29/03/2016
08:42:18
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La missive d'Anslav - Organe de presse officiel du Parti eurycommuniste translave (PET)

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la Missive d'Anslav a écrit :
Retour triomphal pour Erik VonEcker, nouvellement nommé commissaire à la reconstruction


MAE
Le Camarade commissaire à la Reconstruction VonEcker


Depuis plusieurs mois, nos camarades de l'armée de libération loduarienne s'affairent à scrupuleusement détruire toute référence à ce qui était le régime qui a prit notre patrie en otage durant de longues années. Dans nos rues, on envoie nos enfants et parents chaque jour afin de mettre à bas les gigantesques statues de Pietr Vadovsky. "Chaque symbole doit disparaître." indique l'un des officiels du comité d’administration du PCT d'Anslav. On peut encore voir les socles des immenses globes, symboles du régime "scientiste" translave, orner les façades et frontons et bâtiments officiels. Les globes, eux, ont été renversé et détruits par les comités d'administrés, formés par les volontaires de tous les quartiers de notre ville.

Il va de soi que les forces de libération loduariennes ont elles aussi leur mot à dire dans le processus de "détranslavisation", à commencer par la formation des cadres nécessaires à ce que notre nation, qui a été dévoyée par le "culte de la science", en réalité rien de plus qu'une ode au fascisme, n'effectue son grand retour sur la scène internationale en tant que pays libre. Symboliquement, notre gouvernement a ainsi refusé de réutiliser certains des lieux de pouvoirs parmi les plus emblématiques de l'ancien pour les redonner au peuple, quand nos camarades ne les ont pas tout simplement dynamité, à l'image de l'ancien palais présidentiel. Le Comité central du PCT, dont la plupart des membres étaient encore il y a peu en exil ou dans des réseaux de résistance, qui ont été à l'origine de beaucoup des comités d'administrés qui maintiennent désormais l'ordre dans nos rues, ont préféré la simplicité de l'Hôtel de ville d'Anslav afin d’accueillir les premières réunions de ce qui va devenir le premier gouvernement libre translavique dans les prochains mois. La plupart de ses membres ont encore du mal à réaliser la chute des milices des "scientistes".

Afin de poser les bases solides d'un régime durable et libre, il faut ainsi s'assurer d'avoir les bons matériaux, et ce dés le départ, car nous repartons ainsi d'une table rase. Ce qui a ses avantages. Nous ne partons pas les poches vides, car les camarades qui nous reviennent d'exil sont enrichis d’expériences qu'ils n'auraient pas pu acquérir ici, au pays des bunkers. Ainsi, sans surprise, ce fut l'un des plus éminents d'entre eux, le camarade Erik VonEcker, qui a été nommé à la tête de ce comité, pour l'instant provisoire. La tâche est immense, et les axes de travail sont nombreux pour ce vétéran de l'UICS, ayant fait ses classes auprès du Parti Eurycommuniste Velsnien, ayant prêté main forte à ses camarades d'Eurysie de l'ouest au cours de la fameuse journée des barricades contre le fasciste Scaela. Ainsi, nos camarades font face à ces défis multiples:
- Achever la dé-translavisation des anciennes élites, de concert avec les puissances onédiennes de l'ouest.
- Refonder les bases d'une gouvernance juste, fondée sur les principes du loduarisme. La mise en place d'une constitution devant garantir le bonheur du peuple et des camarades de Translavye.
- La formation rapide d'une nouvelle administration capable de soutenir les comités d’administrés déjà mobilisés dans les opérations de reconstruction.
- La refonte totale de l'appareil productif du pays, fondée sur un ensembles de plans et d'objectifs qui seront progressivement dévoilés par le Comité Central.

Concernant ces points, nos camarades du comité ne se cachent pas de la difficulté de la tâche et se veulent honnêtes, comme le camarade VonEcker le dit lui même: "Le peuple translave va devoir faire preuve de sacrifices, car les usines et l’administration mettront du temps à se relever de cette catastrophe. Mais avec la volonté de tous, nous irons de l'avant et donneront un avant goût de la République du bonheur universel et de l'amour humain au peuple translave."

