27/03/2016
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Sérail [Politique]

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saray

palais du sérail
Tour orientale du Palais du Sérail vu depuis l'extérieur des murailles.
Vie parlementaire et politique de l'Azur
Le Palais du Sérail, Parlement azuréen

Activité parlementaire
🏛️Le gouvernement en exercice
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🔴 Débats en cours


📝 Comptes-rendus des débats précédents

Informations sur le Parlement
I. Introduction
II. Composition du Sérail
III. Liste des partis politiques
1. La Nahda, Parti de la Renaissance islamique (Majorité gouvernementale)
2. Le Parti de l'Aube, héritier des Jeunes-Altaï
3. L'Association Islamique pour le Progrès et la Paix (A.I.P.P.)
4. L'Alliance démocratique
5. Nand Sangh, le Parti de la Joie mirobansari
6. Le Parti des Travailleurs d'Azur (P.T.A.)

IV. Autres personnages importants de l'EtatVoir les personnalités

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I. Introduction

L’Azur peut être considéré comme un pays démocratique au sens où le pluralisme dans l’expression politique est autorisé. L’une des deux assemblées, le Sérail, est constitué de délégués élus (ou tirés au sort pour une partie d’entre eux) à l’issue de scrutins électoraux. Bien que l’élection ne soit pas au cœur du dispositif du pouvoir azuréen, lequel repose essentiellement encore sur la théocratie (pouvoir des religieux), elle joue un rôle non négligeable dans les orientations politiques. Par ailleurs, les différentes opinions politiques bénéficient de canaux d’expression qui suscitent un débat public relativement vivant par rapport à d’autres pays de l’Afarée et du monde. Les principaux acteurs du débat public, capables de peser non seulement dans les chambres électives mais aussi sur l’opinion générale, sont les partis politiques. Les plus anciens partis politiques de l’Azur ont été fondés au XIXème siècle. Les sections à suivre en font la présentation.

Le Sérail fait office de chambre parlementaire où sont débattues, construites et adoptées les lois séculières (qui ne modifient pas le cadre religieux de l'Etat). Les attributions du Sérail sont larges : adoption du budget et de l'impôt, détermination du niveau des forces militaires, présentation des doléances du peuple, définition des règlements du commerce, de la production, de la vie civile constituent un important faisceau d'intervention.

Le Sérail est composé de trois collèges de délégués, et représente donc une très grande diversité de profils. Les représentants des minorités confessionnelles chrétiennes, dont les évêques, peuvent donc siéger à côté des délégués de corporation des métiers, comme un syndicaliste de l'industrie pétrolière, ou des délégués élus par le peuple, comme un député libéral. Cette très grande diversité en fait certes une institution lente où les discussions n'aboutissent qu'après l'élaboration d'un consensus patient et exigeant, mais également un pôle extrêmement fort auquel les Azuréens sont très attachés. Bien qu'il n'aie pas la primeur des honneurs dans l'ordre symbolique de la théocratie, le Sérail a un poids incontournable, car c'est en vérité à lui, plus qu'aux autres institutions, que revient le privilège de représenter le peuple dans toutes ses composantes. Les votes et les avis du Sérail ont donc une importance cruciale, et ne sauraient être contournés par les autres institutions sans occasionner d'importantes conséquences dans l'opinion.
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II. Composition du Sérail

1. Le Sérail
Ancienne version
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Le Sérail est composé de 749 délégués disposant chacun de une voix. Il forme la Chambre basse du Parlement et dispose d'importants pouvoirs législatifs au sein des institutions azuréennes. Les délégués réunis au Sérail proviennent de trois collèges électifs différents ; une part des délégués sont élus au suffrage universel et forment le collège des délégués élus, au nombre de 395 ; une deuxième part provient des délégués élus par les corporations de métier via des modes de désignation propre à chaque branche de métier, ils sont au nombre de 251 ; enfin la dernière part des délégués est envoyée par le collège des délégués permanents, dont chaque siège est attribué à une communauté organisée spécifique, qui l'attribue selon son bon vouloir. Dans les trois collèges, les délégués sont affiliés à un parti politique (résultats ci-après).

Détail des partisMajorité :

NAHDA – Parti de la Renaissance Islamique : 396 sièges (majorité absolue : 375 sièges)
A.I.P.P. – Association Islamique pour le Paix et le Progrès : 62 sièges (membre de la coalition gouvernementale)

Opposition :

PL-ADA – Parti Libéral - Alliance démocratique : 75 sièges
PSDA-ADA – Parti Social-Démocrate Azuréen - Alliance démocratique : 43 sièges
LV-ADA – Les Verts - Alliance démocratique : 27 sièges

NAND SANGH – Parti de la Joie : 55 sièges

P.T.A. – Parti des Travailleurs d'Azur : 30 sièges

JEUNES-ALTAÏS – Parti de l'Aube : 59 sièges

2. Les collèges des délégués

Ancienne version
composition_colleges

Collège des délégués élus (396 délégués) :

Elus au suffrage universel direct par les citoyens et les citoyennes azuréens âgés de 21 ans et plus, par scrutin majoritaire à deux tours dans 396 circonscriptions électorales d'égale population.



Détail des partisNAHDA – Parti de la Renaissance Islamique : 185 sièges (majorité du collège : 198 sièges)
A.I.P.P. – Association Islamique pour le Paix et le Progrès : 9 sièges (membre de la coalition gouvernementale)
PL-ADA – Parti Libéral - Alliance démocratique : 63 sièges
PSDA-ADA – Parti Social-Démocrate Azuréen - Alliance démocratique : 31 sièges
LV-ADA – Les Verts - Alliance démocratique : 21 sièges
NAND SANGH – Parti de la Joie : 29 sièges
P.T.A. – Parti des Travailleurs d'Azur : 11 sièges
JEUNES-ALTAÏS – Parti de l'Aube : 47 sièges

Collège des délégués permanents (103 délégués) :



Ensemble des sièges attribués à des organisations sociales ou politiques reconnues par l'Etat comme minorité officielle, et disposant à ce titre d'un ou plusieurs sièges permanents afin d'assurer leur représentation au Sérail. Les organisations disposant d'une représentation permanentes sont affiliées à un parti politique. Elles sont les suivantes :
Minorités chrétiennes
  • Eglise chrétienne orthodoxe d'Azur : 21 sièges permanents pour les 21 évêchés métropolitains (tous affiliés à la Nahda)
  • Eglise copte : 3 sièges permanents pour les 3 patriarcats coptes d'Azur (tous affiliés à la Nahda)
  • Eglise nestorienne : 2 sièges permanents pour les 2 évêchés nestoriens (affiliés à la Nahda)
  • Eglise nestorienne uniate : 1 siège permanent pour l'unique évêché nestorien uniate (affilié à la Nahda)
  • Eglise catholique rémienne : 15 sièges permanents pour les 15 évêchés rattachés au Saint-Siège (tous affiliés à la Nahda)
  • Eglise apostolique syriaque : 8 sièges permanents pour les 8 patriarcats (affiliés à la Nahda)
  • Eglise syriaque uniate : 6 sièges permanents pour les 6 évêchés uniates reconnus par le Saint-Siège (affiliés à la Nadha
Minorités hébraïques
  • Grande synagogue d'Agatharchidès : 6 sièges permanents pour les 6 synagogues rattachées à la Grande synagogue (affiliées à la Nahda)
  • Synagogue de Mysore : 1 siège permanent pour la synagogue indépendante de Mysore (rattachée à la Nahda)
Minorités zoroastriennes
  • Temple d'Agatharchidès : 1 siège permanent pour le Temple du Feu d'Agatharchidès (rattaché à la Nahda)
  • Temple farsi de Mysore : 1 siège permanent pour le Temple du Feu de Mysore (rattaché au Parti Social-Démocrate Azuréen)
Minorités islamiques
  • Ibadisme : 4 sièges permanents pour les 4 mosquées ibadites asharites (rattachées à la Nahda)
  • Chiisme ismaélien : 4 sièges permanents pour les 4 mosquées ismaéliennes reconnues par l'Etat (rattachées à la Nahda)
  • Chiisme duodécimain : 13 sièges permanents pour les 13 mosquées duodécimaines reconnues par l'Etat (rattachées à l'A.I.P.P.)
  • Chiisme zaydite : 3 sièges permanents pour les 3 mosquées zaydites reconnues par l'Etat (rattachées à l'A.I.P.P.)
  • Chiisme alévi : 1 siège permanent pour la communauté alévie (rattachée à l'A.I.P.P.)
Minorités hindoues
  • Temples védiques légalistes : 11 sièges permanents pour les temples hindous officiellement reconnus par l'Etat (4 rattachés à la Nahda, 7 rattachés au Nand Sangh)


Détail des partisNAHDA – Parti de la Renaissance Islamique : 77 sièges (majorité du collège : 52 sièges)
A.I.P.P. – Association Islamique pour le Paix et le Progrès : 17 sièges (membre de la coalition gouvernementale)
PL-ADA – Parti Libéral - Alliance démocratique : 0 siège
PSDA-ADA – Parti Social-Démocrate Azuréen - Alliance démocratique : 1 sièges
LV-ADA – Les Verts - Alliance démocratique : 0 siège
NAND SANGH – Parti de la Joie : 7 sièges
P.T.A. – Parti des Travailleurs d'Azur : 0 siège
JEUNES-ALTAÏS – Parti de l'Aube : 0 siège

Collège des délégués des Mudharabas :

Désignés par les corporations de métier selon des règles d'élection propres à chaque branche professionnelle, selon une attribution des sièges par branche décidée et réévaluée par le Sérail.



