24/03/2016
16:30:36
Index du forum Continents Afarée Azur

Presse écrite - Al-Urwa Al-Wûthqa [Officiel]

Voir fiche pays Voir sur la carte
735
alurwaalwuuthqa

Al-Urwa Al-Wûthqa, "le Lien Sans Faille", est l'un des plus anciens journaux de l'Azur ; fondé dans les années 1780 par le philosophe Sayyid al-Afghani, il dénonçait les travers du sultanat ; il est devenu le journal officiel du parti califal, la Nahda, à partir de 1840. Ses détracteurs l'accusent d'être "la voix du régime" ; il demeure lu quotidiennement par des millions d'Azuréens.


Edition du 11.11.2014
Edition du 13.11.2014
Edition du 23.11.2014
Edition du 26.11.2014
Edition du 02.12.2014
Edition du 09.12.2014
Edition du 19.02.2015
Edition du 08.03.2015
Edition du 27.03.2015
Edition du 16.07.2015
Edition du 21.07.2015
Edition du 11.09.2015 - Entretien avec Beylan Pasha
Edition du 04.11.2015
Edition du 24.12.2015
Edition du 03.02.2016
Edition du 24.02.2016
Note de la rédaction du 12.12.2014
Code à usage interne[hr=#020202][hr=#020202][hr=#020202][hr=#020202][hr=#020202][hr=#020202]
[size=1.5][b]THEME : Titre[/b][/size]
[hr=#020202][hr=#020202][hr=#020202][hr=#020202][hr=#020202][hr=#020202]
[i][color=#6D6D6D]Posté par X le XXX[/color][/i]

image

[justify][indent-right=6%][indent=6%]texte de l'article[/indent][/indent-right][/justify]
[hr=#020202][hr=#020202][hr=#020202][hr=#020202][hr=#020202][hr=#020202]
3708
INTERNATIONAL : Un gouvernement étranger insulte notre pays

"Je vous présente une liste de nations qui ont été dévorées par le vice (...) de la religion" ; c'est en ces termes que par un communiqué officiel, Helarus Guivenos, Premier ministre de la République Populaire de Rosevosky (R.P.R.), a annoncé la création d'une "liste noire" de pays "honteusement corrompus". Il cite quatre Etats ; la Polponantaise, l'Icamie, l'Antegrad, et l'Azur, "nations soumises à un islamisme absurde, basé sur des légendes encore plus ridicules".

Pourquoi une telle virulence ? On sait le rôle que jouent les déclarations d'insultes dans la diplomatie - inutiles en apparence, elles sont souvent des coups de communication moins destinés à dire des vérités qu'à préparer une stratégie. Les relations entre l'Azur et la Rosevosky sont pour ainsi dire inexistantes ; les liens sont des plus ténus. De fait, la R.P.R. occupe une importance dix à douze fois moindre que l'Azur sur la scène internationale ; elle totalise 7 millions d'habitants, à peu près la moitié de la population de la seule agglomération d'Agatharchidès. Son industrie est des plus vieillissantes, comme l'illustre l'accident nucléaire de Himrouche, en 2010, qui cause 1200 morts directs - pour un nombre indéterminé de victimes indirectes.

"La République Populaire de Rosevosky est un Etat totalitaire, qui se renferme sur lui-même", explique le Professeur Sahabadin, titulaire de la chaire "Relations Internationales - Eurysie orientale" à l'Université de Méroène. "Ce petit pays est en déclin économique permanent depuis la révolution communiste. Depuis 2008, toute opposition est carrément interdite. Au cours de sa triste histoire, cette république misérable n'a pu opprimer son peuple qu'en lui offrant des diversions symboliques." Si l'on a en effet jamais entendu parler de la R.P.R. en Azur, c'est par sa célèbre réputation de racisme et de xénophobie d'Etat ; la haine des étrangers, surtout des Afaréens, y est inscrite dans les institutions. "Créer des ennemis, intérieurs comme extérieurs, est le meilleur moyen de faire taire toute opposition et de souder la population au régime qui l'exploite", confirme le professeur. "La situation se dégradant en Rosevosky, il faut s'attendre à toujours plus de provocations, qui servent une rhétorique agressive moins destinée à l'international qu'à son propre peuple".

Le gouvernement azuréen a fait savoir qu'il ne tolérerait pas davantage de provocations. Il a publié un communiqué de réponse aux insultes de Helarus Guivenos. Gageons que ce rappel à l'ordre sera suivi d'effet ; il serait malvenu, pour les Rosevonais, que leur pays soit entraîné dans une dispute plus grave avec la grande puissance azuréenne.


DEFENSE : Le Diwan annonce le lancement d'un Programme aéronautique

antiarien

Mahmud al-Marrakshi, Porte-Parole du Diwan, a annoncé la création d'un programme visant à doter l'Azur d'une filière aéronautique pour subvenir à ses propres besoins en matière de "surveillance, détection et interception" d'aéronefs aériens ; les capacités anti-aériennes de l'Azur sont donc appelées à se développer. Le programme incluera le développement d'armes "défensives et balistiques", autant à même de "défendre" que de "dissuader".

Allons-nous vers l'émergence d'une capacité de frappe hors de nos frontières ? "Les intentions du gouvernement sont claires", décrypte l'imam Rahmatullah, président du parti Association Islamique pour la Paix et le Progrès, conservateur, qui siège sur les bancs de la majorité. "Qui veut la paix prépare sa défense." Une réponse qui indique en filigrane la volonté d'Agatharchidès de passer au standard militaire supérieur, et de se doter, donc, à terme, de capacités offensives.

"Il s'agit d'une étape normale pour notre souveraineté et notre insertion dans les discussions internationales", justifie Leylim Bey, attaché militaire au Ministère des Affaires étrangères. "Une grande nation pacifique ne peut avoir du poids que par son influence sur tous les dossiers, dont le militaire fait partie" ; tout semble donc concorder pour dire que si le Diwan ne souhaite aucune montée des tensions, il se dotera néanmoins des moyens de parvenir à ses fins.
574
TENSIONS : Incursion maritime en eaux azuréennes

Apercevable depuis la côte, la journée de ce 13 novembre a été perturbée à Anaxandre par l'apparition inopportune d'un visiteur non désiré. Un navire rosevosky a en effet été identifié, croisant à l'intérieur des frontières maritimes de l'Azur. En raison d' "impératifs sécuritaires supérieurs", l'armée azuréenne a "refusé d'engager le feu", laissant le patrouilleur intrus quitter les eaux nationales par lui-même. Le Diwan n'a émis aucune réaction officielle.


bateau
Un navire étranger détecté dans les eaux territoriales de l'Azur, ce 13 novembre. (Crédits : Ministère de la Guerre)
9922
INTERNATIONAL : La Karty quitte l'Union Economique Eurysienne

Un séisme politique en Eurysie : le Saint-Empire de Karty, puissance économique et industrielle régionale, a annoncé son départ de l'organisation multilatérale eurysienne, en conséquence de la crise ouverte après les dossiers d'un prélat orthodoxe démissionnaire et de la réticence de Volkingrad à communiquer des informations stratégiques, deux sujets de discorde entre la Karty et les institutions de l'UEE. Ce départ fracassant pourrait impacter profondément les équilibres géopolitiques en Eurysie et dans le monde.

