24/03/2016
17:53:03
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Ministère de la Réintégration des Territoires Occupés

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1944
MINISTÈRE DE LA RÉINTÉGRATION DES TERRITOIRES OCCUPÉS


Mariya Dovhan, Ministre de la Réintégration des Territoires Occupés
Mariya Dovhan
Ministre de la Réintégration des Territoires Occupés


Le Ministère de la Réintégration des Territoires Occupés est sous la direction de Mariya Dovhan, la Présidente du partie réclamiste la Voix des Exilés, et Vice-Présidente du Conseil de Réclamation Nationale. Comme son nom le laisse suggérer, cette administration a vocation à mettre en œuvre les moyens nécessaires à la restauration de la souveraineté de la République d'Hotsaline sur l'intégralité de son territoire légal, en particulier ceux qui se trouvent sous l'occupation de l'Empire Raskenois et de l'Organisation des Raches. Pour ce faire, le ministère travaille en synergie avec les services diplomatiques du Conseil de Réclamation Nationale, s'agissant des ministères des Relations Confédérales et Extra-confédérales, afin d'explorer les options diplomatiques susceptibles de concourir à la réintégration des territoires hotsaliens occupés depuis 1994. Dans l'hypothèse où aucune solution diplomatique ne serait possible, le ministère prépare également l'éventualité d'un conflit armé en collaborant avec le Ministère de la Planification Industrielle, afin de doter le pays des moyens de conduire sa politique régionale. Au-delà de la seule reconquête des terres occupées, le ministère a également pour mission de préparer et mettre en œuvre leur réintégration administrative, politique et économique à la République d'Hotsaline une fois le contrôle retrouvé.

HISTORIQUE DES PUBLICATIONS



14/06/2014 - L'Administration Militaire de Gradenbourg : autopsie d'une invention qui n'a de gradenbourgeois que le nom
01/07/2014 - Approvisionnement stratégique : un voisinage problématique
02/07/2014 - Stockage des carburants : un défi technique à la hauteur de la résilience hotsalienne
02/02/2015 - L'éradication des Raches : et après ?
02/04/2015 - Rasken : faux sauveur, vrai destructeur
12/04/2015 - Rasken, fossoyeur de la démocratie au Gradenbourg
15/04/2015 - Quand Rasken sacrifie l'économie du Gradenbourg pour maintenir son emprise
30/04/2015 - Gradenbourg : un bien lourd fardeau dont Rasken aurait tout intérêt à se séparer
Carte de l'appartenance originelle des territoires de l'Administration Militaire de Gradenbourg
Carte de l'appartenance originelle des territoires de l'Administration Militaire de Gradenbourg


L'ADMINISTRATION MILITAIRE DE GRADENBOURG : AUTOPSIE D'UNE INVENTION QUI N'A DE GRADENBOURGEOIS QUE LE NOM

Le 29 mai 1994, la Confédération de Kresetchnie a dû faire face à la plus grave agression militaire de son histoire en voyant déferler sur son territoire plus de cinquante mille bottes raskenoises. Concentrant leur offensive sur le Gradenbourg et l'Hotsaline, les hordes germaniques se sont enfoncées dans les terres kresetchniennes au gré de combats qui ont duré plus d'une année, causant des dizaines de milliers de victimes, avec un unique objectif : conquérir le plus de territoire possible. Il ne peut en être autrement, tant les motivations avancées par la propagande raskenoise pour justifier cette intervention sont d'un caractère fallacieux évident. D'après l'empire germanique, la République de Gradenbourg aurait servi de refuge à des dissidents républicains à l'issue de la guerre civile qui avait déchiré Rasken quelques années auparavant. Les dissidents en question, qui n'étaient ni plus ni moins que les derniers défenseurs d'un modèle authentiquement démocratique face au nouveau régime impérial corrompu et soumis aux intérêts d'un lobby des hydrocarbures devenu omnipotent, étaient par ailleurs accusés de crime de guerre par la monarchie raskenoise. Que nos lecteurs ne nous croient pas pris de bouffées délirantes à la lecture de ce qui va suivre : nous ne faisons que restituer crûment la version officielle avancée par la propagande raskenoise. Celle-ci arguait en effet que lesdits dissidents, furieux de leur défaite, auraient ni plus ni moins qu'empoisonné les cours d'eau du pays avec des armes bactériologiques pour en massacrer la population civile, afin de se venger de leurs vainqueurs monarchistes ! Les républicains se seraient ainsi trouvés à l'origine de la diffusion d'un virus qui aurait causé pas loin de deux millions de morts. Rien que ça ! On n'est pas très loin ici du fameux cliché de « l'empoisonneur de puits » dont la populace eurysienne d'antan aimait affubler les Juifs en préparation du prochain pogrom, mais passons. Toujours est-il que c'est cette justification, aussi absurde soit-elle, qui aura servi de prétexte officiel à l'invasion de la Kresetchnie.

On aurait alors légitimement pu s'attendre, si tant est que l'on accorde le moindre crédit aux motivations officielles avancées par Rasken, que les troupes de l'Empire quittent les lieux une fois les fautifs présumés capturés. Pourtant, s'en est suivie une occupation militaire prolongée des territoires hotsaliens, gradenbourgeois et avourgeois conquis par Rasken au cours du conflit, au motif cette fois de la nécessité de l'établissement d'une zone tampon pour protéger le territoire national des incursions des Raches, qui venaient d'établir leurs positions en Hotsaline et en Altarie du fait de l'affaiblissement des défenses locales, justement causé par... l'invasion raskenoise. Des circonstances commodes, qui ont permis à Rasken de justifier, certes très maigrement, mais justifier tout de même, l'occupation des terres kresetchniennes sous l'égide de l'Administration Militaire de Gradenbourg, une autorité d'occupation militaire qui s'étend sur l'ensemble des territoires krestechniens ainsi placés sous le joug d'Eberstadt.

Si l'Administration Militaire reprend à son compte le nom de la République de Gradenbourg, presque entièrement occupée, elle n'en a justement que le nom. Si l'on s'intéresse en effet de plus près à l'origine des territoires ainsi placés sous l'autorité de l'AMG, on constate (voir la carte ci-dessus) que le Gradenbourg n'en constitue que la moitié. Une portion montagneuse justificative, au nord, est une propriété légale de la République de l'Avène Libre, tandis que toute la moitié sud du territoire de l'Administration Militaire de Gradenbourg appartient en vérité à la République d'Hotsaline. Par ailleurs, si l'on se livre à une analyse de la composition démographique et ethnique des populations locales, le résultat est sans appel. Car si l'invasion raskenoise de 1994 a effectivement donné lieu à d'importants déplacements de population, et notamment un exode massif de réfugiés hotsaliens depuis le massif de Stina, aujourd'hui occupé par Rasken, vers les plaines de Posiv, il n'en demeure pas moins qu'il reste plusieurs centaines de milliers d'Hotsaliens au sud de l'AMG, qui continuent de subir l'occupation ennemie. Le terme d'ennemi n'est pas choisi à la légère ici, car bien que les combats entre Rasken et la Kresetchnie aient effectivement cessé en 1995, aucun traité de paix n'a jamais été signé entre les deux parties, encore moins concédant la souveraineté des territoires occupés aux autorités raskenoises. Cette occupation demeure donc, encore à ce jour, totalement illégale, tandis que les forces raskenoises déployées en Kresetchnie sont toujours considérées comme hostile par les gouvernements kresetchnien, avourgeois et hotsalien.

La situation est d'autant plus grave que le narratif raskenois a encore évolué depuis vingt ans pour justifier la pérennité de l'Administration Militaire de Gradenbourg. Toutes les considérations sécuritaires sont aujourd'hui passées à la trappe pour revendiquer une appartenance prétendument légitime du Gradenbourg à la nation raskenoise, sur la base d'arguments ethniques et culturels absolument fallacieux. Si les prétendus rapports historiques et généalogiques entre Rasken et le Gradenbourg sont évidemment une fable, et que le surnom de « petite Rasken » inventé par les cabinets de propagande raskenois les plus obscurs pour qualifier le Gradenbourg ne correspond à aucune forme de réalité idiomatique ou historique, les revendications territoriales de l'Empire Raskenois ne concernent plus aujourd'hui la seule République de Gradenbourg, mais les terres de l'AMG tout entière, territoires hotsaliens et avourgeois compris. De quoi tordre définitivement le cou au mythe larmoyant édifié de façon grotesque par Rasken autour de prétendues retrouvailles familiales entre fratries gradenbourgeoises et altariennes. Car si ces sornettes pour bonnes femmes suffisent peut-être à arracher quelques larmes dans les chaumières d'Altarie, n'importe quel analyste sérieux ne verra dans la propagande raskenoise que poudre aux yeux visant à satisfaire des ambitions impériales, qui se résument à la conquête du territoire le plus vaste possible, au mépris de toute considération culturelle, historique, et surtout démocratique. Les Hotsaliens du massif de Stina et les Avourgeois occupés par l'AMG désirent-ils devenir raskenois ? Permettez-nous d'en douter.

