27/03/2016
08:02:09
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Résidence Faure

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Résidence Faure
Résidence Faure


FICHE D'IDENTITÉ

Nom : Résidence Faure
Adresse : 12bis rue du Bac, Manticore.
Date de construction : 1960-62

Destination actuelle : Résidence et lieu de travail du Premier ministre de Sa Majesté.


HISTOIRE

Les premiers plans de la Résidence Faure sont pensés en mille neuf cent cinquante-cinq. À l'époque, les politiques teylais et le gouvernement du Royaume s'attelaient à moderniser les infrastructures du pays qui n'avaient pas connu de grandes modernisations depuis la guerre civile du Royaume et l'époque Opinion De Tour. En outre, à l'époque, dans les années mille huit cent soixante-dix, quatre-vingts, le Royaume de Teyla avait mené une politique de grands travaux dans toutes les villes et provinces du pays, afin de mener à bien les premières politiques hygiénistes publiques, mais aussi les premières politiques "d'urbaniste". Ces grands travaux, plusieurs années après la guerre civile, ont fortement diminué la capacité de l'État à investir. En outre, durant cette période, le Royaume de Teyla se retrouve, pour l'époque, avec la dette la plus élevée de son histoire en valeur absolue et les intérêts de la dette sont le premier poste de dépense de l'État.

Pendant plusieurs décennies, les gouvernements successifs du Royaume de Teyla se trouvèrent contraints de naviguer dans une situation économique délicate, face aussi à une situation internationale complexe, obligeant le Royaume de Teyla à maintenir des crédits et des dépenses élevés dans son armée et sa marine. Ces problématiques imposent aux gouvernements de drastiquement baisser les dépenses d'investissement dans l'économie et les infrastructures. Les dépenses d'investissement retrouveront leur niveau d'avant-guerre civile en valeur absolue seulement en mille neuf cent trois. Dans ce contexte, après plusieurs années à repousser le projet, le gouvernement émet un appel d'offres public pour la construction d'un lieu de travail et de résidence pour le Premier ministre en mille neuf cent cinquante-deux. En outre, à l'époque, la Résidence du Premier ministre "Hôtel Jacquenard" et le lieu de travail du Premier ministre "Palais Ourlin" n'étaient plus adaptés aux demandes modernes de l'époque en termes de confort de résidence, mais aussi pour que le Premier ministre et ses équipes puissent travailler dans les meilleures conditions.

En outre, les bâtiments dataient de mille six cent quatre et mille sept cent quarante-trois respectivement, avec une remise aux normes considérée comme bâclée. Le Palais Ourlin est le plus petit palais de la capitale et de ses alentours, il comporte uniquement vingt pièces. Avec ces vingt pièces, le Palais Ourlin ne permettait pas d'accueillir dans de bonnes conditions les équipes du Premier ministre, qui à l'époque étaient les plus importantes en nombre du continent. Les salles de réunion y étaient exiguës, et les bureaux, disposés de manière peu fonctionnelle, rendaient difficiles la coordination et le travail collectif. Quant à l’Hôtel Jacquenard, qui servait de résidence officielle du Premier ministre, il était tout aussi inadapté. À l'origine, il fut construit comme un domaine privé. Au fur et à mesure, il fut adapté pour répondre aux exigences gouvernementales dans les années mille huit cent soixante. Mais les travaux étaient mal réalisés.

En mille neuf cent soixante, le chauffage y était quasi inexistant, on pouvait compter seulement sur les cheminées pour réchauffer les diverses pièces. Ces cheminées ne suffisaient pas à combattre le froid glacial teylais. Le manque d'isolation du bâtiment d'État n'aidait en rien la lutte contre le froid. Les cheminées seules étaient contraintes à l'échec chaque hiver et à chaque apparition du froid. L'été, l'air était irrespirable, bien souvent lourd et chaud. Trop chaud pour pouvoir travailler dans les bonnes conditions pour le Premier ministre et ses équipes. La plomberie tombée en ruine, il n'était pas rare d'entendre craqueler les tuyaux dans la nuit calme, effrayant parfois les occupants selon certaines rumeurs qui circulaient à l’époque. Les fuites d'eau nombreuses laissaient des taches sombres au plafond et sur les murs, rendant les hommes et les femmes malades par cette moisissure se répandant dans la bâtisse ancienne au fil des années. Les plaintes se succédaient au fil du bal des Premiers ministres passant par la Résidence, sur la fin, certains Premiers ministres usaient de leur salaire pour se loger dans un appartement plus luxueux.

L'appel d'offres en mille neuf cent cinquante-sept attira nombre d'architectes, dont des architectes étrangers. C'est l'architecte Jean-Michel Faure, Teylo-gallousant, qui remporta l'appel d'offres grâce à ses propositions avant-gardistes pour l'époque, proposant un design futuriste qui plut énormément aux politiques de l'époque qui étaient au pouvoir. Bien que le bâtiment aurait une allure futuriste, celui-ci se devait de s'intégrer à l'urbanisme de la capitale, Manticore. Pour ce faire, Jean-Michel Landier imagina de grands jardins autour de la Résidence Faure à l'image de la capitale teylaise qui a le plus grand nombre d'hectares de parc par habitant parmi les capitales Eurysiennes. L'intérieur du bâtiment est rempli de contrastes vis-à-vis de la structure d'ensemble du bâtiment.

En outre, plusieurs pièces et couloirs exposent des objets décrits comme "l'avenir technologique" de la nation. Une manière d'aider les entrepreneurs et innovateurs teylais selon Jean-Michel Faure. Plusieurs objets présentés comme le futur à leur époque sont actuellement exposés. On y retrouve le premier téléphone sans fil teylais ou encore la première radio commandée par le Palais royal. En dehors de cet aspect crucial de la résidence, dès l’entrée principale, on pouvait observer un mélange audacieux de styles venant d'époques différentes. La décoration s’articulait autour de couleurs dominantes telles que le blanc, le rouge, le noir et le marron, choisies pour apporter une touche de modernité et d’élégance au bâtiment. Ces couleurs étaient parfois accompagnées de couleurs secondaires qui rompaient la continuité de l'intérieur du bâtiment, redonnant envie aux visiteurs de goûter plus profondément au bâtiment et à son âme.

Les sols en marbre donnaient cette impression de luxe au bâtiment, alors que les meubles, parfois de bois, parfois de métal, laissaient une impression étrange aux visiteurs. Comment devaient-ils réagir au fait que des fresques représentant des scènes des mythologies étaient accompagnées de meubles dont rêvent les plus fortunés de ce monde, aimant une décoration touchant presque au futurisme, à la science-fiction ? Ces meubles, quasiment venus d'une autre époque, n'étaient pas ceux de l'époque de la construction, ils furent tous commandés dans les années deux mille pour la plus grande rénovation du bâtiment. Personne ne réagissait de la même manière à la décoration du bâtiment, dont certaines pièces étaient composées de meubles anciens représentant les dorures de la royauté et d'autres pièces remplies de modernisme représentant l'élégance à la teylaise. Le bâtiment vaudra à son architecte d'être récompensé par ses pairs en étant élu meilleur architecte de l'année mille neuf cent soixante-dix. Une récompense reçue comme un honneur par Jean-Michel Faure et qui lancera une carrière internationale pour cet homme, qui continuera à sortir de terre des bâtiments au design qu'on décrit comme élégant et futuriste.

La construction du bâtiment commence le 4 avril 1960 et se termine le 19 juin 1962. C'est l'entreprise de construction Trullo qui supervisa les travaux, une entreprise teylaise. Les travaux se déroulèrent sans accroc majeur. La cérémonie d'inauguration du bâtiment a eu lieu le 2 juillet 1962 en présence de nombreux journalistes, d'artistes locaux et de politiques, dont bien entendu le Premier ministre et le Maire de Manticore. Assurément, les Teylais étaient conviés à l'événement et le Premier ministre fit son discours d'inauguration devant cinq cents à huit cents Teylais réunis dans les jardins de la Résidence, selon les chiffres des services du Premier ministre de l'époque.


SOMMAIRE :

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L'Hotsaline sur le point de s'enflammer ?
Résidence Faure

Angel
Premier ministre, Angel Rojas


Discussion entre le Premier ministre et son entourage proche.


Le Premier ministre avait dîné depuis deux heures, alors que l'après-midi s'apprêtait à être une rare occasion de repos pour le Premier ministre et les membres du gouvernement, il a reçu un coup de téléphone de son nouveau ministre des Affaires Étrangères. Le coup de téléphone apporta une mauvaise nouvelle au Premier ministre, dont les craintes semblent sur le point d'être confirmées. Afin d'établir un plan d'action et une ligne gouvernementale sur le dossier de l'Hotsaline et de la Mährenie, il réunit en milieu d'après-midi une de ses très nombreuses réunions informelles au sein de la Résidence Faure, qui ont parfois plus d'influence qu'un conseil des ministres.

Pierre Lore :
- La missive que nous a fait parvenir l'Hotsaline est inquiétante, déclara le nouveau ministre des Affaires Étrangères et ex-président de l'Assemblée nationale, les sourcils froncés, inquiet par la situation. Nous suivons de près la situation depuis la prise de parole du chef d'État de la Mährenie, mais les informations que nous avons sont peu nombreuses. Il fit une pause et parcourut la salle du regard, sentant le jugement de ses collègues s'abattre sur lui. Nous savions dès le début que la région était en proie à une instabilité latente. La situation révélée par la missive diplomatique était à prévoir, d'autant plus que le rapport de force, malgré le nombre de pays dans la région, est en faveur de la Mährenie, soutenue très clairement par le Grand-Kah, par des livraisons de matériels militaires, ce qui fait craindre un conflit localisé.

Angel Rojas :
- Oui, je sais bien, merci, soupira le Premier ministre, aux traits du visage fatigués. Les évènements n'arrivaient pas au bon moment, mais pouvaient-ils tomber à un bon moment ? Il se redressa sur sa chaise et prit un air grave afin de montrer toute l'assurance en lui à ses collègues, une assurance qu'il n'avait pas étant donné la situation dans laquelle se retrouvait le Royaume de Teyla. L'Hotsaline paie clairement la politique de l'ancien gouvernement. Faire durer le conflit indéfiniment bloque toute constitution d'un cadre de travail, de discussion sain avec les partenaires de la région, notamment la Mährenie. Le changement de régime et le gouvernement éclaté sous la forme d'une coalition de partis n'arrangent rien à la situation, tant les divergences doivent être nombreuses au sein du gouvernement de l'Hotsaline. Du moins, je présume.

Pierre Lore :
- Je ne sais pas précisément quelles sont les divergences qui habitent les partis de la coalition gouvernementale qui n'est que temporaire, le temps des élections, répondit Pierre. Comme le Premier ministre, il prit un air grave. Ce qui pose un gros problème de légitimité dans un contexte où celle-ci est nécessaire. Toutefois, le gouvernement actuel semble uni dans les décisions qu'il prend, ce qui n'empêche pas le débat avant la prise de décision, soyons clairs. Mais j'estime que cela est un bon signe pour nous. Le coup de force réalisé par l'opposition a un problème de légitimité, mais il nous offre un cadre de discussion clair, permettant d'influencer le gouvernement sur la démarche à suivre pour espérer refroidir l'escalade provoquée par l'arrivée du matériel militaire venant du Grand-Kah. Nos marges de manœuvre sont faibles sur ce dossier, pour éviter un conflit régional. Si la question est d'éviter une invasion de l'Hotsaline, j'estime qu'elles sont plus grandes étant donné nos relations avec le Grand Kahn. Il secoua la tête, pour appuyer son propos.

Valérie Coutre :
- Je rejoins mon ministre de rattachement, ajouta Valérie Coutre, la ministre déléguée à l'Organisation des Nations Démocratiques, en hochant la tête. Il est évident que la Mährenie est soutenue, directement ou indirectement, par le Grand-Kah, ce qui complique évidemment les jeux diplomatiques dans la région d'Eurysie centrale. Nous avons des engagements clairs de défense avec l'Hotsaline en cas d'attaque sur son territoire. Ces engagements sont universels, peu importe l'attaquant ou les attaquants. S'ils activent les clauses du traité, nous devrons les défendre.

Olivia Catasta :
- Mais soyons clairs, le rapport de force est en faveur de la Mährenie, intervint la ministre de la Défense et des Armées, face à une situation inédite pour elle. L'intervention au Hvítneslånd n'était pas comparable, le rapport des forces est clairement en faveur du Royaume de Teyla comparé à de potentielles actions armées contre la Mährenie. La capacité technologique du pays est trop avancée comparée au Royaume de Teyla dans les systèmes d'armes et opérationnels pour que nous puissions décemment penser à des actions militaires. Dans l'attente de connaître les intentions de la Mährenie, je conseille vivement de nous en tenir à des actions diplomatiques soutenant l'Hotsaline, cela peut être une non-reconnaissance des discussions existantes dont la médiation est réalisée par le Kolisburg. Il serait judicieux de mettre une pression amicale sur l'Hotsaline, afin que cette dernière oublie toute volonté d'action militaire, en dehors d'une situation de défense. Mais même dans ce cadre, le rapport de force est favorable à la Mährenie.

Angel Rojas :
Je comprends votre position Olivia, dit le Premier ministre sur un ton neutre afin que la ministre ne soit pas contrariée par la suite de la réponse. J'émets des doutes quant à la pertinence de mettre la pression sur un de nos partenaires qui participe à notre Pax Teylica, j'y vois plutôt une manœuvre qui aura l'effet inverse et éloignera le gouvernement en place du Royaume de Teyla et de l'Organisation des Nations Démocratiques. Cependant, je suis d'accord avec votre point de vue sur l'évitement d'un conflit et attendre le comportement de l'Hotsaline vis-à-vis de la Mährenie. La question dorénavant, c'est comment faire ? Nous supposons que des nations ciblées par la Mährenie tenteront de monter une coalition contre la Mährenie, ce qui serait habile, mais je doute des chances d'un tel mouvement. Il me semble que nous devons attendre les positions officielles des états dans la région et acter que nous ne reconnaîtrons pas les résultats des discussions que mène le Kolisburg afin de permettre à ces dits états de venir nous voir.

En attendant Pierre, voici ce que je veux voir dans la missive diplomatique pour l'Hotsaline.....
40213
Des changements pour la politique teylaise : virage à gauche ?
Résidence Faure

Angel
Premier ministre, Angel Rojas


Discussion entre le Premier ministre et son entourage proche.


