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[PSYCHO-BIDOUILLE] Carnet de Sattler

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Friedrich Sattler
Dans les pensées d'un monstre

Longtemps j'ai hésité à poser mes pensées sur du papier. Qui irait les lire ? Pour beaucoup je ne suis qu'un dictateur sanguinaire, un despote, un démon. On me nomme fasciste ou barbare. On me craint, on me méprise ou on m’abhorre. On me dit que je suis fou, que mes actions sont déraisonnées, prises sur le vif, que je n'écoute que ma haine et ma colère, que je me masque le bon sens et l'intelligence, que j'ignore les principes basiques de la civilisation ou de l'humanité, que j'opprime tout ceux qui pourraient me faire comprendre mon erreur. Qu'ils aient raison ou qu'ils aient tort, ça m'est égal. Leur avis, leur opinion, leurs rêves sont autant faux et biaisés que ce qu'ils croient des miens. Ce qui donne plus de poids à ceux là, c'est leur nombre et seulement leur nombre. Et pourtant, une masse d'incultes peut toujours se tromper.

L'Humanité, la civilisation cherche toujours un coupable, un responsable de ses malheurs sur qui lâcher toute sa rage. Elle cherche un ennemi. Elle cherche un monstre. Et si je dois être ce monstre, je serais ce monstre.

Qu'importe ce qu'ils pensent de moi, qu'importe ce qu'ils disent de moi, mes pensées et mes rêves ne se bâillonneront pas pour leur satisfaction. Quand je me balancerais au bout d'une corde comme un pendule hypnotisant une foule hypocrite, quand mon corps sans vie se tiendra droit contre un poteau, le cœur vide de sang et plein de plomb, on ouvrira mes lettres, on lira mes pensées, on diffusera mon message.

Mon combat ne s'arrêtera pas après ma mort. Ma lutte est éternelle.

Fait le 21 Décembre 2014, 20h39, à Hahnemann
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CITADEL, la Conférence de Velcal, le Bloc Nationaliste Eurysien et avant ça l'Union Économique Eurysienne. La Rimaurie s'étend partout où elle le peut, partout où on l'invite, partout où on l'accepte et pourtant elle n'a jamais été à sa place nulle part.

L'Union Économique Eurysienne, organisation soit disant chargée d'unifier les peuples Eurysiens et de permettre une meilleure coopération entre ceux-ci, était et est encore bourrée d'états capitalistes et impérialistes comme Rasken qui envahit et occupe ses voisins pendant deux décennies avant de se croire permit de nous faire des leçons de morale, de l'instable Tcharnovie fédératrice à l'accès et prosélyte de son erreur, le Valkoïnenland, surement le pire d'entre tous, incapable de lutter contre un ennemi pourtant inférieur, tant militairement sur son propre territoire que politiquement dans son parlement, qui abandonne sa population à l'invasion fortuite d'autres états. Eux, qui sont tous dans l'erreur, eux dont la parole n'a plus aucun poids, cherchent à imposer leurs défauts et leurs modèles obsolètes aux quelques uns d'entre eux qui refusent de sombrer dans la misère.

CITADEL, qui se pose comme le défenseur de la tradition, comme un phare, une forteresse conservatrice face à l'obscurantisme du modernisme et de l'ultra-libéralisme à outrance. Mais pourquoi la Rimaurie s'est-elle joint à ce projet ? Sommes nous aussi conservateurs et réactionnaires que beaucoup le dise ? Notre combat n'est-il pas au contraire le salut de l'humanité par le progrès, l'abandon des croyances dérisoires et des traditions superflues pour revenir aux valeurs primitives et sages de l'Homme purifié ? Beaucoup des membres de cette organisation semble attachés à leur Roi et leur Dieu, attaches que, justement, je combat avec tout les forces et tout le pouvoir à ma disposition. La Rimaurie a-t-elle réellement sa place dans CITADEL, parmi ses ennemis, cachés et inavoués, mais ses ennemis quand même ?

La Conférence de Velcal, censée mener à la formation d'une ligue de défense et qui n'est rien de plus qu'un moyen pour Velsna de se trouver des vassaux. Velsna qui déclare accorder la même importance à toutes les nations réunies en son territoire mais impose sa direction et sa présidence aux débats et s'autoproclame seul maître quant aux déroulements des votes et du choix des questions auxquelles elle daigne nous autoriser à répondre et voter. Velsna dit lutter contre l'impérialisme, Velsna affirme ne pas vouloir diffuser son modèle ou son idéologie, et pourtant Velsna condamne les excès de certains et tolère ceux des autres aux seuls motifs qu'en condamner un et tolérer un autre lui serait profitable. Velsna ne cherche pas des alliés mais des sous-fifres. Velsna se moque de nous. Velsna nous humilie et nous ne pouvons rien laisser paraître. Un jour, Velsna paiera pour son ego et ses excès.

