27/03/2016
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Activités étrangères en Kartvélie

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Activités étrangères en Kartvélie

Ce topic est ouvert à tous les joueurs possédant un pays validé. Vous pouvez publier ici les RP concernant les activités menées par vos ressortissants en Kartvélie. Ceux-ci vous permettront d’accroître l'influence potentielle de votre pays sur les territoires locaux. Veillez toutefois à ce que vos écrits restent conformes au background développé par le joueur de la Kartvélie, sinon quoi ils pourraient être invalidés.
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Information au Marquisat de Mesolvarde

L'équipe de médecine de Drovolski a récemment mené une étude approfondie sur les fruits et légumes provenant de Kartvélie. Les résultats des tests sont extrêmement positifs : aucun polluant n'a été détecté, ce qui atteste de la pureté et de la sécurité de ces produits. Grâce à cette garantie de qualité, ces fruits et légumes sont parfaitement adaptés à l'importation en Drovolski.

De plus, l'analyse a révélé que la teneur en nutriments de ces produits kartvéliens dépasse largement celle de toutes les plantations nationales combinées. Cette richesse nutritionnelle offre une opportunité exceptionnelle pour améliorer l'alimentation de notre population.

Ce communiqué est destiné au réfectoire central, qui a la responsabilité d'informer les habitants de la haute valeur nutritive des aliments importés de Kartvélie. Il est essentiel que cette information soit bien diffusée afin de promouvoir une alimentation saine et de tirer pleinement parti des bienfaits des produits kartvéliens.

Fin du télégramme. Le Marquis de Mesolvarde vous invite à reprendre le travail après avoir pris connaissance du présent message.
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LHV-1

Pour initier les projets de construction d'une paire de réacteurs Mesol-1900, la coentreprise enregistrée au Jurade par le LHV et Apex commence ses premières installations autour des grands chantiers de la capitale, afin de pouvoir débuter les travaux dans le mois. Les Mesolvardiens arrivent du Samara voisin en bateau, apportant les ressources de construction nécessaires. Évidemment, le bateau ne repart pas à vide, mais avec des marchandises de Kartvélie.

Plus de 15 000 ouvriers sont mobilisés pour l'occasion, dont 7 400 Kartvéliens en formation sur place. La majorité des pièces sont construites directement dans les forges de la CMD-SCM ou par Apex, en fonction des spécialités des deux constructeurs de réacteurs.

Les premiers travaux seront d'ordre civil et concerneront le bâtiment nucléaire. Ensuite seront installés la cuve, les échangeurs, la tuyauterie, le bâtiment conventionnel et enfin le cœur du réacteur. D'ici cinq ans, le cœur devrait être chargé et exploité par le LHV pour alimenter la capitale.
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LHV

Les locaux temporaires ont été correctement positionnés, les mesures et études de fondation vont débuter prochainement pour construire le premier cœur suivant la conception du LHV. Les résultats sont pour le moment concluants.
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L'exil ingrat d'un Roi :

Peinture estalienne, "Loin du coeur, loin de tout" de Jorgy Zegenski.


La disgrâce de l'exil n'est pas un sentiment que l'on peut clairement définir pour le commun des mortels. Ce n'est pas un simple voyage dans un pays étranger, loin de chez soi, mais une véritable amputation. Une amputation sur l'identité des exilés, coupés de leur patrie, de leurs amis et de leur foyer où ils sont nés et où ils ont grandis. Il est davantage déchirant de se séparer de son pays de force lorsque l'on sait que si on y retourne, ce sera dans la plus grande des violences. C'est exactement le sentiment de Svelaskia Ier, Roi d'Estalie, qui avait choisi dès le début la Kartvélie comme refuge après la Révolution de Novembre. Son groupe très disparate d'exilés est étonamment assez complet pour de simples exilés : des ministres, des députés, des militaires, des nobles, des journalistes et même quelques entrepreneurs se sont joints au Roi de son exil. A son grand regret, Svelaskia Ier n'a pas su couper le cordon entre la société révolutionnaire et le monde universitaire. Le Roi était prêt à faire fuir dès les premiers jours de la Révolution l'ensemble des intellectuels estaliens afin de ne conserver dans le territoire estalien qu'une frange incompétente. La Révolution aurait pu s'effondrer par elle-même, que ce soit par sa nature propre ou par les luttes entre factions révolutionnaires. C'est pour cela que le Front de Libération Skoviliosnovite avait été organisé de loin par le gouvernement en exil : attiser les flammes de la discorde, faire tomber Husak de sa tour d'ivoire et revenir tel un chevalier en armure pour délivrer l'Estalie de la vipère anarcho-communiste. Rien ne s'était passé comme prévu. Les révolutionnaires ont écrasés la frange libérale et républicaine, ceux qui sont restés se sont ralliés au front commun d'Husak et de ses partisans et en quelques semaines, le Front de Libération avait été complètement anéanti. Plus de 3000 de ses collaborateurs avaient étés massacrés par les unités révolutionnaires. Le massacre dans les rangs du FLS n'a pas été sans conséquence pour les royalistes : ceux qui restent se sont cachés dans l'ombre, apeurés par les purges anarchistes et peu envieux du sort de leurs camarades ; beaucoup d'officiers compétents et de personnes influentes avaient étés exécutés et Potokovac, qui était le meilleur espoir d'un retour à l'ordre modéré en Estalie, avait été exécuté et ses partisans écrasés sous les chenilles des chars de la Révolution.

Il ne restait plus au Roi qu'à tout refaire. Mais comment ? Dans cette petite chambre d'hôtel du Angriminia, célèbre hôtel fortuné de la ville d'Ujmajuri, Svelaskia Ier était entouré d'hommes à peine moins confus que lui. Une partie des finances publiques avait pu être détourné dans les comptes privés de la noblesse et de la Couronne dans certains paradis fiscaux quelques jours avant la Révolution mais les réserves financières n'étaient pas infinies et chaque ébauche de plan d'attaque se résultait par un coût budgétaire prévisionnel ahurissant. Le gouvernement en exil hésitait même à vendre les insignes royaux, des reliques millénaires qui ont accompagnés tous les rois d'Estalie. Ces insignes avaient une grande valeur symbolique et certainement monétaire (du moins, les pierres précieuses qu'il y a avait dessus en tout cas) mais il était inconcevable pour les royalistes de les vendre. Si certains ministres libéraux ont accompagnés le Roi dans son exil, la majorité restent souvent des officiers militaires (parfois anciens collaborateurs de Rudaviak) très conservateurs et nationalistes et refusant tout bonnement de vendre "l'identité estalienne" à des étrangers.

La radicalisation avait touché le gouvernement pourtant très libéral du Roi, lui-même convaincu par un libéralisme économique et social très modéré. Devait-il réimposer son autorité de façon autoritaire pour faire affirmer ses vues ? Cela serait contradictoire. Pourtant, le Roi semblait y songer chaque jour. En tout cas, le Roi ne pouvait plus faire semblant car il était certain que s'il ne réagissait pas dans les mois qui suivent, il n'aura plus jamais de possibilités sérieuses d'établir la contre-révolution et de rétablir la monarchie dans son propre pays.

"Majesté, nous devons quitter les lieux."

Un des gardes entre dans la salle, interrompant la réunion des gouvernants.

"Des hommes suspects ont étés signalés dans les alentours de l'hôtel. Nous avons prévenus la police kartvélienne mais nous devons quitter les lieux."

