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Atlas de l'Azur [Géographie & Histoire]

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Taille IRL de l'AzurHRP : la taille réelle du territoire azuréen
azur vs europe

Atlas géographique de l'Azur


I - Géographie physique
1. Présentation générale
2. Climat
3. Hydrographie
3.1. Bassins endoréiques
3.2. Bassin du Mirobansar
3.3. Eléments hydrogéographiques sur les Barrages en Azur

4. Géologie
4.1. Précambrien
4.2. Ordovicien
4.3. Dévonien
4.4. Carbonifère et Permien
4.5. Trias
4.6. Jurassique et Crétacé
4.7. Eocène et Holocène

5. Ressources énergétiques et minières
6. Milieux naturels
6.1. Déserts
6.1.1. Grand Désert Occidental
6.1.2. Désert Intérieur
6.1.3. Désert de Syrane orientale


II - Géographie humaine
6. Aménagement du territoire

7. Démographie
8. Cultures, langues, ethnies


Atlas historique de l'Azur


I - Antiquité
1. Premiers peuplements (-100 000 à -5000)

2. Haute Antiquité (-5000 à -300)
3. Ere classique (-300 à 300)

II - Epoque médiévale
4. Epoque perse et pré-islamique (300 à 676)
5. L'Empire islamique (676 à 1100)
6. Le Beylicat Altaï (1100 à 1450)

III - Ere des Grands Altaïs
7. Le Sultanat d'Agatharchidès (1450 à 1800)
8. La Révolution de Safran (1800 à 1850)

IV - Ere industrielle
9. Le Califat réformateur (1850 à 1910)
10. La Restauration Jeune-Altaïe (1910 à 1922)
11. Période de la Dictature (1922 à 1977)
12. Nouvel ordre constitutionnel (1978 à nos jours)
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Atlas géographique de l'Azur



I - Géographie physique


1. Présentation générale


Au centre de la Corne de l’Afarée s’élève, entouré de massifs montagneux d’ancienneté diverse, le Plateau d’Azur. Son altitude moyenne dépasse les mille mètres, et il reçoit à peine davantage que quatre cents millimètres de pluie en moyenne ; il appartient au domaine aride. Ce fameux plateau se trouve entre les quinzième et trentième parallèles de l’hémisphère Sud et occupe une superficie d’un grand demi-million de kilomètres carrés. Il est le berceau d’une longue histoire naturelle et humaine, et est à peu près entièrement contrôlé par l’Etat actuel qui lui a donné son nom : l’Azur. De cet espace géographique on donnera ici une présentation générale.


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D’abord de ses frontières ; les limites naturelles de cet espace correspondent quasi-exactement à celles, politiques, du pays qu’elles renferment. Venant par l’Océan des Perles, dans lequel s’avance la Corne de l’Afarée, il faut aller au-delà des régions du Faravan, et des Stan de Fakir et Faris, en traçant son doigt vers la gauche de la carte ; laissez les Monts Zabrouz, qui se trouvent au Faravan ; traversez les Plaines Centrales, vaste espace de faible altitude qui est le berceau des Faravaniens ; arrivez à la pente des Monts Elgros, qu’en Azur on appelle Algorz ; c’est là la frontière occidentale de l’Azur. Cette muraille géologique est relativement jeune : autour de soixante millions d’années, elle s’est formée par collision de plaques tectoniques. Elle court du nord au sud jusqu’à la mer, dépasse les quatre mille mètres en plusieurs points, et culmine au Dazaran (alt. 4850 m) ; à l’est s’étend le Faravan, et à l’Ouest le pays d’Azur.

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Vallée de Syrane orientale, dans les contreforts de l'Algorz.

La frontière orientale est donc fixée par l’Algorz. Oblique, elle touche à son point nord la frontière occidentale en formant l’angle d’un triangle presque isocèle. Ce point se trouve en Asarbeylik, la province septentrionale de l’Azur, point de passage immémorial entre les deux chaînes de montagnes. Car de l’autre côté se trouvent les Monts du Tigre. Ceux-ci s’élancent du nord-est au sud-ouest et ses pentes séparent l’Azur du désert occidental, dont les planes étendues sablonneuses sont d’une aridité des plus extrêmes. Pour le reste, le massif du Tigre se trouve entièrement en Azur, essentiellement dans la bien-nommée province de Tigrane. Issues des mêmes convulsions géologiques que l’Algorz, les masses du Tigre en sont plus considérables encore ; en lieu d’une fine et rectiligne trajectoire, elles se répandent largement dans des directions multiples ; elles culminent très-haut, jusqu’au Mont Argad (alt. 6134 m) et ses dépendances, et hébergent de puissants glaciers, que le froid conserve éternellement au milieu du désert. Les vallées de Tigrane, érodées par les ruisseaux sauvages qui s’en échappent, sont le siège de la culture azuréenne traditionnelle.

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Le Mont Argad (alt. 6134 m) vu depuis la vallée de Chandar.

Reprenons le tracé des frontières en descendant le cours du Tigre vers le bas. Cheminons à présent jusqu’au bord gauche de la base du triangle, en laissant le doigt se promener vers l’extrémité de ces reliefs ; le Tigre se perd dans la province des Cyrisiades. Nous voyons donc les deux côtés du triangle azuréen bien identifiés par les arêtes de montagnes très-hautes ; il ne reste plus qu’à en tracer le troisième côté, parallèle au sud, qui sépare le Plateau des dépressions topographiques méridionales.

Dans ce triangle tient le Plateau d’Azur. Il faut encore lui rajouter la province de Mirobansar pour achever le tour des frontières du pays. Celle-ci occupe la plaine au sud-ouest, dans le vaste bassin du fleuve qui porte le même nom. Humide, copieusement arrosée de pluies tropicales, son sol d’une fertilité considérable est autant le vecteur d’une grande richesse agricole que de l’appétit des conquérants venus du désert ; l’Histoire explique pourquoi cet ultime élément, géographiquement distinct du Plateau, complète le puzzle de l’Azur.


Que le terme de « plateau » n’égare pas le lecteur inattentif ; l’intérieur des contours tracés précédemment ressemble à tout sauf à un espace plan. Il s’élève et s’affaisse sans cesse, accuse des reliefs importants, s’hérisse de barres rocheuses et se creuse de vallées, surtout dans sa partie occidentale, où se déploient les Monts du Tigre, le massif de Daria, les défilés des Cyrisiades. La partie orientale est certes moins accidentée ; l’altitude y est, à vue lointaine, plus régulière, bien qu’elle soit importante. Entre ces deux régions se trouvent des dépressions topographiques plus ou moins anciennes, bassins endoréiques propices à l’émergence d’oasis, dont la première est celle du Shediz.

Le Shediz accueille un lac, qui porte son nom, d’une superficie d’environ mille kilomètres carrés ; celui-ci, scintillant comme un mirage dans une région aride, est alimenté par les eaux des oueds descendant du Daria et du Tigre. Ces oueds, rivières temporaires, existent lorsque les fabuleuses masses de chaleur et d’humidité des régions tropicales remontent vers le nord, poussées par les vents maritimes, et éclatent en orages sur les façades montagneuses, générant des crues puissantes et dévastatrices. Des rivières souterraines, provenant de la calcaire région de Syrane orientale, alimentent également la résurgence de nappe phréatique qui se produit au Shediz. En tout, voilà comment existe ce lac miraculeux, aux abords duquel s’est élevée la civilisation azuréenne. Cette profusion d’eau douce ne doit cependant pas faire oublier qu’elle est une formation exceptionnelle, véritablement une oasis ; l’assèchement y est constant et intense. Selon les variations saisonnières, le niveau du lac peut passer du simple au demi, mettant les installations agricoles en péril.

D’autres oasis similaires au Shediz existent, essentiellement dans la partie ouest. La partie est, quant à elle, ne jouit pas d’aussi idéales enclaves de vie au milieu du désert. Quand à la partie sud, le Mirobansar qu’on a déjà évoqué plus haut, elle bénéficie d’un régime hydrique et de conditions géoclimatiques radicalement différentes.
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2. Climat


L’Azur est un pays généralement aride. Les précipitations moyennes y sont de quatre cents dix-huit millimètres, inégalement réparties entre les régions montagneuses, les régions de steppe et l’humide région de plaine tropicale du Mirobansar. Températures et précipitations sont liées à la saison. L’hiver austral, qui dure de juin à septembre (mai à octobre pour les altitudes élevées), est la saison la plus rigoureuse. Le thermomètre affiche zéro dès les huit cents mètres d’altitude ; un anticyclone s’installe généralement sur le désert, et le froid devient très sec, bien que l’air en soit très pur. La neige est rare, sauf en montagne ; d’une manière générale, l’hiver est ressenti surtout dans ces régions. En plaine, il s’avance surtout par la saison sèche, pendant laquelle le débit des cours d’eau et des oueds se raréfie à tel point que beaucoup de marigots, oasis et torrents disparaissent complètement. La température moyenne avoisine les dix degrés centigrades.


L’équivalent du printemps austral se produit aux alentours de septembre, et se manifeste par une brusque inversion des rapports thermométriques. La radiation solaire, gonflant d’énergie les masses d’air tropicales autant qu’elle intensifie la chaleur continentale, met en mouvement de considérables flux atmosphériques ; chargés d’humidité évaporée des mers chaudes, ces nuages remontent très-vite vers le nord, dispersent l’air froid et sec, le rencontrent et se mêlent brutalement à lui, provoquant d’immenses et fabuleux orages : la dépression atmosphérique au-dessus du Plateau crée un constant appel d’air qui aspire, à la manière d’une pompe, l’air tropical humide. Ce que les Azuréens appellent la « saison des orages », qui n’est donc autre que la mousson, se prolonge sur l’essentiel de l’été, et amène autant l’eau que la chaleur. L’eau en revanche tombe essentiellement sur les versants méridionaux des abords du Plateau, et en minorité seulement sur les déclivités arides d’altitude, d’où l’aridité générale mentionnée plus haut. La chaleur en revanche se disperse très bien et crée un vent de sud caractéristique.

