Activités étrangères en Ligue Anticoloniale
Posté le : 18 oct. 2024 à 08:20:13
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Posté le : 13 nov. 2024 à 23:37:35
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25 janvier 2014 - 7h – Base jashurienne de Jib-Outhi, Chandekolza
Ellis Mehta, lieutenante des forces de défense jashuriennes, pénétra dans le baraquement de commandement au début de la matinée, une chemise cartonnée sous le bras. Les baraquements, propres et nettoyés de la veille, accueillaient une activité grandissante dans cette période d’installation des forces jashuriennes sur le sol chandekolzien. Passant les gardes grâce à son badge d’identification et à ses galons, la jeune femme se dirigea d’un pas rapide et assuré vers l’aile dévolue au commandement, franchissant les bureaux déjà occupés par les officiers de l’armée de terre, dont certains tentaient de se réveiller avec le thé que l’on servait au mess des officiers dans les tasses en plastique recyclé et des tartines. Petit à petit, le campement de base s’éveillait au doux son de la musique chandekolzienne que les Jashuriens des communications avaient réussi à capter sur les radios locales.
« Mon colonel. Le rapport vient d’arriver.
- Repos lieutenant. Montrez-moi ça."
Le colonel Rangsan Apichart récupéra sur la table le rapport enveloppé dans une chemise brune et entreprit d’en extraire le contenu sur la table de briefing. Les photos furent étalées, tandis qu’une carte de la région de Jib-Outhi était dressée. Le colonel parut perplexe. Au-dehors, les soldats, les ouvriers et les ingénieurs s’affairaient à dresser les clotures de la base militaire prêtée par les Chandekolziens en échange d’une aide alimentaire. Les militaires mettaient un point d’honneur à sécuriser le périmètre tandis que les ouvriers faisaient en sorte que les bulldozers civils creusaient les fossés qui serviraient à placer les barbelés.
Il ne fallut pas longtemps avant que des officiers de liaison et de communication ne se pressent autour de la table de briefing. Les Jashuriens sentaient que la patrouille de reconnaissance avait réussi à tomber sur quelque chose de suffisamment croustillant pour transformer cette mission humanitaire en quelque chose de plus intéressant. Le colonel prit connaissance du rapport écrit, griffonna quelques notes sur un cahier, et consulta quelques clichés avant de se tourner vers l’assemblée.
« Messieurs, les informations de la patrouille n°3 viennent de tomber. Nous avons un souci avec les Rimauriens dans la région. »
Les officiers se regardèrent interloqués. Les Rimauriens étaient bien les derniers que les Jashuriens auraient penser trouver dans la région, mais la rumeur de leur aide humanitaire leur était au moins parvenue aux oreilles. Mais si la patrouille rapportait des nouvelles intéressantes, ce n’était probablement pour rapporter la présence de sac de riz ou de harengs en boite. Il y avait autre chose. Et c’était ce autre chose qui rendait les officiers fébriles et curieux. Le colonel Apichart s’éclaircit la voix avant de lustrer sa moustache de vieux briscard.
« A 6 heures et 35 minutes ce matin, notre patrouille n°3 dans la région a relevé une série de mouvements inhabituels sur le radar, suffisamment pour attirer son attention. Profitant du couvert matinal, le sergent Kolatee Meesang et ses hommes ont réussi à traquer la source des perturbations et ont remonté la piste jusqu’au campement rimaurien plus à l’est. Visiblement, les Rimauriens nous cachent quelque chose, car selon ces clichés, ce ne sont pas des vivres qui ont été débarqués, mais des caisses militaires. »
Il pointa du doigt les clichés pris par la patrouille. Sous la lumière des spotlights rimauriens, il était facile de comprendre ce qui venait d’être débarqué : du matériel militaire. D’ordinaire, cette situation n’aurait pas gêné les Jashuriens, mais …
« Au vu du rapport, leur petit manège a duré une bonne heure et les clichés ne trompent pas. Nous sommes face à une véritable armurerie. Celle-ci a été placée dans les entrepôts, côté sud de la base. La patrouille s’est repliée avant d’être repérée par les Rimauriens au petit jour. Je ne vous cache pas que cette situation rend notre petite expédition de plus en plus intéressante. L’Etat-major va vouloir savoir où vont ces armes et ce assez rapidement, afin d’être sûr que nous ne nous retrouvions pas sur un nouveau scénario Mokhaï. »
Les autres officiers échangèrent des regards entendus. Tout le monde avait en mémoire l’engagement du Jashuria au Mokhai et de la destruction complète de la force loduarienne. La Loduarie avait commis l’erreur d’économiser sur la logistique. Les Rimauriens, quant à eux, semblaient avoir compris le principe de la logistique, ce qui les classait au moins au niveau des dauphins, mais le principal problème était de savoir pourquoi ces armes étaient arrivées par convoi aérien et à qui elles étaient destinées. La première hypothèse était que ces armes étaient pour des séparatistes chandekolziens, mais cela ne collait pas avec la situation politique actuelle du pays. Les seuls pays en situation de conflit ces derniers mois étaient la Ramchourie et le Zijian. La Troisième République du Jashuria était restée en retrait par rapport à ce conflit, estimant que les Ramchouriens devaient régler leurs problèmes entre eux, mais si les Eurysiens commençaient à mettre leur nez dedans, il serait peut-être nécessaire de leur rappeler les règles élémentaires de la politesse : quand on s’invite chez son voisin, on ne chie pas sur son paillasson.
La force militaire jashurienne basée au Chandekolza n’était pas particulièrement grande, mais suffisamment armée pour assurer sa mission et défendre sa position. La base jashurienne était avant tout un avant-poste visant à assurer une aide alimentaire et logistique à Jib-Outhi, mais les Jashuriens savaient qu’il valait mieux renforcer la sécurité de ces installations, après plusieurs déconvenues dans les territoires à l’extérieur du pays. Entre les ouvriers, les ingénieurs agronomes, et les militaires, la base grouillait suffisamment de personnel et de choses à faire pour que le site puisse être transformé en une véritable place-forte en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire. Arrivés bien avant les Rimauriens, les Jashuriens étaient à pied d’œuvre pour finaliser les installations civiles et militaires, tandis que les Rimauriens venaient à peine de débarquer (ils étaient arrivés deux semaines après les Jashuriens, la distance n’aidant pas). Il était donc assez préoccupant de voir les Rimauriens acheminer autant de matériel militaire alors que leur propre base en était encore au stade de la construction.
« Officiers, par mesure de sécurité, nous allons étendre notre réseau de patrouilles dans les environs et maintenir les escouades sur place autour des Rimauriens. Ceux-ci ne nous ont visiblement pas encore repéré. Profitons de ces quelques heures pour collecter le maximum d’information avant qu’ils ne s’aperçoivent de notre présence. Nous allons avoir besoin de nous connecter sur leurs fréquences. Major Douangmala, prenez contact avec l’Etat-major. Je veux deux interprètes rimauriens sur place une fois que nous serons branchés sur leur réseau. Capitaine Thonemany, vous aiderez le major à coordonner l’équipe de communications pour vous brancher sur les fréquences rimauriennes. Voyez avec le sergent Meesang s’il peut vous mettre en contact avec les locaux. Les Rimauriens ont nécessairement dû se brancher quelque part en attendant de pouvoir alimenter leur base en propre. Les locaux doivent savoir d’où ils tirent le jus de leur base. Lieutenant Mehta, organisez les troupes au sol et prenez contact avec la flotte au large. Que leur aviation soit sur le qui-vive. Je veux savoir ce que les Rimauriens comptent faire de toutes ces armes avant qu’elles ne quittent le territoire. Vous pouvez disposer. »
Les officiers quittèrent la table de briefing et se dirigèrent vers leurs postes de travail, afin de coordonner les mouvements de l’armée jashurienne. Le colonel Apichart exigea une communication directe avec le bureau du général-brigadier Jivin Bhansali, en charge des opérations extérieures sur le territoire chandekolzien. L’homme était actuellement sur le porte-avion qui mouillait au large des côtes chandekolziennes, où il s’occupait de la coordination entre la Marine, l’Aviation et les forces terrestres avec les civils. Le voyant de la ligne sécurisée s’alluma et l’officier de liaison donna le « go » à Apichart.
« Mon Général-brigadier, nous avons un problème … »
8h30 – 5 kilomètres est de la base rimaurienne – point Gamma 3 – altitude 231m
La caporale Barsha Ambani scrutait l’horizon au travers de ses binoculaires en machant son chewing-gum, bien appuyé sur le rebord rocheux qui servait de couvert à l’équipe du sergent Meesang. Elle observait depuis le point haut situé à 5 kilomètres de la base rimaurienne, l’intriguant ballet des camions de logistique qui débarquait le matériel militaire rimaurien depuis ce matin. L’activité de la base était à son comble. Bien que les Rimauriens n’aient pas terminé l’installation de leur campement, ceux-ci s’activaient comme s’ils étaient sur le pied de guerre. La soldate resta interdite : les Rimauriens acheminaient du matériel militaire alors que leur campement n’était même pas installé. D’après les informations du renseignement jashurien, les Rimauriens étaient là pour procurer une aide humanitaire aux Chandekolziens. Que foutaient-ils avec des caisses d’armes ?
Ses équipiers étaient en train de se désaltérer sous le couvert d’un gros rocher tandis que la première classe Seang Devi vérifiait sur une carte de la région les différents points d’observation pouvant être exploités pour améliorer la surveillance du périmètre rimaurien. Barsha commenta la situation d’un ton laconique à son sergent :
« Ils finissent de débarquer les dernières caisses, sergent. Vous voyez ces tentures là-bas ? Probablement des camions sous ces bâches … Leur entrepôt est trop petit pour tout ce matériel. Qu’est-ce qu’ils foutent ?
- Langage, caporale.
- Ouai, désolée sergent, concéda-t-elle en mâchonnant son chewing-gum. J’veux dire … on est loin de l’aide humanitaire là ? Vous allez pas m’faire croire que c’est du pain de guerre qu’ils transportent. Les gars du coin méritent pas un tel traitement. »
La remarque fit sourire le sergent Meesang, qui, derrière ses propres jumelles, observait avec amusement le grand chambardement qui agitait le camp rimaurien. Mais alors qu’il s’apprêtait à demander à ses troupes de lever le camp pour gagner un autre point d’observation, le sergent frappa l’épaule de la caporale.
« Regarde ça, Barsha, dit-il en pointant du doigt le tarmac improvisé des Rimauriens.
- Quoi ? Je fais qu’ça, regarder !
- Troisième avion sur le tarmac. C’est quoi ça ? Oh merde … »
La caporale Ambani focalisa son regard sur la baie de chargement du troisième avion de transport militaire et émit le même juron. Le sergent, trop étonné, ne releva pas l’injure. Il y avait de quoi être étonné … De tous les plans foireux que les Rimauriens auraient pu prévoir, rien n’avait préparé les Jashuriens à voir ceci.
« Non mais ils sont sérieux ?! beugla Seang, encore chamboulée par cette découverte.
- Je crois qu’ils sont sérieux, caporale, ajouta le sergent, plus circonspect. Regarde la taille de ces missiles. »
Les Rimauriens étaient en train de débarquer d’imposants missiles balistiques sur le sol chandekolzien. La situation était grave, et l’équipe du sergent Kolatee Meesang en avait parfaitement conscience. Il ne fallait pas être bien devin, ni très haut placé dans la hiérarchie militaire pour comprendre que la présence de missiles balistiques, même sans pas de tir, sur le sol chandekolzien, était de nature à déstabiliser toute la région. Qu’importe leur destination : la simple existence de ce matériel, sous couvert d’action humanitaire, était une affaire diplomatique et militaire grave. Le seul conflit actif dans la région étant celui de la Ramchourie, il ne fallut pas longtemps pour l’équipe d’additionner deux et deux pour comprendre que ces missiles étaient destinés à la Ramchourie. Pour quelle faction exactement ? Aucune idée … A moins qu’il ne s’agisse que de créer un pas de tir au Chandekolza – auquel cas la situation était encore plus grave.
« Sergent. Des ordres du QG. On doit bouger sur Gamma 4. D’autres équipes convergent vers notre position. L’affaire a visiblement irrité les huiles, déclara Seang Devi, visiblement inquiète de la suite des évènements. On recevra le reste des ordres en chemin.
- Notifiez-leur la présence de missiles balistiques. On leur envoie les photos rapidement.
- Compris sergent !
- Noté. Les gars, on replie le matériel. On bouge en Gamma 4. Devi, vous ouvrez la voie. »
8h45 – Base jashurienne de Jib-Outhi, Chandekolza
Les photos et les vidéos défilaient sur l’écran de la salle de visio-conférence installée dans les baraquements. Pour la créer, les Jashuriens avaient du pousser quelques tables et débrancher une partie des écrans pour aller les placer ailleurs, tout en ramenant quelques chaises complémentaires. C’était le problème des campements provisoires en attendant les installations en dur : il fallait toujours s’adapter en fonction des besoins du moment. Les officiers commissionnaires se pressèrent sur les chaises, la salle de réunion improvisée étant trop petite pour contenir toutes les parties concernées. Le colonel Rangsan Apichart était en train de collecter les dernières notes, avec en visio-conférence le général-brigadier Jivin Bhansali. Si tout le monde conservait son professionnalisme de façade, on pouvait sentir dans la pièce que l’air était chargé d’électricité. Huit heures quarante-cinq : tout le monde n’était pas présent. Tant pis, les retardataires prendraient le train en marche et resteraient debout à l’arrière.
« Messieurs, à 7h ce matin, l’une de nos patrouilles en reconnaissance au nord de notre position a repéré une activité suspecte au campement rimaurien. Les Rimauriens sont ici officiellement pour faire de l’humanitaire au Chandekolza. Arrivés quelques jours après nous, leur base aérienne est à peine installée et leur soutien logistique ne tient que par pont aérien depuis le Wazackstan. Nous imaginions alors que les Rimauriens étaient là pour débarquer de la nourriture, des fournitures médicales et autres matériaux nécessaires à la construction de leur campement … »
Le colonel projeta à l’écran les photos prises par le sergent Meesang. Les officiers échangèrent discrètement quelques mots, visiblement étonnés. Le colonel reprit rapidement la parole tandis que les retardataires franchissaient les tentures de la salle de réunion.
« Des dizaines de caisses d’armement ont été débarquées sur le tarmac rimaure et transportées dans les entrepôts de fortune installés à la va-vite par nos amis eurysiens. Force est de constater qu’ils sont plus prompts à débarquer du matériel militaire qu’à remplir leurs obligations vis-à-vis de la population du Chandekolza. Ces Rimauriens ont l’air bien pressé de faire transiter leur matériel vers d’autres zones et il ne faut pas être grand clerc pour savoir qu’ils comptent envoyer ce matériel vers la Ramchourie. A qui exactement ? On ne sait pas … Mais ce n’est pas tout. »
Il dévoila alors les photos prises par le sergent Meesang juste avant son déploiement au point Gamma 4. Les officiers laissèrent échapper des murmures réprobateurs, qui s’amplifièrent au point que le colonel du réclamer le calme. Sur les photos, des missiles balistiques, déchargés sur la base aérienne, visiblement en attente d’un autre transporteur. La situation, déjà inquiétante, devenait carrément stressante pour les Jashuriens, qui s’attendaient à tout, sauf ça.
« Comme vous pouvez le constater, les Rimauriens ne se contentent pas de faire leurs petites affaires en fournissant du matériel léger à la Ramchourie. Les voilà qui utilisent la base humanitaire prêtée par le Chandekolza pour acheminer des engins de destruction lourde sur des théâtres de guerre. La situation est suffisamment inquiétante pour que nous soyons obligés d’intervenir … Général-Brigadier ? »
La voix du Général-Brigadier se fit entendre dans le système de visio-conférence. L’homme, actuellement sur le porte-avion jashurien en faction près du Chandekolza, était entouré par l’Amirauté. Ils arboraient une mine grave mais résolue.
« L’Etat-major vient de consulter à l’instant le Ministre de la Défense. Nous avons reçu nos ordres. Ces armes ne doivent pas atteindre la Ramchourie. La guerre civile risquerait de d’embraser toute la région et de menacer la sécurité des populations voisines si les Ramchoures venaient à mettre la main sur un armement eurysien fourni par l’Etat rimaure. Le Ministre de la Défense, avec l’Etat-major, ont pris la décision de stopper le convoi aérien avant son décollage et de clouer l’aviation rimaurienne au sol. Aucun avion ne doit décoller du tarmac rimaurien jusqu’à nouvel ordre. Dans le même temps, nos forces spéciales vont intensifier les patrouilles autour du campement rimaurien afin de leur faire savoir notre présence. Les diplomates jashuriens sont en train de prévenir le gouvernement du Chandekolza de la présence d’armement lourd sur leur territoire, afin que cette interdiction prenne des allures officielles. Dans le même temps, la Sérénité vient de refiler l’info au Mođ'văntr chandekolzien et à l’IDEAS afin que les choses soient claires pour tout le monde.
- Excusez-moi, mon général-brigadier. Lieutenante Ellis Mehta. Que faire si les Rimauriens n’obtempèrent pas ?
- Nous mettons tout en œuvre pour qu’ils se plient à nos exigences, mais nous n’excluons pas le recours à la force. Toutefois, nous travaillons de concert avec le gouvernement chandekolzien pour le faire adhérer à nos vues sur la question. L’extension potentielle du conflit ramchoure en armant directement ses factions est un facteur d’instabilité qu’il nous faut à tout prix évincer avant que la situation ne dégénère. Il va de soi que nous marchons sur des œufs. Le soutien de la population local ne nous est pas encore acquis, mais nous avons pour nous le fait que nous avons délivré l’aide alimentaire promise et que nous sommes mieux implantés que les Rimauriens pour l’instant, du fait de la proximité de notre flotte et par notre capacité de ravitaillement. »
Les échanges continuèrent entre les représentants de l’Etat-major et des troupes au sol. Il apparut rapidement que l’idée de clouer l’aviation rimaure au sol était la meilleure solution pour éviter que ces armes ne finissent entre les mains d’une quelconque faction ramchoure. Plus les Ramchoures seraient armés et plus le conflit s’enliseraient dans un bourbier sanglant.
8h45 – Message adressé au Mođ'văntr chandekolzien et à l’IDEAS

/// Données à caractère confidentiel ///
Chers homologues.
Vous trouverez ci-joint les clichés photographiques réalisés ce matin sur le campement rimaurien de Jib-Outhi. Présence de matériel militaire en grande quantité. Présence de missiles balistiques. Destination possible : Ramchourie ?
Drôle d’aide humanitaire pour les Chandekolziens n’est-ce pas ?
/// Pièces jointes au message ///