Carte des obédiences du voisinage problématique de la Confédération de Kresetchnie
Carte des obédiences du voisinage problématique de la Confédération de Kresetchnie


APPROVISIONNEMENT STRATÉGIQUE : UN VOISINAGE PROBLÉMATIQUE

Si l'approche diplomatique est celle qui doit être privilégiée selon les recommandations de la Présidente du Conseil, il n'en demeure pas moins que le Ministère de la Réintégration des Territoires Occupés a vocation à envisager toutes les options possibles pour parvenir à reprendre les terres illégalement occupées par les Raches et l'Empire Raskenois. Par la force des choses, cette invitation à la diplomatie n'a guère vocation à devenir beaucoup plus qu'un simple vœu pieu, si l'on prend un tant soit peu la peine d'analyser la situation régionale. D'un côté, l'Organisation des Raches n'est rien d'autre qu'un ramassis de crapules qui n'existent que pour la violence et ne comprennent rien d'autre. De l'autre, Rasken n'est guère différent, s'agissant de ce régime impérial dont les ambitions en Eurysie centrale se limitent à la conquête du territoire le plus vaste possible sur le dos des peuples de Kresetchnie, et dont les passions militaristes et expansionnistes ne se raisonnent autrement que par la présentation d'un rapport de force défavorable. Reconquérir les terres du massif de Stina par la voie diplomatique semble donc être mission impossible, du moins pas sans faire en sorte de pouvoir opposer à Rasken un potentiel militaire suffisant pour que l'empire d'Eberstadt trouve moins d'avantages que de risques à en poursuivre l'occupation.

L'éventualité de l'éruption d'un conflit en grande échelle dans la région des Belkariem est très loin d'être improbable. Entre la haine quasi séculaire entre Rasken et l'Hotsaline, le chaos provoqué par l'offensive contre les Raches, l'interventionnisme guerrier de la Mährenie, ou encore le récent déploiement velsnien... La zone a mille et une raisons de s'embraser, avec la Kresetchnie en plein milieu. Or, la confédération est sûrement celle qui aurait le plus à perdre dans l'hypothèse où la situation dégénèrerait. En effet, le moins que l'on puisse dire, c'est que le voisinage de la Kresetchnie est tout sauf amical. D'un côté se trouvent Rasken et ses alliés de l'Union Économique Eurysienne, qui lui sont alliés par un traité de défense mutuelle de par leur participation commune à l'organisation continentale. Dans le cas où l'Hotsaline aurait à répondre à des agressions raskenoises, il y a donc gros à parier que la Tcharnovie soutiendrait ses alliés germaniques en vertu de leurs accords communs, en dépit de la bienveillance de façade que l'Union Confédérale affiche à l'égard de la Kresetchnie. La réponse tcharnove aux propositions de Troïtsiv de formation d'un grand ensemble économique régional fut en cela édifiante : lorsqu'il sera nécessaire de choisir, Bennesbourg préfèrera toujours l'UEE. Mais il ne s'agit pas là du seul danger : de l'autre côté, tapie en embuscade sur le flanc est de la confédération, la Mährenie n'attend que le premier prétexte pour déferler sur la Kresetchnie comme sur Rasken pour conformer le redécoupage politique de la région à ses propres intérêts. Pétri d'un anarcho-bolchévisme nauséabond et d'un expansionnisme latent, le nouveau gouvernement de Lennard Rossmann fait bien peu d'efforts pour dissimuler son hostilité à l'égard de la nouvelle démocratie parlementaire hotsalienne, dont l'ethnonationalisme fait naturellement frémir les idéologues de l'universel.

Dans un tel contexte, la question de l'approvisionnement de la Kresetchnie se pose, si jamais par malheur cette configuration hasardeuse devait laisser place à un conflit ouvert à grande échelle. Il va de soi que la confédération ne pourrait compter sur le soutien de ses voisins pour faire passer des denrées sur son territoire, surtout si elle se trouve en guerre contre chacun d'entre eux, dans le pire des scénarios. Un ravitaillement aérien semble également difficilement envisageable, compte tenu de l'improbabilité de la maîtrise du ciel que laissent présager les capacités actuelles de l'armée de l'air hotsalienne. Comment préparer le pays au pire, lorsqu'il semble évident qu'il ne pourrait que subir une défaite par attrition si celui-ci survenait ?

Des usines ne pouvant plus produire d'armes faute d'approvisionnement en matières premières, des convois militaires cloués sur place par le manque de carburant... Un scénario catastrophique, mais guère inévitable car, pour l'heure, l'Hotsaline reste en capacité d'importer les denrées dont elle a besoin depuis les quatre coins du monde. Et lorsqu'il s'agit de la guerre, aucune ressource n'est périssable en dehors des rations alimentaires que la république produit déjà en quantité suffisante pour nourrir toute la confédération. La solution semble donc toute trouvée : importons tout ce dont nous avons besoin, et même bien au-delà de nos besoins, pour constituer les réserves les plus vastes possibles. Parcourue par un réseau de silos et de hangars souterrains entièrement remplis de barils de carburant, de fils de cuivre et de lingots d'alliages, l'Hotsaline aura largement de quoi tenir le siège. Pour mille ans, peut-être pas, mais pour cinq au moins, peut-être que oui !

Conteneur de stockage souterrain de carburant
Les conteneurs de stockage souterrains étanches ont l'avantage de protéger le carburant des aléas météorologiques et de la contamination par l'eau.


STOCKAGE DES CARBURANTS : UN DÉFI TECHNIQUE À LA HAUTEUR DE LA RÉSILIENCE HOTSALIENNE

Dans notre précédent rapport, nous exposions la nécessité de constituer d'importants stocks de matières premières stratégiques afin de prévenir l'isolement géographique de la Kresetchnie en cas de conflit, et les pénuries qui pourraient s'ensuivre pour l'industrie et les forces armées. L'objectif ainsi fixé était de parvenir à accumuler de quoi alimenter la machine de production hotsalienne pour une durée minimale de cinq ans, afin de disposer de quoi fournir un effort de guerre continu et prolongé. Si le stockage des minerais industriels sur une période dépassant largement ce délai peut se faire sans obstacle, il en va différemment des carburants. Bien qu'il constitue une ressource essentielle en cas de conflit, notamment pour ce qui est tout simplement de faire tourner les moteurs des véhicules de l'Armée de Réclamation Nationale, le composé organique qu'est l'essence peut être soumis à tous types de phénomènes chimiques qui en dégradent la qualité, au point de les rendre inutilisables au bout d'un certain temps. En effet, sa durée de conservation maximale dans des conditions normales dépasse difficilement les trois mois, pour atteindre les six mois tout au plus dans certains cas.

Les facteurs de détérioration sont nombreux :
  • L'oxydation au contact de l'oxygène contenu dans l'air, provoquant la formation de dépôts
  • L'évaporation des composants volatils, qui réduit la capacité de combustion de l'essence
  • La formation de goudrons et de gommes, qui viennent encrasser les injecteurs et réduisent également la capacité de combustion
  • La contamination par l'eau ou par des impuretés, qui dégradent la qualité de l'essence et favorisent la corrosion

Nous disposons cependant de deux leviers efficaces pour prévenir ou ralentir ces phénomènes : la maîtrise de conditions de conservation optimales, et l'ajout d'additifs aux carburants stockés.

À chacun des facteurs de détérioration précédemment cités correspondent en effet un certain nombre de produits additifs qui peuvent être injectés dans l'essence pour en augmenter très significativement la durée de conservation : antioxydants, inhibiteurs de peroxydation, inhibiteurs de corrosion, agents stabilisateurs de gommes, biocides, agents de dispersion, stabilisateurs thermiques... La plupart sont des produits de l'industrie pétrochimique, synthétisés chimiquement à partir de composés obtenus durant les processus de raffinage. Dans les conditions de conservation normale, l'ajout d'additifs combinés peut étendre la durée de vie de l'essence pour une période estimée à deux ou trois ans.

C'est là qu'intervient ensuite l'optimisation des conditions de conservation. La qualité du carburant est effectivement très sensible aux facteurs environnementaux tels que l'exposition à la lumière et à la chaleur, les variations de température, l'exposition à l'eau... Autant d'éléments qui viennent agir comme des catalyseurs des réactions de dégradation naturelle du produit. Il apparaît donc que le soin porté aux dispositifs de stockage sera déterminant dans la réussite du plan d'accumulation de ces ressource stratégiques. Par conséquent, il sera nécessaire de mettre en place des centres de stockage spécialisés, remplissant les conditions suivantes afin de maximiser la durée de conservation des carburants :
  • Fraîcheur et stabilité de la température, via une installation souterraine et réfrigérée
  • Absence d'exposition à la lumière, par l'étanchéité des conteneurs de stockage et leur ensevelissement
  • Étanchéité totale des conteneurs de stockage
  • Stockage à grande contenance plutôt que dans des conteneurs plus petits, afin de minimiser la surface potentiellement en contact avec l'air

Si ces conditions sont respectées dans des installations prévues à cet effet, et que la qualité des carburants est contrôlée de manière régulière pour identifier rapidement les carences éventuelles, la prolongation de la durée de stockage peut être estimée, en combinaison avec l'ajout des additifs, à une durée maximale de cinq ans, soit l'objectif de constitution de stocks fixé par le ministère pour l'ensemble des matières premières stratégiques. Une consommation prématurée des réserves les plus anciennes pourra être envisagée afin d'éviter la perte des stocks ainsi constitués, si jamais leur horizon de conservation maximal approchait avant l'éclatement d'un conflit majeur.

