Posté le : 02 nov. 2024 à 18:54:55
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Note sur la cyberguerre
Auteur : Major Ibrahim al-Masri, Département de la Surveillance des Communications
Les activités en ligne occupent une importante prépondérante dans la structuration de l'opinion. L'utilisation d'internet a permis de libérer les moyens de communication et de stimuler la croissance économique. Aujourd'hui, des secteurs aussi variés que la publicité, l'industrie musicale et audio-visuelle, la culture, la recherche scientifique, et d'autres considèrent internet comme le vecteur principal pour l'exercice de leur activité.
Internet est une technologie qui apporte beaucoup de bénéfices, comme la connaissance, les possibilités d'interaction et de partage, la transparence, l'information et l'accès aux données. Ces bénéfices sont associés à des défis particuliers, notamment en terme de contrôle des contenus illégaux, des discours dangereux et de la diffusion de fausses nouvelles ou d'incitations à la violence.
Les récentes actualités montrent l'apparition d'un véritable "cyber-conflit" entre l'Icamie et la Jashurie. Ces deux pays importants sont dotés l'un comme l'autre de grandes communautés de "weeb", personnes à forte implication numérique, qui portent le nom de "forums" ou "Chan". D'ordinaire anodins, il a été remarqué que les échanges de la sphère numérique d'Icama-chan, réseau social numérique principal d'Icamie, ont conduit à de violentes incriminations verbales et des attaques cyber sur Jashuria-chan, la sphère cybernétique jashurienne.
De part et d'autres, ce conflit se traduit par la diffusion de contenus viraux et incontrôlables, de troll, et de propagande à des fins idéologiques et stratégiques. Cet événement a conduit, dans les pays cités, à une réaffirmation des règlements censés encadrer l'expression en ligne par les autorités. Le think-tank Cuckmachine souligne dans une note la nécessité d'améliorer les moyens des Etats pour empêcher la diffusion des contenus sensibles, sans quoi davantage d'espaces d'internet pourraient être déstabilisés par ces attaques. Le rapport pointe notamment l'émergence de fermes à troll, ou de bots, c'est-à-dire le recours par des internautes mal intentionnés à de faux profils automatiques en nombre exponentiel pour saturer les capacités d'analyse et de censure des logiciels étatiques.
Cependant, il convient de souligner que la guerre numérique ne se limite pas aux seules attaques verbales ou à la diffusion de contenus subversifs. Un aspect souvent négligé mais tout aussi critique réside dans les manipulations algorithmiques des plateformes elles-mêmes. Selon un rapport récent de l'Observatoire de la Souveraineté Numérique, des entités d'Icamie et de Jashurie ont développé des scripts complexes visant à détourner les algorithmes de recommandation des grandes plateformes internationales. Ces scripts exploitent des failles dans le traitement automatisé des contenus pour amplifier artificiellement la visibilité des messages toxiques ou déstabilisateurs. Ce phénomène, qualifié de "hameçonnage algorithmique", démontre à quel point le conflit numérique évolue rapidement et nécessite des réponses tout aussi innovantes.
Le think-tank Cuckmachine avertit que si de telles pratiques ne sont pas contrecarrées, elles pourraient altérer profondément la perception des événements mondiaux, créant des récits alternatifs capables de polariser davantage les populations et de nuire à la stabilité des sociétés modernes. Cette polarisation pourrait s'étendre bien au-delà des frontières des deux nations en conflit, affectant même des États tiers qui, bien qu'initialement neutres, se trouvent désormais embarqués dans des luttes narratives échappant à leur contrôle. La situation est d'autant plus préoccupante que des acteurs privés, souvent motivés par des intérêts financiers ou idéologiques, commencent à s'impliquer dans cette dynamique. Ces entités, parfois déguisées en agences de relations publiques, louent leurs services pour influencer l'opinion publique ou semer la confusion à travers des campagnes savamment orchestrées.
Un exemple frappant est l'utilisation de campagnes de "faux consensus". Ces campagnes consistent à inonder les espaces numériques d'opinions convergentes, créant l'illusion qu'une majorité soutient une idée, une réforme ou une revendication particulière. Cette technique est particulièrement redoutable lorsqu'elle est associée à des attaques ciblées contre les voix dissidentes, souvent orchestrées par des armées de bots ou de trolls agissant de manière coordonnée. En conséquence, les discours contradictoires sont étouffés, laissant place à une narration unique qui, bien qu'artificielle, finit par être perçue comme légitime par un grand nombre d'internautes.
