25/11/2018
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Commisariat au développement de la société socialiste - Rapports

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Commissariat au développement de la société socialiste



Drapeau

Audit général du logement


Introduction et conditions d’accès au logement

Mes camarades,

Je vous fais joindre ce jour cette note consacrée au déploiement de notre politique de logement. En effet, dans la situation actuelle où les destructions et l’inaptitude de l’ancien régime ont privé un grand nombre de nos citoyens d’un habitat décent, je pense qu’un tel investissement à prévoir doit se focaliser sur des solutions à la fois dignes de nos camarades en difficulté, tout en représentant un coût assez bas pour nous permettre de subvenir aux besoins de chacun.

Ainsi l’a énoncé notre constitution, le logement n’est pas une récompense mais un droit auquel chacun doit avoir accès. Il faut sortir de la perspective qu’il s’agit d’un bien marchand à vendre ou à acheter à volonté, surtout dans un tel contexte où l’accaparement du parc immobilier par quelques-uns représente un risque certain de voir émerger des profiteurs de misère. Une fois écarté l’injustice systémique dûe à l’argent, nous devons recentrer nos critères d’accès à la propriété, et les fonder non pas sur ce que les citoyens peuvent se permettre d’investir, mais sur le degré de nécessité dans laquelle ils se trouvent, ainsi que parce que nous considérons comme des clauses « méritoires ».

Ainsi, parmi ces dernières, nous pouvons déjà considérer comme prioritaires les cas suivants relevant du mérite :
- Les anciens résistants et dissidents avérés au régime scientiste doivent constituer la priorité en matière de logement, car il n’est pas acceptable que de tels individus ne soient pas récompensés par notre Démocratie communiste. Nous devons également éliminer pour ces derniers le critère de
l’appartenance, ou non, au Parti eurycommuniste translave. Nous estimons qu’il n’est nullement besoin de se justifier par une carte du parti, même si nous l’encourageons.
- Les individus particulièrement productifs par rapport aux quotas demandés dans leurs unités de production respectives doivent recevoir tous les égards dus à leurs personnes, et recevoir des logements de qualité. En effet, ils incarnent à bien des égards la vitrine de notre régime et il est normal, à mon sens, de récompenser ce qui se rapproche le plus de l’Homme socialiste tel que nous le concevons : un individu au fait de ses droits, mais déterminé à donner de sa personne afin participer à l’élévation du niveau de vie de l’ensemble de la communauté.

A la suite de ces cas particuliers, je préconise de garantir l’accès au logement à la condition du besoin comme dans les cas suivants :
- Le nombre de membres d’un foyer doit être déterminant dans la superficie qui doit être allouée à ce dernier. Nous considérons, dans les circonstances actuelles, qu’il ne peut être acceptable de consacrer moins de 6m² de logement par citoyen. Ainsi, dans l’éventualité d’un foyer de quatre personnes, par exemple, la surface minimale à laquelle devrait avoir droit un tel foyer serait de 24m². Si il y a des disponibilités et que nous pouvons nous le permettre, nous encourageons à distribuer un logement plus grand, car ce n’est là qu’une solution temporaire, et nous avons conscience que le chiffre que nous donnons est encore insuffisant afin de garantir une existante décente. Nous conseillons également d’avancer les familles dans les listes d’accès, de façon à ce que les familles nombreuses soient dotées le plus rapidement possible.
- L’état de santé et la vieillesse constituent également une clause dérogatoire impérieuse dans l’accès au logement de manière accéléré. Dans la société socialiste, il n’est pas acceptable à notre sens, de laisser les individus démunis et qui ne sont plus capables d’assurer leur propre subsistance, de ne pas recevoir le fruit d’une récompense. Ainsi, je préconise d’avancer également les foyers constituer de personnes âgées ou malades déclarées dans nos listes au même titre que les familles nombreuses.

En dehors de ces quatre cas, les autres citoyens seront inscrits dans les listes générales d’accès au logement. Il est à noter que la fonction publique d’état ne doit pas constituer un critère d’avancement dans les listes, sous peine de voir l‘émergence d’une petite élite privilégiée. Tout doit donc être fait dans le but d’éviter la création d’un système de corruption et de distribution parallèle de logements entre quelques-uns. Je préconise peines et amendes sévères dans de tels cas.


Conditions actuelles du parc immobilier en DCT planification des nouvelles constructions


Certes, expliciter des conditions claires d’accès au logement est une chose, avoir des logements en quantité suffisante en est une autre. Malheureusement, c’est actuellement loin d’être le cas. Là encore, l’investissement civil est à la peine : les habitations sont seulement en quantité insuffisante, mais ceux existants connaissent pour le tiers d’entre eux des problèmes de salubrité et d’isolation. La moitié d’entre eux est considérée comme impropre aux standards de vie d’Eurysie occidentale si on prend compte de la qualité du chauffage et de l’accès aux commodités rudimentaires que sont l’électricité, l’eau et un accès internet. De plus, une bonne partie des familles translaves vivent en réalité dans des foyers surpeuplés et qui ne correspondent pas aux conditions d’accès que nous avons fixé. A titre d’exemple, des commissaires du comité d’administrés local d’Anslav-est a rendu visite à une famille d’ouvriers du secteur ferroviaire. Au sein du foyer, l’accès à l’eau et à l’électricité était certes pourvu, mais il y avait là trois générations d’une même famille qui survivait dans un espace d’à peine 40m²…pour 9 membres d’une même famille. Ce type de situation est inacceptable et inexcusable en l’état. Mon propos rejoint ceux de mon camarade commissaire à l’Industrie sur ce sujet : il faut non seulement construire, mais également s’affairer à la dotation en équipements ménagers de bonne qualité à nos citoyens.