La petite équipe fait rapidement ses bagages, des coups de fils sont passés pour trouver un nouveau lieu où se loger temporairement. Le scénario se répète pour le Roi : depuis qu'il a quitté l'Estalie, il est sans cesse traqué par les révolutionnaires. En effet, les jours qui ont suivis la Révolution, la frontière estalo-kartvélienne avait été prise d'assaut par des centaines d'émigrés estaliens qui fuyaient la Révolution. Dans le sens inverse, les communistes kartvéliens, restreints dans leurs libertés de mouvements politiques depuis la Révolution Rose, quittaient à leur tour le pays pour participer au rêve rouge estalien dans l'espoir, un jour, de revenir en héros chez leurs frères kartvéliens. Cet afflux dans les deux sens avait complètement débordé la police douanière estalienne et kartvélienne, les deux polices étant habitués à des mouvements migratoires assez minces depuis des décennies. Dans le tas, il semblait que des infiltrés révolutionnaires avaient décidés de jouer de ces mouvements de foules pour infiltrer le pays kartvélien. Leur objectif semblait simple : traquer le Roi déchu d'Estalie et assassiner la famille royale. Plus de famille royale, plus de royalistes. C'est aussi simple que cela. Une première tentative d'assassinat avait déjà été tentée à Askhurdia, alors centre de ralliement de la plupart des émigrés royalistes en Novembre 2013. La tentative d'assassinat avait évidemment échoué mais avait mené à la mort de Schetosky, le dernier Premier Ministre en date du Royaume avant le Coup d'Etat du 10 Septembre. Cette tentative avait alors poussé le Roi à fuir à Ujmajuri. Et le scénario semblait se répéter : les royalistes sont traqués comme des bêtes.
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Des rafales sont entendues à l'entrée de l'hôtel, les assassins semblent avoir étés bien équipés. Sur le coup, deux gardes sont abattus, le reste de l'équipe est clouée au sol par les tirs de suppression tandis que plusieurs portes de l'hôtel sont forcées au bélier. Des détonations résonnent dans tout l'hôtel, l'alarme incendie se déclenche et provoque rapidement les extincteurs automatiques. Les échanges de tirs sont féroces, les assassins semblent avoir décidés de jouer sur le nombre.

"Sécurisez l'allée centrale et escortez Papa-Bravo jusqu'au deuxième point d'extraction !"

L'équipe de sécurité de la Couronne semble se battre désespérément pour sécuriser le passage du Roi jusqu'à l'arrière de l'hôtel où un deuxième convoi l'attend. In extremis, le Roi parvient jusqu'au fourgon blindé qui lui servira de transport. L'équipe du point d'extraction attend le reste de l'équipe restée au contact des assaillants mais plus aucune détonation ne retentit. Puis une rafale retentit et pétrifie de plein fouet un des membres de l'équipe.

"Démarrez ! Retraite, retraite !

Le convoi détalle rapidement sous les coups de feu, il semblerait que l'équipe à l'intérieur de l'hôtel se soit faite massacrée. Une fois de plus, la traque aura enlevé de fidèles et braves soldats à Sa Majesté. Et une fois de plus, les exilés doivent fuir comme des bêtes traquées pour leur viande par des chasseurs d'hommes assoiffés de sang.


Bilan dressé par la police d'Ujmajuri a écrit :
Après analyse du terrain d'affrontements et divers témoignages du personnel de l'hôtel et des témoins oculaires de l'attaque, il semblerait qu'une attaque à l'arme lourde se soit produite à l'hôtel Agriminia, le 29 Décembre 2013 à 22h12. Sur place, de nombreux impacts de balle, calibre 7,62mm et 9mm ont étés trouvés sur place. Les agents arrivés sur place ont trouvés 14 corps. Après analyse dans la base de données, tous sont de nationalité estalienne et anciens membres de la Garde Royale. Des traces de sang sur de plus ou moins longues distances semblent guider jusqu'à l'extérieur de l'hôtel, ce qui démontre aussi que des corps ont étés déplacés durant ou après les affrontements. Pas plus d'informations sur le déroulement des évènements.
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LVH

Les études géotechniques ont révélé une excellente résistance du sol, permettant d'avancer sereinement dans le projet de construction. Les travaux de fondation, qui ont débuté ce mois-ci, sont prévus pour se poursuivre pendant une période d'un mois. À l'issue de cette phase, les travaux de construction des bâtiments civils commenceront. Ceux-ci devraient être achevés dans un délai d'un an. La mise en service complète des infrastructures est prévue dans quatre ans.
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Discorde et dissension :

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Ce qu'il avait accepté de signer relevait de l'imagination et de la fiction, ni plus ni moins. Jamais il n'aurait cru que quelqu'un se serait intéressé à sa petite vie privée et pourtant, il s'avérait que son travail, ou plutôt sa position de rédacteur en chef, était recherché par quelques hommes avec des intentions politiques peu recommandables. Mais il s'en fout : le contrat illégal qu'il vient de signer lui promet un bon pactole à la clé, lui qui avait souvent du mal à finir les fins de mois, le voilà désormais protégé financièrement. On lui a dit qu'on le recontacterait plus tard, quand on aura besoin de lui et qu'il n'avait qu'à profiter des transferts d'argent en crypto-monnaie que son nouvel employeur allait lui donner. Il pourra enfin envoyer son fils à l'université, lui qui n'avait pas les moyens financiers de fournir à son fils unique l'éducation qui lui conviendrait.

Ce petit rédacteur en chef d'un journal de campagne d'Ashkurdia ne se doutait pas qu'il faisait partie de quelque chose de plus grand, de plus sournois et de plus subversif qu'une simple rémunération clandestine en échange de services rendus de temps à autre à son employeur à des périodes très occasionnelles, pour ne pas dire rare. Il n'était clairement pas le seul. La plupart des villes et villages situées non loin de la frontière estalienne avaient vus une flopée de contacts clandestins obtenus sur le Dark Web auprès des personnes kartvéliennes influentes dans la région. Oh, influentes, c'était un trop bien grand mot, la plupart n'étaient pas spécialement connus mais étaient positionnés à des emplois qui permettaient de propager un discours convenu à un grand nombre de personnes : des éditeurs, des rédacteurs en chef, des présentateurs, des influenceurs sur Internet, des religieux, des enseignants, des chercheurs, des conseillers municipaux, des musiciens, des acteurs, des auteurs et surtout des activistes et autres militants sociaux et communautaires.

Etablir un réseau clandestin de personnalités locales n'est pas forcément une chose aisée mais dans les faits, toute création de réseaux clandestins nécessite seulement trois à quatre moyens couramment utilisés dans le monde de la clandestinité. Le pot-de-vin, classique et rapide mais peut s'avérer coûteux pour le SRR à la longue et ne doit être utilisé que sur des personnes à la situation financière difficile ; même si de riches personnalités peuvent aussi accepter le pot-de-vin, cela reviendrait encore plus cher et surtout, il faut que l'offre financière soit correctement quantifiée pour éviter les surcoûts liés à la négociation en trouvant le prix d'équilibre entre le prix minimum acceptable et le prix moyen dont la cible voudra généralement répondre. La deuxième option, moins éthique, c'est évidemment le chantage ; le développement des réseaux sociaux et d'Internet donne une facilité déconcertante aux services de renseignement pour faire chanter les personnalités notables. S'il est évident que les informations privées de hautes personnalités comme les hommes politiques, les militaires ou les grandes vedettes du show-business sont bien gardées par des professionnels de la sécurité privée, c'est un luxe que ne peuvent pas se permettre les petites gens ni même la classe moyenne. Ainsi, il est aisé de faire appel au chantage pour obliger une personne à donner sa langue au chat. Bien sûr, le chantage a ses limites, tout le monde n'a pas forcément de dossiers compromettants en permanence en ligne, certains sont très précautionneux et suppriment tout et d'autres encore sont simplement intègres. Ainsi, le chantage ne peut s'appliquer qu'à une partie spécifique de la population, certes importante, mais pas totale. Que ce soit les preuves d'infidélité, les relations extraconjugales, des détails intimes de la vie privée, des preuves de corruption ou de détournement de fonds, la participation à des activités illégales (trafic de drogue, blanchiment d'argent), des abus de pouvoir, des scandales éthiques, des transactions financières suspectes, des dettes importantes, des utilisations abusives de fonds publics ou de fonds propres de l'entreprise, des connexions avec des groupes terroristes (comme la Rache par exemple), des appartenances politiques douteuses, etc. Il y a milles et une façons de faire chanter quelqu'un sur des aspects de sa vie que personne ne voudrait avoir à justifier en public. Il ne suffit plus qu'à cueillir le poisson. Enfin, les autres moyens employés par le SRR sont plus classiques comme la proposition d'avantages matériels (offre de biens de luxe, de voyages ou de privilèges fiscaux dans des paradis fiscaux) ou tout simplement la persuasion idéologique (si le SRR est sûr de l'orientation politique de la cible).