Le Bloc Nationaliste Eurysien enfin, toute jeune organisation qui fête son premier mois d'existence aujourd'hui même, fondée collectivement par la Rimaurie, Karty et la Kartvélie, trois états ayant reniés l'Union Économique Eurysienne, fait déjà montre de ses faiblesses et de ses défauts. Alors que l'alliance entre les trois états semblait, comme exposée aux yeux du monde, sincère et soudée, l'attaque Loduarienne sur l'aviation Kartienne démontre l'absurdité du gouvernement Impérial Kartien et la stupidité de ses élites dirigeantes qui, pour défendre leur ego surdimensionné, n'hésitent pas à sacrifier une quinzaine de leurs citoyens comme des pions. Et tout ça pour quoi ? Pour rien ! L'Empire de Karty est autant responsable que la Loduarie Communiste, sur qui toute la culpabilité, certes indéniable et impardonnable, ne pourrait être honnêtement rejetée. Alors que les pilotes Kartiens auraient pu accepter l'interception, alors qu'ils auraient pu se détourner vers un état neutre, allié ou même hostile qui ne pourrait qu'accepter de leur offrir un asile temporaire au vue de la situation, et peut-être ainsi avoir une chance de retourner chez eux un jour ou l'autre ou d'au moins s'en sortir vivants et entiers, ils ont reçus l'ordre de ne pas reculer et de se laisser abattre comme des chiens pour un soit disant hinneur et une soit disant gloire. Le régime Kartien a rejeté la faute de ce massacre, de ces familles éplorées, de ces veuves et de ces orphelins sur la seule responsabilité de la Loduarie Communiste et du Bloc Nationaliste Eurysien alors qu'eux seuls avaient le pouvoir de l'empêcher en admettant une fois, une seule fois leur défaite !

L'Empire de Karty n'est pas en reste des autres états membres et de nos autres alliés. Nous ne sommes entourés que de capitalistes xénophobes et de monarchistes cléricalistes. Ils croient nous comprendre, ils croient être nos alliés, mais au fond ils sont certainement nos pires ennemis.

Ainsi, peu importe ses alliances de façade, peu importe les organisations où elle se place, la Rimaurie a toujours été seule, désespérément seule, depuis toujours et jusqu'à l'éternité. Les pays n'ont pas d'amis, ils n'ont que des intérêts. Je pense être bien placé pour le savoir.

Amis ou ennemis, au fond ils sont tous pareils : des barbares, des monstres, des Humains.

Fait le 23 Décembre 2014, 22h00, à Hahnemann
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Ça y'est, Noël est passé. Pas que ça me dérange, je n'ai de toute façon jamais vraiment apprécié cette fête de toute façon. Noël est un mensonge fondé sur un mensonge encore plus gros. Ceux qui le fêtent célèbrent la naissance d'un mythe, d'une légende. Le pardon et la paix, valeurs à défendre en ce jour, ne le sont pas par volonté mais par obligation. Si les hommes, les femmes et les enfants s'offrent des cadeaux et appellent à la paix et l'amour, ce n'est pas qu'ils le veuillent, bien au contraire, c'est qu'ils en sont obligés par leur religion et leurs croyances. Si les Hommes étaient sincèrement attachés à la paix, ils n'auraient pas besoin d'une fête pour qu'on les force à la défendre.

Comme toutes les idéologies, le Christianisme s'étend et se diffuse grâce au mensonge et à la propagande. Le mensonge du Christianisme, c'est de dire que l'Homme est sincèrement bon.

Noël est à mon sens un symbole de l'absurdité des Hommes. Ils disent défendre la paix et l'amitié pendant une journée mais se déchirent, se haïssent et s'entretuent le reste de l'année. Noël n'est pas un jour de paix et de joie, c'est une journée de trêve et de repos au milieu d'une éternité de combat et de souffrance.

Le passé, la religion et l'héritage de nos ancêtres nous ont légué un jour d'amitié, de partage et d'entente chaque année pour trois-cent-soixante-quatre de haine et de discorde. Et si ces valeurs d'amitié et de partage étaient sincères, pourquoi ne les suivrions nous pas tout les jours plutôt que seulement à Noël ? Et si les Hommes défendent réellement la paix et l'amitié le jour de Noël, pourquoi ne le fêtons nous pas tout les jours ? Le monde ne s'en porterait-il pas mieux ? Et au fond, le monde mérite d'aller mieux lorsque l'on voit ce qu'il est capable d'engendrer ?