Détail des partisNAHDA – Parti de la Renaissance Islamique : 134 sièges (majorité du collège : 126 sièges)
A.I.P.P. – Association Islamique pour le Paix et le Progrès : 12 sièges (membre de la coalition gouvernementale)
PL-ADA – Parti Libéral - Alliance démocratique : 12 sièges
PSDA-ADA – Parti Social-Démocrate Azuréen - Alliance démocratique : 13 sièges
LV-ADA – Les Verts - Alliance démocratique : 6 sièges
NAND SANGH – Parti de la Joie : 19 sièges
P.T.A. – Parti des Travailleurs d'Azur : 19 sièges
JEUNES-ALTAÏS – Parti de l'Aube : 12 sièges


3. Les alliances électorales

Ancienne version
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La majorité des délégués (396 sur 749) sont élus au suffrage universel direct ; le mode de scrutin rend nécessaire les accords électoraux pour les partis, notamment d'opposition, qui ne peuvent envisager de remporter les scrutins dans les circonscriptions individuelles en se présentant en concurrence les uns contre les autres. Il existe deux coalitions électorales principales ; la coalition gouvernementale qui unit la Nahda et l'A.I.P.P., et l'Alliance démocratique, qui unit le Parti Libéral, le Parti Social-Démocrate Azuréen et Les Verts.

Ces résultats montrent le poids relatif des alliances à l'échelle du vote populaire (délégués élus) et à l'échelle du nombre de sièges total (total des délégués). On observe indiscutablement un avantage du système des trois collèges pour la coalition gouvernementale, qui accroît son avantage numérique sur l'opposition grâce aux délégués permanents et des Mudharabas.

Ce genre de résultat alimente une critique des institutions formulée par certains responsables de l'opposition, qui demandent une révision des règles pour la désignation des délégués.
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III. Liste des partis politiques

﴿لَهُ مُعَقِّبَاتٌ مِّن بَيْنِ يَدَيْهِ وَمِنْ خَلْفِهِ يَحْفَظُونَهُ مِنْ أَمْرِ اللَّهِ ۗ إِنَّ اللَّهَ لَا يُغَيِّرُ مَا بِقَوْمٍ حَتَّىٰ يُغَيِّرُوا مَا بِأَنفُسِهِمْ ۗ وَإِذَا أَرَادَ اللَّهُ بِقَوْمٍ سُوءًا فَلَا مَرَدَّ لَهُ ۚ وَمَا لَهُم مِّن دُونِهِ مِن وَالٍ﴾


La Nahda, Parti de la Renaissance islamique


emblème de la nahda
L'emblème officiel de la Nahda : sur champ d'orage, couleur de la nation azuréenne, l'étoile d'Abd-al-Qadir et l'inscription "Parti de la Renaissance Islamique".

1. Origine

« Nahda » signifie « renaissance » en arabe, et désigne depuis 1876 le principal, le plus ancien et le plus important des partis politiques de l’Azur : le Parti de la Renaissance. Fondé par des réformateurs musulmans du XIXème siècle opposés au sultanat, il a été créé lors de la Révolution de Safran pour structurer le nouveau régime constitutionnel qui en était sorti. Il rassemblait à l’époque les oulémas, les intellectuels, les représentants militant pour une réforme des institutions et de l’islam officiel, afin d’adapter l’Azur aux problématiques de la modernité : industrialisation, capitalisme, consommation, urbanisation. Parti historique d’Abd-al-Qadir, « Père de la Nation », le parti est celui qui a eu la plus longue longévité au pouvoir de toute l’histoire de l’Azur.


2. Présidence

Le président de la Nahda n’est autre que le Calife Kubilay ibn Sayyid ! Aussi surprenant que cela puisse paraître, la présidence du parti officiel de l’idéologie qadirienne revient, depuis l’établissement du Califat constitutionnel, au chef spirituel et temporel du régime. Dans les faits, la direction opérationnelle du Parti est exercée par le Scribe-général, dont l’actuel titulaire du poste est l’ouléma réformateur Sheikh Amin Asfaruddin, âgé de 67 ans, originaire de la ville musulmane de Corsabad (Mirobansar).

khalife kubilay
Kubilay ibn Sayyid, alors Grand Imam de la Mosquée des Etoiles (Masjid al-Nujum) à Agatharchidès, a été élu Khalife de l'Azur par le Conseil des Oulémas en 1997 ; conformément à la Constitution, il demeurera à ce poste jusqu'à la fin de ses jours.


3. Idéologie

L’idéologie de la Nahda a été formulée par le Calife Abd-al-Qadir dans les années 1860 et n’a censément pas beaucoup varié depuis. L’Observatoire Mondial des Droits de l’Homme la classe au centre-droit, et la décrit comme un « islamo-conservatisme modéré », plus rarement comme un « courant islamo-démocrate ». Elle promeut le constitutionnalisme, le parlementarisme, le pluralisme ; elle est cependant plutôt classée comme conservatrice du fait de l’importance centrale qu’elle donne à la religion pour réguler la société. Elle vise à mettre en avant les pratiques de la coopération, du compromis, de la recherche du bien commun, mais rejette l’idée que la société puisse s’affranchir de la Loi Divine et se séculariser. D’inspiration soufie, le projet philosophique de la Nahda vise l’« Unicité » des hommes avec Dieu, et reconnaît les autres religions traditionnelles comme des « voies de sagesse » depuis 1876 : de ce fait, la Nahda compte une part non négligeable de membres non-musulmans, notamment chrétiens et juifs, dont le statut d’égal ne saurait être remis en cause par le parti.

Sur le plan économique, la Nahda défend une politique d’Etat stratège organisée en concertation avec les organes de la société civile (corporations, chambres de métiers…). Depuis 1985, elle a cependant consenti à d’importantes réformes de libéralisation de l’économie. Les courants internes à la Nahda divergent sur le centralisme : un courant fédéraliste, plus favorable à la décentralisation et à la société civile, s’oppose à un courant unioniste, plus dirigiste.
Sur le plan social, la Nahda est historiquement le parti qui a établi l’égalité des droits entre musulmans et non-musulmans. Plutôt hostile au féminisme, le parti se revendique bien volontiers du patriarcat. La Nahda prône également l’indifférence à l’homosexualité et à la transidentité, remettant ces thèmes entre les mains de Dieu plutôt que de la société. Le parti se veut mutualiste et coopératif, déléguant la gestion des moyens de production aux travailleurs, sur un modèle d’organisation plus patriarcal que socialiste.


4. Projets

  • Ouverture diplomatique : renforcement des liens avec les pays musulmans et insertion dans les cercles diplomatiques mondiaux ; participation à la construction du droit international
  • Renforcement de la défense militaire : construction d’une force de dissuasion balistique nationale et d’un système anti-aérien intégré
  • Planification économique : construction de nouvelles filières industrielles pilotées par l’Etat et placées sous des exigences de souveraineté
  • Conservatisme social : mise en avant de l’appartenance religieuse, scepticisme et méfiance à l’égard des propositions féministes et LGBTQ+, défense du rôle des oulémas et des religieux en général dans l’orientation politique et spirituelle du pays.


5. Popularité et électorat

La Nahda est le parti préféré d’un grand nombre de catégories sociales en Azur. Sa longue histoire lui a permis de construire des rapports privilégiés avec différentes couches de la société, expliquant son incroyable longévité politique.

Religieux : la Nahda est un mouvement islamique hégémonique. C’est le berceau de l’islam réformateur largement majoritaire dans le pays. De fait, la plupart des membres de la classe religieuse (imams, oulémas, théologiens, juges islamiques…) sont fortement impliqués dans la Nahda. Les confréries soufies y jouent un rôle central, la première d’entre elle étant la Qadiriyya. Les réseaux islamiques sont donc un atout et un levier considérable pour le Parti.

Petits paysans : la Nahda est traditionnellement plébiscitée par les couches rurales, et notamment les paysans rendus propriétaires de leurs terres par les réformes agraires de l’ère qadirienne (1880 à 1890). Le parti a joué un grand rôle dans l’accès à la propriété foncière de la grande masse des travailleurs agricoles, et donc de l’essor des campagnes observé pendant la Révolution industrielle. Encore aujourd’hui, la Nahda s’appuie sur les campagnes, qui bénéficient de politiques en leur faveur, bien que les dynamiques démographiques aient changé depuis le XIXème siècle.

Minorités confessionnelles : si la Nahda est le parti islamo-conservateur par exemple, il intègre en son sein des minorités confessionnelles très actives et militantes, qu’elle a historiquement protégées et auxquelles elle a donné l’égalité des droits. Chrétiens et juifs sont les plus impliqués dans la Nahda, au point qu’un grand nombre de leaders de la Nahda appartenaient à ces religions. Aussi étonnant que cela puisse être, ces minorités religieuses votent fréquemment plus souvent pour la Nahda que les musulmans ! Les Eglises orthodoxes et nestoriennes sont officiellement reconnues et valorisées par le régime, ainsi que la Grande Synagogue d’Agatharchidès ; ces institutions bénéficient d’un large soutien politique, mis en avant au titre de l’appartenance au « Livre ». Ce n’est pas le cas pour d’autres minorités confessionnelles (hindouistes, zoroastriens, chiites ismaéliens et duodécimains) qui ne bénéficient pas des largesses de la Nahda et se sont parfois politiquement organisées contre elle.


6. Représentation politique

La Nahda est le plus grand parti politique de l’Azur, avec près de six millions d’adhérents recensés, sur une population totale de soixante-et-onze millions d’habitants. Sa présence est également massive dans les institutions. Bien qu’on ne discerne traditionnellement pas de groupe politique clair dans la Chambre haute, le Majlis al-Ulama, la plupart des dignitaires religieux qui s’y trouvent sont influencés par la Nahda ; cette domination de la Nahda fait du Conseil des Oulémas une « antichambre » du parti, comme le dénonce l’opposition. Par ailleurs, la Nahda est également majoritaire dans la Chambre basse, le Sérail, totalisant à elle seule 396 sièges sur 749, soit une confortable majorité absolue. Le Parti est majoritaire dans les trois collèges du Sérail, avec 185 sur 395 sièges parmi les délégués élus, 77 sur 103 sièges parmi les délégués permanents, et 134 sur 251 parmi les délégués des Mudharabas. Avec près de 53 % des sièges parlementaires, c’est indiscutablement la première force politique de l’Azur.


