27/12/2018
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[PRESSE] Editions nationales et internationales par le Bajusid

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REVUE DE PRESSE



Presse



Considérant l'Histoire du Bajusid, il est admis que certains des articles ci-dessous soient disponibles en arabe et en français, conformément aux deux langues officielles du pays.

bueid almanal
bueid almanal dit "l'insaisissable" (بعيد المنال) - éditions nationales et internationales.

L’insaisissable est le nom donné à un ancien journal clandestin faisant la critique de l'ex-dictateur kronien, Baldassare Calabraise. Porté sur la dénonciation des excès de l'ancien régime colonial de Pendragon (Kronos), ce dernier inscrit aujourd'hui son action dans la promotion des aspirations citoyennes à l'intérieur du pays et sur la scène internationale.
bueid almanal
"bueid almanal"

5 avril 2014 - Interview de Joubair Toulali, parmi les ombre des camps de travaux forcés de Yivan.


Joubair Toulali
Joubair Toulali, photographié à la sortie du camps de travaux forcés de Yivan, libéré après la chute de l'administration locale d'Afarée.


Joubair Toulali, a accepté de nous retrouver et de répondre à nos questions, devant les portes du camps de travaux forcés d'Yivan où il a confié "s'y être vu mourir." Arrêté et déporté en 2007 pour avoir tenté de passer la frontière du Kronos eurysien avec la Youslévie, Joubair Toulali est sorti du camp de travaux forcés Yivan en 2010, lorsque les états membres de l’Organisation des Nations Commerçantes, ont déclenché une intervention militaire navale et terrestre en Leucytalée en réponse au spectre des menaces nourries par le dictateur kronien Baldassare Calabraise sur les capitales de leurs pays. Pour nous, l'homme a accepté de revenir sur cette expérience douloureuse mais aussi fondatrice de son entrée en politique.

Journaliste Said Haddani : Tout d'abord bonjour Joubair. Notre journal et vous échangeons depuis quelques temps déjà pour organiser cette prise de parole, particulière nous le comprenons tout à fait et c'est pourquoi celle-ci m'amène à réitérer mes remerciements les plus vifs à votre égard.

Joubair Toulali : Bonjour Said. Sans fausse modestie, c'est moi qui vous remercie. D'abord pour la visibilité faite à mon histoire et, espérons mon futur dans un Bajusid qui se cherche et doit redéfinir ses modèles pour renaître sous les meilleures auspices, renforcé de ses périodes troubles, telle une plaie qui se protège désormais sous la croûte épaisse d'une cicatrice...

Journaliste Said Haddani : Et justement Joubair, vos plaies, les téléspectateurs ne les connaissent pas mais vous avez passé 3 ans en détention, 3 ans pendant lesquels vous vous êtes contraint à l’exécution de pénible et dangereux pour la santé. Racontez-nous le début de cette descente aux enfers.

Joubair Toulali : Merci monsieur Haddani. Alors, premièrement je sais qu'à l'heure où je vous parle, certains ont connu la guerre de Leucytalée d'un peu plus près que moi pendant mon incarcération et mon témoignage ici n'a en rien vocation à minimiser les souffrances qui ont traversé le pays il y a quatre ans. Il vise seulement à porter aux oreilles de tous ce qu'a été le régime kronien en Afarée du Nord, pour faire tomber dans l'oubli ceux qui pensent qu'un Kronos sans Calabraise puisse exister en Bajusid...

Quant aux malheurs qui m'amènent face à votre caméra. Qu'on se le dise, mon crime a été de vouloir emmener mon fils trouver une vie meilleure en Youslévie. Mon fils est né au Kronos afaréen et avait vocation à y rester mais c'est aussi un étudiant pour lequel j'aspirais au meilleur des avenirs. Il était venu suivre des études en audiovisuel, car de vous à moi, la métropole kronienne était un incontournable pour suivre des études, là où le Kronos afaréen s'est fait la poubelle du régime Calabraise, partagée entre industries chimiques et camps pour déportés.

La dépendance du Bajusid pour le Kronos a été forcée.

Journaliste Said Haddani : Forcée vous dites?

Joubair Toulali :Je persiste, forcée par le délabrement des services publics d'outre-mer, au profit des industries polluantes et néfastes, ainsi que des infrastructures carcérales...

A quoi bon suivre des études en audiovisuel quand de retour dans sa région natale, il n'y a de place que pour les réalisateurs sous tutelle de l'état? Des metteurs en scène plus que des réalisateurs qui n'ont plus que pour seule réussite d'avoir mis en scène avec brio des scripts conditionnés par les censeurs du régime. Mon fils a pour projet de faire un film sur l'histoire de sa vie, sur ce qu'a été son enfance au Bajusid et les complications quotidiennes qui frappent les familles qui y vivent. Quelle chance avait-il de faire ce film, de faire un film, dans ce pays? Aucune, il me disait quand je l'appelais "Papa, ne viens pas. Ici mes camarades ont des parents sympathisants voire adhérents au parti... Quand des officiels viennent rencontrer les promotions au travers d'exercices dirigés, certains officiels les appellent par leur prénom. Je serais heureux d'avoir ne serait-ce que la moyenne..."