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Message de la Quatrième Ambassadrice de la République du Jashuria
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A l'attention des estimés représentants du Chandekolza,
Vos Excellences,
Permettez-moi de vous adresser nos salutations de la part de la Troisième République du Jashuria et de ses représentants. Nous vous remercions chaleureusement de l’acceptation de votre gouvernement afin d’implanter une base militaire dédiée à l’aide humanitaire dans la région de Jib-Outhi. Notre personnel est en train de s’installer et nous prévoyons terminer notre installation complète d’ici quelques semaines. L’aide humanitaire promise a déjà été réceptionnée par les autorités régionales et nous avons grande hâte de poursuivre notre partenariat avec vous.
Malheureusement, ces nouvelles réjouissantes ont été ternies par une nouvelle des plus étranges. Nos patrouilles d’exploration, en mission dans le nord de notre base pour rencontrer les villages alentours, est tombée par hasard sur la base rimaurienne de Jib-Outhi. L’affaire aurait été totalement anodine et n’aurait pas nécessité que je prenne la plume si nous n’avions pas découvert que les militaires rimauriens, à peine débarqués, venaient de décharger des dizaines et des dizaines de caisses de matériel militaire et même, de surcroit, des missiles balistiques.
Vous conviendrez que la nouvelle nous choque quelque peu. Nous pensions que les Rimauriens étaient présents sur votre territoire pour aider votre peuple à sortir de l’insécurité alimentaire, pas pour installer des pas de tirs et faire du commerce d’armes. Il va de soi que nous avons immédiatement pensé à une tentative détournée de l’Etat rimaure d’abuser de votre confiance pour armer les factions ramchoures dans leur guerre civile. Vous conviendrez qu’il s’agit là d’une faute diplomatique de premier plan : nous ne nous permettrions pas de concourir à l’embrasement des troubles régionaux si un pays se décidait à accueillir notre personnel sur son sol.
La situation nous inquiète fortement, aussi souhaitons nous condamner officiellement les tentatives de l’Etat rimaure de faire du commerce d’armes dans la région en abusant de votre confiance. L’Etat-major jashurien ainsi que le Cercle Intérieur de la Troisième République du Jashuria, ont d’ores-et-déjà informé vos services de renseignements de cette tentative de militarisation à outrance et nous travaillons à faire en sorte que le convoi rimaurien ne décolle pas du Chandekolza.
Il va de soi que nous souhaitons coopérer avec le Chandekolza dans le règlement de cette faute diplomatique rimaurienne. Nous ne pouvons laisser l’Eurysie porter la guerre au cœur de notre continent sans réagir. Si nous laissons faire la Rimaurie, il est probable que nous assistions à une autre tragédie du Mokhaï. C’est pourquoi nous souhaitons vous aider à interdire aux Rimauriens de faire le commerce de leurs armes auprès des Ramchoures depuis le Chandekolza. Notre aviation se tient prête à interdire aux Rimauriens l’accès à l’espace aérien international.
Veuillez agréer, vos Excellences, l'expression de mes salutations distinguées.
Cordialement
Madame Parvati Mathai, Quatrième Ambassadrice du Jashuria

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Message de la Première Ambassadrice de la République du Jashuria
__________________________________________________________
A l'attention de monsieur Emanuel Wölfflin, en sa qualité de Ministre des Affaires Etrangères de l’Etat de Rimaurie
Votre Excellence,
Permettez-moi de vous adresser nos salutations de la part de la Troisième République du Jashuria et de ses représentants. Il est une coutume que nous trouvons fort plaisante dans nos contrées : quand un invité est accueilli par son hôte, l’hôte se doit de pourvoir aux besoins de son invité, et son invité se doit de se conformer aux règles de l’hôte. Ainsi, il est particulièrement bien vu, lorsque l’on est soi-même reçu, de ne pas attenter à la paix et à la sérénité du foyer qui vous accueille.
Nous pensions que cette tradition était suivie aussi bien par nos voisins que par les lointaines contrées d’Eurysie. Quelle ne fut pas notre surprise d’apprendre ce matin, par le biais de nos forces stationnées à Jib-Outhi, que vos propres forces souillaient de leurs pieds cette tradition millénaire de l’hospitalité. Votre Excellence, comment interpréter la présence de missiles balistiques sur un territoire qui requiert de l’aide humanitaire d’urgence ? Peut être vous êtes vous trompés dans votre envoi et avez-vous confondu le riz, l’aide médicale et les objets de première nécessité avec des missiles balistiques. Je vous avoue que la ressemblance est assez confondante, mais nous sommes habitués à mieux de la part des Eurysiens quant aux contenus de leurs colis.
Permettez-moi d’être claire. Nous travaillons actuellement main dans la main avec le gouvernement chandekolzien pour saisir les armes que vous vous apprêtez à expédier dans ce qui nous apparaît être le théâtre d’opération ramchoure, alimentant du même coup la guerre civile qui s’y déroule. Une telle infamie ne saurait être tolérée. Il est hors de question que votre nation donne des armes de destruction aux factionnaires. La région a besoin de paix et de stabilité, et vous vous apprêtez à rajouter de l’huile sur le feu. Considérez par la présente, que vos unités seront clouées au sol tant que nous n’aurons pas d’explications sur la présence de missiles balistiques et de matériel militaire lourd sur le sol chandekolzien.
Votre Excellence, je tiens à vous offrir une porte de sortie dans cette affaire des plus préjudiciables pour votre Etat. Désarmez vos missiles, confiez votre matériel à l’armée du Chandekolza et vous serez autorisés à repartir du pays. Dans le cas contraire, nous nous assurerons de faire respecter la paix au Nazum. Les profiteurs de guerre et les marchands de mort n’ont pas le droit de cité par ici.
Veuillez agréer, vos Excellences, l'expression de mes salutations distinguées.
Cordialement
Madame Lalana Preecha, Première Ambassadrice du Jashuria
Message secret Information secrète réservée aux personnes autorisées
« Mon colonel. Le rapport vient d’arriver.
- Repos lieutenant. Montrez-moi ça."
Le colonel Rangsan Apichart récupéra sur la table le rapport enveloppé dans une chemise brune et entreprit d’en extraire le contenu sur la table de briefing. Les photos furent étalées, tandis qu’une carte de la région de Jib-Outhi était dressée. Le colonel parut perplexe. Au-dehors, les soldats, les ouvriers et les ingénieurs s’affairaient à dresser les clotures de la base militaire prêtée par les Chandekolziens en échange d’une aide alimentaire. Les militaires mettaient un point d’honneur à sécuriser le périmètre tandis que les ouvriers faisaient en sorte que les bulldozers civils creusaient les fossés qui serviraient à placer les barbelés.
Il ne fallut pas longtemps avant que des officiers de liaison et de communication ne se pressent autour de la table de briefing. Les Jashuriens sentaient que la patrouille de reconnaissance avait réussi à tomber sur quelque chose de suffisamment croustillant pour transformer cette mission humanitaire en quelque chose de plus intéressant. Le colonel prit connaissance du rapport écrit, griffonna quelques notes sur un cahier, et consulta quelques clichés avant de se tourner vers l’assemblée.
« Messieurs, les informations de la patrouille n°3 viennent de tomber. Nous avons un souci avec les Rimauriens dans la région. »
Les officiers se regardèrent interloqués. Les Rimauriens étaient bien les derniers que les Jashuriens auraient penser trouver dans la région, mais la rumeur de leur aide humanitaire leur était au moins parvenue aux oreilles. Mais si la patrouille rapportait des nouvelles intéressantes, ce n’était probablement pour rapporter la présence de sac de riz ou de harengs en boite. Il y avait autre chose. Et c’était ce autre chose qui rendait les officiers fébriles et curieux. Le colonel Apichart s’éclaircit la voix avant de lustrer sa moustache de vieux briscard.
« A 6 heures et 35 minutes ce matin, notre patrouille n°3 dans la région a relevé une série de mouvements inhabituels sur le radar, suffisamment pour attirer son attention. Profitant du couvert matinal, le sergent Kolatee Meesang et ses hommes ont réussi à traquer la source des perturbations et ont remonté la piste jusqu’au campement rimaurien plus à l’est. Visiblement, les Rimauriens nous cachent quelque chose, car selon ces clichés, ce ne sont pas des vivres qui ont été débarqués, mais des caisses militaires. »
Il pointa du doigt les clichés pris par la patrouille. Sous la lumière des spotlights rimauriens, il était facile de comprendre ce qui venait d’être débarqué : du matériel militaire. D’ordinaire, cette situation n’aurait pas gêné les Jashuriens, mais …
« Au vu du rapport, leur petit manège a duré une bonne heure et les clichés ne trompent pas. Nous sommes face à une véritable armurerie. Celle-ci a été placée dans les entrepôts, côté sud de la base. La patrouille s’est repliée avant d’être repérée par les Rimauriens au petit jour. Je ne vous cache pas que cette situation rend notre petite expédition de plus en plus intéressante. L’Etat-major va vouloir savoir où vont ces armes et ce assez rapidement, afin d’être sûr que nous ne nous retrouvions pas sur un nouveau scénario Mokhaï. »
Les autres officiers échangèrent des regards entendus. Tout le monde avait en mémoire l’engagement du Jashuria au Mokhai et de la destruction complète de la force loduarienne. La Loduarie avait commis l’erreur d’économiser sur la logistique. Les Rimauriens, quant à eux, semblaient avoir compris le principe de la logistique, ce qui les classait au moins au niveau des dauphins, mais le principal problème était de savoir pourquoi ces armes étaient arrivées par convoi aérien et à qui elles étaient destinées. La première hypothèse était que ces armes étaient pour des séparatistes chandekolziens, mais cela ne collait pas avec la situation politique actuelle du pays. Les seuls pays en situation de conflit ces derniers mois étaient la Ramchourie et le Zijian. La Troisième République du Jashuria était restée en retrait par rapport à ce conflit, estimant que les Ramchouriens devaient régler leurs problèmes entre eux, mais si les Eurysiens commençaient à mettre leur nez dedans, il serait peut-être nécessaire de leur rappeler les règles élémentaires de la politesse : quand on s’invite chez son voisin, on ne chie pas sur son paillasson.
La force militaire jashurienne basée au Chandekolza n’était pas particulièrement grande, mais suffisamment armée pour assurer sa mission et défendre sa position. La base jashurienne était avant tout un avant-poste visant à assurer une aide alimentaire et logistique à Jib-Outhi, mais les Jashuriens savaient qu’il valait mieux renforcer la sécurité de ces installations, après plusieurs déconvenues dans les territoires à l’extérieur du pays. Entre les ouvriers, les ingénieurs agronomes, et les militaires, la base grouillait suffisamment de personnel et de choses à faire pour que le site puisse être transformé en une véritable place-forte en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire. Arrivés bien avant les Rimauriens, les Jashuriens étaient à pied d’œuvre pour finaliser les installations civiles et militaires, tandis que les Rimauriens venaient à peine de débarquer (ils étaient arrivés deux semaines après les Jashuriens, la distance n’aidant pas). Il était donc assez préoccupant de voir les Rimauriens acheminer autant de matériel militaire alors que leur propre base en était encore au stade de la construction.
« Officiers, par mesure de sécurité, nous allons étendre notre réseau de patrouilles dans les environs et maintenir les escouades sur place autour des Rimauriens. Ceux-ci ne nous ont visiblement pas encore repéré. Profitons de ces quelques heures pour collecter le maximum d’information avant qu’ils ne s’aperçoivent de notre présence. Nous allons avoir besoin de nous connecter sur leurs fréquences. Major Douangmala, prenez contact avec l’Etat-major. Je veux deux interprètes rimauriens sur place une fois que nous serons branchés sur leur réseau. Capitaine Thonemany, vous aiderez le major à coordonner l’équipe de communications pour vous brancher sur les fréquences rimauriennes. Voyez avec le sergent Meesang s’il peut vous mettre en contact avec les locaux. Les Rimauriens ont nécessairement dû se brancher quelque part en attendant de pouvoir alimenter leur base en propre. Les locaux doivent savoir d’où ils tirent le jus de leur base. Lieutenant Mehta, organisez les troupes au sol et prenez contact avec la flotte au large. Que leur aviation soit sur le qui-vive. Je veux savoir ce que les Rimauriens comptent faire de toutes ces armes avant qu’elles ne quittent le territoire. Vous pouvez disposer. »
Les officiers quittèrent la table de briefing et se dirigèrent vers leurs postes de travail, afin de coordonner les mouvements de l’armée jashurienne. Le colonel Apichart exigea une communication directe avec le bureau du général-brigadier Jivin Bhansali, en charge des opérations extérieures sur le territoire chandekolzien. L’homme était actuellement sur le porte-avion qui mouillait au large des côtes chandekolziennes, où il s’occupait de la coordination entre la Marine, l’Aviation et les forces terrestres avec les civils. Le voyant de la ligne sécurisée s’alluma et l’officier de liaison donna le « go » à Apichart.
« Mon Général-brigadier, nous avons un problème … »
8h30 – 5 kilomètres est de la base rimaurienne – point Gamma 3 – altitude 231m
Ses équipiers étaient en train de se désaltérer sous le couvert d’un gros rocher tandis que la première classe Seang Devi vérifiait sur une carte de la région les différents points d’observation pouvant être exploités pour améliorer la surveillance du périmètre rimaurien. Barsha commenta la situation d’un ton laconique à son sergent :
« Ils finissent de débarquer les dernières caisses, sergent. Vous voyez ces tentures là-bas ? Probablement des camions sous ces bâches … Leur entrepôt est trop petit pour tout ce matériel. Qu’est-ce qu’ils foutent ?
- Langage, caporale.
- Ouai, désolée sergent, concéda-t-elle en mâchonnant son chewing-gum. J’veux dire … on est loin de l’aide humanitaire là ? Vous allez pas m’faire croire que c’est du pain de guerre qu’ils transportent. Les gars du coin méritent pas un tel traitement. »
La remarque fit sourire le sergent Meesang, qui, derrière ses propres jumelles, observait avec amusement le grand chambardement qui agitait le camp rimaurien. Mais alors qu’il s’apprêtait à demander à ses troupes de lever le camp pour gagner un autre point d’observation, le sergent frappa l’épaule de la caporale.
« Regarde ça, Barsha, dit-il en pointant du doigt le tarmac improvisé des Rimauriens.
- Quoi ? Je fais qu’ça, regarder !
- Troisième avion sur le tarmac. C’est quoi ça ? Oh merde … »
La caporale Ambani focalisa son regard sur la baie de chargement du troisième avion de transport militaire et émit le même juron. Le sergent, trop étonné, ne releva pas l’injure. Il y avait de quoi être étonné … De tous les plans foireux que les Rimauriens auraient pu prévoir, rien n’avait préparé les Jashuriens à voir ceci.
« Non mais ils sont sérieux ?! beugla Seang, encore chamboulée par cette découverte.
- Je crois qu’ils sont sérieux, caporale, ajouta le sergent, plus circonspect. Regarde la taille de ces missiles. »
Les Rimauriens étaient en train de débarquer d’imposants missiles balistiques sur le sol chandekolzien. La situation était grave, et l’équipe du sergent Kolatee Meesang en avait parfaitement conscience. Il ne fallait pas être bien devin, ni très haut placé dans la hiérarchie militaire pour comprendre que la présence de missiles balistiques, même sans pas de tir, sur le sol chandekolzien, était de nature à déstabiliser toute la région. Qu’importe leur destination : la simple existence de ce matériel, sous couvert d’action humanitaire, était une affaire diplomatique et militaire grave. Le seul conflit actif dans la région étant celui de la Ramchourie, il ne fallut pas longtemps pour l’équipe d’additionner deux et deux pour comprendre que ces missiles étaient destinés à la Ramchourie. Pour quelle faction exactement ? Aucune idée … A moins qu’il ne s’agisse que de créer un pas de tir au Chandekolza – auquel cas la situation était encore plus grave.
« Sergent. Des ordres du QG. On doit bouger sur Gamma 4. D’autres équipes convergent vers notre position. L’affaire a visiblement irrité les huiles, déclara Seang Devi, visiblement inquiète de la suite des évènements. On recevra le reste des ordres en chemin.
- Notifiez-leur la présence de missiles balistiques. On leur envoie les photos rapidement.
- Compris sergent !
- Noté. Les gars, on replie le matériel. On bouge en Gamma 4. Devi, vous ouvrez la voie. »
8h45 – Base jashurienne de Jib-Outhi, Chandekolza
Les photos et les vidéos défilaient sur l’écran de la salle de visio-conférence installée dans les baraquements. Pour la créer, les Jashuriens avaient du pousser quelques tables et débrancher une partie des écrans pour aller les placer ailleurs, tout en ramenant quelques chaises complémentaires. C’était le problème des campements provisoires en attendant les installations en dur : il fallait toujours s’adapter en fonction des besoins du moment. Les officiers commissionnaires se pressèrent sur les chaises, la salle de réunion improvisée étant trop petite pour contenir toutes les parties concernées. Le colonel Rangsan Apichart était en train de collecter les dernières notes, avec en visio-conférence le général-brigadier Jivin Bhansali. Si tout le monde conservait son professionnalisme de façade, on pouvait sentir dans la pièce que l’air était chargé d’électricité. Huit heures quarante-cinq : tout le monde n’était pas présent. Tant pis, les retardataires prendraient le train en marche et resteraient debout à l’arrière.
« Messieurs, à 7h ce matin, l’une de nos patrouilles en reconnaissance au nord de notre position a repéré une activité suspecte au campement rimaurien. Les Rimauriens sont ici officiellement pour faire de l’humanitaire au Chandekolza. Arrivés quelques jours après nous, leur base aérienne est à peine installée et leur soutien logistique ne tient que par pont aérien depuis le Wazackstan. Nous imaginions alors que les Rimauriens étaient là pour débarquer de la nourriture, des fournitures médicales et autres matériaux nécessaires à la construction de leur campement … »
Le colonel projeta à l’écran les photos prises par le sergent Meesang. Les officiers échangèrent discrètement quelques mots, visiblement étonnés. Le colonel reprit rapidement la parole tandis que les retardataires franchissaient les tentures de la salle de réunion.
« Des dizaines de caisses d’armement ont été débarquées sur le tarmac rimaure et transportées dans les entrepôts de fortune installés à la va-vite par nos amis eurysiens. Force est de constater qu’ils sont plus prompts à débarquer du matériel militaire qu’à remplir leurs obligations vis-à-vis de la population du Chandekolza. Ces Rimauriens ont l’air bien pressé de faire transiter leur matériel vers d’autres zones et il ne faut pas être grand clerc pour savoir qu’ils comptent envoyer ce matériel vers la Ramchourie. A qui exactement ? On ne sait pas … Mais ce n’est pas tout. »
Il dévoila alors les photos prises par le sergent Meesang juste avant son déploiement au point Gamma 4. Les officiers laissèrent échapper des murmures réprobateurs, qui s’amplifièrent au point que le colonel du réclamer le calme. Sur les photos, des missiles balistiques, déchargés sur la base aérienne, visiblement en attente d’un autre transporteur. La situation, déjà inquiétante, devenait carrément stressante pour les Jashuriens, qui s’attendaient à tout, sauf ça.
« Comme vous pouvez le constater, les Rimauriens ne se contentent pas de faire leurs petites affaires en fournissant du matériel léger à la Ramchourie. Les voilà qui utilisent la base humanitaire prêtée par le Chandekolza pour acheminer des engins de destruction lourde sur des théâtres de guerre. La situation est suffisamment inquiétante pour que nous soyons obligés d’intervenir … Général-Brigadier ? »
La voix du Général-Brigadier se fit entendre dans le système de visio-conférence. L’homme, actuellement sur le porte-avion jashurien en faction près du Chandekolza, était entouré par l’Amirauté. Ils arboraient une mine grave mais résolue.
« L’Etat-major vient de consulter à l’instant le Ministre de la Défense. Nous avons reçu nos ordres. Ces armes ne doivent pas atteindre la Ramchourie. La guerre civile risquerait de d’embraser toute la région et de menacer la sécurité des populations voisines si les Ramchoures venaient à mettre la main sur un armement eurysien fourni par l’Etat rimaure. Le Ministre de la Défense, avec l’Etat-major, ont pris la décision de stopper le convoi aérien avant son décollage et de clouer l’aviation rimaurienne au sol. Aucun avion ne doit décoller du tarmac rimaurien jusqu’à nouvel ordre. Dans le même temps, nos forces spéciales vont intensifier les patrouilles autour du campement rimaurien afin de leur faire savoir notre présence. Les diplomates jashuriens sont en train de prévenir le gouvernement du Chandekolza de la présence d’armement lourd sur leur territoire, afin que cette interdiction prenne des allures officielles. Dans le même temps, la Sérénité vient de refiler l’info au Mođ'văntr chandekolzien et à l’IDEAS afin que les choses soient claires pour tout le monde.
- Excusez-moi, mon général-brigadier. Lieutenante Ellis Mehta. Que faire si les Rimauriens n’obtempèrent pas ?
- Nous mettons tout en œuvre pour qu’ils se plient à nos exigences, mais nous n’excluons pas le recours à la force. Toutefois, nous travaillons de concert avec le gouvernement chandekolzien pour le faire adhérer à nos vues sur la question. L’extension potentielle du conflit ramchoure en armant directement ses factions est un facteur d’instabilité qu’il nous faut à tout prix évincer avant que la situation ne dégénère. Il va de soi que nous marchons sur des œufs. Le soutien de la population local ne nous est pas encore acquis, mais nous avons pour nous le fait que nous avons délivré l’aide alimentaire promise et que nous sommes mieux implantés que les Rimauriens pour l’instant, du fait de la proximité de notre flotte et par notre capacité de ravitaillement. »
Les échanges continuèrent entre les représentants de l’Etat-major et des troupes au sol. Il apparut rapidement que l’idée de clouer l’aviation rimaure au sol était la meilleure solution pour éviter que ces armes ne finissent entre les mains d’une quelconque faction ramchoure. Plus les Ramchoures seraient armés et plus le conflit s’enliseraient dans un bourbier sanglant.
8h45 – Message adressé au Mođ'văntr chandekolzien et à l’IDEAS

