5. Ressources énergétiques et minièresSon étendue, son exceptionnelle richesse géologique, sa variété de pédoclimats confèrent à l’Azur de grandes ressources minières et énergétiques. Hydrocarbures, pierres de toutes factures, minéraux nécessaires à l’industrie, argiles, roches et sables abondent en Azur. Du fait de sa position exceptionnelle au rang des producteurs mondiaux de ressources primaires, issues de la matrice terrestre, l’Azur dispose de longue date d’un ministère des Mines, dont l’expertise en audit minier, prospection et organisation des filières fait la renommée du secteur azuréen de l’extraction minière. Ici sont donc présentées les principales productions azuréennes, et leur potentiel de développement, plus ou moins important d’ailleurs, étant donné l’ancienneté de la plupart des mines.

Carte minière de l'Azur, éditée par PETRAZUR.5.1. CharbonEn matière de charbon, l’Azur est un pays faiblement à modérément doté, ses réserves s’élevant en 2014 à un peu moins de six cents millions de tonnes d’après une estimation plus récente du ministère des Mines. Energie de la Révolution industrielle, son exploitation n’a véritablement commencé en Azur qu’en 1863, date de l’ouverture des premières mines au Mirobansar, à l’époque destinée exclusivement à l’approvisionnement en combustible du port d’Anaxandre. Elle est restée relativement modeste et a très tôt cédé le pas au pétrole dans la production d’énergie – les imports de charbon, en provenance de Banairah et du Mandrarika, sont eux restés relativement importants jusqu’en 1980. Aujourd’hui, l’essentiel des gisements de charbon se concentrent dans la province des Cyrisiades, en particulier dans la région de Bandiagara, où les roches du Carbonifère recèlent du précieux gisement, notamment de bauxite de bonne qualité. Les mines de charbon qui s’y trouvent alimentent essentiellement un marché d’exportation en direction des pays moins développés de l’Afarée. Par ailleurs, la bauxite de Bandiagara est également connue pour sa teneur remarquable en alumine ; l’extraction de l’alumine alimente la filière de production de l’aluminium, qui est un atout important de l’économie azuréenne.
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Exploitation de la bauxite dans le Mirobansar.5.2. PétroleLes hydrocarbures sont le secteur émergent de l’économie azuréenne. De part sa géologie complexe, le pays en compte un grand nombre de gisements de différentes profondeurs et qualité, inégalement répartis sur le territoire, et appelant une grande variété de procédés d’extraction, allant du simple forage de puits conventionnels à des procédés plus agressifs, comme par fractionnement de la roche-mère, pour l’extraction du gaz dit « de schiste. »
Les gisements de pétrole conventionnel sont assez modestes en Azur, si on les compare à ce qu’ils peuvent être à Rasken ou dans d’autres puissances pétrolières connues ; ils ne dépasseraient pas quarante milliards de barils de pétrole au total, et la moitié seulement serait facilement extractible, d’après un rapport des Mines de 2013. La majorité du pétrole conventionnel d’Azur provient des puits d’Asarbeylik (sites de Karahisar et Aykhanbashi), qui en extrait soixante cinq pour cent de la production nationale ; le reste est extrait dans le sud du pays, dans les champs pétroliers tropicaux du Mirobansar, et dans la résurgence naturelle d’al-Ayn, aujourd’hui quasiment tarie. L’exploitation du pétrole en Azur remonte à la fin du XIXème siècle, lorsque le premier puits fut ouvert dans la plaine d’al-Ayn en 1892, alors que le Califat constitutionnel organisait sa transformation industrielle et économique à marche forcée. Le monopole d’Etat sur l’exploitation du pétrole s’est conservé après l’installation de la dictature en 1911, ainsi qu’après 1922 ; l’Etat azuréen considérait la ressource comme un trésor national, en interdisant l’exportation jusqu’en 1985, date à laquelle le pays a ouvert sa production nationale à la demande mondiale.