La construction du réseau d'infrastructures nécessaires à la mise en œuvre de ce projet représente un véritable défi technique, et surtout financier, compte tenu des quantités concernées. Mais qu'importent les ressources dépensées et le sang versé, l'État de Réclamation Nationale fera le nécessaire pour assurer la survie, la liberté et l'unité de la nation hotsalienne. Слава Хоцалини ! Слава Богам !

Genetic clustering
L'analyse génétique et la clusterisation apparaissent comme le meilleur moyen de trier les populations qui peuples les territoires libérés de l'occupation des Raches.


L'ÉRADICATION DES RACHES : ET APRÈS ?

Lancée à la fin du mois de mai 2014 par la Présidente Elena Vasylenko, l'opération de reconquête du territoire occupé par l'Organisation des Raches suit toujours son cours au bout de huit mois de conflit. Pourtant, on peut d'ores-et-déjà la considérer comme un succès : les deux tiers de la zone ont été libérés avec des pertes extrêmement minimes, et le front a connu une progression continue depuis le début de l'offensive. Ce délai est avant tout dû à l'approche extrêmement prudente des forces hotsaliennes, qui cherchent en premier lieu à économiser les vies de leurs hommes, dans la mesure où la récupération de ces territoires n'a rien d'une urgence, et sera vraisemblablement réalisée quoi qu'il arrive. S'il ne fait aucun doute que les terres occupées par les Raches auront toutes été reprises d'ici quelques mois, la question de l'après commence à se poser, y compris déjà dans les zones qui ont été libérées par l'Armée de Réclamation Nationale.

Les forces que les troupes kresetchniennes ont dû affronter au cours des premiers mois du conflit s'élèvent certes à quelques milliers de miliciens, mais ce sont pas moins de 235 000 personnes qui peuplent les territoires occupés par l'Organisation des Raches en Kresetchnie, bande de Kranung et Hotsaline réunies. Dans de telles conditions, difficile d'imaginer que tous les habitants de la zone soient des « terroristes » à éliminer, comme peuvent se plaire à l'affirmer de manière simpliste certains acteurs de la région. Bien que les populations hotsaliennes locales aient majoritairement fui ces territoires en réaction à leur invasion par les Raches en 1995, on sait de source sûre qu'ils sont au moins plusieurs dizaines de milliers à ne pas avoir pu abandonner leur domicile à temps, face à la surprise provoquée par le déferlement des miliciens sur le sol hotsalien. Parmi les résidents actuels des territoires libérés, beaucoup, si ce n'est la majorité, restent des Hotsaliens qui subissent l'occupation étrangère depuis deux décennies, ou sont les descendants de ceux qui ont assisté à l'invasion. Les flux migratoires liés à l'entrée des troupes des Raches dans la région ne sont pas uniquement le fait des combattants, mais également de leurs familles et d'autres représentants des ethnies, principalement d'origine tcharnove, dont l'Organisation revendique l'indépendance politique. On se retrouve donc face à un territoire mêlant des populations hotsaliennes autochtones et des communautés allogènes résultant de la colonisation par les Raches, entre lesquels il sera désormais nécessaire de faire le tri pour administrer à chacun un traitement approprié.

On peut facilement prévoir que, cherchant à bénéficier de la mansuétude des autorités, les éléments allogènes tentent de revendiquer un caractère autochtone pour se voir octroyer la nationalité hotsalienne. Si une telle perspective serait susceptible de résoudre nombre de troubles politiques et sociaux qui pourraient résulter des tensions intercommunautaires au lendemain du conflit, il apparaît pour le moins inacceptable de voir la communauté nationale altérée dans son essence biologique par des éléments qui n'auraient d'Hotsalien que leur statut administratif. Le tri ne pouvant s'opérer sur une seule base déclarative, l'on pourrait imaginer de mettre en place des enquêtes approfondies, pour chaque individu ou famille, afin d'estimer leur filiation et leur itinéraire géographique en évaluant les témoignages et la cohérence de leur récit. Cependant, une telle approche s'annonce déjà comme extrêmement coûteuse, en plus de demander des moyens humains considérables, pour des résultats qui semblent pour le moins hasardeux. Heureusement, les sciences biologiques modernes nous offrent une alternative bien plus efficace et précise, s'agissant du recours à l'analyse génétique et la technique de clusterisation. Ce procédé consistera à récolter des échantillons d'ADN (par le sang ou la salive) de chacun des résidents des territoires libérés en vue de leur séquençage, pour ensuite se livrer à une analyse statistique qui permettra de déterminer l'origine génétique et géographique de chaque individu.

Les milieux universitaires hotsaliens ont la chance d'être déjà relativement à l'aise avec cette technique, qui a notamment permis de réaliser certaines avancées dans la connaissance de l'origine des peuples qui composent la Kresetchnie. De nombreux échantillons d'ADN venus des quatre coins des Belkariem, et plus largement d'Eurysie, ont déjà pu être analysés et répertoriés par nos chercheurs pour constituer une base de donnée riche et fiable sur laquelle pourrait se reposer une classification des origines génétiques des habitants des territoires anciennement occupés par les Raches. Le recours à une telle méthode constituerait par ailleurs une avancée sociale et scientifique majeure, puisqu'il s'agirait de la première fois que la clusterisation génétique trouverait une application à grand échelle dépassant le cadre récréatif ou purement universitaire.

Une fois ce tri correctement réalisé, reste encore à déterminer ce qui devra être fait des individus dont le patrimoine génétique présente une trop faible similitude avec les moyennes statistiques de la race hotsalienne. La solution la plus efficace et la plus facile à mettre en œuvre, d'un point de vue strictement pratique, serait sans aucun doute l'extermination, par ailleurs recommandée par nos homologues tcharnoves pour l'ensemble de la population locale. Toutefois, un tel choix semblerait malavisé si l'on considère les potentielles retombées diplomatiques d'une pareille entreprise, notamment auprès des démocraties libérales universalistes alliées de la Kresetchnie. Il paraît nécessaire d'opter pour une approche plus consensuelle, qui devra malgré tout nécessiter un éloignement des populations indésirables du territoire kresetchnien pour limiter les risques de contamination raciale à venir, surtout au vu des brassages qui ont déjà dû s'opérer partiellement au cours des deux décennies d'occupation qui ont précédé. Une piste à explorer serait la déportation vers des États plus ou moins voisins de la Kresetchnie, parmi lesquels pourrait figurer la Tcharnovie, au prétexte d'une extradition d'individus considérés là-bas comme criminels de par la seule participation de membres de leur famille à l'Organisation des Raches dans un passé récent. Le sort que leur réserverait l'Union Confédérale laisse certes peu de place au doute, mais il ne concerne plus notre gouvernement, dès lors que ce n'est pas à nous d'en subir les conséquences.


RASKEN : FAUX SAUVEUR, VRAI DESTRUCTEUR

Parmi toutes les justifications fallacieuses avancées par la rhétorique raskenoise pour justifier l'invasion et l'occupation prolongée de la Kresetchnie, l'argument économique occupe une place de premier plan, au-delà des considérations historico-culturelles mensongères qui ont déjà été démontées précédemment. Si l'on en croit la rengaine classique des relais de propagande habituels du pouvoir raskenois, l'empire germanique serait venu cueillir un Gradenbourg miséreux et aux abois, en proie à une crise économique catastrophique que le pouvoir kresetchnien aurait totalement ignoré, tandis que Rasken, dans toute sa bonté, aurait ni plus ni moins que sauvé le peuple gradenbourgeois en l'inondant de subventions et d'investissements massifs, permettant à la faible économie du pays de se redresser pour offrir à ses habitants un cadre de vie décent. Bénis soient ces rédempteurs venus remettre à flot le Gradenbourg après l'avoir bombardé et massacré tous ses soldats ! Toutefois, une analyse un minimum sérieuse de la situation fait rapidement s'effondrer la fable raskenoise telle un château de cartes.