Au Kronos, réussir c'est asservir. Vous voulez une place? Rentrez dans la case où elle se trouve, arrondissez les angles, diminuez-vous si nécessaire... Quand mon petit a réussi ses études, j'étais fier, car j'avais la mesure de l'adversité qu'il avait battu pour franchir la ligne d'arrivée. Pour moi, il avait fait sa part et je me devais de faire la mienne, c'est pourquoi quand je suis venu à Pendragon pour sa remise de diplôme, j'étais préparé à l'idée qu'un passage de la frontière youslève s'imposerait. Mon fils et le passeur sont parvenus à passer mais une patrouille de garde-frontières nous a repéré et j'ai préféré me rendre pour les occuper et laisser le temps à mon fils de passer en territoire youslève.

Journaliste Said Haddani : Un choix lourd de conséquences, puisque c'est ce qui vous a conduit dans les camps de travaux forcés de Yivan. Avec le recul vous regrettez?

Joubair Toulali : Absolument pas... Mon malheur est une forme de réussite, déjà parce que j'ai réussi à faire passer la frontière à mon fils. Et aussi parce que j'ai pu garder la vie sauve après ça. Mais tout n'a été que survie depuis cette date. Vous savez, des kroniens sont morts en tentant de franchir cette frontière. J'ai survécu avec l'espoir et la garantie d'offrir un avenir à mon fils. Et ça, même un geolier peut vous l'enlever.

Journaliste Said Haddani : Les forces du régime qui tenaient le camp vous ont-elles torturé?

Joubair Toulali : Elles n'avaient pas à le faire, le Kronos en Afarée du Nord était l'expression permanente d'une violence institutionnalisée. Une violence physique par les incarcérations arbitraires qui nous ont frappé et les conditions de vie dangereuses qui nous ont été imposées dans les usines chimiques fermées de Yivan. Un travail d'acharné, porté très tôt le matin et arrêté très tard le soir, si bien qu'il nous était possible de couvrir en une journée, le travail normalement opéré sur deux postes 3x8 dans une industrie non carcérale. Après les conditions de travail, ce sont également les conditions de prise en charge qui étaient désastreuses, j'ai vu des codétenus mourir dans leur vomi après être revenu d'isolement, un autre se vider de son sang après une crise d'épilepsie qui a conduit son crâne à heurter le lavabo de notre cellule. Les gardiens sont venus le récupérer le lendemain matin quand nous étions partis en pause déjeuner. C'est dire la considération qui était faite à la vie humaine dans ces usines. En ce sens on peut dire que mes années d'incarcération ont été sous la torture. J'ai subi des tortures physiques et psychologiques et plus encore j'ai été témoin des souffrances de nombreux autres détenus. Le régime kronien en Afarée du Nord était une période sombre, dont la réitération ne peut être souhaitée que par ls comportements orduriers de ceux qui ont permis son maintien.

Journaliste Said Haddani : Et pour les autres, que pensez-vous que cette période noire ait suscité?

Joubair Toulali : Pour les autres, elle a renforcé leur volonté car elle a renforcé ma détermination à lutter pour un avenir meilleur pour notre pays.

Journaliste Said Haddani : Est-ce ce qui a façonné votre lancée en politique?

Joubair Toulali : Indubitablement ! J'ai essayé de suivre les règles, mon fils a essayé de suivre les règles, en vain... Ce camp de travaux forcés à Yivan, il ne tenait que parce que des gens, es riverains, ont fermé les yeux sur ce qui s'y passaient. Si chaque détenu avait vu une dizaine de proches se soulever pour lui, la barrière d'entrée aurait sauté dans l'heure. Notre silence est l'écho de notre mort, le stoïcisme du cadavre que tout indiffère. Qu'il ne soit plus jamais dit que le Bajusid abrite des camps de la honte, des camps où l'on travaille pour rien, dans des conditions déplorables alors qu'en dehors, la misère et le débrouillardisme pullule.

Combien de familles ont payé, économiquement parlant, les politiques étrangères difficiles du gouvernement Calabraise? N'avons-nous pas suffisamment de personnes désoeuvrées pour travailler et gagner leur vie dans ces usines? Le Kronos avait, depuis sa situation géographique qu'était la sienne, mille opportunités de faire du commerce, de s'ouvrir au monde et d'attirer des investisseurs. Notre modèle économique, nos alliances, notre modèle judiciaire, tout a été conçu à l'envers, pour faire de l'état un faiseur de pauvres et de veuves. Avec le Bajusid, je rêve d'un pays où les citoyens craignent les criminels avant les autorités, et où la criminalité ne constitue un des rares débouchés pour survivre...

Il y a beaucoup à faire, ça vaut bien l'engagement d'un vie ou de ce qu'il m'en reste. Conclut finalement l'homme d'un large sourire.

Journaliste Said Haddani : Et votre engagement, parlons-en, vous venez de fonder "أمة فخورة" (littéralement "Nation fière"). Que pouvez-vous nous en dire?

L'homme hoche ostensiblement la tête, se préparant à donner du poids à sa réponse.