Mise en situation :
L'attente était longue pour toutes les personnes dans la salle. Tous attendaient la même personne, qui tardait à arriver sans que l'on sache la raison du retard important du Premier ministre, Angel Rojas. Le Premier ministre n'avait pas pour habitude d'être en retard aux réunions prévues entre les membres du gouvernement. Lorsque le Premier ministre était en retard à ces réunions, il y avait toujours une bonne raison. Pourtant, cette fois, l'assemblée de ministres réunis pour discuter du projet Manticore 2030 n'était aucunement au courant de la raison d'un tel retard. Cela faisait déjà plus de vingt minutes que le Premier ministre aurait dû être présent, mais pourtant aucun signe de lui. La situation rendait les ministres tendus, le Premier ministre n'était pas le seul dans ce Royaume à avoir un emploi du temps chargé. Nombre de ministres pensaient à leur famille durant cette attente, aucun n'aurait pu prédire ce qu'il allait advenir en ce soir de neige. D'un coup, le chef du cabinet du Premier ministre entra dans la pièce et prit la parole :

- Le Premier ministre sera là d'un instant à l'autre, il s'excuse pour son retard. Il est actuellement au téléphone avec Sa Majesté. Déclare le chef de cabinet du Premier ministre, le regard droit et la voix ferme.

Tandis que le chef de cabinet, Mathieu Lava, espérait que les ministres n'allaient pas questionner la raison d'un appel aussi tardif, l'assemblée de ministres réunis ce soir à la Résidence Faure devenait méfiante face à l'annonce. Lorsque l'homme dit "au téléphone avec Sa Majesté", ils comprirent tous "En communication avec Sa Majesté" et certains ministres, plus que d'autres, se mirent à réfléchir sur la signification d'un tel échange à cette heure tardive. La ministre de la Défense et la ministre de la souveraineté nationale échangèrent un long regard interrogateur, d'autres ministres tentèrent de dissimuler leur frustration face à un retard qui serait long et presque impertinent. L'interrogation laissa place à l'inquiétude face à la situation actuelle. Pourquoi Sa Majesté avait-elle contacté le Premier ministre à cette heure tardive, alors que la réunion était prévue depuis plusieurs jours ? Ou est-ce le Premier ministre qui avait appelé Sa Majesté ?

Jean-Pierre Proud, ministre de l'Écologie et de la Planification Territoriale, toujours le regard vif, à l'affût de la moindre rumeur, du moindre ragot à l'intérieur du gouvernement et du tout Manticore, scruta le chef de cabinet, le dévisagea même. Il tenta vainement de déceler la vérité derrière les mots du chef de cabinet, mais l'homme ne semblait pas en savoir plus que les ministres présents. Quant à Julia Courage, elle plissa légèrement ses sourcils, puis vint lever son verre en faisant face au ministre des Affaires Étrangères tout en faisant mine de tousser :

- Si c'est le Premier ministre qui est à l'origine de l'appel, j'ai l'impression que nous pouvons assister à des changements importants au sein du gouvernement, si vous voyez ce que je veux dire. Alors, remaniement ou dissolution ? Je vous parie dix pétales sur la dissolution !

Le ministre des Affaires Étrangères acquiesça lentement d'un signe de la tête. Il devait avouer que sa collègue porte-parole du gouvernement, et pas seulement, n'avait pas tort sur ce qui pensait être la réflexion qui l'avait mené à une conclusion peu enviable pour lui et ses collègues. Le Mouvement Royaliste et d'Union était à la traîne dans les sondages, stagnant à trente pourcents, parfois, ils étaient crédités de vingt-huit pourcents des voix. L'opposition, elle, se renforçait, tutoyant les vingt-cinq pourcents. Cela n'était que le début, pensa-t-il comme tous ses collègues. On savait que l'homme politique le plus charismatique du royaume, Jean-Louis Gaudion, allait prendre les rênes du parti Les Royalistes. Ce n'était qu'une question de mois, voire de semaines. Une prise de poste après sa fonction de Secrétaire général de l'Organisation des Nations Démocratiques, un poste prestigieux dans le parti qui avait créé l'organisation.

Cela serait un geste risqué, mais habile que la dissolution. On a vu une situation bien pire pour la gauche dans le pays et Pierre Lore en était conscient. De plus, une dissolution ferait taire tous ceux qui veulent prendre la place du Premier Ministre. Les instances du parti semblent se rendre compte que cet homme n'a pas la stature pour faire face à la Loduarie, du moins c'est ce que colportent les opposants internes d'Angel Rojas. Pierre Lore était l'un des seuls dans le parti indifférent à ces guerres internes, il pensait avant tout à son local de dix mètres carrés dans son ministère, dans lequel il se sentait en sécurité et en confiance. La porte-parole était au courant de l'indifférence du ministre, mais elle savait qu'il était observateur et parfois un stratège redoutable, du moins c'est ce que lui avait dit un diplomate icamien. Lore lui répondit de manière dédaigneuse :

- Je ne parie pas sur le destin de ma nation, ma chère. Vous avez un détachement que je ne peux avoir, mais je vous envie. Mais pourquoi pensez-vous qu'il s'agit d'un appel du Premier ministre à Sa Majesté, dit-il en se penchant vers la ministre pour éviter les oreilles indiscrètes ? Rien ne nous indique que c'est le cas, je serais même surpris que le Premier ministre dérange Sa Majesté à cette heure-ci, surtout pour une dissolution ou un remaniement, cela peut attendre demain, il me semble. S'il s'agit d'un appel de Sa Majesté, déroule-t-il en posant son verre sur la table basse, alors nous allons sûrement entendre le mot "Loduarie" prononcé par le Premier ministre de Sa Majesté dans l'heure. Peut-être s'agit-il d'un événement lié à l'un de ces fils aussi ?

Julia Courage détestait la manière de Pierre de respecter constamment les institutions du Royaume de Teyla. Il dut ajouter à chaque fois "de Sa Majesté", comme si elle n'était pas au courant du nom de la fonction d'Angel Rojas. Tout le monde savait qu'il était le Premier ministre de Sa Majesté, peu de monde disait le nom en entier et beaucoup se contentaient du nom court. Mais les mots du ministre avaient réussi l'exploit de calmer l'impatiente Julia Courage.

- Vous avez sans doute raison, Pierre, dit-elle pour se rassurer. Vous savez, ce n'est pas facile, la situation actuelle, surtout pour Angel. Le pauvre, il doit passer ses journées à calmer les fous du volant qui veulent entrer en guerre contre la Loduarie Communiste, les loups affamés. De l'autre côté, il doit s'assurer que la Loduarie ne s'immisce pas dans les zones d'influence du Royaume et il doit gérer ces bandeur de pétrole que sont les Raskeniens.

- Vous décrivez là mon travail quotidien, dois-je vous rappeler mon poste au sein de l'équipe gouvernementale ? Je dois jongler entre les partisans de la ligne dure et la ligne "on discute" avec la Loduarie. Mais ces derniers temps, je ne crois pas que la Loduarie Communiste préoccupe le plus notre Premier ministre, sans pouvoir dire quel sujet a pris la place de la Loduarie Communiste dans l'esprit du Premier ministre. Peut-être aucun sujet ne l'a remplacé. Il est étonnant de voir comment la Loduarie Communiste s'est calmée, pour notre plus grand plaisir bien entendu. Deux possibilités, pas incompatibles entre elles. La Loduarie tempère ses actions violentes sur la scène internationale afin de redorer son image auprès des régimes communistes et pouvant être neutres vis-à-vis d'elle, comme le Duché de Gallouèse. Soit la montée du fascisme, comme l'a évoqué Lorenzo dans son discours du 1er janvier, est considérée comme la menace principale. Je pense, à titre personnel, qu'il s'agit d'un mélange des deux hypothèses. La Loduarie Communiste ne risque plus d'être bien longtemps considérée comme le chef de file des mouvements communistes eurysiens au regard de l'activité de certains en la matière. L'avènement de Citadelle et du Bloc Nationaliste Eurysien renforce la menace fasciste et réactionnaire en Eurysie et aussi dans le monde. C'est une menace pouvant être considérée comme sérieuse maintenant.

- C'est là une vision des événements récents qui me paraît bonne. Il est vrai que la Loduarie Communiste se montre beaucoup moins hostile envers le Royaume de Teyla, sans qu'on puisse expliquer autrement la chose que par votre argumentaire, qui vise juste selon moi. Mais cela devient inconvenant pour le Royaume de Teyla. La montée du fascisme et la Loduarie Communiste, cela veut dire que le Royaume de Teyla a deux menaces. La Loduarie Communiste se suffit à elle seule, nous n'avons pas besoin que des fascismes de pacotille viennent s'ajouter dans la bataille. Mais nous n'avons pas le choix.

- Oui, et c'est là tout le drame, ma chère, répondit Pierre en regardant fixement son verre.

Les cliquetis incessants résonnaient dans la pièce qui était plongée dans un soudain silence, brisant avec les habituels chuchotements de ragots, les rires décomplexés de la ministre de la Défense ou encore les incessantes taquineries de Jean-Pierre Proud. Rapidement, les cliquetis mécaniques furent secondés par des cliquetis métalliques des talons du Premier ministre. Ces sons résonnèrent dans le long couloir menant au salon de la Résidence Faure, là où le Premier ministre aimait bien recevoir ses ministres et son entourage, afin de prendre les meilleures décisions pour lui, mais aussi pour le pays. Les sons effrénés dans un silence assourdissant donnèrent un air d'autorité naturelle au Premier ministre, d'autant plus que celui-ci allait être annoncé, toute voix hurlante, par la garde royale. Tout spectateur de ces scènes d'annonces de la garde royale reconnaissait leur aura, les ministres pourtant habitués à l'exercice restèrent fascinés et subjugués face à la scène presque silencieuse, puis d'un coup, une voix brisa ce silence et fit résonner dans toute la Résidence Faure, un lieu du pouvoir, le nom du Premier ministre.


L'arrivée du Premier ministre de Sa Majesté :
"Angel Rojas, Premier ministre de Sa Majesté !"

Rappelant à tous que le nom d'Angel Rojas incarnait l’autorité du Royaume et qu’il était lié, par-dessus tout, à celui de Sa Majesté. Il était le Premier ministre de Sa Majesté, Julia Courage, qui jusque-là se moquait presque de cette formule, comprit pour la première fois pourquoi Pierre Lore s’efforçait de prononcer, presque religieusement, cette expression dans son intégralité. Durant ce court instant, la ministre de la Défense oublia tout complot minutieusement ourdis contre le Premier ministre, qu'elle avait mis en place, afin de le remplacer. Les uns et les autres presque instinctivement, s'étaient levés, restant droits comme des I et inclinant leurs têtes vers le Premier ministre. Ce soir-là, alors que la neige tombait sur la capitale, le gouvernement semblait retrouver son unité qui l’avait porté à la victoire aux dernières élections législatives. Les querelles, les soupçons et les rivalités qui bouillonnaient en chacun d'eux par soif de pouvoir, cessèrent d'exister pendant des courtes secondes, se rappelant soudainement, à la vue du Premier ministre, leur devoir envers le Royaume et envers Rojas.

Le Premier ministre Angel Rojas sentit le poids de leurs regards alors qu’il se tenait là, droit et immobile, observant ses ministres se redresser et s’incliner presque instinctivement. Toutefois, Rojas n'était pas dupe de la situation. Ce n'était pas pour lui qu'ils restaient impassibles et respectueux, ce n'était pas envers lui qu'ils étaient éblouis. Ils respectaient sa fonction, mais ce n’était pas lui, Angel Rojas, qu’ils honoraient. Comme à chaque fois, il se rendit compte qu'on honorait sa fidélité à Sa Majesté Catherine III, plutôt que son sacrifice pour le Royaume de Teyla. Il comprit, ce soir, enfin ce que ses prédécesseurs avaient tenté de lui faire comprendre : nul ne peut rivaliser avec la Couronne. Son lourd regard, accusateur, regarda longuement Olivia Catasta.

Il savait ce qu'elle complotait. Rosalia Chabas, présidente du parti et Maire de Manticore, lui avait fait transmettre les projets de Catasta et de chacun de ses ministres par ailleurs. Rosalia était une alliée très utile, alors qu'une partie de son parti politique, qu'il avait mené à la victoire, trouvait qu'Angel était usé par deux années de pouvoir. Il comprenait la critique, mais la trouvait injuste. Le parti restait premier dans les sondages, certes il avait baissé de plus de sept points, mais cela était normal. Les Royalistes avaient retrouvé un semblant d'unité, après un congrès qui entérina la nomination de Julia Roberta à la tête du parti. Elle était habile, mais moins habile que son successeur Jean-Louis Gaudion. La bataille sur les classes populaires et moyennes s'annonce rude et cruciale pour les prochaines élections. En outre, Jean-Louis Gaudion est beaucoup plus sensible à la question sociale et à la pauvreté que ses collègues à droite de l'échiquier politique. Toutefois, si ce changement de doctrine a lieu au sein de la droite gouvernementale, alors les classes populaires et moyennes pourront être amenées à voter en faveur de la droite, plus facilement. C'est justement ces deux classes sociales qui ont permis à l'actuel Premier ministre d'être élu avec la plus grande majorité pour le Mouvement Royaliste et d'Union.


Une course d'endurance qui fait débat :
Le Premier fit comprendre d'un geste de la main que tout le monde était invité à s'asseoir. Angel Rojas s'assit devant toute l'assemblée de ministres. Certes, tous les ministres ne sont pas présents, mais les plus essentiels, alliés comme ennemis, sont présents et sont attentifs à ses paroles pour des raisons bien différentes. Rojas inspira profondément, conscient que les paroles qu'il allait prononcer revêtaient une importance pour le Royaume de Teyla, sa capitale Manticore, mais aussi pour son avenir politique personnel.

