Hernani-centre,
Dans la salle de réception où la plupart des grands pays étaient invités, le Ministre des Relations Internationales de Poëtoscovie s'avance. Le silence, lui, ne cesse pas, voire s'intensifie. L'homme monte alors sur l'estrade, se met face au pupitre. Alors au centre de l'attention des représentants étrangers, la foule applaudie.
Mesdames, Messieurs,
Estimés représentantes et représentants,
Je vous souhaite la bienvenue dans notre capitale, Hernani-centre, où le grand sujet sur toute les lèvres, au coeur de tout échange, sera bien évidemment la création du Tribunal International.
Vous inviter avait un objectif : mettre en relation l'ensemble des États afin de s'accorder sur ce que sera à l'avenir le Tribunal International. Si vous avez des questions, des remarques - ou des compliments à faire (rire du public), nos services sont là pour ça, n'hésitez pas à les contacter.
Après ce diner, nous vous attendrons tous dans la salle des commissions réservée pour ce soir et qui sait, demain aussi.
Le Ministre est applaudit, puis il regagne sa place. Après le diner, l'ensemble des invités sont conduits à la salle de réunion évoquée ci-dessus. C'est alors que le Ministre des Relations Internationales s'avance de nouveau.
Mesdames, Messieurs,
J'espère fort honnêtement que le repas fut bon et qu'il nous permettra à tous de travailler dans les meilleurs conditions afin que d'ici demain, le texte convienne à un maximum d'entre nous. Je sais que nombreux sont ceux qui le trouvent déjà à leur goût, mais ce temps de réflexion s'impose, ne serait-ce que pour que chacun se sente concerné et pour que l'organisation qui en résultera soit fidèle à ce qu'elle dit : l'égalité entre tous, tous les États et tous les peuples. Pour commencer, je vous propose de lire la convention fondatrice :
TRIBUNAL INTERNATIONAL
Titre I – Des Principes Fondamentaux
Article 2 : L’État déposant le dossier ne peut clore l’affaire.
Article 4 : Le Tribunal International n’a en aucune façon le droit de servir de prétexte à un État arrêtant un individu sur le territoire d’un autre État.
Article 5 : La légitimité des condamnation du Tribunal International dont les principes sont régis par la présente convention est considérée comme entrant en vigueur dans le territoire où s’exerce l’autorité de l’État ayant pris part aux délibérations du Tribunal International, sur l'affaire concernée ou une autre.
Article 6 : Dans tous les États où la convention est entrée en vigueur, les décisions rendues par le Tribunal International font foi de jugement et peuvent donc servir de motif à l’interpellation d’un accusé, qu’il soit sur le sol où il a commis l’infraction ou non et sans regard de sa nationalité.
Article 7 : Tous les États, au sein du Tribunal International, possèdent des droits et des devoirs similaires.
Titre II - De la procédure pénale internationale
Article 9 : L’accusé dispose d’un mois pour apporter une réponse au dossier auprès des autorités compétentes.
Article 10 : L’ensemble des États peuvent déposer une décision favorable ou défavorable, si l’infraction est respectueusement considérée constituée ou non-constituée. Les États disposent d'un mois.
Article 11 : Le représentant de l’État qui le souhaite clos l’affaire et prononce la condamnation à l’encontre de l’accusé si elle a lieu. Il ne peut cependant pas faire cela si le nombre d'États s'étant exprimés est strictement inférieur à dix pour les crimes de guerre et crimes contre l'Humanité et cinq pour les actes de terrorisme ou les tueries de masse.
Titre III – Des condamnations
Article 13 : Les crimes contre l’Humanité correspondent, au regard du Tribunal International, aux génocides, aux actes de torture sur civils, aux exécutions d’otages civils, aux actes d’esclavagisme ou aux usages de viols comme des armes et contre des populations.
Article 14 : Les crimes de guerre correspondent, au regard du Tribunal International, aux actes de torture de militaires, aux exécutions de militaires, aux bombardements, aux usages d’armes chimiques ou aux usages d’armes biologiques.
Article 15 : Les tueries de masses correspondent, au regard du Tribunal International, au fait de tuer au moins dix personne et en ayant des motivations autre que politiques ou religieuses.
Article 17 : Les crimes de guerre sont punis par de la prison ferme à vie.
Article 18 : Les actes de terrorisme sont punis par cinquante années de prison ferme.
