
Au mois de septembre, il fait encore suffisamment beau dans la région de la petite ville portuaire de Velcal ait une belle apparence, et que son architecture fortunéenne du XVIème-XVIIème siècle soit mise en valeur. Comme beaucoup de cités velsniennes, le centre ville de cette dernière était érigée sur un promontoire rocheux en bord de la Manche Blanche, relié à la terre ferme par une mince bande de terre, qui depuis la période récente est-elle aussi urbanisée. La ville en elle-même a comme beaucoup de ses consœurs ainsi déborder de son "nid" originel pour accaparer les terres. Cela reste toutefois une ville d'une importance secondaire: 70 000 habitants tout au plus. Les airs d'une charmante destination balnéaire, mais qui n'a rien d'un endroit pour accueillir un évènement géopolitique d'importance majeure. Pourquoi avoir tenu cette réunion à Velcal plutôt qu'à Velsna ? Les raisons sont multiples. En premier lieu, il y avait là un choix politique: il s'agissait de ne pas créer symboliquement un rapport hégémonique dans la "ligue" en devenir. Personne ne devait penser qu'une capitale d'un pays membre serait le centre de quelconques institutions. Il n'y en aurait sans doute pas. Ainsi, le gouvernement de la cité sur l'eau prit soin d'évacuer immédiatement toute critique concernant l'endroit qui allait voir se dérouler la réunion. Vient ensuite une raison plus lointaine, et qui concerne l'Histoire. Velcal est certes un centre artistique et culturel prospère, mais est également porteuse d'une symbolique chère aux habitants de la région. C'est ici que se tiennent tous les quatre ans les jeux "velcaliens" tenu entre les différentes cités composant la Grande République de Velsna. Mais par dessus tout, Velcal est depuis des siècles une cité qui maintient une stricte politique de neutralité dans le cadre des troubles qui peuvent éclater de façon épisodique entre les différentes composantes de la République velsnienne, et cette position lui vaut souvent un rôle d'arbitre des conflits. Les velcaliens sont ainsi restés relativement en retrait de la guerre civile s'étant close au début de l'année. Ainsi, la ville était comme prédestinée à accueillir une telle conférence.
Tandis que le petit aéroport devant accueillir les délégations a subit quelques réaménagements pour l'occasion et que les véhicules d'escorte sont déjà en place, c'est le Sénat local de Velcal qui fut choisi pour accueillir les participants de cette journée historique, avec la bénédiction des magistrats de la ville. Il en s'agissait pour ainsi dire que d'une simple et vaste pièce rectangulaire où l'on avait aménagé pour l'occasion deux longues rangées de confortables chaises curules autour d'une immense table. On avait, dans un coin, aménagé un autre espace destiné aux greffiers des différents participants et aux différents collaborateurs et secrétaires. Le conseil communal velsnien avait réussi à réduire la présence médiatique au minimum, interdisant strictement l'accès au complexe sénatorial de Velcal à quiconque n'était pas issu des différentes délégations devant prendre part au dialogue.