Et alors que ce petit rédacteur en chef, anonyme aux yeux de tous, se réjouit des sommes financières qu'il a clandestinement reçu, dans un bureau se situant à Mistohir, un homme s'active. Café dans une main, clavier bruyant dans l'autre, sa deuxième main émet des gestes poétiques, précis et rapides à chaque commande. Il réécrit des commandes à la chaîne, visiblement ennuyé de répéter la même tâche en permanence. Ecrire la commande, vérifier dans la base de données du SRR le montant accordé, indiquer le montant dans la commande, donner un identifiant spécifique à la cible et envoyer tout au programme Judaik dont se sert les agents informatiques du SRR. Taper, copier, recommencer.

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Mais que faisait cet agent ? Excellente question. Comme une grande partie de ses petits camarades se trouvant dans le même bureau que lui, il donnait. Littéralement, il était donateur. Le SRR avait pris le malin plaisir à faire passer une partie de ses agents pour des riches entrepreneurs et autres donateurs à succès qui se sentaient touchés par le combat politique de certaines organisations qui ne sont pas naturellement très douces avec le gouvernement identitaire de droite de la Kartvélie : groupes de défense des droits de l'Homme, communautés LGBT, organisations féministes, organisations communautaires ethniques ou religieuses, partis de gauche, syndicats, écologistes. Tout était bon pour financer l'opposition kartvélienne, généralement plus douce avec les communistes qui se rangent plus généralement chez les progressistes en opposition avec la droite kartvélienne. Le but n'est pas spécialement de rallier ces organisations subversives à notre cause, rien que les mouvements féministes pourraient être horrifiées que l'Estalie promeuve la famille traditionnelle comme valeur fondamentale. En revanche, ces organisations sont généralement celles qui donnent le plus de fil à retordre au gouvernement kartvélien, où se concentrent les opposants de tout poil au parti au pouvoir. Ils ne sont pas fondamentalement contre le régime pour la plupart, nous en sommes bien conscients, mais le but n'est pas de provoquer la révolution ou la guerre civile, seulement de distraire le gouvernement, de le discréditer au sein de sa propre population, voire de l'obliger à tromper son électorat pour contenter l'opposition. Tous les scénarios sont possibles in fine mais tout dépendra de la réaction gouvernementale.


Enfin, nous allons briser le petit monde économique kartvélien. Si le gouvernement fédéral compte bien en faire une affaire à elle seule, le SRR devance toujours un peu avant son gouvernement afin de s'assurer que la confusion prône dans le camp adverse, il suffira ensuite de remplir quelques papiers au gouvernement afin de finaliser la discorde dans l'économie kartvélienne. Le but n'est pas vraiment de mettre la Kartvélie économiquement à genoux même si cela s'avère tentant. Il s'avère plus bénéfique compte tenu de notre infiltration actuelle de mener à un sabotage pur et simple de ce qui assure le bon fonctionnement d'une économie de marché libérale comme celle de la Kartvélie : la concurrence pure et parfaite. En imaginant un pays où la concurrence déloyale est de mise, il devient évident que cela devient un frein à l'innovation : si votre entreprise innove et constate que son innovation est révélée rapidement au grand public et donc à ses concurrents, il n'y a plus aucun intérêt à innover. Le progrès technique disparaît alors et il vient bien un moment où l'économie dans son ensemble stagne. Le manque d'innovation pour une entreprise peut parfois s'avérer fatal dans certains cas, menant généralement à une lente agonie qui se caractérise par le licenciement du personnel, l'augmentation des marges commerciales (et donc des prix pour les consommateurs), la baisse de la qualité de l'activité principale, la diminution de l'attractivité de l'entreprise pour les talents, le vieillissement progressif des services proposés, etc. A l'échelle nationale, la croissance économique ralentit, la productivité nationale diminue, la création d'emplois s'amenuise, la qualité de vie baisse, les inégalités économiques augmentent la compétitivité internationale de la Kartvélie se raréfie. De ce fait, si un jour la Kartvélie tombe sous les coups glorieux de la Révolution prolétarienne, il faut d'abord frapper sous la ceinture en tapant sur l'économie, sur le portefeuille car c'est bien le seul langage que ces capitalistes comprennent.

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Pour mener à bien la destruction de la confiance en la concurrence dans ce pays, il faut mener à une large échelle une manœuvre d'espionnage industriel. Le but n'est pas vraiment d'en faire profiter les coopératives estaliennes, c'est le travail du GRDE de trier les informations récoltées et de les distribuer avec parcimonie (pour éviter d'éventuels soupçons) aux coopératives estaliennes si jamais les informations récupérées peuvent être exploitables d'un point de vue strictement économique et technique. Le SRR doit se charger de catégoriser, lister et trier les grandes entreprises kartvéliennes, analysant de manière sectorielle et géographique les entreprises principales kartvéliennes ainsi que leur concurrence directe et indirecte. Le but est ensuite de cibler ces entreprises pour récupérer des informations compromettantes sur elles. Ces informations peuvent être de tout type, que ce soit des plans d'investissements, des innovations spécifiques, des méthodes de fonctionnement ou d'éventuels scandales qui pourrait miner l'image de marque de l'entreprise. Compte tenu des agents déjà situés en Kartvélie ou des locaux nous étant fidèles par le vaste programme de corruption cité précédemment, nous pouvons établir plusieurs moyens de procéder pour récupérer ce type d'informations : fouiller les poubelles des entreprises, entrer par effraction dans les locaux (même si cette méthode reste peu recommandable car risqué), le piratage pur et simple, etc. Ces pratiques sont déjà courantes entre les entreprises elles-mêmes mais là où le SRR triche un peu, c'est sur d'autres méthodes bien plus illégales : le chantage, l'écoute (qu'elle soit téléphonique ou via l'interception des signaux Wi-Fi et des e-mails), la séduction (surtout pour les hommes célibataires ayant un poste clé dans une entreprise cible), la corruption, la fausse négociation d'achat, la recherche sous faux prétexte (en utilisant des documents de recherche falsifiés), le piratage des centres de commutations publics, l'utilisation de liens familiaux, le vol de bagages durant les voyages, la mise sur écoute des téléphones hôteliers, etc.

A travers toutes ces méthodes, l'objectif suivant des agents du SRR ou de leurs acolytes opportuns kartvéliens (le SRR peut aussi convaincre anonymement d'autres entreprises de les soutenir dans leur espionnage de leurs concurrents) est de simplement mettre le bazar : tout révéler sur le web public et fournir aux concurrents les informations compromettantes de leurs pairs. Evidemment, le SRR ne s'attaque que rarement aux petites entreprises et cherchent plutôt à pêcher les gros poissons.


Ne foncez jamais par l'avant, tapez toujours par derrière, c'est là que se situe leur principal point faible.
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Interception du convoi d'armement vers le Diambée



ContexteSuite aux récents événements survenus au Diambée et notamment la tentative de genocide de la population musulmane, le gouvernement miridian à décidé de surveiller le pays génocidaire. Ainsi l'état major décida d'organiser des patrouilles aériennes près du Diambée. Pour cela, Miridian compte sur sa base militaire présente au Finejouri qui est à une distance raisonnable du pays afaréen.
8h04
Base militaire miridienne
Finejouri
Afarée

Le soleil venait peine de se lever et pourtant la température était déjà insupportable pour un miridian. Toutefois en ce jour personne ne semblait prêter attention à la chaleur et une véritable agitation régnait sur la base militaire. Dans le bureau du commandant Joschka Heinrich les derniers détails de l'opération de surveillance étaient peaufinés. Dans le petit aérodrome de la base, le moteur des avions de chasses rugissaient lentement. À 8h09 précise le commandant délivra les ordres de mission au capitaine Telmen. Les ordres étaient simples : surveiller les alentours de l'espace aérien du Diambée sans y pénètrer, en cas d'appareils non idenfiés se dirigeant vers le Dimabée intercepter les appareils, prendre contact avec eux, leur ordonner de les suivre et en cas de refus les détruires. Après que le capitaine eut pris connaissance des ordres, les avions de chasses se mirent en position de décollage. Ils décollèrent un à un, le premier fut le capitaine et ils se mettèrent ensuite en formation "finger four". Cette formation fut retenu car la nature de la menace n'était pas connue, la formation est très polyvalente permettant d'attaquer et de défendre. L'escadron condor dirigé par le capitaine Telmet était relayé toutes les six heures par l'escadron mésange noire. De plus un avion ravitailleur se chargeait de ravitailler toutes les trois heures les avions de chasses.