Je proposerais donc à mon camarade commissaire à l’Industrie à réclamer des investissements massifs en matière d’industrie du béton et du bâtiment, quitte à dans un premier temps faire appel à des ouvriers étrangers. Car les besoins en construction que je vais aborder avec vous exprimeront par leurs seuls chiffres l’urgence de la situation.

En effet, à l’heure où les lignes de ce rapport sont écrites, nous estimons que 42% de nos concitoyens ne rencontrent pas les critères exprimés par notre audit. Pire, 8% des translaves sont considérés comme sans domicile attitré. Nous avons plusieurs pistes afin de réduire le gouffre abyssal que représentent ces chiffres. En premier lieu, je recommanderai auprès de notre Commissaire provisoire à l’Industrie la nationalisation complète et temporaire du secteur du bâtiment, et la réunion des entités existantes sous l’appellation de Coopérative générale du bâti et de la reconstruction (CGBR). La prise de contrôle direct devrait permettre d’éviter les intermédiaires et la corruption qui peut inhérente à ce secteur. De plus, le bond temporaire de main d’œuvre nécessaire permettra de réduire le chômage endémique de la société translave d’après-guerre. Une telle mesure, nous la volons temporaire afin, une fois la crise logement passée, redonner le contrôle du secteur à des coopératives autogérées du bâtiment, qui feront vivre le secteur grâce à l’acquisition de savoir et d’équipement que durera la période de nationalisation, tout en représentant une charge financière moins importante pour la DCT.

Pour répondre à cette crise, une fois les modalités de la rémission établies, il faut nous renseigner sur la composition actuelle du parc immobilier, afin d’éviter la gabegie financière et économiser ce qui peut l’être au vu de notre situation budgétaire complexe. En premier lieu, le parc existant regorge de possibilités, mais bien entendu, il n’était pas de la priorité du régime de loger convenablement nos camarades citoyens. Dans les grands centres urbains, l’ancien régime a fait la part belle au bâti monumental et aux grands hôtels particuliers. Pour beaucoup logements d’anciens officiels du régime, voir relevant de la propriété de l’Etat scientiste lui-même. On suppose même que certains n’ont jamais vraiment servi pour autre chose que d’être une vitrine officielle du régime, et ceux-ci présentent actuellement un taux d’occupation de l’ordre de 37% à peine. Si certains au Comité Central y ont proposé d’y installer ministères et commissariats, je m’oppose fermement à ce projet. Premièrement, ce serait là un bien mauvais message à apporter à nos concitoyens que de réoccuper d’anciens locaux de l’administration scientiste, et les parallèles hasardeux pourraient être fait, autant par nos camarades qu’à l’international. En second lieu, nous avons là beaucoup trop de besoins impérieux pour nous adonner à ce genre de caprices de gouvernants. Il faut ensuite se rendre compte des potentialités en termes de superficie de ce parc immobilier. Transformer un hôtel particulier de dix étages en une résidence communale d’une vingtaine d’appartements constituerait un soulagement pour une population dans un besoin que je rappelle urgent. Nous avons estimé que nous pouvons dés aujourd’hui procéder à la transformation de 57 de ces anciens hôtels particuliers rien que dans la capitale d’Anslav. Et c’est sans compter les bâtiments officiels et ceux qui ont pu échapper à notre comptage officiel. L’expropriation d’anciens proches du régime au profit du peuple constitue une autre piste.

Ces logements formeraient ainsi la première catégorie de ce qui pourra être inscrit dans notre ambitieux programme : ce que j’ai appelé « les propriétés communes ».