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Une supercellule orageuse au-dessus de l'Asarbeylik, en été 2008.

Saison de culture par excellence, l’été et ses précipitations font le bonheur des irrigants, qui les collectent par d’ingénieux systèmes. Le pays entier se réchauffe ; et bien que les vingt degrés de moyenne de la Syrane orientale n’incitent en rien à la qualifier de fraîche, c’est à présent l’ensemble du pays qui se recouvre du souffle brûlant du ciel. L’évaporation est intense et les pluies seulement éparses, car apportées par les orages de montagne ; là, il faut renvoyer le lecteur vers toute la littérature qui existe sur le caractère particulier des orages estivaux en Azur. Vers mai, l’été s’adoucit, l’atmosphère devient plus respirable ; l’automne austral prend place et il est le moment de délicieuses festivités. Prolongeant la félicité de l’automne, les localités moins exposées au retour du froid jouissent d’un climat remarquablement doux et sain qui peut se prolonger jusqu’au cœur de l’hiver ; l’implacable rigueur décrite plus haut souffre donc d’heureuses exceptions.


La variation saisonnière n’enlève pas au Plateau d’Azur son caractère généralement aride ; il se classe presque entièrement dans les climats semi-désertiques, les steppes centrales se distinguant par leur relative clémence pour le pâturage. La montagne, en général, observe le même régime que la steppe ; au-delà de deux mille mètres, on entre cependant dans une variabilité des plus fines ; les microclimats de vallée peuvent réserver d’excellentes oasis de culture, où eau et douceur permettent l’établissement sédentaire. Au-delà de trois mille mètres, le climat montagnard s’accentue au point de devenir extrême. Les trente degrés négatifs moyens au pied du Mont Argad (alt. 6934 m) illustrent bien l’impossibilité, même pour les Azuréens, de survivre sur à ces extrémités. D’une manière générale, une fois défini par son aridité et le rythme saisonnier des pluies de mousson qui apporte son lot de crues temporaires, le Plateau d’Azur est surtout une mosaïque de microclimats où chaque vallée profite d’une luminosité, d’un arrosement et d’une ouverture aux vents asséchants spécifiques.


Le tableau ne saurait être complet sans préciser le cas du Mirobansar. Ce fleuve, dont la source se trouve dans les Monts Daria, s’écoule vers le sud dans une région plane, très en-dessous du plateau, dont le relief et la latitude garantissent le caractère tropical et le climat de mousson : chaleur (vingt-cinq degrés centigrades en moyenne) et humidité (plus d’un mètre d’eau annuel). Le printemps de septembre signale le début de la mousson, période de crue et d’inondations bienvenues ; on l’a vu, l’élévation soudaine de nuages chauds et lourds de pluie se traduit, plus au nord, par les orages du Plateau. Dans la plaine du Mirobansar, la pluie s’étale de septembre à juin ; la courte saison sèche « hivernale » n’est que le moment d’une interruption temporaire des pluies propice au repos des paysans, et surtout aux préparations pour la mousson suivante.

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Carte des précipitations en Azur.
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3. Régime hydrographique



L’eau est le principe même de la vie ; en Afarée sahrienne, plus que partout, cette maxime est vraie ; elle l’est en Azur avec une acuité particulière. On l’a vu, dans le régime semi-désertique qui règne sur le Plateau, la vie humaine est tributaire des précipitations orageuses, exhalaisons lointaines de la mousson tropicale ; sans elles, point de végétation, d’agriculture, de société. Dans le sud même, arrosé pendant les trois quart de l’année, l’eau est un enjeu majeur ; un excès noie les plantations, un défaut les fait périr. L’eau n’est pas pour rien un élément à part. Elle se transporte par les airs, s’infiltre dans la terre, s’évapore sous le feu solaire ; principe de vie, et de liberté, sa répartition en surface comme dans le souterrain est le facteur maître qui régule la vie naturelle. En Azur, plus qu’ailleurs, c’est l’eau qui explique tout : l’histoire, l’économie, les mouvements des hommes.


3.1. Bassins endoréiques


L’Azur est essentiellement divisé en deux régions hydrographiques importantes ; le reste du territoire est voué à l’aridité générale, et la présence d’oueds et de ruisseaux n’y est qu’anecdotique – quoique déterminante. Le premier de ces deux bassins est celui qui s’étend des Monts du Tigre à ceux de Daria, et qu’il convient de nommer bassin ou réseau « du Plateau d’Azur ». Il figure sur la carte suivante ; il se déploie, ceinturé de montagnes de divers massifs, et se nourrit d’une multitude de cours d’eau, dont l’immense majorité est temporaire ; ce sont les oueds, nourris d’orages, dont les crues sont aussi dévastatrices qu’éphémères. Ces torrents printaniers alimentent aussi bien les eaux de surface que celles des nappes phréatiques. Elles dévalent les montagnes, et ne se relâchent qu’en touchant au fond de la cuvette des bassins endoréiques.

Carte des bassins endoréiques
Carte du réseau hydrographique des principaux bassins endoréiques.

Le premier de ces bassins est celui du Shediz, qui accueille le lac du même nom. Cette grande dépression altimétrique, qui trouve son origine géologique dans l’existence d’un rift très ancien, forme une plaine vaste en forme de cuvette, au milieu des plateaux rocheux et des contreforts de montagne. Là s’y déversent deux lits essentiels ; le Syr d’une part, qui coule en permanence des Monts Daria au sud, bien que faible en hiver ; l’Oxa d’autre part, qui dévale les Monts du Tigre et arrive par le nord-ouest. En arrivant dans la plaine, ces deux cours d’eau se perdent dans la plaine d’Al-Ayn ; depuis la Haute Antiquité, canaux et rigoles redirigent leurs eaux vers les champs cultivés. Ce qui n’est pas évaporé – à peine cinquante pour cent des volumes entrant en Al-Ayn – se déverse dans le lac Shediz.

Le niveau du lac Shediz est fameusement variable. Les années de sécheresse, souvent froides, en amenuisent considérablement la taille, et l’on trouve dans l’Histoire les traces de grands cataclysmes causés par cette débâcle hydrique. Au contraire, il arriva des années humides où le débordement continu des fleuves a pu causer des inondations. D’une manière générale, dans le même temps qu’il donnait la vie à la région, le Shediz la reprenait régulièrement, selon son erratique humeur.


On l’a vu, le lac Shediz est alimenté par deux réseaux essentiels ; celui de l’Oxa, et celui du Daria. Le premier vient du Tigre, dans le nord ; il est plus court, plus faible aussi, mais plus prévisible ; il est issu de la fonte des glaces dans les grandes altitudes montagneuses, et bénéficie au printemps de la liquéfaction de la neige. Les orages, ponctuels en Tigrane, nourrissent son débit à la marge. Au contraire, le Syr est le tumulte même. Son approvisionnement est effroyablement complexe ; il résulte de la combinaison des orages de mousson, des pluies modestes mais régulières de la Dariane, de la fonte des neiges. Son cours est très exposé aux crues, raisons pour laquelle c’est historiquement sur son lit qu’ont été bâtis les premiers barrages, et ce dès l’Antiquité. Retenir les eaux de crues, et éviter ainsi la catastrophe d’inondations subites, est toujours l’obsession des Azuréens ; dans la vallée du Syr et du Daria, son affluent homonyme des montagnes où il prend sa source, cette réalité s’observe aujourd’hui encore par l’existence d’immenses ouvrages de retenue destinés autant au contrôle des eaux qu’à la production hydroélectrique.


En addition du Shediz, quelques autres bassins endoréiques plus modestes participent à semer dans la terre rocailleuse de l’Azur des îlots de verdure. A l’ouest, Zerzura donne à voir une oasis presque parfaite ; l’oued qui l’alimente, capricieux et stérile, se voit compensé par la résurgence d’un immense aquifère dont la formation remonte au Quaternaire. L’eau à Zerzura est des plus pures, au milieu d’une région connue pour sa salinité, faisant de l’oasis un joyau vert dans le désert. De même, Ectabane jouit d’une accumulation hydrique moins due aux pluies orageuses qu’au reliquat phréatique d’un climat anciennement humide. Plus à l’ouest, il faut mentionner Sijilmassa, cité caravanière bâtie au pied du Mont Ayrarat (alt. 5037), dont elle se nourrit des eaux de fonte qui s’accumulent à ses pieds. Enfin, au sud, l’oued Hadraousha vient se perdre dans la dépression du même nom, où ne subsiste plus qu’un lac de sel. En Azur le soleil règne en maître ; la plupart des anciennes oasis, soumises depuis des lustres à l’évaporation constante, sont en lutte permanente contre la salinité.
Les bassins endoréiques du Plateau ne sont pas par hasard les endroits où se concentrent les hommes et les activités ; là où se trouve l’eau, se trouvent la vie, la richesse. Au contraire, l’immense majorité du pays environnant est aussi dénuée d’hommes qu’elle l’est de végétation. En Syrane surtout, où la géologie calcaire fait disparaître les eaux de pluie dans des rivières souterraines, la surface se voit particulièrement asséchée. Rares sont les pâturages suffisant à des sédentaires ; le Plateau se voit donc hanté par des nomades.