Chers homologues.
Vous trouverez ci-joint les clichés photographiques réalisés ce matin sur le campement rimaurien de Jib-Outhi. Présence de matériel militaire en grande quantité. Présence de missiles balistiques. Destination possible : Ramchourie ?
Drôle d’aide humanitaire pour les Chandekolziens n’est-ce pas ?
/// Pièces jointes au message ///

Vos Excellences,
Permettez-moi de vous adresser nos salutations de la part de la Troisième République du Jashuria et de ses représentants. Nous vous remercions chaleureusement de l’acceptation de votre gouvernement afin d’implanter une base militaire dédiée à l’aide humanitaire dans la région de Jib-Outhi. Notre personnel est en train de s’installer et nous prévoyons terminer notre installation complète d’ici quelques semaines. L’aide humanitaire promise a déjà été réceptionnée par les autorités régionales et nous avons grande hâte de poursuivre notre partenariat avec vous.
Malheureusement, ces nouvelles réjouissantes ont été ternies par une nouvelle des plus étranges. Nos patrouilles d’exploration, en mission dans le nord de notre base pour rencontrer les villages alentours, est tombée par hasard sur la base rimaurienne de Jib-Outhi. L’affaire aurait été totalement anodine et n’aurait pas nécessité que je prenne la plume si nous n’avions pas découvert que les militaires rimauriens, à peine débarqués, venaient de décharger des dizaines et des dizaines de caisses de matériel militaire et même, de surcroit, des missiles balistiques.
Vous conviendrez que la nouvelle nous choque quelque peu. Nous pensions que les Rimauriens étaient présents sur votre territoire pour aider votre peuple à sortir de l’insécurité alimentaire, pas pour installer des pas de tirs et faire du commerce d’armes. Il va de soi que nous avons immédiatement pensé à une tentative détournée de l’Etat rimaure d’abuser de votre confiance pour armer les factions ramchoures dans leur guerre civile. Vous conviendrez qu’il s’agit là d’une faute diplomatique de premier plan : nous ne nous permettrions pas de concourir à l’embrasement des troubles régionaux si un pays se décidait à accueillir notre personnel sur son sol.
La situation nous inquiète fortement, aussi souhaitons nous condamner officiellement les tentatives de l’Etat rimaure de faire du commerce d’armes dans la région en abusant de votre confiance. L’Etat-major jashurien ainsi que le Cercle Intérieur de la Troisième République du Jashuria, ont d’ores-et-déjà informé vos services de renseignements de cette tentative de militarisation à outrance et nous travaillons à faire en sorte que le convoi rimaurien ne décolle pas du Chandekolza.
Il va de soi que nous souhaitons coopérer avec le Chandekolza dans le règlement de cette faute diplomatique rimaurienne. Nous ne pouvons laisser l’Eurysie porter la guerre au cœur de notre continent sans réagir. Si nous laissons faire la Rimaurie, il est probable que nous assistions à une autre tragédie du Mokhaï. C’est pourquoi nous souhaitons vous aider à interdire aux Rimauriens de faire le commerce de leurs armes auprès des Ramchoures depuis le Chandekolza. Notre aviation se tient prête à interdire aux Rimauriens l’accès à l’espace aérien international.
Veuillez agréer, vos Excellences, l'expression de mes salutations distinguées.
Cordialement

Votre Excellence,
Permettez-moi de vous adresser nos salutations de la part de la Troisième République du Jashuria et de ses représentants. Il est une coutume que nous trouvons fort plaisante dans nos contrées : quand un invité est accueilli par son hôte, l’hôte se doit de pourvoir aux besoins de son invité, et son invité se doit de se conformer aux règles de l’hôte. Ainsi, il est particulièrement bien vu, lorsque l’on est soi-même reçu, de ne pas attenter à la paix et à la sérénité du foyer qui vous accueille.
Nous pensions que cette tradition était suivie aussi bien par nos voisins que par les lointaines contrées d’Eurysie. Quelle ne fut pas notre surprise d’apprendre ce matin, par le biais de nos forces stationnées à Jib-Outhi, que vos propres forces souillaient de leurs pieds cette tradition millénaire de l’hospitalité. Votre Excellence, comment interpréter la présence de missiles balistiques sur un territoire qui requiert de l’aide humanitaire d’urgence ? Peut être vous êtes vous trompés dans votre envoi et avez-vous confondu le riz, l’aide médicale et les objets de première nécessité avec des missiles balistiques. Je vous avoue que la ressemblance est assez confondante, mais nous sommes habitués à mieux de la part des Eurysiens quant aux contenus de leurs colis.
Permettez-moi d’être claire. Nous travaillons actuellement main dans la main avec le gouvernement chandekolzien pour saisir les armes que vous vous apprêtez à expédier dans ce qui nous apparaît être le théâtre d’opération ramchoure, alimentant du même coup la guerre civile qui s’y déroule. Une telle infamie ne saurait être tolérée. Il est hors de question que votre nation donne des armes de destruction aux factionnaires. La région a besoin de paix et de stabilité, et vous vous apprêtez à rajouter de l’huile sur le feu. Considérez par la présente, que vos unités seront clouées au sol tant que nous n’aurons pas d’explications sur la présence de missiles balistiques et de matériel militaire lourd sur le sol chandekolzien.
Votre Excellence, je tiens à vous offrir une porte de sortie dans cette affaire des plus préjudiciables pour votre Etat. Désarmez vos missiles, confiez votre matériel à l’armée du Chandekolza et vous serez autorisés à repartir du pays. Dans le cas contraire, nous nous assurerons de faire respecter la paix au Nazum. Les profiteurs de guerre et les marchands de mort n’ont pas le droit de cité par ici.
Veuillez agréer, vos Excellences, l'expression de mes salutations distinguées.
Cordialement
Posté le : 16 nov. 2024 à 09:48:13
4941

La Troisième République du Jashuria, membre fondateur de l'ONC, moteur de la croissance économique du Nazum, et grande nation libérale et respectée a ouvert la voix et a été l'un des premiers pays à saisir l'opportunité d'investir en Chandelzoka.
Si les Jashuriens se sont montrés parmi les plus réactifs et prompts à apporter leurs généreuses contributions et avec eux les gages d'une solvabilité et d'une crédibilité solide parmi les acteurs financiers mondiaux, les représentants du monde privé ne sont pas en reste.
En effet, bien que le marché en Chandelzoka est selon la plupart des spécialistes en économie internationale encore "peu mature et inadapté à absorber une économie de marché trop violente au vu des disparités économiques et sociales encore trop prononcées", ce nouveau marché nazumi de plusieurs milliers de clients potentiels a de quoi aiguiser les appétits, et cela n'a pas échappé au conseil d'administration de la non moins célèbre multinationale leader dans l'industrie pharmaceutiques et des biotechnologies : la Thylacine Corporation.

En effet la célèbre firme des Provinces-Unies, deuxième capitalisation boursière, au logo du Loup Marsupial du Lofoten avait fait l'acquisition dès l'annonce de la création d'une base navale en Chandelzoka d'un terrain foncier adjacent au port, qui lui permettrait ainsi dans une futur plus ou moins proche de faire débarquer par cargos entiers ses produits et ses marchandises.
C'est ainsi que porté par un budget d'environ 300 Millions de ₭ (Dråkk) la société spécialisée dans les biotech a annoncé en grande pompe, sur le réseau social, Ritter® et dans un communiqué officiel, l'inauguration de la future usine de fabrication de l'Anthevox©, un analgésique puissant fréquemment utilisé dans le traitement de la douleur.
Adjacent à la future usine pharmaceutique, qui devrait pourvoir la région avec près de 800 emplois, une clinique, entièrement gérée par la Thylacine, mais qui bénéficiera de larges crédits et subventions publiques de la part de Pembertøn, sera également construite. D'après le porte-parole de l'entreprise, le Chandelzoka General Health Center sera une installation tout à fait innovante et bien entendu doté des dernières technologies et appareils dans le domaine du diagnostique et du traitement médical de certaines pathologies.

Voilà à quoi ressemblera l'un des 6 blocs opératoires de la future clinique Chandelzoka General Health Center
Sur Ritter® , le PDG de la Thylacine Corportation, Jürgen Applewhite se serait fendu d'un bref tweet "En Chandezolka, j'ai dépensé sans compté !"
Le Département d'Etat Fédéral aux Affaires Etrangères des Provinces-Unies du Lofoten, a lui aussi également communiqué en ce sens : "Nous, les Provinces-Unies, ont décidé de privilégier la rénovation du système de santé de l'Empire Anticolonial afin de préserver et garantir au peuple de cette nation, et particulièrement les habitants du Chandelzoka le droit aux soins de base et à la santé."
Cependant, une question persiste dans les têtes de beaucoup de citoyens lofotènes: pourquoi investir si loin dans le domaine de la santé en particulier ? Dans un discours tenu à ce sujet par l'un des hauts fonctionnaires du Département d'Etat, "Notre nation, avant de voir l'intérêt économique qu'il y a à investir dans un pays, voit avant toute chose l'intérêt humain. Un intérêt humain pour lequel elle est capable de fournir du personnel hautement qualifié, des expertises professionnelles, et du matériel de pointe. En investissant aujourd'hui pour contribuer au système de santé Chandelzokien, nous ne nous attendons pas dans l'immédiat à un quelconque retour sur investissement, mais nous répondons à un besoin primaire, essentiel, de dignité humaine des femmes et des hommes de du Chandelzoka qui pourront ainsi se faire soigner eux et leurs enfants par les meilleurs médecins et spécialistes "
Après plusieurs mois de travaux acharnés associant ingénieurs, spécialistes de milieu de la santé et ouvriers du bâtiment, la nouvelle clinique, sera très bientôt en mesure d'accueillir ses premiers médecins et infirmières et ses premiers patients.

En attendant, la première des actions des Provinces-Unies c'est bien entendu de répondre à l'urgence sanitaire immédiate. C'est donc l'ONG Unitaid qui sera en charge d'attribuer et gérer l'acheminement de l'aide humanitaire d'urgence, notamment de l'eau purifiée, de la nourriture lyophilisée et des rations compactes à haute valeur et densité nutritives, et bien entendu des fournitures médicales de base, afin de prodiguer à la population les premiers soins.

Un des dirigeables humanitaires de l'ONG lofotène Unitaid, présente mondialement dans plusieurs pays en voie de développement
Les premiers dirigeables humanitaires sont apparus dans le ciel du Chandelzoka, un spectacle peu commun et inhabituel pour la population locale, dont beaucoup, si ce n'est tous, n'avaient jamais réellement vus de vrais zeppelins d'aussi près et étaient impressionnés par ces appareils flottants impressionnants et volumineux, mais extrêmement silencieux et à la capacité de fret impressionnant.
Posté le : 16 nov. 2024 à 11:22:23
5380

