II. Peuples de la Préfecture de Faustinans

Culturellement, les populations des Vallées Fortunées de Lygie descendent, dans leur immense majorité, des citoyens Lygo-rémiens qui vivaient sur le territoire de la préfecture à l'époque antique. L'extrême compartimentation du territoire par le relief a cependant conduit à une segmentation assez prononcée des cultures du pays. Toutes ces cultures forment néanmoins un véritable continuum dont il n'est pas forcement simple de tracer des lignes claires d'une vallée à l'autre. Elles restent relativement similaire et de racine rémienne, ce qui permet une intercompréhension assez large, en particulier à l'écrit.
Les Lygo-romans (IRL : Occitan) représentent le premier groupe culturel et linguistique de la préfecture, et de très loin puisqu'ils composent un peu plus de 86% de la population. Malgré l'autonomie renforcée des vallées, ils conservent une influence considérables sur l'administration de l'état de part leur poids démographique écrasant, et le fait que la capitale et le prestige historique qui lui est associé se trouve dans leur zone culturelle. Ils sont ainsi régulièrement sur-représentés dans les institutions fédérales, ce qui n'est pas sans générer quelques crispations de temps à autre avec les petites minorités qui se sentent invisibilisées.
Les Allo-romans (IRl : Arpitan), bien qu’infiniment moins nombreux, sont de loin de second groupe culturel du pays avec un peu plus de 11% des habitants des Vallées. S'ils souffrent d'une sous-représentation dans les instances fédérales, ils compensent cet état de fait par une étonnante vitalité au sein de l'appareil industriel du pays. Bénéficiant d'une topographie plus clémente que ses voisins, ils ont pu prendre un essor économique précoce qui leur vaut toujours aujourd'hui de concentrer un nombre important des grandes institutions financières et grandes firmes industrielles, bien supérieur à ce leur poids réel. La distinction des Allo-romans comme groupe distinct des Lygo-romans restent un sujet ouvert et un débat plus que houleux. Certains linguistes y voient un simple dialect Lygien, avec quelques particularismes plus prononcés du fait de leur isolement et de leur proximité avec les frontières septentrionales du pays. D'autres y voit là une véritable langue distincts des parlés lygo-romans les plus septentrionaux. Les revendications politiques ne facilitent pas un traitement apaisé de la question. Néanmoins, il est acquis que l'interintellegibilité entre l'allo-romans et les patois lygo-romans frontalier est réelle, facile et étendue.
Au delà de ces deux grands groupes qui représentent plu de 97% de la population à eux-deux, restent deux minorités qui représentent environ 250 000 personnes chacun, soit un peu plus de 1%. La première d'entre-elle est de souche italique, majoritairement résultant d'une immigration économique venue de Fortuna depuis un bon siècle, en particulier afin de mettre en valeur les marais du delta d'Arelate. Encore plus qu'ailleurs, la population y est fière de son particularisme et cherche à le défendre à tout prix face aux deux mastodontes que sont les groupes précédents. Pourtant, contrairement à eux, ils sont en interne extrêmement campanilistes et ne collaborent globalement que lorsqu'il s'agit de s'opposer aux deux forces dominantes. Le dernier groupe culturel, qui fait sensiblement la même taille que le précédent est l'unique groupe à ne pas être d'origine Lygo-rémienne mais bien de ceux de leurs envahisseurs de la fin de l'antiquité. Descendant des tribus fédérées installées sur le territoire de la préfecture au VIème siècle pour participer à sa défense, ils ont réussi à maintenir un degré d'indépendance linguistique tout à fait étonnant malgré l'écrasante supériorité culturelle rémienne du pays. C'est probablement du à une volonté farouche de la part des bas-alémaniques d'avoir le moins à faire possible avec les autres, se contentant de respecter leurs engagements. De l'eau a passé sous les ponts depuis, bien entendu, mais ils restent à l'écart de la politique fédérale en dehors de leur sur-représentation dans l'armée, dans leurs vallées isolées géographiquement du reste du pays.