Joubair Toulali : Nation fière, est un parti qui veut regrouper en son sein toutes les pensées réformistes qui manquent à notre pays. Des réformistes de son système judiciaire, de sa gouvernance politique, mais aussi son ancrage culturel, pour sortir de l'ombre laissée par la métropole kronienne. Nous allons redéfinir les modalités de financement de l'éducation, des srvices publics au sens large, permettre une réappropriation des lieux par les investisseurs puisqu'il ne soit plus jamais admis que des gens meurent littéralement bouche ouverte à l'usine, pour avoir refusé de mourir une balle dans la nuque. On veut une société qui puisse porter des institutions qui ne les écrasent pas...

La première étape, c'est le parti, la bannière derrière laquelle les gens peuvent se reconnaitre et suivre dans nos combats citoyens à venir.

On veut souffler le changement au Bajusid et faire de cette région, le facteur de sa réussite. Le Bajusid a un emplacement privilégié, des partenaires régionaux potentiels, des intellectuels, posons le cadre dans lequel on souhaite évoluer et développer les atouts de nos citoyens, fiers et intégrés autour de notre projet. Un projet tourné vers l'institutionnalisation d'une autorité politique, morale et judiciaire dans le pays, des réformes sociales et la restauration d'une identité nationale tangible vers laquelle pourront se tourner des citoyens fiers. Tout est à construire, l'état de droit à construire, les opinions individuelles de chacun sont à chacun faute d'un accès à des médias transparents...

Journaliste Said Haddani : Pensez-vous que votre projet se heurtera à des obstacles plus gros que lui?

Joubair Toulali : Plus gros c'est impossible, rien n'est plus infinie que notre soif de réformes et de libertés. Il y a néanmoins je le conçois, des obstacles notables sur notre trajet, à commencer par les loyalistes à Calabraise, les Calabraisistes, qui pourraient nourrir une contre-révolution et une propagande qui vienne reposer sur les outils et l'état de droit bâti... C'est un mal nécessaire pour justifier notre différence avec ces bourreaux qui n'attendent qu'un moment propice pour sortir du bois. Nous les attendrons, sans jamais leur céder de terrain.

Journaliste Said Haddani : Mais le chemin qui s'ouvre à vous semble encore long, si ce n'est périlleux. Comment envisagez-vous la suite avant de crédibiliser votre parti, concrétiser votre projet ? Comment comptez-vous passer d'un gouvernement de transition, porté par les états-membres de l'ONC, à un gouvernement locale légitime, qui a la force de ses ambitions?

Joubair Toulali : Ah... vous pensez bien que l'heure est à battre le rappel. Nous devons prioriser nos souhaits de réformes, très nombreux je vous prie de croire. Après quoi nous nous ferons enregistrer sur les listes des prochaines élections locales et nous viendrons au contact de nos concitoyens pour leur partager notre projet. Aussi j'aimerais d'ores et déjà leur dire que, malgré les souffrances et les difficultés persistantes au Bajusid, nous trouverons la force, par le dialogue, par la pédagogie, d'échafauder un modèle nouveau profitable au pays. L'âge de guerre est terminé, l'état de droit arrive.

Journaliste Said Haddani : Réponse aux premières élections législatives de ce qui a vocation à incarner la naissance du pluralisme politique au Bajusid... Joubair Toulali , une nouvelle et dernière fois encore, merci. Merci pour votre temps, merci pour cet échange inspirant, à l'heure où le Bajusid tente de fuir ses démons hérités de l'ère coloniale..
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20 janvier 2017 - Réouverture des industries chimiques de Yivan, le Bajusid prêt à faire le deuil de ses camps de travaux forcés.


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Les industries chimiques, jadis nationalisées sous le régime communiste kronien, se sont maintenant privatisées et entendent trouver la voie du développement sous l'impulsin de capitaux étrangers.


"Les personnes qui tournent le dos à l'Histoire ne seront jamais face à leur avenir" se fendait pour commentaire Joubair Toulali, nouveau député et maire de Yivan, installé aux commandes de la cité "maudite" depuis les dernières élections. En effet, l'historie récente du pays se lie sombrement à celle de cette ville ayant tant caractérisé les heures les plus sombres du communisme kronien et bajusid. Ici, il y a moins d'une génération, l'industrie chimique géante qui avait toutes les cartes pour se faire la fierté d'un pays en était aujourd'hui l'opprobre, après qu'elle eut à servir les intérêts les plus noirs d'un régime kronien répressif, incarcérant sur place et à tour d bras des opposants, armés ou non, pour les engager sur des travaux forcés dans des environnements chimiques. Nationalisé, le site industrie faisait ainsi office de cache misère du régime, par l'accueil et la détention e tous ceux que la République communiste kronienne rechignait désormais de voir en société : des activités libéraux parfois engagés dans des actions violentes contre le régime calabriste c'est vrai, mais aussi des citoyens ayant eu l'audace de vouloir s'exfiltrer en Youslévie malgré la fermeture des frontières. Tout était prétexte pour faire taire la dissidence où qu'elle soit et alimenter cette machine d'acier au service d'une nation tournée vers la guerre.