L'utilisation d'internet a permis de libérer les moyens de communication et de stimuler la croissance économique. Aujourd'hui, des secteurs aussi variés que la publicité, l'industrie musicale et audio-visuelle, la culture, la recherche scientifique, et d'autres considèrent internet comme le vecteur principal pour l'exercice de leur activité.Internet est une technologie qui apporte beaucoup de bénéfices, comme la connaissance, les possibilités d'interaction et de partage, la transparence, l'information et l'accès aux données. Ces bénéfices sont associés à des défis particuliers, notamment en terme de contrôle des contenus illégaux, des discours dangereux et de la diffusion de fausses nouvelles ou d'incitations à la violence.Les récentes actualités montrent l'apparition d'un véritable "cyber-conflit" entre l'Icamie et la Jashurie. Ces deux pays importants sont dotés l'un comme l'autre de grandes communautés de "weeb", personnes à forte implication numérique, qui portent le nom de "forums" ou "Chan". D'ordinaire anodins, il a été remarqué que les échanges de la sphère numérique d'Icama-chan, réseau social numérique principal d'Icamie, ont conduit à de violentes incriminations verbales et des attaques cyber sur Jashuria-chan, la sphère cybernétique jashurienne.De part et d'autres, ce conflit se traduit par la diffusion de contenus viraux et incontrôlables, de troll, et de propagande à des fins idéologiques et stratégiques. Cet événement a conduit, dans les pays cités, à une réaffirmation des règlements censés encadrer l'expression en ligne par les autorités. Le think-tank Cuckmachine souligne dans une note la nécessité d'améliorer les moyens des Etats pour empêcher la diffusion des contenus sensibles, sans quoi davantage d'espaces d'internet pourraient être déstabilisés par ces attaques. Le rapport pointe notamment l'émergence de fermes à troll, ou de bots, c'est-à-dire le recours par des internautes mal intentionnés à de faux profils automatiques en nombre exponentiel pour saturer les capacités d'analyse et de censure des logiciels étatiques.Les Etats tardent à réagir, sauf dans certains cas, notamment au Grand Kah où une brigade dédiée a été créée pour non seulement protéger la sphère cybernétique nationale, mais aussi pour se doter d'une "dissuasion-kun". Pouvoir disposer de trolls prêts à saturer les espaces numériques adverses semble la stratégie privilégiée par un nombre croissant d'acteurs.Cette note vise donc à informer et à suggérer au Bureau des Enquêtes et aux services d'intelligence azuréens de se doter de capacités similaires afin d'éviter, de réprimer et de contre-attaquer à des attaques malignes visant à semer la zizanie sur internet et dans la population. Le risque de voir la jeunesse pervertie par les moeurs dissolues d'Icama-chan est important ; celui de la voir frappées par une propagande méthodique faisant l'apologie du blasphème et de l'immoralité, de la part d'autres acteurs mal intentionnés, est encore plus grand.Nous recommandons donc la création d'usines à trolls sur le territoire de l'Azur pour doter le Califat de capacités de rétorsion en matière cybernétique.

barnier
Michael Narbier, haut fonctionnaire eurysien, procureur de la Cour de Justice Eurysienne, est l'un des acteurs ayant précipité la crise entre l'UEE et la Karty.


Le divorce

"L'UEE nous impose un traité", déclarait Aleksander Jükov, MoD de la Karty, dans un entretien de presse. "L'UEE souhaite contrôler notre Etat et lui supprimer peu à peu son indépendance". Les désaccords entre la Karty et les instances de l'Union étaient parvenus la semaine dernière à leur paroxysme. A cela, deux raisons : la première, tenant au respect de la Charte de l'Union sur le respect de l'indépendance des Cultes, était invoquée par l'UEE pour traîner l'Etat Kartien devant la Cour de Justice Eurysienne, après le soupçon de démission forcée d'un prélat catholique sur ordre du Tsar - motif réfuté par Volkingrad, à la fois sur le fond et la forme, les autorités kartyennes invoquant l'indépendance du prêtre et leur bon droit à légiférer au sein de leurs frontires. La deuxième, plus pernicieuse mais plus grave encore, est constituée par un ultimatum adressé par l'UEE au Saint-Empire, le contraignant à partager avec les instances de l'organisation un certain nombre d'informations stratégiques. Simple fonctionnement du mécanisme de défense de l'Union, ou abus de pouvoir de la part des hauts fonctionnaires eurysiens ? Le parlement de Karty a tranché : à une très large majorité, il a voté l'activation de l'article correspondant à la cession immédiate du pays aux activités de l'UEE.

Auteur : Major Ibrahim al-Masri, Département de la Surveillance des CommunicationsLes activités en ligne occupent une importante prépondérante dans la structuration de l'opinion. L'utilisation d'internet a permis de libérer les moyens de communication et de stimuler la croissance économique. Aujourd'hui, des secteurs aussi variés que la publicité, l'industrie musicale et audio-visuelle, la culture, la recherche scientifique, et d'autres considèrent internet comme le vecteur principal pour l'exercice de leur activité.Internet est une technologie qui apporte beaucoup de bénéfices, comme la connaissance, les possibilités d'interaction et de partage, la transparence, l'information et l'accès aux données. Ces bénéfices sont associés à des défis particuliers, notamment en terme de contrôle des contenus illégaux, des discours dangereux et de la diffusion de fausses nouvelles ou d'incitations à la violence.Les récentes actualités montrent l'apparition d'un véritable "cyber-conflit" entre l'Icamie et la Jashurie. Ces deux pays importants sont dotés l'un comme l'autre de grandes communautés de "weeb", personnes à forte implication numérique, qui portent le nom de "forums" ou "Chan". D'ordinaire anodins, il a été remarqué que les échanges de la sphère numérique d'Icama-chan, réseau social numérique principal d'Icamie, ont conduit à de violentes incriminations verbales et des attaques cyber sur Jashuria-chan, la sphère cybernétique jashurienne.De part et d'autres, ce conflit se traduit par la diffusion de contenus viraux et incontrôlables, de troll, et de propagande à des fins idéologiques et stratégiques. Cet événement a conduit, dans les pays cités, à une réaffirmation des règlements censés encadrer l'expression en ligne par les autorités. Le think-tank Cuckmachine souligne dans une note la nécessité d'améliorer les moyens des Etats pour empêcher la diffusion des contenus sensibles, sans quoi davantage d'espaces d'internet pourraient être déstabilisés par ces attaques. Le rapport pointe notamment l'émergence de fermes à troll, ou de bots, c'est-à-dire le recours par des internautes mal intentionnés à de faux profils automatiques en nombre exponentiel pour saturer les capacités d'analyse et de censure des logiciels étatiques.Les Etats tardent à réagir, sauf dans certains cas, notamment au Grand Kah où une brigade dédiée a été créée pour non seulement protéger la sphère cybernétique nationale, mais aussi pour se doter d'une "dissuasion-kun". Pouvoir disposer de trolls prêts à saturer les espaces numériques adverses semble la stratégie privilégiée par un nombre croissant d'acteurs.Cette note vise donc à informer et à suggérer au Bureau des Enquêtes et aux services d'intelligence azuréens de se doter de capacités similaires afin d'éviter, de réprimer et de contre-attaquer à des attaques malignes visant à semer la zizanie sur internet et dans la population. Le risque de voir la jeunesse pervertie par les moeurs dissolues d'Icama-chan est important ; celui de la voir frappées par une propagande méthodique faisant l'apologie du blasphème et de l'immoralité, de la part d'autres acteurs mal intentionnés, est encore plus grand.Nous recommandons donc la création d'usines à trolls sur le territoire de l'Azur pour doter le Califat de capacités de rétorsion en matière cybernétique.

L'UEE, une organisation en déclin

"L'Union Economique Eurysienne est arrivée à un stade terminal", écrit un analyste sur son blog. "Nous assistons à sa lente agonie. Pour le bien des peuples, il faut l'accélérer !"

violece
Violences en marge d'une manifestation anti-UEE à Kölisburg, en septembre 2014.

La séparation entre le Saint-Empire de Karty et l'Union Eurysienne semble être la fracture apparente d'un abîme qui se creuse au sein de l'organisation. "L'UEE est en pleine déliquescence", explique Tansu Vekireyide, spécialiste de l'Eurysie à l'Université des Relations Internationales d'Agatharchidès, et nouvellement ambassadrice d'Azur à Volingrad. "Les pays membres ne comprennent plus cette organisation qui mélange principes démocratiques et concentration des pouvoirs souverains. L'Union est tiraillée de désaccords internes, immobilisée dans une inaction qui pousse ses instances à la faute. Elle mourra de ses contradiction", assure-t-elle.

De fait, les chancelleries eurysiennes semblent perplexes face à cette organisation en perte de vitesse, dont les membres font apparaître chaque jour davantage leurs divergences. L'instabilité politique en Tcharnovie et la récente opération militaire lancée par elle ont jeté un pavé dans la mare des désaccords diplomatiques entre Etats membres : d'Etat fondateur, la Tcharnovie passe aujourd'hui pour "un régime imprévisible à la stratégie peu lisible". Euphémisme : l'opposition politique à l'UEE l'accuse de dégénérer vers le fascisme, comme l'indiquent des fuites dans la presse de conversations de hauts responsables kartvèles, laissant comprendre que la Kartvélie est de moins en moins encline à suivre les orientations erratiques de l'organisation, qui font peser sur elle et sa population une incertitude grandissante.