Forages de pétrole en Asarbeylik.Aujourd’hui, la production journalière de l’Azur varie entre deux cent mille et quatre cent mille barils (autour de cent dix millions annuels). D’après une déclaration du ministre en 2010, elle pourrait monter à presque sept cent mille barils journaliers (deux cent cinquante-cinq millions par an) à l’issue des forages par fracturation réalisés dans la veine schisteuse du Rud al-Khelba, en Syrane septentrionale, où abonde un pétrole de roche-mère profond et plus cher à extraire. Ce projet fait partie des plans d’expansion énergétique de la compagnie nationale PETRAZUR, et notamment du Plan National de Développement Stratégique de 2015, qui ambitionne de multiplier les capacités de production énergétique de l’Azur à l’horizon 2025. Ces considérations sont néanmoins tempérées par les dires d’experts ; le pétrole azuréen est en effet situé très en profondeur dans le continent ; pour son exportation, il faut l’acheminer aux terminaux pétroliers situés sur la côte, d’où ils peuvent seulement être expédiés par bateau-citerne dans les pays importateurs. Ce transit jusqu’aux débouchés maritime occasionne d’importants frais de transports, que les projets d’oléoducs présentés à ce jour ne permette que partiellement de contourner.
5.3. Gaz naturelLe gaz naturel ou gaz de roche est « la plus grande richesse de l’Azur », d’après l’un de ses anciens Premiers ministres ; cette déclaration, qui n’engage que son auteur, est éloquente sur les considérations économiques, politiques et stratégiques qui entourent cette ressource.
L’exploitation du gaz fraye avec celle du pétrole, en tous cas dans les sites où une nappe de gaz se trouve associée à un gisement de pétrole, ce qui est le cas à Karahisar et dans d’autres sites de l’Asarbeylik ; cette région, où la production de gaz a démarré dès les années quatre-vingt, est toujours l’un des « points chauds » de la production du gaz naturel. En plus du gaz facilement exploitable, se trouvent en Azur d’importantes réserves situées dans des nappes schisteuses profondes ; de ce type de gisement, le Rud al-Khelba est le plus manifeste ; il serait l’un des plus grands gisements continus de gaz naturel sur la Terre. L’exploitation par des forages profonds et incidemment l’usage de techniques de fracturation de la roche-mère date des années quatre-vingt-dix, mais on assiste à un véritable décollage de la production et à la multiplication des forages depuis 2010, accompagnant la montée en flèche de la demande en gaz domestique pour la production électrique dans les métropoles, ainsi qu’à l’étranger. Plusieurs audits et prospections ont émaillées les dernières années, suscitant l’intérêt non seulement des milieux économiques, mais encore de toute la population ; aujourd’hui, les réserves s’établissent entre 10'000 et 20'000 milliards de mètres cubes, pour une production annuelle qui s’élevait à cinquante-cinq milliards de mètres cubes en 2012. PETRAZUR s’est lancé dans un programme important d’accroissement de ses capacités de production et d’expédition du gaz vers les marchés émergents, et souhaite notamment relier les champs gaziers de l’Asarbeylik, qui concentrent les trois quarts de la production azuréenne de gaz, aux terminaux gaziers de Darija au Farisistan, là encore dans le but de faciliter l’accès de la production nationale à la demande mondiale. A condition que le marché suive, ce serait un formidable potentiel de croissance économique pour l’Azur, d’où l’extrême enthousiasme de la classe politique et économique du pays pour ce projet. En 2015, un Plan National de Développement Stratégique du Secteur Gazier (PNDSSG) a été proposé ; il prévoit d'atteindre une production nationale gazière de 150 milliards de mètres cubes par an d'ici à 2025.

Terminal gazier de Karahisar, plaque tournante de la production gazière azuréenne.5.4. UraniumL’uranium, élément radioactif essentiel à la production électrique dans les centrales nucléaires comme à l’élaboration de l’arme atomique, est présent en quantités résiduelles dans le sous-sol de l’Azur. Il n’a jamais été exploité, et l’étude de faisabilité de l’installation d’une filière nucléaire en Azur n’a été commandée qu’en 2011 ; on attend encore ses conclusions définitives, mais elles ne semblent pas devoir faire état de réserves substantielles ; l’exploitation de l’uranium est un procédé extrêmement délicat, coûteux en énergie ; en l’état actuel des technologies et des moyens de l’Azur, cette ressource ne semble pas devoir être une possible réserve de croissance. Le programme nucléaire azuréen est cependant un serpent de mer souvent évoqué par les parlementaires ; il consisterait à installer en Azur des réacteurs civils expérimentaux, prélude à la construction de véritables centrales nucléaires pour assurer la production électrique ; il débouchera peut-être, dans l’avenir, à l’importation d’uranium en Azur.
5.5. MétauxFer, cuivre, nickel, cobalt sont des productions bien identifiées en Azur ; les roches mafiques à ultramafiques du Djebel Adlr, caractéristiques de matériaux archéens et précambriens transformés par l’activité d’un point chaud et la tectonique des plaques, abondent en filons de toute sorte, expliquant l’importante concentration des sites miniers dans cette région faiblement peuplée à cheval entre les provinces d’Asarbeylik et de Syrane. Cette région couvre actuellement les quatre-cinquième de la production nationale en nickel et en zinc, le reste provenant du filon plutonique de la région de Sijilmassa. Plus au sud, la Syrane occidentale est dotée d’importantes ressources de cobalt. Enfin, l’essentiel de la production de fer est assuré par le complexe extractif de Sutari au Mirobansar, exploité de longue date. Au global, l’Azur est une nation relativement bien positionnée sur l’exploitation des différents métaux, bien qu’il reste un exportateur relativement modeste pour l’essentiel de ces éléments, sauf le nickel où l’Azur se hisse dans les premiers rangs de la production mondiale. Néanmoins, le potentiel de développement pour le secteur des métaux semble relativement limité ; la production y est ancienne, et l’excavation de la plupart des filons existants permet aujourd’hui de toucher aux limites des quantités extractibles sur le sol de l’Azur.