3.2. Bassin du Mirobansar


La configuration géophysique du Mirobansar diffère radicalement de celle du Plateau. La plaine recueille les eaux de sources multiples, qui s’unifient au fur et à mesure de leur lente et indolente traversée. Le fleuve Mirobansar se nourrit donc d’un grand nombre d’affluents, dont les plus importants sont le Bharat, l’Andhra et le Tamour ; à son estuaire, il déverse dans l’Océan des Perles des millions de mètres cubes d’eau douce qui se mélangent aux flots du rivage, charriant les limons érodés. Le Mirobansar se nourrit essentiellement de pluies. Voie de communication, être divinisé, ce fleuve n’en est pas moins sujet aux variations climatiques, et s’est vu appliquer le même traitement que ses homologues du Plateau ; depuis 1983, l’immense Barrage du Sycomore régule son cours, coupant le flot du vieux dieu-fleuve en deux, et créant le grand lac du Sycomore.

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A son estuaire, le Mirobansar, gonflé de toutes les eaux de son bassin, se divise ; chacun de ses bras a le débit d'une seule rivière.


3.3. Eléments hydrogéologiques sur les Barrages en Azur


On l’aura remarqué, la conformation de son réseau hydrographique a, de tout temps, poussé les Hommes en Azur à maîtriser le destin de l’eau. Afin d’en contrôler la violence et d’en faire la réserve, de nombreux barrages ont été construits au cours de l’histoire, mais aucun n’a eu réellement la capacité d’influer sur le régime même des eaux. Depuis le début de la période moderne, les programmes de construction de barrages, dont les objectifs mélangent considérations hydrologiques, industrielles et politiques, impactent considérablement le paysage hydrique de l’Azur. Aménagés aux fins de l’approvisionnement des villes, ils détournent les eaux des milieux naturels, en causant le dépérissement accéléré. Par endroits, les lacs de retenue se situent au-dessus de roches perméables, et se vident donc lentement dans les nappes souterraines : on observe alors, sous un climat aride, la recharge des nappes ! Ailleurs, le détournement artificiel des oueds conduit à l’asséchement rapide d’eaux souterraines, ce qui met en péril les activités humaines liées aux puits qui en dépendent. La chose est vraie au Mirobansar aussi : depuis la construction du Barrage du Sycomore, en plus des conséquences sociales d’une telle modification du paysage, la régulation du débit du fleuve a entraîné un retrait de son niveau, ainsi qu’un changement dans sa qualité ; moins riche en limons et en matières organiques, l’eau d’irrigation a vu sa valeur changée. Certes, les épisodes de crues, d’inondations, ou au contraire de manque d’eau, peuvent à présent être gérés par l’Etat ; mais il serait malvenu de croire que l’Azur n’en paiera pas le prix à long terme.
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4. Géologie


4.1. Genèse des types géologiques de l'Azur

L’Azur est un pays essentiellement rocheux ; son paysage géologique est des plus varié, et les particularités qu’ont laissé les effets combinés du temps, des éléments et des forces telluriques provoquent aujourd’hui la plus grande admiration aux Hommes. Tant pour ses formations géologiques uniques que pour ses fort attractifs gisements de ressources terrestres en tous genre, l’Azur doit sa spécificité à une histoire géologique bien particulière, comme l’illustre la carte suivante.

geologie


4.1.1.Précambrien
L’Azur est l’un des rares endroits au monde où émergent des masses rocheuses antérieures à quatre cent millions d’années ; ce sont les reliquats de l’ancien continent « pangéolien » qui existait au Protérozoïque, et qui subsiste non loin de la marge de la plaque faravanienne, dans ce qui est aujourd’hui le craton du Djebel Adlr. Cette formation géologique, qui se trouve à la lisière de l’Asarbeylik et de la Syrane septentrionale, comporte les roches les plus anciennes de l’Azur ; péridotites, formées de gabbro et d’olivines, laissant affleurer d’exceptionnelles bandes d’ophiolites qui attirent les géologues pour leur ancienneté et leur aspect unique ; cette formation, à part au Djebel Adlr, subsiste en éclats diffus sur les contreforts de l’Elgros (Algorz en arabe) ; mais c’est surtout au Djebel Adlr qu’on connaît la qualité remarquable des filons de gemmes, exploités depuis longtemps, et qui ont fait la renommée, à certaines époques de l’Histoire, du Plateau azuréen.


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Site de Bab al-Murri, en Syrane, présentant la morphologie spectaculaire des roches ophiolitiques anciennes et des étages plus récents du Crétacé.


4.1.2. Ordovicien

Les roches précambriennes de cet ensemble (en rouge sur la carte) sont les plus anciennes, et datent de cinq cent soixante-dix millions d’années. Si l’on devait remonter la frise du temps, il faudrait se représenter le continent pangéolien à la lointaine époque où les végétaux commençaient à se diffuser à la surface de la Terre, à l’Ordovicien, il y a quatre cents quatre-vingt millions d’années, à l’époque où se forment le très ancien rift dit de l’ « ordogéolien », par lequel la proto-plaque tectonique d’Afarée orientale commence à se détacher de la plaque afaréenne ; le pangéolien se sépare lentement en deux, et l’éloignement des plaques crée l’affaissement qu’on appelle le rift. Cet abaissement permet l’entrée de l’eau, et pour un temps se trouve là une mer ; à cette époque, le continent est sous les parallèles tropicaux, résultant en l’accumulation de sédiments organiques liés à l’intense activité de vie qui grouille dans les eaux chaudes – bactéries, planctons, trilobites, et autres fossiles se retrouvent dans les roches sédimentaires métamorphiques de l’Ordovicien antérieur ; vers quatre cent quarante millions d’années avant notre ère, la température mondiale s’inverse brutalement et une ère de glaciation entraîne le retrait des eaux ; là où la mer s’est retirée, les sédiments s’éroderont et nous ne garderons pas trace de cette époque ; en revanche, là où elle a subsisté à l’ère glaciaire, elle a également favorisé l’accumulation de ces sédiments riches en matières organiques. Les transformations complexes dans ces roches sédimentaires entre la fin de l’Ordovicien et le Silurien entraînent la séquestration de ces sédiments organiques sous la surface de la roche anhydrite subséquente, qui empêche leur évacuation ; les « schistes noirs » sont formés ; ces roches imperméables contiennent de considérables réserves de gaz naturel issu de la géo-transformation de la matière organique en hydrocarbure. Ces gisements caractéristiques du Silurien, dont les plus récentes traces remontent à quatre cent millions d’années, existent essentiellement sur les abords du craton dont on a parlé ; dans la plupart des cas, elles ont été remplacées par l’incessant mouvement des forces telluriques.


qusaiba
Argilites ou "schistes noirs" riches en hydrocarbures affleurant à Qusaiba, en Syrane orientale.


