Pétra Dei Celli
1892 - 1990
En 1920, l'un des plus grands fléaux que le pays a jamais connu va s'abattre sur Antares. En effet à cette époque, le pays faisait face à une grande vague d'immigration chrétienne venue de pays avoisinants, ce qui augmenta le nombre d'habitants du pays drastiquement. Le seul inconvénient, il résidait dans le patriarcat. En effet, l'une des bases fondatrices de la République était l'égalité entre les deux sexes, quelque soit la situation. Depuis les débuts du pays, personne n'avait jamais remis en question cette égalité entre les hommes et les femmes, il n'était pas rare de trouver des femmes en politique et des hommes qui s'occupaient de la garde des enfants. Cependant, une partie de ces nouvelles populations, surtout issues de cultures orthodoxes, ne se conformèrent pas à cette culture et peu à peu commencèrent à fomenter les premiers mouvements masculinistes et patriarcaux d'Antares. Au début, ces dérives étaient vues comme marginales, elle n'avaient pas d'importance aux yeux du gouvernement. Cependant, ce qui débuta en un simple mouvement pour faire basculer la culture Antarienne du côté patriarcal se transforma en un véritable groupe terroriste, une milice. Celle-ci savait à quel point le transit maritime était important pour le pays, et décida de s'y attaquer. Les premières altercations étaient des simples dégâts causés aux cargos en leur rentrant dedans avec de larges bateaux de transport aménagés pour enfoncer d'autres navires comme le ferait un bélier. Cependant, très rapidement, ces pirates commencèrent à recevoir des fonds depuis des organisations terroristes extérieures et se procurèrent des armes à feu, ainsi que des modèles de canons 100mm, la grande nouveauté de l'époque, qu'ils bricolèrent sur leurs navires de transport aménagés. En 1920, la situation était critique: la flotte pirate avait dix navires dont six avec au moins un canon de 100mm, et prenaient en otage au moins deux navires par semaine.
Le problème, c'est qu'Antares n'avait pas de marine. En tout cas jusqu'à cette année. En effet, à l'âge de 28 ans seulement, la brillante Pétra Dei Celli allait faire son entrée sur la scène des héros. Elle dirigeait l'un des seuls régiments d'artillerie de l'Armée Républicaine Antarienne (ARA), et avait fait une carrière stellaire en obtenant des promotions à une vitesse éclair grâce à son génie et son esprit stratégique hors norme. Pendant les années 1910, elle avait longuement scruté les nouvelles vis à vis de ces nouveaux mouvements patriarcaux. Elle n'y accorda pas une importance majeure, mais se sentait évidemment concernée. En 1920, en voyant l'armement terrifiant de cette milice, elle était la seule à être vraiment inquiète par rapport à la situation. De plus, elle avait reçu des insultes par courrier la visant directement à cause du fait qu'elle soit une femme haut gradée. Cela ne pouvait plus durer.
À l'insu de son état major, elle commença a entretenir des discussions avec des amiraux éveriens pour obtenir de l'armement naval. En gardant une couverture incroyablement secrète, elle commença à rassembler avec elle une proto-marine composée de cent cinquante hommes et trois navires de patrouille côtière équipés avec deux canons de 75mm chacun. Il fallait agir, et agir vite.
Pétra Dei Celli se démarqua au cours de trois grandes batailles qui inscriront son nom en tant qu'héroïne de la nation, l'une des seules personnalités militaires connues du pays à ce jour. Ces batailles sont les suivantes:Bataille de la Rade:Il est 10h57 dans la Rade de Gardevant. Un grand porte-conteneurs venait tout juste de sortir du chenal traversier du port de la ville et se dirigeait vers le large. Au programme: une croisière paisible vers l'Empire d'Everia, où une cargaison de matériaux sidérurgiques était demandés en grande quantité. Tout se passa bien, jusqu'à ce que le navire tomba dans une embuscade à la sortie de la rade: un navire pirate lui rentra dedans sur son flanc gauche, immobilisant le navire et percutant des systèmes importants du moteur, ce qui empêcha le cargo de bouger. Ensuite, un autre navire apparut, celui-ci équipé d'un imposant canon de 100mm, pointé sur la cabine de pilotage. L'équipage n'en revenait pas, ils essayaient par tous les moyens de contacter la terre ferme et de recevoir de l'aide, mais rien n'y faisait. Personne ne leur répondait, et les assaillants allaient bientôt monter à bord du navire.