Après le départ de la Confédération de Kölisburg, celui de la Karty rajoute une nouvelle couche au démantèlement en cours de l'organisation. "Le modèle eurysien est en panne sèche", concède un représentant tcharnove, pourtant attaché à l'UEE, en laquelle il voit "une arène unique pour la coopération en Eurysie". "Sans l'UEE, ce serait la guerre", martèle-t-il à qui veut l'entendre - un argument éculé, que de moins en moins de monde considère sérieusement. "La conjoncture économique est défavorable aux idéaux de justice et d'union portés par l'UEE, et les nationalismes surfent sur ce ressentiment". Son interprétation ne manque pas de justesse : le déclin de l'UEE survient au moment même où apparaissent de nouvelles puissances internationales, vers lesquelles les Etats désormais indépendants, comme la Karty, sont susceptibles de se tourner. Une reconfiguration générale des alliances est-elle à prévoir ? L'avenir nous le dira.
2491
PARLEMENT : L'opposition critique le Plan d'Ambition Militaire

Le délégué de l'opposition Cemal Karaveyli a fustigé à la tribune du Sérail le Plan d'Ambition Militaire annoncé il y a une semaine par le Diwan, mettant en avant l'existence d'un appel d'offre considérable dont il conteste la légalité. Le gouvernement a rejeté l'incrimination et a justifié son action.

cemal karaveyli
Elu dans la circonscription de Seylimsaray pour le Parti Populaire, Cemal Karaveyli est un habitué aux prises de position théâtrales.

"Le projet d'achat de sous-marins et de missiles dépasse toutes les limites jamais vues", tempête le délégué du Parti populaire, bruyamment applaudi par la gauche, tandis que la majorité le toise froidement. "Deux sous-marins lanceurs d'engins, deux sous-marins d'attaque, un sous-marin lance-missile, douze missiles balistiques intercontinentaux, trente-deux missiles de croisière ! Quelle guerre homérique prépare donc le gouvernement ?". Karaveyli prétend s'appuyer sur des documents officiels, ayant fuité dans la presse. "Quelle urgence requiert de tels armements ? Quel budget sera alloué à une telle aventure ? Vous n'avez pas le mandat du Sérail pour réaliser une telle commande !"

"Le Diwan a la confiance du Parlement", contre-attaque la Nahda, le parti gouvernemental, par la voix de son porte-parole Beshir Sarzaneh. "Les objectifs du Plan d'Ambition Militaire ont été validés par le Sérail. Le gouvernement a les mains libres pour négocier les fournitures d'armement exigées par la représentation nationale !". Dans une cacophonie inaudible, les élus du Parti Populaire fustigent des "dépenses inconsidérées" dont "on ne connaît toujours pas le montant exact". "C'est le contrat du siècle" pour les industries d'armements, admet en off un haut responsable d'une compagnie militaire étrangère. "La représentation nationale doit délibérer sur un budget", avance Qadir Suleyman, l'orateur phare du Parti populaire et président de l'Institut Averroès, classé à l'extrême-gauche. "Tant qu'on aura pas les éléments de budget, le Grand Vizir se place hors-jeu des règles légales".

La gauche prétend que le Diwan n'a pas le droit de négocier le contrat des sous-marins en raison de la taille de l'enveloppe. Elle exige que soient rendus publics les critères d'évaluation de l'appel d'offre discrètement publié par le Ministère de la Guerre : "ils peuvent se brosser", résume un haut gradé. "La défense de notre patrie n'a pas de prix. On ne connaîtra le coût exact des armements qu'à la signature du contrat."

"C'est un investissement pour notre sécurité collective", argumente Ibn Battûri, Ministre de la Guerre. "Les parlementaires devraient se ranger à nos côtés pour préparer la dissuasion tous azimuts qui assurera la paix de nos frontières."
3287
INTERNATIONAL : l'Eurysie au bord de la guerre généralisée

La montée des tensions documentée depuis plusieurs semaines est en voie de déboucher sur un conflit de grande ampleur. Hier 1er décembre, à seize heures (heure d'Agatharchidès), un convoi militaire du Saint-Empire de Karty a été attaqué - et probablement intégralement détruit - par les Forces aériennes de la dictature communiste de Loduarie. Une telle agression a suscité un vent d'indignation et de colère à travers les chancelleries, et menace de faire basculer la situation diplomatique eurysienne dans un conflit de grande ampleur.

chatte

L'information, qui circulait déjà dans les milieux diplomatiques et militaires de l'Eurysie, a été confirmée par un communiqué officiel des Forces aériennes loduariennes, confirmant la "destruction d'appareils non identifiés" et l'intention de la Loduarie de "prévenir toute agression", alors même qu'il a été confirmé plus tard dans la soirée que la cible de cette opération n'était autre qu'un convoi militaire kartyen acheminant du matériel de défense au Menkelt, acquisiteur d'équipements.

En l'absence de réaction officielle du Saint-Empire de Karty, où la presse parle unanimement d'"inacceptable agression" et appelle à la "destruction de l'ennemi" communiste, les spéculations s'enflamment, la Loduarie comme le Karty pouvant compter sur le soutien affiché de leurs alliés respectifs.

"Nous entrons dans un moment historique" , nous assure un expert avec gravité. En effet, dès l'annonce de l'incident, des manifestations de soutien au régime de Volkingrad ont éclaté en Poëtoscovie, pays qui entretien d'excellentes relations avec la Karty, et qui aurait annoncé à son partenaire sa disposition en cas d'embrasement. La puissance attaquée peut également compter sur l'Etat de Côte-d'Assad, puissance militaire régionale dont la coopération avec la Karty dure depuis plusieurs années, et qui dispose de vastes capacités de défense.

Côté Loduarie, les attaquants peuvent compter sur le soutien inconditionnel de l'organisation d'influence communiste U.I.C.S. Alors que beaucoup s'insurgent contre cette "agression inutile et incompréhensible", d'autres au contraire pointent l'"erreur funeste" de se lancer dans une guerre à grande échelle. L'Antérinie, pourtant proche de la Karty, invite en ce sens son allié à la retenue face à la Loduarie communiste.

Et l'Azur, dans tout ça ? Le Ministère des Affaires étrangères n'a rien communiqué à ce sujet - le silence est d'or. "Il n'y aura pas de réaction officielle" à l'agression loduarienne, assure en off un diplomate. "L'Azur n'a aucun intérêt à se mêler des affaire eurysiennes". Agatharchidès compte garder ses atouts. S'il se trouve structurellement plus proche de la Karty que du régime communiste de Loduarie, le gouvernement azuréen souhaite éviter de jeter de l'huile sur le feu.

"Le vrai problème, pour l'Azur, c'est ce risque de guerre", résume-t-on : "ce conflit va faire flamber les prix des armements au moment même où nous cherchons à en acquérir". Un expert explique en effet qu'après une longue période d'accumulation dans les arsenaux, et de relative baisse des prix des armements - bradés sur les marchés d'appels d'offre pour destocker - cet événement, qui menace d'impliquer non pas seulement la Loduarie et le Karty (deux puissances militaires considérables), risque d'enflammer la scène mondiale. La demande en matériel de défense risque donc d'exploser. "Chacun va chercher à augmenter sa capacité de dissuasion, pour se protéger", résume l'expert. "Cette hausse probable des prix est un vrai problème". C'est même le seul problème de l'Azur, qui en tout et pour tout ne compte défendre que ses propres intérêts.
502
DEFENSE : L'Azur a achevé l'assemblage de son premier missile

Une puissance balistique : le Diwan a confirmé avoir parachevé une première tête balistique. Cette arme redoutable, que le Premier ministre Beylan Pasha souhaite voir devenir le pivot central de la défense-dissuasion azuréenne, était un objectif inlassablement poursuivi par les différents gouvernements. C'est désormais chose faite : l'Azur a lancé sa propre filière pour le développement de ses missiles, et s'installe à la table de la dissuasion tous azimuts. Que le monde entier accepte cette réalité nouvelle !

ma bite

938
Note de la rédaction 12.12.2014

Il est apparu que certains de nos lecteurs, ainsi que d'autres personnes, ont identifié dans l'une de nos éditions des erreurs factuelles qui appellent à réétudier la publication. L'édition du 23 novembre 2014 est en cause. Certains éléments semblent avoir été publiés, malgré leur contradiction manifeste avec les faits, ainsi que cela a été relevé par des internautes attentifs. Nous tenons à les remercier. La rédaction du journal, et tous les journalistes du "Lien Sans Failles", réitèrent leur engagement à publier une information de qualité et à lutter contre la propagation de fausses nouvelles. Nous espérons que cette amende honorable sera de nature à laver les soupçons et les incompréhensions. La rédaction indique qu'une commission sera constituée au sein du journal afin d'étudier avec plus d'intransigeance les cas possibles d'erreurs factuelles. Nous remercions nos lecteurs. Nous concluons cette note avec un verset du Saint Coran.