Un autre phénomène inquiétant lié à ces manipulations algorithmiques est l'émergence de ce que certains experts appellent les "bulles de haine". Ces espaces en ligne, soigneusement façonnés pour rassembler des individus partageant des opinions radicales ou extrêmes, fonctionnent comme des chambres d'écho idéologiques. En exploitant les mécanismes de personnalisation des algorithmes, les auteurs de ces manipulations peuvent non seulement radicaliser des groupes entiers, mais aussi orienter leur colère ou leur frustration vers des cibles spécifiques, souvent choisies en fonction de leur vulnérabilité ou de leur symbolisme. Les attaques récentes contre des institutions culturelles en Jashurie, orchestrées par des groupes influencés par ces bulles, illustrent parfaitement les conséquences désastreuses de ces pratiques.
Face à ces menaces croissantes, les États se retrouvent dans une course contre la montre pour renforcer leur résilience numérique. Les initiatives prises par le Grand Kah, notamment la mise en place d'une brigade dédiée à la défense et à la dissuasion cybernétique, pourraient servir de modèle pour d'autres nations confrontées à des défis similaires. Cependant, la simple création de brigades ou d'unités spécialisées ne suffira pas à elle seule. Comme le souligne un autre rapport du Cuckmachine, il est impératif de développer des partenariats public-privé pour mieux comprendre les mécanismes algorithmiques et anticiper les manipulations potentielles. Cela implique de collaborer avec les grandes plateformes technologiques, mais aussi d'exercer sur elles une pression suffisante pour qu'elles renforcent leurs protocoles de sécurité et investissent davantage dans la détection des contenus malveillants.
Par ailleurs, il est essentiel d'introduire des campagnes d'éducation numérique auprès de la population, notamment des jeunes, qui sont les cibles privilégiées de ces manipulations. Une population bien informée est moins susceptible de tomber dans les pièges des faux récits ou des campagnes de désinformation. Ces campagnes devraient inclure des modules sur la reconnaissance des comportements manipulatoires en ligne, l'identification des sources fiables et la compréhension des mécanismes derrière les algorithmes de recommandation. En complément, les institutions éducatives pourraient intégrer des cours sur la pensée critique, encourageant ainsi les élèves à remettre en question les informations qu'ils consomment et à développer une attitude plus sceptique face aux contenus viraux.
Enfin, la dimension internationale de ces conflits numériques ne doit pas être ignorée. Des accords bilatéraux ou multilatéraux pourraient être envisagés pour établir des règles communes en matière de cybersécurité et de régulation des plateformes numériques. Ces accords pourraient inclure des clauses sur la transparence des algorithmes, la responsabilisation des entreprises technologiques et la mise en place de mécanismes de résolution des conflits en ligne. Une coopération accrue entre les agences de renseignement numérique des différents pays permettrait également de mieux surveiller les flux de désinformation et de coordonner les réponses aux attaques transfrontalières.
En somme, le cyber-conflit entre l’Icamie et la Jashurie représente une alerte sérieuse sur l’avenir des relations internationales à l’ère numérique. Les États qui tarderont à adapter leurs stratégies se retrouveront rapidement dépassés, non seulement par des adversaires plus agiles, mais aussi par les dynamiques imprévisibles d’un espace numérique en perpétuelle évolution. Le défi est immense, mais il en va de la stabilité, de la souveraineté et, en fin de compte, de la sécurité de toutes les nations impliquées.
Les Etats tardent à réagir, sauf dans certains cas, notamment au Grand Kah où une brigade dédiée a été créée pour non seulement protéger la sphère cybernétique nationale, mais aussi pour se doter d'une "dissuasion-kun". Pouvoir disposer de trolls prêts à saturer les espaces numériques adverses semble la stratégie privilégiée par un nombre croissant d'acteurs.
Cette note vise donc à informer et à suggérer au Bureau des Enquêtes et aux services d'intelligence azuréens de se doter de capacités similaires afin d'éviter, de réprimer et de contre-attaquer à des attaques malignes visant à semer la zizanie sur internet et dans la population. Le risque de voir la jeunesse pervertie par les moeurs dissolues d'Icama-chan est important ; celui de la voir frappées par une propagande méthodique faisant l'apologie du blasphème et de l'immoralité, de la part d'autres acteurs mal intentionnés, est encore plus grand.
Nous recommandons donc la création d'usines à trolls sur le territoire de l'Azur pour doter le Califat de capacités de rétorsion en matière cybernétique.
la terreur de blême avance