C'est alors que la flotte de Pétra arriva sur les lieux. Non loin de la zone devaient se dérouler des exercices de la marine en secret, mais ils avaient aperçut des vaisseaux pirates au large des côtes et décidèrent de les suivre. À présent, les trois navires de patrouille faisaient face aux deux bateaux des patriarches. L'équipage de Pétra ouvrit le feu en premier, et explosa le meilleur atout de la flotte ennemie avec une précision chirurgicale: le canon de 100mm sauta, tout cela sans endommager le cargo juste derrière. Après quelques longues minutes de coups de canons, le premier navire pirate commença a couler, et le deuxième capitula après s'être fait encercler par les trois patrouilleurs. Le cargo put accomplir sa mission sans problèmes, sinon quelques réparations offertes par Pétra elle même sur leurs moteurs.
Cette intervention arriva comme un ange tombé du ciel. L'événement fut retranscrit et médiatisé par d'autres bateaux qui se tenaient à proximité et qui avaient entendu les coups de feu. Le nom de Pétra Dei Celli et sa flotte clandestine furent révélé au grand public, à la surprise générale du Gouvernement et de l'état major. Ceux-ci furent bluffés par les capacités de la jeune femme et son esprit d'initiative. Suivant cette bataille, l'état major décida de créer officiellement l'AMR (Armada Maritime Républicaine) sous la direction de Pétra Dei Celli en tant que première Amirale de la flotte. Cette petite bataille marqua aussi les débuts de l'industrie militaire navale de la république, qui décida d'investir dans des corvettes pour moderniser son nouvel arsenal naval.
Dans les faits, cette bataille ne fut pas d'un très grand impact sur la piraterie, outre le fait de provoquer le mouvement avec une résistance surprise, mais eut un effet bien plus médiatique à l'échelle du gouvernement comme du public.
Bataille des Otaries:Le 27 mars 1923, la flotte patriarcale allait faire son grand retour après s'être fait humilier il y a trois ans de cela. Cette fois ci, ils étaient bien plus préparés: Deux navires de patrouille lourds avec des canons de 80mm, trois autres plus légers avec des canons de 60mm et la seule corvette de la flotte avec ses deux canons excédant les 120mm. C'était un arsenal redoutable, avec lequel ils espéraient semer la terreur et s'imposer à nouveau comme une menace à la culture égalitaire antarienne.
Vers trois heures de l'après midi, un vraquier transportant des matériaux de constructions très utiles à l'époque pour le pays faisait son entrée dans la zone du port de Battersby. La terre était en vue, il ne restait plus qu'a parcourir quelques kilomètres pour être en sécurité. Cependant, l'équipage cria victoire trop tôt: Une corvette et deux patrouilleurs blindés de la flotte pirate lui barrèrent la route et à travers un mégaphone lui ordonnèrent d'abandonner le navire. L'équipage commença a paniquer, à envoyer des signaux de détresse avant que les pirates n'aient une chance de monter à bord.
Par chance, un petit patrouilleur de l'AMR doté de canons de 60mm seulement était justement en patrouille dans les environs de la baie de Battersby. Sur ce navire, Pétra elle même et certains de ses officiers les plus compétents. Quand ils reçurent les signaux de détresse, ils appelèrent immédiatement des renforts. Cependant, la plupart des navires de la flotte étaient au nord, et les corvettes chargés d'assurer la défense du sud étaient en réparations. Pas le choix, l'équipage de Pétra devait intervenir. C'était pourtant du suicide: un patrouilleur face à une corvette elle seule ne pourrait pas faire le poids. Et pourtant, la majorité de l'équipage était pour une intervention.
C'est donc ce qu'ils firent après que Pétra les ait motivés. Le navire arriva sur les lieux et ouvrit directement le feu sur l'un des patrouilleurs blindés. Les pirates, pris au dépourvu, essayèrent de riposter comme ils le pouvaient. Mais ils ignoraient qu'au volant se tenait Pétra elle même, qui guidait le patrouilleur agile et rapide entre les trois autres navire et esquivant ainsi de nombreux coups. Les canons de la corvette étaient lents comparé aux petits mais rapides canons antariens. Ainsi, telle une otarie qui slalome entre les bateaux, Pétra et son équipage tourmenta les vaisseaux ennemis pendant au moins deux heures avant que l'un des patrouilleurs blindés ennemis se mit à couler. Pris de panique, les deux autres navires décidèrent de quitter le champ de bataille de peur de perdre un autre navire à cause d'un petit patrouilleur. Cependant, Pétra avait laissé le temps à des corvettes venues depuis Margaux de descendre et d'intercepter les navires pirates juste à temps, infligeant ainsi des dégâts considérables à leur seul atout et en envoyant dans les profondeurs le second patrouilleur blindé. C'était encore une fois une autre victoire pour Pétra et sa flotte.