Intéressons-nous d'abord à la situation économique qui était celle de la République de Gradenbourg avant l'invasion raskenoise. Hyperinflation, surendettement, effondrement du pouvoir d'achat et chômage massif... Il est indéniable que la santé économique du Gradenbourg était loin d'être reluisante depuis 1994, avec une accélération très nette de sa détérioration environ trois ans auparavant. Toutefois, il convient d'étudier les facteurs qui ont conduit à la dégénérescence progressive de l'économie gradenbourgoise, jusqu'à atteindre le point culminant de la crise dans les années 1990. Au milieu du XXème siècle, le Gradenbourg était un pays plutôt prospère. Faiblement industrialisé, certes, mais disposant d'un secteur minier important dans le domaine du charbon, garantissant à la république d'importantes recettes en exportations, notamment grâce à sa voisine hotsalienne dont la production énergétique dépend quasi exclusivement, aujourd'hui encore, de cette ressource. La situation sociale a cependant commencé à décliner pendant la première guerre civile raskenoise, qui a vu un afflux de plusieurs millions de réfugiés déferler sur le Gradenbourg, plongeant le pays dans un désastre sanitaire et social sans précédent. Les réseaux de distribution d'eau et d'électricité, ainsi que les infrastructures sanitaires du pays, déjà fragiles, n'étaient clairement pas préparés pour soutenir une immigration aussi massive et se sont rapidement retrouvés submergés. Les villes gradenbourgeoises, insuffisamment pourvues en logements, voient des bidonvilles se multiplier dans les banlieues, où la promiscuité couplée à une absence totale de normes sanitaires provoquent l'irruption d'épidémies, amplifiant le fardeau économique et social. Si la République de Gradenbourg a tenté de faire son possible pour limiter les dégâts en augmentant de manière drastique ses dépenses sociales, l'explosion démographique suscitée par l'accueil des réfugiés, qui voient la population de leur pays d'accueil décupler en l'espace de seulement quelques années, aboutit inévitablement à de graves pénuries alimentaires et un chômage de masse. Pis encore, les tentatives d'endiguement de cette catastrophe sociale par le gouvernement, qui montrent une efficacité très limitée, ont également pour conséquence de faire exploser les prix, en plus de vider les caisses de l'État, qui compense ces dépenses exceptionnelles par des emprunts massifs. Malgré tout, les autorités républicaines s'efforcent tant bien que mal d'intégrer les nouveaux arrivants à la machine économique gradenbourgeoise, dans l'espoir de stabiliser la situation, en dépit des tensions communautaires qui finissent mécaniquement par apparaître du fait de l'arrivée d'une population nouvelle qui écrase par le nombre les autochtones du pays. Les Gradenbourgeois, confrontés une communautés dix fois supérieure en nombre, ne tardent pas à se sentir marginalisés dans leur propre pays, ce qui a pour effet d'aggraver un climat déjà tendu par les difficultés économiques. Le coup de grâce est donné à la fin de la guerre civile raskenoise en l'an 1976, qui voit bon nombre d'anciens réfugiés regagner leur pays d'origine, abandonnant par là-même les postes qu'ils avaient commencé à occuper au Gradenbourg. Ce nouvel épisode de changement démographique violent entraîne une baisse majeure de la productivité, la fermeture de nombreuses entreprises et une nouvelle déstabilisation de l'économie du pays, qui finit par succomber à l'hyperinflation et au surendettement une quinzaine d'années plus tard, lors de la banqueroute de 1991 qui s'accompagne d'un effondrement de plusieurs secteurs essentiels, comme l'extraction du charbon.

En définitive, si la situation économique du Gradenbourg était effectivement désastreuse au moment de l'invasion raskenoise de 1994, les premiers responsables en sont bien les Raskenois eux-mêmes, dont les mouvements de population massifs causés par la guerre civile sont le premier facteur de déstabilisation de l'économie du pays. Alors que l'Empire se targue aujourd'hui d'avoir en quelque sorte réparé sa faute en versant des subventions à la République de Gradenbourg pour soutenir l'économie du pays après le départ des réfugiés, ces afflux de capitaux exogènes ont en réalité eu pour principal effet d'aggraver l'inflation et précipiter l'avènement du point de rupture. Preuve en est de l'inefficacité de ces mesures que, en dépit de celles-ci, l'économie gradenbourgeoise a tout de même fini par s'effondrer en 1991. Mais n'était-ce pas justement là l'intérêt de Rasken, qui instrumentalisait trois ans plus tard la situation misérable dont il était lui-même l'instigateur pour justifier maladroitement son invasion de la Kresetchnie ? Rien de tel pour espérer être accueilli en sauveur par une population désespérée, d'où l'insistance de la propagande raskenoise sur ce thème précis.

Cette politique de subvention vis-à-vis du Gradenbourg n'a d'ailleurs pas cessé avec l'occupation, loin de là. Aujourd'hui encore, Rasken se vante de maintenir l'économie gradenbourgeoise sous perfusion par ses initiatives de financement. Mais avec quelle efficacité ? Si l'on regarde la répartition actuelle de l'économie gradenbourgeoise, on constatera qu'elle n'a pas évolué en l'espace de deux décennies. Aujourd'hui encore, l'économie du pays continue de reposer presque exclusivement sur le secteur primaire, avec une absence totale de diversification au cours de ces dernières années. La politique appliquée par Rasken n'a donc nullement pour objectif de favoriser un développement économique durable et pérenne du pays, qui passerait au contraire par une modernisation et une diversification des activités de production au profit des secteurs secondaires et tertiaires, à forte valeur ajoutée par rapport aux secteurs primaires minier et agricole. Une telle perspective n'irait évidemment pas dans le sens des intérêts d'Eberstadt, qui voit justement d'un très bon œil le maintien sous perfusion du Gradenbourg et sa totale dépendance aux importations de biens manufacturés et de services raskenois. En plus de profiter à l'économie de l'occupant, ce système garantit la docilité des Gradenbourgeois, qui ne peuvent que redouter les conséquences économiques d'une rupture des liens avec Rasken. Pour la monarchie impériale, le Gradenbourg n'est rien d'autre qu'une terre de plus à miner et à prospecter. On remarquera à ce titre que la principale initiative de développement économique menée par Rasken aura été un vaste sondage du sol gradenbourgeois pour trouver de nouveaux gisements de fer et de phosphore à exploiter.

Dans de pareilles circonstances, la politique raskenoise au Gradenbourg peut difficilement être qualifiée autrement que de coloniale, en cela qu'elle ne diffère en rien de l'attitude que les empires eurysiens des deux derniers siècles ont pu observer à l'égard de leur possessions ultra-marines en Afarée et sur les autres continents, reposant sur une exploitation des ressources et des investissements qui favorisent uniquement les bénéfices économiques de l'occupant, au mépris des intérêts des populations locales. Le plus bel exemple en est certainement le plan de développement des infrastructures que Rasken se vante d'avoir conduit au Gradenbourg, mais qui à surtout vocation à servir les objectifs militaires et stratégiques des autorités d'occupation, qui continuent de faire de la défense des frontières et du maintien de l'autorité acquise par les armes sur ce territoire une priorité. Les rares entreprises à avoir connu un développement de leur activité en dehors du secteur primaire sont très évocatrices, puisqu'il s'agit avant tout des secteurs de la cimenterie et de la construction, dont on devine aisément les principaux contrats confiées par l'Administration Militaire, à savoir l'extension des infrastructures de défense et le renforcement des voies de ravitaillement pour les troupes.

À la lumière de ces éléments, il apparaît bien que le principal obstacle au développement économique du Gradenbourg est l'occupation raskenoise elle-même. Dans un pays où toutes les grandes décisions sont prises depuis l'étranger ou par des autorités d'occupation qui servent des intérêts extérieurs, il est difficile d'envisager un avenir positif pour l'économie gradenbourgeoise tant que durera cette occupation. Assigné de force à un modèle économique purement extractiviste et privé de toute autonomie dans le choix de ses orientations, le Gradenbourg ne pourra pas espérer une amélioration de sa condition sans une libération de ses capacités d'innovation. Pour l'heure, l'augmentation du PIB sert davantage les intérêts des actionnaires des compagnies minières raskenoises que la population locale, pour qui les chiffres de la croissance économique dont l'occupant lui rebat les oreilles à longueur de temps ne se traduit par aucune augmentation notable du niveau de vie, que ce soit en terme de services publics, de santé, d'éducation ou de pouvoir d'achat.

Puisque l'on en vient au sujet de la croissance économique, il convient également de démystifier la légende du « miracle économique » gradenbourgeois que la propagande raskenoise se plaît à vanter sans cesse. En effet, on lit souvent dans la presse impériale diffusée au sein de l'AMG, et même de la bouche des officiels raskenois eux-mêmes, que la mise sous tutelle du Gradenbourg a grandement bénéficié à l'économie locale, prenant pour argument la hausse du produit intérieur brut, qui serait parti de 2,5 milliards de dollars en 1994 pour avoisiner aujourd'hui les 18 milliards. Cependant, cette analyse a pour premier défaut qu'elle compare les performances économiques de l'ancienne République de Gradenbourg avec le territoire actuel de l'Administration Militaire de Gradenbourg, qui sont pourtant deux entités bien distinctes, notamment sur le plan territorial. La confusion a beau être sciemment entretenue par la propagande raskenoise, qui aimerait faire oublier que le Gradenbourg ne représente qu'environ 60% du total du territoire de l'AMG, le fait est que celui-ci recoupe également une importante part du territoire hotsalien occupé par les troupes raskenoises, ainsi qu'une partie des terres avourgeoises. Il est donc absurde de comparer les statistiques de feu la République de Gradenbourg à celle du méli-mélo avourgo-gradenbourgo-hotsalien que constitue l'AMG. Par ailleurs, si l'on s'intéresse au niveau de développement indiqué par les PIB par habitant des différents États de la région, les conclusions sont sans appel. Avec un PIB par habitant de 8 865 dollars, l'Administration Militaire est l'entité administrative la plus pauvre localement, tout juste devant le domaine des moines ascètes de Bergrun. Si une comparaison avec les 38 000 $ par habitant de l'Empire Raskenois ne fait que confirmer le rôle de dépendance coloniale joué par le Gradenbourg vis-à-vis de son occupant, une mise en perspective avec les 93 000 $ par habitant de l'Hotsaline nous éclairera d'autant mieux sur les facteurs réels qui ont conduit au « miracle économique » vanté par Rasken. Bien plus productive que ses confrères gradenbourgeois comme l'attestent ces chiffres, la population hotsalienne restée dans la région du massif de Stina occupée par les troupes raskenoises n'est certainement pas pour rien dans l'explosion de la productivité qu'a connu la région au lendemain de la guerre. Suite aux nombreuses destructions causées par les bombardements raskenois au moment de l'invasion, et du fait de la déstabilisation causée par le départ massif des réfugiés hotsaliens pour la plaine de Posiv, les travaux de reconstruction et la réorganisation nécessaire de l'économie locale suffisent à expliquer la progressivité de la remontée des statistiques économiques. Il n'en demeure pas moins que cette explosion de la croissance, si elle est avant tout due aux actifs hotsaliens et aux populations qualifiées demeurées sur place, n'a rien à voir avec l'intervention raskenoise, dont les seuls résultats demeurent la mort, la destruction, et la disparition de tout espoir démocratique dans les territoires occupés par les autorités militaires.

