31/03/2016
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Crise Valinoréenne

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Le terrorisme à Valinor.


Durant le mois de juillet 2013, profitant du fait que l’Empereur était en déplacement à Lyonnars pour la fondation de l’Internationale Socialiste, des terroristes ont frappé la ville de Pregor. Pregor est la deuxième ville du Pays par sa taille et son importance.

Le 15 juillet 2013 au matin, des terroristes armés de fusils mitrailleurs de qualité militaire ont fait feu sur la foule à la Place du Marché, tuant soixante-sept personnes et en blessant quarante autres. Les assaillants, au nombre de cinq, se sont suicidés à l’arrivé des forces spéciales du Valinorem Sekuritas Basal ( VSB ).

Les premier éléments de l’enquête, à savoir les témoins oculaires directs, ont signifié que les terroristes parlaient exclusivement Illiréen dans leur slogan. "Slav ao Ilire" soit "Gloire à l’Illirée", voilà leur derniers mots. Ces éléments semblent touts pointer vers les absolutistes impériaux, nostalgiques de l’Empire Illiréen, et violemment hostile du rapprochent de Valinor avec les mouvances de gauche.

Le pays a été déclaré sous vigilance maximale pour le prochain mois.
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Nous sommes le 30e et dernier jour du mois de Juin, appellé Gemond par les locaux. L'an lui, est 2015 ap. E.C. Les gens allaient et vennaient autour d'une amicale du PCV – le Parti Communiste Valinoréen. Nombreux étaient ceux qui discutaient politique, l'Empereur allait vers la fin de son règne, c'était criant. Après tout, même s'il avait cédé en conviant le PCV à sa coalition gourvernementale dans un suprême effort destiné à conserver une majorité fuyante, cela ne suffirait pas. La droite serait majoritaire au prochain scrutin. Le centre, lui, c'était effondré en quelque années seulement, tandis que le Parti Man-Krathiste (PM-K) et le Parti Edenimne (PE) peinaient à rester à flots. La droite avait explosée sous l'impulsion de deux partis majeurs, tandis qu'une extrème gauche autrefois lobotomisée par le PM-K voiyait sa popularité bondir dans la population.

Si certains reprochaient encore à l'Empereur d'avoir convié le PCV à sa coalition, celle-ci avait tenu, de justesse. Mais maintentant, si les projections électorales se révélaient vraies, l'executif allait devoir choisir entre les lambaux de l'aile droite de la coalition, ou un Parti Eurycommuniste (PEV) qui faisait passer le PCV pour des sociaux-démocrates et le PM-K pour des ultra-libéraux.

Il y avait donc largement de quoi discuter autour de cette amicale communiste valinoréenne. Et, par conséquent, les gens y étaient légions. Une cible parfaite – ou comment faire d'une pierre deux coups. Une bombe explosa.
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Les derniers préparatifs suivaient leur cours. Les derniers soutiens étaient reçus, validés, organisés. Couper la tête de l'Hydre, et saler la plaie béante : empecher toute possibilité de repousse. Tel était le travail d'un homme. Un homme sans nom, il ne fallait pas se découvrir, pas avant la fin. Il était au cœur du glaive, celui qui abattrait la Bête. Et, il était également celui qui entretenait un semblant de centralisation dans cette nébuleuse.

Il venait de recevoir confirmation de ses amis de l'étranger. En cas de succès de la première phase, ils les soutiendraient. En cas d'échec... Ils se rangeraient avec l'Hydre. Les abattraient, et nieraient tout contact. Mais le plan n'admettait pas d'échec. La Tête serait abattue, toute ses composantes seraient éliminées. Toute.