11h46
Quelques jours plus tard
Quelque part près du Diambée
Afarée

Cela faisait maintenant plusieurs jours que les escadrons condor et mésange noire surveillait prés du Diambée. Pour le moment aucun fait notoire ne s'était produit. La ronde venait de commencer pour l'escadron condor et encore une fois aucun événement particulier semblait arriver. Puis soudain dans le lointain apparurent quatre tâche noires. Le capitaine Telmen réagissa immédiatement et les aéronefs miridians partirent à la rencontre de ce qui ne pouvait etre que des avions. Les avions de chasses miridian bien plus rapides rattrapèrent rapidement les avions inconnus, qu'ils parvinrent à identifier comme des appareils de transport tactique. Une fois à distance proche des avions adverses, le capitaine Telmen ordonna de rompre la formation. Chaque avions de chasse se positionna alors derrière l'un des avions de transport tactique. Puis le capitaine alluma sa radio et tenta d'entrer en contact avec les appareils inconnus. Après plusieurs essais il trouva leur fréquence et transmis un message :

Ici avion de chasse Zéphyr V6-12 de l'escadron condor de l'armée miridienne, vous me recevez ? Aux quatre appareils non identifiés veillez décliner votre d'identité, pays d'origine ainsi que votre destination.
Avertissement toute tentative de fuite ou de manœuvre hostile se soldera par la désintégration de vos aéronefs. À vous.


Escadron condor
Composition de l'escadron condor :
4 avions de chasses lvl 6
1551
Fin de l'interception


11h47
Quelque part près du Diambée
Afarée

Alors même qu'il venait de transmettre son message aux appareils non identifiés, la radio du capitaine Telmet grésilla à nouveau. Il fut fort surpris car la communication venait de la base.

Ici centre de commandement de la base miridienne M-1 à capitaine de l'escadron condor, matricule d'avion de chasse : Zéphyr V6-12. Vous me recevez ?

Telmen brancha son micro et déclara :

Oui ici capitaine Telmen, escadron condor je vous reçois. À vous.

Sa radio grésilla à nouveau et la voix qui était celle du commandant Joschka Heinrich en personne (montrant ainsi l'importance du message) annonça :

Zéphyr V6-12, de nouveaux ordres sont arrivés du ministère des armées, l'opération est cantonnée à de la simple surveillance, toute intervention directe est strictement interdite. Ordre de stopper immédiatement l'interception et retour à la patrouille. À vous.

Telmen fulminait intérieurement, il haïssait être interrompu en pleine action. Il maudisa alors ces fichus planqués, qui ne cessaient de lui mettre des bâtons dans les rues. L'idée de désobéir aux ordres lui traversa brièvement la tête mais il la rejeta immédiatement. Les ordres étaient les ordres et on ne les contredisait pas. Il poussa un soupir puis répondit :

Ici Zéphyr V6-12, bien reçu centre de commandement, nous dégageons la zone.

Puis, toujours pestant en pensée contre l'état major il reprit contact avec les appareils de transport tactique :

Ici avion de chasse Zéphyr V6-12 de l'escadron condor de l'armée miridienne, nous avons reçu de nouveaux ordres. Questions précédentes invalides, nous vous prions de nous excuser, veuillez passer. Bon vol.

Il vira alors de bord et les autres appareils miridians le rejoignirent. Ils reprient alors leur formation et leur ennuyeuse mission de surveillance...
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La Chasse :

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"Un. Deux. Trois. Action."

Ambiance

Une fois de plus, le Groupe d'Intervention du SRR allait s'illustrer dans une nouvelle opération clandestine visant la famille royale estalienne. Une fois de plus, l'Estalie avait perdu patience en ce qui concerne la survie de la royauté en territoire étranger. Le FLS, largement affaibli, avait tout de même réussi à encore semer le trouble sur le sol estalien et en représailles, le SRR a décidé de s'en prendre à la figure de valeur du FLS et de tous les opposants déclarés au régime anarchiste estalien : la monarchie. La première tentative d'assassinat de fin Décembre 2013 avait été un semi-échec pour les révolutionnaires estaliens : si le Roi et sa famille avait pu fuir, un nombre important de leurs gardes avaient pu être éliminés. Des soldats d'élite de surcroît, membres de l'ancienne et prestigieuse Garde Royale, des effectifs qui sont irremplaçables pour les monarchistes. De ce fait, le SRR avait porté un premier coup aux forces monarchistes en supprimant certains de leurs meilleurs éléments. Il était temps de porter un nouveau coup, plus dur cette fois. Cette tâche était confiée aux hommes d'élites du Groupe d'Intervention, malgré la recommandation de certains infiltrés communistes kartvéliens de laisser des éléments locaux faire. Au moins, on était sûrs qu'en faisant déplacer le SRR, le travail serait fait. Définitivement. La preuve en est : une piste avait pu conduire le SRR jusqu'à Tbilgorod où il semblait que le Roi avait trouvé refuge et alors que l'opération d'assassinat avait été méticuleusement préparé, la police kartvélienne avait fait une descente en avril dernier et avait abattu les trois agents kartvéliens qui étaient censés éliminer le Roi. Au moins, ils ont eu la politesse de mourir et corrompre les disques durs présents pour éviter leur analyse et surtout la récupération des données supprimées (ce qui est possible si rien n'est fait pour corrompre le code binaire des données présentes, ce que ces agents avaient à disposition en corrompant aléatoirement la mémoire des blocs, y compris non-accessibles, de chaque disque dur en supprimant le 0 puis le 1 de chaque code binaire et ainsi de suite jusqu'à l'effacement total ; les programmes fournis par le SRR comprennent généralement entre quatre à sept effacements, ce qui est la norme dans les services de renseignements) pour éviter de fournir davantage d'informations aux Kartvéliens. Néanmoins, suite à l'incident, le SRR a refusé que les opérations liées à la famille royale estalienne ne soit confiée à des Kartvéliens, simple mesure de précaution.

Les hommes du GI avaient réussis à s'infiltrer grâce à des éléments locaux communistes fidèles à la cause estalienne dans la ville d'Arashvili. Un simple acteur, un pion sacrifiable qui a émis l'ordre à ses chauffeurs privés de transporter les hommes du GI avec équipement et armement jusqu'au point de rendez-vous. La manœuvre en soit était très visible, presque enfantine et une fois que les Kartvéliens enquêteront sur l'affaire, il est vraisemblable qu'ils se rendent vite compte de l'appartenance de l'acteur local avec les Estaliens. Mais ce sera trop tard, un autre agent a été chargé d'éliminer ce pion. Au moins, celui-ci ne vendra pas la mèche.

L'objectif, lui, était simple : éliminer le prince héritier. En effet, la famille royale des Skoviliosnov avait été réduite à quelques membres qui, selon les règles de succession ancestraux du Royaume d'Estalie : le Roi Svelaskia Ier, son fils Estan, la Reine d'Estalie et la fille cadette du Roi, Gadina. Le reste de la famille royale, souvent des cousins éloignés n'intéressaient guère les Estaliens pour la simple et bonne raison qu'une partie d'entre eux ont soit acceptés de concéder leurs titres de noblesse pour rester sur le territoire estalien, soit ont étés simplement éliminés au cours de la Révolution tandis que les rares lointains cousins restants qui ont pu fuir le pays n'ont, selon les règles de succession du trône estalien, aucune légitimité à accéder au trône. Ainsi, dans les faits, nos cibles se limitent à quatre cibles. Suite à la tentative d'assassinat raté de fin Décembre 2013, les royalistes avaient décidés de se disperser afin de brouiller les pistes et éviter de donner l'occasion au SRR de concentrer toutes ses forces sur un seul point précis. Le désavantage d'une telle stratégie, en revanche, c'est qu'elle a dispersé ses moyens de sécurité sur quatre cibles isolées. De ce fait, si le SRR n'en repère ne serait-ce qu'une, son sort est scellé.