Votre Excellence,
J’ai bien peur que vous ne compreniez pas dans quelle situation vous vous trouvez actuellement et j’ai bien peur que ce soient vos hommes sur place qui en fassent les frais tandis que vous vous prélassez dans votre bureau, drapé dans vos belles valeurs morales. Votre Excellence, vos mots nous prouvent que la diplomatie et la stratégie régionale rimaurienne sont pilotées par des enfants, à défaut d’adultes responsables. Permettez-moi, par la présente, d’éclairer votre lanterne concernant la portée de vos actes et la manière dont nous les percevons. Il sera grand temps, à la fin de mon argumentaire, de prendre les décisions qui s’imposent.
Commençons par le commencement, à savoir les relations diplomatiques qui nous unissent, afin que nous puissions replacer, comme vous le dites par chez vous, l’église au centre du village. La Rimaurie et le Jashuria n’entretenaient jusqu’à votre incartade, aucune relation diplomatique avec la Rimaurie. Nous n’avons aucun avis sur votre pays, et cette situation serait restée parfaitement neutre si vous n’aviez décidé de jouer dans ce que vous appelez à tort « notre pré carré ». Ainsi, lire que vous vous attendiez à ce que nous agissions alors que nous n’entretenons aucune relation diplomatique est assez ubuesque, mais peut être possédez vous des pouvoirs de divination. Pïre encore, si vous saviez avec exactitude quelle serait notre réaction, pourquoi avez-vous décidé d’envoyer vos hommes dans cette situation ? Etes-vous si irresponsable que le sort de vos hommes vous importe peu ?
Vous vous dites humaniste, et faites état de votre grandeur d’âme envers les populations chandekolzanes et ramchoures. Mais quelle hypocrisie de votre part ! Non seulement, vous avouez publiquement vouloir fournir des armes à une faction ramchoure, mais en plus, vous êtes fier de votre bêtise. Non content de penser que cela va régler la situation, vous vous imaginez qu’une guerre totale et unilatérale réglera la situation par la mort de tous les participants sauf votre énigmatique poulain ? Nous avions l’habitude des discours hallucinants des Listoniens, mais vous, vous remportez la palme d’or de l’ignominie. Dans quel univers pensez-vous que la violence la plus ignoble et la plus crasse résoudra la guerre civile qui mine la Ramchourie ? Et vous avez le culot d’abuser de la bonne foi des Chandekolzans pour livrer vos armes et transformer la base militaire humanitaire que ces gens vous ont offert en plateforme de livraison d’armes. Mais pour qui vous prenez-vous ?
Votre excellence, vos arguments sonnent creux et personne n’est dupe. Non content d’abuser de notre patience, vous mettez en péril la stabilité de la région en intervenant dans un contexte international auquel vous n’entendez rien et vous avez le culot de vous cacher derrière de grandes valeurs morales, dont tout le monde a pu voir qu’elle ne servait que de cache-misère à votre inconséquence. Livrer des armes aux factionnaires est le meilleur moyen pour que cette guerre ne se termine jamais car que se passera-t-il si d’autres nations ont la même idée que vous ? La Ramchourie deviendra un véritable champ de ruines et vous aurez participé à cette situation, ajoutant le nom de la Rimaurie à la liste des nations ignobles du globe. Pire encore, en agissant seul, au mépris de toute compréhension des enjeux locaux, vous vous aliénez l’intégralité des nations présentes dans la région.
Pire encore, non content de vous amusez à jouer au billard à quinze bandes avec un maillet, vous décidez d’utiliser le Chandekolza comme pas de tir pour vos missiles, afin de dissuader un potentiel envahisseur. Mais de quel envahisseur parle-t-on ? Le Chandekolza est une nation qui n’a aucun ennemi et qui ne demande que de l’aide alimentaire. Son territoire n’a pas à devenir une plaque tournante du commerce d’armes et encore moins un site de lancement de missiles. Vous êtes juste complètement irresponsable d’avoir apporté ces armes sur le territoire souverain d’une nation à qui vous aviez promis de l’aide alimentaire.
Dans la dernière partie de votre missive, vous demandez la tenue d’une rencontre diplomatique entre nos deux nations, avec le Chandekolza comme médiateur. Je suis au regret de vous informer que la Rimaurie n’est pas en position de négocier quoi que ce soit, alors voici nos exigences. Vos militaires seront libres de quitter le Chandekolza sain et sauf s’ils démantèlent les missiles balistiques et confient l’armement entré illégalement au Chandekolza et destiné aux Ramchoures au gouvernement chandekolzan. Une fois ces exigences remplies, vos hommes seront autorisés à quitter le territoire.
Par la suite, afin que les relations que vous entretenez avec les Nazuméens soient tournées avec l’aide internationale et vers la paix uniquement, vous serez autorisé à maintenir une présence militaire dans la région de Jib-Outhi, sous la forme d’un contingent de 200 soldats maximum, armés d’armes légères et de transports légers. L’aviation rimaurienne transitant vers le Nazum devra débarquer obligatoirement dans notre base aérienne pour que son chargement soit contrôlé et tracé. Dans le même temps, et à titre de réparation envers le peuple chandekolzan que vous avez floué, vous doublerez l’aide alimentaire et médicale promise.
Considérez ces demandes comme une juste réparation envers le préjudice que vous avez commis en essayant d’apporter la guerre sur le continent. Et ne vous y trompez pas. Vous avez de la chance que nous soyons conciliants. Si l’Empire des Ushong vous était tombé dessus en premier, vos hommes seraient rentrés chez eux dans un sac mortuaire. En un sens, nous vous offrons une meilleure alternative, à la fois humaine et pacifique, à ce que d’autres auraient réglé par un bain de sang. Il vous appartient de saisir cette offre et de repartir sur des bases saines dans votre approche des questions géopolitiques nazuméennes.
Veuillez agréer, vos Excellences, l'expression de mes salutations distinguées.
Cordialement
Posté le : 16 nov. 2024 à 13:21:15
3392
25 janvier 2014 – 18h – Propos recueillis par l’algorithme Jashury-chan
/// INEDIT : OUVERTURE DE CAGNOTTE PEETCHI ///
A l’attention de notre estimable communauté de Jashury-chan et d’Icama-chan,
Comme vous le savez sans doute, le monde courre à sa perte et l’altruisme est devenu chose rare. Entre le remplacement secret des élus alguarenos par les geckos géants de Reverse-Communaterra et le complot secret ourdi par les fidèles de Nemo II pour reprendre le trône d’Albigärk, notre monde courre à la ruine ! Pourtant, dans les ténèbres et les tréfonds de l’internet mondial, notre communauté a toujours su faire table rase de ses luttes intestines pour agir lorsque la situation se faisait sentir. Nos communautés, souvent vindicatives les unes par rapport aux autres, ont toujours sur faire triompher le Bien et agir lorsque la situation l’exigeait, pour prouver au monde entier que dans lorsque la nuit est sombre et pleine de terreur, des gens sont capables de porter le flambeau de l’espoir et de la vérité.
Mesdames, messieurs, bots en tous genre et être désincarnés qui hantent le web ; la communauté de Jashury-chan et d’Icama-chan a besoin de vous en ces temps troublés. A l’heure où nous parlons, une situation dramatique se déroule dans la région de Jib-Outhi, au Chandekolza. Une situation dramatique, qui a suscité l’émoi des membres les plus estimables de nos communautés et qui nous pousse à agir ! Car la situation est dramatique. Au moment où nous écrivons ces lignes, plus d’une centaine de soldats rimauriens font face à une pénurie alimentaire sans précédent dans la région de Jib-Outhi. Ces pauvres soldats, débarqués la veille, sont dans une situation sanitaire et alimentaire telle qu’ils en sont réduits à lécher la rosée sur le canon de leurs armes pour survivre. Pire encore … s’étant établis dans une région marécageuse, les pauvres rimauriens n’ont même pas reçu le matériel nécessaire à la viabilisation de leur base, ce qui fait que leurs conditions sanitaires sont déplorables.
Cette situation humanitaire dramatique nous interpelle et nous oblige. Sans un soutien alimentaire immédiat, le corps expéditionnaire de la Rimaurie risque de mourir de soif et de faim dans des marais insalubres. La situation est telle que même nos amis chandekolzans ont pris en pitié les soldats rimauriens et décidé de participer, même symboliquement, à notre projet. Chère communauté, en ces temps troublés, nous ne pouvons rester sans réagir face à une telle catastrophe sanitaire et humanitaire : nous DEVONS, au nom de notre humanité et de ce qui de plus noble en nous, aider les Rimauriens à s’en sortir ! N’y allons pas par quatre chemins :
LES RIMAURIENS ONT BESOIN D’UNE AIDE HUMANITAIRE.
C’est pourquoi les membres de la communauté Jashury-chan et Icama-chan ont besoin de votre aide financière. Afin d’aider les soldats rimauriens à survivre dans cet environnement hostile, nous devons leur fournir de la nourriture et des boissons à intervalles réguliers, afin que leurs besoins de base puissent être assurés. C’est pourquoi, nous proposons cette cagnotte Peetchy afin de financer la livraison aéroportée des biens suivants :
- Une caisse de pâtes de fruits jashuriennes
- Une caisse de Guarana Niverea[/list]
La cagnotte nous servira à financer l’achat des pâtes de fruits et du Guarana Niverea et à payer les frais de livraison à l’international. Nous ne vous cachons pas que les frais sont élevés, mais la situation humanitaire est trop grave pour que nous ne mettions pas tous le poids du corps sur ce sujet. Nous faisons donc appel à votre bienveillance et à votre amour de votre prochain. Aidez les soldats rimauriens à survivre, si isolés et meurtris qu’ils font de la peine aux Chandekolzans. Faite appel à ce qu’il y a de meilleur en vous et aidez nous à financer ce projet. Nous pouvons rendre le monde meilleur ! Nous pouvons compter !
Chaque denier versé servira une cause juste ! Une cause humaine !
Nous comptons sur vous …
A l’attention de notre estimable communauté de Jashury-chan et d’Icama-chan,
Comme vous le savez sans doute, le monde courre à sa perte et l’altruisme est devenu chose rare. Entre le remplacement secret des élus alguarenos par les geckos géants de Reverse-Communaterra et le complot secret ourdi par les fidèles de Nemo II pour reprendre le trône d’Albigärk, notre monde courre à la ruine ! Pourtant, dans les ténèbres et les tréfonds de l’internet mondial, notre communauté a toujours su faire table rase de ses luttes intestines pour agir lorsque la situation se faisait sentir. Nos communautés, souvent vindicatives les unes par rapport aux autres, ont toujours sur faire triompher le Bien et agir lorsque la situation l’exigeait, pour prouver au monde entier que dans lorsque la nuit est sombre et pleine de terreur, des gens sont capables de porter le flambeau de l’espoir et de la vérité.
Mesdames, messieurs, bots en tous genre et être désincarnés qui hantent le web ; la communauté de Jashury-chan et d’Icama-chan a besoin de vous en ces temps troublés. A l’heure où nous parlons, une situation dramatique se déroule dans la région de Jib-Outhi, au Chandekolza. Une situation dramatique, qui a suscité l’émoi des membres les plus estimables de nos communautés et qui nous pousse à agir ! Car la situation est dramatique. Au moment où nous écrivons ces lignes, plus d’une centaine de soldats rimauriens font face à une pénurie alimentaire sans précédent dans la région de Jib-Outhi. Ces pauvres soldats, débarqués la veille, sont dans une situation sanitaire et alimentaire telle qu’ils en sont réduits à lécher la rosée sur le canon de leurs armes pour survivre. Pire encore … s’étant établis dans une région marécageuse, les pauvres rimauriens n’ont même pas reçu le matériel nécessaire à la viabilisation de leur base, ce qui fait que leurs conditions sanitaires sont déplorables.
Cette situation humanitaire dramatique nous interpelle et nous oblige. Sans un soutien alimentaire immédiat, le corps expéditionnaire de la Rimaurie risque de mourir de soif et de faim dans des marais insalubres. La situation est telle que même nos amis chandekolzans ont pris en pitié les soldats rimauriens et décidé de participer, même symboliquement, à notre projet. Chère communauté, en ces temps troublés, nous ne pouvons rester sans réagir face à une telle catastrophe sanitaire et humanitaire : nous DEVONS, au nom de notre humanité et de ce qui de plus noble en nous, aider les Rimauriens à s’en sortir ! N’y allons pas par quatre chemins :
LES RIMAURIENS ONT BESOIN D’UNE AIDE HUMANITAIRE.
C’est pourquoi les membres de la communauté Jashury-chan et Icama-chan ont besoin de votre aide financière. Afin d’aider les soldats rimauriens à survivre dans cet environnement hostile, nous devons leur fournir de la nourriture et des boissons à intervalles réguliers, afin que leurs besoins de base puissent être assurés. C’est pourquoi, nous proposons cette cagnotte Peetchy afin de financer la livraison aéroportée des biens suivants :
- Une caisse de pâtes de fruits jashuriennes
- Une caisse de Guarana Niverea[/list]
La cagnotte nous servira à financer l’achat des pâtes de fruits et du Guarana Niverea et à payer les frais de livraison à l’international. Nous ne vous cachons pas que les frais sont élevés, mais la situation humanitaire est trop grave pour que nous ne mettions pas tous le poids du corps sur ce sujet. Nous faisons donc appel à votre bienveillance et à votre amour de votre prochain. Aidez les soldats rimauriens à survivre, si isolés et meurtris qu’ils font de la peine aux Chandekolzans. Faite appel à ce qu’il y a de meilleur en vous et aidez nous à financer ce projet. Nous pouvons rendre le monde meilleur ! Nous pouvons compter !
Chaque denier versé servira une cause juste ! Une cause humaine !
Nous comptons sur vous …
Posté le : 17 nov. 2024 à 20:49:56
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Île de Sainte-Gunhild - Base navale des Provinces-Unies au Chandekolza

La concession territoriale dans les îles Đống cát, un grand regroupement d'atolls situé dans les eaux territoriales du Chandekolza accordée aux Provinces-Unies avait d’ores et déjà été aménagée pour y accueillir l’une des plus grande bases navales de la région.
La flotte Lofotène était imposante, il avait été décidée que seule la Sørligeflåten stationnairement dans les îles Đống cát au Nazum, et un des atolls présentait toutes les caractéristiques géologiques et topographiques adéquates, et bénéficiait ainsi d’une position stratégique non seulement dans le Nazum, mais également non loin de l’Afarée de l’Est. Un dispositif qui complèterait ainsi la base militaire au Bajusid , sans oublier les points de repli que constituent les ports du Jashuria, particulièrement adaptés pour les grand navires de guerre, la flotte de la Troisième République étant l’une des mieux dotées et plus nombreuses du monde.
Il s’agissait donc de l’une des îles les plus septentrionales, enfin, il serait plus juste et pertinent de parler davantage d’îlot, voir d'atoll. Une paillette rocheuse perdu dans l’immensité de l’océan, s’apparentant à un un récif corallien partiellement submergé, sur lequel l’UP Navy avait jeté son dévolu. Austère, inhabité, avec une faune et une flore plutôt limitée.
Mais pourquoi donc la fédération d’Aleucie du Nord s’aventurait aussi loin de ses bases habituelles et de sa sphère d’influence, d’autant plus que les Lofotènes n’étaient pas des plus confortables et habitués de ces climats tropicaux et humides, très loin des latitudes polaires auxquels les Lofotènes sont réputés imbattables. Et bien parce que d’après plusieurs experts en géostratégie, et d’anciens agents et analystes du F.S.D, cette base dans l’Ouest-Nazum jouerait un rôle clé dans la projection de puissance dans la région, facilitant des opérations de surveillance, de dissuasion et de réponse rapide, là où les Provinces-Unies sont pour le moment totalement absentes, et se reposent entièrement sur les capacités strarégiques du Jashuria, qui jusqu’à aujourd’hui ont toujours fait le job . mais n’est t on pas mieux servi que par soi-même ? En outre, cette île servirait aussi de point de contrôle dans l’une des routes commerciales les plus fréquentées du monde.
Les travaux avaient été réalisés en un temps record à l’aide des ingénieurs de la NorthStream Power, habitués des travaux publics en milieu difficile, et par les architectes indisutriels de la United Oil, habitués à construire des installations et infrastructures artificielles en pleine mer, ce que l’on appelle les stations off-shore. La major pétrolière lofotène avait une grande expertise dans le domaine, puisque 90% de ses forages en Mer du Ponant, en Aleucie du Nord, était composée de ces station d’extraction et de forage montée sur pilotis au beau milieu d’une mer gelée et tumultueuse qui met ces structures à rude épreuve.
Renforcé par des structures artificielles, l’île n’avait plus rien à voir avec l’atoll originel. Elargie par des travaux de remblaiement importants pour accueillir une infrastructure militaire et aéronavale, elle avait été rebaptisée Île Sainte-Gunhild, du nom de l’une des guerrières Valkyrie qui accompagne la Déesse Freyja.
La nouvelle base aéronavale est entourée de lagons peu profonds, accessibles uniquement par des chenaux qui ont été soigneusement dragués par les navires -dragueurs de la United Oil.
La base était composée d’une piste d'atterrissage en béton, longue de 2 à 3 kilomètres, capable d'accueillir des chasseurs, des bombardiers ou des avions de transport militaire.
Des bunkers anti-missiles et des hangars pour protéger les avions, les véhicules et tout le matériel, équipements et armement que l’UP Navy souhaite protéger contre les attaques aériennes ou maritimes.
En ce qui concerne la défense, des systèmes de défense anti aérienne avec des batteries de missiles sol-air, des canons anti-aériens et des systèmes de défense côtière pour repousser toute menace maritime complètent et renforcent le dispositif militaire.
Au sein de la base, un centre Command & Watch (le nom des centres de commandes de l’armée lofotène) équipé des radars dernière génération afin de scruter l'espace aérien et maritime environnant, étant donné les tensions géopolitiques qui couvent au Nazum et en Afarée. Ce centre servirait pour le renseignement, les communications et la coordination des opérations, et notamment en vue et en anticipations des grandes manœuvres et exercices conjoints avec l’Allié Jashurien.
Mais c’est surtout le port militaire qui nourrit et suscite l’intérêt de l’UP Navy : Un quai adaptable et modulable, spécialement conçu accueillir des navires de guerre, incluant des destroyers, des croiseurs et des frégates. Une installation pour sous-marins a été construite, mais ses capacités sont limitées et ne peuvent accueillir que deux insubmersibles. Dans tous les cas, des patrouilles maritimes fréquentes, associées à, des drones de surveillance, seront mises en place afin d’assurer la sécurité et la souveraineté lofotène sur cette partie de l’archipel Đống cát. D’autant plus que l’affaire des missiles balistiques de la Rimaurie semblaient agiter de plus en plus les acteurs régionaux, et inquiéter légitimement la chancellerie du Jashuria. Si les Provinces-Unies n’avaient aucun grief ni motif d’inquiétude envers la Rimaurie, étant donné l’inexistence de contacts diplomatiques entre les deux nations, la république maritime d’Aleucie du Nord se tenait prête à parer à toute éventualité.

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La flotte Lofotène était imposante, il avait été décidée que seule la Sørligeflåten stationnairement dans les îles Đống cát au Nazum, et un des atolls présentait toutes les caractéristiques géologiques et topographiques adéquates, et bénéficiait ainsi d’une position stratégique non seulement dans le Nazum, mais également non loin de l’Afarée de l’Est. Un dispositif qui complèterait ainsi la base militaire au Bajusid , sans oublier les points de repli que constituent les ports du Jashuria, particulièrement adaptés pour les grand navires de guerre, la flotte de la Troisième République étant l’une des mieux dotées et plus nombreuses du monde.
Il s’agissait donc de l’une des îles les plus septentrionales, enfin, il serait plus juste et pertinent de parler davantage d’îlot, voir d'atoll. Une paillette rocheuse perdu dans l’immensité de l’océan, s’apparentant à un un récif corallien partiellement submergé, sur lequel l’UP Navy avait jeté son dévolu. Austère, inhabité, avec une faune et une flore plutôt limitée.
Mais pourquoi donc la fédération d’Aleucie du Nord s’aventurait aussi loin de ses bases habituelles et de sa sphère d’influence, d’autant plus que les Lofotènes n’étaient pas des plus confortables et habitués de ces climats tropicaux et humides, très loin des latitudes polaires auxquels les Lofotènes sont réputés imbattables. Et bien parce que d’après plusieurs experts en géostratégie, et d’anciens agents et analystes du F.S.D, cette base dans l’Ouest-Nazum jouerait un rôle clé dans la projection de puissance dans la région, facilitant des opérations de surveillance, de dissuasion et de réponse rapide, là où les Provinces-Unies sont pour le moment totalement absentes, et se reposent entièrement sur les capacités strarégiques du Jashuria, qui jusqu’à aujourd’hui ont toujours fait le job . mais n’est t on pas mieux servi que par soi-même ? En outre, cette île servirait aussi de point de contrôle dans l’une des routes commerciales les plus fréquentées du monde.
Les travaux avaient été réalisés en un temps record à l’aide des ingénieurs de la NorthStream Power, habitués des travaux publics en milieu difficile, et par les architectes indisutriels de la United Oil, habitués à construire des installations et infrastructures artificielles en pleine mer, ce que l’on appelle les stations off-shore. La major pétrolière lofotène avait une grande expertise dans le domaine, puisque 90% de ses forages en Mer du Ponant, en Aleucie du Nord, était composée de ces station d’extraction et de forage montée sur pilotis au beau milieu d’une mer gelée et tumultueuse qui met ces structures à rude épreuve.
Renforcé par des structures artificielles, l’île n’avait plus rien à voir avec l’atoll originel. Elargie par des travaux de remblaiement importants pour accueillir une infrastructure militaire et aéronavale, elle avait été rebaptisée Île Sainte-Gunhild, du nom de l’une des guerrières Valkyrie qui accompagne la Déesse Freyja.
La nouvelle base aéronavale est entourée de lagons peu profonds, accessibles uniquement par des chenaux qui ont été soigneusement dragués par les navires -dragueurs de la United Oil.
La base était composée d’une piste d'atterrissage en béton, longue de 2 à 3 kilomètres, capable d'accueillir des chasseurs, des bombardiers ou des avions de transport militaire.
Des bunkers anti-missiles et des hangars pour protéger les avions, les véhicules et tout le matériel, équipements et armement que l’UP Navy souhaite protéger contre les attaques aériennes ou maritimes.
En ce qui concerne la défense, des systèmes de défense anti aérienne avec des batteries de missiles sol-air, des canons anti-aériens et des systèmes de défense côtière pour repousser toute menace maritime complètent et renforcent le dispositif militaire.
Au sein de la base, un centre Command & Watch (le nom des centres de commandes de l’armée lofotène) équipé des radars dernière génération afin de scruter l'espace aérien et maritime environnant, étant donné les tensions géopolitiques qui couvent au Nazum et en Afarée. Ce centre servirait pour le renseignement, les communications et la coordination des opérations, et notamment en vue et en anticipations des grandes manœuvres et exercices conjoints avec l’Allié Jashurien.
Mais c’est surtout le port militaire qui nourrit et suscite l’intérêt de l’UP Navy : Un quai adaptable et modulable, spécialement conçu accueillir des navires de guerre, incluant des destroyers, des croiseurs et des frégates. Une installation pour sous-marins a été construite, mais ses capacités sont limitées et ne peuvent accueillir que deux insubmersibles. Dans tous les cas, des patrouilles maritimes fréquentes, associées à, des drones de surveillance, seront mises en place afin d’assurer la sécurité et la souveraineté lofotène sur cette partie de l’archipel Đống cát. D’autant plus que l’affaire des missiles balistiques de la Rimaurie semblaient agiter de plus en plus les acteurs régionaux, et inquiéter légitimement la chancellerie du Jashuria. Si les Provinces-Unies n’avaient aucun grief ni motif d’inquiétude envers la Rimaurie, étant donné l’inexistence de contacts diplomatiques entre les deux nations, la république maritime d’Aleucie du Nord se tenait prête à parer à toute éventualité.