Auteur : Major Ibrahim al-Masri, Département de la Surveillance des CommunicationsLes activités en ligne occupent une importante prépondérante dans la structuration de l'opinion. L'utilisation d'internet a permis de libérer les moyens de communication et de stimuler la croissance économique. Aujourd'hui, des secteurs aussi variés que la publicité, l'industrie musicale et audio-visuelle, la culture, la recherche scientifique, et d'autres considèrent internet comme le vecteur principal pour l'exercice de leur activité.Internet est une technologie qui apporte beaucoup de bénéfices, comme la connaissance, les possibilités d'interaction et de partage, la transparence, l'information et l'accès aux données. Ces bénéfices sont associés à des défis particuliers, notamment en terme de contrôle des contenus illégaux, des discours dangereux et de la diffusion de fausses nouvelles ou d'incitations à la violence.Les récentes actualités montrent l'apparition d'un véritable "cyber-conflit" entre l'Icamie et la Jashurie. Ces deux pays importants sont dotés l'un comme l'autre de grandes communautés de "weeb", personnes à forte implication numérique, qui portent le nom de "forums" ou "Chan". D'ordinaire anodins, il a été remarqué que les échanges de la sphère numérique d'Icama-chan, réseau social numérique principal d'Icamie, ont conduit à de violentes incriminations verbales et des attaques cyber sur Jashuria-chan, la sphère cybernétique jashurienne.De part et d'autres, ce conflit se traduit par la diffusion de contenus viraux et incontrôlables, de troll, et de propagande à des fins idéologiques et stratégiques. Cet événement a conduit, dans les pays cités, à une réaffirmation des règlements censés encadrer l'expression en ligne par les autorités. Le think-tank Cuckmachine souligne dans une note la nécessité d'améliorer les moyens des Etats pour empêcher la diffusion des contenus sensibles, sans quoi davantage d'espaces d'internet pourraient être déstabilisés par ces attaques. Le rapport pointe notamment l'émergence de fermes à troll, ou de bots, c'est-à-dire le recours par des internautes mal intentionnés à de faux profils automatiques en nombre exponentiel pour saturer les capacités d'analyse et de censure des logiciels étatiques.Les Etats tardent à réagir, sauf dans certains cas, notamment au Grand Kah où une brigade dédiée a été créée pour non seulement protéger la sphère cybernétique nationale, mais aussi pour se doter d'une "dissuasion-kun". Pouvoir disposer de trolls prêts à saturer les espaces numériques adverses semble la stratégie privilégiée par un nombre croissant d'acteurs.Cette note vise donc à informer et à suggérer au Bureau des Enquêtes et aux services d'intelligence azuréens de se doter de capacités similaires afin d'éviter, de réprimer et de contre-attaquer à des attaques malignes visant à semer la zizanie sur internet et dans la population. Le risque de voir la jeunesse pervertie par les moeurs dissolues d'Icama-chan est important ; celui de la voir frappées par une propagande méthodique faisant l'apologie du blasphème et de l'immoralité, de la part d'autres acteurs mal intentionnés, est encore plus grand.Nous recommandons donc la création d'usines à trolls sur le territoire de l'Azur pour doter le Califat de capacités de rétorsion en matière cybernétique.
Auteur : Major Ibrahim al-Masri, Département de la Surveillance des CommunicationsLes activités en ligne occupent une importante prépondérante dans la structuration de l'opinion. L'utilisation d'internet a permis de libérer les moyens de communication et de stimuler la croissance économique. Aujourd'hui, des secteurs aussi variés que la publicité, l'industrie musicale et audio-visuelle, la culture, la recherche scientifique, et d'autres considèrent internet comme le vecteur principal pour l'exercice de leur activité.Internet est une technologie qui apporte beaucoup de bénéfices, comme la connaissance, les possibilités d'interaction et de partage, la transparence, l'information et l'accès aux données. Ces bénéfices sont associés à des défis particuliers, notamment en terme de contrôle des contenus illégaux, des discours dangereux et de la diffusion de fausses nouvelles ou d'incitations à la violence.Les récentes actualités montrent l'apparition d'un véritable "cyber-conflit" entre l'Icamie et la Jashurie. Ces deux pays importants sont dotés l'un comme l'autre de grandes communautés de "weeb", personnes à forte implication numérique, qui portent le nom de "forums" ou "Chan". D'ordinaire anodins, il a été remarqué que les échanges de la sphère numérique d'Icama-chan, réseau social numérique principal d'Icamie, ont conduit à de violentes incriminations verbales et des attaques cyber sur Jashuria-chan, la sphère cybernétique jashurienne.De part et d'autres, ce conflit se traduit par la diffusion de contenus viraux et incontrôlables, de troll, et de propagande à des fins idéologiques et stratégiques. Cet événement a conduit, dans les pays cités, à une réaffirmation des règlements censés encadrer l'expression en ligne par les autorités. Le think-tank Cuckmachine souligne dans une note la nécessité d'améliorer les moyens des Etats pour empêcher la diffusion des contenus sensibles, sans quoi davantage d'espaces d'internet pourraient être déstabilisés par ces attaques. Le rapport pointe notamment l'émergence de fermes à troll, ou de bots, c'est-à-dire le recours par des internautes mal intentionnés à de faux profils automatiques en nombre exponentiel pour saturer les capacités d'analyse et de censure des logiciels étatiques.Les Etats tardent à réagir, sauf dans certains cas, notamment au Grand Kah où une brigade dédiée a été créée pour non seulement protéger la sphère cybernétique nationale, mais aussi pour se doter d'une "dissuasion-kun". Pouvoir disposer de trolls prêts à saturer les espaces numériques adverses semble la stratégie privilégiée par un nombre croissant d'acteurs.Cette note vise donc à informer et à suggérer au Bureau des Enquêtes et aux services d'intelligence azuréens de se doter de capacités similaires afin d'éviter, de réprimer et de contre-attaquer à des attaques malignes visant à semer la zizanie sur internet et dans la population. Le risque de voir la jeunesse pervertie par les moeurs dissolues d'Icama-chan est important ; celui de la voir frappées par une propagande méthodique faisant l'apologie du blasphème et de l'immoralité, de la part d'autres acteurs mal intentionnés, est encore plus grand.Nous recommandons donc la création d'usines à trolls sur le territoire de l'Azur pour doter le Califat de capacités de rétorsion en matière cybernétique.


4.1.3. Dévonien

Au Dévonien, environ quatre cent vingt millions d’années avant notre ère, les mouvements tectoniques s’inversent et la plaque dite d’al-Sharqi, qui se trouve à l’époque au nord de notre craton pangéolien, sombre sous la plaque faravanienne. Entre les deux rifts qui le ceinturent par l’ouest et l’est, la masse de terre dont les reliquats subsistent aujourd’hui en Asarabeylik se surélève – effet de la poussée d’Archimède – et ce que nous connaissons aujourd’hui sous le nom de « Horst d’Asarbeylik » apparaît. Cette remontée de débris continentaux mélangés à des masses issues de la néogenèse de dorsale permet la remontée vers la surface de certaines des nappes pétrolifères de l’Ordovicien ; là, dans un cas de figure géologique encore différent, se trouvent des gisements d’hydrocarbures accessibles à notre époque.


4.1.4. Carbonifère et Permien

Le Carbonifère, puis le Permien, voient le rapprochement de masses océaniques néoformées par la dorsale d’al-Sharqi d’avec la plaque afaréenne ; à cette époque, l’essentiel des roches qui émergeront en Azur se situent sous le niveau de la mer. Les quelques masses émergées à cette époque subissent un phénomène particulier de glaciation, avec la formation de dunes glaciaires permiennes, qui par le hasard des mouvements tectoniques se retrouveront, dans la lignée du Horst d’Asarbeylik et des schistes noirs du Silurien, d’excellents réservoirs à hydrocarbures issues des matières organiques sédimentées. L’émergence de la plaque afaréenne structure ces ensembles disparates évoqués plus haut ; on sait désormais, grâce aux découvertes paléologiques du Djebel Sharqi et de l’Hadraousha, que l’Azur n’était à l’époque pas une masse entièrement émergée ni submergée, mais un chapelet d’îles et de mers peu profondes, réunies sous le nom de Thalassafaria, dans laquelle se manifeste un point chaud constant, stimulant l’activité volcanique de la région. Des basaltes très anciens subsistent aujourd’hui au milieu des débris rocheux issus des ères postérieures, côtoyant de manière surprenante les fossiles de cette période remarquable pour la biodiversification.

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Fossile de Pericopteris spp., fougère du Permien, remarquablement conservé dans une roche de trois cent millions d'années. Musée d'Histoire Naturelle d'Agatharchidès.

Les fossiles exhumés dans des roches datées de moins trois cent à moins deux cent soixante millions d’années le démontrent ; c’est le cas sur des sites au Banairah, au Faravan, tout comme en Alguarena ou sur la côte nazumienne. On y trouve des spores de fougères arborescentes et leurs fossiles, indiquant des dimensions remarquables ; de même, les premiers reptiles sont identifiés, avec les premiers vertébrés volants, et des insectes d’une taille homérique, Meganeuropsis étant la plus grande forme de libellule jamais identifiée. Ces bonheurs de la spéléobiologie déclinent en nombre dans les roches antérieures à deux cent cinquante millions d’années, témoignant des Grandes Extinctions qui surviennent à la fin du Permien et au début du Trias.


Auteur : Major Ibrahim al-Masri, Département de la Surveillance des CommunicationsLes activités en ligne occupent une importante prépondérante dans la structuration de l'opinion. L'utilisation d'internet a permis de libérer les moyens de communication et de stimuler la croissance économique. Aujourd'hui, des secteurs aussi variés que la publicité, l'industrie musicale et audio-visuelle, la culture, la recherche scientifique, et d'autres considèrent internet comme le vecteur principal pour l'exercice de leur activité.Internet est une technologie qui apporte beaucoup de bénéfices, comme la connaissance, les possibilités d'interaction et de partage, la transparence, l'information et l'accès aux données. Ces bénéfices sont associés à des défis particuliers, notamment en terme de contrôle des contenus illégaux, des discours dangereux et de la diffusion de fausses nouvelles ou d'incitations à la violence.Les récentes actualités montrent l'apparition d'un véritable "cyber-conflit" entre l'Icamie et la Jashurie. Ces deux pays importants sont dotés l'un comme l'autre de grandes communautés de "weeb", personnes à forte implication numérique, qui portent le nom de "forums" ou "Chan". D'ordinaire anodins, il a été remarqué que les échanges de la sphère numérique d'Icama-chan, réseau social numérique principal d'Icamie, ont conduit à de violentes incriminations verbales et des attaques cyber sur Jashuria-chan, la sphère cybernétique jashurienne.De part et d'autres, ce conflit se traduit par la diffusion de contenus viraux et incontrôlables, de troll, et de propagande à des fins idéologiques et stratégiques. Cet événement a conduit, dans les pays cités, à une réaffirmation des règlements censés encadrer l'expression en ligne par les autorités. Le think-tank Cuckmachine souligne dans une note la nécessité d'améliorer les moyens des Etats pour empêcher la diffusion des contenus sensibles, sans quoi davantage d'espaces d'internet pourraient être déstabilisés par ces attaques. Le rapport pointe notamment l'émergence de fermes à troll, ou de bots, c'est-à-dire le recours par des internautes mal intentionnés à de faux profils automatiques en nombre exponentiel pour saturer les capacités d'analyse et de censure des logiciels étatiques.Les Etats tardent à réagir, sauf dans certains cas, notamment au Grand Kah où une brigade dédiée a été créée pour non seulement protéger la sphère cybernétique nationale, mais aussi pour se doter d'une "dissuasion-kun". Pouvoir disposer de trolls prêts à saturer les espaces numériques adverses semble la stratégie privilégiée par un nombre croissant d'acteurs.Cette note vise donc à informer et à suggérer au Bureau des Enquêtes et aux services d'intelligence azuréens de se doter de capacités similaires afin d'éviter, de réprimer et de contre-attaquer à des attaques malignes visant à semer la zizanie sur internet et dans la population. Le risque de voir la jeunesse pervertie par les moeurs dissolues d'Icama-chan est important ; celui de la voir frappées par une propagande méthodique faisant l'apologie du blasphème et de l'immoralité, de la part d'autres acteurs mal intentionnés, est encore plus grand.Nous recommandons donc la création d'usines à trolls sur le territoire de l'Azur pour doter le Califat de capacités de rétorsion en matière cybernétique.
Auteur : Major Ibrahim al-Masri, Département de la Surveillance des CommunicationsLes activités en ligne occupent une importante prépondérante dans la structuration de l'opinion. L'utilisation d'internet a permis de libérer les moyens de communication et de stimuler la croissance économique. Aujourd'hui, des secteurs aussi variés que la publicité, l'industrie musicale et audio-visuelle, la culture, la recherche scientifique, et d'autres considèrent internet comme le vecteur principal pour l'exercice de leur activité.Internet est une technologie qui apporte beaucoup de bénéfices, comme la connaissance, les possibilités d'interaction et de partage, la transparence, l'information et l'accès aux données. Ces bénéfices sont associés à des défis particuliers, notamment en terme de contrôle des contenus illégaux, des discours dangereux et de la diffusion de fausses nouvelles ou d'incitations à la violence.Les récentes actualités montrent l'apparition d'un véritable "cyber-conflit" entre l'Icamie et la Jashurie. Ces deux pays importants sont dotés l'un comme l'autre de grandes communautés de "weeb", personnes à forte implication numérique, qui portent le nom de "forums" ou "Chan". D'ordinaire anodins, il a été remarqué que les échanges de la sphère numérique d'Icama-chan, réseau social numérique principal d'Icamie, ont conduit à de violentes incriminations verbales et des attaques cyber sur Jashuria-chan, la sphère cybernétique jashurienne.De part et d'autres, ce conflit se traduit par la diffusion de contenus viraux et incontrôlables, de troll, et de propagande à des fins idéologiques et stratégiques. Cet événement a conduit, dans les pays cités, à une réaffirmation des règlements censés encadrer l'expression en ligne par les autorités. Le think-tank Cuckmachine souligne dans une note la nécessité d'améliorer les moyens des Etats pour empêcher la diffusion des contenus sensibles, sans quoi davantage d'espaces d'internet pourraient être déstabilisés par ces attaques. Le rapport pointe notamment l'émergence de fermes à troll, ou de bots, c'est-à-dire le recours par des internautes mal intentionnés à de faux profils automatiques en nombre exponentiel pour saturer les capacités d'analyse et de censure des logiciels étatiques.Les Etats tardent à réagir, sauf dans certains cas, notamment au Grand Kah où une brigade dédiée a été créée pour non seulement protéger la sphère cybernétique nationale, mais aussi pour se doter d'une "dissuasion-kun". Pouvoir disposer de trolls prêts à saturer les espaces numériques adverses semble la stratégie privilégiée par un nombre croissant d'acteurs.Cette note vise donc à informer et à suggérer au Bureau des Enquêtes et aux services d'intelligence azuréens de se doter de capacités similaires afin d'éviter, de réprimer et de contre-attaquer à des attaques malignes visant à semer la zizanie sur internet et dans la population. Le risque de voir la jeunesse pervertie par les moeurs dissolues d'Icama-chan est important ; celui de la voir frappées par une propagande méthodique faisant l'apologie du blasphème et de l'immoralité, de la part d'autres acteurs mal intentionnés, est encore plus grand.Nous recommandons donc la création d'usines à trolls sur le territoire de l'Azur pour doter le Califat de capacités de rétorsion en matière cybernétique.