Ce fut exactement le cas pour le prince héritier Estan : le SRR avait pu récupérer les images de vidéosurveillance d'un des hôtels fortunés de la ville d'Arashvili, à la base pour les revendre à leurs concurrents comme il est coutumier depuis que le SRR tape régulièrement dans la stabilité de l'économie kartvélienne. Néanmoins, un des analystes du SRR a remarqué sur les images reçues un visage familier qui, après passage au crible de la reconnaissance faciale, s'avérait être le prince héritier. Pas de bol pour le jeune homme, le GI était sur le point de lui rendre une petite visite.

Quatre hommes entrent rapidement à deux heures du matin dans l'hôtel, de simples tenues de costards et des sacs de sport entre les mains pour transporter les armes hors de vue. Rapidement, les évènements défilent à une vitesse éclair : le GI connaît depuis belle lurette le plan de l'hôtel et profitant des effectifs de nuit réduits des quelques vigiles qui s'occupent de la sécurité, un des agents du GI entrent par effraction dans la salle de vidéosurveillance à l'aide d'un pied de biche et en moins de quelques secondes élimine le garde au pistolet-mitrailleur. Système de surveillance coupé, utilisation de balles subsoniques et suppresseur pour éviter l'alerte générale et l'alerte des services de police. Les hommes prennent l'ascenseur jusqu'au 12e étage. Le prince héritier se trouve dans un appartement au 11e étage, sûrement en train de dormir vu l'heure. Les membres du GI entrent dans une chambre qu'ils savent déjà vide, s'équipent rapidement et préparent l'opération comme prévu. A la fenêtre, deux hommes descendent en rappel pour débuter l'insertion dans les appartements du Prince tandis que deux autres descendent par les escaliers d'urgence pour se situer aux extrémités du couloir menant à l'appartement. Ils sont encerclés, deux hommes du GI suffiront amplement à nettoyer la salle mais en cas de fuite, les gardes et le prince seront condamnés aux deux magnifiques fusils d'assaut tactiques ESH-14 qui les attendent au couloir.

"Descente effectuée. On pénètre.
- Tango dans le salon, à toi.
- Je l'ai."


Soudain, c'est comme un éclair qui retentit dans l'appartement fortuné de l'hôtel : les deux agents du GI descendent en rappel et brisent rapidement la façade vitrée du salon. Dans la foulée, plusieurs tirs sont effectués, mettant au sol le garde royal situé dans le salon.

"Suppression, je m'en occupe.
- Tango éliminé."


Plusieurs tirs de panique sont effectués autour de la position du garde qui s'est jeté à terre instinctivement avant que le deuxième agent, jusqu'à là passif, lui colle une balle dans le crâne. Au suivant. Les deux hommes n'hésitent pas et se mettent au niveau de la porte adjacente donnant sur la cuisine.

"Flashbang !" Crie alors un des gardes lorsqu'il remarque la grenade assourdissante dégoupillée juste à ses pieds.

Pas le temps d'en comprendre davantage que la cécité s'empare du garde et de ses collègues. Incapables de voir ou de comprendre ce qui leur arrive, les gardes dans la cuisine sont éliminés un à un avec une précision effroyable, deux balles pour chaque individu. Un tir de pénétration et un tir létal, dans le cas où ces derniers étaient équipés de protections balistiques quelconques. Dernière porte.

"Ils y sont retranchés.
- Défonce la porte."


Rapidement, un des agents sort une charge de poussée et l'a colle sur la porte menant à la chambre du Prince, retranché avec les gardes encore en vie. La charge déclenchée réveille définitivement l'immeuble mais qu'importe : un des agents garde son fusil d'assaut bullpup en bandouilère et dégaine de son dos son arme secondaire : un fusil à pompe, du bon calibre 12 qui allait nettoyer la salle. Au moins, avec ce genre d'armes dans un espace clos comme celui-ci, pas la peine d'apprendre à viser. Même procédé encore une fois : grenade assourdissante avant qu'un des agents se décale du mur et commence à arroser la pièce en mode automatique pour obliger les gardes à se mettre à couvert tandis que le deuxième se lance et abat les membres de la Garde un par un. La fusillade est courte, les gardes ont à peine le temps de riposter qu'ils sont déjà gravement blessés ou tués par la chevrotine du GI. Les coups de feu finissent par cesser.

"Golf-India One, au rapport, à vous.
- Golf-India One à Central, trois DB à signaler, on engage l'identification...
Ici Golf-India One, VIP identifié, l'Aiglon est mort.
- Veuillez confirmez, Golf-India One.
- L'Aiglon est mort.
- Reçu. Evacuez, terminé."


Il ne faut pas longtemps pour l'équipe du GI pour évacuer les lieux. Quelques échanges de tirs ont lieu avec deux autres vigiles à l'arrière de l'hôtel mais ces vigiles, avec de simples armes de poing et sans aucun entraînement militaire, sont rapidement éliminés. Il ne faut pas longtemps au GI pour quitter les lieux avant l'arrivée des forces de police kartvéliennes, le GI ayant déjà prévu sa fuite grâce à des camions avec faux immatricules pour fuir la ville au plus vite, le GI n'aura plus qu'à brûler les véhicules une fois en campagne et se volatiliser dans la nature jusqu'à la prochaine ville, loin des centres urbains et des capacités de surveillance kartvéliennes. Le Prince, quant à lui, gisait dans une mare de sang non loin de ses gardes. Les deux agents ayant utilisés leurs armes ont utilisés deux armes répandues, la première tirant du 5,56 et l'autre du calibre 12. Déterminer l'origine des agresseurs par les munitions est donc impossible, tant les munitions sont répandues dans le monde entier et même si les Kartvéliens devineront certainement le commanditaire de l'assassinat, ils seront surpris de n'avoir aucune trace même quelconque de la main de l'Estalie dans l'affaire, les témoins qui auraient pu faire part des intentions estaliennes ayant étés tués.
189
LVH

La gestion des travaux progresse avec le début de la construction du bâtiment civil. Les tuyauteries sont en cours d'acheminement vers la centrale pour installer les premiers équipements, en particulier les primaires.
9046
Violentes représailles :

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Malgré l'apparente vision de détente qui aurait pu émaner de la Commission aux Relations Extérieures, il semblait évident pour beaucoup de membres de l'administration fédérale estalienne et certainement pour les plus vifs observateurs du gouvernement kartvélien que les Estaliens n'en resteraient pas là. Certes, l'Estalie n'a aucune cible prioritaire quant au gouvernement kartvélien en lui-même qui reste encore relativement indemne des actions subversives pouvant se dérouler sur son sol même si la Kartvélie est, comme la plupart des nations du monde, sujet à un espionnage informatique mais qui ne semble pas spécifiquement viser les Kartvéliens. Néanmoins, il semble que l'Estalie a encore des comptes à rendre à certaines personnes vivant en Kartvélie, notamment en ce qui concerne les terroristes qui ont décidés visiblement de s'en prendre à leurs alliés sur son sol, il y a désormais plus de sept mois de ça. On s'y attendait, le SRR allait encore frapper, mais qui cette fois ?