Les archives locales, abandonnées sur place à la hâte par les geôliers-tortionnaires du régime calabriste apprenant l'arrivée imminente des forces coalisées de l'Alguarena et du Lofoten, sont malheureusement bien souvent incomplètes et raréfiées, considérant le chaos ambiant de la guerre. Toutefois, des éléments récupérés, il est attesté d'une certaine brutalité, tant physique que psychologique. Et en cela, rien ne devrait laisser s'oublier cette page sombre de notre Histoire. Faut-il pour autant détruire le complexe? le vouer à une activité diamétralement opposée à celle d'antan? Non, l'élu ne pense pas ainsi. Rouvrir les industries chimiques de Yivan c'est faire le choix de panser nos plaies, en dédiant l'édifice au développement de nos territoires, à l'essor de notre économie et non le bâillonnement de ses intellectuels tués à la tâche. Jamais plus l'industrie de Yivan sera un camps de travaux forcés. Elle apportera l'emploi, la stabilité financière de nombreux ménages. Ses impôts locaux financeront l'entretien de la voirie de Yivan, ses services locaux et elle contribuera ainsi à sa manière à panser les plaies qu'elle a ouvert auprès d'une population endolorie.

Précédemment nationalisé, le site a été privatisé par décision du parlement bajusid, dossier pour lequel Joubair Toulali s'est fait l'ardent défenseur de la privatisation. Après des mois de communication, de tractations et d'accompagnement administratifs, le site a trouvé preneur auprès de la société pontarbelloise Acaro Chemical, une entité nouvellement installée dans le Bajusid que l'exécutif entend encourager. Malgré l'annonce faite autour del a réouverture, le site ne pourra pas accueillir de travailleurs avant deux mois, considérant les travaux de rénovation pour effacer les stigmates de la Guerre de Leucytalée, et les traces de la vocation passée donnée à l'établissement, à commencer par les grilles pénitentiaire délimitant plusieurs secteurs clés du site, jamais soumis à un accès restreint. En mars de cette année, les nouveaux acquéreurs et les élus locaux dont fait partie Joubair Toulali entendent faire peau neuve sur l'édifice, pour le réintroduire, le réinsérer, au sein de l'espace économique et sociétal local...

"C'est un jour historique, rien de moins. Ce projet va nous permettre de redynamiser la région dans un contexte d'après-guerre et de réinstitutionnaliser du territoire, suite à l'éviction brutale du colon kronien en 2010" expose Malick Ardis, chargé d'urbanisme pour la municipalité. "Il nous décrira ensuite le choix donné au réinvestissement des bâtiments pour s'en faire une pièce attractive à la revente sur les marchés internationaux. Les fumées ne vont bien entendu pas se mettre à fumer avant plusieurs mois mais elles se font malgré totu rutilantes et les acheteurs ont su se projeter, envoyant même déjà certains ouvriers pour la remis en l'état de machines de production, abandonnées, cassées ou non entretenues.

A d'autres endroits de la ville, certaines mines affichent la surprise mais un air aussi jouasse. "Je ne voulais pas y croire mais force est de constater qu'on y est. Yivan a retrouvé ses usines !" confie uen riveraine dissimulant avec peine sa satisfaction. Compte tenu des tensions encore présentes dans le pays entre les pro et anti mémorial du Kronos, les calabristes et libéraux, la capacité du nouveau gouvernement Bajusid à réindustrialiser le territoire doit peser et offrir les clés nécessaires au pays qui entend se reconstruire.
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bueid almanal
"bueid almanal"

18 mai 2018 - Plus d'un an après la réouverture des usines chimiques de Yivan, le gouvernement Toulali nourrit un projet d'extension de la zone portuaire de Cherasi (et cale en cours de route).


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Le port de Cherasi, un chantier de longue haleine abordé sous un sprint?


Créé par le président Joubair Toulali en janvier 2018, le 2PGC (Projet Portuaire pour la Grande Cherasi) affirme son implication dans la mission de reconversion et de développement d'une zone portuaire périphérique à la ville de Cherasi, un projet jugé comme priorité nationale par le gouvernement Toulali mais qui peine à se construire. Pensée autour de principes défendant l'innovation ainsi que l'agencement urbain, la revitalisation de la zone portuaire de Cherasi cherche son rythme de croisière pour apporter le dynamisme escompté dans un pays qui cherche les effets de la mondialisation. Envisagée sur une surface de soixante cinq hectares, la zone portuaire de Cherasi serait effectivement salutaire pour attraper le train en marche de la mondialisation. Un train qui semble jusqu'ici avoir pris un mauvais aiguillage en sortie de gare où il a déposé le dictateur honni Baldassare Calabraise. Et pour mener à bien ce projet, Cherasi peut compter sur la Leucytalée et le Bajusid sur Cherasi, pour développer des accroches avc le commerce international. La ville, nichée sur la façade nord afaréenne et les pieds dans l'eau de ce qui se fait peut-être la première route commerciale mondiale, a tout pour plaire. La position géographique y est pour ainsi dire exceptionnelle et stratégique si l'on considère le foyer de peuple eurysien de l'autre côté du bras de mer, le plus important au monde avec une densité de population inégalée. Ses connexions passées avec le Vieux continent eurysien, nées de son histoire coloniale avec le Kronos, devraient également compter pour beaucoup dans le tissage de routes commerciales transcontinentales. Mais pourtant il n'en est rien et le succès tarde à pointer au rendez-vous pris par les élites !