Fait le 29 Décembre 2014, 19h06, à Hahnemann
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Ça y'est, une année de passée, une autre de commencée. Comme à chaque fois, les hommes et les femmes de tout âge et de tout horizon se sont souhaités une bonne année, partout. Comme à chaque fois, ils se sont mentis et ils le savent. Ils savent que cette année ne sera pas bonne, elle sera comme toutes les précédentes et comme toutes les suivantes. Ceux qui se sont souhaités la bonne année continueront de trimer et de souffrir, certains mourront, d'autres tomberont malade, certains seront frappés par la misère et jetés à la rue. Certains seront balayés par des raz de marées, des ouragans ou des inondations. Certains seront fauchés par la guerre et le crime. Est-ce cela une bonne année ? Finir au fond d'un gros trou, percé de plus petits trous ? Si c'est cela une bonne année, alors pourquoi nous échinons nous à vouloir changer le monde ? Pourquoi améliorer les conditions de vie de miséreux et de mendiants si eux même les trouvent suffisantes ?

Une année ne sera jamais bonne, elle ne peut pas être bonne. Il y'aura toujours des morts, des malades et des indigents. Mais si une année ne peut pas être bonne, nous pouvons en revanche faire en sorte qu'elle soit meilleure que les précédentes, juste un peu. C'est tout ce que je défen : une année meilleure que les précédentes, moins de guerres, moins de misère.

Fait le 2 Janvier 2015, 18h59, à Hahnemann
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Liberté. Quel joli mot, quelle belle pensée. Tout les Hommes, depuis leurs premiers pas, ont cherchés à la défendre, à la protéger à tout prix. Liberté. Ils pensent que rien n'est plus beau, rien n'est plus juste, rien n'est plus noble que la liberté. Lorsqu'un peuple est opprimé, c'est au nom de la liberté qu'il se soulève. Lorsque la parole est bâillonnée, que l'opposition est censurée, c'est au nom de la liberté que militants et journalistes crient la vérité, qu'importe ce qu'il pourra leur tomber dessus. Combien de régimes, combien de nations, combien d'hommes et de femmes sont tombés pour la liberté ? Cette valeur nous unit tous, en tout les coins et recoins du monde et de l'histoire. En tout point du temps et de l'espace.

Et pourtant... Et pourtant, l'Homme a-t-il raison de s'attacher autant à la liberté ? Qu'y trouve-t-il ? L'Homme voit en la liberté une valeur universelle et absolue qu'il doit défendre de toute son âme et de tout son corps et pourtant la liberté ne lui rapporte rien. Dans l'absolu, l'Homme a besoin de manger à sa faim, boire à sa soif, se reposer, s’abriter de la chaleur, du froid et des intempéries, soigner ses maux et ses douleurs, calmer ses craintes et ses hésitations, emplir ses poumons d'air pur. C'est tout. Alors en sachant cela, pourquoi les hommes cherchent-t-ils absolument la liberté ? Celle-ci ne nourrit pas, n'hydrate pas, ne repose pas, ne protège pas, ne soigne pas, ne calme pas... Elle n'apporte rien, la liberté n'est pas une fin, c'est un moyen. Trop d'Hommes sont morts en oubliant cela.

En étant libre, l'Homme peut produire ou acheter la nourriture qu'il veut et la manger sans que personne ne puisse lui arracher. En étant libre, l'Homme peut construire son puits ou aller à la rivière puiser son eau sans qu'autrui ne puisse l'en empêcher. En étant libre, l'Homme peut construire sa maison et s'y reposer ou abriter quand il en émet le désir sans que nul autre ne puisse l'en chasser ou s'approprier son bien. En étant libre, l'Homme apeuré a le loisir de fuir ou d'affronter ses craintes sans qu'aucun Homme ne puisse lui dicter sa conduite. En étant libre, l'Homme peut inspirer et expirer sans qu'on ne lui ordonne d'en faire autrement.

Et pourtant, toujours, certains voudront, certains pourront même, lui arracher sa nourriture, voler son eau, le chasser de chez lui, lui donner des ordres, le menacer, l'agresser, le piller, le blesser, le tuer... Car eux aussi sont libres. Ainsi, l'Homme libre ne peut plus jouir de sa liberté car d'autres plus fort que lui l'en empêche ou empiètent dessus. Ils l'en empêchent dessus car ils jalousent ses biens, haïssent sa différence ou réprouvent sa faiblesse. Ils empiètent sur sa liberté car ils croient être plus important que lui ou que leur ignorance leur empêche de comprendre qu'ils lui font du mal.