Après ces événements, le danger des pirates fut remis dans l'actualité. Pétra Dei Celli fut décorée comme nul autre personnalité dans l'histoire du pays pour avoir eu la bravoure de risquer sa vie et celle de son équipage dans une mission suicide au nom de la République, mais aussi pour son talent hors du commun dans ses manœuvres.
La Bataille des Otaries montra au monde entier que Pétra n'était pas juste une stratège, mais un soldat habile sur le champ de bataille. Elle était devenue l'idole de la nouvelle génération, conquérant les cœurs de millions de personnes tous unis contre le patriarcat.Bataille de l'Arsenal:C'est l'été 1928. Durant les cinq dernières années, l'Armée Républicaine Antarienne avait complètement éradiquée la menace terroriste patriarcale sur la terre ferme. Cependant, de nombreuses sources provenant du bureau central d'investigation national antarien avaient détecté des activités anormales au large d'Antares. Tout portait à croire que les pirates allaient se lancer dans une dernière offensive visant le pays. La plupart des amiraux de l'AMR, déjà bien établie dans le pays, pensaient qu'ils allaient attaquer à nouveau des cargaisons venant ou sortant d'Antares. Au contraire, Pétra Dei Celli savait que les pirates n'allaient pas se borner à une attaque aussi prévisible. La seule ville qui ne disposait pas d'une base navale était la capitale. Cependant, la ville de Margaux avait à sa disposition une petite île au large de ses côtes nommée l'Ile Blanche, qui était complètement inhabitée. Elle entama alors un projet secret avec l'état major pour y installer un arsenal secret ainsi que la plus puissante des batteries côtières du continent. Trois canons ayant tous deux tubes de 400mm chacun ainsi que trois autres plus petits avec trois tubes de 150mm chacun étaient disposés sur la face ouest qui pointait vers le large. Même des croiseurs auraient eu du mal à percer cette défense inébranlable et cachée au sein de l'île.
Ainsi, le matin du 18 juin 1928, une douzaine de patrouilleurs patriarches et cinq corvettes furent aperçues au large de Margaux alors que le soleil venait tout juste de se lever. Pétra, contre toutes attentes, avait vu juste dans le jeu des pirates. Alors que les navires n'étaient qu'à une poignée de kilomètres de la ville, les autorités portuaires sonnèrent l'alerte et la ville se réveilla en panique. Seulement, avant que les pirates n'eurent même l'occasion de s'approcher de la ville, les cannons sur l'ile Blanche ouvrirent le feu. C'était comme un feu d'artifice salvateur, des gigantesques obus brillant à travers le ciel orangé du matin. La flotte pirate était complètement désorganisée face à cet arsenal redoutable, les obus des canons de 400mm pouvaient couler une corvette entière en quelques coups. Après même pas quelques minutes de combat, la flotte entière des pirates était décimée.
Encore une fois de cette bataille sortit Pétra Dei Celli, victorieuse comme à son habitude. Elle avait éradiqué les dernières instances de la menace pirate qui prônait depuis longtemps sur Antares.
Suite à ces événements, l'île Blanche fut renommée à l'Île de l'Arsenal et continue encore aujourd'hui à servir de batterie côtière fonctionnelle même si la plupart des locaux de l'ancienne base sur l'île sont de nous jours aménagés en musés tous publics pour les citoyens d'Antares.
Pendant le reste de sa vie, elle assuma la position de Grande Amirale de l'AMR jusqu'à ses 77 ans. Elle fut une pionnière importante dans la recherche navale antiarienne, répétant toujours que la qualité de l'équipement et la compétence de ceux qui l'utilisent était toujours supérieure au nombre de navires. C'est grâce à elle que aujourd'hui, le secteur maritime Anatrien, qu'il soit économique ou militaire, est l'un des plus poussés d'Eurysie.
Elle est à ce jour commémorée comme la plus grande héroïne antarienne qui ait jamais existé.