Le sujet du bâti existant abordé, il convient de constater que celui-ci reste largement insuffisant afin de garantir à tous un accès au logement décent. Nos architectes ont d’ores et déjà proposé la solution très utilitariste de nos amis loduariens, à savoir l’imitation du système du logement collectif lorenzien, fondé sur la création de zones résidentielles à haute densité en zone périurbaine, le tout desservi par un réseau de transport particulièrement dense devant compenser l’absence notable d’automobiles au sein de beaucoup de familles translaves. Il a déjà été convenu d’un standard en termes de nombre d’étages et de superficie des appartements auprès de notre corps architecte, auquel participent notamment des ingénieurs venus de Loduarie. En zone rurale et petite localité urbaine peu densément peuplée, il est ainsi conseillé que la plupart des barres d’immeubles ne fassent pas plus de cinq étages, au risque de s’exposer à une sous-occupation des lieux. Dans les agglomérations à forte densité, des barres d’immeubles de douze étages sont envisageables. Non content d’être de simples logements de masse, ceux-ci sont, d’après nos confrères loduariens, particulièrement aisés de construction ne nécessitant pas de main d’œuvre hautement qualifiée, ce qui renforce notre conviction. En effet, le processus de construction, court qui plus est, peut se résumer à la construction d’une fondation devant accueillir une armature de béton, laquelle serait constituée d’une multitude de cellules préfabriquées, les unes placées à côté, au-dessus et en dessous des autres. Nos ingénieurs lui ont déjà donné le facétieux sobriquet de « Laurenzhaus », contraction facétieuse du nom du secrétaire général de la Loduarie. La construction de plusieurs centaines d’entre eux est déjà à l’étude, et si le Comité Central nous en donne les moyens, plusieurs centaines d’autres seront mis en route avec votre autorisation. Il faudra également faire la distinction entre les barres temporaires, qui ne sont là que pour pallier au manque provisoire de logements, et les logements définitifs. Nous sommes sur la bonne voie, camarades.


Très fraternellement,
Camarade Betar Shongu, Commissaire provisoire au développement de la société socialiste,
30 septembre 2014

Commissariat au développement de la société socialiste



Drapeau

Rapport sur l'évolution du logement en DCT (2014-2018).

Urgence et mobilisation (2014-2015) :

La première phase de la politique du logement en DCT s'est concentrée sur l'exploitation maximale du parc immobilier, conformément aux recommandations du Commissaire Shongu en 2014. Entre octobre 2014 et décembre 2015, la ville d'Anslav a procédé à la réquisition et à la transformation de 57 hôtels particuliers et bâtiments monumentaux hérités du régime scientiste. Cette opération, relativement peu coûteuse en comparaison des nouvelles constructions, a permis la création d'environ 1200 logements dans la capitale, avec une superficie moyenne de 45 m² par unité. Les travaux de réaménagement ont principalement consisté en un cloisonnement des vastes espaces intérieurs, l'installation de sanitaires supplémentaires et la mise aux normes des systèmes électriques et de chauffage. Le coût moyen par logement créé s'est établit à environ 8500 unitas, soit un investissement total de 10,2 millions d'unitas pour l'ensemble de l'opération sur la ville d'Anslav. Cette stratégie de récupération s'est étendue aux villes secondaires avec des résultats variables. A Oklanov, deuxième ville du pays, 23 bâtiments ont étés transformés, créant 520 logements supplémentaires. A Letwa et Ankov, le potentiel s'est révélé plus limité avec seulement 12 et 8 bâtiments réquisitionnés respectivement. Au total, on estime que cette première vague de récupération a permis la création d'environ 2100 logements à l'échelle nationale entre fin 2014 et début 2016, ce qui a contribué à faire baisser le taux de sans-abri dans le pays. Cette baisse, bien que modeste en valeur absolue, a eu un impact psychologique et politique considérable en démontrant la capacité du nouveau régime à obtenir des résultats tangibles et rapides.

Parallèlement à la récupération du parc existant, le gouvernement translave a procédé en janvier 2015 à la nationalisation complète du secteur du bâtiment, créant la Coopérative Générale du Bâti et de la Reconstruction (CGBR). Cette structure centralisée a absorbé l'ensemble des entreprises privées et semi-publiques du secteur, regroupant initialement 34 000 ouvriers du bâtiment et 2800 ingénieurs et techniciens ainsi que des infrastructures de production de matériaux de construction dans tout le pays. L'objectif déclaré était triple : éliminer les intermédiaires et la corruption endémique du secteur, rationaliser la production et la distribution des matériaux et permettre une planification centralisée des chantiers en fonction des besoins identifiés. La CGBR s'est vue dotée d'un budget initial de 4,2 milliards d'unitas pour l'année 2015. La structure de la CGBR s'est organisée selon un modèle pyramidal classique avec un directoire central basé à Anslav et ses directions régionales dans les cinq autres grandes agglomérations du pays (Oklanov, Letwa, Ankov, Chernomach et Lorenzigrad). Chaque direction régionale était responsable de la planification des constructions sur son territoire, de l'approvisionnement en matériaux et de la gestion de la main d'œuvre. Dès les premiers mois, la CGBR a bénéficié d'une assistance technique importante de la part de la Loduarie et de l'Estalie. Une délégation permanente de 180 ingénieurs volontaires issus de plusieurs pays membres de l'UICS s'est installée à Anslav pour superviser l'adaptation du modèle loduarien aux conditions translaves. Cette coopération incluait également la fourniture de machines-outils, de plans standardisés et de la formation de plusieurs centaines de techniciens translaves en Loduarie.