Derrière le calendrier donné à l'ambitieux projet, une levée de fonds difficile face à des choix budgétaires encore trop accaparés par l'aide sociale d'un territoire toujours empreint d'un fort taux de chômage et pire encore, des premiers coups de pioche et bétons coulés ce sont des malfaçons qui sont apparues. La ré-exécution commence à se faire coûteuse, le choix des prestataires commence à poser question et les questions commencent lentement à céder leur place aux critiques.

Malgré ces justes critiques, l'engagement financier est déjà trop avancé pour permettre une véritable volte-face des autorités et de la municipalité de Cherasi. Seule démarche valablement admise, la nomination d'un nouveau directeur opérationnel à la tête du 2PGC afin d'essayer de renouer avec la confiance des investisseurs, à commencer par les contribuables eux-mêmes et donner une certaine clarté aux engagements jadis pris. La transparence est attendue sur le sujet, dans un pays qui voit son économique encore décharnée. Sur le plan économique on aurait pu à minima se satisfaire qu'un tel vaste projet de réaménagement donne de l'élan au retour à l'emploi des locaux mais que nenni. Se faisant la quête d'une expertise spécifique non couverte par les artisans et entrepreneurs locaux, la municipalité de Cherasi a assez largement recouru à des entreprises étrangères, limitant d'un même fait les bénéfices d'une telle opération et ses voies de recours devant les instances compétences pour y dénoncer le non professionnalisme des prestataires engagés jusqu'à lors.

A défaut de noyer de nouveaux navires dans la Leucytalée, la population de Cherasi se noie dans le scepticisme, faute à une absence totale ou presque de retombées économiques concrètes.

bueid almanal
"bueid almanal"

1er novembre 2018 - La présidentielle du Bajusid de 2019, une quête de stabilité à développer sur papier blanc.


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Six candidats annoncés à la présidentielle du pays, trois têtes de sondage dont Joubair Toulali pour sa réélection.


Huit ans après son indépendance et six ans après l'élection du premier président, le Bajusid s'apprête à renouveler ses instances présidentielles. Une séquence décisive pour la reconstruction progressive du pays. Un enjeu électoral fort, dans un territoire où tout est à remettre en place et les relations de pouvoir à reconstruire. Les institutions démocratiques, données telle une offrande à la nation par le premier président du Bajusid, sont à soutenir et à faire croître. Et le président qui en ressortira, aura des premières attributions la volonté d'installer durablement dans la mentalité collective, le règne non négocié de la démocratie. La campagne officielle a débuté ce mois-ci, validée et scrutée par une commission dédiée. Elle devrait s'achever à la mi-janvier, date de dépouillement du second tour de ce scrutin. La porte parole de ladite commission, Salma Ait Mouda a récemment déclaré que tout serait "prêt en janvier pour assurer à chacun la tenue d'un scrutin libre et transparent." Quelques observateurs internationaux, en provenance d'Etats membres de l'ONC seront présents pour suivre les actes d'huissier autour du vote. La présence d'observateurs internationaux va nécessairement offrir des gages inestimables à ces citoyens longtemps dupés par les artifices eurycommunistes, en sus d'une visibilité accrue à l'internationale, ce qui devrait renforcer la participation des électeurs. Mais le choix ne sera pas aisé pour eux, un choix étalé sur plusieurs voies et leurs incarnations possibles.

Parmi les candidats en lice, le président sortant Joubair Toulali fait office d'évidence pour incarner un second mandat sous les couleurs du parti Nation Fière. L'ancien prisonnier politique a su se dessiner sous les traits d'une figure tutélaire attendue pour la sortie d'une transition postcoloniale ambitieuse. Justifiant d'un démarrage progressif de la relance économique du pays, de réformes partielles du système judiciaire pour le rendre plus indépendant et plus important des efforts autour de la réconciliation nationale avec la valorisation culturelle du territoire accompagnant les célébrations du renouveau et son intégration parmi les célébrations nationales admises au calendrier, ce qui eut été inconcevable sous l'ère calabriste. Malgré ce pedigree, Joubair Toulali devra se heurter à plusieurs candidats de qualité, cumulant des atouts valables pour lui disputer la faveur d'un électorat encore nouveau dans le rôle.

Parmi ces nouveaux noms de la sphère politique apparait celui de Mahmoud Al-Sarrani, le chef du parti pour la Libération de la Foi Islamique (LFI), un mollah ayant poursuivi ses études religieuses au Farisistan où il a observé les dynamiques sociales et les actions politiques oeuvrant à la cohésion nationale ainsi que religieuse entre chiites et sunnites. Une légitimité et une incarnation de l'autorité religieuse construites au contact de la théocratie farisistanaise qui l'aident à réunir les populations de croyants du pays et à construire du sens commun. Il serait également difficile de ne pas comprendre et associer l'engouement autour de la figure Al-Sarrani avec cette quête permanente de spiritualité et de réappropriation culturelle du peuple bajusid. Après la reconstruction des institutions du Bajusid, Mahmoud Al-Sarrani considère la relance du pays autour de valeurs sociétales et religieuses intrinsèquement liés. L'Islam ne serait alors plus l'adage de pratiques individualistes et laissées à la discrétion du foyer mais des rendez-vous donnés à la communauté nationale pour forger les valeurs et à fortiori les lignes directrices à donner à notre société. Interrogé sur ses enseignements de son séjour au Farisistan, Mahmoud Al-Sarrani peine à cacher ses projets de République Islamique pour le Bajusid malgré un vocabulaire pesé. Mais dans les rangs de son électorat, le message y est limpide et la volonté de trouver un Islam national, réel.

