
L'AAR est le rassemblement le plus conséquent formé suite à la Révolution de Novembre et la dissolution du Parti Populaire Estalien qui comporte principalement les partisans d'Husak, alors majoritaires dans la place tenue dans la Révolution. L'AAR se rallie derrière l'idée de l'anarchisme estalien, appelé plus officiellement l'Anarchisme Renouvelé, dont Husak en est le principal théoricien. De fait, les partisans de l'AAR sont intimement convaincus que les formes plus traditionnelles de l'anarchisme comme les principaux mouvements socialistes proudhoniens, collectivistes ou encore anarcho-communistes qu'ils estiment être des visions biaisées et idylliques de l'anarchisme dans son application réelle. L'AAR regroupe ainsi la plupart des belliqueux du régime, ces derniers estimant qu'il y aura encore des guerres tant que deux Etats existeront sur la même planète et que le monde doit donc être unifiée, au prix du sang s'il le faut. La vision anarchiste de l'AAR est donc très fermement ancrée dans un anarchisme plus "utilitariste" qui permettrait, une fois le monde unifié, au véritable communisme d'être appliqué pour l'ensemble du genre humain. Husak et l'AAR veulent donc leur idéologie comme un moyen de faire triompher la cause socialiste donc comme un moyen plutôt qu'une fin en soi, en utilisant les instruments des capitalistes bourgeois, les socialiser et les retourner contre les exploiteurs.
L'AAR est par conséquent le mouvement le plus atypique du reste de la scène politique estalienne de part son idéologie qui se veut en contradiction avec plusieurs autres positions généralement admises comme des consensus dans les cercles anarchistes mais où Husak semble parfois aller à contre-courant pour proposer une voie plus utile à la cause tout en essayant de conserver intact les idéaux prônés par la cause socialiste. Ainsi, l'AAR promouvoit la formation d'un Etat (une hérésie pour la plupart des anarchistes, sauf pour les anarcho-communistes peut-être) qui se veut fort sur certains domaines qui nécessitent une organisation rigoureuse dans l'application de la Révolution, donc principalement les moyens régaliens comme l'armée. La pensée anarchiste estalienne peut facilement se résumer dans la Déclaration de l'Anarchisme Renouvelé où Husak détaille point par point les thématiques principales de l'idéologie qu'il prône même si, au fur à mesure des semaines, d'autres personnalités de l'AAR semblent développer aussi conjointement avec Husak des explications plus poussées et une vision plus détaillée de la pensée anarchiste estalienne qui émerge à peine et qui a réussi pourtant à s'imposer comme l'idéologie dominante dans la population estalienne.
L'AAR est un club politique qui gagne en influence petit à petit dans toute l'Estalie, la plupart des anciens cadres du Parti Populaire Estalien ayant rejoint le club pour la majorité d'entre eux. Par conséquent, le club conserve une structure très proche de celle du PPE sur plusieurs points. Déjà, les décisions et l'orientation politique de l'AAR est décidé par un Congrès de l'Anarchisme Renouvelé qui se réunit tous les mois et qui constitue la seule autorité décisionnelle de l'Alliance, les décisions qui y sont prises sont décidées à la majorité absolue. Afin de diffuser leur idéologie, l'AAR dispose de bases physiques issus du PPE : un journal nommé le Monde Libertaire (anciennement le Journal Populaire, journal clandestin du PPE depuis 2005 qui a été renommé récemment), une chaîne de radio, des bureaux dans les grandes villes et des bibliothèques de rue dans les villes et campagnes avec la plupart des écrits estaliens et étrangers anarchistes, communistes et socialistes de manière générale, ces bibliothèques visant à instruire les populations locales des idéaux prônés par la gauche estalienne, même si les écrits issus de la ligne directrice de l'AAR sont mises en avant.