Les ingénieurs loduariens sont déjà à pied d'oeuvre dans le secteur de l'énergie, où leur expertise dans le domaine nucléaire devrait permettre la formation rapide de nouvelles équipes translaves, qui elle, n'auront pas été dévoyées par l'idéologie du fascisme scientiste. La plupart des secteurs industriels subiront sous peu le même audit, devant détailler plus en profondeur les besoins manifestés par le peuple. "D'ici les prochaines semaines, il faudra s'attendre à ce que tous les secteurs essentiels: énergie, agriculture et transports soient entièrement saisis par le Comité Central et mis à disposition des experts de l'UICS, qui formeront la prochaine génération de techniciens et administrateurs translaves. Concernant l'armement, il sera à la discrétion des forces de libération loduariennes de savoir quand est-ce que nous serons prêts à reprendre le contrôle du complexe militaro-industriel. Mais dans le contexte actuel, ce n'est pas une priorité." a statué le camarade Sergowski, camarade-commissaire à la relance industrielle.

En guise de renouveau, le nouvellement nommé Commissaire à la reconstruction VonEcker a fait preuve de communication. Le peuple translave désirait un exutoire, celui-ci l'a obtenu. En effet, en présence d'une grande foule amassée devant les pavillons de la défunte et criminelles exposition universelle, notre camarade a tenu à montrer à tous que le fascisme n'avait pas sa place en Translavye à compter de ce jour. Le complexe démesuré et pharaonique de Pietr Vadovsky devant célébrer sa toute puissance aux yeux du monde a ainsi été dynamité, et été laissé à la discrétion du peuple de se procurer quelques souvenirs luxueux que le tyran se réservait pour lui-même.

Reste à savoir ce que nos camarades, en accord avec les autorités de "l'autre Translavye" comptent faire des anciens officiels du régime déchu...
la Missive d'Anslav a écrit :
Législatives: triomphe pour les eurycommunistes au CCA de Translavye


Le CCA nouvellement élu



Les transalves l'attendait, c'est désormais chose faite: le premier exercice démocratique de l'Histoire de la Translvye est désormais clos. Il n'était pas permis aux citoyens de notre pays jusqu'il y a peu, d'éprouver les frissons et le suspens haletant de ce que les étrangers appelaient des "élections", et dont les scientistes nous avaient privé. Qui se souvient parmi nous de la sélection que pratiquait l'ancien régime, entre qui disposait d'un supposé "bagage génétique" requis pour prendre part à la vie politique ? Qui se souvient des translaves en situation de handicap ou de malade à qui interdisait d'occuper la moindre place, que ce soit dans les discours, dans les fonctions ou le travail ? Oui je le dis, camarades: cette élection est le début d'une ère et la fin de notre souffrance.

Depuis des mois, les camarades des quatre coins de la Translavye s'acharnent à l'organisation de ces élections, cela, il faut le mentionner avant même d'évoquer les résultats. 5 632: c'est le nombre total des comités d'administrés qui ont été crées à travers toute la Translavye dans le cadre de cette tâche digne des plus grands labeurs. La différence étant que cette fois, le fruit du travail appartiendra à ceux qui l'auront semé. Il n'est désormais plus une entreprise, plus une coopérative agricole autonome, plus une université qui ne dispose pas que ses propres instances de démocratie professionnelle. La démocratie au travail, sur le lieu qui fait la valeur, c'est là... la forme de représentation suprême pour laquelle nous avons opté. Qui de mieux que les travailleurs pour représenter leurs intérêts ? C'est ainsi que l'on compose le Comité Central des Administrés de Translavye, le CCA. L'éechelon inférieur élit l'échelon supérieur, et pas l'inverse. Nous reléguons cette hiérarchie à l'ancien temps du scientisme, où on déterminait le devenir de l'Homme à sa naissance. Dans un environnement si hostile à l'édification d'une nation démocratique, nous avons réussit. Et la première des pensées devrait être à l'égard de tous les candidats s'étant présentés auprès de leurs comités respectifs, car ils auront fait vivre la démocratie au travail.

Cette élection, si on doit retenir quelques éléments de ces résultats, est bel et bien le signe de la confiance que les translaves accordent aux autorités de la reconstruction, avec la confirmation des bonnes opinions exprimées aux sujet de la conduite du Commissariat central à la Reconstruction, confié au camarade Erick VonEcker. Bien entendu, il faut reconnaître que ce résultat du PET est conforté par une organisation plus précoce de son appareil de direction, qui a débuté dés la chute du fascisme scientiste. Le parti dispose ainsi de têtes connues auxquelles se raccrochent plus facilement les translaves, des visages qui les ont accompagné lors des déboires occasionnés par l'effondrement systématique qu'a traversé le pays, et les efforts que nos camarades déploient depuis dans l'optique de la reconquête de la dignité des translaves.

