nation. Si un tel droit de regard est accordé, nous ne refuserons pas beaucoup d'implantation de nation étrangère. La Loduarie est bien évidement une crainte, elle s'implique dans toutes les crises du continent afin d'engendrer encore plus de confusion et perte civiles tout en étant hostile au Royaume.

Cette demande est une question de prudence afin de protéger les intérêts de tous les pays impliqués.

Permettez-moi de finir par répondre à votre question, Excellence, sur les ambitions de mon gouvernement pour la stabilité régionale et continentale. Deux mots : la stabilité et la paix. Cela fait trop longtemps que le cercle infernal des conflits tourne en Eurysie, ce qui nuit au développement des nations du continent. Nous avons trois nations eurysiennes dans le top sept des économies mondiales. La République pharoise, son économie est une économie de pillage, Fortuna et nous-mêmes avons les moyens de défendre un cadre sécuritaire permettant de nous développer.

Tout en respectant les droits fondamentaux, la souveraineté des nations que nous respecterons toujours, nous devons bâtir des relations avec les régimes qui le souhaitent dans le but de construire des cadres sécuritaires permettant à ces nations d'avoir le cadre sécuritaire permettant l'arrêt des massacres sur les civils, l'arrêt des conflits si possible, dans le pire des cas obtenir un cessez-le-feu, mais aussi un développement économique.

Dernier point, avec l'Organisation des Nations Démocratiques, nous avons l'habitude de travailler avec des états-majors, des armées et des équipements étrangers.


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Leonid Kravchuk, Président de la République d'Hotsaline
Leonid Kravchuk
Président de la République d'Hotsaline

« Notre initiative a pour pour seul objectif de décourager une éventuelle nouvelle agression de la part de l'Empire Raskenois. Par conséquent, nous ne prévoyons guère, pour le moment, d'autoriser l'installation de plus d'une base militaire sur notre territoire. Dans l'hypothèse où un accord venait à être conclu en ce sens entre le Royaume de Teyla et notre pays, il va de soi que, si d'aventure la question venait se poser d'ouvrir le sol hotsalien à un nouveau partenaire pour y déployer des troupes, votre gouvernement en serait parmi les premiers informés.

Si nous n'envisageons pour l'heure d'accueillir que les installations militaires d'un seul partenaire sur le territoire kresetchnien, il n'en demeure pas moins que nous avons reçu de multiples propositions. Et bien que votre offre figure pour l'heure parmi les plus intéressantes pour notre confédération, au vu de la stabilité du Royaume de Teyla, de son poids diplomatique majeur en Eurysie, notamment via son rôle moteur au sein de l'Organisation des Nations Démocratiques, ou encore de son engagement pour la paix et la stabilité sur le continent, d'autres puissances d'importance sur la scène mondiale nous ont également fait parvenir des propositions suggérant un partenariat plus profond avec la République d'Hotsaline, notamment sur le plan économique. Au travers, entre autres, d'une participation au développement et à la modernisation des infrastructures de notre pays. Je vous avouerai qu'une telle éventualité ne laisse pas de marbre notre administration, dans la mesure où nous avons la charge de gouverner un pays qui a été profondément meurtri par la guerre, et qui souffre encore aujourd'hui des compétences à moyen-long terme de l'occupation de son territoire. Par ailleurs, notre Confédération demeurant pour l'heure encore relativement isolée diplomatiquement, nous ne rechignerions pas à établir des partenariats liant en profondeur notre nation à ses alliés, afin de s'assurer de la solidité de nos relations. Et, pour ce faire, rien de tel que la promotion d'une imbrication économique forte. Votre gouvernement aurait-il l'intention d'adopter un positionnement particulier sur la question, ou vos intentions en Kresetchnie se limitent-elles à la simple exploitation d'installations militaires ? »

Sur le papier, le gouvernement hotsalien préférait faire affaire avec un pays eurysien tel que le Royaume de Teyla, plutôt qu'avec le Grand Kah. Car, si la proposition de la superpuissance paltoterrane était très alléchante, l'Hostaline n'en demeurait pas moins un pays profondément replié sur lui-même depuis de nombreuses année, et où l'afflux soudain d'un grand nombre d'étrangers présentant un phénotype si éloigné était succeptible de causer beaucoup de remous, alors même que le pays était déjà en proie à de vives tensions interethniques entre la majorité slave et les minorités, notamment germaniques. Toutefois, il était indéniable que l'offre kahtanaise était, pour l'heure, objectivement la plus intéressante, de par l'importance de son volet économique. Si Leonid Kravchuk souhaitait présenter l'option teylaise sous un jour favorable au Conseil des États de la Confédération, il allait falloir que son interlocuteur lui donne des arguments convaincants à faire valoir, afin que la proposition teylaise ait de quoi rivaliser avec celle du Kah. Et si l'Hotsaline pouvait au passage y gagner sur le plan économique, tant mieux. Business is business.
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Angel
Premier ministre, Angel Rojas



« Il va de soi que nous nous conformerons à la décision future de la confédération et de l'Hotsaline quoiqu'il arrive.