"Ô vous qui croyez! Craignez Allah et soyez avec les véridiques."
- Coran, Sourate IX, Verset 119
1773
SPORTS : L'équipe d'Azur participe au festival SNOWSWOOSH en Antares

Excellente nouvelle pour la fédération azuréenne d'Icebreaking ; elle a obtenu la validation définitive des organisateurs pour participer au festival antarésien SNOWSWOOSH, qui célèbre sa 16ème édition annuelle dans les montagnes immaculées des Hauts-Plateaux. L'occasion de croiser la glace avec les meilleures équipes du monde, au sein d'une coupe des sports de neige particulièrement suivie en Eurysie.

antares

"Nous serons présents en Antares", se félicitait dans un tweet le ministre des Sports et de la Jeunesse. Son post, relayé plusieurs centaines de fois, indique un engouement de la part des Azuréens, qui va au-delà de la seule communauté des icebreakers. "Ca déchire", répond en anglais l'une des vedettes du festival au ministre, signe que la langue de bois ne sera pas au goût du jour. Au menu, compétitions et sessions de sports au grand air des montagnes, festivités et récréations ; "rock, techno, dubstep : voilà la came", glisse avec malice une organisatrice.

SNOWSWOOSH, la culture pop eurysienne à la portée de vos écrans

La télévision nationale s'est positionnée pour la retransmission des tournois. "L'édition de cette année a un parfum particulier", confie Süleyman Karatürk, président de l'équipe azuréenne d'Icebreaking. "La présence de l'équipe nationale ressoude la jeunesse amatrice de sports extrêmes avec le grand public." Célébrer l'équipe nationale et découvrir les étonnants sports de haute montagne : les communicants anticipent un gros engouement de la part de la population globale, à rebours de l'importance de ce sport en Azur, pratiqué par à peine quelques centaines d'athlètes, essentiellement en Tigrane. "Le ministère nous appuie à fond, et il faut l'en remercier", résume le président de la fédération, qui peut toucher pour l'équipe un gros chèque de la part de l'Etat. "Le politique a appuyé et motivé les athlètes à se lancer dans cette aventure folle. C'est à eux de jouer maintenant."

3896
TSUNAMI DU DELTACRUZANDO : Lourd bilan préliminaire en Alguarena

publié le 08 mars 2015 à 19h41

tsunami au deltacruzando : photo aérienne des dégâts à tomàs villacrés après l'impact de la vague sur les bas quartiers de la ville survenu le vingt et un janvier deux mille quinze à vingt et une heure quarante cinq environ une heure et trente minutes après la détection d'une secousse sismique étrange dans la dorsale du deltacruzando qui se trouve au milieu de ce grand océan

"La vague est arrivée au moment du dîner. Elle a envahi la côte et a tout balayé sur son passage, jusqu'à parfois plus de cent mètres", déclare un officier de la Seguridad Civil alguarenaise à notre reporter. Dans cette ville de la côte du district d'Encolanas, un chaos silencieux règne. Des nuées de mouettes se régalent de déchets ensevelis sous les décombres de briques, de pierre, de tôle, de joncs, de planches de bois ; comme toujours, ce sont les quartiers les plus pauvres qui sont les plus endommagés, leurs matériaux cédant facilement aux intempéries récurrentes de la région.

"On a l'art de la débrouille. Ce qui est cassé, on va le réparer. On a toujours fait ça", répond, gaillard, un jeune Alguaranais originaire de la banlieue de Tomàs Villacrés, en montrant un débris de tôle. "Avec ça, je pourrais faire un pied de lampe ou un objet d'art qui me permettra d'acheter à manger à ma famille". Plus loin, des officiers de la Seguridad Civil en manteau fluo écoutent une habitante leur raconter le déroulé des événements.

"Nous étions tous dans la Zone de Sécurité Sismique", explique-t-elle en désignant du doigt l'espace surplombant où se dressent les tentes des réfugiés. "Enfin, quasiment tous. Certains ne voulaient pas se déplacer. Ils pensaient qu'ils seraient en sécurité à l'étage, ou bien ils se sont aventurés trop tard dans le quartier...". Les officiers consignent tout ; ils sont à la recherche de centaines de personnes, encore portées disparues. Patricia se tourne vers nous, contenant son émotion. Le poing sur la hanche, arborant un T-shirt des Azalucos, un group folk metal local, elle désigne le bord de mer embourbée d'eau brunâtre et de dégâts apparents. "Il y avait là une belle plage où je venais avec mes enfants quand ils étaient petits", décrit-elle. "Il y avait bien cinquante, soixante mètres de sable avant d'arriver à la mer. Maintenant tout ça est submergé. Là-bas, il y avait des balançoires, et là, un restaurant sur pilotis, enfin une cabane, quoi, qui servait du plantain frit et des fruits de mers. Il faisait aussi boîte de nuit le weekend. Tenez, on aperçoit les piliers de bois qui en restent... La vague est arrivée de plein fouet, elle a tout arraché, même les palmiers au bord de la route. Maintenant tout est sous l'eau. Que misera !"

Plus loin, un homme en chemise blanche maculée de boue nous rejoint. Son accent indique qu'il s'agit d'un touriste étranger. Il nous montre son passeport de Lofoten et s'adresse à nous en englais. "C'est pas les vacances qu'on prévoyait", peste-t-il. "Hier, nous nous apprêtions à passer une soirée au bungalow avec ma femme, quand la sécurité civile a tapé à la porte en criant. Soi-disant qu'ils cherchaient les retardataires qui n'avaient pas rejoint la Zone de Sécurité Sismique... Ils nous ont interdit de faire nos valises et de prendre la voiture de location. C'est une honte. J'avais plus de mille dollars lofotènes dans ma valise, vous savez ce que ça représente en monnaie de singe locale ? J'ai cherché mais je n'ai rien retrouvé. A cause de la vague, le bungalow s'est complètement effondré..."

"A ce stade, le rapport s'élève à 145 victimes identifiées", relate un agent ; "Plus d'une trentaine de touristes, et des citoyens Alguarenais pour le reste. Sans doute des adolescents ou des gens des bidonvilles qui espéraient profiter du déplacement de la population pour s'adonner à des cambriolages de magasin...". La vie leur aura réglé leur compte ; à 21h45, ce 8 janvier 2015, une vague de quinze mètres de haut au moins balaie la ville et emporte sur son passage les maisons de tôle et de charpente, les voitures, les poubelles, et ceux qui avaient la mauvaise idée de se trouver encore en ville malgré les avertissements des autorités.

"Les zones résidentielles ont été heurtées de plein fouet" à Tomàs Villacrés comme dans les autres localités de la façade est des îles du Burbujas Verdes. "C'est un drame national". Espérons que les nombreuses personnes portées disparues pourront être retrouvées sauves dans les heures et les jours à venir.

2953
TSUNAMI DU DELTACRUZANDO : l'aide internationale afflue vers les zones dévastées

publié le 27 mars 2015 à 17h59

la Miséricorde d'Allah

La Miséricorde d'Allah, cargo azuréen, s'éloigne sous le regard de la foule et des officiels ; elle quitte le port d'Anaxandre, porte maritime du Califat constitutionnel donnant sur le Golfe du Diambée, et prend le cap de Maravilla, en République de Caribeña. A son bord, du matériel médical, des vivres, des moyens d'hébergement d'urgence, du carburant, des générateurs électriques et surtout une équipe de médecins et de secouristes azuréens recrutées par l'ONG de renommée mondiale BEBLAWI SOLIDARITY FOUNDATION.