Il n'y a pas à rougir devant le bilan du gouvernement provisoire, qui s'est engagé à corps perdu dans trois grands axes: un toit, du pain et du courant. Les campagnes de construction de Lorenzhaus battent leur plein et sont déjà en train de transformer le paysage des villes et des campagnes, pour le meilleur. Des hommes et des femmes, qui jusque là étaient tenus à la marge de toute forme d'assistance sont désormais équipés de lits, d'appareils de ménage et d'un toit, toit qui protège leur dignité. La production agricole, en cours de réorganisation avec le concours de nos alliés de l'UICS et des quatre coins du monde, est repartie, et nous verrons prochainement les fruits de ce travail titanesque. Il n'est pas permis, dans ce processus, d'oublier de saluer nos camarades bâtisseurs et ingénieurs des quatre coins du monde: loduariens et estaliens en tête, qui ont participé au redémarrage des conserveries, des pêcheries, des coopératives... D'autant que l'arrivée prochaine des agronomes du Kah nous place dans la meilleure des positions. L'énergie, parlons-en, car Loduarie et Drovolski travaillent main dans la main à ce que le courant soit de nouveau opérationnel et que le parc énergétique soit réorganisé. 40%: c'est le pourcentage de foyers privés de ce confort dont l'électricité est déjà revenue dans leur quotidien à l'heure où ces lignes sont écrites. Une énergie translave pour les translaves, sans dépendance, et au nom de laquelle des translaves sont en formation afin d'acquérir la maîtrise de ces outils de production. C'est à cela que ressemble le goût de la liberté.

Mais qui dit démocratie dit débats, et cette élection fut riche en discussions parfois vives entre les listes désormais formées par le tirage au sort qu'il y a eu parmi tous les comités d'administrés afin de constituer le CCA. Ainsi, toutes les tendances du spectre politique translave sont représentées à l'issue des 5632 scrutins s'étant déroulés au cours de cette semaine. Reflet des différentes influences de la gauche mondiale actuelle, les translaves se sont tournés vers différentes solutions afin d'accéder au paradis socialiste. Nous avons évoqué les vainqueurs eurycommunistes, certes, qui tenteront probablement de maintenir ce statut-quo imposé par la reconstruction, mais des forces influentes se construisent petit à petit, profitant du vide politique laissé par le régime des fascistes.

En premier lieu, la performance du Comité des citoyens translaves, organisation syndicale communaliste à l'origine, est à souligner. Les raisons de cette dynamique sont relativement aisées à situer: la décision du gouvernement provisoire d'ouvrir des secteurs de l'économie à un système de coopératives autogérées n'est sans doute pas étranger à l'appel d'air dont ont profité ces camarades pour s'organiser de leur côté. En effet, les communalistes obtiennent leurs meilleurs résultats au sein des comités d'entreprises agricoles et rurales, où ils sont majoritaires à certains endroits. A contrario, les eurycommunistes obtiennent un monopole quasi complet dans le secteur des entreprises liées à l'énergie, l'armement et l'industrie lourde dans son ensemble.

Autre tendance importante représentée: il semblerait que l'anarchisme estalien ait fait des enfants en Translavye, puisque ces derniers décrochent un nombre notable de représentants. Une tendance qui a pu être notée dans des secteurs très spécifiques comme le transport, où ces derniers font pratiquement jeu égal avec les loduaristes.

De manière plus sporadique, il semblerait qu'une dernière tendance beaucoup plus marginale se dégage dans le secteur de l'énergie et des mines, avec l’émergence d'un modeste pôle "totaliste", un nom de prime abord obscure regroupant des camarades proches de certains modèles d'entreprise en vigueur parmi les collectivistes de Drovolski. Nul doute que cette force sera particulièrement isolée dans le parlement.

Mais parler uniquement en terme de tendances, ce serait oublier le fait que 74 membres de cette assemblée sont des citoyens sans étiquette, car il ne faut pas oublier oui, qu'une part encore importante de nos camarades et travailleurs tiennent à ne pas s'inscrire dans une tendance générale afin de ne pas perdre de vue des intérêts particuliers. Nombre d'entre eux sont ainsi des travailleurs indépendants et des artisans qui n'inscrivent pas leur action politique dans un large collectif de travail. Car il ne faut pas oublier l'existence la micro-entreprise, légalisée lors de l'adoption de la constitution de la Démocratie communiste translave.