A ses côtés d'autres candidatures sortent du lot, prêtes à bousculer le match entre Joubair Toulali et Mahmoud Al-Sarrani. Ouvrant ce qu'il espère être une troisième voie, le Prince Mutarrif ibn Saadin s'active en coulisse. Investisseur notable dans le pays, il cultive l'image du philanthrope et de l'homme d'affaires accompli dont la réussite doit se voir sur tout ce qu'il touche. Une ombre qui plane sur l'élection et met en filigrane les autres candidatures mineurs des candidats de la gauche républicaine et celle révolutionnaire. Très respecté au sein de la communauté beïdane du pays, le Prince Mutarrif ibn Saadin offre aujourd'hui lui aussi une vision de la réussite escomptée pour le pays.

Les élections qui arrivent en 2019 devront donc finalement confirmer la résilience des institutions face à un hypothétique changement de président et à fortiori de programme politique, dont l'application ne saurait être permise sans réformes de fond.
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3 décembre 2018 - Le péril Saadin, ne laissons pas le Bajusid plier sous la couronne et l'or d'un Prince.


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La foi et l'âme du Bajusid seront-ils à l'épreuve des investissements financiers du Prince Mutarrif ibn Saadin?


Peut-on continuer de parler de donations lorsqu'un candidat richissime à la présidentielle du Bajusid, multiplie les versements à la faveur de plusieurs entités d'intérêts publics comme les cybercafés ou les aménagements agricoles, conditionnant les faveurs de quartiers populaires? Si la question reste en suspens, notons chacun et chacune que la qualité de bienfaiteur attribuée au Prince Mutarrif ibn Saadin doit aujourd'hui souffrir de quelques nuances car il n'y a nul désintérêt à la démarche et le timing donné à cette générosité outrancière se veut un provocant étalage philanthropique qui ne dupe que les âmes légères. Mais devant cette facétie, le fidèle doit se rappeler le véritable poids de la richesse de son âme et concéder qu'il n'y a nulle charité pour celle faite à dessein. Chef communautaire beïdane vendu à l'appât du gain et ses profits, "le Prince Mutarrif ibn Saadin n'est qu'une ombre vouée à obscurcir le ciel et le coeur du Bajsuid, il ne reste rien de lui qui ne soit pas déjà vendu" s'est fendu pour tout commentaire Mahmoud Al-Sarrani, le chef du parti pour la Libération de la Foi Islamique (LFI), préférant je cite "concentrer ses forces et son énergie à la présentation d'un programme plutôt que les paroles volatiles de ses adversaires..." Il faut dire que le parcours de l'oligarque binational ne joue pas en sa faveur, lui qui s'était retrouvé lié à des velléités indépendantistes au Kodedan, province afaréenne de l'Empire listonien. Beaucoup sont ceux ici qui craignent des volontés autocratiques et un accaparement des institutions, promises au service de là où viendra l'argent. Dans un berceau de l'esprit maure en Afarée, la chute du Kronos calabriste doit rester l'opportunité d'élever le niveau de foi du Bajusid et non la parcellisation du territoire ainsi que des âmes organisée par des capitaux de rentiers.

Le parti pour la Libération de la Foi Islamique (LFI) est par conséquent aujourd'hui une seconde voie offerte à ceux qui n'entendent pas conditionner leur perception du futur bajusid à la mise à disposition de commodités données avec intérêts et censées permettre d'entrevoir des promesses d'enrichissement qui ne seraient que les synonymes de l'avilissement de notre foi. Jadis figure de l'indépendantisme kodedan, quelles seraient les raisons valables données au brusque et soudain engagement vers sa binationalité qu'est celle du Bajusid? "Ce Prince n'a d'indépendantiste que le nom, il vit aux dépens de l'argent étranger où il a massivement investi" souffle un fidèle de la Grande Mosquée de Tarrin, à la sortie de la prière. Des accusations vers la personne du Prince mais plus largement vers l'élite qui semble se construire à mesure que le pays se reconstruit lui aussi, cumulant les profits d'opportunités nées des marchés publics donnés au compte d'entreprises où il y ont leurs parts. Le parti pour la Libération de la Foi Islamique (LFI) voit nécessairement dans la figure princière une menace existentielle au maintien de nos institutions, de notre culture et à terme de l'intégrité territoriale elle-même. Facteur de sécularisation rampante entre la Foi véritable et les ambitions individualistes, le Prince Mutarrif ibn Saadin semble définitivement jurer avec l'image d'un indépendantiste kodedan convaincu, dressé face à l'Empire listonien qui l'a pourtant détenu en captivité plusieurs années durant c'est vrai. Que voulez-vous, il arrive que les loups et l'ours se battent pour une chèvre en situation d'égarement. La fortune du Prince amassée à l'étranger, son indépendantisme kodedan rapidement converti en intérêt pour la présidentielle du Bajusid, l'empire familiale bâti aux côtés de sa propre fille Safya sont finalement autant d'éléments qui doivent nous alerter des divergences de vision à donner à notre jeune mais forte République, riche de la valeur détenue dans le coeur de ses citoyens.