Le cœur de la stratégie de construction s'est cristallisé autour du modèle des Laurenzhaus, système de construction modulaire directement inspiré des grands ensembles loduariens. Le principe technique reposait sur l'assemblage de panneaux de bétons préfabriqués en usine, transportés sur site et assemblés à l'aide de grues. Cette méthode permettait théoriquement de réduire le temps de construction d'un immeuble de douze étages à environ six mois, contre deux à trois ans pour des méthodes traditionnelles. Les premiers chantiers pilotes ont été lancés en mars 2015 dans la périphérie d'Anslav avec la construction simultanée de 15 barres de huit étages chacune. Ces bâtiments pilotes, destinés à tester la méthodologie et à former les équipes de construction, comprenaient chacun 64 appartements d'une superficie variant de 35 à 58 m² avec cuisine intégrée et système de chauffage collectif au charbon. L'industrialisation de la production de panneaux préfabriqués a nécessité la construction de trois usines spécialisées entre 2014 et 2015, implantées stratégiquement autour d'Anslav, Oklanoc et Chernomach. Ces installations, d'une capacité de production théorique de 180 000 m² de panneaux par an chacune, ont représenté un lourd investissement pour le gouvernement, permettant d'accélérer considérablement le rythme de construction et pour preuve, en fin 2015, 87 barres Laurenzhaus avaient étés achevées à travers le pays, principalement à Anslav. Ces 87 immeubles représentaient environ 6200 logements soit une capacité d'accueil théorique de 18 600 personnes en respectant les normes minimales établies. L'investissement total pour ces constructions s'est élevé à environ 780 millions d'unitas, soit 12 600 unitas par logement créé, nettement supérieure au coût de transformation du parc existant mais justifié par la création de logements neufs et théoriquement durables.

A la fin de l'année 2015, le bilan quantitatif apparaissait encourageant avec la création d'environ 8300 nouveaux logements, ce qui a permis de loger environ 25 000 personnes. Cependant, dès cette première phase, plusieurs problèmes structurels sont apparus. Le système d'attribution des logements, censé être basé uniquement sur le mérite et le besoin, montrait déjà des signes de politisation. Les commissions d'attribution, composées de membres du PET et de représentants des comités locaux, disposaient d'une marge d'interprétation considérable dans l'évaluation des critères de mérité, notamment en ce qui concernait la définition de ce qu'était pour eux un travailleur productif ou un un ancien résistant avéré. Par ailleurs, les premiers retours des habitants des Laurenzhaus faisaient état de problèmes de qualité significatifs. L'isolation phonique entre appartements s'avérait quasi-inexistante, provoquant des tensions entre voisins. Les systèmes de chauffage collectif, sous-dimensionnés pour réaliser des économies, peinaient à maintenir une température acceptable durant l'hiver, notamment dans les étages supérieurs. Des infiltrations d'eau apparaissaient déjà dans certains bâtiments achevés au printemps 2015, suggérant des défauts dans l'assemblage des panneaux préfabriqués ou dans l'étanchéité des toitures. Ces problèmes, initialement minimisés par les autorités comme des défauts de jeunesse du système, allaient s'aggraver au fil des années suivantes.

Apogée et premières fissures (2016-2017) :

L'année 2016 a marqué le point culminant de la politique de construction en DCT avec une mobilisation sans précédent des ressources humaines, matérielles et financières de notre pays. Le budget de la CGBR a été porté à 6,8 milliards d'unitas, les trois usines de panneaux préfabriqués tournaient à plein régime avec un taux d'utilisation de la capacité atteignant 92% tandis que deux nouvelles usines, de capacité légèrement supérieure étaient entrés en service à Ankov et Lorenzigrad en mars et juin 2016. L'effectif de la CGBR avait été porté à 68 000 personnes grâce au recrutement massif de jeunes sortant du système éducatif et de chômeurs reconvertis. On peut également noter la présence de 4200 ouvriers estaliens, logés dans des baraquements provisoires sur les grands chantiers et bénéficiant de conditions salariales légèrement supérieures à leurs homologues translaves, créant les premières tensions au sein du corps de travailleurs. Durant l'année 2016, pas moins de 387 nouvelles barres Laurenzhaus ont été achevées, principalement à Anslav et Oklanov. Cette production massive représentait environ 28 000 nouveaux logements sur une seule année, soit plus du triple de la production de 2015. En incluant les logements issus de la transformation du parc existant qui se poursuivait à un rythme ralenti avec environ 600 unités supplémentaires, l'année 2016 a vu la création totale de 28 600 logements. A la fin de l'année, les statistiques officielles annonçaient fièrement que 70% de la population translave vivait dans des conditions désormais conformes aux standards établis tandis que le taux de sans-abris dans le pays a chuté à 3,1% de la population. Les villes translaves se sont radicalement transformées avec l'apparition de vastes quartiers périphériques constitués exclusivement de barres d'immeubles alignées de manière géométrique, desservies par des routes souvent encore en terre battue et des lignes de bus prolongées à la hâte.