Article 19 : Les associations de malfaiteurs à l’international sont punis de cinquante années de prison ferme.
Article 20 : Les tueries de masse sont punies de quarante années de prison ferme.
Article 22 : Il ne saurait y avoir de délais de prescription pour un crime de guerre.
Article 23 : Il ne saurait y avoir de délais de prescription pour un acte de terrorisme.
Article 24 : Le délais de prescription pour un association de malfaiteurs à l'international est de trente années.
Article 25 : Le délais de prescription pour une tuerie de masse est de trente années.
Je rappelle que le but du TI n'es pas d'enlever du pouvoir aux États. Tout d'abord, comme expliqué à de multiples reprises, le TI n'aura pas de Traité ni de ratification. L'objectif du TI est que chaque pays possède des droits, soit les mêmes pour tous, mais sans posséder ces devoirs. En effet, les devoirs n'interviendront que si un pays prend part aux délibérations, et encore, car rien ne force un État à se conformer aux décisions du Tribunal International. Il est donc important de ne pas prendre le TI comme une contrainte mais comme un outil pour les États qui se retrouvent victimes de terrorisme ou de crimes de guerre (par exemple).
Voici également les dossiers que vous pourrez déposer auprès des autorités compétentes, comme défini ci-dessus :
A – Dossier
L’accusé pourra se défendre jusqu’au [date RP] , avant que les représentants des États ne délibèrent au moins jusqu’au [date RP].
En outre, l’affaire ouverte est numérotée [chiffre].
Je présente ce jour les faits suivants, sur lesquels seul le Tribunal International sera amené à se prononcer :
[faits]
B – Défense
[présentation de l’accusé]
Je confronte également le dossier à ma version des faits qui me sont reprochés :
[texte]
Par ailleurs, je souhaite ajouter que :
[texte]
C – Avis
[texte]
Reconnaissant alors l’infraction [b]constituée[/b], je demande alors au Tribunal International de bien vouloir condamner l’accusé aux peines prévues pour les crimes suivants :
[crimes]
OU
[texte]
Reconnaissant alors que l’infraction [b]n’est pas constituée[/b] ou que trop peu de preuves démontre la culpabilité de l'individu, je demande alors au Tribunal International de ne pas reconnaître la culpabilité de l’accusé.
D – Condamnation
[crimes reconnus par le TI suivi du pourcentage d’États favorables]
[Madame ou Monsieur] est alors condamné à [chiffres] années de prison ferme. L’affaire est close.
OU
[Madame ou Monsieur] ne pourra alors plus faire l’objet de poursuites devant ce tribunal pour ces mêmes faits. L'affaire est close
J'ai également l'immense honneur de vous présenter le logo officiel du Tribunal International :

Évidemment, tout États étant souverain, rien ne vous oblige à enfermer vos criminels si ce n'est dans votre propre intérêt, même si vous avez participé aux délibérations. Ainsi, rien ne vous empêche de décider de ne pas suivre l'avis du Tribunal International pour un cas qui vous est cher. En revanche, lorsque le condamné sortira de votre territoire qui le défend, rien n'empêchera les autres pays de l'arrêter.
Il est à noter qu'il s'agit là d'une rencontre internationale qui a pour objectif de modifier les présentes modalités de mise en oeuvre du Tribunal International. Bien que chacun soit libre de se prononcer en avance quant au fait qu'il reconnaisse le Tribunal International - et cela les regarde - nous recommandons à chacun d'attendre la version définitive de la convention dont il a été donné lecture et l'officialisation de l'instance. Toutefois, il est à noter que votre choix relevant d'affaires internes à vos nations, il est de votre droit de renoncer à cette reconnaissance - bien que je ne l'encourage pas bien évidemment.
Enfin bref, je vous souhaite de travailler le mieux possible. Madame la responsable des équipes en charge du Tribunal International va maintenant pouvoir échanger avec vous. Je vous prie, Mesdames, Messieurs, de l'applaudir !
La salle frappe dans ses mains telle une tempête dans le ciel. La responsable s'avance, et entamme son discours.
Mesdames, Messieurs,
Je suis certain que nous avons tous rêvé un jour d'une Justice qui irait au-delà des frontières et qui permettrait de chasser les auteurs de crimes qui, aujourd'hui encore, ne demeurent pas impunis. Vous avez pris à l'instant connaissance des travaux menés par mon groupe, et je suis désormais disposée à repondre à l'ensemble de vos questions.