"Nous devons tout ce qui est en notre pouvoir pour venir au secours des populations sinistrées", a exhorté devant les télévisions du monde entier le président charismatique de l'organisation, le Sheikh Omar Beblawî. "C'est notre devoir en tant qu'êtres humains, mais surtout en tant que musulman. Car Dieu, qu'Il est grand pour Ses bienfaits !, a dit : celui là qui aide son frère, Dieu pourvoira aussi à ses besoins".

La BEBLAWI SOLIDARITY FOUNDATION, organisation à but religieux, social et humanitaire, attire régulièrement sur elle les critiques de militants athéistes et laïques acharnés, qui tentent en vain de décrédibiliser la puissante et bienveillante fondation du Sheikh Omar Beblawî. Pourtant, elle fait aujourd'hui la démonstration de sa bonne volonté impartiale et universelle, en se portant au premier rang de l'assistance à des populations en besoin urgent de matériel et de soins - populations qui, on le rappelle, ne sont pas musulmanes.

"La BEBLAWI SOLIDARITY FOUNDATION est un acteur incontournable de l'aide aux populations en danger", reconnaît sans difficulté le porte-parolat du Diwan, qui a consenti à affrété gratuitement le cargo-chargeur national Miséricorde d'Allah à la fondation pour la livraison du matériel collecté à destination des victimes du tsunami paltoterran. "Ce partenariat public-privé bénéficie à tous : au maintien de bonnes relations avec les pays concernés, à l'organisation du Sheikh Beblawî, et bien sûr aux populations directement concernées".

De fait, ce sont des centaines de tonnes hautement nécessaires qui prenne désormais la route à vive allure. Moteurs allumés, le navire s'éloigne du port et se dirige en ligne droite vers le grand Canal de Jashuria, qui relie l'Océan des Perles à l'Océan Scintillant, par lequel il gagnera la mer des Burbujas Verdes et les régions côtières de l'Océan du Deltacruzando. "C'est la route la plus courte", confirme un marin opérant à bord. "Avec l'aide de Dieu, nous y serons dans moins d'un mois, insha'Allâh !" Après le départ du bateau, qui aura ameuté sur les quais d'Anaxandre une foule de curieux, de fidèles et de donataires, une grande opération de charité sera tenue par la BEBLAWI SOLIDARITY FOUNDATION dans sa mosquée Abu Fateh Beblawî, située dans les quartiers populaires de la métropole. "C'est un succès", se félicite Houria, secrétaire et gestionnaire à l'ONG ; "grâce soit rendue à Dieu, le Sheikh Beblawî va apporter à ces pauvres gens l'aide matérielle et spirituelle dont ils ont besoin". L'équipe de la fondation embarque avec elle des éditions du Coran traduites en espagnol, en acamaltèque et dans les autres langues locales, afin de faire connaître le message de Dieu sur un continent qui l'ignore encore en majorité.

5191
INTERNATIONAL : Son Altesse le Calife annonce une visite d'Etat au Paltoterra
Posté par Khadija Touré le 16.07.2015 à 13h11

Masjid al-Nujum
La Mosquée des Etoiles à Agatharchidès, lieu de résidence et de prière de Son Altesse Sémillante le Calife Kubilay Ibn Sayyid, a annoncé par un communiqué la tenue d'un voyage hors normes.

C'est officiel : la "Porte aux Serfs", comme on appelle l'aile politique du complexe architectural de la Mosquée califale Al-Nujum, a confirmé aujourd'hui par un communiqué que Son Altesse Sémillante, le souverain de l'Azur, visiterait un continent étranger lors d'un voyage d'outre-mer à haute importance politique, diplomatique et symbolique. "Sa Vénérable Altesse se rendra dans les Etats de Caribeña, du Grand-Kah, d'Icamie et d'Alguarena", quatre grandes nations du Paltoterra. "Elle s'y rendra en compagnie des ministres du Commerce et des Armées" ; elle sera également accompagnée par l'influent mais discret Secrétaire du Calife, Muhammad al-Baad.

Ce voyage d'Etat hors des frontières azuréennes est une première dans l'histoire récente de l'Azur, le chef suprême de l'Etat n'ayant pas pour habitude de représenter la nation à l'étranger et de jouer un rôle de premier plan dans la politique internationale. "Avec le Calife Kubilay, le rôle du chef de l'Etat tend à se moderniser", analyse un expert. "Il tend à représenter davantage le pouvoir central", laissant au Grand Vizir le soin de veiller sur la politique intérieure et les affaires courantes.

"La liste des pays annoncés n'est pas anodine", explique un délégué de la majorité califale au Sérail ; "tous sont des Etats avec lesquels l'Azur est en voie de nouer une relation forte, en particulier grâce au travail du Ministre des Affaires étrangères". Le mérite du titulaire du poste, Jamal al-Dîn al-Afaghani, est également loué par ses soutiens, qui souhaitent publiquement le voir candidater pour le prochain vizirat. "La catastrophe liée au tsunami du Deltacruzando a montré la solidarité de l'Azur avec ses partenaires", analyse-t-on. De fait, l'Azur est l'un des seuls pays afaréens à avoir publiquement manifesté son empathie et à avoir affrété une aide humanitaire conséquente. "La fondation Beblawî a joué un grand rôle dans le soft power azuréen". D'après des rumeurs, le président de l'organisation non gouvernementale BEBLAWI SOLIDARITY FOUNDATION pourrait même faire partie de la délégation califale à Caribeña, un petit Etat socialiste du Paltoterra oriental.

"Caribeña est un partenaire privilégié pour l'Azur", estime un géopolitologue, "car c'est une vitrine possible d'une coopération nouvelle entre deux Etats jusque là jugés mineurs par les grandes puissances de ce monde". "Caribeña et l'Azur ont en commun l'intérêt de développer leur économie et d'affirmer une voix indépendante". Ainsi, le pays dirigé par Sol Marques serait le premier à être visité par Son Altesse Sémillante. "Ensuite, le Grand-Kah est un partenaire absolument majeur pour le Califat" : c'est bien avec le gouvernement communaliste d'Axis Mundi qu'a été convenu l'"accord du siècle" pour l'acquisition de sous-marins de très haut niveau technologique, et d'armes de dissuasion massive. "Actée Iccauhtli, la commissaire kah-tanaise pour l'international, est fréquemment citée comme l'une des personnes les plus puissantes du monde" : figure charismatique de la diplomatie kah-tanaise, Madame Iccauhtli, que devrait rencontrer le Calife, est à la tête d'un arsenal militaire et d'un réseau d'influence qui s'étend sur l'ensemble de la planète. "L'appui du Grand-Kah sur des questions internationales comme le Gondo sera déterminant" ; "le ministre Afaghani place de grands espoirs dans la rencontre directe du Calife avec le monde kah-tanais". Un monde qui ne ressemble certes pas beaucoup à celui de la théocratie azuréenne, regrette en off un délégué conservateur : "Afaghani veut rendre le socialisme plaisant aux yeux du Calife", déplore ce partisan d'une ligne dure contre le communisme, l'athéisme et le féminisme.

Enfin viendraient l'Alguarena et l'Icamie, dans un ordre qui reste à déterminer. "L'ordre dans la visite de Son Altesse est sans lien avec l'importance qu'Elle y accorde", indique le communiqué. Et on le comprend : l'Alguarena est la première puissance mondiale. Nouer des liens avec cet Etat archipélagique, qui a le bon goût de n'être ni impérialiste, ni communiste, est important pour le Grand Vizir et l'aile conservatrice de la Nahda. "A choisir entre l'Alguarena et le Grand-Kah, les conservateurs ne réfléchissent pas longtemps", nous livre un membre du Parti de la Renaissance Islamique. Mais pourquoi choisir ? "L'Azur peut jouer sur tous les tableaux", insistent les partisans du ministre des Affaires étrangères. "Ces deux grandes nations paltoterranes sont l'un et l'autre des appuis essentiels pour le développement du Sud Global et l'avancée vers un ordre mondial pacifique". L'ordre mondial : l'obsession secrète d'Al-Nujum, et de son illustre occupant. "Le Calife a été très heureux de la signature du Traité du Pavillon septentrional" signé entre l'Icamie, le Jashuria et notre pays, après des négociations prolifiques qui ont fait apparaître une remarquable entente de vues entre les trois pays. "Construire de bonnes relations avec les pays intéressés à la paix mondiale est essentiel", résume-t-on à Agatharchidès. C'est donc l'objet de ce voyage.