Mais si l'Humanité a pu enfanter tant d'Hommes différents, c'est parce qu'ils ont toujours étés libres. L'Homme a toujours désiré plus de liberté alors qu'il a toujours pu en jouir. Lorsque les premiers Hommes ont fait leurs premiers pas en Afarée, ils ont étés libres de rester sur leur terre ancestrale ou de partir explorer le monde. Ils ont étés libres de s'établir en cité ou de devenir nomades. Ils ont étés libres d'embrasser le patriarcat ou le matriarcat. Ils ont étés libres de croire aux dieux imposés par leurs prédécesseurs, de créer les leurs ou de ne pas laisser des superstitions dicter leur vie. Ils ont étés libres de chasser, cueillir, pêcher ou d'élever et cultiver. Ils ont étés libres de chercher des richesses cachées ou de s’accommoder de ce qu'ils voyaient autour d'eux. Ils ont étés libres d'exploiter le métal et le bois ou de laisser la nature à sa pureté primitive. Ils ont étés libres de paresser et de goûter aux plaisirs simples de la vie ou de renforcer, de fortifier leur corps et leur esprit. Ils ont étés libres de parler la langue de leur naissance ou d'en imaginer une nouvelle. Ils ont étés libres d'accepter l'anarchie et la loi du plus fort ou de refouler leurs pulsions naturelles par des conventions, des codes et des sentences. Ils ont étés libres d'écrire ou de parler. Ils ont étés libres de bâtir des monuments grandioses ou de se contenter de champs, de musique et de danses. Ils ont étés libres de travailler ou de s'appauvrir. Ils ont étés libres de se réunir en assemblée ou de se soumettre à un souverain. Ils ont étés libres de tolérer la différence ou de la combattre. Ils ont étés libres de se faire raison de leur misère ou de s'en insurger. Ils ont étés libres de vivre en paix et heureux ou en guerre et miséreux.

Les cultures, les croyances, les traditions, les préjugés, les morales, les valeurs, les idées... Rien de tout cela n'est inscrit dans les gênes des Hommes, tout a été écrit par lui même, par ses choix libres, et transmit à ses descendants par son choix libre. L'opinion qu'on a des choses est en grande partie due à l'anciennement de nos prédécesseurs, peut-être autant que nos propres expériences. Le racisme, le sexisme, la haine ne sont pas encrés dans notre ADN, ils résultent de choix libres et anciens : celui d'accepter ou de refuser.

C'est la liberté, l'ensemble des choix libres faits par les Hommes du passé, d'un passé lointain certes, qui ont fait l'identité des peuples et des ethnies. L'Humanité a librement choisie de vivre sous de nombreux climats, lui donnant autant de couleurs. Les Hommes ont étés libres de ne parler qu'une seule langue, de ne connaître qu'une seule culture, de ne prier qu'un seul dieu, mais, préférant voyager à travers le monde, le temps a effacé leur langue, leur culture et leur dieu, les forçant à en créer des nouveaux et donc à créer des nouveaux peuples qui, un jour, se déchireront et se massacreront alors qu'au fond, ils ont les mêmes ancêtres, lointains certes, mais les mêmes. Ils viennent tous du même berceau.

Ainsi, puisque la liberté est à l'origine lointaine de tout les malheurs de l'Humanité, elle qui a librement refusée de s'unifier en un seul peuple, peut-être ne méritait-elle pas, dès l'origine, que nous la défendions avec tant d'ardeur. Et puisque la liberté n'est pas une fin mais un moyen, pourquoi ne pas chercher à atteindre cette fin plutôt ? Car il existe bien d'autres moyens que la liberté. Pourquoi, plutôt que de laisser les Hommes courir librement après leurs désirs personnels et égoïstes, (à l'origine des classes sociales, certains, les forts, ayant étés capable, dans les temps anciens, de profiter de leur force et de leur liberté pour s'enrichir quand d'autres, les faibles, en ont étés incapables et ne le peuvent aujourd'hui plus) pourquoi ne pas leur imposer, par la force si nécessaire, ce dont ils ont besoin. Pourquoi l'autoritarisme ne serait-il pas une solution ? Pourquoi un état autoritaire, capable de s'approprier des quantités immenses de ressources, serait-il incapable de les redistribuer à son peuple ?