Enfin presque. L'homme pensait qu'il pouvait mettre le plan à execution sans la moindre hésitation. Mais voilà, il lui venait maintenant des scrupules. Il allait se débrouiller, contre les instructions, pour respecter ces scrupules.
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La fin d'un monde



Nous sommes le 2 Février 2015, au soir des élections législatives de Valinor. La campagne de la coalition gouvernementale s'est encore une fois illustrée pour sa nature lisse, sans saveur. Trop appeuré de retourner un peu plus l'opinion contre lui, l'Empereur a sacrifié se qui restait de sa crédibilité dans une inaction bien trop caractéristique d'une gauche de gouvernement en perdition. Le temps n'était certainement pas à arracher de nouveaux soutiens dans les millions de votants hostiles ou indécis. Non, le principal était de limiter la casse, de garder les électeurs fidels dans le giron rouge, violet, et bleu d'une fragile coalition qui voyait coabiter des communistes à sa gauche et des centriste libéraux à sa droite. Et au milieu : un Parti Man-Krathiste allié au Parti Edenimne, des vestiges d'un autre siècle, d'un autre millénaire. Mais les gens devaient continuer de croire au renouvellement des idées, des personnalités.

Pour ça, quoi de mieux que la vision du souverain de Valinor arpentant les villes et les campagnes de sa fière nation ? Partout où Valandil passait, la peur et la résignation des derniers bastions de son électorats se dissipaient ; laissaient place à un courage et un espoir vaporeux. Ses prises de paroles étaient, malgrès sa déchéance casi-certaine, toujours aussi hardies, toujours aussi inspirantes. Et voilà qu'on l'acclamait, cet Empereur en fin de parcour. Mais si sa présence et son verbe avaient un effet réconfortant, il se dissipait sitôt que le souverain de blanc vêtu quittait les lieux – les laissants aux fantômes de la peur et du changement. Valandil ne se rendait d'ailleurs que dans les lieux où le Gouvernement, a fortiori le Parti, avait une chance d'arracher quelques députés aux extrêmes. Il n'allait pas dans les provinces, majoritaires pourtant, où une droite triomphante servait des discours de changement et de pouvoir à une foule bien plus enthousiate.

Et même en ses fiefs, l'Empereur trouvait public pour le huer, pour le mettre face à son inaction, à son rapprochement avec les dictatures communistes. Il y trouvait parfois des esprits assez échauffés pour l'invectiver copieusement. Et pis encore, il y avait les foules silencieuses. Quelque force qu'il mette dans ses mots, dans ses gestes, elles restaient là, mornes et perdues pour certaines ; sombres et désaprobatrices pour d'autre. Et Valandil les comprenait. L'Union Economique Eurysienne était un désastre de son début à sa lente et douloureuse fin. Ce petit rapprochement qu'il avait voulu impulser avec la Loduarie s'était transformé en un trou sans fond où Valinor ne cessait de chuter au grand désarrois de la communauté internationale. L'UICS, elle, n'était que le prolongement de cette attraction malsaine qu'exerçait la Loduarie sur la Terre d'Illirée. "Il faut mettre un terme à tout cela", pensa l'Empereur. "Il faut tenir la Loduarie à distance respecteuse. Il faut quitter l'UEE avant le naufrage de cet esquif moribond."

Ces pensées ne quittaient plus Valandil. Il les entendait chaque jours, chaque nuits. Mais elles n'étaient pas ici pour le tourmenter, pour le mettre face à ses errements et ses faiblesses. Ce leitmotiv n'était en rien une condamnation du passé ou une mise à l'épreuve – c'était un plan pour l'après. S'il parvenait contre toute prédiction à se maintenir à la tête de cet Etat d'un peu moins de trente millions d'âmes, il aurait alors trois ans pour agir. Pour abattre ceux qui tenaient Valinor en otage. Métaphoriquement, bien entendu. Mais après tout, le traitement le plus approprié contre la gagrène était l'amputation. S'il parvenait à se maintenir à la tête d'un Etat branlant, il allégerait Valinor de quelque organisations en trop, nationales comme interationales. Mais la question de se maintenir au pouvoir avait également, et surtout, un impact personnel fort pour Valandil. S'il était destitué, à 31 ans, que deviendrait-il ? un noble parlementaire du Comité ? un amabassadeur expédié à l'autre bout du monde ? Ou peut être abandonnerait-il toute fonction officielle, se renfermant dans la lecture et l'écriture ? "C'est bien, ça" pensa-t-il. "Ainsi je pourrai prendre le temps de simplement vivre pour moi-même, et pour elle." Son esprit faisait ici référence à Irimey, sa fiancée et la femme qu'il aimait. Ils avaient jusqu'ici convenu de ne pas s'épouser, celà l'exposerait trop à un public sans pitié.