Pour comprendre qui le SRR avait visé, il faut remonter en fin Janvier 2014, lorsque Malkhazi Chkadua a été assassiné sur une route de campagne entre Pendrovac et Mistohir. Au moment de sa mort, le SRR a rapidement pris la main de l'enquête sur les autorités locales, en faisant de cette affaire une enquête d'ampleur fédérale. Là où la police locale stagnait dans les recherches et semblaient suivre l'option d'une affaire classée sans suite, Mistohir ne l'a jamais entendu de cette oreille et a insisté pour que le SRR reprenne l'enquête et y mette les moyens nécessaires. Tout de suite, le SRR a repris la main sur l'investigation du meurtre. L'analyse balistique, permise grâce aux douilles retrouvées sur le lieu de l'assassinat, donnait déjà de sérieux indices sur la nature des assaillants. Les douilles tirées laissent des marques distinctes qui sont généralement laissées par le percuteur et l''extracteur de l'arme utilisée, ce qui permet avec aisance de savoir une première chose : les armes utilisées étaient des Chkadua, un fusil d'assaut très répandu en Kartvélie et du même nom que l'homme assassiné ce soir-là. A croire que ces Kartvéliens n'ont que peu d'inspiration pour les noms, ou peut-être est-ce un clin d'œil volontaire laissé aux proches restants de la victime. En tout cas, cette triste ironie nous met face à une constatation très simple : dans le pire des cas, le gouvernement kartvélien a visiblement commandité l'attaque et a envoyé des hommes ou a financé en partie des hommes de main pour assassiner Malkhazi ; dans le meilleur des cas, ces armes ont étés achetés purement et simplement. Dans tous les cas, cela signifie que les assassins ou l'organisation pour lesquelles ils appartiennent opère depuis la Kartvélie. Deuxième piste : l'ADN et les empreintes digitales. En soit, il est évident qu'au moment du chargement des munitions, des empreintes digitales ont subsistés sur les douilles même si celles-ci auraient pu être effacées ou partiellement dégradées durant le tir. Néanmoins, une chose ne trompe pas : l'ADN. Il ne suffit que d'une seule goutte de sueur qui aurait coulé sur une de ces balles, une main un peu moite d'un des assassins ou une trace de peau pour pouvoir identifier l'ADN de l'assassin, connaître sa provenance ethnique et si possible faire le lien avec la base de données actuelle du SRR. Les techniques modernes de prélèvement d'ADN ne nécessitent que d'une infime quantité de matière biologique pour fonctionner. Et ça n'a pas tardé : d'origine estalienne. Une seule douille présentait de l'ADN dessus. Les traces de l'ADN permirent d'identifier un seul homme dans le groupe d'assassins : un vétéran de l'Armée Royale, ouvertement ultra-orthodoxe et réactionnaire, qui avait disparu de la circulation pour finir enregistré dans un camp de réfugiés pour Estaliens dans le sud de la Kartvélie peu avant l'assassinat. Bingo, on a une tête à rechercher. Néanmoins, cela ne suffisait pas. Cet homme pouvait être n'importe où et il suffisait de demander aux agents situés dans les camps pour s'en rendre compte : il avait bougé depuis fort longtemps.

Il fallait retracer leur itinéraire pour avoir un semblant de piste. En examinant la position des douilles sur le sol et les impacts de balle sur la voiture, on pouvait reconstituer la scène de l'assassinat et ainsi déterminer la trajectoire des balles et ainsi déterminer où les assassins s'étaient positionnés pour ouvrir le feu. En sachant cela, on pouvait déterminer les itinéraires de fuite les plus probables et retrouver les traces de pneus des véhicules utilisés. Car oui, l'extrême rapidité de la fuite des assassins élimine l'option de la fuite à pied, les autorités avaient déjà bouclés le périmètre dans les heures qui ont suivis, ce qui laisse entendre que le groupe a fui dans un véhicule au moins dans les premières heures qui ont suivis l'assassinat. Une seule trace de pneus semblait correspondre, permettant d'identifier le type de véhicule. Une fois le véhicule identifié, il suffisait ensuite de récolter l'ensemble des vidéos de caméra surveillance des établissements à proximité : les résidences locales, les coopératives, les stations-services. Tout ce qui aurait pu filmer un brin de route dans les alentours de la zone serait catégorisé. Une fois le type de véhicule visé, on n'a plus qu'à traquer les véhicules correspondantes se trouvant dans la région et suivre leur trajectoire respective à partir des autres caméras et ainsi de suite. En priorité, les véhicules montant jusqu'en Kartvélie. Et cela n'a pas manqué : deux véhicules correspondaient au critère dans les quatre heures qui ont suivis le crime et semblaient prendre place au sud de la Kartvélie, à l'est d'Askhurdia. On avait une zone de recherche tangible. Mais ce n'était pas tout. L'enquête numérique permettait de compléter la recherche du SRR sur le sujet : à travers la surveillance par téléphonie mobile, les enquêteurs ont pu examiner les données mobiles des téléphones se situant dans la zone au moment de l'attaquer. Même en imaginant que les assassins aient évités au mieux d'utiliser leurs téléphones durant ou après l'attaque, les FAI peuvent facilement analyser les signaux de téléphonie mobile pour identifier les téléphones présents dans la zone au moment de l'attaque. Il suffit ensuite de transposer la signature du signal des téléphones repérés. Mais comment faire ? Eh bien bienvenue dans le monde du numérique, là où les Estaliens excellent. En soit, étant donné que les Estaliens ont une idée de la zone de recherche, ils n'avaient plus qu'à demander aux agents locaux de poser des dispositifs dits IMSI Catchers, ou ce qu'on appelle plus communément des Stingrays. Ce sont de fausses antennes de téléphonie mobile qui forcent les téléphones à se connecter à elles. Ici, dès lors qu'un des Stingrays repérait une signature mobile identique à celle des signatures enregistrées par le SRR la nuit de l'attaque, le Stingray peut automatiquement capturer l'IMEI (l'identifiant unique du téléphone) et à partir de là suivre la position en temps réel du téléphone. Le compte est bon : on sait qui a fait l'attaque (visiblement des Estaliens rattachés aux Kartvéliens) et où ils sont. Il était temps de leur donner la leçon du siècle.


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Deux membres du GI et une dizaine de fidèles kartvéliens s'étaient joints à la fête dans cette forêt reculée du sud-est de la Kartvélie. Le lieu où se situait la cible était en visuel : un petit chalet au milieu de la forêt, reliée à la civilisation par une simple route de terre. Personne n'aurait prévu dans ce chalet que ce serait la civilisation qui viendrait taper l'incruste ce soir.

"Papa Bravo à Central, cible en visuel.
- A tous les agents, lancez l'assaut.
"

Le chalet était complètement encerclé de toutes parts. Il n'a pas fallu longtemps que dans la nuit obscure, les agents se rapprochent suffisamment près pour entrevoir dans la lunette de leurs armes les énergumènes qui peuplaient ce cabanon. Au moins quatre suspects identifiés. On se fera pas chier à identifier si ceux-ci sont les commanditaires de l'attaque ou non : au moins un d'entre eux était coupable et sa mort se fera ressentir auprès de ses pairs. Si les autres sont avec lui, alors tant mieux.

"Ouvrez le feu, mitraillez moi ça."

Il n'en fallait pas plus. Un déluge de feu s'abat sur le chalet en bois, les balles fusent dans toutes les directions et le bois n'arrête que difficilement les balles. Les vitres se brisent tandis que les cibles sont à terre, tuées ou se mettant à couvert. Rapidement, deux agents kartvéliens se collent à une des fenêtres et tandis que leur camarade de derrière brise la fenêtre du premier étage par deux tirs bien placés, un des agents en avant-garde lance une grenade à fragmentation au-dessus de lui pour choper le premier étage.

"Frag, frag, frag.
- Bang.
- Pénétrez et nettoyez.
- 180 secondes. Magnez vous le cul.
"

La porte est enfoncée à grand coup de pied. Grande ouverte, les échanges de tirs débutent. Un des terroristes couché au sol déballe le chargeur de son arme de poing et blesse à l'épaule le kartvélien qu'il avait en face de lui. Evacué par son collègue du GI à sa droite, l'agent estalien attend que le chargeur de cet enfoiré clique soudainement pour se pencher et lui asséner deux tirs propres dans la boîte crânienne. Quelques secondes supplémentaires suffisent pour lancer les grenades incapacitantes qui suivent, permettant d'éliminer les cibles du rez-de-chaussée. Rez-de-chaussée dégagée, quatre hommes forment la colonne qui montent les escaliers pour la suite. Un de ces terroristes leur tend une embuscade. Il réussit à abattre le malheureux agent local qui tenait la tête de la file. Ni une ni deux, l'Estalien derrière lui rattrape le cadavre inanimé de son collègue, positionne son fusil d'assaut sur l'épaule et utilise son ancien collègue comme bouclier humain pour abattre la cible qui lui fait face. Le dernier est déjà blessé par la grenade à fragmentation lancée plus tôt, il tire maladroitement vers l'entrée de la chambre où il se situe avant d'être abattu d'une rafale traversant le modeste mur de bois se trouvant en face de lui.