- Messieurs, dames les ministres, je vous remercie pour votre présence et veuillez m'excuser pour mon retard. Dit-il d'une voix calme, ses yeux balayaient la salle pour jauger les réactions des ministres présents. Malgré son retard justifié, pensa-t-il, il avait irrité les ministres. Ce qu'il observa confirma sa pensée. Il reprit d'une voix ferme, ne laissant aucune place à la négociation : Comme vous le savez, j'ai eu Sa Majesté au téléphone. Sa Majesté demande au gouvernement de Sa Majesté de veiller à la sécurité de Son Altesse Royale, Lucas Courvoisier, qui doit participer à la course de Rallye au Faustinans. Pierre, si les autorités du pays ne vous ont pas contacté d'ici deux semaines, veuillez les contacter pour organiser la sécurité du prince. Sa Majesté m'a fait comprendre qu'elle souhaite qu'une équipe médicale et policière teylaise accompagne le prince sur place. Le ministre regarda fermement l'assemblée, espérant ne recevoir aucune contestation.

- Une équipe médicale et policière ? Répondit instinctivement le Ministre des Affaires Étrangères, se redressant légèrement de sa chaise, incrédule face à la demande de Sa Majesté. Le Premier ministre confirma d'un signe de la tête l'affirmation et le questionnement de Pierre Lore. Si nous contactons le ministère des affaires étrangères Faustinans, je pense qu'ils accepteront la demande. Après tout, il s'agit d'une demande classique lors d'une visite d'état, mais ici il ne s'agit nullement d'une visite d'état. Je doute qu'ils le prennent mal sur ce sujet. Toutefois, concernant l'équipe médicale, bien qu'il s'agisse de l'un des fils de Sa Majesté, je ne peux pas vous garantir que les autorités Faustinannes accepteront. Le pays accueillant ce Rallye, dangereux, a des compétences notables en médecine, ils sont égaux à nous sur ce sujet. Ils pourront se sentir insultés par une telle demande. Le ministre de Rojas, regarde droit dans les yeux son supérieur. Le Premier ministre crut sur l'instant que Pierre tentait de défier son autorité, mais Pierre essayait seulement de comprendre les raisons qui ont poussé Angel à accepter les demandes de Sa Majesté.

- J'en conviens, Pierre, dit-il sur un ton autoritaire, pour affirmer son emprise sur Pierre Lore. Je ne peux hélas vous donner raison sur ce dossier. Sa Majesté est très préoccupée par son fils ces temps-ci, elle me l'a fait comprendre au téléphone. Cette course s'annonce comme la course la plus mortelle de ces dernières années, certains prédisent une hécatombe et je suis malheureusement de cet avis, en espérant me tromper. Il est évident que les mesures de sécurité ne seront pas respectées par les écuries concourantes. J'ai tout fait pour convaincre Son Altesse Royale, le prince Lucas Courvoisier, mais il souhaite participer à cette course qu'il croit mythique, alors que cela sera juste un cimetière à ciel ouvert. Après ces mots, le Premier ministre passa sa main sur son œil droit, visiblement inquiet par la situation.

- Mais justement ! S'exclama Pierre, dans une rare prise de parole durant laquelle il éleva la voix. C'est pour ces raisons graves que Son Altesse Royale ne doit absolument pas participer à une telle course. Elle aurait lieu à Teyla, qu'il participe, mais la course aura lieu dans une nation étrangère et cela change tout. Imaginons que Son Altesse Royale meure sur le circuit, ils ne pourront pas déclarer la mort sur le circuit, ils le feront à l'hôpital, voire pire, ils nous demanderont de le transporter dans un hôpital teylais, afin d'éviter que les autorités du Faustinans aient à déclarer la mort d'une personne de la famille royale. Excusez-moi, monsieur le Premier ministre, mais cela ferait mauvais genre si nous devions annoncer la mort de l'Empereur Raskenois par exemple. Cela sera un désastre diplomatique, dit-il en amenant ses mains derrière sa tête.

- Je sais tout ça, Pierre, je sais tout ça... Mais j'ai mis toute mon influence afin que le Prince fasse machine arrière ou que sa mère l'empêche, mais aucune de mes tentatives n'a fonctionné pour l'instant. Il est évident que nous devons partir du principe que le Prince va participer à la course de Rallye et d'endurance et que nous devons prendre en considération toutes les possibilités au niveau de la sécurité du Prince. Attentat, foule de personnes aux abords de la piste, mouvement de panique, je veux un plan pour chaque situation fait en coopération avec les autorités du Faustinans.

Les ministres présents regardèrent le Premier ministre, ils voyaient devant eux un homme déterminé et qui ne lâcherait pas l'affaire. Mais encore une fois, la situation était défavorable au Premier ministre, il ne céderait point, non pas par envie ou conviction personnelle, mais parce qu'il n'avait pas su influencer les bonnes personnes au bon moment. Le Premier ministre s'était dévoilé faible et pas autant écouté qu'il le laissait entendre, par la famille royale, devant ses ministres. Un coup qui pouvait être fatal pour le Premier ministre, si les ministres allaient raconter aux députés cette scène. Une chose qui serait réalisée à coup sûr et peut-être même durant la nuit. Yasmine Laval, ministre de l'intérieur et fervente soutien du Premier ministre, savait qu'il était très compliqué d'influencer les prises de décision du jeune prince, pour ne pas dire impossible. Le seul moyen d'empêcher le prince de participer à la course était de contraindre l'écurie de la famille royale à changer de pilote, mais cela n'était prêt pas d'arriver.


Une changement de politique intérieure :
Le Premier ministre hocha la tête pour clore définitivement le sujet sur la participation du prince à une course d'endurance. Dorénavant, il devait évoquer un sujet encore plus délicat que la participation d'un membre de la famille royale à une course mortelle. Il ne savait pas comment cette situation était possible, mais pourtant il devait l'affronter. Plongé dans ses pensées, il détourna le regard vers la fenêtre et observa la neige qui tombait. Les flocons tombaient délicatement sur le sol et commençaient à former un tapis blanc élégant. Ce décor et ce spectacle, en d'autres circonstances, auraient pu détendre le Premier ministre, mais actuellement la scène qu'il voyait transmettait un message d'inquiétude, comme les travailleurs inquiets de ne pas pouvoir aller travailler à cause des routes périlleuses, de ces personnes ne pouvant réchauffer leurs appartements du au coût de l'électricité.

Il redoutait ce qui allait suivre. Cette peur s'observait sur son corps qui voulait exprimer les pensées du Premier ministre. D'abord immobile, sa jambe droite se mit à vibrer discrètement, mais le mouvement s'intensifia de plus en plus et devint impossible à cacher. Les ministres présents voyaient bien cette peur qu'avait le Premier ministre, une peur qui ne rassura en rien les membres du gouvernement sur l'avenir du chef du gouvernement. Ils pensèrent tous à l'instant que ce dernier était fini, allait annoncer sa démission. Mais pourtant c'était bien un projet contraire à une démission qu'avait en tête le Premier ministre. En outre, Angel était inquiet parce que son annonce allait peut-être provoquer la fin de son gouvernement, si ses ministres ne le suivaient pas et même si ses ministres le suivaient, alors il allait devoir trouver une toute nouvelle majorité. Sa majorité allait être affaiblie à coup sûr, des députés du parti, les plus centristes, viendraient s'opposer en interne ou publiquement.

Qu'ils s'opposent en interne n'était pas la plus grande peur d'Angel. Il estimait que le nombre de députés pouvant être perdus par le changement de cap était entre quarante et cent-dix députés. Un tel chiffre ferait perdre la majorité absolue au Premier ministre, mais ce qui serait encore plus fatal pour son avenir serait des critiques dures et publiques venant de son propre parti politique, le parti qu'il avait amené à la victoire. Pour s'assurer la victoire, comme il l'avait fait trois ans plus tôt, il voulait révolutionner le pays culturellement et politiquement. Cela montrait avant toute chose que le Premier ministre n'était pas le plus grand des idéologues que comportait la planète, mais plutôt un opportuniste et un stratège. Mais un stratège peut être brillant ou maudit par ses défaites successives. Il avait déjà gagné une bataille en étant Premier ministre. Mais qu'en était-il de la bataille à venir ? Il avait obtenu un soutien implicite de Sa Majesté au téléphone, mais cela ne voulait pas dire que les ministres et les députés allaient suivre naturellement le Premier ministre qui changeait sa politique intérieure "profondément".

- Avant d'aborder le prochain sujet qui me tient à cœur, j'aimerais qu'on accueille parmi nous José Luiz Tainã-Kan, un conseiller de Fang Industrie qui nous fait l'honneur de sa présence. Il est évident qu'au regard du sujet qui sera abordé, il est primordial qu'un membre d'une entreprise de la tech soit présent afin qu'il observe comment fonctionne le gouvernement et les institutions d'État. Les arguments du Premier ministre sont pertinents et véridiques, mais ils cachent une manœuvre beaucoup moins éthique. Il espérait que la présence d'un employé d'une entreprise étrangère allait permettre d'éviter les critiques trop dures à son encontre et qu'ils attendraient avant de faire les critiques. Pendant ce court laps de temps, il espérait pouvoir convaincre les plus récalcitrants des ministres. José, après avoir salué respectueusement les membres du gouvernement, s'assit à côté du ministre de l'Écologie et de la Planification Territoriale, Jean-Pierre Proud, ministre qui salua d'un signe de tête l'étranger. Le Premier ministre reprit la parole :

José, merci pour avoir répondu à l'appel du gouvernement de Sa Majesté, c'est un plaisir. Comme vous le savez, nous allons aborder durant cette réunion le projet Manticore 2030 qui, comme vous le verrez, a déjà avancé. Les discussions entre l'État central, la région et la ville sont quasiment terminées, nous espérons obtenir un accord final l'été. Toutefois, messieurs dames, la situation actuelle pour le Mouvement Royaliste et d'Union est loin d'être idéale, même si elle n'est pas catastrophique. Mais comme vous le savez, Jean-Louis Gaudion prendra la tête prochainement du parti Les Royalistes. Cet homme, un homme habile, ne pensait pas le contraire, sera l'adversaire pour le prochain candidat du Mouvement Royaliste et d'Union au poste de Premier ministre lors des prochaines élections. Cela sera soit lui ou un homme ou une femme de gauche. Dit-il en regardant Yasmine Laval qui avait raclé sa gorge à la seule évocation du mot "homme". Pourquoi pas une femme après tout, même si Rojas était le candidat naturel à sa réélection pour l'instant.

Cet événement, couplé aux récents sondages dans lesquels le Mouvement d'Union et Royaliste est certes premier mais confirme la chute de popularité auprès des électeurs, et je n'ose évoquer les sondages d'opinions favorables sur ma personne. Ces sondages, nous devons les prendre au sérieux, afin de répondre aux attentes du peuple, de la promesse que nous avons faite le soir du 19 février 2014 aux élections. Je m'en rappelle car j'étais celui qui s'est exprimé devant la foule, aux abords du Jardin des Espoirs. Puis nous nous sommes rendus au Palais pour dire à Sa Majesté que nous étions prêts à gouverner, ce qui était bel et bien le cas. Toutefois, je souhaite attirer votre attention : avons-nous fait de notre mieux ? Avons-nous réduit la pauvreté, amélioré les emplois, amélioré les salaires, les conditions de travail ? Certains y trouveront leur compte en fonction de leur idéologie et de la ligne qu'ils défendent en interne. Mais au regard des sondages, bien que pas catastrophiques, je le répète, les électeurs pensent que non, et notamment les classes populaires, qui avaient cru en nous et qui se détournent vers la droite.

Alors que le Premier ministre parlait, Olivia Catasta, la ministre des Armées et de la Défense nationale, faisait une mine déconfite. Elle comprenait aisément que le ministre n'était pas en train de faire un discours d'adieu, mais bel et bien un discours pour motiver les troupes afin qu'elles suivent le Premier ministre. Elle ne savait pas où allait le Premier ministre exactement, mais elle était bonne en calcul et savait qu'elle avait en base de soutien une vingtaine de députés. Si la lutte pour le poste le plus convoité du Royaume commençait réellement ce soir, alors la partie était vraisemblablement mal engagée pour elle.


Une querelle majeure, interventionnisme contre laisser-faire :
Chers collègues, c'est avec le cœur lourd mais rempli par le devoir qui incombe à ma fonction que je vous annonce mon souhait de changer la politique gouvernementale et de la discuter entre nous ce soir mais aussi durant les jours et les semaines à venir. Le gouvernement du Royaume de Teyla doit élever chaque Teylais, y compris les classes populaires et les classes moyennes. Nous devons mettre au service des Teylais la puissance de l'État. Alors qu'il avait à peine fini sa phrase, Olivia Catasta souffla et s'exclama par-dessus le Premier ministre :

- Angel, avec tout le respect que je te dois, je ne peux pas te laisser dire cela. C'est inconscient. Le Premier ministre ne réagit pas, en dehors de regarder paisiblement la ministre, ce qui fit monter une sensation étrange chez la ministre de la Défense. Je sais que la période actuelle que nous traversons tous ensemble est difficile vis-à-vis de l'opinion publique. Par cette remarque pas vraiment subtile, la ministre rappelle que le parti a de moins en moins confiance en Angel pour gouverner et assurer la victoire aux prochaines élections. Tu l'as dit toi-même, la situation n'est pas catastrophique, elle est inquiétante, et encore je ne suis pas sûr de ce constat. Nous menons actuellement dans tous les sondages pour les prochaines législatives qui auront lieu dans trois ans. Nous avons le temps de retrouver les électeurs des classes populaires. L'État n'est pas là pour sauver ceux qui n'ont pas l'intelligence pour survivre dans la société moderne, la sélection naturelle est un élément auquel nous ne pouvons faire face. D'une phrase cinglante et provocante, la ministre aguerrie vient de résumer la doctrine politique qui domine dans la classe politique et une grande partie de la société civile depuis les années quatre-vingt. Elle rappelle à tous la violence de la société teylaise et le fait qu'ils ont tous choisi cette violence et l'ont même encouragée en dérégulant toujours plus. Ce n'est pas les mesurettes envers les classes populaires qui allaient quoi que ce soit et elle le savait très bien, tous le savaient.