Au-delà de la considération morale donnée aux motivations du Prince, ses concurrents à la présidence du Bajusid dénoncent l'attitude destructrice qu'a eu le Prince pour le Kodeda dont il prétend avoir défendu les vélléités indépendantistes, chaudement ancré dans le fauteuil de son palais avant de se voir kidnapper et transférer sous la garde du renseignement listonien. Le mollah Al-Sarrani lui, fuyait au Farisistan quand sa vie était menacée par le régime calabriste pour ses prêches de sagesse et d'appel à un retour à la Foi au-dessus de l'Etat. Un salafiste diront les uns, un opposant à la tyrannie calabriste constateront les autres...
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bueid almanal
"bueid almanal"

5 décembre 2018 - Le Prince Mutarrif ibn Saadin, chef BTP de la reconstruction nationale.

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A travers ses donations et investissements, favorisant l'ouverture de cybercafés, pharmacies et plus généralement la reprise du complexe industriel chimique de Yivan, le Prince Mutarrif ibn Saadin reconstruit politiquement, socialement et économiquement le Bajusid.

Dans un territoire de Nord-Afarée, aux portes d'une Leucytalée à nouveau embrasée par les conflits carnavalais et loduariens, les efforts du Prince Mutarrif ibn Saadin pour redresser la barre ne passent pas inaperçus. Figure majeure de la communauté beïdane, le Prince Mutarrif ibn Saadin réapparait au Bajusid sur les traits bienfaisants d'un homme d'affaires au sens pragmatique et à l'empathie aiguisés, après qu'il ait investi massivement dans plusieurs entreprises d'utilité publique, permettant leur création elle-même après qu'elles se soient annoncées bien incapables de satisfaire les levées de fonds nécessaires. Le dernier projet en date reste peut-être la création de plusieurs cybercafés à Tarrin et en ruralité, pour permettre l'accès au numérique (et tous ses bénéfices) des populations. Exfiltré des désolations de la guerre et de la tyrannie calabriste, le Bajusid a soif d'ouverture et celle-ci prend d'abord forme vers un accès facilité aux services dont la décentralisation est permise par la voie dématérialisée, numérique. Création d'une boite mail ou d'un CV, candidatures pour une entreprise éloignée de votre domicile actuelle, recherche d'évènements ou de contacts. Les besoins ne manquent pas et la connexion apparait alors comme un "must have" pour bon nombre de Bajsuid peinant à accéder à des moyens informatiques comme un ordinateur ou un téléphone portable. Si à cela vous ajoutez la récent ouverture d'une pharmacie en périphérie de Tarrin, pour faciliter l'achat de médicaments par des quartiers populaires et connus pour une absence de motorisation, vous avez la démonstration pleine et entière d'un homme dévolu à faire le bien autour de lui. Le contexte est cocasse, à quelques mois seulement de l'élection présidentielle et alors? Dieu n'est-il pas là pour juger nos actes? Ici bas, ils sont clairs et à la faveur du Bajusid, que le fond de son âme soit sondée en temps voulu...

"Binational ou pas, il oeuvre pour le bien à tous et en fait la démonstration. Je préfère cent fois quelqu'un qui agit dans le bon sens tout en taisant ses motivations, que quelqu'un qui nous tartine quotidiennement ses bonnes pensées mais dont les actes se font attendre jusqu'au lendemain des élections" explique Zoulikha El Ouazzani, une habitante de Gharjura, un village dans l'arrondissement de Cherasi.

"La bonté d'âme ne s'invente pas. Rien n'oblige le Prince Mutarrif ibn Saadin à faire ce qu'il a fait. Il aurait pu dire vouloir le faire et attendre que les électeurs le croient sur paroles. Sincère ou pas, il fait déjà davantage que tous ces politiciens qui, sous prétexte de ne pas être élus à la fonction suprême du pays, se retienne de faire à leur échelle ce qui est juste..." explique encore Rakka Ben Barka, la doyenne de Djeloutan, un petit village de l'arrière pays.

Ces témoignages associés à d'autres, attestent de la reconnaissance offerte au Prince Mutarrif ibn Saadin pour s'être investi dans des démonstrations d'aménagement et de développement du territoire qui comptent, comme en attestent les propos recueillis par nos confrères. La question communautaire n'est pas à exclure s'il fallait tout à faire être honnête, puisque la capacité des uns à voir dans le Prince un compatriote beïdane faisant le choix de la binationalité gage de sa volonté à oeuvrer pour une entité politique, après s'être vu guidé par les liens du sang qui l'unissent à sa communauté. "Le Prince Mutarrif ibn Saadin est un beïdane et un kodedan (ex-colonie listonienne), le voir se présenter à nous avec un passeport bajusid est nécessairement la preuve d'être animé par une volonté non communautaire. Sinon les donations auraient pu être plus dirigées que cela. Après tout, n'importe qui peut acheter des médicaments dans la pharmacie ouverte grâce aux fonds du Prince Mutarrif ibn Saadin? N'importe qui ne peut-il pas se connecter à une ordinateur des cybercafés ouverts par ce même homme?" appuie un homme soucieux de garder l'anonymat avant de nous confier que les salafistes du parti de Libération de la Foi Islamique (LFI) ne sont pas favorables à la démocratisation des accès internet comme ceux permis au sein de ces cybercafés et que son enthousiasme peut lui valoir la vindicte de quelques militants salafistes de LFI. Qu'à cela ne tienne, le message est passé !