"Dernière cible éliminée.
- 20 secondes. C'est déjà trop. On se disperse.
- Et Vald ?
- Laissez le sur place. Son corps nous ralentira, on doit quitter la zone dans les 30 prochaines minutes.
"

Les hommes se dispersent aussi vite qu'ils sont apparus dans la forêt, les tirs n'auront durés que six pauvres minutes qui auront coûtés la vie aux sept imbéciles de la Rache qui peuplaient ce chalet ainsi qu'à un des agents communistes kartvéliens qui travaillait pour le SRR. Au suivant !
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Arrivée des troupes miridiennes en Kartvélie


Introduction :

Les relations entre Miridian et la Kartvélie n'ont pas commencées sous les meilleurs augures. Un accident aérien impliquant les forces miridienne est à l'origine du début des échanges entre les deux états. Lors de cette accident des avions kartvéliens transportant du matériel militaire vers le Diambé sont interceptés par des chasseurs miridians présent sur place. Heureusement l'accrochage ne fut que très bref puisque quelque secondes plus tard, les chasseurs reçurent un contre ordre et abandonnèrent l'interception. Cet accident permis l'instauration d'un dialogue entre les deux démocraties. Rapidement les relations se réchauffent avec notamment des perspectives d'achats d'armes miridiennes par la Kartvélie. Une coopération approfondie est décidée et s'illustre par la signature du traité d'amitié Miridian-Kartvélie. Miridian est historiquement un état très anti communiste, ainsi lorsque les responsables politiques apprennent les relations tendues qu'entretien la Kartvélie avec l'Estalie communiste, la décision de soutenir la Kartvélie vient de soit. Ce soutien se comptabilise surtout dans le domaine militaire. Ainsi l'article 5 du traité d'amitié stipule que : "La République de Miridian promet assistance à la Kartvélie par tous les moyens qui soient y compris militaires en cas d'invasion ou d'attaque d'un état se revendiquant comme communiste". La cible de cette article est évidemment la fédération estalienne et afin de protéger la Kartvélie l'installation d'une base militaire a été décidée. Le rôle des soldats miridians sur place sera simple, dissuader une quelconque invasion estalienne et aider à la protection de la frontière.

2 Voyage

Le trajet du voyage a longtemps fait débat au sein de l'état major miridian. En effet du fait de l'enclavement de la Kartvélie l'acheminement des troupes doit impérativement se faire par voie aérienne ce qui pose des problèmes logistiques. Au départ un premier trajet passant par Rasken, allié de Miridian est envisagé. Une autorisation de survoler l'espace aérien raskenois est même demandée par le ministère des affaires étrangères. Mais devant le refus de plusieurs pays de laisser les aéronefs miridiens les survoler et les importants problèmes logistiques d'un tel voyage, le projet fut abandonné.
Ainsi l'état major pris la décision d'utiliser le tout nouveau porte avion miridian pour acheminer les troupes. Ce dernier escorté par la flotte miridienne, doit contourner le contiennent aleucien par le sud puis voguer vers le Nazum, le contourner par le sud, puis remonter vers Drovolski. Ensuite les avions miridians décolleront sous escorte du porte avions avant de se diriger vers la Kartvélie. Les troupes et le matériel seront transportés en plusieurs aller retours.

3 Composition des forces miridiennes

Flotte navale
Escorte : 1 corvette lvl 1, 2 frégate lvl 1, 1 destroyer lvl 1
Protection et reconnaissance sous marine : 1 sous marin d'attaque lvl 1 , 1 sous marin lanceur d'engins lvl 1
Logistique : 2 pétroliers ravitailleurs lvl 3
Transport de troupes et matériel : 1 navire cargo lvl 1
Navire amiral : 1 porte avion lvl 3

Aviation
Escorte : 10 avions de chasse lvl 6
Transport et logistique : 2 avions de transport tactique lvl 1, 1 avion ravitailleur lvl 1
En réserve : 20 avions de chasse lvl 6, 10 chasseurs bombardiers lvl 4, 10 avions d'attaque au sol lvl 7

Matériel1000 soldats professionnels
1000 armes légères d'infanterie de lvl 10
10 avions de chasses lvl 6
5 chasseurs bombardiers lvl 4
10 Canon automoteur lvl 4
10 Véhicule de combat d'infanterie lvl 1
15 chars légers lvl 1
10 chars d'assauts lvl 1
10601
Ressemblances nationales :

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"Bordel, on est pas si différents que ça, au final."

S'écria alors tout seul Luka, dans son canapé, livre à la main. Dans les faits, le jeune étudiant en droit n'avait pas n'importe quoi entre les mains, il avait eu accès dans son université à un de ces rares livrets récapitulatifs en kartuli de l'Anarchisme Renouvelé que distribuait de plus en plus certains adhérents au PCK. Le livret faisait déjà un carton, même si sa propagation se faisait toujours sous le manteau, ce qui limitait sa portée aux intéressés de base et à tous ceux qui avaient déjà une certaine sensibilité de gauche. Hors de question pour les quelques vendeurs qui le donnaient en totale clandestinité de le confier à des personnes qu'ils reconnaissaient comme de droite : non pas que ces gens-là étaient perdus mais leur proportion à dénoncer tout ce qui est trop à gauche pour eux est assez virulent et agaçant, disons-le. Néanmoins, Luka, en fermant le livre, se rendait bien compte de la situation dans laquelle son pays était empêtré. Les derniers évènements en Kartvélie, notamment l'assassinat de Dmitry Arabidze et les manifestations qui s'en sont suivies ont sacrément mouvementés la vie calme de ce jeune étudiant à Tbligorod. Les changements rien qu'à l'université étaient flagrants : l'université avait une certaine tendance à être politisée et par conséquent, elle accueillait des stands de militants de différents partis politiques afin de sensibiliser les autres étudiants à la vie politique. Luka avait une petite préférence pour Les Rouges, lui qui avait été élevé dans une famille de tradition socialiste. Du jour au lendemain, le stand des Rouges et même des Mains Vertes avaient tout bonnement disparus de son université, accusés de sympathie communiste par les étudiants d'extrême droite qui avaient décidés de jouer la police des mœurs. C'est peut-être ça qui avait décidé Luka à se procurer ce livre. Il était déjà apriori peu convaincu par le communisme et restait globalement modéré quant à la critique de la politique actuelle. En bref, c'était un étudiant qui restait critique dans les limites idéologiques généralement acceptées dans le corpus politique kartvélien. Pourtant, cette véhémence antidémocratique envers les socialistes l'a poussé à s'intéresser à ce qui se fait de plus à gauche dans son pays, peut-être pour connaître les raisons de la haine des étudiants de droite pour le communisme (et briller au prochain débat arrosé qu'il aura dans un bar avec un des mecs de sa promo).

D'habitude très nuancé dans sa façon de penser, il était sûr qu'il allait pouvoir trouver quelque chose à redire à l'idéologie du PCK et aux anarchistes estaliens qui gravitent autour, rejoindre peut-être l'avis de la droite sur leur extrémisme supposé et en même temps nuancer le tout en expliquant que les droitards ne connaissent pas suffisamment bien la gauche pour la critiquer. Pourtant, il fut surpris lui-même de ce qu'il pouvait lire. Que lui avait on dit sur l'anarchisme estalien déjà ? Destructeur, désœuvré, décadent, dictatorial. Il avait déjà fait preuve de scepticisme quand on lui avait dit que les communistes d'en face ne souhaitaient rien d'autre que la remise en place d'une dictature. Après tout, la démocratie directe est probablement la forme de liberté la plus pure qu'on puisse donner, comment l'Estalie pouvait être une dictature ? Comment les communistes kartvéliens qui avaient pris ce régime en exemple pouvaient vouloir quelque chose de différent, de plus dur et de plus dictatorial ? Le système dans lequel il était né et avait vécu ressemblait bien davantage aux critères d'une dictature que ce qu'il pouvait lire et observer par lui-même. Après tout, n'est-ce pas dans les dictatures que l'on est accusé de délit d'opinion lorsque celle-ci n'entre pas dans le dogme désigné par les médias pro-gouvernementaux ? Il y avait aiguille sous roche.