- Si, je puis le dire car cela est notre devoir et est la vérité, la puissance de l'État doit être au service de tous les Teylais et plus particulièrement des classes populaires et modestes. Olivia fit les gros yeux face à cette réponse représentant le culot des élites teylaises. Il était inimaginable qu'un politique puisse avoir une pensée autant de "gauche", notamment d'un homme ayant le pouvoir. Elle trouva cela presque dangereux. L'État devait mener une politique favorable aux entreprises pour venir en aide aux classes populaires et moyennes. Il devait se contenter du strict minimum, en dehors des services élémentaires, pour pouvoir se concentrer pleinement sur la menace loduarienne. Olivia, je sais que vous n'êtes pas d'accord et je vous retiens pas. Mais vous n'avez pas à me couper la parole, je suis votre supérieur que cela vous plaise ou non. Sur le fond, rendez-vous compte de vos propos que nous entendons trop souvent dans la bouche de nos opposants. Nous avons été élus pour réduire le temps de travail, pour augmenter les salaires, pour sortir les gens de la pauvreté. Même Veslna est plus progressiste que nous sur les conditions de travail, j'en ai bien peur.

- Angel, je reconnais votre rôle et votre fonction, mais ne confondez pas supériorité hiérarchique et vérité absolue. Ce que vous proposez n’est pas seulement irréaliste, c’est une forme d’irresponsabilité politique. Olivia respira fortement afin de ne pas sortir des mots qui bouillonnaient en elle mais dépassaient sa pensée. Le Premier ministre combattait pour garder son poste, elle ne s'y attendait pas. Elle devait mettre le Premier ministre à terre aussi vite que possible, c'était une occasion rare de le faire ce soir et le faire devant un nombre important de collègues. Si elle gagnait la passe d'armes, alors elle ressortait confortée pour être la prochaine Première ministre du Royaume de Teyla. Vous parlez d’un État au service de tous, en particulier des classes populaires et modestes, mais cela sonne terriblement creux. Vous savez aussi bien que moi que l’État n’a pas les ressources illimitées que cette vision implique. Notre budget des armées est bien trop élevé pour ce faire et c'est une chose bonne pour faire face à la menace loduarienne. Notre dette, jusqu'ici pas importante, s'est alourdie massivement sous le mandat de votre prédécesseur et le vôtre. Elle marqua une pause et scruta chaque visage qu'elle pouvait voir autour d'elle et notamment celui du Premier ministre. Le visage du Premier ministre montrait une volonté de ne pas céder, pourtant elle devait continuer :

Vous parlez d'élever tous les Teylais, soit, mais pas au prix de notre dynamisme et de notre croissance économique, qui nous ont permis d'être la deuxième puissance du continent, une puissance régionale voire une puissance de premier plan sur la scène internationale. Sortir des gens de la pauvreté, oui, mais les mots ne suffisent pas, Monsieur, renforçons la compétitivité de nos entreprises afin que ces dernières puissent augmenter les salaires et investir dans de meilleures conditions de travail. L'État ne peut pas redistribuer ce qu'il n'a pas, sous peine que celui-ci croule sous les intérêts de la dette, provoquant une crise économique sans précédent, qui mettrait à mal bien plus de gens qu'actuellement.

- Olivia, je vous écoute, mais vous êtes l'exemple parfait de ce qui m'effraie depuis deux mois. Notre manière de gouverner est-elle la bonne ? Je ne le crois pas. Pouvons-nous gouverner sur des chiffres, des statistiques qui prennent deux années pour être confirmés comme le Produit Intérieur Brut, qui contrôle notre manière de faire la politique budgétaire, économique et toutes les autres politiques ? Est-il normal qu'un indicateur économique arbitraire prenne toute cette place dans le débat public ? Vous dites que la Loduarie Communiste est une menace pour le Royaume. Personne dans cette pièce ne pense l'inverse et moi le premier. Il s'agit du pays le plus barbare du continent, qui devra subir un jour ou l'autre le projecteur de la justice teylaise pour avoir tué deux citoyens de notre nation. Mais qu'en est-il de la foi des citoyens envers leur pays ? Olivia, je vous le demande, pourquoi défendre une nation dans laquelle nous n'avons plus foi ? Il est évident que je ne parle pas de moi, mais de l'ouvrier qui se lève à quatre heures du matin et qui n'a plus rien sur son compte en banque à partir du quinze du mois.

L'État doit investir dans les infrastructures bien entendu, dans les entreprises cela va de soi, mais aussi dans son peuple. C'est une question de responsabilité et qui ne devrait pas faire débat. Pourquoi croyez-vous que nous avons l'instruction publique et/ou privée ? Il y avait peut-être de la bonté d'âme dans cette décision, mais nous investissons dans l'école publique parce qu'elle crée des hommes et des femmes qualifiés pour travailler dans des emplois qui rapportent plus à l'État mais aussi à eux-mêmes. L'instruction permet au Royaume de garder un train de vie pour sa couronne et sa famille royale mais aussi pour nous, ne l'oubliez jamais. Vous dites qu'il faut les laisser se débrouiller. Soit, Olivia, je vous regarde démanteler l'instruction publique et privée et laissons les hommes et les femmes se débrouiller. Dans vingt ans, vous gouvernerez un royaume d'abrutis qui ne sauront pas utiliser une voiture. L'humain doit être guidé dans une certaine mesure et cela n'est pas mal, surtout dans une société moderne qui se complexifie dans tous les domaines.


Manticore 2030 : Une révolution technologique pour la capitale et Teyla ?
Olivia, vous parlez de dynamisme et de croissance économique, de répondre aux attentes des entreprises pour qu'elles puissent augmenter le cadre de vie du salarié par l'augmentation des salaires entre autres. Bien que cela doit être désormais accompagné par des lois, j'ai plusieurs projets qui vont vous satisfaire, vous et vos partisans. Le Premier ministre ne lâche pas du regard sa ministre de la Défense. Il savait les complots qu'elle se permet de faire derrière son dos, le mot partisans évoque toute la trahison qu'il ressent d'un acte comme celui-ci. Olivia ne pouvait feindre la surprise qui s'affichait sur ton visage entier. L'expression était trop naturelle et Angel prit un plaisir malsain à observer seconde par seconde les expressions défilées sur le visage de sa ministre.

- Je vous écoute, répond-elle, tout en s'asseyant, alors que la surprise mêlée à la colère l'avait amenée à se mettre debout, comme pour défier une ultime fois le Premier ministre, dans un combat à son désavantage dorénavant. Elle savait ses soutiens parmi les ministres présents, mais pas un n'était intervenu pour lui venir en aide, pas un ne l'avait soutenue dans ses interventions. À cet instant, elle était seule, une heure avant, ils étaient plus de cinquante dans le parti à soutenir son projet.

- Tout d'abord, notre politique devra se concentrer sur l'expression suivante : offrir un monde meilleur à nos enfants. On entend cette phrase partout et tout le temps, n'est-ce pas ? C'est ainsi un slogan facile à retenir parce que justement on l'entend partout, mais attention parce que on l'entend partout, ce slogan peut être assimilé à tout sauf au projet que je porte et que nous allons porter tous ensemble, chers collègues. Comme vous le savez, depuis plus de dix années, l'État teylais, la région et la ville de Manticore négocient ensemble pour investir dans la capitale afin de créer plusieurs quartiers. Nous avons ainsi créé la Vallée de la Création, une technopole, un tout nouveau quartier d'affaires est en construction, etc. Récemment, la ville et l'État se sont mis d'accord sur le financement de la rénovation de plusieurs immeubles et des propriétés d'État, ce qui a entraîné un nombre impressionnant de travaux dans la capitale.

Ce projet essentiel ne s'arrête pas là, car en parallèle des discussions étaient en cours entre les parties citées auparavant pour le projet ambitieux Manticore 2030. Comme vous le savez sans doute, ce projet cherche à définir la ville de demain, une capitale prospère, soucieuse de ses citoyens tant au niveau bien-être que des libertés avec un fort dynamisme économique, Olivia. Notre victoire a permis d'accélérer les discussions avec la ville, étant donné que nous sommes de la même couleur politique. Il a été convenu d’intégrer, dès la phase de conception des infrastructures, une vision tournée vers une possible robotisation de certains aspects de la vie humaine. Toutefois, cette idée reste selon moi prématurée et n’adviendra pas avant plusieurs décennies. Je dois l'admettre, le projet permet aux endroits adaptés à une robotisation de fonctionner normalement, comme actuellement, en attendant le progrès technologique, ce qui était une nécessité afin d'éviter de ruiner la capitale. Ce qui est beaucoup plus réaliste et faisable aujourd’hui, grâce aux technologies actuelles, c'est la création d'une ville ultra-connectée.

La nouvelle ambition de Manticore 2030 doit être de repenser entièrement l'urbanisation et notre conception de l'urbanisation. Tenez, pourquoi ne pas rendre ce qui est fixe dans nos villes par des éléments bougeants ? Les marquages sur la chaussée sont fixes actuellement, pourtant avec des LEDs, ceux-ci pourraient être dynamiques. Une piste cyclable à midi deviendrait à vingt-deux heures des places de parking, évoluant en fonction des besoins au sein d'une même journée. Nous avons les entreprises sur notre sol pour construire un réseau intelligent nécessaire à ces LEDs mais aussi pour un système de capteurs aidant le politique et les agences nationales dans leurs prises de précision. Des capteurs pour mesurer la circulation, les pollutions de tous les types dont sonore, la météo. En surface, un réseau de transport intelligent via des véhicules autonomes, voitures, bus et camions en plus de la livraison de colis et de la gestion de déchets qui serait organisée et gérée par des automates/robots. Avec mes mots, je touche uniquement la surface de Manticore 2030 et ce que doit être l'ambition que doit avoir le projet.

Bien entendu, il faudra développer des moyens pour adopter de nouvelles législations et réglementations. Je pense à une commission spéciale au sein de chaque chambre parlementaire mais aussi d'agences publiques qui auront pour rôle d'aider le législateur mais aussi de contrôler la mise en pratique des lois et de s'assurer que les entreprises privées comme publiques respectent les lois et les réglementations. Il faudra un dialogue poussé et entretenu entre les entreprises et l'État, pour une entraide dans la conception et la mise en place de l'infrastructure numérique et technologique du projet. Nous allons devoir rapprocher les entreprises du BTP aux entreprises de la tech. C'est un projet et un défi immense qui nous attend, mais c'est un projet pour bâtir une vie meilleure. La ville de Manticore a réalisé un joli logo en plus.


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- Le projet que vous présentez est pour le coup réellement ambitieux, répondit Jean-Pierre Proud, ministre de l'Écologie et de la Planification Territoriale. Outre le recentrage de la politique gouvernementale à gauche, le projet Manticore 2030 que vous présentez redemande de rediscuter avec la région et la mairie sur tous les sujets afin de construire une ville cohérente, et cela veut dire l'arrêt ou la suspension temporaire de certains projets déjà en cours.

- Je rejoins mon collègue, répondit Camille Pourin, ministre de la souveraineté nationale. La ministre, plongée dans ses notes rédigées par ses conseillers afin de préparer au mieux cette réunion, n'était pas les intrigues du Mouvement Royaliste et d'Union, elle n'était pas membre du parti. Elle était la membre d'un micro-parti de gauche social-démocrate et écologiste, le recentrage à gauche de la politique gouvernementale lui convient parfaitement car plus en accord avec ses convictions. Elle finit par relever sa tête de ses notes tout en regardant le Premier ministre, elle déclare sur un ton neutre : Toutes les technologies nécessaires à ce projet ne sont pas encore abouties et demanderont du temps afin qu'elles arrivent à bout et puissent être utilisées de manière massive comme le demande un tel projet. Cela pose une question essentielle : Qui sera maître de ces technologies ? L'idéal, sans vouloir fâcher José ici présent, est bien évidemment que la majorité des technologies proviennent d'entreprises teylaises, comme vous l'avez évoqué sur les LEDs, nos entreprises peuvent participer à ce projet volontiers.

Plus primordial, il sera important que le Royaume de Teyla soit souverain sur l'infrastructure développée mais sur les data centers avant tout. Le stockage de données provenant de citoyens teylais doit être dans des data centers teylais de tier III ou IV. Pour une meilleure sécurité et que les systèmes continuent de fonctionner même en cas de panne, il est évident pour moi qu'il faudra utiliser des data centers de tier IV même si il conviendra à l'entreprise de décider cela. Étant donné que le Premier ministre a demandé à mon ministère, afin de préparer cette réunion, une note sur les data centers, vous trouverez dans l'annexe onze, une possible évolution du nombre de data centers au Royaume de Teyla. Cette hypothèse part du principe que l'État subventionnera une partie des constructions et aidera les entreprises dans leurs démarches. Sinon, si les aides financières sont basses, mon ministère s'attend à cent cinquante à deux cents data centers en deux mille trente.




- Il faut penser aussi à la demande énergétique de telles infrastructures, Camille, reprit Jean-Pierre Proud. Les data centers sont très énergivores en énergie, tout comme le sera une ville ultra-connectée. Mon ministère étant en charge de cette question, je peux vous dire que l'investissement devra être conséquent, avec une répercussion sur le coût de l'électricité. Les investissements qui devront être faits vont être énormes, Monsieur le Premier ministre, ce n'est pas une augmentation du coût de l'énergie de trois à quatre pourcents dont je parle, pour pouvoir financer les infrastructures demandées. Imaginons le prix moyen d'un réacteur nucléaire à trois milliards de pétales. Notre consommation électrique passera de deux cents trente TWh à huit cent cinquante-deux TWh, afin de pouvoir être souverain malgré les maintenances, nous devons compter sur une production de combien, Camille ?

- Pour être assuré d'être souverain, mon ministère estime que nous avons besoin de vingt TWh de plus, donc nous avons besoin de huit cent soixante-quinze TWh.

- Donc on doit trouver six cent quinze TWh, peut-être même plus pour remplacer les centrales polluantes. Mais passons ce sujet pour l'instant. Sinon, nous prenons les réacteurs de la centrale de Villedor, les plus puissants que nous avons actuellement, alors un réacteur produit huit TWh, j'ai arrondi à la dizaine inférieure pour avoir une marge de manœuvre. Il nous faut donc soixante-dix-sept réacteurs nucléaires de ce type. Il nous faut trouver donc trois cent milliards de pétales. Si on prend cinq milliards par réacteur, ça fait six cent vingt milliards. Sur le premier scénario, nous atteindrons vingt milliards d'investissements par an et le second scénario un peu plus de quarante milliards. C'est énorme et infaisable, j'ai envie de dire, Monsieur le Premier ministre. Je comprends mieux votre volonté d'augmenter les taxes.