Les participants, parlons en, puisqu'il y en avait désormais une liste non négligeable. Voici donc, accompagnée de leurs représentants respectifs:
Etats participants:
- La Grande République de Velsna, représentée par le Maître de l'Arsenal et sénateur Matteo DiGrassi et le doyen du Sénat Gabriele Zonta
- l'Empire constitutionnel de Drovolski, représenté par le dauphin Serge de Drovolski
- Duché de Gallouèse, représenté par Martin Van Breentz
- l'Union des Cités d'Akaltie, représentée par le roi Ahin Ikal
- l'État du Fujiwa, représenté par Lady Mariko
- l'État de Rimaurie, représenté par Molly Nordquist
- Le Royaume du Sud-Kazum, son excellence représenté par Ko Seong-Su
- L'État de Guadaires, représenté par Mariana Berganza
- Le Royaume Constitutionnel du Valkoïnenland, représenté par Wilhelm II av Gotenburg et Jørpeberg av Vaxburg
- Le Saint Empire de Karty, représenté par Alexander Jükov, Ministre de la Défense Nationale de l'Empire et chef des armées de Karty
- Le Khanat de Moritonie, représenté par son Excellence, le duc Aleksandr Sergueïevitch Galimov
- l'Empire antérinien, représenté par ? (HRP: formulaire non rempli dans le topic consacré)
- La République de Lermandie, représentée par mme Catherine Laurence
Entités autonomes participantes:
- La Guilde de Podestavre, représentée par Gianluca Ramapopi, président de la guilde
- Le Royaume de Brin (Ostara), représenté par Thomas Vincent, Premier Ministre
Une fois les participants installés (HRP: vous pouvez avoir fait des actions avant de prendre place dans votre post suivant), conformément à l'usage en vigueur au Sénat velsnien, ce fut le plus vieux membre de la délégation velsnienne qui prit la parole, le sénateur-doyen Zonta. Il frappa le sol de la curie d'une canne dorée, qui était l'un des attributs de sa fonction:
- Mes excellences. Veuillez prendre place. Bienvenue à vous. Vous êtes en ce lieu en sécurité de toutes vos paroles et actes tant qu'ils ne contreviennent pas à la sécurité d'autres participants de cette réunion. Que celui qui rompe cette trêve des gestes soit maudit par San Stefano et chassé de cette enceinte sacrée du verbe et de la rhétorique. Il ne sera pas non plus toléré de couper la parole d'un égal, sous peine de réprimande. Maintenant que les règles élémentaires de bonne vie vous ont été rappelées, parlons. Je laisse la parole à son excellence sénateur et Maître de l'Arsenal Matteo DiGrassi, vainqueur des achosiens et restituteur du Sénat. Je te donne la parole, excellence DiGrassi. Et sache que ces règles s'appliquent à toi également.
DiGrassi se leva de sa chaise et conformément à l'usage en vigueur au sein du Sénat velsnien, fit son introduction sous l'apparence d'une démonstration rhétorique, debout et faisant les cent pas face à ses interlocuteurs:
- Excellences. Il me fait grand plaisir que vous soyez tous au rendez vous. Nous sommes nombreux, c'est une bonne chose. Je suppose que si vous êtes tous ici aujourd'hui, c'est que vous vous êtes tenus au fait de ma déclaration émise il y a maintenant presque deux mois, et que vous en éprouvez de la curiosité, à défaut pour certains, d'y adhérer pour l'instant. Ainsi, cette conférence a pour but de fixer les termes de ce qui a été dit dans la dite déclaration: à savoir la mise en place d'une "ligue de défense" où les pays membres seraient liés entre eux par un pacte de défense mutuelle activé sous certaines conditions.
Ce sont ces conditions qui feront aujourd'hui l'objet de nos débats: contre quelles puissances peut-on avoir recours à ce pacte ? Dans quelles circonstances ? Comment l'activer ? Y'a t-il des conditions dans lesquelles il est possible de ne pas répondre à un appel de défense pour nos signataires ? Je tâcherai donc ici de répondre à toutes ces questions par mes propositions, auxquelles vous répondrez par une approbation ou par des contre-propositions constructives.
Comme vous le savez, le monde qui nous est imposé est marqué par une tripartition de la géopolitique mondiale entre trois blocs dont l'hégémonie menace un monde tel que nous le désirons: un monde de puissances libres et indépendantes de toute volonté autre que la leur et celles de nos corps civiques respectifs. Durant la guerre civile qui a marqué notre pays l'an passé, nous avons vécu chaque ingérence, chaque intervention de l’extérieur comme une humiliation. Fortuna, Teyla, Sylva... et à chaque fois, nous avons fait mine de ne rien voir car ces pays étaient à l'abri de toute représailles, au sein de blocs monolithiques qui assuraient leur défense. Cette époque est terminée pour Velsna, et nous voudrions qu'il en soit de même pour nous tous dans cette enceinte sacrée. Vous, excellence Wilhelm du Valkoinenland, vous expérimentez en ce moment même les "joies" de voir des armées étrangères agir sur votre sol, sans avoir eu la moindre pudeur de vous informer de quoi que ce soit, ou de demander votre autorisation. Une fois les rebelles exterminés, croyez vous qu'ils s'en iront sans avoir changé vos lois, dont votre autorité est la garante ? Ils le feront au mépris de votre État souverain. Vous également êtes concerné, excellence du Sud-Kazum: quelle sensation cela fait-il de vivre sur un continent régit par le bon vouloir d'un seul pays ?