Sur tous les aspects, il énumérait les surprises. La religion ? Respectée et protégée. La différence culturelle ? Mise à égalité entre tous et délimitée pour assurer la subsistance de chaque culture dans son territoire. Le modèle familial traditionnel ? Conservé et même favorisé. La justice coutumière conserve et respecte les traditions locales. L'autonomie des peuples et leur souveraineté est conservée à leur propre échelle tandis que leur protection ainsi que le service qu'ils rendent aux autres peuples, en quête de liberté, est répartie à charge égale. Un devoir rendu comme un service aux peuples étrangers pour que ceux-ci soutiennent leurs camarades le jour où la liberté de leurs propres libérateurs est menacée un jour. Une coopération pure entre les peuples qui semble à la fois utopique mais en même temps peu éloigné de la réalité tant elle se concrétise chaque jour dans les cellules d'abord communistes puis de sensibilité de gauche puis touchant toute la société dans un effet domino insurmontable par les puissants et les oligarques tentant de conserver leur pouvoir désespérément malgré les cris de colère des exploités. Luka pensait être fier d'être Kartvélien, et il l'était, mais sa fierté devait aller au-delà du nationalisme de bas étage auquel tout le monde se revendique jusqu'au jour où le système ne fonctionne plus et que l'égoïsme prend le dessus sur le sentiment de solidarité nationale. Le nationalisme dans lequel il baigne depuis petit est un faux nationalisme, un nationalisme qui arrange bien les souverains du pays mais qui sert bien mal le reste de la population. Ce nationalisme devait s'élever vers la participation de son peuple à quelque chose de plus grand. Tout comme les serviteurs du Christ allant au-delà des nationalités pour chercher le paradis céleste, peut-être que le peuple kartvélien peut aussi, à sa manière et dans la lumière de son orgueil national, participer à une lutte internationale plus grande, qui dépasse simplement le concept de nation kartvélienne et les frontières du monde kartvélien. L'Etat-nation n'a d'utilité que pour celui qui le dirige car celui-ci affronte d'autres Etats de la même nature pour acquérir plus de richesses et plus de ressources, envoyant les jeunes générations sur le champ de bataille. Ce petit livret qu'il avait ouvert l'avait exposé aux contradictions du nationalisme et de ce qu'il mélangeait visiblement trop avec la fierté de faire partie d'un groupe d'appartenance commun avec des ancêtres qui se sont vraisemblablement illustrés dans leurs besognes quotidiennes ou sur le champ de bataille. Le nationalisme comme on lui avait vendu est un instrument politique comme un autre là où sa fierté ethnique est un sentiment. Sa fierté n'empêche pas pour autant de voir son prochain étranger comme son frère, dès lors que les deux parties acceptent de travailler dans un but commun qui satisfait le plus grand nombre. Et ce but, on le connaît que trop bien : celui de la liberté. C'était donc ça, la vision qu'avait les Estaliens ? Une surélévation au-dessus des querelles nationalistes qui ne favorisent qu'un petit nombre et qui ne fait que tromper les masses, croyant se battre pour un groupe commun mais ne faisant profiter en vérité que les chefs de ce même groupe.

Pouvait-on considérer ces Estaliens comme étrangers après ce qu'il avait lu et vu ? Une vision semblable sur la religion (même si l'Etat en Kartvélie n'est pas formellement laïc), une conception commune de la famille traditionnelle, une proximité culturelle intense. Au fond, tous les peuples d'Eurysie centrale se ressemblent un peu : les mêmes gouvernements corrompus, les mêmes problèmes quotidiens, les mêmes temps de criminels aux infos. Ce qui fait la beauté de l'Eurysie centrale au sens culturel, les dirigeants avaient réussis à en faire un point de discorde, convainquant leurs populations que leurs quelques différences historiques et culturelles empêchait tout bonnement le mélange de leur peuple avec l'étranger. L'Eurysie centrale est connue justement pour ses guerres incessantes, son instabilité chronique, justement car les peuples se pensant différents entre eux s'entretuent alors qu'au fond, le sang de leurs ennemis restera toujours le même sang, le sang des hommes. Le discours militariste d'en face qu'on lui avait tant décrit à l'université n'était au final qu'un moyen parmi d'autres de libérer les peuples : c'était simplement le seul moyen de les libérer, il faut arracher la liberté par les armes pour pouvoir pleinement en jouir. La majorité des gens n'y sont tout simplement pas préparés jusqu'au jour où le destin ne leur donne pas d'autres choix que de se battre avec l'énergie du désespoir.

Luka n'était pas le seul à se rendre compte de cette réalité, seul, dans son studio d'étudiant miteux, en train de lire un livre visiblement illégal. Au moins, il comprenait pourquoi les communistes qu'il avait pu fréquenter étaient aussi résolus. Comme Luka, beaucoup d'autres personnes ont eu accès à ce livret, en premier lieu les membres du PCK lui-même, que ce soit les agents loyaux à l'Estalie mais aussi l'électorat en lui-même puis de fil en aiguille, les socialistes puis les écologistes et ainsi de suite jusqu'à tomber sur le mur extrémiste de droite. Les dernières élections avaient vu la montée de l'extrême droite, malgré la conservation du pouvoir par les identitaires ; cette montée s'est faite uniquement sur la peur du communisme plus que par adhésion réelle au discours de l'extrême droite. Néanmoins, si dans le dos ou à échelle locale, on réussit à imbriquer au moins les idées estaliennes qui ont au moins le coup de bol de ne pas être si différents que ça de la mentalité globale kartvélienne et de son tissu sociétal, sans qu'on les fasse pleinement adhérer au discours estalien, on les rend au moins plus ambivalents aux idées, on efface cette image négative donnée dans les grands médias et on effectue de la contre-information clandestine et locale. La société kartvélienne va inévitablement se polariser des deux côtés, entre ceux qui adhèrent et ceux qui n'adhèrent pas et l'Estalie (ou plutôt le SRR, à l'oeuvre dans la distribution de ce livret) n'a pas besoin que ces idées soient majoritaires. Un simple 15% de la population suffit car comme bien souvent, 70% de la population active n'est pas impliquée dans la politique de façon active, elle se contente de suivre. Les 30% restants sont les véritables tenants de la propagation politique et idéologique : dès lors que la majorité de ces actifs politiques sont avec nous, alors l'avis de la majorité peut être aisément remportée. Actuellement, environ 7,5% de la population active kartvélienne (si on se base sur le nombre de sièges du PCK) croit encore au discours du PCK et sera bientôt en voie d'adhérer à celui de l'Estalie, il est important de propager aux 21% restants de nature socialiste ou de centre-gauche d'adhérer à ce discours. Une fois de plus, réunir la gauche ne rendrait pas l'idéologue husakiste majoritaire mais suffisamment influente pour faire basculer le reste dans un effet domino dévastateur. Faire naviguer ces idées se fait également en fonction des couches sociales : ouvriers, paysans, soldats (surtout les conscrits, soit une bonne moitié de l'armée kartvélienne), salariés dans le tertiaire, administratifs. Tout y passe. Tout comme Luka, on retourne le raisonnement anti-communiste à son envoyeur : la soi-disante décadence communiste n'est en vérité qu'une chimère, il faut faire comprendre que la droite se bat pour quelque chose de plus décadent encore et qui tuera progressivement l'identité des nations. C'est le capitalisme, l'ennemi des nations, elle aliène les peuples de leur identité pour en faire de parfaits consommateurs et la droite identitaire, dans sa confortable médiocrité intellectuelle, défend ce système de toute son âme. Le communiste, l'anarchiste ou l'husakiste. Peu importe son nom : il n'est pas leur ennemi.

Luka ferma ce petit livret rouge. Maintenant qu'il y pense, ce livret ne porte même pas de nom à sa page de couverture, comme un petit recueil des psaumes du Nouveau Testament. On sait naturellement l'importance de ce petit livre, il est donc inutile d'en connaître le nom. En tout cas, nom ou pas, Luka se leva et prit son manteau. Ce qu'il ressentait comme un sentiment de malaise envers l'anticommunisme ambiant, il sait désormais y mettre les mots adéquats. Il devait revoir le mec qui lui avait vendu ce livre, histoire qu'il lui demande le siège du PCK le plus proche de chez lui.
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LHV

Les formations des agents sont terminées et les civils viennent de finir les premières étapes de construction. Le BR et le BK sont déjà bien avancés, avec un séchage de 6 mois. L'installation des tuyauteries va pouvoir commencer pour une fin de chantier en 2018, grâce à la légère avance prise.
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