- Je connais les chiffres de vos ministères, du moins ceux-là. C'est effectivement beaucoup, mais clairement pas impossible. Votre calcul est biaisé par le fait que votre calcul estime que les nouvelles constructions seront uniquement du nucléaire, ce qui serait malvenu de notre part. Tout d'abord, parce que les réacteurs nucléaires sortent de terre en beaucoup plus de temps qu'une centrale à gaz et coûtent beaucoup plus cher. Là où un réacteur nucléaire va coûter entre quatre et huit milliards, la centrale à gaz sera autour du milliard pour une production parfois plus élevée que certains réacteurs. Un futur basé sur des centrales à gaz et des réacteurs nucléaires pourra permettre de tenir nos objectifs si le projet Manticore 2030 est validé par toutes les institutions du Royaume de Teyla.


Les discussions au sein du Salon de la Résidence durèrent longtemps, plus longtemps que prévu. Les discussions étaient cordiales et Olivia Catasta s'enferma dans un mutisme. Celle qui avait l'habitude de donner son avis sur chaque sujet semblait abattue par les événements. Cela n'était pas actuellement le problème du Premier ministre, cela le deviendrait si elle continuait pendant plusieurs jours à montrer un tel comportement, ayant des conséquences sur son travail. Les discussions tournaient autour de la faisabilité du projet pour le Royaume et non uniquement le Royaume de Teyla, celui-ci développe sa vision d'ensemble. Tant bien sur la politique de l'innovation que sociale. José aida bien les membres du gouvernement. Chacun se rendit compte que le projet Rojas était un projet réfléchi et qui pouvait avoir des effets à court terme, nécessaires pour les élections arrivant dans deux ans. Le Premier ministre avait fini par avouer sa volonté de se présenter devant un nouveau vote de confiance et de réaliser un nouveau discours de politique générale pour être honnête envers les députés et les électeurs. Il avait fini par poser la question tant redoutée : "Qui me suit parmi vous ?" En dehors d'Olivia Catasta, tous levèrent la main.

S'ensuivit une scène d'une incroyable violence. Olivia Catasta enclencha une vague d'insultes envers deux de ses collègues, qui étaient censés la soutenir mais qui ne firent rien en cette soirée enneigée. Le Premier ministre dut demander à la garde royale d'évacuer la ministre de la Résidence, une humiliation qui risque de tendre les relations au sein du gouvernement. Toutefois, le Premier ministre ne réagit pas publiquement. Préférant une approche plus discrète, il annonça qu’il s'entretiendrait en privé avec eux pour envisager les mesures à prendre.

L'agitation ne retomba pas de la nuit, dans le salon. Les ministres présents s’évertuaient à passer des appels frénétiques, réveillant des députés en plein milieu de la nuit. Une scène cocasse se déroula à l'Assemblée nationale alors que les députés débattaient en séance du projet de loi visant à renforcer les compétences des régions. Les téléphones des députés se mirent à vibrer, émettant des sons en pleine séance. On pouvait observer les députés sortir de l'hémicycle pour y rentrer cinq minutes plus tard. L'Assemblée nationale devenait une fourmilière durant cette nuit enneigée. Il fallait convaincre les députés du parti et des députés de gauche en dehors du Mouvement Royaliste et d'Union d'accepter de soutenir le Premier ministre afin de construire une nouvelle majorité. Durant ce même laps de temps, les conseillers d'Olivia Catasta appelèrent les députés tout autant, pour construire une majorité. Mais un troisième personnage s'invita dans la course au petit matin. Ce n'était ni plus ni moins que Antoine Carbasier.

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Toujours et encore la Loduarie !
Résidence Faure

Angel
Premier ministre, Angel Rojas


Discussion entre le Premier ministre et son entourage proche.
25/03/2015



Le ciel était bleu, le soleil éclairait la capitale de son plus beau et puissant éclat en cette période de l'année. On entendait les cris et les chants des oiseaux qui donnaient une âme à cette ville remplie de parcs. Ils entraient et sortaient comme ils le souhaitaient de la Résidence Faure, au contraire de leurs compagnons humains qui, eux, devaient faire face à un important dispositif de sécurité. Les jardins de la Résidence Faure étaient somptueux et démontraient que ce domaine était vu comme un art par ceux qui entretenaient les lieux. La pelouse, d’un vert éclatant à chaque instant de l'année, était soigneusement entretenue, taillée à une hauteur idéale pour que le sentiment soit agréable, qu'on veuille y marcher ou s'y asseoir. Nombre d'artistes invités à la Résidence Faure passèrent des heures sur cette pelouse pour peindre ou écrire, trouvant le calme propice à l'inspiration et à la découverte de soi.

Au loin, de l’autre côté des hauts murs de la Résidence, on entendait des cris et des rires d'enfants sortant des écoles de la capitale. Un contraste face à la réalité du pouvoir qu'offrait la Résidence Faure. Le poids du pouvoir pèse sur les Hommes et les Premiers ministres teylais ne dérogeaient en aucun cas à cette règle immuable. Il rongeait profondément ceux qui s'aventuraient trop près d'un pouvoir solitaire et autoritaire, bien qu'il rongeât parfois les hommes et les femmes faisant de leur mieux, en respectant à chaque instant les institutions démocratiques du Royaume. La vie est parfois injuste. Mais parfois, la beauté est présente comme lorsque le soleil se met à éclairer la planète. Il arrivait rarement et avant tout par chance, que le pouvoir sublimât les talents des Hommes qui se donnaient corps et âme pour la "chose publique" ou encore se comportaient en tant qu'homme d'État. Angel Rojas était-il de ces hommes et de ces femmes ? La réponse à la question est forcément complexe, pourtant il était facile de constater que trois ans de pouvoir n'ont pour l'instant point usé l'homme, qui actuellement se détendait avec une amie.

Angel Rojas, Premier ministre de Sa Majesté : Ainsi vous avez fait la connaissance de Marc Lapine, Son Altesse Royale Marc Lapine, dit Angel Rojas en rigolant tout en se tournant vers son cocktail Sazerac. La couleur du cocktail était pour lui difficile à identifier. Est-ce du rouge ou du marron foncé ? Il reprit sur un ton demi-sérieux, toujours avachi sur son siège en plein soleil. Je l'ai rencontré qu'une fois, il m'est apparu comme impertinent, il m'a dit : "Ah, vous êtes Premier ministre, on n'aurait pas dit." Sur le moment, je l'ai mal pris, très mal pris. Mais avec le recul, je m'y fais, je pourrais même en rigoler avec une dose d'alcool suffisante. L'assemblée gloussa. Je l'ai rencontré à l'occasion de... de... rahhh, ça va me revenir, j'en suis sûr ! Main sur la tempe pour aider à sa réflexion, le Premier ministre entra dans une concentration digne des plus grands érudits et soudain, il claqua des doigts avec sa main libre : Bordel, je l'ai vu lors d'un salon de jeu vidéo à Manticore. Une convention, je ne sais plus trop quoi autour des jeux vidéos. Que c'était nul !

Yasmine Lavale, Ministre de l'Intérieur : Je veux bien te croire, Angel ! S'exclama Yasmine Laval en mettant sa main sur l'épaule du Premier ministre teylais. Il m'a fait la même impression, du moins, je crois. C'est un homme atypique, c'est certain, pas timide, pas farouche comme dirait certains. Il m'a carrément draguée devant ma femme ! Quel toupet il a, bordel. Tu aurais vu Jeanne, dit-elle en rigolant, elle a failli faire une syncope devant les représentants de l'association. Il est venu faire une intervention pour la prévention de la sécurité routière. J'ai cru à un moment donné qu'il allait fusiller un des gamins qui n'arrêtait pas de bavarder, dit-elle hilare en donnant une tape au Premier ministre alors qu'il buvait son cocktail. Il est impertinent comme tu le dis, mais il est drôle au moins, je ne crois pas qu'on s'ennuie avec lui. Dommage qu'il soit un homme et que je sois mariée. En dehors de ça, cette soirée et rencontre étaient, dirons-nous, banales, heureusement que Jeanne a su retenir ses coups encore une fois, sinon pauvre Marc, il aurait eu un œil au beurre noir.

Angel Rojas, Premier ministre de Sa Majesté : Apparemment, c'est un très bon pilote, pour ça qu'il porte les couleurs de l'Écurie Courvoisier pour le prochain championnat de monoplace. Ils appellent ça de la Formule 1, je crois, drôle de nom pour une compétition sportive. Certains espèrent le titre dans cette compétition qui s'annonce serrée de tous les côtés. Perso, je m'en tape tant que l'image de la famille royale n'est pas ternie. À vrai dire, Marc Lapine, vu ses récents propos sur la mort d'un camarade de course, pourrait ternir cette image. S'il s'éloigne de l'écurie, je ne vais pas bouder mon plaisir, loin de là. Lucas Courvoisier aime trop le sport automobile pour que celui-ci le laisse pourrir l'écurie de sa famille. M'enfin, pour l'instant, je suis médisant, ma chère, il n'y a rien eu pour l'instant, tant mieux, dit-il sur un ton las tout en sirotant son cocktail et profitant de la vue qu'il avait sur les arbres dansant au rythme du vent sous un soleil parfait.

Alors que Yasmine allait répondre, un homme venait vers les deux personnes d'État du Royaume de Teyla. Ils se regardèrent dans les yeux en se demandant quelle était la raison de l'interruption qui allait advenir dans quelques secondes. Après plusieurs secondes, l'homme qui portait la tenue des majordomes de la Résidence Faure vint apporter à l'oreille du Premier ministre que Pierre Lore demandait une entrevue avec le Premier ministre. Encore des problèmes, pensèrent Angel et Yasmine aussitôt la prise de parole du majordome. Connaissant l'homme, cela n'était pas un problème personnel qu'on devait à Pierre Lore, mais plutôt pour le Royaume de Teyla, ayant un lien avec la diplomatie. Une guerre sur le continent eurysien ? Une frappe ayant tué du personnel diplomatique ou civil teylien dans un pays du monde ? Des preuves de génocide ? Les pires scénarios passèrent dans la tête de Yasmine qui plaignait à l'avance le Premier ministre. Angel Rojas savait qu'il s'agissait sans doute de la réponse loduarienne à la missive de Pierre Lore qui avait été soumise à son approbation.

La missive envoyée par Pierre Lore et son ministère annonçait un ton différent de la part du Royaume de Teyla par rapport aux anciennes. Il faut dire que Pierre Lore avait directement été visé par la première missive diplomatique loduarienne après la prise de fonction de Pierre. L'attaque n'était pas passée auprès du ministre et il voulait une réponse forte, musclée, montrant que le Royaume de Teyla ne céderait plus aux insultes et caprices de la Loduarie. La réponse devait se montrer insultante envers le Secrétaire général et remettre sa légitimité en cause, afin qu'il comprenne que le petit jeu de la pression était terminé. Pierre Lore était venu jusqu'ici parce que très probablement la réponse loduarienne était tout aussi dure et insultante que la missive teylaise, renforçant l'inimitié entre les deux gouvernements. Le visage de Pierre Lore était neutre, mais certains comportements corporels ne trompaient pas le Premier ministre, qui avait prévenu Pierre Lore qu'il le recevrait avec la ministre de l'Intérieur.

Pierre Lore salua les deux personnes dont il était le plus proche au sein du gouvernement. La vie était faite de surprises, ces amitiés en faisaient partie de manière flagrante. Rien ne prédisposait que des personnalités aussi différentes soient faites pour s'entendre et encore moins pour créer des liens d'amitié. Cette fois-ci, il venait en étant joyeux, la réponse du Secrétaire général de la nation voisine démontrait, selon Pierre, qu'il n'était pas dans le faux entièrement dans son analyse. Il voulait continuer le jeu pour observer jusqu'à quel point Lorenzo allait tenir sans entrer frontalement dans l'insulte, la menace guerrière ou encore la fermeture de l'ambassade teylaise. Aucune des deux parties ne voulait être tenue responsable de la fin des relations avec l'autre publiquement, mais en privé chacun en rêve, semble-t-il. Après la lecture de la missive loduarienne, le Premier ministre s'exprime sur un ton neutre, toujours le cocktail bientôt fini à la main :

Angel Rojas, Premier ministre de Sa Majesté : C'est la réponse qu'on s'attendait plus ou moins. Beaucoup moins virulente qu'attendue. Je ne sais pas quoi penser de cette violence qui est beaucoup moins présente qu'attendu. On a dû le conseiller, mais qui ? On n'a pas d'information sur l'arrivée de nouveau conseiller autour de Lorenzo, il me semble. Il relut à demi-voix, presque abasourdi : "Beaucoup de mots pour quelques malheureux mots de ma part." C'est clairement une concession, mais s'en rend-il compte lorsqu'il écrit cette phrase qu'il concède qu'une partie des arguments de la missive teylaise sont bons et visent juste ? Désolé, mais je doute sur ça, alors que je ne devrais pas, c'est forcément réfléchi, mais Lorenzo n'a jamais rien concédé, c'est dommage que le reste de la missive diplomatique gâche tout. Le reste, c'est du classique, manipulation des propos, accusations farfelues même si je dois reconnaître, à titre personnel, qu'il a toujours été franc avec nous. Du moins à ma connaissance ! Il donna la copie papier de la missive à Yasmine. Tiens, dis-moi ce que tu en penses. Elle fit oui d'un signe de la tête.

Pierre Lore, ministère des Affaires Etrangères : C'est clair que je m'attendais à une réponse beaucoup plus brute et virulente de la part de la Loduarie Communiste, avoua Pierre Lore, alors qu'il se servait une Guaraná Niverea. Il y a quelque chose de presque anormal, alors qu'un sourire apparaît sur son visage. Peut-être avez-vous raison sur les conseillers, bien que nous n'ayons aucune information sur le sujet, mais cela mettra du temps à venir si un changement est à constater. Je ne sais pas s'il y a une ouverture, son ton franc paraît irrespectueux largement, mais s'en rend-il compte ? Nous avons deux cultures bien différentes et la culture diplomatique est aussi parmi les différences. La question est : cette arrogance, ce ton trop brut est-il fait exprès ou provient-il d'une différence culturelle que n'arrive pas à voir la diplomatie loduarienne ?