La tournée diplomatique du Calife au Paltoterra devrait durer deux à trois semaines. Le détail du calendrier n'a pas été donné à la presse, mais des éléments indiquent qu'il consistera essentiellement en des visites et des conversations privées. Le Calife, fidèle à sa tradition de discrétion, ne devrait pas apparaître sur des photos officielles, ainsi que la dignité de sa fonction le veut. C'est un grand voyage dont les détails demeurent cachés qui s'annonce.
5595
ECONOMIE : Une croissance "insuffisante" entre 2011 et 2014 d'après un rapport
Posté par Khadija Touré le 31.07.2015

trafic à agatharchidès

Un rapport parlementaire produit par le service statistique du Sérail évalue à la baisse les résultats de l'économie azuréenne entre 2011 et 2014. Cette enquête, produite par des délégués membres de la Commission au Développement National, conclue à établir la hausse du Produit Intérieur Brut à 4'140 milliards de Dirhams, soit une hausse de presque un cinquième entre 2010 et 2015 ; au total, l'économie de l'Azur représenterait au 1er janvier 2015 un peu plus de 24'000 milliard de Dirhams, soit environ 600 milliards de dollars internationaux.

Une hausse incontestable, mais critiquée ; le rapport pointe ainsi que les résultats de la croissance ont été surestimés en 2011, en 2012, en 2013 et en 2014. "Les prévisions gouvernementales ont systématiquement annoncé des chiffres plus hauts que la réalité lors des quatre derniers exercices budgétaires", écrivent les auteurs du rapport. Ainsi, la performance de l'économie nationale serait de +4,2 % en 2011 par rapport à 2010, alors qu'elle avait été annoncée à +6 % dans le courant 2011 ; de même, elle avait été annoncée à +5,8 % en 2012, alors qu'elle s'élevait à +4,1 % par rapport à l'année précédente ; l'écart entre les annonces de 2013 et les calculs actuels, certes moindre que pour 2011 et 2012, s'établit en 2013 à 0,6 points (+7 % annoncés par le Diwan, contre +6,4 % mesurés par les statistiques économiques) ; en 2014 surtout, du fait de la crise agricole mondiale liée à la sécheresse et aux calamités, l'économie azuréenne aurait stagné (+0,8 % de croissance) alors que les autorités se voulaient rassurantes (+1,5 % de croissance proclamés). Au total, l'erreur moyenne correspond à une surestimation de la croissance annuel d'un point tous les ans, soit une valeur annoncée supérieure de 45 % à la réalité en moyenne, de manière systématique depuis trois à quatre ans.

"Ce rapport indique un dysfonctionnement chronique de la capacité de l'Etat à anticiper les résultats des investissements et à mesurer le dynamisme de l'économie", s'alarme Nouri Bedwane, économiste à l'Université Ibn Sina. "Ce qu'il indique, c'est qu'il faut presque diviser par deux le chiffre annoncé par le Diwan pour connaître le chiffre réel de la croissance. C'est énorme !" Au Sérail, on tempère néanmoins les inquiétudes. "Tout le monde sait que les chiffres annoncés pour 2011, 2012, 2013 et 2014 devaient être consolidés par des données à moyen-terme", explique le délégué Wassim Toumi, membre de la Commission pour le Développement National et proche des auteurs du rapport. "L'enseignement que nous en tirons, c'est plutôt que les coefficients multiplicateurs de nos modèles de prévision doivent être retravaillés. C'est une erreur normale et qui doit nous aider à progresser, plutôt que de semer des inquiétudes inutiles".

Bien que la majorité gouvernementale appelle au calme et à la sérénité face à ce qui apparaît comme un simple malentendu dans un jeu d'écritures, les délégués ne sont pas tout à fait satisfaits des explications du gouvernement, y compris au sein de la Nahda, le parti califal. "Cette histoire de coefficients multiplicateurs erronés indique un dysfonctionnement plus profond dans notre politique économique nationale", argumente le Sheikh Meryemadhi, délégué permanent pour la communauté ibadite d'Al-Pûr. "On peut se tromper sur une année, mais sur deux, trois, quatre années de suite, avec un taux d'erreur constant, cela indique qu'il y a quelque chose de faussé non seulement dans le modèle, mais dans la réalité économique qu'on appréhende".

Une analyse semble largement partagée par les économistes. Alors qu'il reste sceptique face aux explications du Diwan, le Professeur Beçargöy, docteur en économie du développement, avance une hypothèse qui recueille d'importants suffrages de ses collègues : "Ce que cette surestimation de la croissance montre, c'est que la productivité nationale commence à stagner par rapport aux deux décennies précédentes". L'Azur, dont la croissance régulière avoisinait les 5 % par an depuis 1980, serait-il entré dans une période de ralentissement économique ?

Un risque de stagflation ?

"Il est encore temps de tirer la sonnette d'alarme. Quelques années moins productives que prévu ne sont pas un problème irrémédiable", déclare le Professeur, rassurant ; "l'essentiel, c'est de tirer les enseignements de ces dernières années et de réadapter l'action de l'Etat pour faire face à la nouvelle donne économique". "L'Azur doit échapper à la stagflation, c'est-à-dire à la stagnation de l'économie couplée d'une inflation des prix en magasin", explique Nouri Bedwane. "C'est un phénomène qui se produit dans une économie quand elle décroche par rapport à ses voisins. La croissance du P.I.B. domestique ralentit, mais les prix continuent à évoluer en fonction de la donne mondiale, créant une spirale vicieuse où le pouvoir d'achat s'amoindrit et où l'Etat entre en crise budgétaire".

La stagflation : voilà la crainte de tous les milieux informés, qu'ils soient économistes, parlementaires ou membres du gouvernement. "C'est une situation redoutée parce qu'il est toujours difficile de s'en extraire", analyse le Professeur Beçargöy. "Que votre économie soit étatisée, mixte, libérale ou ce que vous voulez, vous tombez dans une situation où la richesse créée à l'intérieur des frontières est insuffisante pour subvenir aux besoins de la population. L'économie ralentit et peut tomber dans un état maladif qui peut aller jusqu'à la paralysie. Pour en sortir, il faut créer de nouvelles richesses, ce qui peut être très compliqué quand la situation politique intérieure se dégrade". Interrogés, les membres des cabinets ministériels n'ont pas souhaité commenter sur le risque de stagflation de l'année 2015, qui est déjà bien entamée. Néanmoins, le Diwan fait savoir à demi-mot qu'il "est parfaitement concentré sur la situation".

"L'Azur a les ressources nécessaires à une relance de l'économie", conclut Nouri Bedwane. "Nous sommes une grande nation créative et inventive, et les opportunités commerciales sont nombreuses". Gageons que le Diwan saura manoeuvrer pour écarter les craintes des milieux économiques et prouver en 2015 que les errements des années précédentes appartiennent bien au passé.

9427
POLITIQUE : Entretien avec Son Excellence Beylan Pasha, Grand Vizir

Posté par Kamil Abderrahman le 11.09.2015
Entretien : Lubna al-Harrak, Cemal Ulghan


Couverture


Il avait annoncé son retrait de la vie politique et la démission de sa fonction il y a quelques semaines, et assurait depuis, l’intérim au vizirat en attendant que le nom de son remplaçant soit connu. Il était le Grand Vizir de l’Azur depuis 2008, et son nom restera attaché à d’importants événements de notre histoire, comme l’ouverture du rail à la concurrence, la réforme des circonscriptions électorales, ou encore la suppression du service militaire, mesure qui a acquis sa popularité à travers l’ensemble des couches sociales de la population azuréenne. A quelques semaines de son départ de la Porte, il se confie au Lien Sans Faille dans un entretien exceptionnel, alors que vient de commencer les débats sur le texte le plus important de sa mandature. Notre invité de ce jour est Beylan Pasha.

Le Lien Sans Failles : Monsieur le Grand Vizir, Excellence, merci d’avoir accepté cet entretien. Votre annonce à la tribune du Sérail, face aux délégués, a surpris toute la classe politique. On s’attendait en effet à ne plus vous voir apparaître dans la politique de premier plan avant votre départ officiel de la Porte. Pourtant, vous avez annoncé que vous porterez le texte d’un nouveau Plan Gazier, que vous voulez faire adopter en quelques semaines. Comment expliquez-vous cette décision ?