C'est ce que le Kohlisme, l'Idéologie Nationale de l'État de Rimaurie propose : du travail pour tous, des richesses pour tout les travailleurs. Nous renions la liberté, qui n'apporte que l'inégalité et la supériorité des forts sur les faibles, des riches sur les pauvres. Nous prônons, au contraire, l'égalité imposée, permettant à tout les Hommes de vivre avec ce dont ils ont besoin, ni plus, ni moins, ni fort, ni faible.

Et pourtant, malgré l'évidente noblesse de notre lutte, certains, aveuglés, persistent à défendre un libéralisme outrancier, celui là même qui a causé tant de souffrance, celui la même qui enfante toute la misère du monde. La liberté est, comme toute les langues, comme toutes les cultures, comme toutes les religions, il est trop fermement ancré dans l'esprit des Hommes pour qu'ils s'en débarrassent, même si cela leur serait indéniablement profitable.

C'est là notre mission, notre Révolution Civilisationnelle : revenir en arrière, aux débuts de l'Homme, réécrire son histoire, le faire suivre la voix de la raison plutôt que de lui laisser la liberté de s'autodétruire.

Fait le 29 Janvier 2015, 06h27, à Hahnemann
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Enfin, les ennemis du Kohlisme ont étés évincés. Ceux qui nous souillaient, ceux qui nous humiliaient, ceux qui nous affaiblissaient n'ont désormais plus leur mot à dire, ils ne peuvent plus s'opposer à la Révolution Nationale qui libérera enfin notre peuple du mal qui le ronge, il ne peuvent plus s'opposer à l'avènement de l'Homme Régénéré. Eux qui, corrompus par les mensonges de nos ennemis, ont passés leur vie de pacha menteurs et oisifs élus par les pires représentants de notre peuple à cracher sur tout ce que nous avons construit pendant plus de cinq décennies, eux qui veulent nous renvoyer à l'âge de ténèbres et de barbarie dont nous nous sommes extirpés par la force de nos convictions, eux qui ne veulent rien d'autre que vassaliser notre grande nation au capitalisme outrancier ou au communisme abrutissant qu'ils croient servir à garantir leur propre pouvoir personnel alors que notre peuple rejette ces idéologies nauséabondes et pernicieuses, ils travailleront désormais à rendre plus fort ce peuple qu'ils ont trahis. Ils n'ont aucun autre moyen de se racheter.

Notre fière nation est menacée par l'incompétence ou la trahison de ses défenseurs, nos services de renseignements sont formels : les terroristes du Käseglocke ont reçus un soutien militaire et tactique de la part de notre propre État-Major. Les responsables de ces atrocités seront repérés et arrêtés. Il en va de la sécurité nationale, il est hors de question de laisser un autre attentat de cette ampleur ou même pire frapper notre sol. La Révolution Kohliste ne doit pas connaître d'obstacle quel qu'il soit. Outre ces traîtres évidents, c'est tout l'État-Major qui doit être réorganisé, l'échec de l'opération Endspiel face à un ennemi bien plus faible, bien moins nombreux et bien moins armé est un exemple flagrant de son inefficacité.

Mais ai-je raison de mener ces purges ? Il y'aura forcément des innocents dans le collimateur de nos agents. Il y'aura forcément des innocents condamnés par erreur à des peines de plusieurs années, plusieurs décennies si ce n'est le peloton ou la corde. Suis-je prêt à endosser la responsabilité de ces débordements ? Oui. Il n'y a pas d'autre solution, face à cette menace d'ordre national, face à cette trahison et cette corruption qui s'étend jusqu'à ceux que je croyais connaître, il est nécessaire de remanier l'État dans sa totalité, d'une main de fer et sans adversaire. L'État doit être fort et impitoyable, dirigé par un homme tout aussi fort et impitoyable qui inspirerait l'admiration de ses soutiens et la crainte de ses opposants, un monstre à visage d'homme qui symboliserait à lui seul la force de l'État et l'unité du peuple, c'est là la base même du Kohlisme : écraser les traîtres et les faibles pour que les loyaux et les forts survivent. Notre révolution se fera dans le sang et la terreur pour que ce sang abreuve nos champs et que cette terreur le dissuade de couler à nouveau.

L'Homme ne trouvera son salut que dans sa soumission au Kohlisme mais il ne peut se soumettre qu'à ce qui le domine. Le peuple n'a pas besoin d'un homme faible et conciliant à sa tête, il a besoin d'un monstre féroce et indomptable. Je serais ce monstre.