4.1.5. Trias

Vers deux cent cinquante millions d’années, après l’extinction des formes de vies paléozoïques, une nouvelle ère géobiologique s’ouvre ; elle se caractérise notamment par une activité volcanique et tectonique sur l’ensemble de la planète qui reconfigure la répartition des masses continentales, entrant dans une nouvelle phase d’éclatement. La subduction de l’archéo-plaque ordo-géolienne par la plaque faravanienne contribue à la submersion de l’essentiel de la première, d’où l’apparition d’un golfe tropical propice à la formation de roches sédimentaires marines et notamment de calcaire issu de la biogénération. Les roches carbonatées du Trias, qui datent de cette époque, sont caractéristiques de la région de Syrane centrale à laquelle elles donneront son pédoclimat aride après leur émergence. Le site de Rud al-Manda a permis d’excaver les fossiles de chéloniens (premières tortues) et des reptiles archosaures, premiers dinosaures tels que les musées d’histoire naturelle s’arrachent les restes ; autant de conformations bien conservées dans le calcaire du Trias.


4.1.6. Jurassique et Crétacé

La fin de l’ère Mésozoïque, entre moins deux cent et moins soixante-six millions d’années, se caractérise par la concrétion des débris des plaques ordogéolienne, faravanienne et d’al-Sharqi. Le rift est définitivement refermé, et la dorsale associée est submergée par la masse continentale qui déferle sur elle ; la néogenèse, dans cette région du monde, s’interrompt alors. Tandis que le point chaud à l’origine des formations volcaniques du centre du Plateau d’Azur actuel accentue la diversification lithographique du paysage, l’unité et la continuité du contexte continental régional s’accentuent, préludes aux grandes secousses géologiques qui mèneront à la formation des montagnes actuellement connues. C’est aussi l’époque où déambulent à la surface de la Terre les grands dinosaures, éteints à la fin du Crétacé, puis les premiers mammifères, dont on a retrouvé d’exceptionnels échantillons de fossiles au Fakiristan, dans des roches datant de la même époque que la plupart des massifs azuréens.

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Les Monts du Tigre sont des montagnes jeunes : moins de cent vingt millions d'années...


Cette période est en effet celle de l’orogénèse algorzienne (ou elgrosienne : c’est la formation de la chaîne de l’Elgros-Algorz), qui survient entre moins cent cinquante millions d’années et la fin du Crétacé, par la collision dramatique de la plaque faravienne avec la plaque afaréenne et les débris d’al-Sharqi et de l’ordo-géolien. Activité sismique et volcanique intense sont encore visibles de nos jours ; les aspérités de ces montagnes jeunes sont émaillées par l’émergence de volcans dont l’activité se prolongera jusqu’à la période la plus récente. Dans le même temps, et pour les mêmes raisons, le massif Daria-Tigre s’élève, dérangé par la poussée du Faravan vers l’ouest, et par l’accumulation de volumes géologiques dans le Plateau. Jusqu’au début du Cénozoïque, l’accrétion continentale contribue à façonner les chaînes d’Afarée orientale et leurs puissantes ceintures granitiques ; la corne prend alors la forme qu’elle occupe à peu près à notre époque, en même temps qu’apparaissent les continents actuels.


4.1.7. Eocène et Holocène

Entre moins quarante millions d’années et notre ère se déroulent les dernières étapes qui façonnent le paysage géologique de l’Azur tel que nous le connaissons aujourd’hui. D’abord, la concrétion continentale toujours plus importante fait disparaître entièrement les reliquats du golfe tropical connu au Carbonifère sous le nom de Thalassafaria, qui passent de mers intérieures à lacs, et de lacs à mers mortes ; la formation de roches évaporitiques signale la fin de cet espace marin, qui laisse derrière lui l’anhydrite de sodium caractéristique. Les plaques de sels subsistant aux étangs et aux lacs asséchés forment une ligne géologique autant qu’un piège potentiel pour les oasis, dont certaines se retrouvent empoisonnées par la salinité extrême du sol ; la plateforme sur laquelle au contraire se déploient des oasis remarquables comme Zerzura est plus ancienne, et plus propice à la conservation de la qualité de l’eau pour les conditions nécessaires à la vie végétale et animale. Dans le sud, et notamment dans le bassin du Mirobansar, la mer se retire et laisse émerger le plancher sédimentaire riche en calcaire et en sédiments argileux, deux éléments qui forment la base du bassin actuel de la province. Par ailleurs, les formations de schistes et de grès de l’ensemble méridional de l’Azur datent de cette époque, entre moins quarante et moins dix millions d’années, pendant laquelle se produit la diagenèse par laquelle les sédiments forment des couches meubles puis pérennes, soumises à la seule sculpture de l’érosion.


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Les grès du Jurassique dans l'Ishal, entre Mirobansar et Plateau d'Azur, montrent leurs reliefs érodés.


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5. Ressources énergétiques et minières


Son étendue, son exceptionnelle richesse géologique, sa variété de pédoclimats confèrent à l’Azur de grandes ressources minières et énergétiques. Hydrocarbures, pierres de toutes factures, minéraux nécessaires à l’industrie, argiles, roches et sables abondent en Azur. Du fait de sa position exceptionnelle au rang des producteurs mondiaux de ressources primaires, issues de la matrice terrestre, l’Azur dispose de longue date d’un ministère des Mines, dont l’expertise en audit minier, prospection et organisation des filières fait la renommée du secteur azuréen de l’extraction minière. Ici sont donc présentées les principales productions azuréennes, et leur potentiel de développement, plus ou moins important d’ailleurs, étant donné l’ancienneté de la plupart des mines.


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Carte minière de l'Azur, éditée par PETRAZUR.


5.1. Charbon


En matière de charbon, l’Azur est un pays faiblement à modérément doté, ses réserves s’élevant en 2014 à un peu moins de six cents millions de tonnes d’après une estimation plus récente du ministère des Mines. Energie de la Révolution industrielle, son exploitation n’a véritablement commencé en Azur qu’en 1863, date de l’ouverture des premières mines au Mirobansar, à l’époque destinée exclusivement à l’approvisionnement en combustible du port d’Anaxandre. Elle est restée relativement modeste et a très tôt cédé le pas au pétrole dans la production d’énergie – les imports de charbon, en provenance de Banairah et du Mandrarika, sont eux restés relativement importants jusqu’en 1980. Aujourd’hui, l’essentiel des gisements de charbon se concentrent dans la province des Cyrisiades, en particulier dans la région de Bandiagara, où les roches du Carbonifère recèlent du précieux gisement, notamment de bauxite de bonne qualité. Les mines de charbon qui s’y trouvent alimentent essentiellement un marché d’exportation en direction des pays moins développés de l’Afarée. Par ailleurs, la bauxite de Bandiagara est également connue pour sa teneur remarquable en alumine ; l’extraction de l’alumine alimente la filière de production de l’aluminium, qui est un atout important de l’économie azuréenne.


