
11 octobre 2013, la grande conférence de Kahitz prévue depuis déjà plusieurs mois démarre enfin. La grande place qui sert de parvis au palais des congrès de la cité de Kahitz est recouverte d'une foule dense venue pour accueillir les délégations des ethnies natives des quatre coins des deux continents.
Le Premier ministre akaltien, M. Ibach Ajtzac, était sur le perron du grand bâtiment pour serrer la main tour à tour aux membres de chaque délégation et leur indiquer où ils devaient se diriger. Une fois tous les représentants assis dans un grand amphithéâtre, ce fut au tour de Mme Piliz Kisin, la ministre de la Culture, de les saluer :
Je suis très heureuse que vous soyez venus si nombreux pour ce grand rassemblement natif dans notre pays ! Je ne serai pas longue, le but est en premier de voir avec quelles idées vous êtes venus prendre part à ce sommet.
Pour le contexte, la préservation des cultures natives aleuciennes et paltoterranes tient très à cœur à notre gouvernement, et cette politique s'est notamment renforcée avec l'installation du Forum Culturel Aleucien ici même, dans cette cité, ainsi que par le triste constat que nous avons fait récemment : l'Akaltie est le dernier État souverain autochtone du "Nouveau monde", tous les autres étant principalement dirigés par les descendants des colons. Nous nous proposons donc en défenseurs des droits des peuples premiers de nos continents, et avons souhaité fonder une organisation dans ce but. Bien évidemment, ceci n'est pas quelques chose à faire "seul", mais avec l'aide du plus d'institutions représentatives possible. Nous vous avons donc contacté dans ce but, mais je crains de ne pas vous avoir appris grand chose de plus que ce qui était déjà indiqué dans nos missives d'invitation jusqu'à présent.
Je vais donc laisser la parole à M. Ajtzac qui va ouvrir les débats en donnant un bref aperçu de la vision de notre pays sur notre sujet.
Ibach Ajtzac s'avança vers le micro et commença :
Notre but est avant tout de créer une entraide entre peuple rescapés des sombres époques de colonisation qu'ont dû traverser nos ancêtres. De nos jours, pour le peu d'habitants natifs restants dans les pays, les conditions de vie sont souvent moins aisées que celles des descendants de colons, et les nouvelles lois ne vont pas toujours dans le bon sens (bien que nous ayons observé une nette amélioration dans les dernières décennies). Une organisation réunissant tous nos peuples aurait un poids bien plus considérable sur les gouvernements, et aiderait sans doute à la mise en place de mesures plus égalitaires dans les pays où ce n'est malheureusement pas encore le cas. Peut-être que ceci aiderait aussi à calmer les tensions entre les différentes ethnies au sein des pays, qui vont parfois très loin voire jusqu'à des attentats, que nous désapprouvons au passage bien évidemment. Ce n'est clairement pas la bonne manière de faire avancer les choses. Ce ne sont heureusement que les faits de minorités extrémistes d'individus, et les majorités raisonnables ont préféré se réunir ici pour s'allier. Je vous laisse maintenant donner vos opinions respectives sur ce que doit devenir ce projet que nous avons initié, car c'est à cette assemblée entière que ce choix revient.
Le Premier ministre recula du micro, descendit de l'estrade et retourna s'asseoir avec les autres représentants akaltiens, attendant qu'une première délégation prenne la parole.