Ce tableau général esquissé, nous pouvons d'ores et déjà affirmer que ce gouvernement se fera sur base de la continuité et de la coopération entre les différentes forces politiques qui sont en train de se construire en démocratie communiste. Le plus grand vainqueur pourrait au final ne pas être les eurycommunistes, les anarchistes ou les communalistes, mais peut-être le peuple translave dans son ensemble qui part indéniablement de très loin pour en arriver à autant d'espoirs.
la Missive d'Anslav a écrit :
Le Grand Prix du comité ouvrier de l'année 2015-2016 décerné à la verrerie Anslav-Glas



MAE



En accord avec la décision du commissariat à l'Industrie et à la production, le gouvernement du peuple a désigné ce 10 février le gagnant du bilan annuel de production, en accord avec les plans annuels établis par ce dernier, et adressé à toutes les unités de productions agricoles, industrielles et tertiaires de notre belle Translavye. C'est donc avec fierté que les ouvriers et les ouvrières de la verrerie Anslav-Glas ont reçu leur récompense pour leurs performances et leurs efforts exceptionnels dans la quête de reconstruction et de restructuration d'une Translavye libre et prospère. A la clé: une augmentation de salaire de 20%, alignée sur la hausse du rendement financier de l'unité de production: en Translavye libre, pas de valeur marchande, simplement la valeur travail et la valeur d'usage, pas de parasitage et l'argent gagné à la sueur du front directement dans notre poche ! En plus de cette augmentation, ne vous étonnez de voir ces travailleurs et ces travailleuses sur les pistes de ski sous peu, accompagnés de leurs familles, puisque il leur a été offert à toutes et à tous le prix de deux semaines de vacances en quartiers d'hiver ! Nul doute que le souhait du gouvernement du peuple, en créant ce concours, est d'inciter les citoyens et citoyennes à participer à la création d'une toute nouvelle société de loisir socialiste ! Pour illustrer la fierté du travail accompli depuis la fin du régime scientiste, nous recevons les paroles de la camarade Lil Marleen, cheffe d'équipe dans cet établissement flambant neuf.

Journaliste: Alors Lil, qu'est-ce que ça fait de remporter le prix du comité de l'année ? Dites nous en plus sur ce que vous avez reçu.

Lil Marleen: *arbore fièrement une petite médaille épinglée à sa poitrine, la pointant du doigt* Heureuse comme au jour de mon mariage, camarade-journaliste ! Mais c'est surtout les collègues de mon équipe qui sont à féliciter. Le commissariat à l'Industrie nous a gâté cette année ! Les salaires augmentent et les vacances seront bientôt sur nous, sans compter tout un tas de...petits cadeaux. *Elle montre à la caméra un énorme bouquet de fleurs, accompagné d'une boîte de chocolats estaliens*

Journaliste: Eh bien...vous risquez pas de maigrir pendant les vacances c'est sûr ! *rigole* Mais revenons en à vous: nul doute que cela demande des efforts colossaux de surpasser tous les autres établissements industriels du pays, peuplés de travailleurs tout aussi motivés que vous. Je rappelle à nos lecteurs et téléspectateurs qui nous regardent que votre privilège, n'a été rendu qu'aux unités de production industrielles figurant dans la liste très restreinte des vingt établissements dépassant le plus le pourcentage de rendement indiqué par le plan annuel du parti. Quel est donc votre secret ?

Lil Marleen: *semble rougir* Eh bien camarade journaliste, cela me gêne un peu de le dire, mais il n'y a pas de recette magique. En premier lieu, il nous faut pas seulement considérer les ouvriers comme des outils remplaçables en cas de baisse de régime, mais comme des individus apportant une touche unique à toute la chaîne de production. Ce n'est pas une simple question d'organisation du travail, mais de rapports humains. Lorsque mon équipe est compétitive, je le sens, et lorsqu'elle ne l'est pas, je le sens également, et je m'adapte toujours en fonction de mon équipe. Je ne cours pas après les objectifs. Si nous l'atteignons, nous faisons la fête jusqu'au matin suivant, si nous ne l'atteignons pas...c'est pas grave, nous pourrons toujours ressayer demain et la verrerie ne s'envolera pas.

Au delà de cela, nous pouvons dire que l'expertise de nos camarades étrangers: estaliens, loduariens et communalistes, nous ont bien aidé dans la reconstruction de cette usine. L'outil industriel que l'on utilise n'a plus rien à avoir avec ce que nous avions sous l'ancien régime, il va sans dire. Tout a été rénové de la cave au grenier.


Journaliste: Lorsque vous parlez de reconstruction, pouvez vous nous donner des détails. A quoi ressemblait cette usine juste après la guerre ? Et quel était son statut sous le régime scientiste ?