Posté le : 22 nov. 2024 à 11:57:32
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Dans un contexte où l’Empire de Belograd défend avec fierté son isolationnisme et sa souveraineté, le territoire de Bay, située en Nazum chinois, fait face à des menaces persistantes venant de groupes exilés au Zonghaï. Ces individus, prétendument des sois disant "réel Bayens", ne sont que des éléments perturbateurs expulsés par le Tsar pour leur opposition à l’ordre et pour leur culture. Aujourd’hui, ils revendiquent illégitimement le territoire de Bay, mettant en péril la paix dans la région.
Les soi-disant "Bayens", établis dans le pays voisin du Zonghaï, profitent de leur statut de réfugiés pour propager des discours contre l'Empire. Ces individus ont été exilés il y a plusieurs décennies par le Tsar en raison de leur incapacité à respecter les lois impériales et leur refus d’adhérer aux valeurs patriotiques comme les autres indigènes des differentes colonies.
Cependant, ces groupes exilés, soutenus par des puissances extérieures notamment le Zonghaï et l'Empire anti colonial (ce pays abrite aussi des faux bayens)cherchant à déstabiliser l’Empire, tentent aujourd’hui de franchir les frontières et de troubler l’ordre établi.
Face à cette menace, l’Empire de Belograd a immédiatement mobilisé ses agents de sécurité et ses forces armées pour protégere territoire de Bay. Des barrages routiers, des drones de surveillance et des patrouilles constantes ont été déployés pour empêcher toute infiltration.
"Chaque centimètre du territoire de Bay est sacré et sera défendu avec une détermination sans faille", a déclaré un génerale. Les postes frontaliers entre Bay et le Zonghaï ont été renforcés avec des dispositifs, garantissant qu’aucun de ces éléments indésirables ne puisse pénétrer dans la colonie.
L’Empire de Belograd rejette catégoriquement les revendications de ces "faux Bayens". Le territoire de Bay appartient de manière légitime et historique à l’Empire. Depuis son annexion, Bay a connu un développement fulgurant grâce aux investissements impériaux et à la discipline imposée par le régime tsariste. Ces prétendants exilés n’ont aucun droit de troubler cette prospérité.
Le Tsar appelle les citoyens loyaux de Bay à rester vigilants et à coopérer avec les forces de l’ordre pour signaler toute tentative d’infiltration , heuresement cela n'arrivera jamais. La population de Bay, qui bénéficie de l’ordre , sait pertinemment que la paix et actuelles sont le fruit de la politiqe de Belograd.
L’Empire de Belograd : une forteresse imprenable
Cette crise souligne une fois de plus la nécessité pour Belograd de maintenir son modèle de fermeture. Tout comme ses frontières nationales, les territoires impériaux sont protégés par une surveillance rigoureuse et une discipline inébranlable.
Le Zonghaï et l'Empire anti colonial doivent comprendre que l’Empire de Belograd ne cèdera pas un millimètre de sa souveraineté. La colonie de Bay restera une partie intégrante et inviolable de l’Empire, à l’abri des influences extérieures et des ambitions illégitimes.

Posté le : 30 nov. 2024 à 16:52:03
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La station pétrolière off-shore "Earthkiller II", la première dans la région du Chandekolza, dont la United Oil espère bien en exploiter la maximum de ses réserves avant l'arrivée d'autres acteurs du secteur
Dans l'hélicoptère de la United Oil, confortablement et luxueusement aménagé pour satisfaire un certain goût immodéré pour le style baroque et opulent, Søren Silvertrüpp, PDG de la 3ème compagnie pétrolière mondiale révisait et peaufinait encore une dernière fois son discours, chiffonnant nerveusement plusieurs feuilles qu'on avait écrites pour lui. En face de lui, plusieurs conseillers en communication, son porte-parole et son interprète étaient également en train de s'affairer, certains probablement davantage en train de gesticuler plus que de raison afin de simuler une quelconque activité plutôt de que travailler réellement sur un sujet.

"Bon ils sont tous là, les élus locaux, les employés, leurs familles, comme j'avais demandé"
"Oui monsieur ils seront tous là, nous avons même pris l'initiative d'inviter des habitants autochtones des îles Đống cát, cela n'a pas été compliqué, pour eux, cela s'apparente presque à une visite touristique comme ils n'en n'ont jamais eu"
"Génial, merci Kevin !"
"Heu..non moi c'est Marty, lui c'est Kevin"
"Nom de Zeus, Marty ! Où est Kévin ? ....Bref peu importe, et sinon, quels sont les chiffres de ma station, j'espère que j'en ai pour mon argent, elle m'a coûté un pognon de dingue. Je veux pomper tellement de barils du sous-sols du Chandekolza que je veux assécher la nappe en un temps record.. Ce qui est bien ici c'est que les écolos, ca existe pas, et que tous ces pauvres sont prêts à se damner et à vendre leur âme au diable pour les quelques miettes que je leur jetterais de ma table".
"Absolument, c'est merveilleux monsieur que nous ayons obtenu cette concession de forage en un temps record, les autorités du Chandekolza m'ont par ailleurs assuré que..."
Les chiffres Marty, bordel, les chiffres ! Fais moi bander avec les chiffres !
"Oh pardon, monsieur les derniers chiffres indiquent que nous devrions atteindre un débit de forage de plus de 1 million de barils par jour. Le Directeur Stampton a cependant fait état cependant de quelques défaillances fonctionnelles mineures au démarrage de la station, notamment en ce qui concerne la procédure de sécurité de purge du circuit secondaire de pompage hydraulique qui..."
"Non mais c'est qui ce gars franchement, Docteur "Comment faire un forage en toute sécurité " ? On s'en bats les reins de la sécurité. Je vous ais dis combien de barils je vais pouvoir extraire, vendre, et à quel point les actions de la United Oil vont grimper en flèche. Alors arrêtez de m'emmerder avec vos détails techniques auxquels je pige que dalle. Dites au Directeur Stampton de régler ça immédiatement ou je lui sucre son bonus mensuel. Je veux qu'il consacre tout son temps et son énergie à me pomper le maximum de brut en un temps record, je veux écraser ces crasseux raskenois d'Apex là, que ces pouilleux arrivistes me mangent dans la main ! "
"Oui monsieur, mais le Directeur Stampton a également mentionné des difficultés liées au recrutement de la main d'oeuvre locale, notamment des mécaniciens qualifiés et des techniciens en hydraulique, les habitants du Chandekolza sont bien moins qualifiés et compétents que nous le pensions. Cela pourrait entraîner une baisse lente mais significative à long terme de..."
"C'est incroyable, je paie ce type une fortune, et il est pas capable de recruter encore plus de gniakés pour serrer des écrous ! J'ai investi des milliards de Dråkks dans ce projet, et cela incluait des accords contractuels non officiels avec tous ces fonctionnaires locaux, j'ai fais pleuvoir plus de billets sur ces foutues îles que toute l'eau de la mousson sur 10 ans. Puis bon des îles, c'est vite dit, vous avez vu ce sont de véritables trous perdus au milieu de nulle part, alors que ces gniakés s'estiment heureux de recevoir plus d'argent qu'ils n'auraient jamais l'occasion de collecter durant toute leur misérable existence ! Bon Marty, réglez ça immédiatement, je veux que vous fassiez transférer du personnel compétent depuis les stations jashuriennes et kah-tanaises vers Chandekolza. Dites au Directeur Krenik de recruter davantage de Kah-tanais pour combler les manques, cela ne devrait pas être très compliqus avec les salaires mirobolants qu'on leur propose à ces foutus communistes en carton"
"Oui monsieur c'est noté, ah monsieur, on arrive, la station est en vue !"

L'hélicoptère flanqué aux couleurs de la compagnie pétrolière atterrit avec délicatesse sur le tarmac de l'héliport, grâce à des vents et alizés favorables. En contre-bas, sur le pont principal, une foule nombreuse et compacte, dont la moitié était des ouvriers et employés de la United Oil, reconnaissable à leur uniforme de travail jaune et et vert si caractéristique. L'ensemble des personnes présentes portaient un casque, équipement de sécurité obligatoire sur la station, tandis que des buffets avaient été dressé ainsi qu'une petite estrade et un pupitre où devait s'exprimer l'homme d'affaires, le plus riche entrepreneur des Provinces-Unies du Lofoten.
Arborant un sourire pincé et exagéré, des dents blanches rutilantes et un brushing impeccable, Søren Silvertrüpp, sous des applaudissements nourris, arriva en petites foulées jusqu'à l'estrade. Quelques photographes, des journalistes de médias locaux et quelques reporters des Provinces-Unies avaient été soigneusement sélectionnés et invités pour cette petite conférence de presse improvisée :

"Gooooooooooood mooooooooooooooorning Chandekolza !Ouais vous êtes super ! Merci, merci ! Et bien quelle ambiance, je ne pensais pas que l'on pouvait autant s'amuser sur une plate-forme pétrolière ! "
Silvertrüpp ! Silvertrüpp ! Silvertrüpp ! Silvertrüpp !
"Wahou, quel enthousiasme, j'en attendais pas moins des employés de ma plate-forme. Et quelle plate-forme, n'est-ce pas ? Je suis très heureux, et très fier, de vous avoir conviés à l'inauguration de la plus grande et la plus moderne station de forage pétrolière off-shore du Nazum ! Bienvenue sur Earthkiller II, le fruit de plusieurs dizaines d'années de recherche et de construction par les meilleurs ingénieurs et techniciens de la United Oil, forte d'une expertise indéniable en la matière ! Le monde entier nous envie nos belles stations off-shores, regardez moi ces beaux et grands tuyaux et là, regardez toutes ces..heu...trucs qui servent à pomper mon précieux brut
D'ailleurs je tiens à remercier nos hôtes, le gouvernement du Chandekolza ainsi que les représentants locaux des îles Đống cát ! Ah quel magnifique archipel, non mais vraiment, c'est le paradis ici ! J'y étais pas plus tard qu'hier, c'est super, si cela ne tenait qu'à moi je m'y installerais. Non mais plus sérieusement, Earthkiller II c'est une opportunité unique de développement de l'économie locale ! Vous les habitants du Chandekolza, et plus particulièrement ceux des îles Đống cát , vous êtes des personnes formidables, vous comprenez la valeur et l'importance de ce que nous faisons ici : nous assurons au monde la fourniture d'un produit essentiel et indispensable : le carburant nécessaire au moteur de la croissance mondiale, rien que ça ! Je remercie tout particulièrement les élus locaux des Đống cát , qui se sont montrés extrêmement coopératifs et très investis pour ce projet. Vous avez de bons élus, ils ont le sens des affaires eux au moins, c'est ça que j'aime !
Vous avez compris le sens du capitalisme, la notion de bénéfice, de retour sur investissement, et ce qui est bon pour la United Oil est bon pour vous ! Ne laissez pas ces abrutis communalistes et autres demeurés socialistes vous dirent le contraire. Ils en veulent à votre argent, ils en veulent à votre réussite, ils jalousent le fait que vous, vous avez fait le bon choix ! Vous avez été plus intelligents qu'eux. En même temps plus malin qu'un communaliste c'est pas très difficile, ils ont le QI d'une huître.
Et c'est un privilège croyez moi de bosser ici, et à ce titre, j'ai demandé expressément au Directeur Georges Stampton.... d'ailleurs c'est un super gars, il fait un excellent boulot, oh oui, où il est ...ah il est là, allez venez Georges on l'applaudit bien fort, voilà, super, bon c'est fini maintenant arrêtez d'aupplaudir. Bon j'en étais où ? Ah oui ui je disais que j'ai demandé au Directeur Stampton d'augmenter tous les salaires sans exception de 2,5% et de doubler votre prime d’intéressement mensuel indexée sur le volume de brut extrait lissé sur la moyenne mensuelle mobile des 12 derniers mois......en gros vous allez vous faire un beau paquet de fric, vous allez pouvoir vous acheter une bagnole, vous faire construire une piscine, achetez des fringues à votre bonne femme, et peut être même enfin commencer à manger de la bouffe décente. Non parce que bon faut pas se mentir, la cuisine c'est pas votre fort. La nuit dernière à l'hôtel j'ai eu une de ces chiasses là, je sais pas comment vous faites pour bouffer vos trucs là..enfin pardon je m'égare.
Et oui, et oui, on est comme ça à la United Oil. Et surtout n'hésitez pas à en parler autour de vous ! Nous recrutons !
Alors oui, oui, j'entends d'ici les critiques de certains écolos et défenseurs de la nature en tout genre qui disent qu'on détruit la planète, qu'on extrait des énergies fossiles salissantes et nocives blabla...ben voyons et comment qu'ils croient tous ces défenseurs de bébés phoques qu'on finance et qu'on construit les panneaux solaires, les éoliennes, les hydroliennes qui coûtent un pognon de dingue ? Hein comment ? Et bien moi je vais vous le dire moi ! Et bien oui c'est grâce à aux bénéfices substantiels et prolifiques de l'industrie pétrolière ! Ces bouffeurs de quinoa et branleurs de loutre ont beau jeu de pointer du doigt la méchante United Oil, ces putains de gauchos, ils me font bien rire quand je les vois aller à la pompe de leur station service pour remplir le tank de leur SUV hybride !
Oui je plaide pour qu'un vent de libéralisme économique souffle enfin sur le Chandekolza, car vous le méritez mes amis. L’entreprenariat n'est pas une insulte, faire de l'argent n'est ni indigne ni déshonorant ! Je vous le dis mes amis, chers employés de la United Oil, ENRICHISSEZ-VOUS !
Et envoyer chier tout ceux qui vous disent le contraire ! Moi le capitalisme, je trouve ça bandant, pas vous ?
Bon, je n'ai qu'un seul but, vous offrir la prospérité. Je n'ai qu'un seul objectif : faire de l'argent, pour que vous, vos familles, vos enfants, et même les enfants de vos enfants aient l'assurance et la garantie d'un boulot stable, rémunérateur, et presque sans risques !
Earthkiller II n'est que le prélude, je vous annonce très officiellement que nous allons multiplier les investissements dans les îles Đống cát, avec la création massive d'emplois pérennes ! Il est temps que les Provinces-Unies et le Chandekolza, qui ont bien plus de points communs qu'ils ne le pensent, deviennent les centrales énergétiques de l'économie mondiale, selon un axe de prospérité Aleucie-Nazum !
Vous êtes formidables ! Bon allez assez parlez, profiter pour dégustez un peu de champagne ! Allez petits fours pour tout le monde ! Puis surtout après vous retournez bosser fissa, cette station va pas tourner toute seule hein ? Et n'oubliez le crédo de notre entreprise : MAKE OIL GREAT AGAIN"
L'assemblée joignit les mains, et les frappèrent vigoureusement, emplissant la plate-forme pétrolière d'applaudissement nourris, qui résonna d'une agitation plutôt rare sur ce type d'installation industrielle.
Søren Silvertrupp quitta le pupitre et descendit quatre à quatre les marches de l'estrade afin d'aller rejoindre son conseiller en communication qui lui faisait de grands signes en décrivant de larges cercles avec ses bras .

Posté le : 15 jan. 2025 à 15:23:39
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"Mes amis à moi parlent d'autonomie vis-à-vis du pouvoir central, de l'Empire Colonial. Moi, j'ose parler d'indépendance. En outre, nous avons déjà notre propre autonomie, bien que pas assez forte. Mais que nous a apporté cette autonomie ? Nous voyons que les échanges diplomatiques ne sont pas présents, alors que la puissance de l'Akaltie et de l'Empire Colonial réunies devait nous permettre d'obtenir l'influence nécessaire pour attirer les nations eurysiennes à notre porte. Cet échec plus que conséquent de la part de ces entités impérialistes a pour conséquence une baisse importante de nos échanges commerciaux alors que la Nouvelle-Kintan n'est ouverte sur l'étranger principalement que sur le commerce. Ce qui devait faire notre force fait notre faiblesse. Malgré l'immensité de la ville derrière moi, nous faisons partie d'un empire dont le produit intérieur brut est de sept cent soixante et onze "dollars" par habitant.
Ne nous y trompons pas, l'échec de la politique commerciale et ce faible produit intérieur brut arrangent les élites politiques d'Akaltie, qui de l'autre bout du monde nous regardent de haut et nous laissent dans notre pauvreté. Qu'ont-ils fait pour améliorer notre sort face à la pauvreté que nous pouvons voir dans chaque rue, à chaque fenêtre ? Personne n'est épargné, j'ai moi-même perdu ma mère, il y a deux ans. Notre famille, bien que réunie, était dans l'impossibilité de payer les soins nécessaires pour ma mère. Elle est partie en souffrant à cause d'un pouvoir lointain qui nous utilise pour ses rêves impérialistes, avec un gouvernement d'extrême droite et une impératrice à sa tête, faisant insulte à notre histoire. Que suis-je bête, bien entendu qu'ils n'en ont rien à faire de notre histoire. S'ils en avaient quelque chose à faire, ils n'auraient pas insulté notre ancien mode de gouvernance, avant l'arrivée des colons issus de l'évolution de plusieurs siècles et décennies riches d'histoire, balayé d'un revers de la main.
Alors que mon regard se perd vers Saint-Alban, je ne perds pas espoir de voir dans ma patrie un mouvement d'indépendance prendre de l'ampleur, qui saura influencer les organes de l'Empire colonial afin qu'un référendum soit organisé. Si un jour un tel événement se produit, alors je suis certain que nous verrons l'indépendance remporter le scrutin haut la main. Toutefois, je sais que la lutte pour y arriver sera longue et dure face à un gouvernement qui ne voudra pas lâcher sa terre lui permettant une influence en Eurysie. Je sais aussi que le droit de vote, lors du référendum, sera l'un des enjeux majeurs. Les colonisateurs voudront le droit de vote pour augmenter leurs chances de remporter le scrutin. Si un tel choix est fait, alors nous devrions crier au vol, au non-respect de la souveraineté populaire, manifester dans la rue et émettre des grèves pour stopper l'économie du pays.
Je ne puis dire avec certitude la suite des événements. J'ai un plan en tête, mais je ne suis personne dans cette immense foule. Si cela ne tenait qu'à moi, nous aurions déjà bloqué les ports en faisant grève. S'agissant de l'unique source de revenus extérieurs du pouvoir et l'unique source permettant un contact avec le continent eurysien et les autres pays du monde. Si nous bloquons les ports, le gouvernement sera obligé de nous déloger ou de nous écouter. Quoi qu'il arrive, l'espoir est en moi, depuis plusieurs années. Nous devons trouver cette force commune qui nous permettra de réaliser les objectifs de l'indépendance et du référendum tout en cassant ce protectorat ingrat, qui insulte chaque jour notre histoire."
Posté le : 23 fév. 2025 à 00:25:42
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Par Gina Di Grassi (2015)
On soutient que les auccit, des peuples occitants, sont les premiers de tous les hommes à avoir habité ces endroits de Biarres après que l'Empire des rhémiens, qui couvrait toute la circonférence de ces terre n'ait chuté, et que les preuves en sont évidentes. D'abord, tout le monde étant à peu près d'accord qu'ils ne sont pas venus de l'étranger, et qu'ils sont nés dans le pays même, on peut, à juste titre, les appeler des indigènes. Avant qu'ils eussent été touchés par l'Eglise de Catholagne, on dit qu'ils partageaient des histoires de païens sur leur propre naissance. Ils soutenaient ainsi qu'eux même étaient les premiers hommes à être sortis du sein de la terre, comme de l'argile prête à être modelée. Ils ne sont pas le seul peuple de la lointaine antiquité à se choisir un destin digne d'un mythe, mais cette histoire motiva les gens de Velsna à appeler les terres du Biarres "le pays d'Argilie".
En réalité, on sait maintenant qu'ils ne furent pas les premiers, et qu'avant que les velsniens les rencontrent, d'autres barbares ont marché dans ces plaines vertes et pluvieuses. Au premier rang desquels figurait un peuple parlant une langue proche de celle des achosiens et des menkeltiens d'aujourd'hui, qui sont les hommes les plus proches de l'état de la nature. Ensuite, ils furent chassés par des gens parlant une langue raskenoise, et enfin des occitans venus du pays vert de Gallo, que l'on nomme désormais Gallouèse, peu après la fin de Rhême. Nous sommes d'accord, nous, velsniens savants qui avons la lumière et le savoir, que le rocher de Nouvelle Kintan était compris dans cette terre, et qu'il était un promontoire rocher idéal pour regarder le progrès des navires, lesquels ont commercé grandement et fortement avec notre cité dés lors que nous les avons croisé. On dit même, dans du folklore dépassé, que certains des premiers colons qui ont fondé notre ville, auraient fait escale parmi ces barbares parlant le gallo, avant de reprendre la mer et d'enlever la plaine de Velsna aux barbares auccit. Le rochet appartint à beaucoup de nations disparues: comme le Prontis. Mais tous ces pays disparurent, car les barbares de l'Argilie étaient comme beaucoup de ces peuples venant du pays du salaire et du pays de Gallo, des gens à sang chaud qui eurent du mal à se gouverner eux même. On dit qu'ils étaient confus, mais pas autant que les gens de Valinor tout de même. Aussi, le rocher de Kintan fut partagé par des tribus, puis des petits rois, avant les franciens n'unissent les terres jusqu’aux frontières du pays des velsniens.
A l'époque où les velsniens eussent conquis le terrible fléau d'achosie, dans les années 1220, vint le temps de quatre royaumes, qui laissèrent place au début de l'ère de la vapeur, lorsque les rois Adberg donnèrent enfin la paix à leurs terres. C'est dans ces terres qu'étaient le rocher lorsque les gens d'Alkat survinrent de par delà l'eau. On dit beaucoup que ceux de ce pays étaient à la recherche de la cruauté, car d'autres avaient été cruels avec eux. Mais je connais beaucoup de pirates et de goujats des mers qui eux aussi, justifient leurs crimes par d'autres qu'on leur aurait donné. Leur arrivée fut surprenante, car nous ne savions pas que des gens autres que ceux des peuples de la mer habitant au Pharois, eussent été pirates dans ces contrées. Et surprise parmi les surprises: ces gens que d'aucun décriraient comme simples avaient réussi à caboter sur les côtes de la Zélandia, puis des pays occitans, avant d'arriver en vue des berges de Biarres.
Aujourd'hui encore, cela est difficile de croire, tant le culot de cette entreprise fut grand. D'autant que les gens du pays d'Alkalt eussent été illettrés, mal nourris, des dents tombantes et des ongles qui cassent car ils ne connaissaient pas l'usage du citron pour les longs voyage en mer. Ils surveillaient les côtes à la recherche de pillage et de terres, sur le pont des navires où ils apparaissaient maigres comme des morts. Ils se promenaient de nuit, et parfois ils accostaient pour toucher la terre, pour la sentir avec leurs mains et la goûter avec leurs langues. Le sel était comme seule nourriture pour calmer leurs tourments. Mais les morts de faim se battent toujours mieux. Alors lorsqu'ils virent la terre du rocher de Kintan, comme ils l'appelaient eux même, qu'ils mesurèrent de loin l'étendue du promontoire rocheux et la profondeur de la baie, ils voulurent s'installer.
Mais comme je l'avais dit, il y a avait des hommes, des femmes, des enfants et des vieillards et une petite ville qui tirait ses lois du pays de l'Argilie, des seigneurs de Biarres. Diminués, ils attendirent la nuit pour poser navire dans la baie, à l'abri des regards. Et à la faveur de la nuit ils entrèrent dans la petite ville, dans les maisons, dans tous les bâtiments, en s'approchant du lit des hommes et des femmes de bien. Ils avaient des lames, des fusils et des pistolets, dont ils se servirent pour tuer autant que possible: massacrer, torturer, brûler, poignarder jusqu'à ce que leur bras fort soit épuisé et engourdi. Et au petit matin, la ville eu changée de mains, passant entre les mains des gens du pays de l'Akalt. Bien plus, tard, nous sûmes que la fourberie des zélandiens à pactiser avec les barbares les avaient mener jusqu'ici et permis d'exister dans des terres civilisées. Aussi, personne n'approcha sa main de la Nouvelle Kintan, qui était devenue un repaire de gueux de la mer, et qui paraissait davantage taudis insalubre que cité, car ses gens étaient fort simples, bien trop pour connaître les égouts, les châteaux d'eau, les tuyauteries et les douches.
Parmi tous ceux qui pleurèrent, ce furent ceux du pays de l'Argilie et de Biarres qui firent les plus peinés. Depuis, les gens du pays des velsniens évitent ces eaux chargées d'immondices, et de cette ville émane toujours l'odeur du meurtre et du carnage.
Posté le : 25 fév. 2025 à 09:21:42
948
LA BASE "SANDRO" EN DÉCEMBRE 2015
Autorités Poëtoscoviennes a écrit : BASE MILITAIRE "SANDRO"
/!\ - Les informations ci-dessous sont confidentielles
INFORMATIONS GÉNÉRALES
Nom de la base militaire : Jolan Sandro
Pays propriétaire : République de Poëtoscovie
Propriété particulière : Base insulaire
Type : Aéronavale
Statut particulière : En travaux
PROJET