L’histoire de la Kresetchnie sous occupation raskenoise est donc celle d’une exploitation pure et simple, masquée sous un vernis de bienveillance économique. En manipulant les chiffres, en instrumentalisant la misère qu'il a créée, en entretenant une dépendance extractiviste et en écrasant toute opposition, Rasken a transformé cette région en colonie de fait, au mépris des aspirations et de l'avenir de ses habitants. Si la propagande raskenoise parle de sauvetage, la réalité est celle d’une destruction insidieuse de toute possibilité de développement durable. Le Gradenbourg et les autres terres occupées ne pourront retrouver leur prospérité et leur dignité que par la fin de l’occupation, et le rétablissement de leur autonomie au sein de la Confédération de Kresetchnie.


RASKEN, FOSSOYEUR DE LA DÉMOCRATIE AU GRADENBOURG

Avant que les bottes raskenoises ne viennent déferler sur la Kresetchnie, le Gradenbourg était régi par un régime démocratique, une fierté rare dans une région souvent marquée par les soubresauts de l’histoire. La République de Gradenbourg, comme on l'appelait alors (et comme les partisans de la décolonisation du territoire kresetchnien par Rasken continuent de nommer le gouvernement gradenbourgeois en exil, désormais établi à Troïtsiv) fonctionnait selon les principes d’un régime représentatif et parlementaire. Ce n'était certes pas une démocratie parfaite, la République de Gradenbourg n'étant pas étrangère aux travers inhérents à tout régime réellement démocratique : une corruption récurrente parmi ses élites politiques, des querelles et des débats parlementaires interminables, et des crises institutionnelles périodiques qui menaçaient de temps à autres d'en faire vaciller les fondations. Mais ces imperfections n’étaient pas le signe d’une faiblesse fondamentale. Bien au contraire, elles étaient le reflet des défis naturels et inhérents à la démocratie, régime où hommes et femmes cherchent, ensemble, à construire un avenir commun tout en s’opposant dans le respect des règles. Qu'on le veuille ou non, cette république offrait à chaque citoyen une voix. Hommes comme femmes, jeunes comme anciens, tous pouvaient s’exprimer librement, débattre et voter pour élire leurs représentants parlementaires, lesquels constituaient à leur tour un gouvernement qui traduisait en actes les aspirations populaires. Le parlement n'était pas un simple théâtre pour des élites déconnectées, mais bien le cœur battant de la vie politique gradenbourgeoise, où les voix des électeurs résonnaient à travers des débats, des amendements et des prises de décision collectives. Chaque village, chaque ville, chaque citoyen avait la possibilité d'influencer la trajectoire de la nation, et ce pouvoir, bien que parfois imparfaitement exercé, appartenait indéniablement au peuple du Gradenbourg. La République de Gradenbourg était bien plus qu’un régime politique. Elle était une promesse : celle que les Gradenbourgeois décideraient eux-mêmes de leur destin. Les citoyens pouvaient s'y exprimer sans crainte, débattre avec passion et s'affronter dans l'arène politique pour définir ensemble ce qui serait le mieux pour leur pays. La politique était le fait des Gradenbourgeois, et rien que des Gradenbourgeois. Cette souveraineté populaire, imparfaite mais précieuse, faisait du Gradenbourg un État à part dans la région, un bastion où l’idée même de démocratie vivait et prospérait malgré les défis et les tempêtes.

Hélas, cette lumière démocratique s’est éteinte sous l’ombre des baïonnettes raskenoises. Dès les premiers mois de l'invasion de la Kresetchnie par l'empire germanique, l'impréparation des forces confédérales face à une offensive aussi soudaine, et totalement inattendue dans un contexte où aucun signe ne présageait une telle agression, a conduit à une débâcle rapide des garnisons stationnées au Gradenbourg. Les troupes raskenoises, bénéficiant d'une coordination logistique redoutable et d'un armement supérieur, ont balayé les positions défensives locales avec une brutalité méthodique. Ce chaos a contraint les représentants du gouvernement gradenbourgeois à fuir précipitamment la capitale, abandonnant des bâtiments qui incarnaient autrefois le pouvoir souverain et démocratique du peuple. Dans leur retraite, ils ont emporté ce qu’ils pouvaient de l’administration civile, espérant continuer leur mission de gouvernance depuis l’arrière. Mais face à l’avancée inexorable de l’occupation, cet espoir s’est rapidement transformé en illusion. Les troupes raskenoises progressant inexorablement, la République de Gradenbourg a vu son territoire progressivement grignoté, chaque parcelle tombant sous le joug d’une occupation militaire qui semblait implacable. Privé de ses institutions territoriales et de l’autorité légitime que conférait la souveraineté sur son territoire, le gouvernement gradenbourgeois s’est retrouvé relégué à un rôle purement symbolique. Les rares forces armées de la République, incapables de contenir l’ennemi sur leur propre sol, ont été contraintes de se replier hors du Gradenbourg pour poursuivre le combat aux côtés des armées de l’Hotsaline et des autres États confédérés. En exil, le gouvernement s’est retrouvé sans moyens concrets pour faire appliquer les lois qu’il votait, rendant de facto son parlement caduc bien avant même sa dissolution officielle. Ce dernier coup de grâce, porté par les autorités d’occupation raskenoises, est survenu sous couvert d’un prétexte cynique : l’incompatibilité des institutions républicaines avec les impératifs de sécurité militaire. Une justification froide et calculée, qui masquait mal le véritable objectif de cette dissolution : effacer toute trace de la démocratie gradenbourgeoise pour légitimer l’autorité de l’occupant. Les salles autrefois animées de débats passionnés et d’affrontements politiques vibrants ont été réduites au silence, transformées en bureaux administratifs militaires où les voix des citoyens n’étaient plus entendues. Peu à peu, les institutions historiques et démocratiques du Gradenbourg, symboles de la souveraineté populaire, ont été systématiquement démantelées ou exilées. Ce processus, méthodique et implacable, a culminé avec l’installation de l’Administration Militaire de Gradenbourg, une entité dont le nom même illustre la nature autoritaire et étrangère. En un mot, le Gradenbourg avait perdu son âme politique.

De par sa nature de régime d'occupation, l'Administration Militaire de Gradenbourg concentre tous les pouvoirs et toutes les compétences entre les mains des seules institutions militaires. Les représentations civiles, si tant est qu'elles existent, n'occupent qu'un rôle purement figuratif, qui n'a d'autre intérêt pratique que de rendre davantage flagrante la farce que constitue ce régime, prétendant éhontément servir les intérêts de la population locale tout en la soumettant aux décisions de l'étranger. Qui donne les ordres au sein de l'Administration Militaire de Gradenbourg ? Les haut-gradés raskenois, bien entendu. Et quelle politique appliquent-ils ? Celle qui aidera au mieux à combler les besoins de la populace et répondre à ses aspirations ? Il ne peut en être ainsi, car un officier n'obéit qu'à ses supérieurs. Un haut-gradé raskenois, en l'occurrence, prend ses ordres auprès de l'état-major impérial, qui lui-même suit les directives fixées par le gouvernement. Le Gradenbourg et les autres pays occupés n'ont pas de gouvernement, ni d'institutions décisionnelles représentatives. Ils sont administrés directement par le gouvernement raskenois, qui ne peut suivre d'autres intérêts que ceux de Rasken. C'est là d'ailleurs ce qui explique la politique menée au sein de l'Administration Militaire de Gradenbourg qui, comme nous l'avons précédemment démontré, maintient délibérément la région dans un état de sujétion économique vis-à-vis de l'occupant raskenois, en donnant la priorité au développement d'un secteur primaire qui n'assure en rien un avenir prospère et autonome au Gradenbourg, mais l'enferme au contraire dans une dépendance totale vis-à-vis des subventions et des importations raskenoises. La gestion de l'AMG a au moins le mérite d'être conforme à ce que représente fondamentalement ce territoire pour l'élite raskenoise : une colonie à exploiter, et une zone militaire tampon, destinée à encaisser toutes les destructions et les pertes humaines en cas de conflit avec les voisins orientaux de l'Empire. Drôle de manière de considérer des populations dont on prétend par ailleurs qu'elles ont vocation à devenir des citoyens de Rasken comme les autres ! Les décisions prises au Gradenbourg servent des objectifs purement militaires, qu'ils s'agisse du développement des infrastructures destinées au ravitaillement des troupes, des investissements dans les secteurs de la cimenterie et de la construction qui contribueront à édifier les nouvelles fortifications défensives tournées contre la Kresetchnie, ou des subventions versées aux secteurs miniers, qui alimenteront demain la machine de guerre raskenoise.