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Exploitation de la bauxite dans le Mirobansar.


5.2. Pétrole

Les hydrocarbures sont le secteur émergent de l’économie azuréenne. De part sa géologie complexe, le pays en compte un grand nombre de gisements de différentes profondeurs et qualité, inégalement répartis sur le territoire, et appelant une grande variété de procédés d’extraction, allant du simple forage de puits conventionnels à des procédés plus agressifs, comme par fractionnement de la roche-mère, pour l’extraction du gaz dit « de schiste. »

Les gisements de pétrole conventionnel sont assez modestes en Azur, si on les compare à ce qu’ils peuvent être à Rasken ou dans d’autres puissances pétrolières connues ; ils ne dépasseraient pas quarante milliards de barils de pétrole au total, et la moitié seulement serait facilement extractible, d’après un rapport des Mines de 2013. La majorité du pétrole conventionnel d’Azur provient des puits d’Asarbeylik (sites de Karahisar et Aykhanbashi), qui en extrait soixante cinq pour cent de la production nationale ; le reste est extrait dans le sud du pays, dans les champs pétroliers tropicaux du Mirobansar, et dans la résurgence naturelle d’al-Ayn, aujourd’hui quasiment tarie. L’exploitation du pétrole en Azur remonte à la fin du XIXème siècle, lorsque le premier puits fut ouvert dans la plaine d’al-Ayn en 1892, alors que le Califat constitutionnel organisait sa transformation industrielle et économique à marche forcée. Le monopole d’Etat sur l’exploitation du pétrole s’est conservé après l’installation de la dictature en 1911, ainsi qu’après 1922 ; l’Etat azuréen considérait la ressource comme un trésor national, en interdisant l’exportation jusqu’en 1985, date à laquelle le pays a ouvert sa production nationale à la demande mondiale.



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Forages de pétrole en Asarbeylik.



Aujourd’hui, la production journalière de l’Azur varie entre deux cent mille et quatre cent mille barils (autour de cent dix millions annuels). D’après une déclaration du ministre en 2010, elle pourrait monter à presque sept cent mille barils journaliers (deux cent cinquante-cinq millions par an) à l’issue des forages par fracturation réalisés dans la veine schisteuse du Rud al-Khelba, en Syrane septentrionale, où abonde un pétrole de roche-mère profond et plus cher à extraire. Ce projet fait partie des plans d’expansion énergétique de la compagnie nationale PETRAZUR, et notamment du Plan National de Développement Stratégique de 2015, qui ambitionne de multiplier les capacités de production énergétique de l’Azur à l’horizon 2025. Ces considérations sont néanmoins tempérées par les dires d’experts ; le pétrole azuréen est en effet situé très en profondeur dans le continent ; pour son exportation, il faut l’acheminer aux terminaux pétroliers situés sur la côte, d’où ils peuvent seulement être expédiés par bateau-citerne dans les pays importateurs. Ce transit jusqu’aux débouchés maritime occasionne d’importants frais de transports, que les projets d’oléoducs présentés à ce jour ne permette que partiellement de contourner.


5.3. Gaz naturel

Le gaz naturel ou gaz de roche est « la plus grande richesse de l’Azur », d’après l’un de ses anciens Premiers ministres ; cette déclaration, qui n’engage que son auteur, est éloquente sur les considérations économiques, politiques et stratégiques qui entourent cette ressource.

L’exploitation du gaz fraye avec celle du pétrole, en tous cas dans les sites où une nappe de gaz se trouve associée à un gisement de pétrole, ce qui est le cas à Karahisar et dans d’autres sites de l’Asarbeylik ; cette région, où la production de gaz a démarré dès les années quatre-vingt, est toujours l’un des « points chauds » de la production du gaz naturel. En plus du gaz facilement exploitable, se trouvent en Azur d’importantes réserves situées dans des nappes schisteuses profondes ; de ce type de gisement, le Rud al-Khelba est le plus manifeste ; il serait l’un des plus grands gisements continus de gaz naturel sur la Terre. L’exploitation par des forages profonds et incidemment l’usage de techniques de fracturation de la roche-mère date des années quatre-vingt-dix, mais on assiste à un véritable décollage de la production et à la multiplication des forages depuis 2010, accompagnant la montée en flèche de la demande en gaz domestique pour la production électrique dans les métropoles, ainsi qu’à l’étranger. Plusieurs audits et prospections ont émaillées les dernières années, suscitant l’intérêt non seulement des milieux économiques, mais encore de toute la population ; aujourd’hui, les réserves s’établissent entre 10'000 et 20'000 milliards de mètres cubes, pour une production annuelle qui s’élevait à cinquante-cinq milliards de mètres cubes en 2012. PETRAZUR s’est lancé dans un programme important d’accroissement de ses capacités de production et d’expédition du gaz vers les marchés émergents, et souhaite notamment relier les champs gaziers de l’Asarbeylik, qui concentrent les trois quarts de la production azuréenne de gaz, aux terminaux gaziers de Darija au Farisistan, là encore dans le but de faciliter l’accès de la production nationale à la demande mondiale. A condition que le marché suive, ce serait un formidable potentiel de croissance économique pour l’Azur, d’où l’extrême enthousiasme de la classe politique et économique du pays pour ce projet. En 2015, un Plan National de Développement Stratégique du Secteur Gazier (PNDSSG) a été proposé ; il prévoit d'atteindre une production nationale gazière de 150 milliards de mètres cubes par an d'ici à 2025.


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Terminal gazier de Karahisar, plaque tournante de la production gazière azuréenne.


5.4. Uranium


L’uranium, élément radioactif essentiel à la production électrique dans les centrales nucléaires comme à l’élaboration de l’arme atomique, est présent en quantités résiduelles dans le sous-sol de l’Azur. Il n’a jamais été exploité, et l’étude de faisabilité de l’installation d’une filière nucléaire en Azur n’a été commandée qu’en 2011 ; on attend encore ses conclusions définitives, mais elles ne semblent pas devoir faire état de réserves substantielles ; l’exploitation de l’uranium est un procédé extrêmement délicat, coûteux en énergie ; en l’état actuel des technologies et des moyens de l’Azur, cette ressource ne semble pas devoir être une possible réserve de croissance. Le programme nucléaire azuréen est cependant un serpent de mer souvent évoqué par les parlementaires ; il consisterait à installer en Azur des réacteurs civils expérimentaux, prélude à la construction de véritables centrales nucléaires pour assurer la production électrique ; il débouchera peut-être, dans l’avenir, à l’importation d’uranium en Azur.


5.5. Métaux

Fer, cuivre, nickel, cobalt sont des productions bien identifiées en Azur ; les roches mafiques à ultramafiques du Djebel Adlr, caractéristiques de matériaux archéens et précambriens transformés par l’activité d’un point chaud et la tectonique des plaques, abondent en filons de toute sorte, expliquant l’importante concentration des sites miniers dans cette région faiblement peuplée à cheval entre les provinces d’Asarbeylik et de Syrane. Cette région couvre actuellement les quatre-cinquième de la production nationale en nickel et en zinc, le reste provenant du filon plutonique de la région de Sijilmassa. Plus au sud, la Syrane occidentale est dotée d’importantes ressources de cobalt. Enfin, l’essentiel de la production de fer est assuré par le complexe extractif de Sutari au Mirobansar, exploité de longue date. Au global, l’Azur est une nation relativement bien positionnée sur l’exploitation des différents métaux, bien qu’il reste un exportateur relativement modeste pour l’essentiel de ces éléments, sauf le nickel où l’Azur se hisse dans les premiers rangs de la production mondiale. Néanmoins, le potentiel de développement pour le secteur des métaux semble relativement limité ; la production y est ancienne, et l’excavation de la plupart des filons existants permet aujourd’hui de toucher aux limites des quantités extractibles sur le sol de l’Azur.


cobalt
Mine de cobalt en Syrane occidentale ; le modèle artisanal est encore très présent.


5.6. Soufre

L’essor actuel du gaz naturel, en tant que « première richesse » de l’Azur, fait souvent oublier l’importance qu’a joué le soufre dans son activité industrielle et commerciale. En se référant à la section géologie de cet atlas, on apprendra que l’Azur était couvert, entre le Carbonifère et le Jurassique, d’un paléo-océan puis d’un ensemble de mers peu profondes (« Thalassafaria »), qui, en disparaissant suite aux mouvements des plaques tectoniques, laissèrent sur tout le centre du Plateau une couche uniforme et importante de roches évaporitiques, et notamment d’anhydrite de sodium, dont la teneur en soufre captif est importante ; de ce fait, l’Azur dispose sans doute aujourd’hui des plus grandes réserves de soufre au monde.

Traditionnellement exploité pour la production de poudre à canon et d’explosifs, cette ressource a attiré les convoitises de pays étrangers à la fin du XVIIIème siècle – la production pléthorique de soufre étant renommée jusqu’en Eurysie à cette époque. La production s’est naturellement poursuivie tout au long des XIXème et XXème siècles ; aujourd’hui encore, les faramineuses ressources en soufre de l’Azur alimentent des filières industrielles bien constituées ; intervenant non seulement dans la fabrication d’armements, mais aussi de latex, de détergents, de médicaments et de phytosanitaires, cet élément est constitutif d’une grande part de la croissance azuréenne. Il est essentiellement exploité dans les régions de l’ancien rift, c’est-à-dire dans les plaques salines (« Dashts ») des Cyrisiades et de Dariane, faisant la fortune d’anciennes oasis, dont la prospérité homérique est toujours d’actualité.


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Mine de soufre dans les Cyrisiades, à proximité du volcan actif du Manshir.