Lil Marleen: *Elle pointe son doigt vers le toit de l'entrepôt, puis vers l'une des machines d'embouteillage* Vous voyez le plafond ? Quand le gouvernement du peuple nous l'a confié après la chute du régime, il n'y a avait plus de toi, et même plus de charpente. Tout avait brûlé pendant les bombardements d'Anslav, et ce qui n'avait pas été carbonisé s'est effondré au sol, en endommageant une partie des vieilles machines. Nous avons dû tout remplacer et tout reconstruire, avec très peu. Le gouvernement du peuple nous a dit: "si vous reconstruisez cet endroit, il est à vous.". Alors c'est ce qu'on a fait: on a même demandé de l'aide d'amis de nos familles qui travaillaient dans le bâtiment. Et au bout de trois semaines de travail, l'outil de production était de nouveau en état de marche. Le toit n'était pas encore terminé, mais cela ne nous a pas empêché de débuter nos quarts de travail sans.

Ensuite, pour maximiser la production, nous avons complètement revu notre organisation du travail, et nous sommes inspirés de ce que l'on trouvait au Grand Kah ou en Loduarie. Nous faisons en sorte que chaque bouteille de verre sort de nos fourneaux, que chaque ampoule que nous soufflons porte notre petite griffe personnelle, par équipe. Et à la fin de la journée, nous pouvons comparer le nombre de bouteilles entre nous tous. C'est une compétition, mais qui reste saine, puisqu'il n'y a pas de sanction particulière à ceux qui arrivent derniers, simplement des conseils donnés afin qu'ils améliorent le rendement.


Journaliste: Lorsque vous dites que le gouvernement du peuple vous a fait don de cette usine, que cela implique t-il ?

Lil Marleen: Que l'usine nous appartient, tout simplement. Le seul rôle du Commissariat à l'Industrie est de nous fixer le quotas annuel recommandé, et nous devons le respecter, pas forcément de manière systématique, mais au moins nous en approcher afin de suivre la demande interne du pays. En cas de demande plus élevée que la normale, nous pouvons faire la demande d'une financement supplémentaire de la part du gouvernement du peuple afin d'agrandir l'usine et d'engager d'autres ouvriers. C'est l'objectif que nous nous sommes fixés pour cette année. A la fin du processus, le Commissariat récupère une partie des revenus dégagés par notre production, et nous récupérons de quoi entretenir les bâtiments, rénumerer les ouvriers et de quoi faire de nouveaux investissements. Nous sommes pour ainsi dire pratiquement autonomes dans nos décisions, mais il faut en assumer les choix, il va sans dire.

Journaliste: Vous qui avez vécu le régime scientiste et qui étiez déjà verrière, que pouvez vous nous dire sur l'évolution de votre condition depuis le renversement du régime ?

Lil Marleen: *elle montre un bureau situé en haut d'un escalier* Ce local là haut, c'était depuis cet endroit que le responsable de l'usine surveillait ses employés pendant l'ancien régime. Je ne l'ai pas connu, mais on m'a dit qu'il ne tenait l'atelier que parce qu'il était proche des scientistes. L'usine appartenait à l'Etat scientiste, mais la corruption faisait qu'il touchait la majorité des revenus de la verrerie. Et les salaires étaient misérables. Aujourd'hui, son poste n'existe plus, et cette salle sert à stocker nos affaires pendant nos quarts. Je partage la direction de l'usine avec les neuf autres responsables d'équipe de l'usine, que nous assurons dans le cadre d'une réunion hebdomadaire. Chacun et chacune d'entre nous, en dehors du cadre de son travail sur la chaîne, doit également d'intéresser à un autre aspect de sa gestion. En l'occurrence, je suis également responsable, par exemple, de nos relations avec nos fournisseurs de sable.

Journaliste: Cela m'a l'air d'être assez épuisant tout de même, d'assumer deux fonctions différentes.

Lil Marleen: En théorie oui, mais lorsque l'outil nous appartient, on en prend davantage soin: on l'entretient, on le cajole, et on fait en sorte que les bouteilles finissent dans les rayons des magasins généraux. On ne va pas se la cacher camarade-journaliste: ce n'est pas un métier facile. Mais le plus important à mon sens, c'est que cet endroit nous appartient. Et c'est peut-être ce qui nous motive le plus.

Journaliste: Je vous remercie de votre temps camarade Lil, et j'ai hâte de retrouver l'une de vos griffes sur mes bouteilles de lait en magasin !


Comme vous pouvez le voir, parfois, la clé de la productivité réside tout simplement dans la fierté de se rendre compte que notre travail nous appartient. Cela...et quelques sourires suffisent. Je rends l'antenne camarades, et n'oubliez pas: nous sommes encore en hiver, alors couvrez vous chaudement, puisque notre lendemain risque d'être l'un des plus froids de l'année !
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