Les répercussions du régime d'occupation militaire sur les libertés fondamentales des habitants des régions occupées ne s'arrêtent pas à l'absence de démocratie et de représentation au sein des institutions politiques. L'occupation raskenoise, qui perdure sur ces territoires depuis plus de vingt ans déjà, représente un poids très lourd au quotidien pour les locaux, qui doivent composer chaque jour avec les humeurs changeantes des garnisons raskenoises chargées de maintenir l'ordre sur cette possession coloniale, et les patrouilles incessantes et répressives de la police militaire qui arpente les rues et les campagnes de l'AMG. Le simple fait de se déplacer dans leur propre pays est devenu une épreuve pour les Gradenbourgeois, qui n'ont pas fini de s'habituer aux checkpoints et autres contrôles de sécurité intempestifs, tandis que la surveillance généralisée est devenue la norme pour des habitants qui doivent peser subtilement chacun de leurs mots, sous peine d'avoir à leur tour affaire à l'appareil de répression raskenois. Aux tribunaux et magistrats de l'ancienne république ont succédé les passages directs devant la cour martiale, à la mansuétude aussi rare que sa brutalité peut être exacerbée. La seule parole autorisée est pour ainsi dire la propagande de l'autorité d'occupation raskenoise, qui rebat matin, midi et soir les oreilles de ses administrés des bienfaits miraculeux que serait censé leur avoir apporté le régime d'occupation, mais dont ils peinent encore à voir la couleur. Les plus jeunes générations, quant à elles, oublient jusqu'à leur propre identité, dans des écoles administrées par l'occupant où leur est enseignée la « vérité » défendue par Eberstadt, à savoir la raskenité éternelle du territoire, et l'absence totale de liens culturels historiques avec une Kresetchnie à laquelle le Gradenbourg a pourtant appartenu des siècles durant. Là encore, la politique de l'autorité d'occupation ne fait que servir les objectifs militaires de Rasken, lesquels passent par un maintien de l'ordre à tout prix au sein de cette province coloniale. Que les habitants se sentent raskenois ou non n'a pas vraiment d'importance, car ils seront toujours des citoyens de seconde zone, même si citoyens ils deviennent. Mais si cette idée peut avoir la vertu de les rendre plus dociles, aucune raison de ne pas la leur inculquer.

Si ce portrait de la situation actuelle paraît bien sombre, faut-il pour autant enterrer à jamais la démocratie au Gradenbourg ? Tout espoir est loin d'être anéanti par les entreprises de répression de Rasken. Le régime impérial aime s'appuyer sur la population issue de l'immigration de réfugiés qui s'est produite pendant la première guerre civile raskenoise, aussi bien pour argumenter en faveur d'une prétendue légitimité de son occupation que pour s'assurer des soutiens au sein de la population locale. Pourtant, une large part des Raskenois qui ont effectivement fui au cours de cette période vers le Gradenbourg sont justement les anciens partisans de la République de Brod Flor, unique régime raskenois qui fut jamais réellement démocratique. Si des millions de Raskenois réfugiés au Gradenbourg ont fini par regagner leur patrie d'origine à la fin du conflit, s'agissant en toute logique de ceux qui l'avaient fui pour des raisons strictement humanitaires, ceux qui sont restés en Kresetchnie sont justement ceux qui n'avaient pas intérêt à retourner dans un pays qui avait succombé à l'influence des partisans du régime impérial, colonialiste et impérialiste qui régit aujourd'hui Rasken. D'aucun pourrait arguer qu'ils sont restés au Gradenbourg parce qu'ils y avaient fait leur vie, y avaient une famille, ou un emploi. Mais en toute honnêteté, qui préférerait rester dans un pays misérable en proie à une crise économique terrible plutôt que de regagner une patrie prospère et désormais stabilisée ? Peut-être la situation économique et sanitaire de Rasken n'était-elle pas si reluisante que cela au lendemain de la guerre civile, mais ces migrations auraient aussi bien pu se produire plus tard. Or, le fait est qu'elles ne se sont pas produites, ce qui ne peut signifier qu'une chose, à savoir que les Raskenois restés au Gradenbourg étaient bel et bien les partisans de l'ancien régime républicain, restés au Gradenbourg pour des raisons politiques, et non matérielles. C'était d'ailleurs là l'un des prétextes avancés par la monarchie raskenoise lors de l'invasion de la Kresetchnie en 1994 : venir chercher les prétendus auteurs de l'épidémie de Cratis « jusque dans les chiottes ». Difficile d'imaginer que ceux-ci accueillent à bras ouverts l'occupation impériale et la répression qui l'accompagne.

Le passé républicain du Gradenbourg, tout comme les sympathies républicaines des Raskenois venus s'implanter dans ce petit coin de Kresetchnie pour vivre les idéaux que les partisans de l'Empire leur avaient arrachés, continuent de vibrer dans le cœur des Gradenbourgeois. Ces idéaux, conservés avec obstination malgré des décennies de répression, demeurent inscrits dans les archives de leur histoire et incarnés par la résistance inébranlable du gouvernement en exil. Depuis Troïtsiv, ce dernier persiste à porter l’étendard d’une démocratie qui refuse de mourir, soutenu par la protection bienveillante du gouvernement kresetchnien. Cette flamme vacillante mais toujours vivante rappelle à tous que la démocratie, même étouffée, peut renaître dès lors qu’elle est portée par la volonté et le courage d’un peuple. Rasken, en parvenant à écraser la démocratie au Gradenbourg, avait également imposé sa volonté sur l’Hotsaline, où son offensive avait permis l’établissement d’un régime d’exception autocratique. Pendant deux longues décennies après la fin de la guerre, l’Hotsaline a vécu sous le joug de ce système autoritaire, conçu pour maintenir une emprise totale sur la population et étouffer tout élan démocratique. Pourtant, même là, la lumière de la liberté n’a jamais été totalement éteinte. Le réveil de la démocratie en Hotsaline, symbolisé par l’avènement d’un nouveau régime parlementaire et une réaffirmation des valeurs confédérales, souffle aujourd’hui un vent d’espoir sur toute la Kresetchnie. Cet exemple, porté par la résilience et l’unité retrouvée du peuple hotsalien, offre un modèle pour les Gradenbourgeois et toutes les populations opprimées par l’Administration Militaire de Gradenbourg. Demain, ce modèle pourra inspirer ceux qui subissent encore la répression et l’exploitation de l’occupant raskenois. Il leur montre qu’il est possible de reconquérir ce que l’envahisseur leur a arraché : leur droit de choisir, de s’exprimer et de vivre libres. La démocratie, même chassée, peut toujours renaître. Elle n’est pas seulement un régime politique, mais un espoir indomptable, une aspiration collective, une promesse que chaque citoyen peut contribuer à construire un avenir meilleur. Alors que l’Hotsaline se relève et que la Confédération se renforce, le Gradenbourg, lui aussi, pourra un jour reprendre sa place légitime dans une Kresetchnie où la liberté et la démocratie ne sont pas de simples mots, mais des réalités palpables. La résistance silencieuse d’aujourd’hui est la promesse des victoires de demain.


QUAND RASKEN SACRIFIE L'ÉCONOMIE DU GRADENBOURG POUR MAINTENIR SON EMPRISE

Il n'aura pas fallu longtemps à Rasken pour faire craquer de lui-même le fragile vernis de bienveillance dont il tente de recouvrir son occupation de la Kresetchnie depuis 1994. Nous sommes déjà tous au fait du mensonge que constitue le prétendu « miracle économique » que l'Empire se targue d'avoir provoqué au Gradenbourg par ses investissements et sa gestion économique de la zone depuis la création de l'Administration Militaire. Toutefois, l'occupant avait jusqu'alors tâché de limiter, au moins en apparence, les impacts de son exploitation de l'économie du pays sur la vie quotidienne des habitants, afin de ne pas trop entamer son récit de propagande vantant le caractère vertueux de sa démarche. La population continuait de vivre dans la même misère depuis vingt ans et évoluait dans un pays réduit au statut de colonie minière et de marche militaire sans la moindre perspective d'avenir, certes, mais ses conditions de vie matérielles avaient le mérite de ne pas réellement s'aggraver, à l'exception des quelques désagréments causés par la nature militaire de l'occupation, qui venait naturellement avec son lot de contrôles intempestifs et de répression.