D'un point de vue économique, nous avons plusieurs propositions à formuler. Tout d'abord, concernant les secteurs de la défense et de l'économie, nous souhaitons aborder la question d'installation d'usines et de chaînes de production de matériel militaire. Nos entreprises de défense sont prêtes à envisager l'ouverture d'usines pour la production de matériel militaire directement sur votre territoire. Nous disposons de nouveaux modèles de véhicules blindés, avec plus de quatre cents commandes prévues. Compte tenu de l'ampleur de ces commandes et du fait qu'il s'agit de nouveaux modèles, il est nécessaire pour notre entreprise de mettre en place de nouvelles chaînes de production. L'entreprise n'a pour l'instant pris aucune décision et étudie les options qui se présentent à elle. Une partie de la production aura lieu au Royaume de Teyla. Mais l'entreprise est prête à ouvrir une chaîne de production à l'étranger si celle-ci obtient une intention de commande de la part d'un gouvernement étranger. Elle regarde les incitations fiscales ainsi que les taxes qui sont pratiquées dans les différents pays envisagés. Si l'entreprise décide de s'installer chez vous, nous pouvons vous dévoiler que plusieurs sites seront envisagés, cette entreprise dévoilera très bientôt un nouveau modèle et de nouvelles gammes sur les équipements d'infanterie. Là encore, nous avons prévu des commandes atteignant des montants jamais atteints dans l'histoire du Royaume de Teyla, obligeant à l'ouverture de nouvelles chaînes de production.

Sur d'autres aspects économiques, le gouvernement de Sa Majesté que je représente en tant que Premier ministre est prêt à envisager un plan d'aide économique afin de permettre une amélioration de la qualité de vie, des infrastructures au sein de votre pays. Le montant et les secteurs devront être discutés entre nos deux gouvernements respectifs, bien évidemment. C'est un plan qui nécessitera une coopération entre nos deux administrations dans le but de viser les secteurs qui requièrent une telle aide. Mais je suis certain que cela sera bénéfique pour nos deux nations, tant pour l'emploi et la croissance économique, d'autant que nous prévoyons de coopérer avec les entreprises locales. Nous avons entamé de nombreux chantiers de construction dans le pays, notamment dans notre capitale Manticore. Nous avons une expérience et une main-d'œuvre dans le secteur du bâtiment inégalées et en nombre. En plus d'une aide économique, nous pouvons vous fournir des aides techniques à travers nos entreprises, mais aussi de formation. Nous aurons aucun mal pour vous aider à remettre à niveau les infrastructures de votre pays touchées par des années de guerre, perpétué par un pays impérialiste face à un pays démocratique comme le vôtre. Cette façon de faire peut être faite sur d'autres secteurs de la construction bien entendu. »
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Leonid Kravchuk, Président de la République d'Hotsaline
Leonid Kravchuk
Président de la République d'Hotsaline

« Je vous remercie de ces précisions. De telles propositions seront certainement de nature à susciter l'intérêt du Conseil des États de la Confédération. Je ne manquerai pas de les leur exposer, soyez en sûr.

Je pense disposer de tous les éléments nécessaire pour soumettre votre offre à nos partenaires confédéraux, avec qui nous prendrons une décision finale concernant l'ouverture de vos installations militaires sur notre territoire. Nous reviendrons vers vous aussitôt qu'un choix définitif aura été fait par notre gouvernement confédéral. En attendant, je pense que nous avons fait le tour des sujets que nous avions à traiter. S'il n'y a pas de point supplémentaire que vous souhaiteriez aborder, je pense que le moment est venu de vous remercier pour le temps que vous avez accordé à cet entretien... Excellence. »
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Angel
Premier ministre, Angel Rojas