7. Histoire

Le terme de « Nahda » a été forgé par des écrivains, intellectuels et penseurs du début du XIXème siècle. L’Azur était traversé d’idées novatrices et de phénomènes socio-économiques bouleversants : guerre contre l’invasion eurysienne (1799-1802), perte de sa province du Mirobansar placée sous administration coloniale, faillite du régime sultanal, accroissement de la dette, de l’inflation, autant que des échanges commerciaux. L’ordre de l’Ancien régime se trouvait perturbé par la donne nouvelle de l’impérialisme et de l’industrialisation. S’élevant en désespoir de voir les peuples d’Afarée tomber un à un sous des pouvoirs coloniaux, les intellectuels azuréens se saisissaient aussi des apports venus de l’Occident et d’ailleurs : idées libérales, pratique de la science positive, etc.

fanion de la nahda
Le fanion de la Nahda, utilisé par les forces révolutionnaires qui suivirent Abd-al-Qadir. Il y est inscrit le verset 13 de la sourate XI ; "Dieu ne change pas l'état d'un peuple, tant que celui-ci ne change pas ce qui est en lui-même".
Ce bouillonnement intellectuel entre 1800 et 1875 permis l’émergence d’un courant panislamique et réformateur, désirant voir l’Azur et les autres pays musulmans retrouver dynamisme économique et moral. D’abord culturel, le terme de « Renaissance » pris un sens politique au milieu des années 1860, lorsque le régime sultanal se trouva dans l’impossibilité d’honorer ses créances, et dû consentir à l’établissement d’institutions financières étrangères sur son territoire, auxquelles fut concédé la gestion du Trésor, et qui captèrent ainsi une part grandissante des recettes fiscales au profit des banques occidentales. Le système financier colonial, qui plaçait l’Etat azuréen sous la tutelle eurysienne, renforçait un cycle vicieux d’endettement et de crise économique. Bardé de dettes, incapable de verser le solde aux troupes et aux fonctionnaires, méprisé par les banques eurysiennes, le régime s’effondra et la Révolution de Safran se produisit en 1876. Elle se conclut par l’adoption d’une Constitution novatrice, et affirma l’arrivée au pouvoir de classes dirigeantes inspirées par le mouvement intellectuel qui leur avait précédé. Ainsi fut créé le parti de la Renaissance islamique, surnommé Nahda, dont la vocation était de réunir les Azuréens et de se faire le porte-parole de la société.
l'Emir et Calife Abd-al-Qadir
Le Calife Abd-al-Qadir est considéré comme le fondateur de l'Azur moderne et le Père de la Nation.

Le parti se développa sous le Calife Abd-al-Qadir, qui en fit le fer de lance de sa politique de réformes et de restructurations nationales. Il permit l’émergence de la réforme islamique, et fut pendant longtemps la caisse de résonnance des débats entre théologiens, philosophes et penseurs. L’installation des premiers partis politiques, à partir des années 1890, vint néanmoins défier la Nahda en tant qu’organe central de la société azuréenne. Les désaccords politiques, qui se multiplièrent à la fin du siècle, étaient la toile de fond de divergences socio-économiques liées à l’urbanisation et aux transformations de la Révolution industrielle. Le régime constitutionnel vacilla au début du XXème siècle. En 1911, un coup d’Etat força l’adoption d’un système plus strictement parlementaire, établissant le suffrage direct des délégués au Sérail, et la suppression des pouvoirs exécutifs du Calife. Le « Comité Union et Progrès » était à l’origine de cette politique d’occidentalisation, de sécularisation et de réorganisation des institutions politiques. Cette période de « théocratie libérale » fut agitée de conflits intérieurs à la marge du pays, se produisant au moment où l’économie mondiale subissait une crise profonde. Dans ce contexte, la Nahda peinait à trouver sa place dans le concert des partis politiques, et fomenta une restauration de l’ordre précédent en 1921 ; la tentative échoua. En 1922, un coup d’Etat consacra la dictature du « Comité Union et Progrès », et du mouvement nationaliste et laïc « Jeune-Altaï », qui proclama la République. Le parti de la Renaissance islamique fut interdit, ainsi que la plupart des autres partis politiques. La dictature de Karaman Pacha, nouveau chef du régime, porta de sévères coups au vieux parti, contraint de demeurer clandestin.
Ouléma s'adressant à la foule
Au mois de janvier 1978, des protestations suivies de manifestations contre le régime républicain ramènent la Nahda au pouvoir.

La République dura jusqu’en 1978, moment où son autorité écornée par la violence de la répression qui avait émaillé son histoire s’effondra. Sous les protestations massives et un puissant courant favorable à la démocratie, le dernier Président de la République azuréenne, Muğarım Pacha, tombe, à l’issue de la Semaine dite « des Manguiers » ; les révolutionnaires investissent le Palais présidentiel, se préparant à proclamer une République socialiste, mais la société traditionnelle réagit ; pendant cette folle semaine, les oulémas, dignitaires religieux et chefs conservateurs rétablissent leur contrôle sur l’appareil d’Etat. La Nahda reprend les rênes du pouvoir, après cinquante-six ans d’interdiction ; bien que la Constitution « islamo-démocrate » qu’elle promulgue garantisse pluralisme et droits individuels, elle demeurera au pouvoir jusqu’à nos jours.

﴿لَهُ مُعَقِّبَاتٌ مِّن بَيْنِ يَدَيْهِ وَمِنْ خَلْفِهِ يَحْفَظُونَهُ مِنْ أَمْرِ اللَّهِ ۗ إِنَّ اللَّهَ لَا يُغَيِّرُ مَا بِقَوْمٍ حَتَّىٰ يُغَيِّرُوا مَا بِأَنفُسِهِمْ ۗ وَإِذَا أَرَادَ اللَّهُ بِقَوْمٍ سُوءًا فَلَا مَرَدَّ لَهُ ۚ وَمَا لَهُم مِّن دُونِهِ مِن وَالٍ﴾
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Le Parti de l'Aube, héritier des Jeunes-Altaï


emblème du parti de l'aube
L'emblème du Parti de l'Aube fait référence à une conception ultranationaliste du pays. La couleur dominante est le bleu d'orage sombre, symbole de gravité et de pureté ; la fine lune nouvelle est un symbole turcique en écho au nom du parti ; l'emblème païen tracé dans un style moderne rappelle les groupes néo-altaï à l'origine de la formation du parti.

1. Origine

Le mouvement Jeune-Altaï est, malgré ce que son nom invite à penser, un des plus anciens courants politiques. Il est apparu dans les années 1900, en référence aux « Grands Altaï », qui avaient mis un terme au sultanat à son crépuscule. Nationaliste, il considère le caractère turcique de l’Etat azuréen comme non négociable, et défend la laïcité, l’exclusion des religieux du pouvoir au détriment de dirigeants énergiques – et autoritaires. Militariste et expansionniste, il s’est considérablement nourri des échecs diplomatiques du sultanat puis du califat pour asseoir sa popularité. Le Parti de l’Aube, qui agrège depuis 1997 les héritiers du nationalisme jeune-altaï, représente aujourd’hui cette tendance. L'Aube est un concept littéraire turcique et altaïque ancien ; dans cette tradition, il ne fait pas référence à l'apparition du soleil au début du jour, mais au lever de la lune au coeur de la nuit.


2. Présidence

Le président du Parti de l’Aube est Çerkes Aslan, âgé de 44 ans, originaire d’Agatharchidès. Elu à la tête du parti en 2012, il manœuvre habilement pour normaliser l’image de son parti et diffuser son idéologie.

sinan ogan
Çerkes Aslan a pris la tête du Parti de l'Aube en 2012 ; proche des milieux économiques et financiers, il a donné à son mouvement une intonation totalement neuve en soutenant certains projets gouvernementaux.


3. Idéologie

Le Parti de l’Aube est nationaliste, laïque et plutôt autoritaire, bien qu’il affiche des intentions libérales sur certains sujets, notamment le féminisme et la liberté d’expression. Classé à droite, il se rapproche des courants techno-solutionnistes et ultralibéraux en matière économique. Difficile à cerner par le grand public, l’idéologie jeune-altaï a considérablement évolué entre la période libérale (1911-1918) et la période dictatoriale (1918 à 1922 et jusqu’en 1978), et entre un dirigisme économique absolu avant 1978, et une mise à jour néolibérale après le retour du Califat constitutionnel, surtout sous le mandat de Çerkes Aslan, ancien cadre de PETRAZUR, qui défend aujourd’hui avec vigueur l’extraction du gaz dans la province d’Asarbeylik.


4. Projets

  • Séculariser l’Etat azuréen, expulser les religieux du pouvoir et instaurer un régime laïque
  • Diplomatie panturque : Approfondir la coopération avec les Etats turciques et tatares, notamment avec les Aykhanides et les Blêmes
  • Militarisme : Renforcer l’armée de terre et étendre les frontières, renforcer l’influence de l’Azur sur la scène internationale par la manière forte
  • Extractivisme : Soutenir les grands projets industriels et technologiques d’Etat, notamment sur la production d’énergie fossile ; le programme prévoit également de revenir sur un grand nombre de réglementations environnementales jugées restrictives pour la croissance et la création d'emplois



5. Popularité et électorat

Le Parti de l’Aube, tout comme le mouvement Jeune-Altaï, réalise ses meilleurs scores dans la bourgeoisie diplômée des grandes villes, et parmi les groupes culturels à forte identité turciques, comme c’est le cas dans des localités d’Asarbeylik et de Tigrane. Il bénéficie du soutien politique et financier de grandes familles altaï, que la culture et la tradition rendent nostalgiques du sultanat altaï. Depuis 2012, il a également la sympathie d’acteurs importants de la scène économique, notamment le PDG de la compagnie nationale PETRAZUR, ainsi que plus récemment, celle du Ministre de la Guerre Battûri, qui voit dans le Parti de l’Aube un « atout indiscutable » pour faire avaliser le programme d’ambition militaire au Parlement.


6. Représentation politique

Avec environ trente mille adhérents, le Parti de l’Aube est de taille modeste ; son atout principal est son implantation dans les classes dirigeantes, en ascension depuis plusieurs années de manière inédite depuis la fin de la période républicaine. Il représente 47 délégués élus sur les 395 que compte le Sérail, mais il ne détient aucun siège permanent et seulement 12 délégués issus des Mudharabas (corporations). Avec au total 59 sièges sur 749 au Sérail, il représente moins de 8 % des parlementaires. Par ailleurs, il n’a aucun relai au Conseil des Oulémas, qui lui voue une hostilité spontanée du fait de son histoire violemment laïciste. Il est cependant plutôt bien perçu par les organes de l’Etat et la haute administration.