Cependant, cette production frénétique s'est accompagnée d'une dégradation préoccupante de la qualité de construction. La pression pour atteindre et dépasser les quotas de production, caractéristique de tout système planifié, a conduit à de nombreux compromis et raccourcis. Les chefs de chantier, évalués principalement sur le nombre de logements livrés plutôt que sur leur qualité, fermaient les yeux sur des malfaçons évidentes. Les contrôles qualité, théoriquement assurés par des inspecteurs de la CGBR, étaient souvent superficiels ou complaisants. Dès l'hiver 2016-2017, de nombreux Laurenzhaus construits dans l'urgence montraient des signes de dégradation alarmants. Dans certains immeubles des quartiers sud d'Anslav, certains immeubles construits en avril 2016 ont présentés dès le mois de décembre des fissures structurelles dans les cages d'escalier, nécessitant une évacuation temporaire et des travaux de consolidation représentant 30% du coût initial de construction des immeubles. Les problèmes d'isolation, déjà connus et identifiés en 2015, se sont généralisés. La norme initiale prévoyait une épaisseur de huit centimètres de matériau isolant entre les panneaux mais face aux pénuries pour respecter les délais, de nombreux chantiers ont utilisés des épaisseurs plus réduites, à peine quatre à cinq centimètres et parfois même pire en se contentant de simples joints de mortier. Les factures de chauffage collectif ont explosés, grevant les budgets des villes responsables de la gestion de ces immeubles. Plus grave encore, les systèmes de plomberie, souvent installés à la hâte par des ouvriers peu formés ont commencés à montrer des défaillances massives. A Oklanov, par exemple, tout un quartier de la ville remplie de barres Laurenzhaus construit au cours de l'année 2016 a connu durant l'hiver 2016-2017 des ruptures répétées de canalisations dues au gel, privant des milliers de résidents d'eau courante pendant plusieurs semaines. Ces incidents, impossibles à dissimuler, alimentaient le mécontentement croissant de la population et entame la confiance dans le projet socialiste du logement. Par ailleurs, l'approvisionnement en matériaux devenait problématique. La production du ciment, indispensable à la fabrication des panneaux préfabriqués, peine à suivre le rythme de construction. Les trois cimenteries du pays, datant pour deux d'entre elles du régime scientiste et modernisées sommairement, fonctionnaient à leur capacité maximale mais cela restait globalement insuffisant. La DCT devait importer environ 25% de ses besoins en ciment, principalement depuis l'Estalie, créant une dépendance stratégique et une pression sur la balance commerciale. Le coût d'importation du ciment, fluctuant selon les capacités d'exportation estaliennes, contribuait à l'inflation des coûts de production. Alors qu'en 2015, on estimait le coût moyen d'un Laurenzhaus à 12 600 unitas par logement, le prix atteignait 14 100 unitas en 2016 et continua d'augmenter. L'acier de renforcement, le bois, les équipements sanitaires et le matériel électrique subissaient également des tensions d'approvisionnement, ce qui a conduit à des substitutions de qualité inférieure ou à des retards de chantier.

Et si les aspects techniques et matériels de la politique du logement montraient déjà des faiblesses préoccupantes, c'est sur le plan de l'attribution que les déviations par rapport aux principes énoncés en 2014 sont devenus flagrants. Le système d'évaluation du mérité et du besoin, confié à des commissions locales, s'est progressivement transformé en instrument de contrôle politique et de favoritisme. L'appartenance au Parti eurycommuniste, officiellement non requise, devenait dans les faits un critère quasi-obligatoire pour accéder à de meilleurs logements. Les anciens résistants au régime scientiste, catégorie censée être prioritaire, étaient systématiquement soumis à des enquêtes de vérification de plus en plus politisées. Seuls ceux dont la résistance s'était manifestée par une adhésion précoce au PET voyaient leur statut reconnu rapidement tandis que d'autres, aux engagements politiques divergents de la ligne eurycommuniste officielle, se voyaient relégués dans les listes d'attente générales. Le critère de productivité particulière a donné lieu à des interprétations très variables. Dans certaines entreprises d'Etat, les directeurs utilisaient la promesse d'un logement dans les Laurenzhaus comme un outil de contrôle sur les travailleurs afin de récompenser la loyauté politique ou la performance productive. Des cas documentés montrent que des ouvriers dépassant systématiquement leurs quotas mais qui critiquaient ouvertement le PET se voyaient quand même refuser l'accès au logement prioritaire tandis que des cadres du Parti moyennement productifs en bénéficiaient plus rapidement. Le système a généré une corruption diffuse et omniprésente. Des membres de commissions d'attribution ont acceptés des cadeaux en nature, des services ou des promesses d'avantages futurs en échange d'un avancement dans les listes. A Letwa, une enquête interne du PET en 2017 a révélé que sur les 23 membres de la commission d'attribution de la ville, 17 ont favorisés l'attribution de logements à des proches ou à des personnes leur ayant offert des avantages, conduisant à leur remplacement mais sans que le système lui-même ne soit fondamentalement réformé. Cette dérive était particulièrement visible dans la hiérarchie implicite qui s'établissait entre les différents logements. Les appartements issus de la transformation des hôtels particuliers, situés dans le centre-ville en général et offrant souvent des superficies supérieures et des finitions de bien meilleure qualité, étaient exclusivement attribués à des cadres du Parti, des intellectuels loyalistes du régime, etc. Les Laurenzhaus récents et bien situés, proches des centres urbains et des services de transports publics allaient prioritairement aux familles de fonctionnaires, aux cadres d'entreprises d'Etat ou à des travailleurs méritants dont la loyauté politique au PET était assez évidente. Les barres les plus éloignées, dont la construction était souvent plus hâtive et la qualité fortement médiocre, étaient réservées aux catégories les moins favorisées politiquement : familles nombreuses sans affiliation partisane claire, anciens sympathisants du régime scientiste, populations rurales relogées, individus membres de partis de l'opposition, etc. Cette ségrégation spatiale et sociale a créé une géographie urbaine stratifiée où le type et la localisation du logement signalaient un statut politique et social pour ses occupants.