Beylan Pasha : Cette décision n’a rien d’anormal ou de surprenant. Quand on a légué sa vie au service de l’Etat, on doit être prêt à tout, jusqu’au dernier moment, pour en garantir la pérennité et la sécurité. C’est ce que j’ai toujours fait et c’est ce que je ferais tant que je serais en poste. Je sais que ma décision a pu surprendre, mais je m’étonne que les commentaires se concentrent sur ma personne. La question n’est pas ma personne ; la question, c’est de donner à notre pays un nouveau Plan Gazier dans les prochaines semaines.

L.L.S.F. : Avant de parler du Plan Gazier, il faut aborder le contexte, qui est celui d’un débat au Sérail suscité par un rapport indiquant que l’économie azuréenne a sous-performé entre 2011 et 2014, alors que les chiffres officiels ne le faisaient pas apparaître.

Beylan Pasha : Ce n’est pas exactement ce que dit ce rapport. En réalité, l’économie azuréenne a été en constante croissance, et je remercie Madame Al-Qasimi, Ministre du Développement, qui n’a eu de cesse d’oeuvrer en ce sens depuis 2010 ; je remercie également ses prédécesseurs. Notre pays a eu une trajectoire de développement économique depuis 1980 qui est unique au monde. La richesse nationale a été multipliée par trois. C’est à mettre au crédit de notre fonctionnement institutionnel, de notre système économique et politique, et de nos entreprises et citoyens, qu’il faut remercier. Dieu a été bon avec l’Azur et nous devons le prier et implorer sa miséricorde. Bien sûr, une situation excellente ne dure jamais, et nous devons toujours être à l’affût des retournements de situation. C’est ce que nous avons fait lorsque nous avons constaté que la croissance voyait son rythme diminuer légèrement. Il faut aussi noter que l’année 2014 a été difficile à un niveau international, et que contrairement à bien d’autres pays, l’Azur lui n’est pas entré en récession. Au global, nous avons constaté que notre développement nous a conduit dans la situation actuelle où des choix s’imposent. Si nous voulons continuer à développer notre pays, à offrir des services publics de qualité à nos concitoyens, à améliorer notre sécurité collective et à défendre nos intérêts dans le monde, nous avons besoin de garantir une croissance économique solide dans un monde où les équilibres se reconfigurent. Pour cela, nous avons besoin d’un Plan Gazier.

L.L.S.F. : En quoi consiste ce Plan Gazier ? Quelles en sont les grandes lignes, avant que vous ne dévoiliez l’ensemble du texte aux parlementaires ? Vous savez que ce texte est très attendu. Ce serait, selon certains, l’acte le plus important de tout votre vizirat, et ce depuis 2008.

Beylan Pasha : Oui, certains le disent. Ce n’est pas à moi, l’homme politique, de juger mon action ; c’est à mes contemporains, et à Dieu, que revient le droit de me juger. Avant de parler plus en détail des mesures que contient ce Plan que nous ferons voter par le Sérail d’ici au début du mois de septembre, permettez-moi de rappeler des données qui ont leur importance. Nous parlons là d’un plan pluriannuel de développement des infrastructures et des capacités de production en gaz. D’abord, il faut bien retenir que les exportations de gaz représentent vingt-sept pour cent de la richesse nationale, dont trente-et-un pour cent des revenus de l’Etat. Notre compagnie nationale, PETRAZUR, emploie plus d’un million et demi d’ouvriers, de techniciens, et d’ingénieurs à travers le pays. Nous pouvons les remercier ! Ils font un travail admirable. C’est d’ailleurs le fruit d’un partenariat public-privé puisque, comme vous le savez, nous avons ouvert le capital de PETRAZUR aux investissements privés, ce qui a permis de moderniser et de renforcer nos capacités d’exportations. Aujourd’hui, l’Azur est en voie de devenir une puissance gazière majeure. C’est un aspect essentiel de notre économie. Aider le secteur gazier, c’est donc aider tous les secteurs de l’économie azuréenne. C’est grâce aux revenus du gaz que nous pouvons par exemple financer le secteur agricole, dont la balance commerciale est encore déficitaire, ou le secteur culturel, dont font partie les journalistes comme vous.

L.L.S.F. : Certes, mais vous savez que des voix critiques se sont élevées contre le Plan Gazier…

Beylan Pasha : Je le sais. Toute critique constructive est bonne à prendre, d’ailleurs le texte passera au Sérail où il pourra être amendé par les parlementaires. Le débat pourra avoir lieu. Cependant il est inutile de répondre aux critiques générales ; nous répondrons le moment venu sur la base des mesures précises que nous nous apprêtons à prendre, et non sur une critique en général. Je sais que certains, certaines adoptent facilement une posture de principe pour vilipender notre secteur gazier, notre compagnie nationale et nos 1,5 millions d’emplois gaziers…

L.L.S.F. : Vous faites référence aux écologistes, aux Verts notamment.

Beylan Pasha : Non, je ne vise personne, que chacun se reconnaisse. Je dis simplement que la critique “pour” ou “contre” le Plan Gazier n’a pas lieu d’être. Il faut juger sur pièce, pour que nous puissions co-construire le projet optimal, qui puisse à la fois répondre à l’impératif de structurer notre économie nationale et notre capacité à répondre à la demande mondiale en hydrocarbures, tout en garantissant notre souveraineté et la limitation des impacts environnementaux. C’est la ligne de la Nahda et de mon gouvernement depuis le premier jour.

L.L.S.F. : Rentrons dans les détails de ce Plan Gazier, si vous le voulez bien. Pouvez-vous nous donner des éléments sur ce que contiendra le texte soumis au Sérail ?

Beylan Pasha : Il est trop tôt pour parler de toutes les mesures concrètes, mais je vais être transparent. Notre ambition est d’accroître notre production annuelle pour l’amener à cent cinquante milliards de mètres cubes par an à l’horizon 2025 ; cela signifie de doubler nos capacités en dix ans. C’est important, mais c’est surtout faisable, et cela correspond aux capacités de nos réserves stratégiques et à nos critères de développement durable. L’enjeu de ce Plan Gazier est de créer un “effet volume” sur le marché mondial du gaz, qui permettra de démultiplier la rentabilité du secteur. Cela aurait un effet direct et très concret sur les autres secteurs de l’économie ; d’abord, pour la mise à niveau des infrastructures, cela représente d’importants ouvrages pour le secteur de la construction. Le passage à l’échelle supérieure sera aussi l’occasion de baisser le coût marginal de l’énergie, ce qui profitera à tout le secteur industriel : la sidérurgie, la production d’aluminium notamment, deux secteurs qui nous tiennent particulièrement à coeur ; la production d’engrais azotés pour l’agriculture également, pour lesquels la demande augmente. Enfin, ce sera l’occasion d’augmenter notre production électrique, avec l’opportunité d’installer de nouvelles centrales à gaz…

L.L.S.F. : Pour donner à nos lecteurs quelques éléments de contexte, il faut rappeler que le dernier Plan Gazier, ou “Plan National de Développement Stratégique du Secteur du Gaz”, date de 2001 et avait mobilisé à l’époque près de quatre cent quatre-vingt-douze milliards de Dirhams, soit une surcharge de 40 % au budget de l’Etat. A combien évaluez-vous cette fois le coût des investissements nécessaires ?

Beylan Pasha : Une surcharge comme vous dites, qui nous a permis tout de même de multiplier par deux la richesse nationale en moins de quinze ans.

L.L.S.F. : De fait, le Produit Intérieur Brut était à l’époque autour de douze mille trois cent milliards de Dirhams, contre vingt-quatre mille aujourd’hui. Cependant cette croissance n’a pas été le seul fait des exportations gazières.

Beylan Pasha : Pas seulement des exportations gazières, mais le secteur gazier a joué un très grand rôle. Enfin, tout cela démontre que les investissements dans le secteur gazier ne sont pas des charges ou des dépenses, mais une véritable épargne. Un dirham investi dans le gaz, ce sont cinq à vingt-cinq dirhams de bénéfices, des créations d’emploi, une augmentation générale des salaires et du pouvoir d’achat. Nous, l’Azur, disposons de réserves parmi les plus considérables au monde ; pourtant, nos réglementations et l’état actuel de notre économie freinent le développement de l’industrie nationale. Il faut sortir de l’ornière, par un bon redémarrage de la production gazière.