7. Histoire

Après la Révolution de Safran entre 1876 et 1878, et l’ouverture de la première période constitutionnelle, les idées réformatrices se diffusèrent largement et la modernisation de l’Azur s’intensifia. Les théologiens musulmans réformateurs qui avaient pris le pouvoir, le Calife Abd-al-Qadir à leur tête, bousculèrent la pyramide sociale azuréenne, favorisant les classes paysannes au détriment des grands propriétaires aristocratiques. Ceux-ci, composant avec la réalité nouvelle, se divisaient dans des factions de moindre importance ; pour éviter le déclassement, une partie d’entre eux se tourna vers l’industrie et la finance, secteurs en pleine croissance, et formèrent une bourgeoisie moderne.

ahmed rıza pacha
Ahmed Rıza Pacha, grande figure du libéralisme azuréen, est issu des Jeunes-Altaï ; il incarne le mouvement nationaliste moderne avant la dégénérescence du jeune-altaïsme vers la dictature et l'autoritarisme.

Cette bourgeoisie épousa les codes occidentaux : libéralisme, parlementarisme, laïcité, militarisme, nationalisme ; ces concepts, et les moyens politiques de cette classe qui avait su tirer profit de la Révolution, se concrétisèrent lors de la création du Comité Union et Progrès en 1897. Ce Comité, qui rassemblait de jeunes officiers, gagna en popularité après le décès du Calife Abd-al-Qadir et sous le règne compliqué d’Ali ibn Muhieddin, son successeur, qui entra en fonctions en 1898. Mise en difficulté par les théologiens orthodoxes, la Nahda peinait à adapter le régime juridique et normatif azuréen aux contraintes de la modernité, notamment à celle de la grande entreprise. Ahmed Rıza, ingénieur et intellectuel positiviste, mena une campagne efficace et les idées laïques et libérales se propagèrent. En 1911, les Jeunes-Altaï instiguèrent un coup d’Etat contre le Califat et imposèrent une nouvelle constitution, supprimant le Sérail et le Majlis al-Ulama, pour donner les pleins pouvoirs à une Assemblée nationale élue. Cette période de « théocratie libérale » vit de nouvelles réformes, qui se heurtèrent à une forte opposition conservatrice. Ahmed Rıza « Pacha » devint Grand Vizir, mais il fut remplacé par Sevket Pacha en 1920, sur fond de révoltes croissantes. En 1921, les oulémas tentèrent de reprendre le pouvoir et de rétablir leurs prérogatives, mais leur initiative fut arrêtée par l’armée en 1922 ; Evren Karaman, général énergique et autoritaire, doubla ses rivaux et assit son autorité. Cet épisode est connu dans l'historiographie sous le nom de "Révolution de l'Aube", nom qu'il est officiellement interdit d'utiliser actuellement (au même titre que la Semaine des Manguiers n'est jamais désignée comme une révolution) ; la seule Révolution connue par l'Azur étant, selon la dénomination officielle, la Révolution de Safran de 1876.

enver pacha
Evren Karaman Pacha, général ambitieux, guide les Jeunes-Altaïs au coup d'Etat et devient le premier Président de la République azuréenne en 1922.

Le mouvement Jeune-Altaï, initialement libéral et progressiste, devint proprement nationaliste et autoritaire. La République d’Azur fut proclamée en 1922 ; son Généralissime président, Karaman Pacha, en assuma les pleins pouvoirs jusqu’en 1934. Laïcité et industrialisation à marche forcée transformèrent la société pendant toute la période républicaine. Six présidents se succédèrent après Karaman Pacha, jusqu’à Muğarım Pacha qui fut destitué en 1978. Le rétablissement du Califat constitutionnel sonna l’échec historique du républicanisme jacobin en Azur ; les Jeunes-Altaï s’éparpillèrent dans la nature. En 1997, le Parti de l’Aube est créé par des organisations nationalistes panturques ; en 2003, il entre pour la première fois au Sérail avec 16 délégués, représentant une faction isolée. Depuis 2012 et l’élection de Çerkes Aslan à sa présidence, il mène une action beaucoup plus active et efficace, se présentant comme un parti pro-business à la rhétorique nationaliste et populiste.

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L'Association Islamique pour le Progrès et la Paix


embleme de l'aipp
L'emblème de l'Association Islamique pour le Progrès et la Paix contient le nom d'Allah calligraphié et la couleur verte de l'islam ; il ne contient d'autre élément.

1. Origine

L’Association Islamique pour le Progrès et la Paix est un parti islamique orthodoxe fondé en 1981. Il rassemble les religieux conservateurs hostiles à toute réforme de la doctrine officielle, et défend une application plus rigoureuse de la Shari’a. D’obédience sunnite, il désapprouve la tolérance religieuse étendue aux chiites et prône le rétablissement du statut de dhimmi, officiellement aboli pour les minorités religieuses reconnues, qui imposait à leurs membres de payer une taxe spécifique. Il fait partie de la coalition gouvernementale, aux côtés de la Nadha, depuis 1997 et l’arrivée au pouvoir du Calife Kubilay.


2. Présidence

Le président de l’A.I.P.P. est l’imam Redwan Rahmatullah, âgé de 64 ans ; il est le président de la mosquée Abou Zeffer dans l’oasis de Sorcande, en Cyrisiades.

hassan nasrallah
L'imam Rahmatullah, théologien sunnite orthodoxe, a été élu président de l'A.I.P.P. en 2013 ; ultraconservateur, c'est un politicien d'une trempe particulière pour un poste très influent sur l'appareil d'Etat.


3. Idéologie

Agrégeant les savants musulmans en désaccord avec la doctrine officielle « qadirienne », il prône une interprétation plus conservatrice, traditionnaliste et patriarcale des textes religieux. Les détails théologiques de ce programme sont en réalité assez fumeux ; en pratique, l’A.I.P.P. défend les intérêts des organisations religieuses et s’oppose au féminisme, au progressisme social et à l’athéisme « rampant » qui émergent au XXIème siècle. Ses orientations économiques sont erratiques, en fonction des intérêts en présence. Depuis 2013, avec l’imam Rahmatullah, il s’oriente vers une stratégie ultraconservatrice à tendance populiste, n’hésitant pas à utiliser les moyens de communication moderne (internet, radio, télévision) pour diffuser une idéologie orthodoxe à visée hégémonique sur la société. Cette stratégie est dénoncée par certains autres religieux, mais surtout par ses adversaires de gauche.


4. Projets

  • Renforcer la théocratie :appliquer strictement la loi religieuse au détriment de la loi coutumière / démocratique
  • Suprématie musulmane : rétablir le statut de dhimmis et la taxe associée pour les minorités religieuses
  • Politique du voile : Rétablir le port obligatoire du voile religieux pour les femmes
  • Contrôle des moeurs : Censurer internet et interdire les organisations laïques
  • Imamat : Renforcer le rôle du Conseil des Oulémas dans l’élaboration de la politique nationale, et diminuer la part de délégués élus au suffrage universel
  • Décentralisation : Diminuer le rôle de l’Etat et accroître celui des organisations socio-confessionnelles, notamment des wâqf (fondations pieuses)




5. Popularité et électorat

L’A.I.P.P. est un parti culturel qui n’a pas vocation à s’agrandir ; il recueille essentiellement les suffrages des populations conservatrices dans les campagnes, des étudiants en théologie, de la bourgeoisie traditionnaliste arabe. Il est bien implanté dans certaines corporations spécifiques, comme celles des propriétaires terriens, des instituteurs, et des intellectuels de droite. Il compte moins de dix mille adhérents, mais ceux-ci ont une influence importante : ce sont essentiellement des imams conservateurs, et des oulémas traditionnalistes, dont le rôle social et politique est déterminant.


6. Représentation politique

L’A.I.P.P. est essentiellement un parti institutionnel, non un parti électoral. Il compte seulement 9 délégués élus sur 396, qui le sont dans des circonscriptions particulièrement conservatrices où la Nahda ne présente pas de candidat concurrent ; il est fort surtout de 17 délégués permanents sur 103, représentants des confréries orthodoxes et certains alliés paradoxalement débauchés dans des communautés chiites ; il se maintient également grâce à 36 délégués sur 251 issus des Mudharabas. Avec 62 parlementaires, il dépasse les 8 % de sièges détenus au Sérail, ce qui en fait une force d’appoint pour la coalition gouvernementale dirigée par la Nahda. Néanmoins, son influence est considérable au Majlis al-Ulama, où il influence autour d’un tiers des clercs, selon les estimations des experts.


7. Histoire

L’A.I.P.P. est fondée en 1981 par des religieux en désaccord avec les orientations « islamo-démocrates » de la Nahda. Elle siège dans l’opposition jusqu’en 1997, date de l’élection du Calife Kubilay ibn Sayyid à ce poste. L’attitude conservatrice du nouveau chef spirituel du régime permet la formation de la coalition gouvernementale, renouvelée en 2013 après l’élection de l’imam Rahmatullah à la présidence de l’organisation conservatrice. En 2014, l’A.I.P.P. soutient avec véhémence le projet gouvernemental d’acquisition de sous-marins et de missiles balistiques, dans l’objectif de rendre le pays invulnérable sur la scène militaire. Des observateurs y voient la preuve d’un accord passé avec le Calife Kubilay pour préparer un virage conservateur de la gouvernance azuréenne.

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L'Alliance démocratique


embleme de l'alde
Le logo officiel de l'Alliance démocratique explicite son pluralisme ; "alliance démocratique azuréenne" est inscrit, avec des étoiles d'Abd-al-Qadir en guise de ponctuation. Les trois couleurs des trois partis principaux apparaissent sur une bande latérale ; sur une autre bande, la couleur de la coalition (saumon) apparaît. Cette couleur sans grande consistance est souvent moquée sur internet.