En premier lieu, on ne peut mentionner l'AAR sans parler du père fondateur de l'AAR, du premier président (provisoire) de la Fédération, théoricien principal de l'idéologie du club et souvent considéré comme le Père de la Révolution de Novembre, Piotry Husak. Husak est né en 1972 dans les beaux quartiers de Mistohir. Très jeune, il se passionne pour l'économie et la politique. Fils d'architecte (travail alors très bien rémunéré dans les années 1980's), il a le privilège de faire ses études à l'étranger. Son père l'envoie à l'âge de 16 ans dans la section internationale de l'université d'Axis Mundis, à l'époque de la Troisième Confédération du Grand Kah, son père souhaitant faire apprendre à son fils les vertus de la technocratie alors très en vogue à l'époque. Se faisant discret à l'époque de la junte cybernéticienne, il prendra régulièrement contact avec l'opposition au régime et s'attache rapidement au mouvement communaliste. Contre l'avis de son entourage, il reste au Grand Kah et participe en 1992 à la Quatrième Révolution. Il terminera ses études en 1994 avec un doctorat en sciences économiques avant de retourner en Estalie dans le courant de l'année 1993. Tentant de s'immiscer dans le cercle très fermé des économistes d'Etat estaliens, cercle alors très restreint d'experts économiques assistant le Ministère de l'Economie du gouvernement royal, il sera rejeté, jugé trop à gauche selon les critères du gouvernement. C'est alors que Husak tenta de se lancer en politique et commença à fréquenter les milieux républicains de la capitale puis en 1995, il fait dans la rencontre de Bondarenko, député libéral républicain alors exclu du Parti Libéral. Les deux hommes se lient d'amitié et fondent ensemble le Parti Populaire Estalien peu après en 1997. Les deux hommes divergent rapidement d'un point de vue idéologique : Husak est clairement influencé par son passé communaliste et oriente le parti vers une ligne plus anarcho-communiste alors que Bondarenko s'acharne à conserver un minima de libéralisme économique dans son programme et de prôner avant tout le républicanisme. L'assassinat de Bondarenko en 2001 donne les rênes du pouvoir à Husak qui devient de fait la seule tête de proue du parti. Son radicalisme politique influence le parti sur la voie du socialisme révolutionnaire, ce qui vaut l'interdiction du parti en 2005 par les autorités royales. Malgré la clandestinité, le parti gagne en popularité et réussit, malgré la censure, à faire véhiculer ses idées. C'est la jeunesse que Husak va cibler en priorité ainsi que les travailleurs des classes moyennes et populaires. Son pari va s'avérer payant car la crise de 2012 et l'incapacité du gouvernement à régler la crise va le propulser aux premiers rangs du pouvoir dans une Estalie encore bouleversée par la Révolution que Husak a lui-même provoqué. Husak est désormais président provisoire de la Fédération des Peuples Estaliens et toujours tête de proue de l'AAR. Fort de son prestige de révolutionnaire et du souffle de renouveau qu'il a mis en place dans les cercles anarchistes par la création d'un nouveau courant propre à l'Estalie en terme de perception anarchiste, Husak est devenu en quelques temps un des personnages les plus emblématiques de l'histoire estalienne.

La seconde personnalité la plus importante de l'AAR n'est autre que le bras droit d'Husak, Federoy Javusky. Bras droit mais aussi l'homme de l'ombre du Père de la Révolution. Pour cause, Federoy Javusky n'est pas n'importe qui. Né en 1981 à Pendrovac, fils de militaire, il intègre très tôt la Stevka, la police secrète du gouvernement royal. En peu de temps, Javusky va devenir une figure emblématique de l'administration de la Stevka, déjouant peu de temps après sa nomination d'importants trafics de drogue circulant à l'époque entre l'Estalie et la Kartvélie et réussissant par son esprit d'initiative à mettre sous les barreaux plusieurs réseaux mafieux profitant de ce même trafic. Javusky acquiert rapidement une réputation d'homme rigoureux dans l'application de son travail, qui ne pose pas de questions et qui est très efficace. En 2012, lorsque la crise éclate, Javusky prend cependant conscience que le régime royal n'en a plus pour longtemps. Assigné depuis 2006 à la surveillance des activités clandestines du Parti Populaire Estalien, il va l'infiltrer pendant plusieurs années avant d'être converti à l'idéologie du parti en lui-même. Pariant que le régime royal va s'effondrer et que le PPE serait certainement en voie d'accéder au pouvoir, il démissionne de son poste dès le début de la crise et rejoint le PPE dans la clandestinité peu après. Depuis lors, Javusky est devenu l'homme à tout faire du parti, aidant notamment à la neutralisation du FLS dans le courant de Décembre 2013 auquel l'efficacité étonnante lui est entièrement attribué. Fidèle à sa cause, ce n'est pas spécialement un politicien ni un idéologue acharné comme Husak mais c'est à la fois un ami personnel d'Husak et surtout un utilitariste : pour lui, l'idéologie doit s'adapter aux besoins du moment et par conséquent, l'anarchisme estalien est précisément une idéologie qui s'adapte et qui n'est pas immuable. Il rejette la vision statique et immobiliste des courants socialistes traditionnels qu'il estime anachroniques et utopistes sans être capables d'avoir une application réelle dans la réalité.