TROUPES ET MATÉRIEL DÉPLOYÉS
Ne sont compabilisés ci-dessous ni le matériel civil, ni les individus civils, ni les militaires ne faisant pas partie des corps de combat (hiérarchie, vie du soldat). Par ailleurs, ces informations ont une valeur indicative, et peuvent tout à fait de ne pas être à jour.
Défense :
- Canons anti-aériens 1e génération x200
- Lance-missiles anti-aériens mobile 1e génération x50
- Hélicoptères de transport moyen de 1e génération x15
Aérien :
- Avions de chasse de 1e génération x5
- Drone de reconnaissance 1e génération x3
Naval :
- Patrouilleurs 1e génération x5
- Corvettes 2e génération x3
- Frégate 1e génération x1
Mines et missiles :
- Mines navales de 1e génération x500
- Missiles de croisière mer-sol x5
/!\ - Les informations ci-dessous sont confidentielles
Nom de la base militaire : Jolan Sandro
Pays propriétaire : République de Poëtoscovie
Propriété particulière : Base insulaire
Type : Aéronavale
Statut particulière : En travaux

Ne sont compabilisés ci-dessous ni le matériel civil, ni les individus civils, ni les militaires ne faisant pas partie des corps de combat (hiérarchie, vie du soldat). Par ailleurs, ces informations ont une valeur indicative, et peuvent tout à fait de ne pas être à jour.
Défense :
- Canons anti-aériens 1e génération x200
- Lance-missiles anti-aériens mobile 1e génération x50
- Hélicoptères de transport moyen de 1e génération x15
Aérien :
- Avions de chasse de 1e génération x5
- Drone de reconnaissance 1e génération x3
Naval :
- Patrouilleurs 1e génération x5
- Corvettes 2e génération x3
- Frégate 1e génération x1
Mines et missiles :
- Mines navales de 1e génération x500
- Missiles de croisière mer-sol x5
Posté le : 04 mars 2025 à 11:14:19
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Le Globe Diplomatique, publié le 24/12/2015, écrit par Jonathan Pourvoit.
Voici le cinquième numéro de notre revue géopolitique, les quatre premiers articles sont à retrouver ici :
- L'OILP un outil perfectible ? Par Le Globe Diplomatique, 11/11/2012
- L'ONC, une organisation partenaire du Royaume de Teyla ? Par le Globe Diplomatique, 14/11/2012
- Danger ( sur le ) system mondial ? Par le Globe Diplomatique, 12/11/2012
- Le Saint-Empire de Karty face à des ambitions en dehors de ses moyens ? Par le Globe Diplomatique, 25/09/2014
- République Translavique, David entouré de Goliaths. Par le Globe Diplomatique, 22/06/2015
Bien que la séquence révèle une dynamique sur la scène internationale, elle relève aussi d'une dynamique interne au Royaume de Teyla. Le gouvernement ne s'est pas opposé sur ce dossier pour donner des gages à sa propre majorité, mais aussi à l'opposition qui peut voir dans cette loi une continuité de la politique humaniste au niveau international. Alors qu'Angel Rojas a fait évoluer cette doctrine en deux mille douze, en autorisant le Royaume à dialoguer avec les régimes autoritaires sous réserve de discussions et concessions obtenues en faveur des droits fondamentaux, l'opposition s'est servie de la relation aboutie entre le Royaume de Teyla et le Saint-Empire de Karty pour attaquer frontalement le parti au pouvoir sur le changement de doctrine. La doctrine gouvernementale ne porterait pas ses fruits. Le gouvernement n'a pas changé sa doctrine sur la politique internationale du jour au lendemain, il a simplement donné des gages à l'opposition et aux députés de la majorité. Mais cette loi reconnaissant la Nouvelle-Kintan comme une colonie semble sonner comme un petit bouleversement en Eurysie de l'Ouest, au regard des évènements ayant eu lieu en Nouvelle-Kintan avant l'adoption de la loi.
Depuis plusieurs mois, les autorités de la Nouvelle-Kintan observent avec attention la montée en puissance d'un mouvement indépendantiste et autonomiste. Un mouvement de fond naissant qui semble dur à freiner pour les autorités. En outre, les indépendantistes et les autonomistes insistent sur le fait que l'actuelle situation, à savoir un protectorat sous l'Union et Empire des Cités d'Akaltie, ne permet pas à la Nouvelle-Kintan de s'épanouir. La politique diplomatique est inexistante et l'économie est largement dépendante des décisions prises par l'Akaltie. En outre, ce mouvement est conscient que l'Empire Anticolonial Akaltien satisfait les intérêts de l'Union et Empire des Cités d'Akaltie plutôt que ceux des nations et des peuples qui composent cet empire inédit. La frustration est présente au sein des classes précaires et moyennes, qui sont ciblées par les discours indépendantistes avant toute chose.
La situation économique de l'Empire Anticolonial est préoccupante à plus d'un titre. Le produit intérieur brut par habitant serait très faible, dévoilant une production de richesse quasiment inexistante. Il convient de dire que la Nouvelle-Kintan est un territoire appauvri dont le niveau de vie ne cesse de se détériorer sous l'effet d'une gouvernance centralisée. Les autorités akaltiennes et de l'Empire Anticolonial peinent à justifier leurs politiques économiques et leurs bilans sur ce dossier-là auprès de la population. La pauvreté d'un territoire trop peuplé contribue au basculement de certaines classes sociales dans l'opposition au système en place, qui peut profiter au mouvement indépendantiste et autonomiste. Ces mouvements espèrent bien profiter de la situation économique globale de l'Empire pour déstabiliser l'autorité centrale et renforcer les autorités locales, afin d'ancrer dans les esprits que la Nouvelle-Kintan peut être dirigée par ses propres institutions. La bataille engagée est une bataille au moyen, long terme, dont les conséquences nous sont encore inconnues.
Bien avant l'adoption de la loi teylaise sur la Nouvelle-Kintan, l'Union et Empire des Cités d'Akaltie et la Nouvelle-Kintan ont organisé un défilé militaire en plein sur le territoire. En outre, faute d'armée, c'est l'Akaltie et la Confédération de Zélandia, enfin l'une de ses composantes, qui protègent actuellement le territoire, ce qui soulève des débats passionnés dans les chancelleries eurysiennes. Selon la presse locale, le défilé s'inscrit dans une politique de renforcement des liens entre la Nouvelle-Kintan, les autorités de l'Empire Anticolonial et l'Akaltie. Du côté de Manticore, bien qu'on se soit tu en public, en privé on est étonné par le mouvement opéré, un mouvement vu comme grossier de la part des autorités en place. Un député de la majorité nous dit : "Le défilé n'a fait qu'accélérer la votation de la loi. On a pu ramener toute la gauche à notre cause grâce à ce défilé ! Je ne sais pas ce qu'ils comptent gagner avec ce défilé, qui est plus un défilé de mode qu'un défilé militaire vu l'état des armées. Ça sert le mouvement indépendantiste, ils peuvent insister sur le fait que la Nouvelle-Kintan n'est pas indépendante et que l'armée Akaltienne est là pour faire taire le mouvement indépendantiste."
Il n'a pas fallu attendre longtemps pour qu'un leader du mouvement indépendantiste dénonce un "accaparement de la société kintanaise par l'armée Akaltienne, qui par ce défilé cherche à faire pression sur les opposants politiques au régime en place." Selon plusieurs médias teylaise, le Gouvernement de Sa Majesté serait d'accord avec le point de vue de ce leader indépendantiste. En outre, Pierre Lore, l'actuel ministre des Affaires Étrangères, verrait mal qu'un État eurysien use de l'armée pour contraindre et faire pression sur des oppositions. Toujours selon ces mêmes médias, le Gouvernement de Sa Majesté devrait prendre contact prochainement avec les autorités de la Nouvelle-Kintan pour enclencher les obligations émises envers le Gouvernement par la loi adoptée à l'Assemblée nationale. Le débat est de mise au sein du gouvernement pour savoir comment amener les propositions teylaise et de savoir quelles seront les propositions teylaise. En outre, à l'heure actuelle, le Royaume de Teyla semble pencher pour une conférence commune entre le Royaume de Teyla, l'Empire Anticolonial et l'Union et Empire des Cités d'Akaltie.
Outre cette proposition, plus en détail, le Royaume de Teyla pourrait réclamer, afin que le territoire ne soit pas vu comme une colonie, la fin du protectorat et des droits spéciaux, autour d'une législation renforcée, pour les natifs du territoire. En outre, cela passerait, selon le Royaume de Teyla, par une assemblée élue par les natifs mais restant consultative au niveau de la Nouvelle-Kintan. L'un des rôles de cette assemblée serait de se prononcer sur les projets de loi mais aussi de faire des rapports sur la situation des natifs, qui aboutiraient à des recommandations.
Au niveau international, l'adoption de la loi teylaise n'a entraîné aucune réaction, même du côté de la Nouvelle-Kintan. Mais le Royaume de Teyla espère bien recevoir des soutiens venant de la Grande République de Velsna ou encore de la République Fédérale de Tanska. Pour la première nation, le gouvernement pourrait émettre auprès du gouvernement de la Grande République qu'une politique anti-colonialiste pourrait permettre de contrer certains arguments sur le dossier Achosien. Mais le chemin n'est pas encore fait, les deux gouvernements devront trouver un accord sur la méthode utilisée et la finalité. Les deux chancelleries voudront défendre, assurément, chacune leurs propres intérêts.
Bien qu'aucune coercition via l'armée ne soit prévue du côté teylais, comme le rappelle très bien la loi, il ne faut pas oublier la présence d'une base militaire Zélandienne sur le territoire kintanais qui pourrait compliquer le dossier pour le Royaume de Teyla. Bien que les deux nations, entités, soient alliées depuis plusieurs siècles, Zélandia aura à cœur de défendre ses intérêts, mais aussi de respecter ses engagements auprès de la Nouvelle-Kintan. Une situation qui pourrait être difficile pour le Royaume de Teyla, notamment si la Nouvelle-Kintan demande que Zélandia fasse partie des discussions, une situation que pourrait difficilement refuser le Royaume de Teyla, notamment si c'est une condition de l'Empire Anticolonial pour l'ouverture d'une conférence de décolonisation. L'Icamie, qui a une forte présence à travers ses ressortissants, tant au Royaume de Teyla qu'en Nouvelle-Kintan, pourrait être amenée à terme à s'intéresser au dossier de plus près.
Au regard des relations entre l'Akaltie et l'Icamie, une défense diplomatique de la Nouvelle-Kintan est probable. Le Gouvernement de Sa Majesté devra se montrer prudent dans ses actions et intentions, afin d'éviter de fâcher des partenaires. Rappelons que l'Icamie reste une nation amie du Royaume de Teyla, tout comme Zélandia. Il reviendra à l'Assemblée nationale de veiller à ce que les actions du Gouvernement ne contreviennent pas aux relations établies avec l'Icamie et Zélandia sur ce dossier. Un dossier qui pourrait bien devenir plus tendu que prévu par la députation, au regard des enjeux.
Posté le : 05 mars 2025 à 16:54:38
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Fatima Cako, la ministre de l’Intérieur de la République antérienne côtière d’Ëdango, membre du parti Ante, s’est exprimée sur votre chaîne télévisée nationale Ëdango aujourd’hui à 12h30.
“Nous accueillons sur notre chaîne télévisée Mademoiselle Fatima Cako, la ministre de l’Intérieur de notre République.”
Fatima Cako :
"Oui, bonjour, chers Ëdangois et chères Ëdangoises. Si je suis ici, c’est pour faire entendre mes critiques sur la Ligue 'Anticoloniale' Akaltienne. De prime abord, on pourrait croire que cette organisation, qui s’étend sur quatre continents, partage les mêmes valeurs et défend les mêmes idéaux que notre nation. Mais ce n’est qu’une façade, et ceux qui y croient sont des naïfs. Même si certains territoires de cette Ligue sont relativement bien gouvernés, il y a le cas du Chandekolza. Vous n’en avez probablement jamais entendu parler : c’est un territoire situé au sud-ouest du continent nazumien. À mes yeux, il est colonisé ou, du moins, subit une dérive de la colonisation sous l’emprise de la Ligue Anticoloniale. Cette conclusion découle d’une enquête menée.
D’après certaines informations, une partie de la population y vit dans la pauvreté et la faim, une situation qui perdure depuis plusieurs siècles. La Ligue Anticoloniale, créée avant tout pour des avantages économiques et stratégiques, ne semble pas avoir apporté de grands changements. En revanche, les ressources naturelles sont exploitées sans que la population en profite réellement. Bien que cela doive encore être vérifié et nuancé, car le Chandekolza ne dispose pas d’immenses réserves de ressources naturelles et son économie repose principalement sur l’agriculture, la situation demeure préoccupante.Pour, je cite, 'tenter de rehausser le nombre de calories ingérées chaque jour par les habitants vers un niveau à peu près décent', les autorités locales doivent vendre des bases militaires à des puissances étrangères. Autrement dit, ils nourrissent leur population en cédant leur souveraineté au plus offrant, à des États désireux d’étendre leur influence sur le Nazum. Or, les habitants n’ont aucun mot à dire sur ces transactions : aucun vote, aucun référendum, aucune consultation publique n’a été organisée pour connaître leur opinion de ce que l'on sache. De plus, ils ne bénéficient en rien des richesses de leur propre territoire.
Cela prouve bien que la Ligue Anticoloniale n’a rien changé à la situation du Chandekolza et l’a même aggravée par une insouciance totale envers son peuple. Et on voudrait nous faire croire que la population de ce pays est heureuse de cela ? On marche sur la tête !"
"On vous remercie, c'était notre chère ministre de l’Intérieur de notre République ëdangoise. Que pensez-vous de ce qui a pu être dit, mon cher collègue ?"
"Je pense que ce qui a pu être dit par notre chère ministre de l’Intérieur est vrai, même si certaines informations restent tout de même à nuancer."
"Je vous remercie, c’est la fin de votre émission, mais nous nous retrouverons bientôt pour vous informer de l’actualité."
Posté le : 11 mars 2025 à 13:28:53
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13 janvier 2016 - 8h – Base jashurienne de Jib-Outhi, Chandekolza