Angel Rojas, Premier ministre de Sa Majesté : Elle peut voir la différence sur la pratique diplomatique, mais ne souhaite pas s'adapter, Angel Rojas fait la moue. Cette histoire me paraît assez floue pour qu'on trouve ça étrange, je pense. Il se peut que la diplomatie loduarienne, dont le Secrétaire général, souhaite un rapprochement diplomatique avec le Royaume de Teyla, un petit rapprochement, je vous rassure, ajouta-t-il en regardant la tête de ses deux amis et collègues. Regardez, la missive est beaucoup moins zélée comparée à ce que nous nous y attendions. La Loduarie Communiste, à part le passé, était beaucoup plus brutale. On dirait que le Secrétaire général cher...

Yasmine Lavale, Ministre de l'Intérieur : Cherche la limite entre le dialogue sans se déjuger de ses actions passées, coupa Yasmine Lavale, comprenant tout de suite l'analyse du Premier ministre. Je dois avouer que l'analyse est correcte et explique la manière dont est tournée la missive : ils ne veulent pas se désengager de la relation et rompre le dialogue, mais notre dernière missive pouvait laisser penser que nous le voulions. Malgré notre dernière phrase, nous avons remis en cause la légitimité de Lorenzo. Je ne sais pas, comme je l'ai dit, l'analyse est logique, mais attention à la suranalyse et même si nous ne faisons aucune surinterprétation, c'est la possibilité la moins crédible.

Pierre Lore, ministère des Affaires Etrangères : Je suis d'accord avec Yasmine. Pierre Lore, finissant sa canette de soda, se leva jusqu'à la poubelle la plus proche, continuant sa prise de parole. J'entends par là que je suis d'accord avec la fin de l'analyse. C'est l'hypothèse qui me semble la moins crédible. N'oublions pas que la Loduarie Communiste nous a toujours été hostile depuis trois ans, sans qu'on demande rien. Tout a commencé avec cet entraînement militaire à notre frontière, sans qu'on soit prévenus. Je ne vais pas refaire toute l'histoire, je crois que c'est inutile. Je préconise que notre missive soit sur un ton moins provocateur que la précédente missive que nous avons envoyée. Nous verrons bien leur réponse !

Angel Rojas, Premier ministre de Sa Majesté : Entièrement d'accord avec vous, Pierre, fit Angel, penseur, tout en penchant sa tête sur la missive pour la relire une dernière fois. Par contre, je veux que vous soyez ferme sur la rupture des relations diplomatiques. Rappelez que cela n'est pas le souhait du Royaume de Teyla et que si cela doit arriver, cela sera uniquement de la faute, de la décision plutôt, de la Loduarie et de ses autorités. Tournez cela de la manière la plus diplomatique possible, nous ne devons pas passer pour ceux qui rompent les relations, si ils finissent par passer à l'acte. Cela aura des conséquences dans les médias, bien que je crois que, électoralement, une telle situation nous serve, mais sur le dossier loduarien, moins nous faisons selon nos besoins électoraux, mieux c'est. Il se leva et alla chercher un papier et un stylo, puis revint. Pierre, je vous note tout cela sur cette feuille, au cas où vous oubliez. La Loduarie n'est plus la priorité numéro un du Royaume, mais reste dans les priorités tout de même. Tous acquiescèrent.

Pierre Lore, ministère des Affaires Etrangères : Pendant que je vous tiens, vous avez vu la demande consultat émanant des autorités de la Poëtoscovie ? Mon ministère t'a transmis la missive normalement hier aux alentours des vingt-trois heures. Angel répondit oui et fit signe à Pierre de continuer. La demande me paraît raisonnable, c'est un pays du Nazum qui est loin de l'Eurysie, le consulat peut donner une "base" au pays pour gérer sa diaspora habitant en Eurysie, ça me semble de bon sens.

Yasmine Lavale, Ministre de l'Intérieur : Oui c'est clair. Je doute que le consultat pose un problème de sécurité et ils semblent prendre leur distance de la Loduarie Communiste et je crois qu'ils sont sincèrent dans leurs propos.

Angel Rojas, Premier ministre de Sa Majesté : Bon, vous êtes tous les deux d'accord, je n'ai pas trop le temps de m'occuper d'un pays d'un sous-continent, dit-il sur le ton de la rigolade. Je vous fais confiance, acceptez la demande de la Poëtoscovie et profites-en, Pierre, pour les remercier de se tenir à distance de la Loduarie. S'ils peuvent sortir de cette organisation de malheur, on ne va pas bouder notre plaisir !
17153
Le Royaume de Teyla doit construire un plan sur l'Hotsaline !
Une histoire dans laquelle l'équilibre est maître.

Résidence Faure
Résidence Faure


Angel Rojas, Premier ministre de Sa Majesté : Bien merci à vous d'être de nouveau présents pour cette réunion qui s'avère nécessaire. Comme vous l'avez vu à l'Assemblée nationale et à la Chambre des Nobles, les oppositions s'allient entre elles de manière indirecte pour appuyer sur le soi-disant raté de notre politique diplomatique en Eurysie centrale. La médiation menée par la Grande République de Velsna entre l'Empire Raskenois et l'Hotsaline, qui représente à mon avis l'Hotsaline mais aussi toute la Confédération de Kresetchnie, est vue par les oppositions de droite comme de gauche comme un échec de notre politique diplomatique en faveur de la paix. De l'autre côté, la gauche pousse de plus en plus pour que nous mettions la pression sur le gouvernement de l'Hotsaline pour que cette dernière calme sa politique droitière. Pierre Lore nous a sauvé la mise à l'Assemblée nationale en inventant un plan pour la paix sur le moment, si jamais la Grande République n'arrive pas à faire entendre les acteurs entre eux. Par ailleurs, si la Grande République échouait, cela nous arrangerait grandement. La Grande République reculerait en termes d’influence sur la région.

Angel Rojas, le Premier ministre teylais, se tenait droit, regardant avec un sens du devoir chacune des personnes présentes dans la salle, alors qu'il déroulait ce qu'il avait en tête. Les mots du Premier ministre, pour une fois, étaient tous pesés avec une précaution extrême, tous le remarquèrent. Les enjeux pour le Royaume de Teyla, la survie du gouvernement et l'influence teylaise en Eurysie sont importants sur ce dossier. Tous dans cette pièce en avaient conscience. L'Assemblée nationale, tout comme la Chambre des Nobles dans une moindre mesure, étaient traversées par d'importants clivages sur la politique extérieure. Seule l'Organisation des Nations Démocratiques mettait tous les partis teylais d'accord. Observer les partis d'opposition s'aligner sur l'échec de la diplomatie teylaise inquiétait, à raison, le Premier ministre, mais aussi tout l'appareil d'État en passant par les députés de la majorité. Bien sûr, il y avait des clivages dans les oppositions sur la marche à suivre dorénavant, mais tous s'étaient comme entendus pour dénoncer ce qui était perçu comme un cuisant échec du gouvernement de Sa Majesté. Le Parti Royaliste a même dénoncé l'affront fait à Sa Majesté, alors qu'ils veulent démettre l'actuelle souveraine.

L'inquiétude monta d'un coup lorsque le Premier ministre dut avouer que Pierre Lore avait monté un plan bidon à l'Assemblée nationale pour limiter les dégâts. Tous intérieurement félicitèrent le Ministre des Affaires Étrangères qui eut très brièvement tous les regards braqués sur lui. Ce qui l'étonna, mais il donna en réponse un sourire, le plus grand qu'il put faire. Le répit offert par Pierre Lore est précieux, mais il n'est que temporaire, que la médiation velsnienne réussisse ou échoue. Il y avait un sentiment de gravité dans chaque regard au fur et à mesure que tous comprirent que l'Eurysie centrale s'était transformée en un jeu d'échecs grandeur nature. Mais hélas, cela n'était pas suffisant parce que le Parlement teylais semblait rajouter des cavaliers à la partie adverse. Angel Rojas reprit, en jetant un coup d'œil à son ministre des Affaires Étrangères.

Bien, comme je l'ai dit, ce plan était inventé de toute pièce par Pierre Lore lors des prises de parole des oppositions afin de sauver notre image auprès de l'opinion publique. Ainsi donc, cette réunion aura pour but de bâtir un plan complet, en cas d'échec de la médiation que mène la Grande République, pour remettre les deux parties autour de la table, qu'elles continuent à maintenir un contact permanent. Je pourrais peut-être dire trois parties, enfin bref, nous verrons cela au fur et à mesure. Bien entendu, ce plan devra garder sa cohérence avec les propos de Pierre Lore lors des diverses séances. Pour information, ce plan, selon les propos du ministre Lore, doit contenir : des discussions sur l'opération militaire raskenoise envers la Rache, ainsi que l'avis de la partie hotsalienne, afin que chaque partie pose cartes sur table, si j'ose dire, un canal de contact entre les deux parties à travers le Royaume de Teyla, et un accord garantissant les droits de chaque minorité. En dehors du dernier point, les tournures du ministre sont assez floues pour nous permettre un moment de répit, mais aussi de mettre ce que l'on veut dans notre grand plan pour la paix que nous présenterons le plus tôt que possible, bien entendu.

Pierre je crois que ton ministère à déjà commencé à travailler sur plusieurs pistes pour notre futur plan, que nous souhaitons tous voir réussir.


Pierre Lore, Ministre des Affaires Étrangères : C'est tout à fait exact, Monsieur le Premier Ministre de Sa Majesté. Bien que Pierre et Angel soient amis, bien que tous au sein du gouvernement connaissaient la relation d'amitié qui lie les deux hommes, mais malgré cela, en présence de ministres ou d'autres hommes d'État, Pierre Lore prenait soin de ne jamais insulter la fonction d'Angel Rojas, en l'interpellant toujours par son nom de fonction complet. Il aurait pu s'arrêter à la mention de Premier ministre, mais comme à chaque fois, il continuait avec "De Sa Majesté". Angel Rojas trouva louable de la part de son ministre et vit en ce geste à chaque fois un homme d'État. Pierre Lore devra être un jour Premier ministre du Royaume, s'entendait dire de plus en plus souvent Angel Rojas. Angel se balade dans les rangs, donnant les dossiers aux personnes présentes, alors que Pierre Lore déroule son propos devant l'Assemblée.

Selon moi, le point le plus dur à faire accepter par les deux parties sera la partie sur les minorités. Tout d'abord, chaque partie remet en cause le nombre que sort la partie adverse sur le nombre de ressortissants habitant dans chacune des zones. L'Hotsaline pense, nous ne savons si cela est à raison, que l'Autorité Militaire du Gradenbourg, aidée par Rasken, a mis ou va mettre en place une épuration ethnique. Si tel est le cas, il sera très difficile de leur faire accepter un traité sur la protection des minorités. Ils penseront, sans doute à raison, que la partie raskenoise ne respectera pas les termes fixés par le traité. Concernant cet aspect primordial pour que les négociations aboutissent, il me semble qu'il faut engager les parties sur un traité garantissant le bon traitement de chaque minorité, mais aussi la représentation de chaque minorité dans les instances politiques de l'Autorité Militaire, mais aussi de l'Hotsaline ou plus globalement de la Confédération. De plus, des observateurs teylais, mondiaux devraient pouvoir être investis de la mission d'observer le bon traitement des minorités en construisant des rapports et proposant, sans contrainte, des mesures et des axes d'amélioration.

Yasmine Laval, Ministre de l'Intérieur : Sur cette question, permettez-moi de rebondir, Monsieur le ministre. C'est effectivement le point chaud de la médiation selon moi, d'autant plus que Rasken a mené une politique d'immigration de masse et sûrement forcé des Raskenois vers l'Autorité Militaire Gradenbourg pour remplacer la population, du moins augmenter la population favorable au régime politique en place. C'est un véritable souci qui doit être pris en compte lors des discussions. Par exemple, sur le droit de vote, il y a un équilibre à trouver, je pense. Le droit de vote aux élections nationales interdit aux Raskenois qui ont immigré sur les dix dernières années, mais ils auraient le droit de vote pour les élections locales en contrepartie. Concernant l'évolution de la situation, on peut imaginer un droit de vote donné progressivement, pour que le choc démographique soit absorbé par les politiques menées et les institutions politiques. Ce qui est une nécessité, comme la représentation des minorités dans les instances politiques.

Angel Rojas, Premier ministre de Sa Majesté : Oui, je te rejoins, Yasmine. Mais je ne sais pas si les Raskenois accepteront que les immigrés de dix ans et moins ne puissent voter qu'aux élections locales, malgré une évolution progressive qui sera proposée. Ils risquent de trouver cela outrageant, malheureusement. Pour moi, ils accepteront plutôt cinq ans que dix ans. L'Hotsaline voudra sûrement que les immigrés depuis le début du conflit ne puissent voter aux élections. Au mieux, pour une évolution progressive, je souhaite plutôt qu'on rediscute de l'interdiction cinq ou dix ans après avec chaque partie autour de la table. Concernant la représentation des minorités dans les institutions politiques, il faut établir des quotas pour les entrées dans les universités, les grandes écoles, mais aussi l'administration. On pourra proposer des médiateurs teylais pour s'assurer de la bonne entente dans les administrations si les deux parties répondent par l'affirmative. Tu as bien bossé, Pierre, continue.

Pierre Lore, Ministre des Affaires Étrangères :bBien, maintenant que le point le plus compliqué, selon moi, est tranché, permettez-moi de parler des autres points chauds, là où notre marge de manœuvre est la plus élevée vis-à-vis de mes propos à l'Assemblée nationale. Comme l'a dit le Premier ministre de Sa Majesté, il est important que les deux parties discutent entre elles en permanence de manière franche mais respectueuse. Pour cela, communiquer à travers le Royaume de Teyla est une solution qui peut être temporaire le temps de la durée des négociations. Nous aurions ainsi l'assurance que ce qu'il se dit dans la salle des négociations reflète la pensée de chacune des parties. Si nous savons la pensée de chacune des parties, il nous sera plus facile de manœuvrer, c'est mieux que de mettre des micros partout, je pense.

En complément de cette médiation menée sur le sol teylais, donc neutre, il faudra inscrire plusieurs pays régionaux à reconnaître l'accord. Ainsi, une conférence avec les acteurs régionaux sera primordiale après la médiation teylaise si elle aboutit. Pour arriver à nos fins sur ce point, nous devrons être transparents lors des négociations entre Rasken et l'Hotsaline, pilotées par nous. C'est-à-dire informer la communauté internationale de l'évolution des discussions pour montrer que les parties sont ouvertes à la discussion et peuvent trouver des accords in fine. Cela démontrera que les acteurs régionaux ne s'engagent pas dans un bourbier. C'est une nécessité absolue selon moi, pour attirer les acteurs régionaux. Pourquoi les acteurs régionaux doivent-ils reconnaître l'accord que nous soumettrons ? Afin de garantir la stabilité régionale et la paix aussi. De plus, cela augmentera notre influence dans la région, ce qui n'est pas déplaisant, je suppose.


