Armes de destructions massivesConfidentiel exceptĂ© CarnavaleLe Drovolski est une nation nuclĂ©aire par excellence et tout le monde sait, ou mĂȘme au-delĂ du monde, que ce pays produit une quantitĂ© ridiculement importante de dĂ©chets toxiques multiples. Mais qu'en est-il des poisons produits intentionnellement ? Le Drovolski en produit principalement deux, Ă usage militaire exclusif : le cobalt-60 pour son trĂšs fort pouvoir radiotoxique et le strontium-89/90 pour sa capacitĂ© pulvĂ©rulente. Le cobalt est utilisĂ© pour fabriquer des cibles radioactives afin d'empĂȘcher des ennemis d'approcher des zones stratĂ©giques, par exemple des frontiĂšres. Alors que le strontium est exclusivement utilisĂ© en tant que charge sale dans les missiles balistiques.
Cobalt-60 / C'gamma Âź
La production du cobalt se fait au LHV dans le réacteur à fort flux Prospérité. Pour ce faire, on produit un cobalt raffiné à 99,9 % en cobalt-59 naturel par concentration liquide-liquide. Le moyen utilisé au Drovolski est l'extraction P204/P507.

Prospérité
Soit, aprÚs broyage et filtration, un lixiviat de sols de type latéritiques limoneux à l'acide phosphorique a atteins un pH de 2. Est extraite de la solution initiale les ions aluminium et fer par précipitation en élevant le pH à 3. Cette premiÚre précipitation puis filtrage permet en grande partie l'élimination du fer. Cette premiÚre purification est suivie d'une extraction par P204 qui permet d'extraire le magnésium et le reste de fer/aluminium en solution. Reste alors exclusivement le cobalt et le nickel. La derniÚre extraction par P507 à un pH de 4,5 permet d'isoler exclusivement le cobalt en solvant organique. Par évaporation puis hydrométallurgie de réduction, ne reste que du cobalt-59 à 99,9 %.
 Procédé de production du cobalt-59 |  Co-précipitation Fer/Aluminium |
 Extraction Mg/Fe/A |  Extraction cobalt |
Ce cobalt est fondu en Ă©lĂ©ment circulaire puis enveloppĂ© d'une couche de modĂ©ration en graphite. Un contrĂŽle aux rayons X est produit sur les cibles, puis ces derniĂšres sont introduites dans le rĂ©acteur Ă fort flux. Dans ce milieu, oĂč un flux constant de neutrons thermiques issus de californium-252, le graphite modĂšre ces neutrons jusqu'au niveau fondamental d'excitation du noyau de cobalt. Le noyau assimile donc de force un nouveau neutron et devient, en l'espace de 10 secondes, un cobalt-60m qui, au prix d'un rayonnement X, devient un cobalt-60 prĂȘt Ă ĂȘtre extrait. Au bout d'un sĂ©jour de 2 jours, les cibles sont extraites ; leur teneur isotopique en cobalt-60 atteint alors 12 %. On obtient alors l'un des composĂ©s les plus radioactifs qui soit, pour un faible coĂ»t. En effet, le cobalt-60 a une radioactivitĂ© massique de 44 TBq/g, est un Ă©metteur ÎČ, mais surtout Îł, autour de 1,2 MeV, ce qui en fait un idĂ©al « couteau gamma », entendez par lĂ un radioĂ©lĂ©ment capable de dĂ©truire de façon locale et trĂšs rapide un tissu vivant. L'usage courant des couteaux gamma au Drovolski est Ă but militaire ou mĂ©dical. Dans son application militaire, il s'agit de dĂ©poser des sources collimatĂ©es de cobalt-60 afin d'atteindre les 12 gray par minute d'exposition pour un soldat sans protection radiologique. Rappelons que les rayonnements gamma sont arrĂȘtĂ©s efficacement par des mĂ©taux lourds, mais qu'alors la part bĂȘta du rayonnement du cobalt-60 produit des rayons X trĂšs violents, potentiellement plus dangereux encore. La radioprotection est donc un sujet complexe, car il faut alors plusieurs couches de diffĂ©rents Ă©crans radiologiques pour parvenir Ă limiter l'exposition. Ă 12 gray par minute, les effets d'une exposition d'une minute induisent des dĂ©gĂąts organiques internes Ă plusieurs niveaux : la destruction des globules sanguins, des dĂ©sordres hĂ©patiques, respiratoires et la dĂ©faillance neurologique aiguĂ« Ă 15 gray. La mort est normalement constatĂ©e en moins de 24 heures par multi-dĂ©faillance viscĂ©rale ; on comprend pourquoi on appelle cela un couteau gamma.