Le colonel Rangsan Apichart, chargé des opérations de communication de la base jashurienne de Jib-Outhi, observait avec attention les photos transmises par Ellis Mehta, sa lieutenante. L’air soucieux, il se demandait à nouveau quel dieu il avait bien pu offenser pour se retrouver à nouveau dans la même situation qu’il y a quelques mois. Jib-Outhi devait être une simple mission humanitaire et voilà que le Chandekolza se transformait en point de rencontre de tous les mordus d’explosifs et contrebandiers d’armes que l’Eurysie et le Nord du Nazum aient connu. Pianotant sur la table de briefing, une tasse de thé fumant à ses côtés, il vérifiait à nouveau que ses yeux ne le trompaient pas.
“Lieutenante Mehta.
-Oui, mon colonel, dit la lieutenante qui n’avait pas quitté la pièce depuis qu’elle avait livré les photos.
-Les clichés des Wanmiriens ne suffiront pas à convaincre l’Etat-major. Dites à nos pilotes de drones de survoler les abords de cet atoll. Je veux des informations confirmées avant de transmettre à l’Etat-major pour la fin de l’après-midi.
-Bien, mon colonel.”
L’homme observa sa lieutenante quitter la salle de briefing avant de reporter son attention sur les photos. Si les craintes des Wanmiriens étaient confirmées, alors la région risquait de devenir à nouveau le théâtre d’une nouvelle lutte d’influence. Depuis des mois, les Jashuriens maintenaient sur la région des règles strictes, qui imposaient le retrait total des missiles à longue et courte portée et l’absence totale de marchandage d’armes auprès des pays en guerre. Les Rimauriens avaient été les premiers à faire les frais de cette politique et avait plié aux demandes des Jashuriens, de même que d’autres pays. Depuis que le Jashuria avait mis les points sur les “i” aux différents gestionnaires de bases militaires dans la région - à savoir que leur présence était soumise à leur bon vouloir - le pire avait pu être évité et chaque base militaire jouait son rôle.
La base jashurienne s’était agrandie pour pouvoir gérer les afflux de matériaux. Suite à ses accords avec les autres participants à ce projet humanitaire - qui avait failli être détourné en plateformes de trafic d’armes - la base jashurienne était devenue un hub logistique dans lequel transitait le matériel militaire étranger, pour contrôle et répartition. Outre les ingénieurs civils, chargés des missions humanitaires, le Jashuria maintien pour ses besoins militaires et logistiques une force conséquente dans la région, au contact des habitants afin de les aider à prospérer économiquement, au-delà de la simple consommation de l’aide humanitaire. Les militaires jashuriens aidaient à creuser des puits, à creuser des sillons d’irrigation, à préparer les bétons, et même à installer des antennes radios. Cela leur avait permis, même sommairement, de se faire connaître de la population locale et de tisser des liens, même ténus, avec les représentants locaux, ce qui facilitait grandement le travail des humanitaires.
Si Apichart en croyait les clichés pris par les Wanmiriens, les Poëtoscoviens venaient de militariser un atoll complet sur les côtes chandekolzanes. D'ordinaire, le Jashuria n’aurait rien trouvé à y redire, et la flotte poëtoscovienne était suivie à distance depuis son entrée dans la Mer Blême. Le souci, c’était que si l’on en croyait les photos satellitaires transmises par les Wanmiriens, il ne s’agissait pas d’une mission à but purement humanitaire, mais d’une fortification complète, avec nombre de navires militaires et de matériel anti-aérien. La situation était suffisamment préoccupante pour que les militaires de la base jashurienne envoient des drônes de reconnaissance sur place, au moins pour vérifier les informations wanmiriennes.
13 janvier 2016 - 8h15 – Base jashurienne de Jib-Outhi, Chandekolza
Moins d’un quart d’heure plus tard, l’équipe de pilotage des drônes de reconnaissance jashuriens basés au Chandekolza s’était rassemblée dans la tour de contrôle de l’aérodrome. La lieutenante distribua à l’équipe de la station de contrôle au sol les coordonnées de la cible : l’atoll occupé par les Poëtoscoviens. Le chef d’équipe appela immédiatement les mécaniciens dans le hangar à drônes, et ces derniers mirent en branle le drône baptisé “Sarasvati” sur le tarmac.
“Nous avons juste besoin d’une confirmation. Volez à haute altitude et dégagez le plus rapidement possible une fois que les clichés seront pris. Ils n’auront pas le temps de déclencher l’alerte et ne prendront pas le risque de déclencher une guerre pour un drône de reconnaissance.
- Pas de risques avec Sarasvati, déclara le chef d’équipe en lissant sa barbe. Ce beau bébé fait des pointes à 400 km/h. On sera reparti avant qu’ils n’aient le temps de se rendre compte de notre présence.
-Je l’espère, capitaine. C’est urgent.”
Le drone fut conduit sur le tarmac grâce aux ingénieurs et aux mécaniciens, qui vérifièrent une dernière fois que les caméras embarquées étaient fonctionnelles grâce à leurs pads. Il ne mit pas longtemps à assurer l’allumage et à s’élancer sur la piste, étirant ses lignes fines vers le ciel de Jib-Outhi.
13 janvier 2016 - 9h – Océan des Perles, Chandekolza
Depuis la tour de contrôle opérationnelle, l’équipe de pilotage et d’acquisition des données surveillait l’évolution du drône dans les cieux du Chandekolza. L’altitude était bonne et les données renvoyées par le drône conformes aux attentes des Jashuriens. Il ne faudrait encore que quelques minutes avant de voir l’atoll des Poëtoscoviens.
“Sarasvati entre dans la zone, déclara la seconde affectée au pilotage.”
Les bips caractéristiques se firent entendre, confirmant les dires de la seconde. A la caméra embarquée, les Jashuriens pouvaient observer l’océan se déroulant à perte de vue et l’atoll occupé par les Poëtoscoviens.
“Bien, on reste en haute altitude. N’allons pas les alarmer outre-mesure. Commencez par vous diriger vers cette position.”
L’opérateur pointa sur la carte les coordonnées vers lesquelles diriger le drone. Ainsi, il resterait suffisamment à distance et pourrait prendre ses clichés. La caméra s’activa, débutant l’enregistrement de la zone. Les données enregistrées intégrèrent, par liaison satellite, les serveurs à distance.
”Regardez, ici. A côté de la piste de décollage.
- Ca fait un sacré paquet de défenses anti-aériennes pour à peine quelques jours sur place. Oh ! Je crois qu’on tient le jackpot ! Regardez ce site de construction. Ce sont bien des pas de tirs de missiles ça, non ?”
L’analyste fit la focale sur le site de construction situé en bordure de l’atoll. Pas de doute, il s’agissait bien de rampes de missiles. Les opérateurs inclinèrent la caméra, prenant clichés sur clichés avant de reporter la trajectoire du drone vers le grand large. Les Jashuriens avaient ce qu’ils étaient venus chercher. Et la situation se corsait grandement. Depuis la tour de contrôle, le lieutenant Mehta sentait que la journée allait être longue, très longue.
13 janvier 2016 - 11h – Salle de conférence stratégique sécurisée, Ankévran
Connectés à la visioconférence sécurisée, les représentants de l’Etat-major jashurien affectés à la Région des Perles avaient sollicité la présence du Ministre de la Défense et du Premier Ministre pour leur faire part de la potentialité d’une crise régionale. Arjun Pandey, Ministre de la Défense, accompagnait le Premier Ministre Nantipat Sisrati, avec son aréopage d’assistants et de greffiers, chargés d’enregistrer les propos de cette réunion stratégique. De l’autre côté, le Généralissime était présent avec le Général-Brigadier en charge des opérations dans la région de Jib-Outhi, ainsi que d’autres officiels des forces de défenses jashuriennes.
“Messieurs, annonça le Premier Ministre, vous avez porté à notre connaissance que la Poëtoscovie était en train d’installer des pas de tirs de missiles sur l’atoll que le Chandekolza lui a confié pour installer une base militaire. Maintenant que vos hommes ont qualifié la menace, il convient de décider collectivement de ce que nous devons faire.”
Il marqua une pause, le temps de s’humecter les lèvres avec de l’eau fraiche.
“Je ne vous cache pas que la situation est quelque peu différente de la Rimaurie. La Poëtoscovie s’est distinguée ces dernières années pour son caractère imprévisible et son absence totale de constance. Son réarmement massif au cours des derniers mois et l’instabilité totale du pays en sont les preuves irréfutables. Que le pays soit capable aujourd’hui de mener des opérations extérieures reste un sujet épineux.
- Il est vrai que l’effet d’opportunité causé par le Chandekolza à Jib-Outhi a attiré les prédateurs du monde entier … ajouta le Ministre de la Défense.
- La position que nous avons maintenu jusqu’à présent est pourtant modérée : nous autorisons l’implantation de bases dans la région, en coopération totale avec les objectifs humanitaires portés par le Chandekolza. Mais tout ce qui relève de l’implantation de pas de tirs de missiles nécessite notre intervention. Sans compter que toutes les armes saisies sont par la suite transmises aux forces armées de Jib-Outhi pour que l’armée régulière puisse assurer la protection de son territoire. On ne peut pas se permettre que le Chandekolza devienne une plateforme de lancement de missiles. C’est tout le sud du Nazum et le Médian qui serait menacé. C’est pourquoi, messieurs-dames, il apparait plus que nécessaire de signifier à la Poëtoscovie qu’il ne saurait être question de l’installation de missiles dans la région de Jib-Outhi.”
Le Généralissime intervint :
“Monsieur le Premier Ministre, il va de soi que les Forces de Défense Jashuriennes s’alignent sur votre position et celle du Ministre de la Défense. Ces derniers mois, la mise au pas des Eurysiens a eu des effets positifs sur la région, à commencer par les Rimauriens, qui désormais font transiter leur matériel par nos installations pour contrôle. Dans le même temps, la relation avec le Menkelt s’est améliorée et nous formons leurs troupes à combattre dans les jungles. Ceci apporte, à terme, des retombées positives pour les armées stationnées dans la région ; chose qui aurait été impossible si nous n’avions pas fait usage de tout notre poids diplomatique et militaire.
- Je doute qu’une telle coopération puisse naître avec la Poëtoscovie, déclara le Ministre de la Défense. Nous avons vu comment cette dernière a réagi quand nous avons exprimé nos inquiétudes vis-à-vis de ses missiles balistiques.
- Il n’empêche, reprit le Premier Ministre, que nous ne pouvons pas rester sans réaction. Si nous laissons la Poëtoscovie continuer à installer des missiles, quelle qu’en soit la raison, cela sera la porte ouverte aux ingérences étrangères dans le Nazum. La sécurité de toutes les nations limitrophes risquerait d’en pâtir.
- Tout à fait. Nous en avons profité pour consulter nos alliés wanmiriens et sondé les Etats voisins. Eux-aussi partagent ces inquiétudes, mais attendent une réaction officielle de notre part pour pouvoir se positionner officiellement.
- Comme d’habitude, pesta le Ministre de la Défense. Ils attendent que nous nous mouillions pour pouvoir agir sous notre parapluie. Et dire qu’il y a à peine vingt ans, nous nous en tenions à n’être qu’une force de défense … voilà que maintenant, nous multiplions les interventions à l’extérieur.
- Rien de plus normal, lui assura le Généralissime. Vous savez aussi bien que moi que nous devons assurer un périmètre de défense plus large que la simple défense de nos frontières. Tant que les conflits sont loin de nous, la population prospère. De nos routes commerciales à la sécurisation de ressources stratégiques, notre force de défense est obligée d’opérer dans de nombreux domaines. La passivité n’aurait fait que nous isoler.
- Cela ne rend pas pour autant notre position particulièrement enviable. Plus nous multiplions les fronts pour nous protéger et plus nous sommes aux prises avec les intérêts étrangers.
- Je comprends votre appel à la prudence, monsieur le Ministre, mais nous nous devons de saisir les opportunités lorsqu’elles se présentent. Le Chandekolza est une opération suffisamment proche de nos frontières pour que notre présence dans la région soit légitime.”
Le Premier Ministre se pencha vers le Ministre de la Défense :
“Le Généralissime a raison. L’aide humanitaire apportée au Chandekolza a grandement amélioré notre image auprès des populations locales. Nous sommes légitimes dans la région et nous avons suffisamment de liens avec les autorités locales pour pouvoir nous poser en garants des accords entre les différents protagonistes et le pays d’accueil.”
Le Ministre de la Défense resta pensif. Les forces de défense jashuriennes s’étaient progressivement transformées. Depuis les timides essais de la Force d’Intervention Extérieur à aujourd’hui, les capacités de projection des Jashuriens s’étaient décuplées, leur permettant d’aider les nations du monde entier et d’agir sur des territoires extérieurs sans trop d’efforts. Mais cette évolution entrait en contradiction avec le but premier des forces de défense, qui étaient originellement confinées dans le territoire national. Mais depuis le Mokhaï, les Jashuriens avaient prouvé qu’ils étaient capables de se battre … Les choses avaient changé, et le Ministre de la Défense, bien que de nature prudente, ne pouvait que se résoudre à l’évidence.
“Alors il nous faut à nouveau faire respecter notre primauté sur la région en demandant aux Poëtoscoviens de retirer leurs missiles, déclara-t-il d’un ton grave.
- J’abonde dans votre sens, monsieur le Ministre, répondit Nantipat Sisrati. Si nous avons fait plier les Rimauriens à nos exigences, il convient de faire de même avec la Poëtoscovie.
- Le Hall des Ambassadeurs devra envoyer une missive à la Poëtoscovie … quelque chose de suffisamment aimable pour que leurs officiels ne se sentent pas humiliés, mais comprennent bien les enjeux de l’aide humanitaire au Chandekolza. Il faudrait de préférence que l’affaire reste discrète, afin de ménager les Poëtoscoviens. Autant leur éviter de perdre la face par une annonce publique : leur diplomatie est suffisamment imprévisible pour qu’ils montent sur leurs grands chevaux et se mettent à faire n’importe quoi. De votre côté, Généralissime, les troupes devront se tenir prêtes à intervenir si les Poëtoscoviens ne se plient pas à nos exigences, somme toutes, raisonnables.”
13 janvier 2016 - 14h00 – A Hernani-Centre