Fait le 28 Février 2015, 17h14, à Hahnemann
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Thomas, mon unique frère, la seule famille qui ait jamais comptée à mes yeux,
Il y'a longtemps, tu m'as appris que rien n'était plus important que la patrie. Tu m'as inculqué l'amour du peuple quand notre père nous poussait à le haïr. Tu m'as enseigné les beautés du Kohlisme quand notre père me montrait ses pires travers. Tu m'as montré que la Rimaurie était belle et méritait de devenir forte alors que notre géniteur, par sa seule existence, me donnait envie de tout détruire, de raser ce monde et ce pays maudits, mettre fin à la tragique expérience qu'est l'humanité. Tu m'as prouvé que notre planète n'était pas la boule de terre boueuse, de chair putride et de haine viscérale que je croyais. Tu m'as prouvé qu'elle pouvait, qu'elle méritait encore d'être sauvée. Par tous les moyens.

C'était il y'a trente-cinq ans maintenant et pourtant je m'en souviens comme si c'était hier.

Thomas, mon unique frère, la seule famille qui ait comptée à mes yeux,
Il y'a longtemps, tu m'as appris que peu importe ce que l'avenir nous réservait je devrais toujours agir pour le bien de la majorité et non pour mon plaisir égoïste. Tu m'as inculqué le partage, la fraternité et le rejet de l'égoïsme. Tu m'as enseigné que l'Homme ne pouvait trouver son salut non pas dans sa liberté mais dans son sacrifice à l’avantage d'une cause plus grande et noble que lui même, que l'humanité toute entière était dysfonctionnelle pour nulle autre raison que le simple fait que chaque individu se veut meilleur qu'un autre et ne pense qu'à son propre confort plutôt qu'au bien commun. Tu m'as montré que le Kohlisme seul pouvait venir à bout de tous les maux des Hommes. Tu m'as prouvé que nul autre système, nulle autre doctrine ne pouvait le surpasser en aucun point ni domaine, que tous étaient des erreurs et des égarements.

C'était il y'a trente-cinq ans maintenant et pourtant je m'en souviens comme si c'était hier.

Thomas, mon unique frère, la seule famille qui ait comptée à mes yeux,
Tu as été mon frère et mon père quand nos deux parents, aveuglés par leur quête de gloire, ont préférés laisser pour compte leurs deux rejetons pour courir derrière des morceaux de métal et des rubans de couleur. Ils croyaient sans doute que leurs poitrines bardées de décorations serviraient à leur pardonner leur ignorance, à en faire nos idoles. Ils se sont lourdement trompés. Dans leur quête de reconnaissance, ils t'ont entraînés avec eux, ils ont voulus que toi aussi tu endosses l'uniforme et que toi aussi tu chasses les médailles et malgré tout, si tu n'as jamais reçu autant de félicitations qu'eux, si tu n'as jamais connu autant de fierté, tu étais en tout point meilleur qu'eux car tu voyais plus de richesses dans le sourire de l'enfant que j'étais que dans la froideur mortifère de l'or. Tu as privilégié l'être humain à la monnaie alors que tout te poussait au contraire.

C'était il y'a trente-cinq ans maintenant et pourtant je m'en souviens comme si c'était hier.

Thomas, mon unique frère, la seule famille qui ait jamais comptée à mes yeux,
Tu m'as dit un jour que peu t'importait ce que je faisais de ma vie tant que je le faisais plus pour autrui que pour moi. Tu as dit un jour que si je respectais ce principe à la lettre, tu me soutiendrais quoi qu'il puisse arriver. Ai-je respecté ta volonté ? Ai-je toujours agi pour ce que tu appelais le bien commun, pour la protection de la nation, pour la richesse du peuple dans son ensemble ? Si tu pouvais voir mes exactions d'aujourd'hui, les condamnerais-tu ? Me renierais-tu ? Me chasserais-tu de notre foyer à coups de pierre pour ne jamais me laisser revenir, pour ne jamais m'accorder ton pardon ? Me combattrais-tu ? Deviendrais-tu mon ennemi, toi qui as toujours été mon modèle dans toutes les actions, dans tous les instants de mon existence ? Je ne le saurais jamais. Il est trop tard désormais.

C'était il y'a trente-cinq ans maintenant et pourtant je m'en souviens comme si c'était hier.