Le Premier ministre fit un mouvement de la tête pour signifier son accord face à la prise de parole de Pierre Lore. Pierre Lore resta concentré alors qu'il continuait son monologue pour la paix en Eurysie centrale. Christophe Lemaire, ministre délégué chargé de la coordination nationale des forces de sécurité, hocha délicatement la tête. Il n'aimait pas la direction dans laquelle s'enfonçait doucement mais sûrement Pierre Lore. Il reconnut qu'il était habile, en prenant aussi de temps pour évoquer ce qui devait être évoqué. Il savait ce qui allait être évoqué, étant donné que le ministère des Affaires Étrangères avait contacté le ministère des Armées et de la Défense nationale pour savoir si un déploiement à l'étranger était possible. Le ministère lui avait donné un oui, sans condition parce qu'il était trop tôt pour donner lesdites conditions, mais cela est possible. Pierre Lore fixa Christophe un instant et comprit que c'était à lui de parler.

Christophe Lemaire, ministre délégué chargé de la coordination nationale des forces de sécurité : Bien. Le deuxième point le plus chaud selon moi et mon ministère est le respect de l'accord de paix ou, au minimum, du cessez-le-feu. Soyons un peu optimistes et imaginons que les négociations se passent à merveille et que l'Empire Raskenois accepte de se retirer des territoires qu'il occupe, avec une période de transition. Malgré toutes les bonnes intentions du monde, les deux parties auront à régler un problème d'ordre public, dirais-je même sécuritaire, plus important. La décision ne sera probablement pas acceptée par tous les groupes de la région et certains se constitueront pour entrer en résistance envers l'administration qui assure la transition. D'ailleurs, même si la discussion se passe mal, nous aurions droit à des problèmes de ce genre. Lorsqu'un groupe veut entrer en résistance, trois choix s'offrent à lui : la résistance est uniquement politique, soit militaire de type guérilla, soit des attentats successifs sont organisés.

Il ne faut pas se leurrer, chaque camp aura ses dissidents quoi que nous fassions. Mais le plus grand risque, c'est que le camp d'en face accuse la partie adverse de ne rien faire pour diminuer les risques, mieux, d'encourager les groupes armés pour relancer les hostilités. Dans ce cas, la machine amenant à la reprise du conflit va vite, croyez mon expérience. Pour éviter cela, le sommet régional qu'a évoqué Pierre plus tôt est primordial. Il sera nécessaire d'impliquer les acteurs régionaux pour éviter que les groupes aillent se cacher dans des pays étrangers ou soient armés par des pays étrangers dont la situation de conflit et de tension arrange bien. Construire un déploiement étranger. Organisation des Nations Démocratiques ? Royaume de Teyla ? Coalition internationale ? Bien entendu, les forces étrangères devront travailler en étroite collaboration avec les autorités locales mais aussi les forces de sécurité. À titre personnel, des forces militaires régionales venant de pays sérieux combinées à des forces teylaises me parait être la meilleure chose. Si nous prenons le meilleur scénario, ces forces seront déployées dans les zones contestées et dont la transition est actée par toutes les parties. La question est la suivante : zone démilitarisée ou pas dans les territoires contestés ?


Angel Rojas, Premier ministre de Sa Majesté : Pour moi, la réponse est oui, Christophe. Si nous prenons un scénario dans lequel la partie raskenoise ne reconnaît pas son illégitimité sur ces territoires, la démilitarisation de la zone, avec l'envoi de forces internationales et d'observateurs internationaux, selon moi, est une nécessité absolue pour maintenir la paix et garder l'espoir d'une reprise des territoires par la Confédération de manière diplomatique. N'oublions pas, messieurs, dames, que notre but principal est d'éviter la guerre et, pour cela, il faut que la Confédération pense que la reprise de ses territoires est possible de manière diplomatique. La zone démilitarisée permettra de faire baisser la pression sur tous les acteurs et notamment sur Rasken, qui ne peut pas maintenir un dispositif militaire aussi important qu'actuellement sur un territoire étranger et hostile à l'Empire Raskenois. Si l'Empire Raskenois refuse cette clause dans le traité final, alors ils montreront qu'ils ne sont ouverts à aucun compromis et vont devoir maintenir des effectifs militaires importants s'ils veulent maintenir leur mainmise sur la région. Cela sera une faute diplomatique et politique importante de la part du pouvoir impérial.

Yasmine Laval, Ministre de l'Intérieur : Une faute diplomatique certainement, mais une faute politique ? Je ne suis pas convaincue que cela sera une faute politique, étant donné que la famille impériale contrôle la plupart des canaux démocratiques de l'Empire Raskenois. Ils ne prendront pas un grand risque, en dehors de voir la population devenir de moins en moins favorable à Rasken à cause de l'inflation dans l'Autorité Militaire, mais cette population n'est pas celle de Rasken. Pas de quoi inquiéter le pouvoir raskenois. Toutefois, rester ferme, c'est aussi une manière, comme une autre, d'envoyer un message aux puissances régionales, notamment la Confédération mährenienne. Je crois que cela serait un suicide de la part des autorités impériales, mais ils semblent tenir aux territoires du Gradenbourg, alors c'est peut-être un scénario à prendre en compte. Il ne faut pas que les Raskenois paraissent faibles auprès de leur opinion publique, sinon jamais ils n'accepteront un accord, même acculés sur tous les fronts.

Pierre Lore, Ministre des Affaires Étrangères : Oui, c'est particulièrement juste, mais je pense que nous donnons assez à Rasken pour sauver la face et gagner des garanties. Que la population raskenoise immigrée puisse rester sur place et que celle qui y habite depuis plus de cinq ans puisse voter, c'est un énorme gain qui renforce l'influence de Rasken sur le territoire, forcément. Il ne faut pas que les Raskenois se montrent trop demandeurs, sinon ils savent qu'un conflit est possible, soit contre l'Hotsaline, soit, plus inquiétant, contre la Confédération mährenienne. Ils devront ménager la chèvre et le chou, pour utiliser une expression adéquate à la situation. Ce gain énorme peut permettre de faire avancer les discussions du côté raskenois. Si jamais ils sont réticents aux idées que nous avançons, nous savons que l'économie raskenoise a du mal, tout comme l'Autorité militaire. La première a vécu une période inflationniste quand la deuxième subit une période d'inflation importante depuis plusieurs semaines.

Angel Rojas, Premier ministre de Sa Majesté : Je pense avoir compris votre sous-entendu. Vous voulez qu'on donne des gages financiers à l'Autorité militaire, si durant les conversations cette autorité reste, pour sortir le pays de l'inflation ? Cela se tient, mais les Raskenois demanderont aussi de l'argent ou du moins auront besoin d'un prêt, parce que Rasken devra payer des réparations à l'Hotsaline quoi qu'il advienne durant cette médiation.

Pierre Lore, Ministre des Affaires Étrangères : C'est bien cela, mais de manière plus subtile. Nous pourrons proposer un prêt à l'Empire Raskenois auprès des banques teylaises, garanti par nous, ce qui nous donnera une influence certaine sur Rasken. Toutefois, si nous estimons que les discussions se passent bien, que l'Empire Raskenois y met du sien voire est de bonne foi, nous pourrions prendre pour nous le prêt fait auprès des banques teylaises. Cela me semble un bon compromis pour attirer tous les acteurs autour de la table et maintenir un contact à travers nous. Parce que bien évidemment, nous proposerons une aide au développement conséquente à l'Hotsaline pour montrer que nous sommes attachés à nos liens avec cette nation, qui nous arrange en tout point de vue.

Angel Rojas, Premier ministre de Sa Majesté : Pourquoi pas, à vrai dire. C'est malin, Pierre, vous avez fait du très, très bon travail au regard du temps que vous aviez. Demandez aux finances de travailler sur le financement de cette mesure et contacter les banques teylaises pour qu'elles se préparent et surtout savoir si elles sont prêtes à se lancer dans le projet, qui n'est pas sûr de se concrétiser, bien au contraire, je pense. Pour revenir à la zone démilitarisée dans les territoires contestés, pour que cela ne soit pas vu comme une occupation de la part des habitants, l'idéal serait d'utiliser des postes de police, ce genre de bâtiment. Après tout, cela sera uniquement une force de maintien de la paix, une police militaire peu armée en somme. Concernant le reste, je crois que je n'ai rien à dire à part que je veux une coopération entière entre tous les ministères sur ce sujet aussi. Pierre, tu t'occuperas de la conférence de presse. Tu n'aimes pas ça, mais tu as monté ce plan de A à Z avec tes équipes. Tu le connais par cœur, puis faut bien qu'on te récompense pour ça. De toute façon, je ne pense pas que le plan va servir, sauf si la médiation foire, mais je sais la diplomatie velsnienne bien trop efficace pour savoir que la médiation va réussir. Allez, hop, au travail tout le monde, je veux voir des propositions concrètes d'ici une semaine et la conférence pour dans deux semaines. Les médiations durent plusieurs semaines à chaque fois, avec un peu de chance, on sortira à temps la conférence pour augmenter la pression sur Rasken et Velsna.
17005
La Grande République a échoué dans sa médiation !
Le Royaume de Teyla doit-il proposer une médiation en mettant en avant sa proposition ?

Résidence Faure
Résidence Faure


Le Premier ministre marchait dans les couloirs de l'Assemblée nationale lorsque la nouvelle tomba. Il allait se rendre sur les bancs des ministres, comme chaque jeudi après-midi lorsqu'il le pouvait, c'était l'un de ses rituels qu'il appréciait. Bien que cette présence hebdomadaire ne soit pas une obligation, elle était devenue une habitude presque sacrée, à la fois pour lui-même et pour sa majorité parlementaire. Dans un régime politique comme celui du Royaume, où la stabilité politique et institutionnelle repose sur la relation de confiance entre le gouvernement et la représentation nationale, la pratique qu'offrait Angel chaque jeudi permettait de maintenir ce lien de confiance et cette même stabilité. Les pas du chef de gouvernement teylaien étaient calmes et assurés, la séance d'aujourd'hui promettait un calme plat, mais rassurant pour le gouvernement de Sa Majesté qui devait faire face depuis plusieurs jours à l'unité des oppositions sur la question de la médiation de la Grande République portant sur le conflit entre l'Empire Raskenois, l'Autorité Militaire de Grabenbourg et l'Hotsaline. Toutefois, le sujet du jour promettait le calme, une discussion et débat sur l'Organisation des Nations Démocratiques. En dehors des partis marginalisés à l'Assemblée nationale, tous étaient d'accord sur la nécessité de l'Organisation des Nations Démocratiques, bien que certains remettaient en cause la direction dans laquelle va cette dernière.

Alors qu'il atteignit la dernière salle avant d'atteindre l'Hémicycle, un conseiller du Premier ministre s'approcha d'Angel rapidement, bousculant les passants qui le gênaient. Le Premier ministre voyant la scène s'arrête et attendit patiemment son conseiller visiblement embarrassé. La nouvelle qu'il apportait au Premier ministre bouleversa le Premier ministre et ses attentes. La médiation de la Grande République de Velsna avait officiellement échoué, changeant les rapports de force en Eurysie Centrale, d'un seul coup, le Royaume de Teyla redevenait l'acteur principal majeur de cet espace géographique. Une phrase suffit pour immobiliser Angel Rojas. Cette phrase fut prononcée de manière neutre, mais dont certains mots étaient avalés par le conseiller, essoufflé : "La médiation menée par la Grande République a échoué, c’est officiel, Monsieur le Premier Ministre." Il passa deux secondes entre l'absorption de l'information et la réaction d'Angel. Symbole de l'importance de cette médiation, bouleversait l'influence de chacune des nations se permettaient de jouer dans la zone, Angel Rojas s'écria d'un "Oui !". Un puissant cri marquant le soulagement d'Angel car cela était bien une victoire pour le Royaume de Teyla, et ne faisant aucun mort, étant donné que les hostilités n'étaient plus d'actualité depuis plusieurs années, aucune raison qu'elles reprennent.

Ce cri bref, mais puissant, résonna dans toute la pièce, traversant les murs épais comme le tonnerre. Plusieurs passants, dont des députés, sursautèrent à ce cri. Un cri qui interrogea toutes les personnes dans les environs. Qu'est-ce qui pouvait provoquer une telle joie au Premier ministre de la deuxième puissance économique eurysienne ? Pour éteindre les rumeurs, le Premier ministre, parlant à voix haute, déclara : "C'est une nouvelle excellente que plusieurs personnalités viendront à cette soirée caritative." L'excuse trouvée sur l'instant fit faire quelques sourires polis autour de lui et permit de convaincre ceux qui ne connaissaient pas Angel Rojas. Angel Rojas pensa aussitôt aux raisons qui ont amené à l'échec de cette médiation, mais il n'y avait pas d'informations disponibles, ni de déclaration officielle, seulement un selfie de la représentante Hotsalienne faisant un V. Une étrange pratique de la diplomatie, trouva Angel.

Au Royaume de Teyla, l'honneur et la confiance sont deux facteurs importants, y compris pour les gouvernants. C'est pourquoi Angel Rojas eut toute confiance en la diplomatie Hotsalienne afin de préserver sa relation avec le Royaume de Teyla et in fine avec l'Organisation des Nations Démocratiques. Il ne savait pas encore les détails de cet échec, mais la politique anti-ONDienne de la diplomatie velsnienne était sûrement l'un des facteurs principaux de cet échec. Angel Rojas croyait en la réussite de la médiation velsnienne, mais apparemment la diplomatie velsnienne ne pouvait pas mettre son tropisme anti-ONDien de côté, même afin de réconcilier les peuples.