L'année 2017 a marqué un tournant avec un ralentissement brutal du rythme de construction. Seulement 214 nouvelles barres Laurenzhaus ont été achevées, contre 387 l'année précédente, soit 15 500 logements créés. Cette baisse d'environ 45% de la production s'explique surtout par une convergence de facteurs économiques et organisationnels car le budget de la CGBR, bien qu'il ait été maintenu nominalement à 6,5 milliards d'unitas, a subi de plein fouet l'inflation des coûts de construction et la dépréciation de la monnaie translave face aux devises étrangères comme l'unitas estalien, nécessaire aux importations. Le coût moyen d'un logement Laurenzhaus atteint en 2017 15 800 unitas, soit une augmentation de 25% par rapport à 2015. Les importations de ciment, d'acier et d'équipements de constructions continuent de représenter une charge croissante sur la balance commerciale de la DCT dont les exportations stagnent face à la concurrence internationale et aux limites de la productivité de notre économie planifiée. La pénurie de main d'oeuvre qualifiée devient également problématique car si la CGBR emploie toujours plus de 70 000 personnes en 2017, le turnover est élevé (18% par an) et la qualification moyenne décline. Les ouvriers les plus compétents cherchent à quitter le secteur de la construction pour des emplois moins physiquement exigeants et mieux rémunérés dans d'autres branches de l'économie, voire basculent complètement sur le modèle de rémunération des coopératives estaliennes établies en DCT. Les salaires du bâtiment, bien que supérieurs au salaire moyen translave, ne suffisent plus à compenser la pénibilité du travail et les conditions souvent difficiles sur les chantiers. Le départ progressif des ouvriers estaliens , dont les contrats arrivaient à échéance et n'étaient pas systématiquement renouvelés pour des raisons budgétaires, et la disparition complète des ouvriers loduariens à partir de 2016 privait les chantiers d'une expertise précieuse. La formation accélérée des nouvelles recrues, censée compenser ces départs, s'avérait insuffisante avec des cycles de formation réduits de douze à six mois pour accélérer le déploiement, au détriment évident de la qualité. Sur le plan organisationnel, la CGBR montre des signes classiques de sclérose bureaucratique : la structure centralisée, conçue pour rationaliser et accélérer la production génère désormais des lourdeurs administratives considérables, chaque décision doit remonter une chaîne hiérarchique complexe avant d'être validée ; les directeurs régionaux sont en compétition pour les ressources allouées par le directoire centrale et développent donc des stratégies de rétention d'information et de manipulation des statistiques pour paraître plus performants ; les rapports de production sont systématiquement embellis et les problèmes sont minimisés ; les stocks de matériaux s'accumulent dans certaines régions tandis que d'autres connaissent des pénuries et la planification centralisée peine à ajuster les flux en temps réel ; enfin, la corruption s'enracine à tous les niveaux de l'organisation avec des détournements de matériaux qui sont revendus sur le marché noir, des surfacturations de prestations ainsi que des arrangements entre responsables de chantiers et les fournisseurs, parfois étrangers et échappant complètement à notre juridiction.

Stagnation et désillusion (2017-2018) :

L'année 2018 a confirmé et accentué jusqu'ici les tendances observées en 2017, marquant l'entrée dans une phase de stagnation relative de la politique du logement. Le nombre de barres Laurenzhaus achevés est tombée à 142, soit environ 10 200 nouveaux logements. Le budget de la CGBR, comprimé à 5,8 milliards d'unitas en termes nominaux (soit environ 4,9 milliards en termes réels compte tenu de l'inflation cumulée), reflétait les arbitrages budgétaires du gouvernement confronté à des besoins concurrents dans d'autres secteurs. Le coût unitaire continue sa progression à ce jour, atteignant aujourd'hui 17 200 unitas en moyenne pour un logement dans un Laurenzhaus, rendant chaque logement créé proportionnellement plus coûteux pour un budget de plus en plus en contraction. La construction s'est concentrée géographiquement sur les zones où les besoins restaient les plus criants et où les infrastructures existants permettaient une intégration relativement aisée, principalement Anslav et Oklanov là où des villes plus secondaires comme Letwa, Ankov ou Chernomach sont de plus en plus délaissées, le pire étant Lorenzigrad qui n'a vu que 9 barres achevées en 2018, contre 19 en 2016, ce qui reflète de manière flagrante nos contraintes budgétaires car cette concentration géographique finit par créer des disparités territoriales croissantes avec des régions périphériques de plus en plus profondément enfoncés dans la crise du logement là où les plus grandes agglomérations connaissent un relatif soulagement sur la question.