1. Origine

L’Alliance démocratique est une coalition d’associations et de partis politiques fondée en 1979, au début de la deuxième période constitutionnelle. Elle rassemble l’ancien Parti Libéral (P.L.), faction jeune-altaï se réclamant de la période libérale du Comité Union et Progrès, et le Parti social-démocrate azuréen (P.S.D.A), qui unissent leurs forces lors des premières élections tenues après la chute de la dictature républicaine. Le parti Les Verts (L.V.), écologiste fondé en 1988, rejoint l’Alliance lors de l’élection de 1997 ; il en fait toujours partie. Le Nand Sangh, parti régionaliste du Mirobansar, fait partie de l’Alliance entre 1997 et 2008. Globalement, l’Alliance démocratique est la première force d’opposition à la Nahda ; sa composition hétérogène l’a néanmoins souvent handicapé, et elle n’est jamais parvenu à prendre le pouvoir, ni à dominer électoralement son principal adversaire.


emblemes des partis membres

Les trois partis principaux de l'Alliance ont chacun leur autonomie. Le Parti libéral (à gauche) affiche le safran, couleur de la liberté en Azur, et l'emblème du barrage pour honorer les grandes politiques des années 1910 et le rôle des grands projets industriels dans l'histoire du pays. Le Parti social-démocrate (au centre) a la couleur rouge du mouvement socialiste, avec un emblème de rose importé des partis sociaux-démocrates occidentaux. Les Verts (à droite) arborent leur couleur fétiche et un soleil jaune, sur lequel flotte le slogan : Eau ! Vie ! Santé !


2. Présidence

L’Alliance a une présidence tournante entre les trois partis membres (P.L., P.S.D.A., L.V.) ; l’actuel présidente est Selma Osmanzade, cheffe des Verts, âgée de 53 ans, originaire d’un village aujourd’hui disparu dans la vallée de l’Oxa.

esther benbassa
Selma Osmanzade, originaire d'une région défigurée par l'industrie et la construction du Grand Barrage Kubilay, est une figure incontournable de l'écologie politique en Azur. Son village natal a été rayé de la carte par le lac de retenue du barrage, qui l'a entièrement submergé. Ses discours alarmistes trouvent un écho important dans des populations rurales autant que chez une jeunesse urbaine.


3. Idéologie

L’Alliance démocratique est une coalition dont les principes reposent sur la préservation de la démocratie parlementaire, de l’état de droit, et l’expansion des libertés féminines, de genre et de culte. Elle inclut également d’importantes préoccupations écologiques, notamment sur les sujets liés à la salinisation des terres agricoles et à la salubrité des eaux potables. Elle comporte quelques divergences internes notoires, notamment sur les questions industrielles. Ainsi, Les Verts refusent d’investir dans la production d’hydrocarbures, au contraire des Libéraux ; de même, la question des barrages et des usines hydroélectriques, qui font la fierté du gouvernement azuréen, divise profondément l'alliance entre soutien et promotion pour la production d'une énergie peu chère et décarbonée, et hostilité manifeste en raison des conséquences dramatiques de ces ouvrages sur le cycle de l'eau.


4. Projets

  • Réviser la Constitution pour supprimer les délégués permanents au Sérail (103 délégués attribués aux communautés ethno-confessionnelles) et instaurer la proportionnelle intégrale, et réduire les pouvoirs du Calife au profit du Grand Vizir
  • Services publics : Augmenter les budgets étatiques pour les services publics
  • Liberté de culte : Garantir la liberté de culte pour toutes les confessions
  • Féminisme : Garantir l’équité d’héritage entre les hommes et les femmes et autoriser le recours à l’avortement dans tous les cas
  • Droits LGBTQ+Autoriser l’homosexualité, le mariage intrasexe et le changement de genre à l'état-civil
  • Droits humains : Supprimer la peine capitale
  • Diplomatie démocratique : Adhérer aux instances internationales démocratiques
  • Ecologie : Mettre en place des mesures écologiques drastiques sur l’agriculture et organiser des référendums sur la politique à adopter sur l'exploitation des barrages et les hydrocarbures



5. Popularité et électorat

L’Alliance démocratique fait le plein de ses voix dans la classe moyenne des grandes villes, qui est en plein boom démographique. Elle séduit également les femmes et la jeunesse des minorités confessionnelles. Les Libéraux sont concentrés dans les grandes villes, et représentent essentiellement une bourgeoisie intellectuelle cultivée ; les Sociaux-démocrates, autrefois assez représentés dans les classes ouvrières, incarnent essentiellement une part des classes moyennes et de la jeunesse urbaine ; les Verts, enfin, sont populaires chez la jeunesse (près d’un jeune électeur sur sept !) et dans des localités fortement impactées par la pollution, notamment celles où habitent des populations déplacées par l’industrialisation (construction de barrages, exploitation de ressources dangereuses).


6. Représentation politique

L’Alliance démocratique regroupe trois partis différents. Les Libéraux totalisent 125 000 adhérents, les Sociaux-démocrates 137 000 ; les Verts en apportent 80 000. Au total, la coalition regroupe 342 000 adhérents, ce qui en fait la 3e force militante après la Nahda et le Nand Sangh. Elle est représentée au Sérail par 115 délégués élus sur 396 (63 libéraux, 29 sociaux-démocrates, 21 verts) ; elle compte un unique délégué permanent depuis 2008, représentant la communauté farsie de Mysore ; elle a enfin 31 délégués des Mudharabas sur 251. L’Alliance démocratique totalise près de 20 % des sièges, ce qui en fait la principale force d’opposition au Sérail. Son influence est modeste sur les membres du Conseil des Oulémas, bien qu’il arrive que certains dignitaires religieux manifestent de la sympathie pour certains des projets de l’Alliance.


7. Histoire

L’Alliance démocratique a été créée en 1979 pour l’occasion des premières élections législatives depuis la fin de la dictature, survenue l’année précédente. Elle était le fruit d’un accord entre Cemal Toldeğan, leader du Parti libéral construit autour de sa candidature, et Abdelmalik al-Sherwani, figure de proue du Parti Social-Démocrate Azuréen, l’une des principales organisations démocrates et anti-dictature de l’époque, pour éviter le retour au pouvoir de la Nahda dirigée par le Sahih Uthmani, ouléma charismatique devenu Calife en 1971, dont l’hégémonie sur les classes populaires inquiétait sur les visées autocratiques. 1979 voit l’échec de l’Alliance à obtenir une majorité (25 % des suffrages), au détriment de la Nahda qui s’impose comme premier parti du pays (plus de 55 % des voix) ; néanmoins, les deux camps coopèrent pour mettre en place un régime hybride entre imams et parlementaires, qui dure jusqu’à nos jours.

Malgré leurs désaccords continuels sur les questions économiques et sociales, libéraux et sociaux-démocrates s’associent à chaque grande élection nationale. A la fin des années 80, la crise écologique majeure qui secoue le Plateau azuréen – l’eau de consommation est polluée à Agatharchidès par le mercure et l’arsenic utilisés dans l’industrie minière de Dariane – voit l’Alliance fragilisée par l’émergence d’un mouvement écologiste qu’elle peine à intégrer et qui la concurrence.
En 1983, Burwani succède à Uthmani au Khalifat ; celui-ci encourage le rôle et l’autonomie du Sérail au sein des institutions, ce qui permet de faire vivre une véritable démocratie parlementaire ; celle-ci vote des mesures de libéralisation et de modernisation de l’économie. Les investissements étrangers affluent et la croissance grimpe. La compagnie énergétique nationale PETRAZUR est créée en 1987 sur proposition des Libéraux. En 1990, l’Alliance démocratique remporte des succès électoraux notables aux élections municipales, notamment à Agatharchidès et à Mysore, qui sont les deux plus grandes villes du pays.

L’Azur se dirige lentement vers une levée des restrictions légales traditionnelles ; le régime califal consent à la radio libre en 1993, puis à la télévision privée en 1994 ; le pays ouvre également ses importations alimentaires, ce qui contribue autant à la colère du monde paysan qu’au bonheur des citoyens des grandes villes, qui bénéficient d’une chute des prix alimentaires grâce au poulet nazuméen et aux céréales eurysiennes. Les changements rapides et les succès aux élections locales de 1996 laissent présager une victoire de l’opposition sur la Nahda aux législatives de 1997, dont la campagne est suspendue pour deuil national après le décès du Calife Burwani. Dans un climat de tension, Ibn Sayyid est élu par les oulémas à la fonction califale. Conservateur réputé, il suscite l’inquiétude d’un revirement autoritaire ; tous les partis d’opposition s’unissent alors, dans une coalition qui va des Verts aux Libéraux en passant par le Nand Sangh mirobansari. Le pouvoir de la Nahda n’en est pas ébranlé aux élections de 1997 et Ibn Sayyid s’installe dans ses fonctions.

Le début du califat d’Ibn Sayyid est marqué par une forte croissance économique et une bonne situation intérieure, ce qui affaiblit structurellement l’opposition, dont l’unité n’est garantie que par la crainte de voir le régime islamique accroître son emprise sur la société. Lors des élections de 2008, le Nand Sangh se fâche avec les autres membres de la coalition au sujet de la répartition des sièges pour les circonscriptions du Mirobansar, où sa popularité est croissante ; il quitte la coalition. L’Alliance démocratique réalise alors près de 30 % des voix ; ce sont les élections les plus récentes, les prochaines étant annoncées pour 2015.


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Nand Sangh, le Parti de la Joie mirobansari


embleme du parti de la joie
L'emblème du Parti de la Joie est identique à celui de la secte Sâti : un plein soleil blanc, symbole de joie suprême, se lève sur un champ orange, couleur de la spiritualité, de la pureté et de l'harmonie dans la symbolique hindoue.

1. Origine

Le « Parti de la Joie » est une organisation politique active dans la province du Mirobansar. Elle a été fondée en 1943, après la Guerre des Pirogues, au moment de la réunification de la province à l’Azur (alors République d’Azur). Le parti vise à unifier et pacifier les rapports intercommunautaires dans la province, après des décennies de conflit larvé et ouvert. D’inspiration hindoue, dirigé par la « secte Sâti » du leader Mamorangh, il prône des valeurs conservatrices d’inspiration religieuse, ainsi que d’importantes réformes sociales. Il s’oriente vers le particularisme mirobansari à partir de 2008.