En bref, voilà notre problème à régler aujourd'hui. Ceux qui ne sont pas intéressés par ce dernier sont libres de se lever et de partir, car il n'y a pas d'autre raison que celle là à notre venue. Et voici la solution que je vous propose, excellence:
-Le pacte de défense présenté ne sera effectif que contre les nations suivantes, celles faisant partie de ces trois organisations: ONC, OND et Liberalintern.
- Le dit pacte ne prendra effet que dans le cas d'une agression avérée de l'un de nos membres. Il ne peut avoir d'usage offensif. Vous êtes tout à fait libres de mener les guerres que vous voulez si vous les estimez justes, mais vous le ferez seuls. Nous ne sommes pas des belliqueux arrogants qui pensons que notre modèle vaut mieux qu'un autre.
- La décision de secourir un membre de notre organisation attaqué se fera sur base d'un vote à majorité des deux-tiers des membres votants. Toute autre proposition de modification de notre accord devra se faire sous la même modalité. L'abstention ne sera pas prise en compte. Une telle décision devra être rapide compte tenu de la situation, et se prendra ici même, dans cette enceinte où notre parole est sacrée.
- Notre ligue n'a pas de vocation de diffusion idéologique. Nous ne sommes pas des prosélytes. Cet endroit est un refuge pour les justes et les agressés, pas le politburo de l'UICS ou le secrétariat de l'OND.
- En cas de vote positif concernant une intervention au sein d'un État ami et agressé, si cette dernière se trouve sur le même continent que d'autres membres de notre pacte, ceux-ci seront dans l'obligation d'intervenir. En revanche, si une attaque contre l'un de nos membres a lieu sur un autre continent, ce qui complique la logistique de certains d'entre nous, la défense du dit membre se fera sur base du volontariat. Par exemple, dans le cas de Velsna, nous qui avons des territoires sur quatre continents, serions redevables de la défense de tous nos membres se trouvant sur ces derniers.
- Nous proposons également la mise en place d'un "trésor de ligue" qui serait entreposé afin de pourvoir aux besoin militaires urgents d'un État agressé, et dont les fonds seraient débloqués suite à un vote aux deux tiers selon les modalités précédemment citées. Ce dernier serait alimenté par nos membres sur base du volontariat.
- En cas de guerre, il nous faudrait élire un "stratège" ou un général en chef appelez le selon votre convenance, qui serait en charge de coordonner nos efforts communs. Celui-ci serait élu selon les modalités précédemment citées.
- Pour finir, je tiens à rappeler qu'il n'y aura aucune instance supra-nationale qui encombrera le bon fonctionnement de ce pacte, ou cette ligue (le nom n'est pas encore fixé). Il n'y aura pas de "secrétaire général", de parlement croupion à représentation hypothétique ou d'instance autre que celle du trésor commun et de nos voix réunies. A chaque pays une voix dans le cadre d'un vote. Ni plus, ni moins.
Le sénateur-doyen Zonta reprit la parole pour lui:
- Voilà donc les propositions de son excellence. Libre à vous de les enrichir, de les accepter ou de vous y opposer. Excellences, débattons bien et débattons juste. Que Dame Fortune et San Stefano vous inspirent de beaux mots.
Le Maître de l'Arsenal se rassit parmi ses pairs en attendant la critique et le verdict de ces derniers.