En 2018, le parc de Laurenzhaus construit depuis 2015 compte environ 850 barres pour 60 000 logements, en ajoutant les 2700 logements issus de la transformation du parc ancien. Ce parc vieillissant prématurément pose des défis de maintenance considérable. Les immeubles construits en 2015-2016, pourtant âgés de seulement deux ou trois ans, montrent déjà des signes de dégradation qui ne se montrent normalement qu'après une décennie dans la moyenne mondiale. Les infiltrations d'eau se généralisent, notamment dans les toitures plates caractéristiques du design Laurenzhaus, mal adaptés au climat d'Eurysie de l'Est où les alternances gel-dégel fragilisent l'étanchéité. Dans plusieurs quartiers d'Anslav et Oklanov, les façades en panneaux de béton préfabriqués commenc à montrer des signes d'effritement, les joints entre les panneaux se dégradent sous l'effet des variations thermiques. Les systèmes de chauffage collectif, déjà problématiques, deviennent un véritable cauchemar de gestion pour les villes. Conçus pour fonctionner au charbon, minerai abondant en DCT, ils sont d'une efficacité médiocre et génère une pollution atmosphérique considérable dans les quartiers périurbains durant l'hiver. Les chaudières collectives, souvent sous-dimensionnées dès l'origine pour réaliser des économies, tombent fréquemment en panne, ce qui laisse des immeubles entiers sans chauffage pendant plusieurs jours en plein hiver. Le coût de maintenance et de fonctionnement de ces systèmes, initialement sous-estimé, représente une charge budgétaire croissante pour les villes qui sont contraintes de subventionner les coûts de chauffage pour éviter une explosion des charges locatives qui serait politiquement inacceptable. A Chernomach, la ville a dû débloquer en urgence 2,3 millions d'unitas en janvier 2018 pour remplacer six chaudières collectives tombées en panne simultanément, privant 1800 personnes de chauffage durant l'hiver. La gestion quotidienne des immeubles Laurenzhaus révèle l'inadéquation entre le modèle architectural importé de Loduarie et les réalités sur le terrain translave. Les espaces communs, censés favoriser la vie collective socialiste, sont souvent délabrés, squattés et vandalisés. Les cages d'escalier, rarement nettoyées faute de personnel de maintenance suffisant, sont devenus insalubres. Les ascenseurs, présents uniquement dans les barres de plus de cinq étages et de qualité de toute façon médiocre, tombent régulièrement en panne, isolant les résidents dans les étages supérieurs, notamment les personnes âgées et les familles avec de jeunes enfants. La densité de population dans ces quartiers est également supérieure à la moyenne dans des quartiers plus traditionnels, ce qui génère des nuisances sonores permanentes et des conflits de voisinages constants. Les espaces verts initialement prévus dans les plans d'urbanisme ne sont souvent jamais réalisés et sont remplacés par des parkings sauvages en terre battue ou des terrains vagues servant de dépotoirs informels.