C'était il y'a trente-cinq ans, le premier Juin de l'an mille-neuf-cent-quatre-vingt, que je t'ai vu pour la dernière fois. Tu m'as rappelé tes enseignements une énième fois puis tu es parti rejoindre ton unité à Salkums comme à chaque fin de permission. Deux jours plus tard, alors que tu dirigeais l'escorte d'un convoi d'armes et de munitions, tu as été pris dans une embuscade et, plutôt que d'accepter ta reddition, tu as préféré te battre jusqu'à la mort pour de le ferraille. Tu as conduit une douzaine de jeunes types de vingts ans à la mort pour défendre du métal et de la poudre jusqu'à ce qu'une balle rouge perce ta tête et le vide de toutes tes idées. Tes rêves se sont écoulés en même temps que ton sang. Ta bonté s'est éparpillée en même temps que ta cervelle. Ton héritage s'est fracturé en même temps que ton crâne. Ta seule erreur, ton seul égarement, ta seule tentative de t'écarter de tes propres enseignements t'as coûté ta vie et celle de tous ceux qui t'entouraient. C'est à ce moment que j'ai compris les leçons que tu répétais inlassablement des dizaines, des centaines, des milliers de fois que sais-je.

Tu étais mort et je n'avais plus de famille. Tu étais mort et je n'avais pas de coupable si ce n'est le vague concept qu'est ce que l'on appelait déjà à l'époque l'Union Libertaire. J'avais un cadavre mais pas de meurtrier à condamner. J'avais une souffrance éternelle mais pas de responsable à qui l'attribuer. J'avais un fantôme sans visage et sans témoin. Mon frère était mort et je ne saurais jamais qui a tiré la balle qui l'a tué.

C'était il y'a trente-cinq ans maintenant et pourtant je m'en souviens comme si c'était hier.

Thomas, mon unique frère, la seule famille qui ait jamais comptée à mes yeux,
Longtemps j'ai cru que ma haine de tout ce que représentaient tes meurtriers, le communisme et l'anarchisme, venait de ta perte. Longtemps j'ai cru que je menais ma nation toute entière dans une croisade personnelle contre un ennemi sans nom. Longtemps j'ai cru que toute ma vie, tous mes choix n'étaient dictés que par la vengeance. Je me mentais à moi même. Je n'ai jamais eu de haine pour personne si ce n'est pour ceux qui t'ont poussés à tout sacrifier pour la patrie jusqu'à ta vie et celle de tes semblables : toi, moi, nos parents, notre pays entier. Longtemps j'ai cru que je dirigeais notre pays pour te venger, allant de fait à l'encontre de tout ce que tu m'avais appris et enseigné pendant toute ta vie et la mienne. Maintenant je me rend compte que mes exactions, mes massacres, la destruction de toute opposition était en réalité ce que tu avais toujours voulu : sauver la Rimaurie, la rendre forte, faire de son peuple un peuple riche et heureux, par tous les moyens, même les plus atroces.

C'était il y'a trente-cinq ans maintenant et pourtant je m'en souviens comme si c'était hier.

Fait le 1 Juin 2015, 3h51, à Hahnemann
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Le premier Juillet dernier, le peuple Rimaurien dans son ensemble avait, sur mon ordre, rendu un hommage exceptionnel aux martyrs de l'agression Loduarienne tués un an plus tôt. De jeunes soldats dans la vingtaines mortellement blessés si ce n'est vaporisés par deux missiles tirés depuis Dieu sait où par les forces armées communistes Loduariennes, ennemies par nature de la Rimaurie Kohliste, qui ont revendiquées cette exaction barbare le lendemain. L'objectif de cette attaque affiché par la Loduarie est "d'envoyer un message" afin de faire cesser "les actions Rimauriennes à l'encontre de sa propre population", comprendre par là les insurgés et terroristes isolés du reste de la population Rimaurienne incapables de se satisfaire d'un système pourtant proche de celui qu'eux mêmes souhaitent mettre en place et, par leur volonté inflexible de révolution et de chaos et par les exactions qu'ils ne cesseront que lorsqu'ils seront seuls à la têtes du pays sont les uniques responsables du conflit qui frappe la Rimaurie depuis près de cinquante ans et non pas l'Armée Nationale Rimaurienne du gouvernement légitime et souverain porté au pouvoir par la juste volonté populaire après des décennies de lutte qui ne fait que défendre la nation qui les a vue naître d'un renversement destructeur du système égalitariste et pacifiste de leur système et mode de vie. Si l'Union Libertaire était légitime a gouvernée la Rimaurie, elle le ferait déjà depuis ses tout débuts car le peuple Rimaurien dans son ensemble, parfaitement capable de déterminer ce qui lui est bon ou mauvais, lui aurait voué tout son soutien, un régime ne pouvant tenir sans un soutien inconditionnel de la population dont il a la charge et qui peut sans mal le renverser par la révolution si elle ne s'en satisfait pas. Or, l'Union Libertaire, après cinq décennies de lutte, n'a jamais obtenu la moindre victoire, jamais prit la moindre parcelle de territoire, jamais fait le moindre avancement, le moindre progrès. L'Union Libertaire, par ses échecs, par son incapacité à mener une révolution malgré la légitimité qu'elle se donne et le soutien populaire dont elle se revendique, a mainte fois prouvée qu'elle ne pouvait tout simplement pas l'emporter et prendre le pouvoir par elle même car seule une très marginale minorité, une fraction insignifiante de la population qu'elle dit défendre, partage ses convictions. Voilà pourquoi elle a rejoint l'Union Internationale du Communisme et du Socialisme : elle sait qu'elle ne trouvera aucun soutien à l'intérieur et doit désormais s'en chercher à l'extérieur. Elle sait que l'État Nouveau ne chutera pas à cause d'une insurrection populaire mais bien par une invasion étrangère de la part d'un autre État qui, ignorant complètement ce qu'est le Kohlisme et en quoi ce qu'il propose est supérieur à toutes les autres doctrines, partage ces mêmes valeurs socialistes et se fera un plaisir d'exporter en Rimaurie le modèle qu'il défend.