Et si les intentions des Saadin ne sont finalement connues que des Saadin eux-mêmes, force est aujourd'hui de constater que leur pedigree est connu de bien davantage de monde. La famille Saadin, si elle se fait nouvelle résidente sur le territoire du Bajusid, est connue pour son rayonnement socioéconomique et culturel au Kodeda, énième gage de ses capacités financières à produire des actions philanthropiques et une métamorphose de fonds du paysage socioéconomique national, toutes motivations réelles gardées.
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"Bajusid News"

5 décembre 2018 - Une vague d'inscription sur les listes électorales, la démonstration d'un enthousiasme des communautés beïdanes.

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Le regain des inscriptions sur les listes électorales avant leur clôture, traduit l'implication communautaire beïdane dans la campagne présidentielle de 2019.

Nous voilà à moins de deux mois des élections présidentielles du Bajusid et moins de quinze jours des clôtures d'inscription, pourtant les bureaux électoraux et mairies chargés d'assurer les enregistrements ne désemplissent pas. Elles accueillent un public abondant mais aux profils de plus en plus dicibles. Dans les agglomérations du nord du pays, aux abords des villages et lieu-dits très représentatifs des communautés beïdanes, des convois atypiques sont visibles sur les routes, généralement incarnés par des vans et minibus non sérigraphiés. Des taxis privés, indubitablement, voyageant bien souvent au complet ou presque. Mais les lignes sont plus hasardeuses que les bus des villes, passant au sein des villages et zones résidentielles beïdanes selon des horaires et jours différents. A chaque fois que l'embarquement se termine, la destination est connue, la mairie de l'arrondissement de rattachement. L'objectif officiel est de permettre un accès à la démocratie de chacun, en se laissant l'opportunité de se rendre au sein des mairies où il a vocation à voter. En creusant un peu il s'avère que les taxis ne sont pas gratuits et bénéficient de financements issus de la campagne du Prince Mutarrif ibn Saadin. Ciblant les zones résidentielles à forte dominance des communautés beïdanes, ces navettes à destination de la mairie sont des opportunités de voir un électorat ancré dans les choix communautaires s'inscrire sur les précieuses listes électorales nécessaires à la désignation des votants aux prochaines élections présidentielles. Le phénomène semble donc présenter un processus bien rôdé, où jeunes et moins jeunes s'organisent pour répondre à des dynamiques communautaires installées autour du Prince.

Mais les fils ne sont pas fins et les autres candidats à la présidentielle ont d'ores et déjà manifesté de vives critiques face à ce sectarisme qui ne dit pas nom. De son côté le Prince Mutarrif ibn Saadin s'en défend, pour lui "associer l'inscription sur les listes électorales de citoyens issus de la communauté beïdane et leurs votes à ma personne avant même le démarrage des élections est un raccourci infamant à l'égard du libre arbitre qui anime ces électeurs ordinaires et légitimes..." Des propos formulés au travers d'un communiqué plus large, au sein duquel il explique par la voix de son équipe de campagne tout le caractère infondé qu'il donne à ces accusations publiques. Le Prince Mutarrif ibn Saadin vient en effet et assez lourdement, insister sur les motivations strictement logistiques et non politiques des transports affrétés. Toujours selon le Prince et son cabinet de campagne, les déplacements véhiculés ne constituent rien d'autres qu'une initiative citoyenne visant à abattre certains freins à la participation aux votes. "Bien trop souvent, les citoyens en marge des villes et villages sont également en marge de la démocratie..." Qu'il soit question de démarches administratives ou citoyennes, il est vrai qu'un bon nombre de communautés rurales pâtit aujourd'hui de cet éloignement, au sein d'une société plus participative que jamais après la mise à bas du régime calabriste. Et dans une ex-dictature où les instances administratives n'ont pas été pensées pour offrir un service, les mairies et transports publics sont effectivement en souffrance pour tenir leur rôle à cet instant crucial de la vie électoral du Bajusid. Pour l'opposition, la manoeuvre semble aller bien au-delà de la dimension logistique. Au sein de plusieurs municipalités, des observateurs et journalistes locaux ont relevé que les arrivées de minibus et vans chargés d'acheminer les citoyens coïncidaient fréquemment avec l'arrivée dans les villes d'afficheurs affiliés aux partis du Prince.

Dans la dernière ligne droite avant le vote, il est difficile de croire aux coïncidences. Interrogé, le juge Hicham Jouahri nous rappelle qu'à ce stade aucune infraction ne saurait être commise. "Le Prince Mutarrif ibn Saadin est libre de financer ou solliciter gratuitement le recours à des navettes pour favoriser les déplacements de personnes. Ces déplacements fussent-ils organisés au pied du bureau de vote ou d'inscription sur liste électorale. Les personnes restent libres de s'inscrire et libres de voter. Elles ne perçoivent à ma connaissance aucune rétribution pour leurs inscriptions. Tout est en ordre au regard de la Loi..."
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