Le Premier ministre était satisfait de la rencontre entre le Président et lui-même, qui s'était déroulée au nom du Royaume de Teyla et de son gouvernement. Il était satisfait car celui-ci avait pu présenter sans problème son programme politique pour l'Eurysie dans son ensemble, ainsi que ses ambitions militaires pour l'Hotsaline. Ainsi, il rappelait au Président Kravchuk la réalité diplomatique du Royaume de Teyla : celle d'un gouvernement qui défend les démocraties et les peuples face à l'impérialisme, quelles que soient leurs idéologies. En outre, le Premier ministre avait montré lors de cette rencontre diplomatique que le Royaume de Teyla avait les moyens de ses ambitions, grâce aux moyens militaires et économiques pouvant être déployés. La rencontre diplomatique, même si elle n'aboutissait à aucun accord, était une réussite : elle ancre le Royaume de Teyla comme une grande puissance de l'Eurysie de l'Ouest, voire de l'Eurysie entière, du point de vue d'Angel Rojas. Malgré tout, cette réunion pouvait faire basculer son règne en tant que Premier ministre. Celui-ci n'a pas parlé de la démocratie, alors qu'il aurait dû en parler selon le briefing avec une partie du gouvernement. Mais Angel Rojas a bien compris qu'il fallait mettre de côté un temps sa demande de démocratie pour satisfaire ses envies de grandeur, quitte à mettre plus tard une pression sur le gouvernement actuel de l'Hotsaline.

Mais pour l'heure, le Premier ministre pensait, dans l'avion de retour, aux inquiétudes et soulèvements immédiats qui allaient venir dans le gouvernement et dans la majorité. Il n'était pas question de perdre sur la question de l'Hotsaline un vote important et encore moins de voir son mandat tomber dans l'anarchie la plus totale face à une révolte de ministres moins acquis à sa cause. Il avait repris le dossier au ministère des Affaires Étrangères, il entendait bien conduire le dossier jusqu'à son terme et que la fin puisse être une réussite mise sur le compte de l'ex-juge anti-corruption. C'est cette volonté qui donna la force au Premier ministre de prendre son téléphone.

« Allô ? Oui, c'est bien moi, haha. Bon, je vous le dis tout de suite, la suite va être compliquée et sportive pour nous si nous voulons réussir sur le dossier de l'Hotsaline. Le président semble être la caricature de l'autoritaire soft. Aimable, gentil, il fait semblant de s'occuper de son peuple tout en évitant de convoquer des élections libres. Il est évident qu'il n'abandonnera jamais le pouvoir sans qu'on le force. La situation l'arrange bien, c'est évident. Le connard !

Bref, on n'a pas le choix de passer par lui et d'obtenir un accord pour la mise en place d'un déploiement teylais terrestre et aérien. Il ne faut pas oublier que c'est une zone dans laquelle nous n'avons aucune influence économique ni diplomatique. Obtenir un accord pour l'installation d'une base militaire augmentera grandement notre influence sur l'Hotsaline et la confédération, mais aussi sur la région. C'est indispensable d'obtenir un accord. C'est aussi seulement à mille kilomètres de l'oblast loduarien, cela mettra une certaine pression avec la présence de l'aviation teylaise. Donc, c'est simple, tu me réunis les cadres de la majorité à l'Assemblée nationale et les ministres ce soir dans la grande salle de la Résidence Faure. Dis à Gaudion que son ministère reprend la main entièrement sur le dossier loduarien et qu'il a carte blanche, mais qu'il doit me tenir informé de toutes les décisions importantes. Cela calmera Jean-Louis de lui donner ça. Téléphone au secrétariat avec Sa Majesté et prends-moi un rendez-vous avec la reine dans les quarante-huit heures, idéalement dans les douze heures, je dois l'informer aussi de la situation, elle est la cheffe des armées après tout ! »


Il est aux alentours de vingt-deux heures quand le Premier ministre arrive à la Résidence Faure. La nuit est déjà tombée, donnant une atmosphère bien plus dramatique que nécessaire à la scène qui va se dérouler dans les travées. L'homme est annoncé dans la pièce où l'attendent les députés et les ministres principaux du parti politique Mouvement Royaliste et d'Union. Les députés se lèvent comme un seul homme, faisant corps et pouvant ressembler à une union et un mouvement d'affrontement envers le Premier ministre. Ce n'est qu'un signe de respect commun, et d'un signe de la main court et à peine visible, le Premier ministre donne la possibilité qui se transmet en ordre indirectement pour que les députés se rassoient. Le bruit de la cohue d'une salle qui se classe se fait ressentir dans la grande salle de la Résidence Faure. Le Premier ministre reste de longues secondes comme figé, il observe les membres de la salle, jugeant à travers les multiples visages qui sont ceux qui vont l'affronter ce soir.