5.7. Phosphates

L’exploitation du phosphate a été longtemps un moteur de croissance et un levier du développement agricole et industriel en Azur. Les roches phosphatées de sites disséminés à travers la Syrane, mais surtout du site d’el-Karb proche de la frontière avec le Faravan, sont la source d’une production constante. Le phosphate est un engrais naturel pour les sols, et un élément essentiel à la croissance végétale. La demande mondiale en phosphates est en hausse constante, notamment en Eurysie ; c’est donc une filière rentable pour l’Azur, bien que les gisements qui s’y trouvent ne soient pas les plus importants qui existent dans le monde. Les rapports du ministère des Mines indiquent que des réserves considérables se trouvent en revanche dans le Grand Désert de l’Ouest, le Sahra.


5.8. Or et argent

Les métaux précieux sont exploités en Azur depuis la haute Antiquité. Les mines d’or du Haut Hadraousha, en Dariane, sont réputées depuis l’ère perse ; elles fournirent un temps l’essentiel de l’or utilisé dans l’empire Archermécide. Si elles sont aujourd’hui épuisées, l’Azur dispose toujours de filons en activité, régis essentiellement par le monopole étatique, et dont les chiffres de la production sont difficiles à obtenir. Les mines d’argent azuréennes sont également réputées, notamment celles des Cyrisiades, bien que la plupart aient été fermées depuis l’abandon de la monnaie métallique pour la monnaie fiduciaire et numérique ; depuis lors, il n’est plus nécessaire de littéralement « frapper monnaie » en Azur.


5.9. Pierres précieuses et semi-précieuses

L’Azur est célèbre pour sa production de pierres précieuses mais surtout semi-précieuses, notamment le lapis-lazuli, pierre d’un bleu intense, extraite dans la région de Seylimsaray depuis l’Antiquité, et qui a fait la renommée de l’Azur aux temps anciens. A côté du lapis-lazuli sont également produits l’azurite, un temps confondu avec le premier et donnant par intercession son nom à l’Azur, et l’agate, l’obsidienne, le turquoise, les béryls. Ces pierres remarquables suscitaient toute sorte de spéculations alchimiques et mystiques à l’époque préislamique ; leurs couleurs, leurs formes, leur originalité conféraient à leurs propriétaires un statut symbolique et moral bien supérieur à ce que l’entendement rationnel peut comprendre. Bien que la terre d’Azur ai souvent été maintes fois retournées pour les trouver, elle renferme en encore d’importantes occlusions. Exploitées à proximité des cités, elles furent plus échangées que le diamant, le saphir et les rubis, dont les filons se trouvent plus souvent dans des régions dépeuplées et arides, et dont l’exploitation n’a en réalité jamais été vraiment profitable en Azur.


lapislazuli
Roche de lapis-lazuli, extraite des filons antiques de Seylimsaray.

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6. Milieux naturels


La notion de « milieu naturel » correspond à la description, pour un espace géographique donné, d’une homogénéité relative du paysage – en écologie, on utilise le terme de « biome ». Bien que l’Azur soit très varié sur tous les plans – on l’a vu pour la géologie, pour le régime des pluies et des eaux, pour les accidents du relief –, six unités naturelles sont discernables à l’échelle du pays. Ces unités correspondent à plusieurs sortes de milieux : urbanisé, agricole, sauvage ; ils dépendent également du pédoclimat : montagnard, steppique, désertique. La carte ci-dessous en représente les grands traits à l’échelle du pays. Au global, les types de milieux décrits dans cette section représentent les modes d’occupation des 762 028 kilomètres carrés qu’occupe l’Etat azuréen à l’intérieur de ses frontières officielles.

carte des milieux naturels
Carte des milieux naturels de l'Azur, et des grandes régions écologiques.


6.1. Déserts

Les déserts recouvrent au bas mot le tiers de l’Azur, avec autour de deux-cent-soixante-quatre mille kilomètres carrés de régions dites arides voir « hyperarides ». Ces milieux naturels sont constitutifs du paysage et de l’identité du pays ; dans la culture populaire, l’Azur n’est-il pas associé à l’image d’un désert percé de rares et luxuriantes oasis ? L’œil mal informé n’y verrait que des étendues effectivement désolées, balayées par des tempêtes de sable et frappées d’une stérilité atavique. Il faut à nouveau déconstruire ce paysage mental que le lecteur inconscient chercherait à tracer dans son esprit ; loin d’être des lieux morts et inertes, les déserts de l’Azur sont des régions remarquablement vivaces et intéressantes.

Les milieux désertiques de l’Azur peuvent être schématiquement regroupés en trois ensembles : sur la frange ouest et nord-ouest, le Grand Désert Occidental, qu’on appelle Sahra dans le reste de l’Afarée ; c’est le plus grand désert du monde. Dans la partie centre-sud-ouest se trouve le deuxième ensemble désertique, celui que les Azuréens appellent le « Désert intérieur », car il est presqu’entièrement situé sur le territoire azuréen, et qu’il est ceinturé de massifs montagneux qui en font une quasi-cuvette. Enfin, dans la partie est de l’Azur se trouve le troisième ensemble désertique, celui de la Syrane orientale, qui se prolonge dans le sud du Faravan (Dasht-e Kasparian).


6.1.1. Grand Désert Occidental

Le Sahra est le plus grand espace désertique au monde ; il couvre plus des quatre-cinquième de la surface de l’Afarée nord, et est observable depuis l’espace, comme l’ont montré les premières photos satellites dans les années 1960. Cette région très vaste est caractérisée par son climat aride continu depuis le Pléistocène, qui est à l’origine d’une spécialisation écologique et anthropologique remarquables.

L’aridité du Sahra provient du manque d’humidité lié à sa situation dans la frange nord de la zone de convergence intertropicale ; l’air de l’équateur, chauffé par les radiations solaires et débarrassé de son humidité y converge et y forme un anticyclone qui prévient pluies et précipitations de se former ; la terre reçoit très peu d’eau, au maximum deux cents millimètres sur certaines localités, d’où la sécheresse permanente qui y règne. L’espace désertique sahrien est limité par les régions côtières, qui reçoivent davantage de pluie, par des montagnes, ou bien par la steppe australe qui apparaît à la ligne de démarcation entre les zones de hautes pressions atmosphériques responsables de l’aridité, et les courants atmosphériques tropicaux porteurs d’humidité.


Grand Erg
Le Grand Erg du Désert Occidental, pays de dunes.


Du point de vue géologique, le Sahra est constitué de divers ensembles ; en ce qui concerne la partie azuréenne de ce très vaste désert, le Grand Erg en couvre l’essentiel de la surface ; c’est un désert de dunes, existant sans doute dès le Pléistocène du fait de l’accumulation de sédiments et de l’abrasion éolienne. A côté des ergs, paysages romantiques par excellence de dunes monumentales, on trouve, notamment en Asarbeylik, des regs : plaines caillouteuses issues d’une érosion continue. Les contreforts des massifs montagneux ceinturant le Grand Erg sont constitués de remarquables édifices naturels de grès, façonnés par la cryoclastie et l’érosion par le vent, donnent des espaces rocheux d’aspect lunaire ou martien, par exemple au Tass-na-Ghalta ou encore dans l’Adrar Moyen.


Reg d'Asarbeylik
Reg d'Asarbeylik, paysage de roches fragmentées par hélioclastie.


L’Azur est donc ouvert sur le Sahra essentiellement pour le versant occidental des Monts du Tigre et la plaine occidentale ; c’est là le domaine de la chaleur et de la sécheresse la plus intense. Avec vingt-quatre degrés centigrades de moyenne, on mesure fréquemment plus de quarante degrés dans cette région, marquée par un cruel déficit d’eau qui rend éparse l’existence de la vie ; mis à part quelques cas remarquables d’affleurement d’eau douce, où surgit soudain une biodiversité luxuriante, seules quelques espèces tolèrent cet environnement extrême. D’abord les camélidés, notamment les dromadaires (Camelus dromedarius), domestiqué pour sa résistance physique qui en fait une monture excellente et un véhicule docile ; ce « navire du désert », domestiqué par les nomades arabiques vers – 2000, est l’âme même de la caravane. Il existait d’abondants troupeaux de dromadaires sauvages avant la Révolution industrielle, raréfiés par l’expansion des activités humaines sur leurs pâturages. D’autres animaux vivent dans le Sahra ; des scorpions, par exemple le Scorpion-Abeille (Androctonus apianitus), emblème de certaines tribus au Banairah ; des serpents, vipères et cobras surtout ; mais on ne saurait oublier le fennec, célèbre renard du désert (Vulpes zerda). Les mammifères sauvages sont également bien connus, car ils ont longtemps accompagné la vie des Hommes : l’Oryx algazelle (Oryx dammah), la petite gazelle dorca (Gazella dorca), le guépard de l’Adrar (Acinonyx jubatus adrarius), des autruches du genre Struthio peuplent les immensités infinies de ce fabuleux désert autant que les contes des nomades qui y passent.


Fennec
Fennec du Grand Désert Occidental.


Il serait faux d’entendre que le Sahra ne connaît point non plus de végétation en-dehors des oasis ; malgré leur effective rareté, certaines espèces végétales parviennent extraordinairement à survivre malgré la sédentarité propre à leur règne. Ainsi du Cyprès du Tassili (Cupressus duprezania), arbre remarquable, véritable trésor écologique, aujourd’hui en danger de disparition, qu’on ne trouve que sur les pentes des Tassilis. Le palmier-dattier (Phoenix dactylifera) est également natif du désert, dont il est un symbole et une merveille : son tronc fait un piètre bois de chauffe, mais ses fruits regorgent de nutriments délicats ; il ne pousse pas en-dehors des oasis. Sur les marges du Grand Désert se montrent les premières herbacées : les oyats (Ammophila spp.), qui peuplent les plaines sèches et les steppes, ou encore la Cardamone ligulée (Cakile luguliae), qui fleurit certaines nuits dans le silence.


cupressus duprezania
Un Cyprès du Tassili dans un oued du piémont des Tigranes, joyau écologique menacé.