Arrivé à l'entrée de l'hémicycle toujours aussi impressionnant, son regard parcourut la salle et s'arrêta sur les bancs des ministres afin d'observer les ministres présents. La présence de Pierre Lore, ministre des Affaires Étrangères, fit sourire vivement Angel. Voilà le ministre qu'on devait prévenir d'un tel rebondissement sur un sujet diplomatique d'importance pour le Royaume de Teyla. Il se dirigea directement vers les bancs du gouvernement, où Pierre Lore, son ministre des Affaires étrangères, était plongé dans ses notes comme à son habitude avant le début de chaque séance. Rojas s'assit à côté de lui, d'une manière enjouée, ce que ne remarqua pas Pierre Lore, trop concentré à revoir ses notes sur l'Organisation des Nations Démocratiques. Comme dans une classe d'école, Rojas donna un coup de coude à son ministre et se pencha sur lui et déclara sur un ton enjoué, mais le plus bas possible : "La médiation de la Grande République a échoué, c'est officiel. On se réunit après cette séance à la Résidence, le destin nous sourit, il faut voir ce qu'on fait de ce destin dorénavant."

Alors que la dernière voiture s'éloignait de la Résidence Faure, les portails de la Résidence se fermaient dans le bruit du métal qui frôle le sol et les barres métalliques tournant sur elles-mêmes. Au bout de l'allée, les observateurs pouvaient apercevoir Lucie Jaunette, la nouvelle ministre des Armées et de la Défense Nationale. À son entrée dans la demeure, les deux gardes royales mirent leurs sabres devant leurs visages, comme le dictent la tradition et une certaine forme de politesse. Sa démarche était le contraire d'une démarche assurée. Ses pas n'étaient pas constants, ni droits, elle regardait ses notes tout en avançant, le front légèrement plissé par la concentration. Les bruits des feuilles qu'elle touchait sans cesse se mêlaient au bruit aigu de ses talons touchant le sol et rendaient tous ses sons difficiles à supporter pour les gardes qui l'accompagnaient jusqu'au salon doré.

Lucie était stressée, car elle allait participer à sa première réunion autour du Premier ministre à la Résidence Faure. Ces réunions étaient devenues mythiques dans le tout Manticore, si bien qu'on comprit assez vite que les décisions cruciales pour le Royaume de Teyla étaient prises dans ces réunions, soulevant des débats quant à la pertinence démocratique du procédé. Toutefois, après chaque réunion, on retrouvait des détails "croustillants" dans les médias nationaux, relevant les débats qui se sont tenus et les décisions prises. Une communication contrôlée par le Chef de Gouvernement afin de faire jouer les médias à son avantage, bien que des médias remettent en cause des manières de fonctionner du chef de gouvernement de la cinquième puissance économique mondiale et deuxième du continent eurysien.

À son arrivée, Angel Rojas discutait dans un coin de la pièce avec Pierre Lore, le ministre des Affaires Étrangères, tandis que Yasmine Laval discutait avec Sandrine Couturier, ministre de l'Économie et du Budget. Contrairement à Pierre et Yasmine, Sandrine n'était pas une proche du Premier ministre, ce n'était pas une ennemie d'Angel. Néanmoins, sa présence était requise, parce qu'elle était deuxième dans l'ordre protocolaire. Ce qui fait qu'elle peut être propulsée à tout moment au poste de Première ministre en cas d'empêchement temporaire ou définitif du Premier ministre actuel. Sa présence était requise aussi parce que le sujet du jour, la médiation échouée de la Grande République, allait découler naturellement sur des sujets économiques, au regard du plan de paix proposé par le Royaume de Teyla.

Étant donné que le plan de paix fut écrit et pensé par le ministère des Affaires Étrangères et qu'il contenait la présence d'une force internationale composée de Teylais, la présence de Pierre Lore et Lucie Jaunette autour de la table était non seulement justifiée, mais obligatoire. Toutefois, la présence de Yasmine Laval, ministre de l'Intérieur, pouvait soulever des interrogations. Ses compétences étaient hors du champ des sujets à l'ordre du jour qui allaient être discutés dans la Résidence Faure, qui portaient principalement sur les conséquences diplomatiques et stratégiques de l'échec de la médiation et sur les réactions que doit émettre le Royaume de Teyla. Doit-il proposer son plan de paix par missive aux nations impliquées ou attendre ? Alors que tous s'installèrent dans les fauteuils, Yasmine Laval s'assit à côté du Premier ministre, montrant que sa présence est requise parce qu'elle est une conseillère fidèle et proche d'Angel Rojas. Ses conseils sont ainsi écoutés assidûment par le Premier ministre. Angel Rojas prit la parole en premier après que les portes furent fermées par les majordomes, dont les gardes scrutèrent minutieusement les portes.

Angel Rojas, Premier ministre de Sa Majesté : Bon, merci à vous d'être venus jusqu'ici après la séance à l'Assemblée nationale. Comme nous l'avons tous appris durant ou avant la séance, la médiation de la Grande République a malheureusement échoué. La paix n'est pas encore présente en Eurysie Centrale. Toutefois, cet échec a du bon. L'influence de la Grande République de Velsna diminue quand la nôtre se maintient, voire augmente. Ne considérons pas la situation comme perdue par la Grande République, cette dernière a des dirigeants très intelligents à sa tête, elle saura rebondir en temps voulu et ce temps risque d'être court. Pierre, tu nous fais le brief, on t'écoute.

Pierre Lore, ministre des Affaires Etrangères : Ce qu'a dit le Premier ministre de Sa Majesté est tout à fait juste, dit Pierre en relevant la tête et voir les visages des personnes présentes, afin de juger leur sentiment sur la situation actuelle. L'une des conséquences directes, c'est que nous passons d'une situation potentiellement stable à une situation qui demeure instable avec un risque de conflit entre les deux confédérations ou la Confédération mährenienne et l'Empire Raskenois. Nous pensons qu'une reprise des combats autour de l'Autorité Militaire entre Rasken et l'Hotsaline est infime mais pas à exclure. J'avertis, nous ne devons pas exclure cette possibilité afin d'éviter d'être surpris si les accrochages armés reprennent, bien que cela ne soit le souhait d'aucune des parties visiblement.

Cette situation est d'autant plus instable que nous savons pas comment la Grande République et ses dirigeants vont réagir à ce revers diplomatique majeur, mais qu'on se gardera bien de ne pas commenter publiquement, afin d'éviter de fâcher les autorités velsniennes. S'il y a moyen d'intégrer la Grande République dans notre plan d'une quelconque manière, afin de lui donner matière à rebondir, une porte de sortie, comme l'intégrer dans la force internationale, si nous décidons de proposer ce plan officiellement, j'en serais satisfait.
Lucie pencha la tête, dubitative face à cette déclaration. L'organisation de l'armée velsnienne a démontré qu'elle n'était pas compatible avec une force internationale qui doit faire respecter la paix. L'envoi d'un sénateur à la tête d'une armée rendait le risque de pillage ou autre exactions élevés, tout ce que ne souhaite pas une force internationale. Sans sénateur, Lucie pourra peut-être repenser son avis, mais seulement à cette condition.

Concernant nos relations avec l'Empire Raskenois et l'Hotsaline, elles restent inchangées pour l'instant. En soi, les conséquences se verront à moyen-long terme uniquement selon moi, les forces en présence restent les mêmes et les équilibres ne sont pas bouleversés quand nous comparons la situation actuelle à la situation d'avant la médiation. Du moins, il faudra surveiller la relation bilatérale entre la Grande République et l'Empire. Nous ne savons rien des raisons qui ont amené à l'échec à l'heure actuelle, ainsi il va nous falloir surveiller cette relation de près pour rester à l'affût d'opportunités. En outre, il est difficile de présupposer de la position de l'Empire Raskenois à propos du Royaume de Teyla tant nos contacts sont faibles. Le seul contact entre nos nations remonte lors de la crise des missiles qu'a provoquée la Confédération du Kolisburg. L'Empire Raskenois a fort heureusement condamné de tels actes hostiles et provocateurs inutiles. Ainsi vous l'avez tous compris, la question qui prédomine cette après-midi est la suivante : Que faisons-nous du plan de paix que nous avons présenté à la presse ?

Lucie Jaunette, ministre de la Défense : Concernant nos positions stratégiques et militaires dans la région d'Eurysie Centrale, l'échec ou la réussite ne remettaient pas en cause, jusqu'à preuve du contraire, nos deux bases militaires en Hotsaline qui sont un atout indispensable pour l'Hotsaline mais aussi pour le Royaume de Teyla et indirectement pour l'Organisation des Nations Démocratiques. C'est un poids indéniable pour peser dans les débats régionaux et permettre une discussion avec les acteurs locaux. Il est indispensable, selon moi et mes conseillers, de conserver nos positions militaires dans la région. Sur la marche à suivre, je n'ai pas d'avis à émettre en dehors du fait que nous devons convaincre les acteurs locaux, dont l'Empire Raskenois, que nos bases ne sont pas une menace directe envers eux mais un soutien permettant d'assurer la paix régionale et qui prévient la résurgence d'un conflit armé régional. Durant sa prise de parole, Lucie n'arrêta pas de bouger son pied de haut en bas, soulevant sa jambe dans le même mouvement, montrant son stress à ses collègues mais ses mots étaient prononcés de manière assurée, les gestes du pied moins violents, ralentissaient au fur et à mesure de sa prise de parole.

Angel Rojas, Premier ministre de Sa Majesté : Merci Lucie, à vrai dire vos mots sont rassurants pour nous tous ici présents, mais j'étais déjà moi-même sur cette position. Il n'est pas question, pour le Royaume de Teyla, de renoncer à nos bases militaires en Hotsaline tant que le gouvernement et le parlement de l'Hotsaline nous tolèrent. Comme vous l'avez dit, cela serait une erreur stratégique majeure, car nos positions permettent de ralentir la progression des régions communistes dans la région. Les régimes de cultures d'Eurysie centrale semblent tomber les uns après les autres sous le joug communiste et parfois de l'influence de pays venant d'autres continents. Je pense à la Confédération qui est un partenaire majeur du Grand-Kah. Toutefois, le Grand-Kah reste un pays partenaire, ce qui n'arrange rien à nos positions.

En dehors de cet aspect défense dont nous avons tous besoin mais qui n'est pour l'heure pas remis en question, nous devons nous poser la question suivante : Est-ce le bon timing ? En outre, nous ne savons pas ce qui a fait dérailler la médiation de la Grande République de Velsna comme l'a très justement dit Pierre. Je ne vais pas le paraphraser, mais du coup, comment estimez-vous la réaction des acteurs si nous proposons notre médiation immédiatement ou dans les jours prochains ? Notre plan pour la paix est public après tout.


Pierre Lore, ministre des Affaires Etrangères : Il est difficile de me prononcer à vrai dire tant il manque des informations pour prendre les décisions adéquates, mais sans qu'on puisse réellement remédier à ce fait majeur. La grande inconnue à notre équation, c'est bien entendu la réaction de Rasken. À l'évidence, notre proposition de paix représente des concessions majeures pour l'Empire, bien plus que ce que nous demandons à l'Hotsaline. L'Hotsaline sera sans doute enthousiaste de notre proposition de médiation, d'autant plus que nous offrons une protection supplémentaire en cas d'attaque sur l'Hotsaline et l'Empire Raskenois que si le problème des territoires contestés est réglé. Une manière habile de sous-entendre que nous ne protégerons pas l'Empire sans l'accord de l'Hotsaline. Quant à l'Empire et son empereur de malheur, l'opinion publique ne semble pas en mesure de faire pencher le pouvoir vers la cessation des hostilités de manière officielle, bien au contraire. L'immigration dans l'Autorité Militaire fait qu'on a la même situation concernant l'opinion publique de cet état que nous ne reconnaissons pas officiellement. Certes, nous le nommons directement dans notre proposition de paix, mais est-ce suffisant ? Pour les faire venir autour de la table, oui, mais pour les voir céder ? Je ne le crois pas.

Yasmine Laval, ministre de l'Intérieur : Et pourquoi n'enverrions-nous pas une missive diplomatique à nos partenaires de l'Hotsaline afin de demander des informations sur la médiation menée par la Grande République de Velsna ? Je pense qu'ils ne verront pas cette question comme une insulte, au contraire ils répondront sans doute afin qu'on ait toutes les armes en notre disposition pour qu'on puisse prendre les bonnes décisions pour l'Eurysie centrale, notamment si on insère cet argument dans notre missive. Si effectivement nous obtenons les informations que nous voulons, ainsi nous pourrions adapter notre stratégie diplomatique en Eurysie centrale et en informer le Parlement à travers les commissions des Affaires Extérieures, dans lesquelles nous pouvons demander le secret durant une période assez longue pour qu'on agisse à la discrétion des médias.

Sandrine Couturier, ministre de l'Economie : Cela me semble être une bonne solution. Sur le financement des mesures que nous prévoyons, concernant le déploiement militaire étranger supplémentaire, nous pouvons nous appuyer déjà sur nos bases et déploiement en Hotsaline si nous devions assurer un déploiement dans le cadre d'une force de la paix internationale. De plus, les infrastructures seront normalement présentes si nous prenons celles occupées actuellement par l'Empire Raskenois. J'ai contacté les autorités bancaires pour les prêts. Seules deux banques sont prêtes à nous suivre. Elles sont en bonne santé financière d'après les données que nous avons de ces banques, mais les données datent de trois ans. Le reste des banques ne veulent pas prendre part au projet même si nous garantissons les prêts. Elles ont peur des retombées en matière d'image de marque.

Angel Rojas, Premier ministre de Sa Majesté : Bien, bien. Bon, voilà ce qu'on va faire. On va contacter l'Hotsaline en demandant les raisons de l'échec de la précédente médiation tout en insinuant ou proposant directement que le Royaume de Teyla est prêt à mettre en marche son plan pour la paix. Après les discussions préliminaires avec l'Hotsaline, on pourra changer en partie notre plan, mais surtout avertir la Commission des Affaires Extérieures des deux Chambres tout en demandant le secret. Pierre, dès que ton ministère reçoit une réponse de l'Hotsaline, tu avertis mon cabinet et on travaillera ensemble sur une missive pour Rasken ou celle en réponse à l'Hotsaline. En parallèle on engage le dialogue avec les établissements bancaires qui sont ouverts à la discussions sur le sujet.

Alors que le Premier ministre avait tranché et déroulait la feuille de route. Les majordomes entrèrent dans le salon d'or afin de proposer aux convices les meilleurs petits fours de la Résidence Faure. Il était que le gouvernement se détente un peu en cette soirée de bonne nouvelle pour le Royaume de Teyla. Cette partie ne risque aucunement, bien entendu, de finir dans la presse le lendemain.
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