Mais aujourd'hui elle l'accompagnait dans la dernière étape de sa campagne "d'après campagne", comme il se plaisait à l'appeler. Il était dans "le fief des fiefs", Mathar, près de son lieu de naissance. Cette ville de l'Est du pays n'avait rien de plus que les autres. Elle était simplement différente, paisible. Pleine de la sereine conviction d'un peuple qui ose encore croire au triomphe. C'est avec ce peuple-là que Valandil voulait découvrir les résultats. C'est avec ce peuple qu'il voulait rire ou pleurer. Mais pour l'heure, il devait se joindre à son "Etat-Major", soit les Ministres les plus importants et les têtes pensantes des partis de la coalition gouvernementale. A l'exeption notable du Parti Communiste Valinoréen. Le PCV, lui, faisait la soirée seul. L'arguement de leur secrétariat était pragmatique mais presque blessant : ils n'avaient pas les mêmes attentes que les autres partis de la coalition. En effet, eux devaient gagner en pourcentage depuis 2013. Il argüaient donc qu'ils ne voulaient pas se meller aux autres pour ne pas émettres des réjouissances "déplacées" en compagnie de personnes ayants tout perdu en cette soirée. Rudes mais honorables sur le ton et la forme, de vrais communistes à la valinoréenne.

L'Empereur entra dans la salle de réunion, tentant de paraitre confiant face à ses pairs. L'illusion n'était qu'a moitié réussie car sitôt qu'il fut entré, on lui adressa des regards moroses et les visages semblaient épuisés – les traits tirés et les sourcils froncés, résignés. "Camarades," commença Valandil. Les démocrates tressaillirent, peu accoutumés à traiter avec ce qui était à leur gauche ; et de ce fait surpris par la tournure. "Camarades, l'heure est venue et vous le savez. Il est maintenant dix-huit heure, je propose donc que nous visualisons les premiers résulats. Résulats qui serons définitifs à vingt heure, je le rappelle." Il fit ensuite signe à son secrétaire qui projeta un graphique sur les écrans des commensaux. Il se figèrent.



Le silence s'installa dans la salle pour une minute, puis deux. Enfin un ministre le rompît. "Les résultats sont meilleurs que ceux que nous avions estimés." Un nouveau silence, plus bref cette fois-ci. "Ils ne sont en revanche pas suffisants pour permettre à un gouvernement de tenir avec notre base parlementaire actuelle. Ce qui signifie donc que nous sommes en surci messieurs. Et mesdames" ajouta-t-il en apercevant la fiancée impériale, à main droite du souverain.

Tous en étaient bien conscients : le groupe majoritaire de l'assemblée sera l'alliance des partis de droite. Ce qui signifie que l'Empereur sera constitutionellement contraint de nommer un Premier Ministre issu de cette engeance. Le mutisme des personnes assemblées dans la pièce se mua progressivement en agitation. Les responsables n'étaient pas abilités à communiquer les résultats à quiconque avant le terme officiel du scrutin, mais ils étaient tous sur les nerfs. Ce qui se traduisait tantôt par des chuchotements en pagaille se transforma rapidement en un véritable brouhaha où chacun allait de son commentaire, de son regret, ou de son espoir erroné. Un homme – certainement un secrétaire, car Valandil ne le reconnu pas – quitta la salle, il semblait haleter. Il allait vraissemeblablement faire un tour à l'air libre pour mieux digérer la précarité de leur situation à tous. Ce constat était renforcé par sa lourde valise, tronant dans un coin de la salle : la preuve s'il en faillait que son départ n'était pas définitif. Quelque instants plus tard, l'Empereur reçu un appel téléphonique d'un... responsable du Parti Eurycommuniste. Il sorti devant le bâtiment pour prendre l'appel. L'air frais du dehors lui donna du baume au cœur. Il ouvri l'appel, et le monde explosa.