Effets déterministes
Soit :
E = 1,2 MeV
Aâ = 44 TBq/g
Ïâᔹᔣ = 1,293 kg/mÂł
I = 85,2 %
ÎŒââ/Ï = 0,0295 cmÂČ/g
Dâ = (ÎŒââ/Ï) à Ίâ Ă E Ă e^(-ÎŒx) â (ÎŒââ/Ï) à Ίâ Ă E (on peut nĂ©gliger l'attĂ©nuation dans l'air)
Ίâ = (A Ă I) / (4ÏrÂČ) = (0,852 Ă 44 Ă 10ÂčÂČ) / (4Ï Ă 100ÂČ)
Dâ = 0,0295 Ă 1,2 Ă [ (0,852 Ă 44 Ă 10ÂčÂČ) / (4Ï Ă 100ÂČ) ] â 6082 mGy/h/g = 6,082 Gy/h/g
On veut 12 gray par minute, alors :
D = 12 Ă 60 = 720 Gy/h
donc m = D / Dâ = 720 / 6,082 â 120 g = 0,12 kg
Le cobalt métallique a une masse volumique de 8900 kg/m³, donc :
V = m / Ï = 0,12 / 8900 â 1,35 Ă 10â»â” mÂł
Le volume d'une sphĂšre est V = (4/3)ÏrÂł, donc :
r = Âłâ[ (3V) / (4Ï) ] = Âłâ[ (3 Ă 1,35 Ă 10â»â”) / (4Ï) ] â 0,014 m = 14 mm â une bille.
Pour fabriquer les billes, les cibles de cobalt sont dĂ©sassemblĂ©es de leur couverture de graphite pour pouvoir ĂȘtre Ă nouveau utilisĂ©es. Le cobalt quant Ă lui est dirigĂ© vers un haut fourneau oĂč il est chauffĂ© jusqu'Ă 1495 °C, son point de fusion. Le four est en cĂ©ramique rĂ©fractaire, il faut donc Ă©viter toute variation brutale de la tempĂ©rature pour Ă©viter qu'il ne se brise. Le cobalt liquide est alors envoyĂ© vers de plus petits fours Ă plus basse tempĂ©rature oĂč, en coulant par chute gravitaire, il forme des billes d'un diamĂštre d'environ 14 mm avant d'atteindre un bac d'eau pour ĂȘtre solidifiĂ©. Les billes sont alors collectĂ©es et mises dans des boĂźtiers de plomb et maintenues sous eau jusqu'Ă leur chargement en drones. Le cobalt-60 est radioactif pendant 10 ans, mais de façon mortelle et irrĂ©mĂ©diable. Collecter des seaux de billes radioactives est un supplice d'une complexitĂ© extrĂȘme une fois celles-ci dispersĂ©es.