Toutefois, à mesure que le voile se lève sur la réalité des intentions de l'Empire Raskenois et les conséquences tangibles de sa politique sur les territoires occupées, et que le vent de la contestation commence à se faire de plus en plus fort, le régime impérial aux abois dévoile publiquement son vrai visage. Quelle dommage que cet écueil arrive quelques jours seulement après l'adoption, par l'assemblée nationale raskenoise, d'un projet de loi de financement de l'Administration Militaire de Gradenbourg, destiné justement à redorer l'image de l'occupant en affichant officiellement l'intention de développer concrètement l'économie de la région pour contrer les voix qui dénoncent la nature concrète de la politique raskenoise ! L'opposition croissante à la présence raskenoise contraint le régime impérial à prendre les devants pour réaffirmer son autorité sur les territoires occupés de Kresetchnie, ce qui passe par un détournement d'une large partie du budget prévu pour le développement du Gradenbourg vers le renforcement de l'appareil de propagande déployé par Rasken au sein de l'Administration Militaire. Cette décision n'est pas sans conséquence pour les habitants de la région qui, en plus de se voir marteler les inepties proférées par les cerveaux malades des apologistes de la grandeur raskenoise, voient une grande part des ressources financières, déjà limitées, être détournées vers des activités pour le moins improductives. Là où les importantes sommes réinjectées dans les relais de propagande locaux auraient pu l'être dans le développement des infrastructures ou le développement des entreprises industrielles clés, ces quantités colossales de liquidité sont gaspillées pour permettre un oppresseur tyrannique de maintenir un peu plus longtemps son emprise sur un territoire qu'il est, de toute manière, condamné à perdre.

Au-delà du ralentissement d'une croissance qui aurait pu profiter à l'avenir économique du Gradenbourg, bien que concentrée dans des secteurs à faible valeur ajoutée, conformément à la politique raskenoise de sujétion économique de la région, les conséquences réelles des débordements récents du régime d'occupation pourraient bien être lourdes d'implications pour les populations placées sous l'autorité de l'Administration Militaire. En effet, tous les voyants sont au vert pour voir arriver, dans les mois qui vont suivre, une hyperinflation pointer son nez dans les territoires occupés. En premier lieu, l'inertie économique provoquée par le détournement de ressources, initialement prévues pour le développement de secteurs stratégiques, au profit d'activités de propagande qui ne produisent pas la moindre richesse, aura tôt fait de ralentir la production, voir de la menacer très sérieusement, s'agissant des nombreux secteurs dont la survie dépend directement des subventions raskenoises (la raison d'être desquelles est justement de maintenir ces secteurs sous perfusion pour garantir la sujétion à long terme de la région). La diminution de l'offre qui s'ensuivra mécaniquement ne peut avoir pour conséquence qu'une hausse fatale des prix, laquelle touchera en premier lieu les secteurs liés aux matières premières, affectant par la même les entreprises du secteur secondaire qui dépendent de ces ressources. La dépendance aux importations en provenance de Rasken, et donc la charge financière que celles-ci peuvent représenter pour un territoire à la balance commerciale déjà largement déficitaire, se trouvera par ailleurs renforcée par la baisse de la production, ce qui ne va guère arranger la situation.

Parallèlement à cela, la provenance du financement des opérations renforcées de propagande pose elle aussi question. Qu'il soit assuré par les prélèvements réalisés auprès des populations locales, ou par les fonds versés directement depuis l'Empire, les conséquences sont tout aussi funestes. Dans le premier cas, le matraquage fiscal destiné à combler le gouffre financier que représente l'appareil de propagande raskenois ne viendra que s'ajouter aux difficultés causées par l'inflation, entraînant une diminution drastique du pouvoir d'achat des habitants et une dégradation rapide de leurs conditions de vie. Dans le second cas, ces afflux de continus de monnaie dans un pays qui produit déjà en si petite quantité des biens à très faible valeur ajoutée ne pourra que venir porter le coup fatal à l'hyperinflation, qui réduira rapidement les devises locales à l'état de monnaie de singe. Si à ce climat instable et incertain, sur le plan économique comme politique, vient se greffer une perte de la confiance des investisseurs privés locaux et un ralentissement encore plus important du développement du tissu économique, le Gradenbourg pourra, pour ainsi dire, dire adieu à son avenir.

De cette dégradation de la situation économique ne peut découler qu'une aggravation des tensions sociales et politiques, déjà catalysées par le caractère polémique de la présence militaire raskenoise et les remous que celle-ci génère sur la scène diplomatique régionale. Chacun pourra facilement se figurer ce qui se passera dans la tête des habitants du Gradenbourg et des autres territoires occupés dès lors qu'ils devront faire la queue de manière interminable sur les marchés pour se procurer des produits de première nécessité, dont les prix auront par ailleurs décuplé depuis le début de la crise. Il apparaît désormais de manière nette que l'occupant, malgré tous les moyens qu'il investit à essayer de convaincre la population du contraire, n'est pas parvenu à remplir ses promesses vis-à-vis des territoires kresetchniens. Là où il se vantait d'avoir apporté la prospérité - une prospérité telle que les locaux en auraient oublié que l'Empire était venu les envahir vingt ans plutôt en massacrant toute résistance sur son passage - Rasken n'a amené que la désolation et la crise, exploitant la région jusqu'à la dernière miette dans un dernier effort désespéré pour y maintenir son emprise. Car c'est bien là ce que cette situation traduit de la position raskenoise : à présent sur la défensive, le régime impérial s'accroche à sa colonie comme une sangsue, lançant ses dernières ressources dans la bataille pour essayer de faire taire les oppositions, même si cela doit à jamais condamner l'avenir des populations de la région. Il est difficile d'imaginer, dans un pareil contexte, que l'entreprise raskenoise soit couverte de succès. Il apparaît même plus raisonnable de penser qu'elle n'aura qu'un effet contraire à celui escompté par les élites qui ont si bien pensé ce plan depuis Eberstadt, achevant de convaincre les victimes de l'occupation du caractère mortifère de la présence raskenoise, et de l'urgence d'y mettre un terme.

Le moment approche où l’Empire raskenois devra faire face à la dure réalité de sa politique : son occupation de la Kresetchnie n’est pas seulement un échec économique, mais un désastre moral et politique. En refusant d'admettre le caractère inepte de son entreprise et en gaspillant ses ressources dans cette guerre d'influence, dans l'espoir d'étouffer par la propagande les voix qui dénoncent la gestion désastreuse de la situation, le régime impérial ne fait que mettre sa crédibilité en péril, tant aux yeux de sa propre population qui ne supportera pas longtemps de devoir subvenir aux besoins du gouffre financier que constitue l'Administration Militaire de Gradenbourg, qu'au regard de ses alliés à l'international, qui peineront de plus en plus à assumer leur soutien à un État qui se livre à une telle politique, proprement indéfendable. Chaque pas en avant dans ce projet suicidaire ne fait qu’accroître la méfiance acteurs internationaux vis-à-vis de Rasken, qui ne peuvent voir cette occupation qui perdure depuis deux décennies autrement que pour ce qu'elle est, à savoir une démonstration d'expansionnisme colonial fort maladroitement dissimulé. On en voit déjà clairement les conséquences, à mesure que les alliés et les partenaires économiques les plus fidèles l'Empire commencent eux-mêmes à remettre en cause la légitimité et le bien fondé de la poursuite de la politique raskenoise en Kresetchnie, invitant par ailleurs le régime d'Eberstadt à modérer sa position et accepter un désengagement progressif de la région. Si l'occupation tue à petit feu le Gradenbourg et les territoires occupés, qui sont les premiers à avoir intérêt à la faire cesser, il en va tout autant de Rasken lui-même, qui se condamne à mesure qu'il persiste dans une entreprise folle qui a déjà largement montré l'ampleur de ses limites. Il reste simplement à voir si l'aristocratie impériale aura la lucidité et le courage de reconnaître l'impasse qui l'attend au bout de la voie qu'elle suit depuis deux décennies, ou si le rétablissement de la souveraineté des populations de la région devra passer par leur propre réveil, et la reprise en main de leurs intérêts grâce à l'appui des groupes contestataires en formation et de leurs indéfectibles soutiens étrangers.


GRADENBOURG : UN BIEN LOURD FARDEAU DONT RASKEN AURAIT TOUT INTÉRÊT À SE SÉPARER

Qui devrait avoir la souveraineté sur le territoire de l'Administration Militaire de Gradenbourg ? La question compte parmi celles qui font couler le plus d'encre, que ce soit de la plume des gouvernements, des agences de presse ou des bureaux de propagande occultes qui parcourent l'Eurysie. Quelle que soit la réponse, le fait est qu'actuellement, la gestion de ces terres est directement assurée par l'Empire Raskenois, qui l'exerce par le biais de son autorité d'occupation militaire. Si un changement de statut devait s'opérer dans un avenir proche concernant les territoires dérobés à la Confédération de Kresetchnie, il va par conséquent de soi que Rasken devrait en être le premier initiateur. Mais alors, où résident les intérêts de la monarchie germanique ? D'aucun pourrait penser de prime abord qu'il s'agirait de poursuivre la politique impériale, laquelle consiste à défendre bec et ongle l'occupation de la Kresetchnie, en dépit de son absence de reconnaissance par la quasi totalité de la communauté internationale et du désaveu de ses propres alliés. Or, nous allons voir que la vérité est bien moins évidente qu'il n'y parait.