L'homme en était certain, le plan fonctionnerai. Quelle autre conclusion tirer de tout ces évenements qui allaient, les uns après les autres, au bout de leur terme sans le moindre accroc. Sans que la moindre réaction inatendue n'intervienne pour bousculer la marche finale, la consécration de leurs efforts. Et c'est même la foule, le fléau des statisticiens, qui se pliait aux prédictions venues d'En Haut. Non pas d'un quelconque dieu, mais simplement des Hommes d'En Haut ; ceux qui décidaient, les chefs d'un orchestre de corps et de métal. Et voilà que leur volonté – la volonté collective en vérité – se trouvait confortée par les évenements. Il était 18 h, les résultats s'affichèrent sur l'écran de l'homme. Il n'y pretta qu'une attention vague et diffuse. Pourquoi mettre un quelconque effort à analyser ce que personne ne verra ou ne saura jamais ? Mais maintenant tout était chronomettré, il voulait désobéir. Ce plan parfait qu'on lui avait exposé contenait un élement qui ne lui plaisait guère. Mais ne faisait-il pas partie de l'orchestre lui aussi ? En un sens, du moins.

Il reçu le signal, ce n'était plus qu'une question de minutes avant la fin et le renouveau. Mais c'était autant de temps avant sa trahison. Il en était tout honteux mais il n'avait pu se résoudre à abandonner ce projet. Il compta les minutes, une à une. Il n'en restait que deux. Il se leva de son bureau, composa un numéro sur son téléphone fixe. Il appellait l'Empereur, pour le faire sortir. Il devait sortir. Mais il ne devait pas savoir, sinon tout échouerait lamentablement de par sa faute. Il appela donc l'Empereur. Une minute passa sans qu'il ne décroche. L'homme commença à suer, les secondes s'égrénants semblaient toute durer un temps anormalement court mais allongé à la fois. Plus que dix. Cinq. Plus que deux. Une. L'on décrocha au bout du fils, mais l'homme n'entendit qu'un fracas anonciateur de mort.


Le monde explosa. Ou du moins, le bâtiment où Valandil se tenait quelque instant plus tôt explosa. C'est en fait une formidable détonation qui vaporisa les murs de l'édifice où étaient assemblées toutes les huiles du Gouvernement Valinoréen. L'Empereur fut projeté au sol, les gravats après lui. Un observateur aurait pu dire sans trop de mal que toute la face gauche de son visage était anormalement rouge, comme brulée. Mais nul Homme ne pouvait se tenir en un endrois suffisamment proche pour pouvoir distiguer quoi que ce soit. De toute façon, personne ne voit à travers la pierre ou le ciment. Les commensaux, eux, furent purement vaporisés dans l'explosion ; ne laissant nule trace de leur présence en ces lieux quelques instants plus tôt.

La presse s'empara de l'affaire sur le champs, et l'ennemi était tout désigné : le Parti Absolutiste avait été accusé d'avoir des velléités terroriste l'avant veille à peine. Mais une fois que l'information eu fait le tour des plateux télévisés comme des réseaux sociaux, les résulats électoraux du 20 h s'affichèrent en grand sur toute les télévisions du pays.



Le résulats sans appel d'une défaite de la droite et du centre face à l'extrême gauche. Quelque heure plus tard, les deux partis communistes annocèrent une coalition d'un commun accord avec les lambeaux de l'appareil dirigeant du Parti Man-Krathiste. Afin de ne pas attiser les tension entre partis, le Premier Ministre provisoire, qui devra dirigé Valinor le temps de cloturer la crise, fut tiré de la société civile, ou presque. Le Président du Cinquième Bureau du VSB, Karl Veychter, fut introduit à ce poste le lendemain matin. L'homme était désormais à la tête du pouvoir, et il n'allait pas le quitter de sitôt. Quiconque esseyerait trouverait les Armées Rouges du monde sur son chemin.

Les pensées prémonitoires qu'avait eu Valandil des années auparavant, lors de sa première rencontre avec Lorenzo, se confirmaient maintenant dans les journeaux.

Les choses avaient changées.
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