Panier de cobalt en cour d'irradiation
Pour éviter que les billes ne se déforment au contact de l'eau, il faut que leur chute soit suffisante pour dissiper une grande partie de l'énergie thermique qu'elles ont. Soit :
dE + dU = ÎŽQ + ÎŽW
dE = 0 et ÎŽW = 0, donc dU = ÎŽQ
D'oĂč Cᔄ dT = Ï dt â dT/dt = Ï / CᔄSoit :
dT/dt = (Tâââ - T) / (Rââ Cᔄ)D'oĂč :
dT/dt + T / (Rââ Cᔄ) = Tâââ / (Rââ Cᔄ)Soit :
T(t) = Tâââ + (Tᔹâᔹ - Tâââ) e^(-t/Ï)Sachant T(t_f) = Tâââ, alors :
Tâââ = Tâââ + (Tᔹâᔹ - Tâââ) e^(-t_f/Ï) â t_f = ln(Tᔹâᔹ - Tâââ) Ă Ï
H = (t_fÂČ Ă g) / 2
Avec un Tâââ thermostatĂ© Ă -10 °C dans un fluide de transfert, on atteint 80 mĂštres de haut. Le four doit ĂȘtre positionnĂ© Ă 80 mĂštres de haut.

Cobalt-60
Strontium-89/90 / Mut'os Âź
Le strontium est produit de façon beaucoup plus simple ; c'est en effet un déchet de la production d'électricité d'origine nucléaire. Selon la réaction de fission de l'uranium-235 suivant, soit un noyau d'uranium-235 reçoit un neutron et se fragmente en un strontium-90 ou 89 et en un xénon-146 ou 145. Le xénon étant un gaz, il est évacué par le dégazage des pastilles de combustible, ce qui n'est pas le cas du strontium, qui en tant que métal reste dans l'assemblage. Pour l'extraire, on utilise le procédé PUREX. On broie le combustible nucléaire dans un acide fort, souvent nitrique. Le but est de récupérer les produits de fission, qui représentent 4 % du total et qui sont considérés comme des déchets ultimes. La solution d'acide nitrique chargée en produits de fission, en uranium et en plutonium est envoyée dans deux colonnes pulsées.

Colonnes pulsée
Dans un premier temps, par une extraction au TBP à 30 % pour extraire préférentiellement l'U/Pu, puis par désextraction par lavage. En effet, le TBP n'est pas capable d'extraire les PF (produits de fission) mais capte bien U et Pu. La solution en sortie est un mélange de césium, strontium et de lanthanides hautement radioactifs. Cette extraction et ce lavage se produisent en colonne pulsée A/O = 3 et un systÚme d'alimentation proche de 250 g/L. Retenons que la solution aqueuse d'acide nitrique n'est pas miscible avec la solution organique de TBP.
 Affinité du TBP
|  Molécule de TBP
|
 Extraction liquide-liquide
|  Extraction PF
|
Pour sĂ©lectionner prĂ©fĂ©rentiellement le strontium jusqu'Ă un taux de 80 %, la solution acide est rĂ©duite sous forme mĂ©tallique par Ă©lectrolyse en fins fragments. L'agglomĂ©rat est ensuite broyĂ© dans un four autour de 120 °C, largement au-dessus du point de fusion du cĂ©sium (28 °C). De ce fait, le cĂ©sium est extrait par filtration du liquide. La partie liquide est le cĂ©sium, le solide un mĂ©lange de strontium et de lanthanides. L'opĂ©ration est rĂ©alisĂ©e Ă nouveau Ă 900 °C, de sorte d'ĂȘtre bien au-dessus du point de fusion du strontium (777 °C) mais en dessous du point de fusion le plus bas des lanthanides (920 °C). De sorte, le liquide qui sort est du strontium. Le procĂ©dĂ© est Ă©nergivore et peu fiable en termes de puretĂ©, mais est techniquement Ă©lĂ©mentaire et ne nĂ©cessite pas d'investissement Ă©conomique ; il est donc conservĂ© ainsi. Le liquide de strontium est alors envoyĂ© dans des moules en forme de tige de sorte de former de longs barreaux qui sont ensuite envoyĂ©s Ă l'Ă©tirage. Le strontium est trĂšs friable, l'opĂ©ration est donc trĂšs lente et maintenue proche de 750 °C pour maximiser sa ductilitĂ©. Une fois l'Ă©tape d'allongement rĂ©alisĂ©e, le fil de strontium est brutalement refroidi par eau. RigidifiĂ©, il suffit de le dĂ©couper en trĂšs fines aiguilles assemblĂ©es au-dessus des charges utiles des missiles.