Pour commencer, revenons sur les raisons qui ont motivé en premier lieu l'invasion de la Confédération de Kresetchnie en 1994, guerre qui a débouché sur l'occupation totale de la République de Gradenbourg ainsi que d'une partie de la République d'Hotsaline et de la République de l'Avène Libre, et à la création de l'Administration Militaire de Gradenbourg en tant qu'entité administrative autonome. Si le narratif raskenois a beaucoup évolué depuis cette époque, dans la mesure où il invoque aujourd'hui des prétextes historiques et culturels pour justifier l'annexion progressive de la Kresetchnie à l'Empire Rakenois, il s'agissait à l'origine de protéger la sécurité de l'Empire par l'établissement d'une zone tampon à l'est, gardant les frontières orientales du pays contre une éventuelle diffusion des troubles qui agitaient la Confédération de Tcharnovie au plus au fort des exactions commises par les terroristes des Raches. Si l'on s'en tient à ce seul objectif sécuritaire, le moins que l'on puisse constater, c'est que les promesses liées à l'Administration Militaire sont loin d'avoir été remplies, bien au contraire. Au lieu d'assurer la protection de l'Empire contre une hypothétique menace venue de l'est, l'occupation de la Kresetchnie a au contraire fait de Rasken la cible prioritaire des velléités hostiles de ses voisins orientaux. Il s'agit en premier lieu de la Confédération de Kresetchnie qui, après vingt années de reconstruction, vient aujourd'hui demander des comptes quant à l'invasion et réclamer la libération de son territoire. À celle-ci vient s'ajouter la Confédération de Mährenie, satellite kahtanais d'Eurysie centrale qui s'inquiète justement des conséquences sécurites de la politique raskenoise dans la région, et va jusqu'à présenter un ultimatum à l'Empire Raskenois pour faire cesser son occupation de la zone.

Ainsi, bien loin de protéger Rasken, la création de l'AMG le place sous la menace simultanée d'un conflit ouvert avec ses voisins les plus dangereux, poussant Eberstadt à détacher toujours davantage de moyens militaires pour assurer la défense de l'autorité d'occupation. Or, il va de soi que chaque soldat raskenois déployé en Kresetchnie ne contribue pas à assurer la défense de la mère patrie, qui pourtant en aurait bien besoin au vu des autres répercussions diplomatiques qu'a pu avoir l'embrasement de la région causé par la guerre de 1994. À présent que l'Empire se trouve confronté à la pression constante de ses voisins, il se trouve dans l'obligation de s'en remettre à ses alliés internationaux pour assurer sa défense, ce qui a conduit à l'installation d'une base militaire de la Grande République de Velsna en territoire raskenois. La garnison velsnienne, forte d'une puissance colossale d'une trentaine de milliers d'hommes, menace tout autant, sinon davantage, la sécurité du régime impérial que les menaces proférées par le voisinage mähreno-kresetchnien. Détachée à Rasken pour assurer la préservation des intérêts de la Grande République, et eux seuls, la garnison velsnienne constitue un outil de pression inégalé sur le gouvernement raskenois, qui ne peut cependant pas se permettre de s'en priver tant que les tensions autour de l'AMG n'auront pas été résolues, sous peine de s'exposer à une invasion. En poursuivant sa politique d'occupation, l'Empire Raskenois se prive donc d'une partie importante de sa souveraineté, se soumettant semi-volontairement au bon vouloir du Sénat des Mille et du Stratège DiGrassi.

Le danger que représente la prolongation interminable de l'occupation du Gradenbourg pour la sécurité intérieure de Rasken ne s'arrête pas là. Avant l'invasion raskenoise de 1994, le Gradenbourg avait déjà connu des vagues massives d'immigration de réfugiés en provenance de Rasken, notamment au cours de la guerre civile qui a secoué le pays. Si beaucoup ont regagné leur terre natale à la fin du conflit, bon nombre de Raskenois insatisfaits de l'issue qu'il avait trouvé dans la proclamation du régime impérial ont préféré rester faire leur vie au Gradenbourg, où la nature démocratique et parlementaire du régime se trouvait davantage en adéquation avec les aspirations de ses anciens partisans de la République de Brod Flor. En cherchant à lier durablement le Gradenbourg à l'Empire, Eberstadt prend le risque de réintroduire au sein de sa population un important vivier de contestation, défavorable à la nature même du régime et de ses institutions du fait de sa filiation avec ses anciens opposants. La conjonction de l'instabilité interne suscitée par ce mélange forcé et de la pression militaire externe constitue un cocktail explosif que l'aristocratie raskenoise aurait tout à intérêt à dissoudre si elle souhaite conserver le contrôle des institutions de son pays.

aux risques militaires et politiques viennent par ailleurs s'ajouter les contestations liées aux répercussions économiques de la politique observée par Rasken en Kresetchnie. Si les élites impériales admettent fièrement que l'Administration Militaire de Gradenbourg constitue un « gouffre financier » lorsqu'il s'agit de prêcher le désintéressement d'Ebserstadt dans son entreprise de conquête coloniale de la Kresetchnie, il est fort peu probable que les contribuables raskenois accueillent avec bonheur et reconnaissance la nouvelle que l'argent de leurs impôts est dilapidé pour satisfaire les ambitions impériales mégalomaniaques de leur monarque, sans la moindre retombée positive en retour. Le dernier budget d'investissement voté à l'Assemblée Nationale en faveur de l'AMG est particulièrement évocateur, puisqu'il s'agit de pas moins de six milliards de Sleck, soit douze milliards de dollars, qui ont été dépensés pour développer l'économie des territoires kresetchniens occupés. Chaque centime investi dans le cadre de cette loi est un centime qui quitte la poche des Raskenois pour partir dans celle de Dieu-sait-qui de l'autre côté de la frontière. Les Raskenois, peuple profondément nationaliste et attaché à la fierté nationale, ne payent pas leurs impôts pour faire grossir les rentes du premier Hotsalien ou Avourgeois venu à plusieurs centaines de kilomètres de chez eux, surtout quand ceux-ci crachent certainement sur Rasken à la première occasion !

Cette dilapidation des fonds publics pour servir des ambitions de grandeur inatteignables est d'autant plus scandaleuse qu'elle est lourde de conséquences sur la vie quotidienne des Raskenois. Cherchant à contrer à tout prix l'influence hotsalienne dans les territoires occupés pour y maintenir son emprise, les derniers efforts des autorités raskenoises pour développer leur appareil de propagande à eu pour effet de creuser un grand trou dans la balance budgétaire du pays, tandis que les injections massives de liquidités qui s'en sont suivies dans le circuit économique ont provoqué une poussée d'inflation sans précédent, qui nuit à la croissance économique de l'économie nationale raskenoise.

Alors que l'autorité impériale se trouve plus que jamais menacée par l'érosion de sa crédibilité auprès de ses propres citoyens, celle-ci n'est rien à côté du délitement de sa crédibilité sur la scène internationale. L'occupation de la Kresetchnie, dont la légitimité n'est reconnue par aucun tiers en dehors de quelques membres de l'Union Économique Eurysienne qui dépendent de Rasken pour leur survie, est par ailleurs désavouée par certains des plus proches partenaires de Rasken eux-mêmes, à commencer par la Grande République de Velsna, qui a plus d'une fois rappelé que le retour à la stabilité dans la région devra passer par la fin de l'occupation. En mettant un terme à l'occupation de la Kresetchnie de sa propre initiative, le pouvoir impérial raskenois, loin de se déshonorer, montrerait au contraire l'image d'un interlocuteur responsable et conscient des réalités, vecteur d'apaisement et de stabilité, là où il est actuellement perçu comme un facteur de désordre et une puissance impérialiste agressive régie par ses pulsions guerrières et expansionnistes. Si demain l'Empire Raskenois annonçait son retrait de la Kresetchnie, il n'aurait non seulement plus à craindre la menace d'une attaque mährenienne ou hotsalienne, mais se trouverait pas ailleurs en position de réclamer le départ des troupes velsniennes stationnées sur son territoire, et donc de retrouver le contrôle total de sa souveraineté politique. Le retour à un semblant de stabilité en Eurysie orientale que permettrait un tel geste, notamment suite à l'éradication des Raches en Kresetchnie, marquerait l'avènement d'une nouvelle ère de paix et de prospérité dans cette région du monde, ouvrant la voix à un retour au dialogue cordial et respectueux entre l'Empire Raskenois et la Confédération de Kresetchnie, ainsi qu'au développement de nouvelles perspectives commerciales et de partenariats stratégiques entre les deux pays, susceptibles de limiter la diffusion rapide et menaçante de l'idéologie communaliste dans la région.

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