2. Présidence

La présidente de Nand Sangh est Sîta Rajanakara, religieuse hindoue de premier plan âge de 43 ans, fille de Râmâ Rajanakara auquel elle a succédé à la tête du parti. Elle est originaire de Mysore, capitale du Mirobansar.

nirmala sitharaman
Sîta Rajanakara, leader charismatique de la secte Sâti, fille d'un célèbre gourou de cette école hindouiste, préside le Parti de la Joie. Sous son impulsion, le discours religieux à destination des incroyants s'est accentué. La présidente de Nand Sangh fait l'objet d'une hostilité profonde de la part d'autres brahmanes, qui réfutent ses thèses religieuses et sociales audacieuses, et son utilisation de la foi à des fins politiques.


3. Idéologie

Nand Sangh est un mouvement politico-religieux entièrement non musulman. Son idéologie est essentiellement inspirée des principes de la « secte Sâti » hindouiste. Il prône la conversion de l’humanité, l’harmonie sur la terre, et la recherche du juste milieu, en pratiquant la non-violence. Ses doctrines ne sont pas sans être inspirées de certaines orientations du bouddhisme therâvadâ et du Jodo-Shinshu, d'après certains spécialistes. Nand Sangh proclame des valeurs qualifiées de millénaristes et de prosélytes. D'un point de vue strictement politique, le parti s’oppose à l’uniformisation et à la centralisation de l’Azur, et promeut un conservatisme social, en espérant instaurer au Mirobansar un statut particulier et une législation d'inspiration hindoue. Il oscille entre coopération et opposition à la Nahda et au gouvernement central ; sa stratégie est d’avoir l’hégémonie sur la province du Mirobansar. Ce parti identitaire hindou ne fait néanmoins pas l’unanimité dans la population générale aussi bien que dans sa propre communauté.


4. Projets

  • Régionalisme : accorder l’autonomie à la province du Mirobansar dans le cadre d’un état fédéral
  • Démanteler le grand Barrage du Sycomore d’Aryânapour
  • Hindouisme politique : officialiser le statut prépondérant de l’hindouisme et adapter la loi locale aux prescriptions de cette religion
  • Favoritisme : Créer un revenu unique pour les Hindous
  • Millénarisme : Convertir l’humanité à l’hindouisme sâti


5. Popularité et électorat

Le « Parti de la Joie » est présent seulement dans la province du Mirobansar, surtout dans le sud et les régions à forte population hindoue. Il s’adresse spécifiquement à ces populations, notamment aux classes moyennes et populaires, et se heurte régulièrement aux organisations traditionnelles brahmaniques, islamiques et bouddhiques, qui dénoncent son emprise sur le peuple.


6. Représentation politique

Nand Sangh est le deuxième mouvement politique en nombre d’adhérents de l’Azur, avec 2,6 millions de membres. Sa force de frappe numérique en fait un acteur majeur de la politique dans la seule province où il est représenté, et qu’il gouverne avec d’autres formations politiques locales depuis 2007. Il compte 29 délégués élus sur 396, 7 délégués permanents sur 103, 19 délégués des Mudharabas sur 251 ; Nand Sangh totalise 55 sièges au Sérail, soit 7 % du poids parlementaire global.


7. Histoire

Nand Sangh a été fondé en 1947 par la secte Sâti, qui bénéficiait d’une aura internationale pour son engagement en faveur de l’auto-détermination des peuples et notamment du peuple mirobansari. Il est devenu l’organe d’un système politique local très huilé, visant à diffuser l’idéologie non-violente (après 1993) et holistique du sâtisme. Son succès dans les couches populaires et sa rhétorique millénariste l’ont rendu hostile aux yeux des structures de pouvoir traditionnelles, notamment des brahmanes de la communauté hindoue traditionnelle, ainsi que des autorités azuréennes. Il parvient néanmoins à composer avec les différentes factions et à se placer au centre du débat politique au Mirobansar. Esquivant toujours avec adresse la question de l’indépendance, il prône l’autonomie au sein de l’Etat azuréen et l’émancipation des non-musulmans. Entre 1978 et 1993, le Parti de la Joie oscille entre coopération et concurrence avec divers courants de gauche et d’extrême-gauche, dans le contexte de la fin de la dictature et de la mise en place de l’islamo-démocratie qui les marginalise. En 1993, le Nand Sangh assiste à la répression de violentes émeutes ouvrières dans le bidonville de Mysore par les autorités musulmanes et des groupes armés hindouistes. A partir de cet événement qui divise la société mirobansarie, il prône la réconciliation et la non-violence.

En 1997, il rejoint l’Alliance démocratique pour les élections nationales et locales ; si la coalition échoue à s’imposer au Parlement, elle remporte néanmoins le conseil provincial au Mirobansar (et dans d’autres provinces) : pour la première fois, Nand Sangh accède à des fonctions exécutives. En 2007, les élections municipales donnent au « Parti de la Joie » ses premières prises de guerre depuis 1978 : Masdala, ville située sur les abords du fleuve entre Aryânapour et Mysore, est la première commune de plus de cent mille habitants dirigée par un maire de Nand Sangh. L’accent autonomiste et particulariste hindou du parti s’accentue, entraînant son retrait de l’Alliance démocratique. Lors des élections de 2008, le parti rencontre un franc succès dans les communautés non-musulmanes de la province ; il y remporte seul 28 % des suffrages, un score historique qui le place deuxième derrière la Nahda, et devant l’Alliance démocratique, avec laquelle il renoue néanmoins à cet échelon provincial ; ainsi, la continuité du tandem Nand-Sangh-Alliance démocratique permet à l’opposition au régime théocratique de diriger la province depuis dix-sept ans.


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Le Parti des Travailleurs d'Azur (P.T.A.)


embleme du pta
L'emblème du Parti des Travailleurs d'Azur revêt la couleur rouge du mouvement ouvrier, et l'étoile jaune, symbole des partis marxistes révolutionnaires ; il contient l'étoile d'Abd-al-Qadir, en signe d'ouverture aux spécificités culturelles du pays ; cet élément a été rajouté au logo officiel en 1991 dans un signe d'apaisement avec le reste du pays.

1. Origine

Le Parti des Travailleurs d’Azur (P.T.A.) est un parti d’extrême-gauche se réclamant du « marxisme eurycommuniste » ou « communisme révolutionnaire centraliste ». Il a été fondé en 1961, ce qui en fait l’un des plus vieux partis d’opposition en Azur, à l’époque de la dictature républicaine dont il contestait la politique de classe et le nationalisme. En 1968, il fait l’objet d’une répression féroce en même temps qu’il monte en popularité dans les classes paysannes et parmi les populations nomades sédentarisées. Lors des élections législatives de 1979, le P.T.A. agrège près de 20 % des voix, ce qui en fait un acteur de premier plan sur la scène politique azuréenne. Lors du Congrès de 1991, il officialise sa position dans le système politique islamo-démocrate ; il fait alors l’objet d’importantes scissions, et son poids politique s’érode continuellement. Il souffre beaucoup de dissensions internes consécutives à 1979, une partie des militants souhaitant poursuivre l’effort révolutionnaire par la lutte armée, à une époque où les rapports politiques se pacifient à l’échelle continentale. Le rejet des institutions par les différentes branches armées discrédite l’action institutionnelle du P.T.A. Malgré la dissolution de ces groupes au début des années 2000, c’est aujourd’hui un parti dont les scores électoraux sont résiduels, qui peine à trouver son existence.


2. Présidence

La présidence du Parti est assurée par le Secrétaire-Général Abdelmajid Amimour, âgé de 68 ans, originaire de la localité de Masharia en Cyrisiades.

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Abdelmajid Amimour, technicien de barrage et ancien syndicaliste, est un militant politique chevronné. A la tête du parti depuis 1993, il jouit d'une longévité qui prouve son expérience et son autorité sur son parti. Indéboulonnable, il est néanmoins très inséré dans les institutions azuréennes - comme l'indique la relation d'amitié qui le lie au Grand Vizir, Beylani Pacha. Il est critiqué par une jeune génération de militants de gauche, qui lui reprochent sa modération verbale et son tempérament.


3. Idéologie

Le P.T.A. est un parti communiste. Il s’inspire de l’eurycommunisme (rôle de l’Etat et du parti de masse), mais il a réformé sa ligne politique après le Congrès de 1991 où il a consacré que son rôle « s’insère dans les institutions du Califat » ; il a également éliminé la référence à la dictature du prolétariat et à la révolution violente de ses thèses. L’adoucissement des positions politiques du Parti des Travailleurs est vu comme l’origine de son affaiblissement électoral – en réalité, la popularité du parti s’érode dès les années 80. Il défend aujourd’hui le « partage des richesses », c’est-à-dire la taxation des capitaux et des domaines (y compris religieux), et la « démocratie sociale », c’est-à-dire la liberté des syndicats et leur rôle dans l’élaboration de la politique nationale. Il est également fortement décentralisateur et fédéraliste (« taihoranisme »). Il est plutôt internationaliste, et rejette les clivages ethniques ou religieux, d’où son opposition aux lois établissant des minorités confessionnelles officielles et reconnues distinctes de croyances non reconnues et stigmatisées. Bien que la majorité de ses membres soient musulmans, il défend la laïcité de l’Etat.


4. Projets

  • Décentralisation : Mise en place d’un Etat fédéral basé sur des « grandes municipalités autonomes »
  • Bureaucratisation : Etatisation des entreprises énergétiques, industrielles, ferroviaires et aériennes
  • Laïcité : Laïcisation et sécularisation de l’Etat califal, sans remise en cause des prérogatives des religieux dans le domaine spirituel
  • Diplomatie communiste : Adhésion à l’Union Internationale du Communisme et du Socialisme



5. Popularité et électorat

Le P.T.A. est l’un des principaux partis de la deuxième période constitutionnelle (1978 à nos jours). Il compte aujourd’hui près de 500 000 adhérents. Il réalise ses meilleurs scores dans des municipalités historiques où il est implanté. Son évolution est aujourd’hui en lente érosion ; son électorat est à trouver dans une frange minoritaire des classes moyennes et des classes populaires.