Température de fusion des lanthanides
Le strontium n'est pas un poison radiologique trĂšs puissant. Il tue lentement, mais le Drovolski a choisi cet Ă©lĂ©ment car il est pulvĂ©rulent. Entendez qu'au moment de l'explosion, le strontium va se vaporiser et migrer dans tout l'environnement, polluant une zone pour une trĂšs longue durĂ©e. En effet, la vaporisation du strontium est un vecteur de transmission trĂšs violent, car ce dernier a la propriĂ©tĂ© de se rĂ©pandre par nuage et poussiĂšre, contrairement Ă beaucoup de mĂ©taux lourds. Et surtout, une fois dans l'environnement, il prend la place du calcium dans l'alimentation des gens, que ce soit celle du lait, de l'eau, des fruits et des lĂ©gumes. Une fois le strontium dans le corps, comme le calcium, il va ĂȘtre dirigĂ© vers les os. Lieu oĂč, mĂȘme par sa faible radioactivitĂ©, il pourra, par irradiation de la moelle osseuse, induire des leucĂ©mies foudroyantes. Selon le Drovolski, un missile chargĂ© d'aiguilles de strontium peut induire jusqu'Ă 30 000 leucĂ©mies foudroyantes par an sur une zone.

Leucémies radio-induites
Antibiose 3 Âź
Antibiose 3 est plus un procĂ©dĂ© de production qu'un vrai produit. Il est en substance un procĂ©dĂ© de sĂ©lection de bactĂ©ries antibiorĂ©sistantes. Elle consiste Ă collecter, sur des individus volontaires, un ensemble de bactĂ©ries devenues rĂ©sistantes aux antibiotiques. Le procĂ©dĂ© est simple : une personne en situation d'infection bactĂ©rienne est placĂ©e dans le coma et perfusĂ©e de sucre et de prĂ©curseurs de croissance bactĂ©rienne. Par la suite, des corticoĂŻdes sont injectĂ©s progressivement pour induire une immunodĂ©pression, de sorte que le systĂšme immunitaire laisse les bactĂ©ries prendre de la place. Une fois le bouillon de culture installĂ©, une sĂ©rie d'antibiotiques sont injectĂ©s en sous-dosage. De la sorte, l'essentiel des bactĂ©ries sont mortes, mais seules les quelques mutĂ©es survivent. En temps normal, les anticorps, par cette aide, arriveraient Ă les tuer, d'autant que hors sous-dosage, un antibiotique tue l'ensemble, mĂȘme les quelques mutĂ©es rĂ©sistantes.

Production de bactéries résistantes
Cette procĂ©dure est rĂ©alisĂ©e par cycle pour l'ensemble des antibiotiques courants, pas nĂ©cessairement tous, car il est jugĂ© pertinent que des antibiotiques d'exception soient justement exceptionnels ; il faut que les Ă©lites mondiales aient toujours un recours. Une fois que plus aucun antibiotique n'a fonctionnĂ©, les bactĂ©ries sont collectĂ©es et conservĂ©es, et le patient est sorti de son coma. Son systĂšme immunitaire est alors rĂ©activĂ© et on observe la lĂ©talitĂ© et les syndromes. Selon le Drovolski, la prioritĂ© est de maximiser la contagiositĂ© et le nombre d'afflictions sans entraĂźner la mort Ă court terme. Les meilleurs candidats actuels sont les bactĂ©ries hautement contagieuses prĂ©curseurs de cancers. L'Antibiose est surtout destinĂ©e Ă ĂȘtre Ă©pandue sur des zones agricoles et des centres urbains ; le vecteur balistique n'est pas appropriĂ©.
L'ensemble de ces armes est la propriété exclusive du Drovolski et est cédé à titre gratuit à Carnavale.