La troisième grande personnalité de l'AAR se nomme Dimitry Spohiaskov. Ce dernier est une autre grande figure idéologique du Parti. Né en 1969 à Mistohir, il avait intégré le Parti Libéral assez vite dans sa jeunesse en tant que député et était appelé le "Rat de Bibiliothèque" par ses compères députés. Ce surnom ne lui avait pas été donné par hasard, Spohiaskov était un ermite intellectuel évident. Ainsi, si ses prestances oratoires étaient assez exécrables pour les standards politiques, Spohiaskov avait plus d'une facette : idéologue, politicien, économiste, poète, écrivain. C'était un homme de littérature plus qu'un orateur né comme son camarade Bondarenko dont il était très proche. Tout aussi républicain que son camarade, il sera le seul député à suivre Bondarenko au moment de sa retraite de députe en 1995 et sera l'éternel numéro trois du parti. Sophiaskov se montrait en premier temps hostile à Husak et ses idées qu'il jugeait trop libertaires mais après l'assassinat de Bondarenko en 2001, Spohiaskov se range dans les rangs anarcho-communistes et en apportant ses propres commentaires, il participe à l'élaboration idéologique de l'Anarchisme Renouvelé. Il est donc considéré comme le second auteur de l'anarchisme estalien derrière Husak lui-même. C'est lui qui apporte notamment l'idée que le salariat est un esclavage économique, qui définit ce qu'est une dictature parfaite et qui estime à contrario du reste de l'anarchisme, que la famille traditionnelle doit subsister car c'est un modèle sain pour les enfants et un repère évident au développement des personnes, l'absence d'une figure parentale (maternelle ou paternelle) entraînant généralement des dérives psychologiques graves qui, si elles se perpétuent ou se normalisent dans la société, entraînent à leur tour des conséquences néfastes sur le plan sociétal, économique, politique, culturel et générationnel. C'est enfin le théoricien de ce qu'il nomme l'éducation populaire et anarchiste, point qu'il compte publier dans un traité afin de clarifier la position de l'AAR sur le sujet spécifique de l'éducation que Spohiaskov se veut être le cœur de la Révolution car pour lui, si la population n'est pas instruite aux idéaux de la Révolution, alors elle ne peut être durable.

La dernière figure emblématique de l'AAR est sûrement celle de Kristianya Volkiava. Dans les faits, Volkiava n'est pas complètement estalienne. C'est une femme kartvélienne née en 1985 à Askhurdia. Certes, si on remonte dans sa généalogie, on remarque qu'elle descend d'une famille estalienne originaire de Gudawok qui a fui le pays après la mutinerie de Sporisky mais c'est bien la seule cadre importante de l'AAR qui n'est pas née sur le sol estalien directement. Volkiava a grandi principalement dans le monde de l'industrie kartvélienne, notamment l'industrie automobile dont son père était patron d'une petite PME automobile. Adolescente, la jeune femme se découvre de passion pour Internet qui venait tout juste de faire son apparition et devient programmeuse pour les grandes sociétés industrielles kartvéliennes puis estaliennes lorsqu'elle déménage avec sa famille en 2003 à Mistohir. Rapidement, elle traîne avec des cercles républicains puis anarchistes du PPE et se convertit rapidement en militante active. Si Volkiava n'est pas aussi qualifiée et diplômée que les autres cadres du parti, elle fait preuve d'une grande vivacité d'esprit et d'un raisonnement logique assez exemplaire parmi la masse et acquiert petit à petit de la notoriété au sein du Parti. Durant la Révolution, elle guide principalement les équipes de hackers affiliés au PPE qui s'attaquent rapidement aux institutions gouvernementales. Malgré son manque d'expérience politique et une formation plutôt rudimentaire en économie, elle apprend en autodidacte la plupart du temps et elle est aussi considérée aujourd'hui comme une tête pensante de l'AAR, participant aux débats autour de la définition des principes de l'anarchisme estalien.

Si l'AAR est très unie autour des idées anarchistes prônées par Husak, des points divergent et des factions plus ou moins radicales ont rapidement émergés après la formation du club, une sorte de rétrospective du PPE dont l'AAR est issue et qui était déjà à son apogée un agglomérat très disparate de tout ce qui était de près ou de loin opposé à la monarchie :
- Faction conformiste : cette faction, très minoritaire, cherche à faire concorder l'Anarchisme Renouvelé vers les courants plus traditionnels de l'anarchisme afin de diminuer le nombre de divergences entre l'AAR et les autres mouvements anarchistes qui composent la vie politique estalienne
- Faction modérée : les modérés, principalement représentés par Spohiaskov, estime que le caractère militariste de l'AAR doit être contenu par une coopération internationale avec les autres pays socialistes et révolutionnaires afin de mener conjointement à la destruction du capitalisme, les modérés estiment pour beaucoup que le militarisme exclusif à l'Estalie que Husak semble proposer est trop dangereux pour la souveraineté même de la Fédération.
- Faction radicale : très majoritaire et généralement soutenus dans leur ligne directrice par l'approbation d'Husak lui-même, les radicaux sont principalement dirigés en interne par Volkiava ; les radicaux sont partisans d'un militarisme exacerbé, d'une guerre éternelle et d'une modernisation à marche forcée du pays sur le plan militaire et économique, ils sont donc majoritaires dans l'AAR et par conséquent, leur voix compte énormément au Congrès International des Travailleurs sans nul conteste.