Il est devenu évident que la CGBR ne redeviendra jamais la structure temporaire envisagée en 2014, l'objectif initial de retransférer progressivement le secteur à des coopératives autogérées, une fois la crise du logement surmontée, a été discrètement abandonné. La CGBR employait désormais 74 000 personnes mais seulement 48 000 étaient directement affectées à la production, le reste constituant une bureaucratie administrative pléthorique. Le ratio administratifs/productifs, de 1 pour 12 en 2015 est passé de 1 à 1,8 en 2018, ce qui illustre la dérive bureaucratique de cette structure étatique socialiste. Cette inflation administrative s'explique par plusieurs facteurs convergents. D'abord, la complexité croissante de la gestion d'un parc immobilier en expansion nécessite effectivement davantage de personnel de gestion. Ensuite, la CGBR est devenue un outil de placement pour les protégés politiques, les enfants de cadres du Parti et les personnes qu'il fallait récompenser ou neutraliser en leur offrant des postes administratifs peu exigeants. La structure dirigeante de la CGBR s'est stratifiée en de multiples échelons hiérarchiques, chacun disposant de prérogatives jalousement défendues. Le directoire central, initialement composé de sept membres, en compte désormais quinze, chacun responsable d'un département spécialisé : production de panneaux, logistique des chantiers, gestion du personnel, affaires financières, relations avec les fournisseurs étrangers, maintenance du parc existant, recherche et développement, contrôle qualité, attribution des logements, relations avec le Parti eurycommuniste, communication, affaires juridiques, approvisionnement en matériaux, gestion des équipements, planification stratégique, etc. Chaque département dispose de son propre appareil administratif et de locaux dans l'imposant siège de la CGBR à Anslav et rivalise avec les autres pour obtenir des ressources budgétaires supplémentaires. Les réunions de coordination entre départements, censées assurer la fluidité de l'organisation, se multiplient sans pour autant améliorer l'efficacité opérationnelle, chacun défendant son pré carré et ses intérêts bureaucratiques. Au niveau régional, les cinq directions principales se sont dotées d'une structure mimant celle du niveau central en créant une duplication des fonctions et des conflits de compétence permanents. Le directeur régional d'Oklanov, par exemple, dispose de treize départements régionaux qui emploient à eux seuls 340 personnes pour superviser une production qui n'était plus que de 32 barres en 2018. La logique bureaucratique a progressivement supplanté la logique productive. Les indicateurs de performance se sont multipliés et complexifiés en créant un système où les acteurs de terrain passent davantage de temps à remplir des formulaires et à produire des rapports qu'à effectivement construire. Un chef de chantier doit désormais remplir quotidiennement sept documents différents pour rendre compte à trois niveaux hiérarchiques distincts et participer à au moins deux réunions hebdomadaires de coordination. Cette bureaucratisation généralisée a étouffé toute initiative pour créer une culture organisationnelle conformiste et procédurale qui prime largement sur l'efficacité concrète. La corruption, loin d'avoir été éliminée, s'est au contraire institutionnalisée et sophistiquée. Elle opère désormais selon des codes implicites mais bien compris dans le monde du bâtiment. Les directeurs de chantier détournent systématiquement une partie des matériaux pour les revendre sur le marché ou les utiliser pour des constructions privées illégales. Les responsables d'approvisionnement gonflent artificiellement les commandes pour empocher la différence avec des fournisseurs toujours plus complices. Les membres des commissions d'attribution monnayent leur influence afin de développer un véritable tarif informel selon la qualité et la localisation du logement sollicité. Le pire, c'est que cette corruption n'est pas le fait que quelques brebis galeuses mais elle s'est véritablement généralisée au point de devenir un système de prédation des ressources publiques à lui seul, toléré tant que cela reste discret et que cela ne met pas en péril le système en entier. Les enquêtes internes, lorsqu'elles ont lieu en tout cas, aboutissent rarement à des sanctions réelles, les coupables sont souvent mutés vers d'autres postes ou simplement sermonnés, étant donné que leurs réseaux de protection politique les immunisent contre de véritables poursuites judiciaires la plupart du temps.

La géographique urbaine translave reflète également assez clairement la hiérarchie politique et sociale du pays, contredisant complètement l'idéal égalitaire de la DCT. Trois catégories de zones résidentielles se sont mises en place par la force des choses : les centre-villes historiques où les hôtels particuliers transformés et quelques Laurenzhaus de première génération bien situés forment une zone privilégiée habitée par la nomenclature du PET, les cadres supérieurs de l'administration, les intellectuels eurycommunistes ou les artistes officiels, des quartiers qui conservent en somme une certaine qualité architecturale et bénéficiant d'un entretien prioritaire et d'un approvisionnement commercial relativement correct avec une densité modérée et des espaces publics relativement préservés ; les premières couronnes périurbaines développées entre 2015 et 2016 qui constituent une zone intermédiaire où réside ce qu'on pourrait appeler la classe moyenne socialiste (cadres moyens, techniciens qualifiés, employés administratifs, enseignants, ouvreirs qualifiés dans les secteurs stratégiques), habitant dans des Laurenzhaus de qualité légèrement meilleure que al moyenne, des infrastructures de transport et commerciales relativement dévelopées et une certaine mixité sociale et bien que ces quartiers ne soient guère privilégiés, ils offrent des conditions de vie acceptables et constituent l'exemple que la propagande met en avant pour illustrer les succès de sa politique du logement ; enfin, les périphéries lointaines, développées depuis 2016, qui forment de véritables ghettos de la pauvreté relative où s'entassent les catégories les moins favorisées (familles nombreuses apolitiques, populations rurales déplacées, anciens sympathisants du régime scientiste, minorités ethniques, membres de l'opposition libertaire ou social-démocrate) et plus généralement tous ceux qui ne peuvent faire valoir ni mérite politique ni relations protectrices, avec des Laurenzhaus de mauvaise qualité, construits à la hâte avec des matériaux médiocres, isolés géographiquement, manquant cruellement d'infrastructures, surpeuplés et rassemblant en forte densité des populations en difficulté ce qui créait inévitablement un climat de tension social grandissant, ces quartiers sont des zones de relégation où le contrôle social s'exerce davantage par la répression policière que par l'adhésion volontaire au projet socialiste. Cette ségrégation spatiale s'autorenforce par un mécanisme pernicieux car les familles qui parviennent à améliorer leur situation politique ou sociale cherchent immédiatement à quitter les quartiers périphériques pour se rapprocher du centre, créant un turnover important dans ces zones et empêchant la constitution d'un tissu communautaire stable. A l'inverse, les attributions de logement dans ces quartiers sont vécues comme des sanctions ou des relégations, renforçant leur stigmatisation. Les enfants de ces quartiers fréquent des écoles surpeuplées et sous-équipées, ce qui limite leurs chances de mobilité sociale future. Le système, censé garantir l'égalité d'accès au logement, reproduit et renforce les inégalités sociales et politiques, créant de fait une géographie stratifiée tout aussi rigide que celle de la société capitaliste que nous sommes censés combattre.
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