Mine de cobalt en Syrane occidentale ; le modèle artisanal est encore très présent.5.6. SoufreL’essor actuel du gaz naturel, en tant que « première richesse » de l’Azur, fait souvent oublier l’importance qu’a joué le soufre dans son activité industrielle et commerciale. En se référant à la section géologie de cet atlas, on apprendra que l’Azur était couvert, entre le Carbonifère et le Jurassique, d’un paléo-océan puis d’un ensemble de mers peu profondes (« Thalassafaria »), qui, en disparaissant suite aux mouvements des plaques tectoniques, laissèrent sur tout le centre du Plateau une couche uniforme et importante de roches évaporitiques, et notamment d’anhydrite de sodium, dont la teneur en soufre captif est importante ; de ce fait, l’Azur dispose sans doute aujourd’hui des plus grandes réserves de soufre au monde.
Traditionnellement exploité pour la production de poudre à canon et d’explosifs, cette ressource a attiré les convoitises de pays étrangers à la fin du XVIIIème siècle – la production pléthorique de soufre étant renommée jusqu’en Eurysie à cette époque. La production s’est naturellement poursuivie tout au long des XIXème et XXème siècles ; aujourd’hui encore, les faramineuses ressources en soufre de l’Azur alimentent des filières industrielles bien constituées ; intervenant non seulement dans la fabrication d’armements, mais aussi de latex, de détergents, de médicaments et de phytosanitaires, cet élément est constitutif d’une grande part de la croissance azuréenne. Il est essentiellement exploité dans les régions de l’ancien rift, c’est-à-dire dans les plaques salines (« Dashts ») des Cyrisiades et de Dariane, faisant la fortune d’anciennes oasis, dont la prospérité homérique est toujours d’actualité.

Mine de soufre dans les Cyrisiades, à proximité du volcan actif du Manshir.5.7. PhosphatesL’exploitation du phosphate a été longtemps un moteur de croissance et un levier du développement agricole et industriel en Azur. Les roches phosphatées de sites disséminés à travers la Syrane, mais surtout du site d’el-Karb proche de la frontière avec le Faravan, sont la source d’une production constante. Le phosphate est un engrais naturel pour les sols, et un élément essentiel à la croissance végétale. La demande mondiale en phosphates est en hausse constante, notamment en Eurysie ; c’est donc une filière rentable pour l’Azur, bien que les gisements qui s’y trouvent ne soient pas les plus importants qui existent dans le monde. Les rapports du ministère des Mines indiquent que des réserves considérables se trouvent en revanche dans le Grand Désert de l’Ouest, le Sahra.
5.8. Or et argentLes métaux précieux sont exploités en Azur depuis la haute Antiquité. Les mines d’or du Haut Hadraousha, en Dariane, sont réputées depuis l’ère perse ; elles fournirent un temps l’essentiel de l’or utilisé dans l’empire Archermécide. Si elles sont aujourd’hui épuisées, l’Azur dispose toujours de filons en activité, régis essentiellement par le monopole étatique, et dont les chiffres de la production sont difficiles à obtenir. Les mines d’argent azuréennes sont également réputées, notamment celles des Cyrisiades, bien que la plupart aient été fermées depuis l’abandon de la monnaie métallique pour la monnaie fiduciaire et numérique ; depuis lors, il n’est plus nécessaire de littéralement « frapper monnaie » en Azur.
5.9. Pierres précieuses et semi-précieusesL’Azur est célèbre pour sa production de pierres précieuses mais surtout semi-précieuses, notamment le lapis-lazuli, pierre d’un bleu intense, extraite dans la région de Seylimsaray depuis l’Antiquité, et qui a fait la renommée de l’Azur aux temps anciens. A côté du lapis-lazuli sont également produits l’azurite, un temps confondu avec le premier et donnant par intercession son nom à l’Azur, et l’agate, l’obsidienne, le turquoise, les béryls. Ces pierres remarquables suscitaient toute sorte de spéculations alchimiques et mystiques à l’époque préislamique ; leurs couleurs, leurs formes, leur originalité conféraient à leurs propriétaires un statut symbolique et moral bien supérieur à ce que l’entendement rationnel peut comprendre. Bien que la terre d’Azur ai souvent été maintes fois retournées pour les trouver, elle renferme en encore d’importantes occlusions. Exploitées à proximité des cités, elles furent plus échangées que le diamant, le saphir et les rubis, dont les filons se trouvent plus souvent dans des régions dépeuplées et arides, et dont l’exploitation n’a en réalité jamais été vraiment profitable en Azur.

Roche de lapis-lazuli, extraite des filons antiques de Seylimsaray.