6. Représentation politique

Avec un demi-million d’adhérents, le Parti est une organisation toujours active et prolifique en activité parlementaire ; son importance a néanmoins été considérablement réduite depuis le début de la période démocratique. Il compte aujourd’hui 11 délégués élus sur 396 ; il n’a pas de délégué permanent, car ceux-ci sont essentiellement dédiés à la représentation de minorités confessionnelles dont il souhaite abolir le statut ; il pèse pour 19 délégués des Mudharabas parmi les 251 sièges réservés aux corporations de travailleurs. Avec 30 sièges sur 749, le P.T.A. contrôle environ 4 % des parlementaires du Sérail.


7. Histoire

L’histoire du mouvement socialiste est décrite dans une autre section de cette encyclopédie. En quelques mots, elle tient à la période tardive de l’industrialisation azuréenne. Le mouvement ouvrier est ainsi inexistant jusqu’à la proclamation de la République en 1922 par Karaman Pacha. Les réformes républicaines, qui visent à doper la production industrielle, augmentent significativement la population ouvrière et la structuration d’une classe prolétaire. Ce sont essentiellement des intellectuels républicains qui fondent les premiers partis d’avant-garde ; ils sont alors cantonnés aux grandes villes, et très peu lus par les travailleurs qu’ils prétendent émanciper.

Au Mirobansar, alors séparé de l’Etat azuréen, un parti marxiste de la paysannerie se structure néanmoins ; le Parti Agrarien Révolutionnaire fait partie des courants de gauche qui s’opposent au Protectorat eurysien. Avec le soutien du régime républicain d’Azur, ils obtiennent le départ des colonisateurs. La réunification est cependant l’occasion de violentes purges de la dictature contre son opposition.

Le Parti Ouvrier et Paysan Azuréen (P.O.P.A.) est fondé en 1947 par fusion du Parti Agrarien Révolutionnaire et du Comité Socialiste. Il est officiellement interdit. En 1961, une réforme agraire et agricole promue par le régime de Husseyni Pacha suscite la colère et la révolte de communautés de nomades, forcés à la sédentarisation par des politiques agressives ; les communistes tirent parti de cette contestation. Les dernières années de la dictature (fin des années 70) voient la montée en puissance du P.O.P.A.

Le Congrès de 1972, tenu en exil en Banairah, discute de la préparation d’une insurrection révolutionnaire contre le régime. Une faction non-violente menée par Farid al-Jisha, alors Secrétaire-Général du Parti, s’y oppose, face à une faction maximaliste menée par Yahya Qassemi qui choisit d’agir sans l’aval de la direction principale ; cette scission aboutira à la formation du Parti Social-Démocrate Azuréen (P.S.D.A.). En 1973, des militants communistes sont arrêtés, et trois sont condamnés à mort en 1975 (Jaffer Sanat, Mahmud Ben Kervish et Kemal Kiliçdaroğlu) ; cet événement cause un traumatisme et une colère immenses au sein des adhérents, parce qu’elle implique de jeunes militants d’une part, et parce que la direction nationale refuse de s’engager alors dans une insurrection révolutionnaire violente.

La révolte à Tigranacerte, ville où les sympathies communistes sont nombreuses, entraîne l’effondrement du P.O.P.A. Les désaccords stratégiques sont en effet imprégnés par le sang des « martyrs de Tigranacerte » ; la répression du régime qui s’abat sur les militants communistes radicalise des éléments révolutionnaires basés à l’étranger qui s’éloignent de la direction nationale clandestine plus prudente. Les « Bandharanis », surnommés ainsi en raison de leur action dirigée depuis le Faravan, font scission d’avec le P.O.P.A. et forment la « Branche armée autonome » en 1976. Ils multiplient les attentats et les attaques contre la police républicaine. En 1978, les protestations sociales massives qui aboutissent à la Semaine des Manguiers et à la chute de Muğarım Pacha sont l’occasion de nouveaux affrontements entre la Branche armée autonome et le P.O.P.A., et à la dissolution de celui-ci, victime de nouvelles scissions. Finalement, la prise du palais de la Splendide Porte et des quartiers ouest de la capitale Agatharchidès par les militants de la Nahda du Sahih Uthmani (19, 20 et 21 janvier 1978) acte l’échec du mouvement communiste à prendre le pouvoir.

Le Parti des Travailleurs d’Azur est fondé en 1978 dans le but de réunir et de réconcilier les factions communistes, et de contrebalancer les Sociaux-Démocrates alliés aux Libéraux. Le P.T.A. remporte un succès important, avec 20 % des voix seuls. Il est un acteur essentiel de la transition qui s’opère alors vers un régime « islamo-démocrate ». Les années 80 voient une diminution importante de la violence politique et sa réprobation. L’existence de la « Seconde Branche armée autonome » entre 1983 et 1994, qui produit plusieurs attentats politiques contre des religieux et des chefs traditionnels, met le P.T.A. en difficulté ; celui-ci renonce officiellement à l’action violente lors du Congrès de 1991, mais son déclin est inexorable ; la Nahda au pouvoir manipule avec succès la violence de l’extrême-gauche pour en détourner les électeurs et les syndicats.

Le P.T.A. passe ainsi de 20 % en 1978, et même de 27 % lors de l’élection municipale de 1984, à 15 % en 1987, 11 % en 1989, 9 % en 1992 ; il réalise une dernière percée à 12 % en 1997, avant de s’établir sous la barre des 5 % à partir de 2003. En 2008, il réunit 3,9 % des suffrages à l’échelle nationale.
L’indiscutable effondrement du parti d’extrême-gauche fait aujourd’hui l’objet de débats toujours importants à gauche, et le Parti ne dispose pas de stratégie claire, l’adoption des principes de la non-violence ne s’étant pas traduits par le rebond espéré par les cadres communistes.

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Débat sur le Plan National de Développement Stratégique du Secteur Gazier 2015-2020

Débat au Sérail


ContexteContexte

  • Durant le mois d'août, un rapport parlementaire inédit et une enquête de la presse soulignent que les chiffres de la croissance azuréenne sont faux, et qu'en lieu d'une croissance positive depuis 2011, l'Azur est entré dans une période de relative stagnation de l'activité économique. Ces annonces donnent lieu à des mesures d'urgence visant à éviter le dérapage budgétaire, pour compenser des rentrées fiscales plus faibles que prévu. Des crédits gouvernementaux sont ainsi gelés dans le courant d'août 2015.

  • Le Grand Vizir, Beylan Pasha, décide d'ajourner son retrait programmé de la vie politique pour raisons personnelles (en réalité de graves problèmes de santé), et de lancer un dernier grand chantier pour finir son vizirat. Il se donne pour mission de redresser la croissance économique azuréenne, ce qu'il révèle à la presse lors d'un entretien donné au journal Al-Urwâ al-Wûthqâ le 11 septembre 2015. Il annonce son intention de promulguer rapidement un nouveau Plan Gazier, pour relancer l'économie et les exportations nationales d'hydrocarbures. Le secteur gazier représente en effet près d'un cinquième du Produit Intérieur Brut, et un tiers des recettes fiscales de l'Etat. L'objectif est de créer de nouvelles concessions gazières pour l'exploitation de la ressource, en doublant les capacités de production actuelles d'ici à 2025.

  • Publié le 4 novembre 2015, le Plan National de Développement Stratégique du Secteur Gazier 2015-2020 concrétise ces annonces. Ce texte, qui rassemble des programmes de financement, d'investissement dans les infrastructures et de partenariats économiques, est une feuille de route pour l'atteinte des objectifs de production fixés par Beylan Pasha à hauteur de 150 milliards de mètres cubes de gaz en 2025. Pour y parvenir, une modernisation complète des infrastructures de transport (gazoducs et terminaux d'expédition) et l'ouverture de nouvelles concessions gazières dans des régions jusque là inexploitées (secteur de Mansur et de Leyi notamment) sont prévues par le Diwan. L'essentiel des opérations sera confié à la compagnie nationale PETRAZUR, gérée à 50 % par des fonds privés alimentés par les grandes fortunes essentiellement azuréennes, et à 50 % par l'Etat califal. Le Directeur-Général de PETRAZUR, Bashir Sabarian, est bien sûr un soutien majeur de ce plan, qui repose essentiellement sur le déploiement de la technologie de la fracturation hydraulique de la roche-mère (fracking) pour exploiter les gisements profonds de gaz naturel de roche-mère ("gaz de schiste").

  • Historiquement hostile aux grands projets d'extraction industrielle, le parti écologiste "Les Verts", représentant une gauche laïque environnementaliste, a annoncé sa ferme opposition au projet. A l'inverse, le Parti Libéral, opposition laïque, pro-capitaliste et pro-croissance, se réjouit de ce Plan qu'il perçoit comme l'occasion de créer de nouvelles richesses au bénéfice de toute la société.

  • Alors que la presse d'opposition pointe les risques environnementaux liés à la technologie de la fracturation hydraulique, le réseau social Wasl'App, récement autorisé, est le lieu d'un débat inédit entre les citoyens au sujet du Plan Gazier. Certains défendent le projet pour ses effets positifs sur l'emploi, la croissance et l'attractivité économique de l'Azur. D'autres en dénoncent les possibles effets écologiques. De manière inédite, des représentants de minorités confessionnelles se sont exprimé sur le sujet. Le patriarche de Méroème, en Dariane, a exprimé publiquement son opposition à un projet qui prévoit de mettre en exploitation des régions situées sur le pourtour du Mont Ayrarat (Syrane orientale), considéré comme sacré par les chrétiens orthodoxes et catholiques.

  • Loin d'être anecdotique, le prochain examen du projet gazier au Sérail met sur la table un débat profond et structurel entre les partisans de l'exploitation des ressources naturelles pour créer des richesses rendues nécessaires par la situation économique, et les partisans d'une approche privilégiant l'environnement et les traditions. Contrairement aux débats habituels, ce débat traverse aussi bien l'opposition que la majorité parlementaire. Les prémisses d'un échange à l'issue difficile à prévoir sont en place.