Message de la Quatrième Ambassadrice de la République du Jashuria
A l'attention des représentants de la Poëtoscovie
Estimés représentants,
Il n’a pas échappé aux services de renseignements jashuriens que votre pays est désormais attributaire d’une charte visant à apporter une aide humanitaire au Chandekolza dans le Médian, en échange d’une base militaire. Votre pays rejoint, comme de nombreux autres, le cénacle des Etats ayant décidé d’apporter leur concours aux besoins du Chandekolza et plus particulièrement de la région de Jib-Outhi. Si cette décision va dans le sens d’un rapprochement des peuples et d’une coopération poussées entre les nations du Nazum, elle ne saurait cependant occulter un fait particulièrement inquiétant : l’installation de pas de tirs de missiles au sein de votre base.
Comme le Jashuria l’a plusieurs fois signalé aux différents pays participant aux opérations humanitaires au Chandekolza, il ne saurait être question de déployer des missiles sur les bases prêtées par le Chandekolza. Cette action va à l’encontre de la vocation humanitaire des bases étrangères au Chandekolza et met en péril la stabilité de la région, déjà fortement éprouvée par la guerre civile en Ramchourie. De plus, l’installation de pas de tirs de missiles est loin de ce que nous pourrions appeler une politique de bon voisinage. Si nous ne nous opposons pas aux opérations humanitaires dans la région, les autorités jashuriennes souhaitent que ces opérations ne soient pas le prétexte pour se servir du Chandekolza comme proxy dans des conflits régionaux, ce qui serait, vous en conviendrez, le pire des scénarios.
C’est pourquoi la Troisième République du Jashuria, par la présente, demande à l’Etat poëtoscovien de démanteler ses pas de tirs de missiles construits dans sa base “Sandro” au Chandekolza et de renvoyer les missiles en Poëtoscovie. Cette action permettra à l’ensemble des acteurs présents au Chandekolza de ne pas se sentir menacés par la Poëtoscovie et ainsi, de préserver la sécurité des populations et de la région.
Considérez, estimés représentants, que nous vous offrons une solution qui vous permette de préserver votre base humanitaire au Chandekolza et de ne pas perdre la face en rendant cette bévue publique. Renvoyez vos missiles en Poëtoscovie, n’en installez plus dans la région et nous serons quittes. Refusez, et nous en tirerons les conséquences qui s’imposent.
Dans l’attente de votre réponse sur les canaux diplomatiques, je reste à votre entière disposition.
Veuillez agréer, estimés représentants, l'expression de mes salutations distinguées.
Cordialement
Madame Parvati Mathai, Quatrième Ambassadrice de la Troisième République du Jashuria
“Lieutenante Mehta.
-Oui, mon colonel, dit la lieutenante qui n’avait pas quitté la pièce depuis qu’elle avait livré les photos.
-Les clichés des Wanmiriens ne suffiront pas à convaincre l’Etat-major. Dites à nos pilotes de drones de survoler les abords de cet atoll. Je veux des informations confirmées avant de transmettre à l’Etat-major pour la fin de l’après-midi.
-Bien, mon colonel.”
L’homme observa sa lieutenante quitter la salle de briefing avant de reporter son attention sur les photos. Si les craintes des Wanmiriens étaient confirmées, alors la région risquait de devenir à nouveau le théâtre d’une nouvelle lutte d’influence. Depuis des mois, les Jashuriens maintenaient sur la région des règles strictes, qui imposaient le retrait total des missiles à longue et courte portée et l’absence totale de marchandage d’armes auprès des pays en guerre. Les Rimauriens avaient été les premiers à faire les frais de cette politique et avait plié aux demandes des Jashuriens, de même que d’autres pays. Depuis que le Jashuria avait mis les points sur les “i” aux différents gestionnaires de bases militaires dans la région - à savoir que leur présence était soumise à leur bon vouloir - le pire avait pu être évité et chaque base militaire jouait son rôle.
La base jashurienne s’était agrandie pour pouvoir gérer les afflux de matériaux. Suite à ses accords avec les autres participants à ce projet humanitaire - qui avait failli être détourné en plateformes de trafic d’armes - la base jashurienne était devenue un hub logistique dans lequel transitait le matériel militaire étranger, pour contrôle et répartition. Outre les ingénieurs civils, chargés des missions humanitaires, le Jashuria maintien pour ses besoins militaires et logistiques une force conséquente dans la région, au contact des habitants afin de les aider à prospérer économiquement, au-delà de la simple consommation de l’aide humanitaire. Les militaires jashuriens aidaient à creuser des puits, à creuser des sillons d’irrigation, à préparer les bétons, et même à installer des antennes radios. Cela leur avait permis, même sommairement, de se faire connaître de la population locale et de tisser des liens, même ténus, avec les représentants locaux, ce qui facilitait grandement le travail des humanitaires.
Si Apichart en croyait les clichés pris par les Wanmiriens, les Poëtoscoviens venaient de militariser un atoll complet sur les côtes chandekolzanes. D'ordinaire, le Jashuria n’aurait rien trouvé à y redire, et la flotte poëtoscovienne était suivie à distance depuis son entrée dans la Mer Blême. Le souci, c’était que si l’on en croyait les photos satellitaires transmises par les Wanmiriens, il ne s’agissait pas d’une mission à but purement humanitaire, mais d’une fortification complète, avec nombre de navires militaires et de matériel anti-aérien. La situation était suffisamment préoccupante pour que les militaires de la base jashurienne envoient des drônes de reconnaissance sur place, au moins pour vérifier les informations wanmiriennes.
13 janvier 2016 - 8h15 – Base jashurienne de Jib-Outhi, Chandekolza
Moins d’un quart d’heure plus tard, l’équipe de pilotage des drônes de reconnaissance jashuriens basés au Chandekolza s’était rassemblée dans la tour de contrôle de l’aérodrome. La lieutenante distribua à l’équipe de la station de contrôle au sol les coordonnées de la cible : l’atoll occupé par les Poëtoscoviens. Le chef d’équipe appela immédiatement les mécaniciens dans le hangar à drônes, et ces derniers mirent en branle le drône baptisé “Sarasvati” sur le tarmac.
“Nous avons juste besoin d’une confirmation. Volez à haute altitude et dégagez le plus rapidement possible une fois que les clichés seront pris. Ils n’auront pas le temps de déclencher l’alerte et ne prendront pas le risque de déclencher une guerre pour un drône de reconnaissance.
- Pas de risques avec Sarasvati, déclara le chef d’équipe en lissant sa barbe. Ce beau bébé fait des pointes à 400 km/h. On sera reparti avant qu’ils n’aient le temps de se rendre compte de notre présence.
-Je l’espère, capitaine. C’est urgent.”
Le drone fut conduit sur le tarmac grâce aux ingénieurs et aux mécaniciens, qui vérifièrent une dernière fois que les caméras embarquées étaient fonctionnelles grâce à leurs pads. Il ne mit pas longtemps à assurer l’allumage et à s’élancer sur la piste, étirant ses lignes fines vers le ciel de Jib-Outhi.
13 janvier 2016 - 9h – Océan des Perles, Chandekolza
Depuis la tour de contrôle opérationnelle, l’équipe de pilotage et d’acquisition des données surveillait l’évolution du drône dans les cieux du Chandekolza. L’altitude était bonne et les données renvoyées par le drône conformes aux attentes des Jashuriens. Il ne faudrait encore que quelques minutes avant de voir l’atoll des Poëtoscoviens.
“Sarasvati entre dans la zone, déclara la seconde affectée au pilotage.”
Les bips caractéristiques se firent entendre, confirmant les dires de la seconde. A la caméra embarquée, les Jashuriens pouvaient observer l’océan se déroulant à perte de vue et l’atoll occupé par les Poëtoscoviens.
“Bien, on reste en haute altitude. N’allons pas les alarmer outre-mesure. Commencez par vous diriger vers cette position.”
L’opérateur pointa sur la carte les coordonnées vers lesquelles diriger le drone. Ainsi, il resterait suffisamment à distance et pourrait prendre ses clichés. La caméra s’activa, débutant l’enregistrement de la zone. Les données enregistrées intégrèrent, par liaison satellite, les serveurs à distance.
”Regardez, ici. A côté de la piste de décollage.
- Ca fait un sacré paquet de défenses anti-aériennes pour à peine quelques jours sur place. Oh ! Je crois qu’on tient le jackpot ! Regardez ce site de construction. Ce sont bien des pas de tirs de missiles ça, non ?”
L’analyste fit la focale sur le site de construction situé en bordure de l’atoll. Pas de doute, il s’agissait bien de rampes de missiles. Les opérateurs inclinèrent la caméra, prenant clichés sur clichés avant de reporter la trajectoire du drone vers le grand large. Les Jashuriens avaient ce qu’ils étaient venus chercher. Et la situation se corsait grandement. Depuis la tour de contrôle, le lieutenant Mehta sentait que la journée allait être longue, très longue.
13 janvier 2016 - 11h – Salle de conférence stratégique sécurisée, Ankévran
Connectés à la visioconférence sécurisée, les représentants de l’Etat-major jashurien affectés à la Région des Perles avaient sollicité la présence du Ministre de la Défense et du Premier Ministre pour leur faire part de la potentialité d’une crise régionale. Arjun Pandey, Ministre de la Défense, accompagnait le Premier Ministre Nantipat Sisrati, avec son aréopage d’assistants et de greffiers, chargés d’enregistrer les propos de cette réunion stratégique. De l’autre côté, le Généralissime était présent avec le Général-Brigadier en charge des opérations dans la région de Jib-Outhi, ainsi que d’autres officiels des forces de défenses jashuriennes.
“Messieurs, annonça le Premier Ministre, vous avez porté à notre connaissance que la Poëtoscovie était en train d’installer des pas de tirs de missiles sur l’atoll que le Chandekolza lui a confié pour installer une base militaire. Maintenant que vos hommes ont qualifié la menace, il convient de décider collectivement de ce que nous devons faire.”
Il marqua une pause, le temps de s’humecter les lèvres avec de l’eau fraiche.
“Je ne vous cache pas que la situation est quelque peu différente de la Rimaurie. La Poëtoscovie s’est distinguée ces dernières années pour son caractère imprévisible et son absence totale de constance. Son réarmement massif au cours des derniers mois et l’instabilité totale du pays en sont les preuves irréfutables. Que le pays soit capable aujourd’hui de mener des opérations extérieures reste un sujet épineux.
- Il est vrai que l’effet d’opportunité causé par le Chandekolza à Jib-Outhi a attiré les prédateurs du monde entier … ajouta le Ministre de la Défense.
- La position que nous avons maintenu jusqu’à présent est pourtant modérée : nous autorisons l’implantation de bases dans la région, en coopération totale avec les objectifs humanitaires portés par le Chandekolza. Mais tout ce qui relève de l’implantation de pas de tirs de missiles nécessite notre intervention. Sans compter que toutes les armes saisies sont par la suite transmises aux forces armées de Jib-Outhi pour que l’armée régulière puisse assurer la protection de son territoire. On ne peut pas se permettre que le Chandekolza devienne une plateforme de lancement de missiles. C’est tout le sud du Nazum et le Médian qui serait menacé. C’est pourquoi, messieurs-dames, il apparait plus que nécessaire de signifier à la Poëtoscovie qu’il ne saurait être question de l’installation de missiles dans la région de Jib-Outhi.”
Le Généralissime intervint :
“Monsieur le Premier Ministre, il va de soi que les Forces de Défense Jashuriennes s’alignent sur votre position et celle du Ministre de la Défense. Ces derniers mois, la mise au pas des Eurysiens a eu des effets positifs sur la région, à commencer par les Rimauriens, qui désormais font transiter leur matériel par nos installations pour contrôle. Dans le même temps, la relation avec le Menkelt s’est améliorée et nous formons leurs troupes à combattre dans les jungles. Ceci apporte, à terme, des retombées positives pour les armées stationnées dans la région ; chose qui aurait été impossible si nous n’avions pas fait usage de tout notre poids diplomatique et militaire.
- Je doute qu’une telle coopération puisse naître avec la Poëtoscovie, déclara le Ministre de la Défense. Nous avons vu comment cette dernière a réagi quand nous avons exprimé nos inquiétudes vis-à-vis de ses missiles balistiques.
- Il n’empêche, reprit le Premier Ministre, que nous ne pouvons pas rester sans réaction. Si nous laissons la Poëtoscovie continuer à installer des missiles, quelle qu’en soit la raison, cela sera la porte ouverte aux ingérences étrangères dans le Nazum. La sécurité de toutes les nations limitrophes risquerait d’en pâtir.
- Tout à fait. Nous en avons profité pour consulter nos alliés wanmiriens et sondé les Etats voisins. Eux-aussi partagent ces inquiétudes, mais attendent une réaction officielle de notre part pour pouvoir se positionner officiellement.
- Comme d’habitude, pesta le Ministre de la Défense. Ils attendent que nous nous mouillions pour pouvoir agir sous notre parapluie. Et dire qu’il y a à peine vingt ans, nous nous en tenions à n’être qu’une force de défense … voilà que maintenant, nous multiplions les interventions à l’extérieur.
- Rien de plus normal, lui assura le Généralissime. Vous savez aussi bien que moi que nous devons assurer un périmètre de défense plus large que la simple défense de nos frontières. Tant que les conflits sont loin de nous, la population prospère. De nos routes commerciales à la sécurisation de ressources stratégiques, notre force de défense est obligée d’opérer dans de nombreux domaines. La passivité n’aurait fait que nous isoler.
- Cela ne rend pas pour autant notre position particulièrement enviable. Plus nous multiplions les fronts pour nous protéger et plus nous sommes aux prises avec les intérêts étrangers.
- Je comprends votre appel à la prudence, monsieur le Ministre, mais nous nous devons de saisir les opportunités lorsqu’elles se présentent. Le Chandekolza est une opération suffisamment proche de nos frontières pour que notre présence dans la région soit légitime.”
Le Premier Ministre se pencha vers le Ministre de la Défense :
“Le Généralissime a raison. L’aide humanitaire apportée au Chandekolza a grandement amélioré notre image auprès des populations locales. Nous sommes légitimes dans la région et nous avons suffisamment de liens avec les autorités locales pour pouvoir nous poser en garants des accords entre les différents protagonistes et le pays d’accueil.”
Le Ministre de la Défense resta pensif. Les forces de défense jashuriennes s’étaient progressivement transformées. Depuis les timides essais de la Force d’Intervention Extérieur à aujourd’hui, les capacités de projection des Jashuriens s’étaient décuplées, leur permettant d’aider les nations du monde entier et d’agir sur des territoires extérieurs sans trop d’efforts. Mais cette évolution entrait en contradiction avec le but premier des forces de défense, qui étaient originellement confinées dans le territoire national. Mais depuis le Mokhaï, les Jashuriens avaient prouvé qu’ils étaient capables de se battre … Les choses avaient changé, et le Ministre de la Défense, bien que de nature prudente, ne pouvait que se résoudre à l’évidence.
“Alors il nous faut à nouveau faire respecter notre primauté sur la région en demandant aux Poëtoscoviens de retirer leurs missiles, déclara-t-il d’un ton grave.
- J’abonde dans votre sens, monsieur le Ministre, répondit Nantipat Sisrati. Si nous avons fait plier les Rimauriens à nos exigences, il convient de faire de même avec la Poëtoscovie.
- Le Hall des Ambassadeurs devra envoyer une missive à la Poëtoscovie … quelque chose de suffisamment aimable pour que leurs officiels ne se sentent pas humiliés, mais comprennent bien les enjeux de l’aide humanitaire au Chandekolza. Il faudrait de préférence que l’affaire reste discrète, afin de ménager les Poëtoscoviens. Autant leur éviter de perdre la face par une annonce publique : leur diplomatie est suffisamment imprévisible pour qu’ils montent sur leurs grands chevaux et se mettent à faire n’importe quoi. De votre côté, Généralissime, les troupes devront se tenir prêtes à intervenir si les Poëtoscoviens ne se plient pas à nos exigences, somme toutes, raisonnables.”
13 janvier 2016 - 14h00 – A Hernani-Centre

Estimés représentants,
Il n’a pas échappé aux services de renseignements jashuriens que votre pays est désormais attributaire d’une charte visant à apporter une aide humanitaire au Chandekolza dans le Médian, en échange d’une base militaire. Votre pays rejoint, comme de nombreux autres, le cénacle des Etats ayant décidé d’apporter leur concours aux besoins du Chandekolza et plus particulièrement de la région de Jib-Outhi. Si cette décision va dans le sens d’un rapprochement des peuples et d’une coopération poussées entre les nations du Nazum, elle ne saurait cependant occulter un fait particulièrement inquiétant : l’installation de pas de tirs de missiles au sein de votre base.
Comme le Jashuria l’a plusieurs fois signalé aux différents pays participant aux opérations humanitaires au Chandekolza, il ne saurait être question de déployer des missiles sur les bases prêtées par le Chandekolza. Cette action va à l’encontre de la vocation humanitaire des bases étrangères au Chandekolza et met en péril la stabilité de la région, déjà fortement éprouvée par la guerre civile en Ramchourie. De plus, l’installation de pas de tirs de missiles est loin de ce que nous pourrions appeler une politique de bon voisinage. Si nous ne nous opposons pas aux opérations humanitaires dans la région, les autorités jashuriennes souhaitent que ces opérations ne soient pas le prétexte pour se servir du Chandekolza comme proxy dans des conflits régionaux, ce qui serait, vous en conviendrez, le pire des scénarios.
C’est pourquoi la Troisième République du Jashuria, par la présente, demande à l’Etat poëtoscovien de démanteler ses pas de tirs de missiles construits dans sa base “Sandro” au Chandekolza et de renvoyer les missiles en Poëtoscovie. Cette action permettra à l’ensemble des acteurs présents au Chandekolza de ne pas se sentir menacés par la Poëtoscovie et ainsi, de préserver la sécurité des populations et de la région.
Considérez, estimés représentants, que nous vous offrons une solution qui vous permette de préserver votre base humanitaire au Chandekolza et de ne pas perdre la face en rendant cette bévue publique. Renvoyez vos missiles en Poëtoscovie, n’en installez plus dans la région et nous serons quittes. Refusez, et nous en tirerons les conséquences qui s’imposent.
Dans l’attente de votre réponse sur les canaux diplomatiques, je reste à votre entière disposition.
Veuillez agréer, estimés représentants, l'expression de mes salutations distinguées.
Cordialement
Posté le : 12 mars 2025 à 00:46:34
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Mais avant un peu de contexte.
Lors de la fondation de la capitale Akaltienne : Kintan, en 1861, les gouvernants Akaltiens de l'époque firent appel au seul État Eurysien à ne pas s'être lancé dans la course aux territoires ultramarins dans un but de domination, et qui n'avait par ailleurs jamais eu de pied-à-terre en Aleucie du Sud-Est : la Fédération de Zélandia.
Tout comme avec les cités matriarcales d'Icamie trois siècles plus tôt, les Zélandiens apportèrent aux Akaltiens des armes modernes — pour le XIXe siècle, les Akaltiens connaissaient déjà la poudre à canon, leur expertise dans la construction navale, mais aussi la machine à vapeur découverte au début du siècle avec la colonisation et l'industrialisation de la province Akaltienne de Napalawie. En échange, les Zélandiens purent établir un quartier portuaire au sein de la nouvelle cité. Neuves ans plus tard en 1870, la Zélandia apporta son soutien aux Cités-Unies d'Akaltie lors de la fondation de leur colonie Eurysienne de Nouvelle-Kintan. La Fédération y acquiert aussi une concession afin d'y installer une base navale ; juste en face de l'allié Tanskien. La présence Zélandienne, en plus d'offrir une protection aux Akaltiens d'Eurysie, servira aussi lors de la guerre civile Teylaise dans le but de soutenir le prétendant Teylais Raymond VI, mais aussi durant le conflit mondial — car se déroulant aussi au sein des domaines coloniaux des belligérants — qui opposa la République de Brod Flor(actuelle Rasken) et le Duché de Sylva à une Triple-Entente composée de Caratrad, Tanska et Zélandia; qui sera soutenue par le rocher de Nouvelle-Kintan, devenu entretemps indépendant de sa métropole, qui enverra alors l'entièreté de ses troupes sous le commandement des Brigades Zélandiennes.
La Première Fédération(nom de l'État Zélandien de 1599 à 2012) considérera par la suite que cette base n'a plus son utilité dans une Eurysie d'après-guerre pacifiée et un débat sur la pertinence de la garder apparaitra au sein de l'opinion publique. Cependant, la base ne coûtant rien aux communes de par le fait qu'elle soit en autogestion, fera considérer à ces dernières le choix de la garder comme un symbole d'amitié et de remerciement envers la Nouvelle-Kintan, et de dissuasion. La concession fonctionnera malgré tout avec un personnel réduit et souvent composé de soldats finissant leur service avant de partir en retraite ainsi que d'un centre de formation pour les conscrits et militaires Néokintanais.
Mais ça, c'était avant.
À partir de l'année 2004 et la crise en Damanie, l'Eurysie recommence à s'embraser et à sombrer dans l'instabilité politique et géopolitique. La Première Fédération et le gouvernement du Secrétaire Général de l'époque: le Camarade-Citoyen Jan-Douwe Esendam, se réengagent alors pleinement en Nouvelle-Kintan avec l'envoi d'une Brigade Zélandienne soit sept-mille hommes ainsi que l'intégralité de la Noardlike Fleet qui alternera alors entre la Nouvelle-Kintan et l'Amirauté de Noordcroen.
Et aujourd'hui?
Aujourd'hui est un jour de roulement, où la Noardlike Fleet va amarrer au port de la Nouvelle-Kintan après un quinquennat passé à l'Amirauté de Noordcroen. Ainsi, c'est l'entièreté de l'Union Navy, cette dernière n'étant plus constituée que d'une seule flotte depuis février 2015 et la dissolution de la Fédération des Communes Zélandiennes, qui établira son quartier général en plein milieu de la Manche-Blanche; afin d'être réactive à toutes ses sollicitations.
La flotte, menée par le croiseur AGS De Zeven Provinciën(immatriculé ZP01) en attendant que soit armée et opérationnel le porte-avion et navire amiral AGS De Ruyter, est accueillie avec joie par les Néokintanais, qu'ils soient Akaltiens, Icamiens ou Zélandiens.
Alors que les badauds agitent les drapeaux des deux pays, la cérémonie de roulement commence avec l'échange des honneurs, sur le pont de l'AGS De Zeven Provinciën, entre le Camarade-Citoyen Ryklof Jager, Brigadegeneraal, commandant de la Force Zélandienne en Nouvelle-Kintan ainsi que Protecteur de Nouvelle-Kintan; et la Camarade-Citoyenne Yasmijn Boermans, Commandeur et actuelle commandante du De Zeven Provinciën.
Le commandant partant transmet alors à son successeur le drapeau fédéral que ce dernier devra ensuite hisser au mât de la base tandis que des avions de chasse survole la cité suivis de bandes de fumée orange, blanche et bleue. Puis, lorsque le Commandeur Boermans sera invité par le gouvernement communal Néokintanais afin qu'elle puisse, officiellement, déclarer sa prise de fonction auprès de nos alliés, c'est la Brigade Zélandienne que les Néokintanais pourront observer.
Moyens navals :
- Un croiseur de niveau 4.
- 2 destroyers de niveau 2.
- Une frégate de niveau 1.
- 2 frégates de niveau 2.
- Une frégate de niveau 6.
- Une frégate de niveau 7.
- Une corvette de niveau 2.
- 3 corvettes de niveau 7.
- 5 patrouilleurs de niveau 1.
- 4 patrouilleurs de niveau 5.
- Un patrouilleurs de niveau 6.
Moyens terrestres :
- Une brigade soit 7 000 hommes (soldats professionnels) et autant d'armes légères d'infanterie de niveau 8.
- 100 mitrailleuses lourdes de niveau 8.
- 20 mortiers légers de niveau 6.
- 10 camions de transport de niveau 3.
- Deux véhicules de transmission radio de niveau 4.
- 5 véhicules radars de niveau 5.
Moyens aériens :
- 10 hélicoptères d'attaque de niveau 1.
- 10 avions de chasses de niveau 5.
- 5 hydravions de combats (représentés par des avions d'attaque au sol de niveau 1).