L.L.S.F. : Excellence, pourquoi n’avoir cependant pas laissé le soin de ce nouveau programme gazier à votre successeur ? Vous avez annoncé votre prochain départ de la Porte, en attendant le prochain Congrès…

Beylan Pasha : En l’état actuel des choses, et nous venons de mentionner l’urgence et le caractère préoccupant de la situation budgétaire et économique, laisser traîner davantage les choses serait un choix néfaste pour le pays. Ce n’est pas ce que les Azuréens attendent ; alors que les prix alimentaires restent élevés, les revenus insuffisants, et maintenant que les recettes fiscales semblent se tarir du fait d’un ralentissement de la croissance économique, c’est bien maintenant qu’il faut agir. Nous ne devons pas attendre la stagflation ; nous devons redémarrer le moteur maintenant !

L.L.S.F. : Excellence, merci infiniment d’avoir pris le temps de répondre à nos questions. Nous suivrons tout cela de très près.

Beylan Pasha : Merci à vous. J’espère que cet entretien franc mais juste saura démontrer le bien-fondé de notre action. Avec le soutien des Azuréens, tout est possible ; protéger notre économie, relancer la croissance, sauver le pays.

6432
PLAN GAZIER : Beylan Pasha lance le plus grand chantier de la décennie

Posté par Nouri al-Maliki le 04.11.2015 à 00:01

Sabarian et Beylan Pasha

"Relancer la croissance" : c'est le mantra du Grand Vizir Beylan Pasha, qui a promis d'entamer le dernier des travaux d'Hercule avant de quitter le pouvoir ; mettre en oeuvre un nouveau Plan Gazier. Le Nouveau Plan National de Développement Stratégique prévoit une série d'investissements de grande ampleur pour moderniser et étendre les infrastructures de production et de distribution de gaz naturel. Le secteur, qui représente à lui seul 27 % du PIB et près d'un tiers des recettes fiscales de l'Etat, est la carte maîtresse de l'Azur sur la scène économique globale. En dopant sa production, le Diwan espère récolter les dividendes d'un marché en constante expansion.

"C'est un plan ambitieux", confirme le Directeur Exécutif de PETRAZUR, en première ligne dans ce programme quinquennal pour multiplier par deux la capacité de production gazière du pays. "Beylan Pasha a pleinement conscience que l'enjeu n'est rien de moins que de relancer la machine économique toute entière". Ce cadre technique de la compagnie nationale des hydrocarbures, dont les compétences sont à la mesure de son caractère engagé voire militant, voit dans la relance de la production d'énergie le principal levier pour "éviter la stagflation". "Le risque, c'est de voir l'économie de l'Azur se paralyser avec des infrastructures vétustes qu'on ne mettrait pas à jour", explique-t-il ; "nous avons tardé à investir, le moment est venu de le faire, et le gouvernement a décidé de jouer carte sur table, ce qui est une très bonne chose".

Le Plan Gazier a été chaleureusement accueilli du côté des syndicats également. Youssef Makriz, président de la mudharaba du secteur énergétique de Syrane, est sur la même longueur d'onde : "les revenus du gaz nous permettront de créer un million d'emplois direct. Avec ce Plan, c'est la lutte contre le chômage et les bas salaires qui se profile". Il ajoute sa fierté d'"appartenir à un secteur industriel sans équivalent en Azur"."Nous, les gaziers, nous produisons un tiers de la richesse nationale", se targue-t-il. Le bon accueil des ouvriers du secteur gazier se traduit également par la tenue de fêtes improvisées dans les centrales, comme cela a été observé dans certaines villes. "Cela fait des années qu'on attend cette annonce", se réjouit un technicien affecté à la gestion du réseau dans l'agglomération de Seylimsaray.

Soutien des Libéraux, colère des Ecologistes : le Plan Gazier rebat les cartes au Sérail

Alors que les observateurs économiques et politiques notent une dynamique positive suite aux annonces du Diwan, notamment sur les réseaux sociaux comme Wasl'App et dans les journaux économiques, la classe politique s'annonce divisée. "Le texte sera soumis à un débat parlemenaire", prévient Beshir Sarzaneh, porte-parole de la Nahda. "Le Parti de la Renaissance Islamique prône une approche non dogmatique, pragmatique, et équilibrée en matière de développement économique". Largement majoritaire, la Nahda ne devrait pas trop avoir de souci à se faire pour adopter le texte ; les Libéraux semblent ravis par un projet "qui répond à nos demandes élémentaires", se réjouit Bayazid al-Reski, un délégué appartenant au Parti Libéral interrogé à ce sujet. "Il est temps d'investir pour relancer la matrice de notre économie, qui est la production d'énergie pas chère". Cependant, les partisans d'une politique économique plus capitaliste que modératrice en profitent pour pousser leur agenda politique. "Nous proposerons des amendements pour consolider le projet, notamment en matière de commercialisation", continue le délégué. "Le montage financier n'est pas totalement satisfaisant. Nous attendons de meilleurs gages, et nous proposons pour cela d'ouvrir le marché gazier à la concurrence". De fait, la question du déploiement de nouvelles technologies dans les prochains sites de production interroge ; certains considèrent que PETRAZUR n'est pas assez bien équipée. "Des partenariats internationaux sont à trouver, notamment avec RASKEN, le leader mondial du pétrole". "Il est temps de moderniser la société nationale en l'ouvrant aux capitaux privés, en l'indexant à la Bourse", réclame le Parti Libéral.

De l'autre côté, c'est un discours à l'inverse qu'on entend des Verts. Comme on pouvait s'y attendre, le mouvement écologiste est vent debout contre "un projet de saccage sans précédent dans l'histoire de l'Azur", comme le dénonce Selma Osmanzade, présidente du Parti et de la coalition d'opposition, l'Alliance Démocratique, qui rassemble les écologistes, les sociaux-démocrates et les libéraux. "Beylan Pasha a choisi de terminer son vizirat par l'un des textes les plus violents que l'écologie aie vu ces dernières années". "Nous nous y opposerons avec la dernière énergie", promettent les défenseurs de l'environnement, qui voient dans le Plan Gazier une "attaque directe contre le Vivant et la santé des Azuréens". "La multiplication du fracking, la technique de fracturation hydraulique qui sera utilisée par les nouveaux puits, pose un danger mortel sur nos aquifères", argumente un délégué. "Et nos emplois ?" lui rétorque à la volée un délégué siégeant pour le Parti des Travailleurs Azuréens (P.T.A.), classé à l'extrême-gauche, qui n'a pas manifesté d'opposition de principe au projet. "Les Verts n'ont pas de pensée économique", déplore-t-il ; "l'Azur a besoin de croissance, a besoin d'emplois, la population est fatiguée par le chômage et inquiète du risque de stagflation".

Les Sociaux-Démocrates, troisième composante de l'Alliance Démocratique, se tiennent prudemment à l'écart des premiers commentaires qui fusent dans le débat public. Et pour cause ; siégeant entre les Verts et les Libéraux au sein de la coalition d'opposition, ils n'ont aucun intérêt à voir leurs partenaires afficher leurs désaccords sur le texte le plus important de l'année, à moins d'un an désormais des élections municipales. "Comme toujours, chacun votera en son âme et conscience, mais l'équilibre de notre coalition doit être préservé", espère Nouri Ben Waïd, conseiller municipal dans la majorité tricolore de Seylimsaray, tenue par l'Alliance.

En off, les experts du monde politique indiquent que "Beylan Pasha joue un coup de maître"."D'abord en répondant aux aspirations profondes de la population, qui a besoin de pouvoir d'achat, de revenus, de services publics, donc de croissance économique" : c'est l'objectif affiché par le Plan Gazier, dont les retombées sociales sont mises en avant par ses soutiens. "Ensuite en divisant l'opposition à quelques mois à peine des municipales", échéance électorale souvent favorable à la coalition saumon, surnom de l'Alliance Démocratique. "En 2016, la Nahda veut reprendre l'avantage ; Seylimsaray, Agatharchidès, Mysore, Méroème : autant de villes de premier plan que le Parti de la Renaissance Islamique ne pourra laisser à l'opposition", prévient un analyste. Le Plan Gazier serait-il autant un instrument de relance économique qu'un coup de poker dans le jeu politicien ? "Il avait indiqué qu'il quitterait ses fonctions, mais vu ces annonces, on dirait que Beylan Pasha se plaît bien dans son poste".

Haut de page