Le Grand Désert Occidental est assez impropre à la vie humaine, même pour les nomades, qui habitent sur ses marges et dépendent de ressources extérieures à cet espace désertique extrême. Il faut remarquer que la plupart des villes qui s’y trouvent n’ont pu se développer qu’à partir des forages dans l’aquifère géologique, réalisés à partir des années cinquante, et qu’elles ne sont attractives que pour les industries minières qui s’y développent. Les traces de vie humaine sont rares dans la région. Les artefacts archéologiques qu’on trouve dans la région du Sahra en sont donc d’autant plus précieux.


Gravure rupestre du Tassili
Gravure du Tassili, écho d'un lointain passé de la vie dans le désert.


6.1.2. Désert intérieur

Le désert intérieur de l’Azur recouvre une part importante de la région du Plateau ; il est ceinturé par les Monts du Tigre à l’ouest, les Monts Daria à l’est ; c’est une dépression altimétrique qui descend à moins de cinquante mètres par rapport au niveau de la mer dans ses parties les plus basses. Le désert intérieur recouvre l’ancien rift ordogéolien ; son paysage géologique très diversifié contient d’importants massifs évaporitiques issus des anciennes mers à présent disparues ; la fermeture de la paléo-mer « Thalassafaria » survenue il y a des millions d’années, qui s’était prolongé par la disparition progressive de lacs salés puis d’étangs perdus sur la masse continentale, est aujourd’hui parachevée ; il n’en subsiste que d’importantes plaques de sel, reliquats d’eaux accumulées dans les bas-fonds et évaporée sous l’effet des conditions arides et chaudes très asséchantes de la région.


Plaque de sel dans le Désert intérieur
Plaque de sel de Talkhr, dans le Désert intérieur.


Il comporte quelques ergs importants, comme l’erg du Talkhr, barrière redoutable pour les routes caravanières ; il se caractérise par l’existence de plaines salines de formation ancienne, où l’on exploitait parfois le natron, et où prospèrent aujourd’hui l’industrie soufrière, comme le Dasht-e Rubir. L’amplitude thermique y est importante (plus de soixante degrés centigrades), car l’hiver y est une saison froide où le thermomètre tombe sous les dix degrés, sous les zéros par endroit, ce qui rend la région âpre et sa traversée difficile. En été, les effets thermiques y sont assommants ; la moyenne des températures s’établit à vingt degrés. Il tombe sur le Désert intérieur autour de cent cinquante millimètres d’eau par an, mais c’est une moyenne ; les années sèches se succèdent fréquemment, jusqu’à l’éclatement d’un brutal orage de crue, qui libèrent parfois jusqu’à un mètre d’eau ; les inondations sont dévastatrices, mais rapidement enfouies dans les sables ; ces orages alimentent les ouadis et les rares mais importantes oasis qui jalonnent le désert.


Oued
L'Oued Sheraq, en Tigrane, a été creusé par les crues successives.


Les espèces du Désert intérieur sont semblables à celle du Sahra ; buissons (notamment les Tamarix spp.), dromadaires, mammifères, reptiles, scorpions et quelques insectes. Il faut y rajouter les plantes halophytes, qui prospèrent malgré la salinité : l’Amarante de Sorcande (Atriplex sorcandiae), native du sud de l’Azur. Le paysage, notamment dans les Cyrisiades, est marqué par les grands houppiers et la silhouette caractéristique des dragonniers (Dracaena spp.) ; ces arbres à la forme régulière, qui vivent des siècles et jusqu’à plusieurs millénaires, sont un symbole de vie et d’éternité ; la plus remarquable espèce, celle du Dragonnier de Socotra (Dracaena cinnabari), est malheureusement en voie de disparition du fait de l’impossibilité qu’elle a, depuis plusieurs décennies, de susciter de nouveaux jeunes arbres sains. Elle survit en conditions acclimatées, mais risque de disparaître de nos paysages, au mieux d’ici deux siècles, au pire dans les années qui viennent. Il existait aussi des bois de peupliers (Populus euphratica), dont il ne reste aujourd’hui que des reliquats, dans tout le pourtour du Désert intérieur.


Dragonniers dans le désert
Dragonniers dans les Cyrisiades.


Le Désert intérieur comptait un écosystème remarquable, notamment dans les zones humides salées qui émaillaient les abords des systèmes hydrographiques de ce vaste bassin endoréiques ; oiseaux, reptiles, plantes halophytes prospéraient, avant un assèchement constaté au début de la Révolution industrielle. Les camélidés sauvages ont presque tous disparu, notamment le Chameau des Cyrisiades (Camelus cyrisiadanus), qui a été également domestiqué pour sa résistance au froid par les populations des massifs montagneux. L’Hémione (Equus hemionus), petit âne sauvage, pâture librement sur les marges herbacées du désert aux côtés des troupeaux des Hommes, tout comme le cheval sauvage d’Amandiagar (Equus caballus afaraenensis), espèce férale issue de chevaux échappés des haras antiques et retournés à la vie sauvage.


Equus hemionus
L'Hémione, une mule sauvage du Désert intérieur, partage les pâturages des troupeaux.


Le Désert intérieur est donc un écosystème riche et fragile ; ses marges attirent une biodiversité remarquable, menacée par les modifications des équilibres naturels, notamment l’asséchement des zones humides naturelles. Il est jalonné d’oasis importantes, notamment Sorcande, joyau des Cyrisiades, établie au seuil d’une guelta (résurgence endoréique d’eau douce), ou Garamandine, qui bénéficie d’une nappe résurgente. Sa partie centrale basse, notablement saline et durement éprouvée par la chaleur et la sécheresse, est le lieu de formation d’importantes tempêtes de sable alimentées par la circulation sud-est/nord-ouest des vents saisonniers.


Guelta
Une guelta, résurgence naturelle, dans la région oasienne de Sorcande.


6.1.3. Désert de Syrane orientale


La grande et belle province de Syrane est majoritairement recouverte du troisième ensemble désertique identifiable en Azur. Ce désert s’étend en réalité depuis le Faravan voisin jusqu’au cœur du Plateau ; l’erg de Qush s’avance jusqu’à moins de vingt kilomètres du lac Shediz, cœur battant aux abords duquel se trouve la mégalopole capitale d’Agatharchidès. Il s’étend sur le versant occidental de la chaîne de l’Elgros, qui est la frontière naturelle séparant l’Azur du Faravan ; ce versant reçoit moins de cent millimètres de précipitations, les vents humides de l’océan étant arrêtés par les barres de ces montagnes dont la ligne de crête ne descend pas en-dessous de trois mille mètres d’altitude. L’air qui dévale donc par l’est, froid et sec, contribue à façonner l’environnement aride de la région. Les moussons de la saison des pluies, elles, ne parviennent pas non plus à franchir les Monts Daria jusqu’à cette latitude ; de ce fait, la Syrane est presqu’entièrement condamnée à ne recevoir que des pluies anecdotiques, et à subir une circulation atmosphérique asséchante et tempêtueuse.

La Syrane orientale reçoit entre cent-soixante et deux cents millimètres de pluie en moyenne, ce qui en fait un espace légèrement moins extrême que ceux qu’on a cité précédemment. L’amplitude thermique y est importante et surtout, l’hiver y est rigoureux ; là se trouve véritablement un désert froid, qui exclut le dromadaire, inadapté à ces conditions. Seul le chameau de Sorcande peut gravir les pentes escarpées des vallées mortes de la région ; c’est à cette seule condition qu’on pu se développer les routes caravanières antiques. La présence humaine est un peu plus marquée que dans les deux précédents ensembles désertiques, du fait du grand nombre de gueltas qui garantissent des points d’eau douce, véritables étapes au milieu d’une nature relativement hostile.


Schistes de Syrane
La Syrane est connue pour ses formations schisteuses, riches en hydrocarbures.


A la différence du désert intérieur, le désert de Syrane ne compte à peu près aucune zone humide naturelle. S’il dispose d’une partie de plaine salée, il est au contraire essentiellement constitué d’un plateau gréseux et granitique qui fait comme une grande marche au pied de l’Elgros montagneux. La silhouette majestueuse du volcan Ayrarat (alt. 5037 mètres) émerge et domine de très haut la Syrane ; à son pied, la merveilleuse cité de Sijilmassa accueille le plus grand port caravanier d’Azur. Environnée de roches, cette ville ne doit sa prospérité qu’aux oueds qui dévalent les pentes du vénérable volcan, dont la dernière éruption remonte à quatre mille ans ; les neiges éternelles, qui se renouvellent occasionnellement à son sommet, sont une source apparemment inépuisable d’une précieuse eau douce.


Le Mont Ayrarat
A plus de cinq mille mètres, l'Ayrarat, ou Mont de l'Arche, est vénéré par les Chrétiens locaux.


La guelta du cratère du Djebel Marra (alt. 3402 mètres), au cœur de la province de Syrane, est aussi un lieu remarquable, et le berceau probables d’espèces arbustives du genre Acacia, qui se sont répandues dans toutes l’Afarée. Globalement, steppes et désert alternent l’un à l’autre, et les vallées de cours d’eau temporaires au milieu de l’étendue aride forment des voies de communication importantes pour les nomades et les caravanes.


Djebel Marra
Le Djebel Marra, à mi-chemin entre le désert et la steppe, abrite une importante guelta volcanique.

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