Il retrouve dans l'assistance des amis et des soutiens fidèles, notamment parmi les membres du gouvernement. Il retrouve aussi beaucoup de membres ayant une aversion pour le Premier ministre actuel, dont la politique est jugée comme trop centriste. Il était une vingtaine à émettre le même jugement sur la politique d'Angel Rojas, une vingtaine qui restera toujours les mêmes députés, sauf sur le Prodnov ou ce chiffre monta entre une cinquantaine et soixante-dix députés ce qui empêcha toute manœuvre politique en faveur d'un des camps de la part du gouvernement.Ces députés révoltés en interne restaient dans le parti, il était question d'une affaire interne et privée. Le parti ne pouvait pas être entaché, c'était la consigne implicite que tous s'efforçaient d'appliquer avec comme souvenir le mandat d'Antoine Carbasier, membre des "Les Royalistes". Cet homme, élu en 2011, a vu son mandat et le parti a vu ses électeurs partir à la suite d'une guerre interne entre Antoine Carbasier, récent conquérant du parti, et Gary Hubert, qui tenait le parti d'une main de fer depuis plus de vingt ans. Ce duel, aucunement caché aux yeux du public, a fait s'écrouler le parti dans les sondages, laissant la porte ouverte au Mouvement Royaliste et d'Union. L'homme qui a gagné la primaire de gauche était assuré de gagner les élections générales, et cet homme est Angel Rojas, désormais Premier ministre. C'est cette victoire écrasante qui lui a permis de choisir les ministres qu'il voulait, sans faire énormément de concessions aux autres lignes politiques dans le parti, et en éloignant les poids lourds hostiles à sa politique ou à sa personne, parfois les deux, comme Jean-Luc Bourgard, à présent représentant du Royaume de Teyla au Conseil général de l'Organisation des Nations Démocratiques. Alors qu'il était debout et que les députés étaient assis, il survola une dernière fois l'assemblée, tout en se demandant : les démons des Royalistes peuvent-ils se transmettre aux miens pour une histoire de conviction ?

Lorsqu'il commença son monologue racontant l'entrevue avec le Président autoritaire de l'Hotsaline et qu'ensuite, il raconta l'obligation pour le Royaume de Teyla de mettre de côté, pour l'instant, les questions démocratiques pour des raisons stratégiques "évidentes", dit-il, il rencontra une opposition habituelle des députés hostiles à sa politique, ceux qui font partie du "groupe des vingt". Les députés farouchement hostiles au Premier ministre n'étaient pas tous présents, seuls cinq représentants étaient présents, alors que plus de cent hommes et femmes politiques avaient pu être réunis. Au fil du monologue, quelques voix supplémentaires s'élevèrent dans l'immense pièce de la Résidence Faure. Cette politique était vue comme une entorse à la politique diplomatique du Royaume de Teyla qui se focalisait jusqu'ici à considérer l'état démocratique du régime et d'agir en conséquence. Des regards se tournèrent vers les voix de temps à autre, alors que le Premier ministre continua avec fermeté et en élevant la voix son discours, sa vision politique et sa vision stratégique. Une obsession était visible dans les mots du Premier ministre qui se résume en "Loduarie". Cet argument suffit pour taire quelques voix au sein de la majorité, réduisant le vent d'opposition à un potentiel accord et traité avec l'Hotsaline et la Confédération.

Le Royaume de Teyla n'avait aucune influence politique, diplomatique, économique et militaire en Eurysie. Or, il était nécessaire d'obtenir une certaine influence afin de réussir la politique de la "Pax Teylica" et de la politique des "Royalties de la paix", dans le but de promouvoir son modèle et d'obtenir la paix tant souhaitée sur le continent eurysien, pour pouvoir développer un continent entier. Si cette politique était une réussite, alors le Royaume de Teyla gagnerait une influence considérable en Eurysie et peut-être une renommée. Cependant, c'était une politique de temps long et conjuguée à certaines zones géographiques où l'on pensait la stabilité possible. Le Royaume de Teyla commençait son offensive diplomatique, qu'il n'aurait jamais osé entreprendre auparavant, tant il était fébrile et incertain de sa puissance. Cette politique pouvait gêner la Loduarie communiste dans sa recherche perpétuelle de guerre. Avoir des capacités aériennes à mille kilomètres d'un territoire récemment annexé par la Loduarie, dont l'indépendance n'est que de communication, était évidemment un moyen de pression dont le Royaume de Teyla comptait user.

La réunion s'acheva trois heures plus tard après son commencement. Pour le Premier ministre, cette réunion était meilleure que prévue. L'opposition, bien que nombreuse, comprenait la volonté du Premier ministre sur le plan stratégique et valida dans les grandes lignes la politique, car celle-ci était inscrite, du moins pour les Royalties de la paix, dans le programme officiel du parti politique auquel ils appartenaient. Un compromis satisfaisant toutes les parties fut trouvé. Le Premier ministre avait toute latitude d'engager sa politique diplomatique et de traité avec l'Hotsaline. Cependant, après cela, le Royaume de Teyla devra augmenter la pression sur le Président afin que celui-ci déclare des élections.
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