Mais là n'est pas le sujet : la Loduarie a lâchement et volontairement, suivant les directives -j'ose espérer- réfléchies de son Secrétaire Général, tuant cinq citoyens Rimauriens, ironique lorsque le motif invoqué par cette attaque est, comme dit plus haut, la fin des actions hostiles de l'État de Rimaurie envers sa propre population. À croire que bombarder un pays sans déclaration de guerre est moins grave que de lutter contre un groupe terroriste soutenu par une puissante organisation étrangère. De ce fait, il était normal de rendre un honneur exceptionnel à des hommes tués d'une façon toute aussi exceptionnelle afin d'ériger les victimes en martyrs innocents injustement assassinés pour une cause connue et reconnue comme fondamentalement illégitime par la grande majorité de la population et d'apaiser les souffrances de leurs proches. En somme, faire le deuil de ce qui sont tombés. Mais le deuil était-il réellement l'objectif de cette semaine d'hommage nationale ? Cet hommage commémorait-il la mort de cinq citoyens Rimauriens ou célébrait-il plutôt la haine de l'ennemi ? Difficile à dire tant ces deux concepts semblent s'entremêler jusqu'à former une masse de nœuds indifférenciables. Les rebelles communistes baladés et humiliés en publique, les Lorenzo de pailles brûlés par la foule en liesse dans toutes les villes du pays, la statue représentant un diable Loduarien aux traits horribles et inhumains déversant des flots apocalyptiques sur le peuple Rimaurien... Là ne sont pas des hommages à ceux qui sont tombés mais bien un appel à la vengeance, à détruire par tous les moyens ceux qui les ont fait tomber. Et, alors que le Kohlisme a pour fondement même l'union de tous les peuples, exacerber la haine viscérale d'une nation toute entière n'est-elle pas contraire à notre projet ? En accusant un peuple entier des crimes de ses dirigeants, n'écartons nous pas toute possibilité d'en faire un jour un allié non seulement par la haine que nous leur portons qui nous empêche de les voir comme autre chose que des ennemis mais aussi par le refus qu'ils auront de nous pardonner notre mépris ? Peut-être.

Néanmoins, dans les temps difficiles qui traversent la Rimaurie, menacée de l'intérieure par les révolutionnaires qui veulent lui imposer un système qui ne lui correspond pas, agressée de l'extérieure par des puissances impérialistes qui cherchent à rappeler ou imposer leur domination et leur hégémonie, le peuple Rimaurien a besoin de plus que la croyance en une hypothétique Révolution Civilisationnelle et d'une Paix Mondiale qui en découlerait en laquelle il semble perdre foi au vu des récents échecs de leur pays à l'internationale, il doit trouver un nouveau but, un nouvel obstacle à franchir, un nouvel ennemi à détruire et, lasser de l'Union Libertaire, la Loduarie pourra jouer ce rôle. Pour que le peuple Rimaurien garde foi en la Révolution Civilisationnelle, projet pour lequel il voue sa vie depuis tant d'année, la Loduarie doit devenir, à ses yeux, le seul obstacle à la Paix Mondiale. Qu'importe que cela soit aujourd'hui vrai ou non, ça le deviendra. Cela ne devrait pas être difficile lorsqu'en face de nous se tient un homme qui qualifie de "jérémiades" une proposition de paix juste et équitable pour tous les parties et de "faiblesse" le courage qu'il faut pour pardonner tous les crimes dont il est coupable.

Fait le 25 Juillet 2015, 12h38, à Hahnemann
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