Examen du texte à la Commission pour le Développement économique du Sérail
1er décembre 2015 - Présentation par le Diwan d'une motion de confiance
Le Diwan demande aux délégués d'adopter le texte de façon immédiate

Demande de la ministre d'avancer rapidement sur le texteEn vertu de l'article 50, alinéa 2, de la Loi constitutionnelle de 1978, la Ministre en charge du Développement économique, de l'Energie et de l'Environnement, Son Excellence Sheikha Lubna al-Qasimi, a demandé au Sérail de se prononcer pour la confiance au Diwan, en adoptant une motion de confiance. Cette motion permettrait au gouvernement d'adopter et de mettre en œuvre le Plan Gazier de manière immédiate, ce texte ayant recueilli la confiance immédiate des délégués. La Ministre a argumenté que cette motion permettrait d'engager l'ensemble des mesures de redressement économique de manière rapide et agile. Elle a exprimé que l'urgence de relancer l'économie azuréenne face à un risque de stagflation en 2015 (hausse de l'inflation et stagnation de l'activité économique, ayant un effet délétère sur l'économie et le pouvoir d'achat) devait prévaloir sur le besoin, certes compréhensible, de certains délégués de l'opposition d'avoir un débat sur le texte.

Les délégués de la Commission débattent sur la motion de confiance déposée par le Diwan

Débat des déléguésLe délégué Pierre Breidi, élu en Dariane pour le parti "Les Verts", a pris la parole en commission pour réfuter les arguments de Son Excellence la ministre. Selon lui, l'urgence affichée par le gouvernement est un leurre visant à contourner l'expression des oppositions et la remise en question du plan dans son ensemble.

Le délégué Jamal al-Alim, élu à Seylimsaray pour le Parti de la Renaissance Islamique (Nahda), a pris la parole pour reconnaître la pertinence des arguments de la ministre, mais en invitant ses collègues à prendre en compte la nécessité d'un examen approfondi du texte avant sa promulgation. Il a ainsi annoncé voter personnellement contre l'adoption d'une motion de confiance préalable, considérant qu'un délai si court n'était pas souhaitable au vu des interrogations suscitées par le plan. Il se prononce plutôt pour un délai de trois mois, au terme duquel il a émis le souhait que le Sérail adopte un texte enrichi par les amendements législatifs des délégués.

Le délégué Ahmed Tugran, élu pour la Mudharaba des agriculteurs dans la province du Mirobansar au nom du Parti de la Renaissance Islamique (Nahda), a indiqué qu'il se déclarait personnellement en faveur d'un délai de trois mois pour examiner le texte, mais qu'au terme de ce délai, le Sérail devrait se prononcer sur l'adoption définitive du Plan Gazier.

La déléguée Naïma al-Khaym, élue à Sijilmassa, a déclaré que le délai de trois mois lui paraissait effectivement préférable à une motion de confiance immédiate. Elle a indiqué que le texte actuel soulevait des questions importantes et préoccupantes, et qu'un certain nombre des arguments présentés par l'honorable collègue Breidi devaient être pris en compte par les délégués au moment d'amender le texte du gouvernement.

Le délégué Recep Morsi, élu à Agatharchidès pour le parti "Association Islamique pour le Progrès et la Paix", a indiqué qu'il s'abstiendrait lors du vote de la motion de confiance préalable, parce qu'il attend du Diwan des précisions quant à un certain nombre d'interrogations soulevées par des mesures du plan, notamment l'annonce de nouveaux forages dans des régions rurales.

Le délégué Kripal Shetamery, élu à Beylersaray pour le Parti Libéral, a annoncé qu'il comprenait les arguments de la ministre et qu'il rejoignait son constat sur l'urgence de renouer avec la croissance de façon rapide. Il a pointé les différences d'approche entre le Diwan et la majorité parlementaire, et s'est étonné de la fraîcheur de l'accueil par les délégués pour un texte provenant de leur propre parti. Il a réaffirmé que le Parti Libéral était quant à lui prêt à s'associer au gouvernement pour faire adopter le texte de façon rapide.

Invitée par le Président de la Commission à participer à une nouvelle discussion sur la motion de confiance, Son Excellence la Ministre n'a pas souhaité prendre la parole. Le Diwan a annoncé aux délégués que la motion de confiance était retirée, et que les débats pourraient donc commencer sur l'examen du texte. La motion de confiance déposée par le Ministère n'a donc pas été soumise au vote des délégués.

2 décembre 2015 - La motion de confiance du Diwan n'est pas retenue pour l'ordre du jour
Le Bureau du Sérail fixe un délai de trois mois pour l'examen du Plan Gazier

Délibération du BureauLe président de la Commission, le président du Sérail et les présidents des groupes parlementaires ont convenu d'un délai de trois mois pour les débats au sujet du Plan National de Développement Stratégique du Secteur Gazier. Deux partis ont indiqué que ce délai ne leur convenait pas : Les Verts et le Parti Libéral. Le Parti Libéral a regretté l'abandon de la motion de confiance du gouvernement, jugeant qu'on allait perdre du temps en débats. Les Verts ont déposé des recours devant le Bureau du Sérail, estimant que le délai de trois mois était insuffisant au regard de l'impact des mesures du Plan. Ces recours n'ont pas été retenus par le Bureau. Les délégués sont appelés à commencer l'examen du texte, et la tenue du vote final a été placée au 1er mars 2016 sur le calendrier parlementaire.

Des préoccupations sont exprimées par des membres du Conseil des Oulémas

Concertation des oulémasAppelés à formuler un avis sur la question de la conformité du Plan Gazier avec le droit religieux, les savants de l'islam ont débattu de différents points du texte. Le vénérable Sheikh Mustafa ibn Jennan, conseiller du calife et experts sur les questions de compatibilité des règlements séculiers avec la shari'a sur les affaires économiques, et dont la science et la guidée sont reconnus par ses pairs, a pointé que le Plan Gazier proposé en l'état ne permettait pas de lever les doutes quant à la licité islamique de certains forages gaziers qui pourraient, selon lui, se trouver en contradiction avec des Hâdiths défendant la pollution des eaux stagnantes et la mise en danger des ressources de la communauté. Le vénérable Sheikh Malik al-Qaratti ibn Zîr, reconnu comme par ses pairs comme un grand connaisseur du Hâdith, et reconnu comme ayant délivré dans le passé des recommandations valeureuses au Diwan dans l'exercice de ses missions, en particulier sur les questions de licéité islamique des investissements publics, a quant à lui estimé que le doute était trop grand de franchir les limites défendues par la religieuse et a prononcé la nécessité de recourir à l'avis du Calife. Face à cette suggestion, les oulémas ont délibéré sur la nécessité ou non de poser la question à Son Altesse Sémillante le Calife afin qu'il émette une fatwâ (avis juridique) prenant effet immédiat de loi jurisprudentielle.

Cette proposition aurait pour effet de rendre ultime la réponse à la question posée, les avis juridiques émis par le Calife ayant une force de loi supérieure à la loi séculière votée par le Sérail puisqu'ils émanent d'une interprétation incontestable de la Shari'a. Remarquant que des avis juridiques ont été déjà émis par Son Altesse le Commandeur des Croyants sur les questions de l'industrialisation et de la préservation des ressources naturelles, les oulémas ont pointé la possibilité qu'une nouvelle fatwâ à ce sujet ferme définitivement la porte à tout nouvel investissement dans les hydrocarbures.

Les oulémas ont convenu que la proposition du vénérable Sheikh Qaratti Ibn Zîr n'était pour le moment pas considérée comme nécessaire, et ont convenu de ne pas solliciter l'avis du Calife à ce stade. En alternative, et sur avis du vénérable Sheikh Ibn Jennan, ils ont adopté à l'unanimité de la séance une résolution recommandant la prudence, invitant le Diwan à faire preuve de mesure dans les dispositions du texte et proposant en ce sens d'étendre le temps de la délibération de dix mois supplémentaires.

28 février 2016 - le Conseil des Oulémas adopte une recommandation de prudence sur le texte
Le vice-président du Conseil des Oulémas et le président du Sérail discutent de modifier le calendrier des débats pour satisfaire la demande des oulémas

Echange entre Murad Hama al-Kaysari et Muhammad Jishad al-AwûstariSollicité par ses pairs, le vice-président du Conseil des Oulémas, doyen des savants de l'islam et des vénérables fâqih, le Vénérable Sheikh Murad Hama al-Kaysari, s'est auto-saisi sur le motif du vote de la recommandation de prudence relative à l'examen du Plan National de Développement Stratégique du Secteur Gazier 2015-2020 et a convoqué son collègue, le Président du Sérail, Son Excellence Muhammad Jishad al-Awûstari, afin d'étudier ensemble l'opportunité d'aménager le calendrier initial adopté par le Bureau du Sérail pour l'examen du Plan Gazier. Mettant en avant les interrogations soulevées par les oulémas, et notamment de la recommandation de prudence, les deux éminents personnages ont convenu qu'il était effectivement nécessaire d'accorder plus de temps aux parlementaires pour qu'ils fassent la lumière sur ces interrogations. Le vénérable Sheikh al-Kaysari a notamment évoqué ses questionnements sur les récentes déclarations du Directeur-Général de PETRAZUR, et estimé qu'il était vivement souhaitable que les délégués du Sérail le convoquent pour une audition institutionnelle au préalable de leur décision quant à l'adoption ou au rejet du texte. Approchant des arguments du vice-président, le président du Sérail a donné suite à cet avis en intervenant, au motif de ses prérogatives sur le Bureau, pour modifier la date du vote final du texte, et adopter un délai supplémentaire de dix mois d'examen avant toute décision parlementaire. De ce fait, le vote initial prévu au 1er mars a été reporté au 1er janvier de l'année suivante.

1er mars 2016 - le Bureau du Sérail ajourne le vote final sur le texte par les parlementaires au 1er janvier 2017
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